Décès du légendaire bassiste Tim Bogert

Début 70, le groupe de rock psychédélique Vanilla Fudge vient de spliter. Pour le bassiste Tim Bogert et le batteur Carmine Appice, le plan consiste alors à convaincre Jeff Beck et le chanteur Rod Stewart de les rejoindre pour former ce qu’il a lieu d’appeler un super groupe.  Mais, suite à un accident de moto, Beck est au tapis pour 18 mois et Stewart est parti retrouver son pote Ron Wood au sein des Faces. Les deux compères recrutent donc le guitariste Jim McCarty des Detroit Wheels de Mitch Ryder et le chanteur Rusty Day des Amboy Dukes de Ted Nugent. Vous suivez? Ainsi naquit Cactus, un groupe de boogie rock vitaminé, qui comporte désormais en son sein l’une des sections rythmiques les plus affutées de toute l’histoire du rock. J’ai dit LA MEILLEURE? Ok, j’assume.  Bogert et Appice maitrisent leurs instruments respectifs comme personne et ils sont alors musicalement fusionnels. Malheureusement, sous cette forme, Cactus perdra ses épines au bout de deux ans et se séparera en 1972, après trois albums studio. Le projet initial refait surface et se concrétise finalement par la formation d’un power trio éphémère – sous l’appelation Beck-Boggert-Appice – que le caractériel et éternel insatisfait Jeff Beck quitte au bout d’un peu plus d’un an et un album studio, entrainant la dissolution définitive de BBA. Tim Bogert a toujours été considéré comme l’un des grands bassistes du rock des années 60 et 70, l’un des rares dont les solos étaient capables de tenir en haleine un public de connaisseurs. Récemment encore, Tim envisageait une tournée avec Beck et Appice, avec à la clef un album live. Le projet ne verra pas le jour, Tim Bogert vient d’être vaincu par un cancer. Il avait 75 ans.

Écouter: Avec Cactus. Le premier album paru en 1970. Parchman Farm, Let me Swim, Oleo et Feel so Good sont des paquets de dynamite mèche courte à la rythmique imparable qui côtoient du blues et une belle reprise de You can’t judge the Book by the Cover de Willie Dixon. One Way or Another  l’année suivante, c’est l’album de la maturité, moins rentre-dedans mais les compos sont plus élaborées et le groupe est au summum. Avec BBA. Beck, Boggert Appice Live. En 1973, le groupe enregistre un double album en public à Ōsaka au Japon. Le concert est dantesque. Le trio est au diapason et la qualité technique de l’enregistrement est superbe. Certainement l’un des grands Live de l’époque. Seule ombre au tableau, les parties vocales. Tim Bogert n’a pas la puissance et le feeling de Rusty Day et il fait ce qu’il peut.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Un commentaire sur « Décès du légendaire bassiste Tim Bogert »

  1. Pour compléter les propos de Patrick, et, citer quelques bons enregistrements du groupe CACTUS, j’ajouterai, aussi, l’excellent Live: « ‘Ot ‘n Sweaty », sorti en 1972, qui est, particulièrement, bouillonnant, ainsi que la version studio survitaminée du « Evil » d’Howling Wolf, présente sur l’album « Restrictions », qui est une véritable tuerie. CACTUS était un super groupe Américain avec quatre individualités toutes aussi talentueuses que celles qui composaient les grands quatuors Anglais de l’époque, tels que Free, Led Zeppelin, Black Sabbath, ou les Who… Vraiment, ce combo de Heavy Rock, teinté de Blues explosif, est, sans aucun doute, à redécouvrir!…..

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