• Navigation

  • Les Visites!

    • 226,733 à ce jour

Sir Peter Blake: Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band

Peter Blake Beatles album cover art

Publié en Angleterre le 1er juin 1967, considéré comme la plus grande oeuvre des Beatles et comme l’un des albums les plus influents de la musique populaire, ″Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band″ est le huitième album des Fab Four. C’est le directeur artistique Robert Fraser qui suggére au groupe de confier la réalisation de la pochette à l’artiste pop-art Peter Blake. Celui ci accepte et conçoit une image représentant les quatre musiciens au milieu d’une assemblée de personnages auxquels ils souhaitent rendre hommage. Edgar Allan Poe, Bob Dylan, Lewis Caroll, Karl Marx, Marlon Brando, Albert Einstein, Oscar Wilde et d’autres se retrouvent ainsi à l’honneur au sein d’un diorama sur fond bleu ciel. Le plus étonnant reste que le concept ne relève pas d’un photomontage ou d’un collage. En effet, les portraits sont des silhouettes en carton ou des statues de cire grandeur nature et tous les accessoires de la scénographie, y compris un palmier artificiel, sont réels. La préparation du décor nécessite deux semaines de travail et la session de photos elle même dure plusieurs heures. Le coût final de l’opération s’élève à 3000 £, soit à l’époque cent fois le coût habituel d’une jaquette.  Le résultat se soldera par l’obtention d’un Grammy Award, contribuera à la légende de l’album et marquera définitivement un tournant dans l’approche graphique des maisons de disques. Quand à Peter Blake, il concevra d’autres pochettes, beaucoup moins célèbres, pour Brian Wilson, Clapton, les who et plus récemment Oasis.

PB, août 2017

Peter Blake: Who, Clapton, oasis, Wilson

 Toutes les Jaquettes ◆

 

″Is this the life we really want?″ censuré en Italie!

Roger Waters: Is this the life we really want?Pour le dernier album de Roger Waters, les concepteurs du packaging ont fait appel au concept dit de ″la rature″. Cette technique consiste à masquer ou rayer les termes d’un texte pour qu’au final seuls certains mots clés soient mis en valeur. Mal leur en a pris. A la parution de l’album, Emilio Isgrò a déposé plainte contre Sony Italia pour plagiat. La plainte de l’artiste, sicilien de son état, reposerait sur une création que lui même à mis en œuvre il y a plusieurs années et à ce titre il exige que la vente de l’album soit interdite en Italie. Les protagonistes n’étant pas parvenus à un accord, les juges du tribunal de Milan viennent de donner raison à Emilio. L’objet déclaré ″illicite″ restera sera bien sûr disponible en ligne mais la question posée par Le nouvel opus de l’ancien leader de Pink Floyd prend aujourd’hui un sens tout particulier: ″Is this the life we really want?″.

PB, juillet 2017

 Rock et Censure ◆

Pierre Henry: Ceremony, An Electronic Mass

Pierre Henry & Spooky Tooth, An Electronic Mass

Iconoclaste, volontiers provocateur mais surtout l’un des grands inventeurs de la musique du XXe siècle, Pierre Henry est décédé le 6 juillet 2017 à l’âge de 89 ans. Souvent présenté  comme le père de la musique concrète cet artiste français, de formation classique, a construit sa renommée selon le principe de la quête du ″jamais entendu″. Inlassable chercheur de l’inouï, ce compositeur a notamment collaboré avec Maurice Béjart  sur l’album ″Messe pour le temps présent″. Nous sommes en 1968 et le titre Psyché Rock contribue à faire de l’album en question un succès incontestable. A partir de là Pierre Henry multiplie à la marge de son œuvre des expérimentations diverses, et, selon ses propres mots, ″impures″. En 1969 il croise le chemin des anglais de Spooky tooth. ″Coup de foudre. Coup de musique. Les guitares et l’orgue électriques, la batterie et les deux voix lui ouvrent le chemin d’une collaboration nouvelle avec la musique vivante. Il leur suggère une improvisation concertée sur le texte anglais de la liturgie catholique. Il se jette à son tour sur ses modulateurs, ses filtres et ses phonogènes pour commenter, contrepointer, approfondir et sublimer ce matériau de base de toutes les ressources de son immense palette sonore artificielle. D’où le chant naturel et profond, la grande incantation magique de Ceremony″ [Note de Maurice Fleuret sur le rabat de l’édition française de l’album]. Le résultat de cet OSNI, objet sonore non identifié, est surréaliste, sombre et inquiétant, à l’image de l’illustration de la pochette du peintre anglais John Holmes. Les fans du groupe ne comprennent pas et, déçus, ils boudent l’album qui fait un flop.  Dans la foulée Gary Wright quitte Spooky Tooth en déclarant que ″Ceremony, An Electronic Mass″ est responsable de la dislocation du groupe. Have Mercy!

PB, Juillet 2017

La grande Faucheuse

Scorpions, ″Love at first sting″

censure Scorpions Love at first sting

Love at First Sting est le neuvième album des teutoniques Scorpions. Sorti en 1984 il se vend à plus six millions d’exemplaires devenant ainsi le plus grand succès commercial de la bande à Klaus Meine. Grâce notamment l’incontournable ballade ″Still Loving You″ – qui n’est pas pour rien dans la croissance du taux de natalité dans certaines contrées –  la notoriété du groupe explose littéralement sur la scène mondiale. Élaborée par l’agence de design Kochlowski sur la base d’un cliché de Helmut Newton, la pochette originale représente un couple enlacé. Elle, légèrement dévêtue, sexy en diable, s’abandonne dans les bras d’un bad boy bon chic bon genre qui est entrain de lui tatouer un scorpion sur la cuisse. A l’époque, et afin de palier à d’éventuels problèmes connus par le passé, la maison de disques prend la précaution de présenter le cover art aux revendeurs avant de publier le disque. Aucun retour négatif n’étant recensé, Love at First Sting est édité en l’état. Malheureusement, après la sortie de l’album Wal-Mart se plaint, qualifiant la jaquette de tendancieuse, subversive et machiste. Rien que çà! Pour le coup Polygram se voit obligé de proposer une version alternative qui consiste ni plus ni moins à utiliser la photo du groupe, la même que celle déjà présente au dos de la version première de l’album.

PB, mai 2017

 Rock et Censure ◆

Emerson Lake & Palmer: Brain Salad Surgery

HR Giger: Brain Salad Surgery

Printemps 1973, Emerson Lake & Palmer sont en tournée européenne. Lors d’un passage en Suisse le promoteur local propose au groupe une visite chez le peintre Hans Rudolf Giger qui vit à Zurich. Tout d’abord surpris par la décoration gothique à outrance des lieux, les musiciens sont subjugués par le travail de l’artiste et décident de faire appel à son talent pour la jaquette du quatrième album alors en préparation: Brain Salad Surgery (qui signifie en slang « Fellatio »). A l’origine le portrait de l’épouse de Giger contient en filigrane une représentation phallique qui, pour des raisons évidentes, sera supprimée. La pochette s’ouvre en son milieu comme la porte d’un caisson cryogénique. L’ ambiance froide, métallique et futuriste du visuel est à l’image de l’ensemble de l’œuvre du génial visionnaire qui, quelques années plus tard, conçoit la créature bio-mécanique pour l’Alien de Ridley Scott. ″Brain Salad Surgery″ reste probablement le meilleur album du combo et figure à la 56ème place dans le top 100 des plus belles pochettes de disques de Rolling Stone Magazine. H.R. Giger a réalisé d’autres visuels de disques, notamment pour Magma (Attahk en 1978) et Debbie Harry (Koo Koo en 1981), mais aucun d’entre eux ne peut rivaliser avec celui qu’il imagina pour ELP et pour lequel il n’a d’ailleurs jamais été payé.

Marcel Destroy, Mai 2017

 Toutes les Jaquettes ◆

Steppenwolf: la ″Dickmobile″ de For Ladies Only

Steve Paige Dickmobile: For ladies only

Une carrosserie maison en fibre de verre sur un châssis de Hillman Minx de 1954, c’est la ″Dickmobile″. Steve Paige, son créateur, lui donne vie un jour de 1969 en Californie et entreprend de solliciter plusieurs galeries d’art de Los Angeles. Toutes le prennent pour un doux dingue et se refusent à exposer la voiture phallique. Qu’à cela ne tienne! Steve décide de mettre la ″Dickmobile″ en conformité avec la législation et de rouler au volant de son œuvre. Il parcourt plus de 500 miles dans la région et bien sûr ne passe pas inaperçu. La police ne manque pas de le contrôler, notamment suite aux attroupements provoqués par le véhicule en stationnement. De nombreuses séances photos ont lieu à cette époque et l’une d’elles, prise sur le Hollywood Walk of Fame, se retrouve en grand format sur l’intérieur de la jaquette d’un disque de Steppenwolf. Sorti en 1971, For Ladies only est la sixième production studio du groupe. Bien que conceptuel, politique, en faveur des femmes et du Féminisme, l’album est mal perçu et surtout mal compris. John Kay et sa bande s’attirent les foudres des critiques hermétiques à l’humour et obnubilés par l’imagerie turgescente. Ce LP, censuré en Espagne, reste malgré tout musicalement riche et abouti, à l’instar du titre éponyme qui brille par l’élégance du piano de Goldy McJohn: For Ladies Only.

PB, avril 2017

 Rock et Censure ◆

The Rolling Stones, Beggars Banquet

Rolling Stones Beggars Banquet censure

Londres 17 mars 1968. Les Rolling Stones entrent en studio pour enregistrer leur septième album. Si les précédentes tentatives contiennent de nombreuses reprises et pas mal d’ errances psychédéliques,  Beggars Banquet lui, marque un retour aux sources quant à l’inspiration musicale du groupe. Jamais le blues n’a été aussi présent sur cet opus qui reste aussi le dernier à bénéficier de la présence de Brian Jones parti peu de temps après valider son inscription au Club 27. La publication de l’album se voit retardée pour cause de désaccord relatif au packaging. En effet, les Stones entrent en conflit avec leur label Decca à cause de la photo qu’ils ont sélectionnée pour la pochette. Le cliché réalisé à Los Angeles représente des chiottes on ne peut plus crades, aussi crades que les murs du local couverts de graffitis. Malgré le forcing de Jagger & Richard, Decca résiste et finit par imposer sa volonté. La jaquette de ″Beggars Banquet″ prendra finalement l’aspect d’un banal carton d’invitation blanc avec la mention ″R.S.V.P.″ (″Réponse S’il Vous Plait″) en plus du nom du groupe et du titre de l’album. Qu’importe! Avec ″Let it Bleed″, ″Sticky Fingers″ et ″Exile on main St″, ″Beggars Banquet″ reste à jamais parmi les plus inspirés et les plus aboutis de la discographie des Pierres qui Roulent. Et de toutes façons, lors de la réédition du LP en CD, la photo des cagoinces refera son apparition.

PB, mars 2017

 Rock et Censure 

Lynyrd Skynyrd: Street Survivors

Lynyrd Skynyrd Street Survivors Cd Cover

le 17 Octobre 1977, Lynyrd Skynyrd, fer de lance du Southern Rock, sort son sixième album, ″Street Survivors″. Trois jours plus tard, au cours d’une tournée, un avion privé transportant les musiciens entre la Caroline du Sud et la Louisiane, s’écrase. Ronnie Van Zant (chanteur, compositeur et fondateur de la formation) , Steve Gaines (Guitariste) , et sa sœur Cassie, choriste du groupe, décèdent dans l’accident. A l’époque la jaquette de l’album représente les membres du groupe debout dans une rue et cernés par les flammes. A la demande de Teresa Gaines, la veuve de Steve Gaines, MCA Records modifie le concept d’origine en remplaçant le feu par fond noir. Suite au crash ″Street Survivors″ devient l’un des plus grands succès commercial de Lynyrd Skynyrd qui malgré tout se sépare peu après. Trente ans plus tard et pour l’édition Deluxe du CD la version première est remise sur le marché. ″Ain’t no good life″!

Marcel Destroy, février 2017

 Toutes les Jaquettes ◆

Jean Vern, house of the Blues

Jean Vern, House of the Blues artwork

Né au Havre en 1940, décédé en 1998, musicien et dessinateur de bande dessinée (″La Maison du temps qui passe″, ″Mort sous la Tamise″…) Jean Vern est parvenu à mettre en commun ses deux passions en réalisant de superbes pochettes de disques de Blues et de Jazz. Il a notamment œuvré pour une série initialement éditée par Barclay: House of the Blues. Ses dessins sont remarquables. La finesse du trait et l’expression traduisent admirablement l’ambiance d’une période au cours de laquelle le Blues offrait  une place de choix à des artistes tels que John Lee Hooker, Freddie King, Lousiana Red ou Buddy Guy.

Jean Vern, House of the Blues artwork

 Toutes les Jaquettes 

 

 

Led Zeppelin, Houses of the holy

Led Zeppelin House of the holy censored

Le 28 mars 1973, deux ans après Led Zeppelin IV, l’équipage du dirigeable sort Houses of the Holy. Ce cinquième album est aussi le premier à posséder un titre, visible seulement sur la partie interne de la pochette pour laquelle Page et sa bande font appel à Storm Thorgerson. Après un premier projet rejeté, Hypgnosis met en œuvre un concept basé sur un roman de Science Fiction d’Arthur C. Clarke: Childhood’s End (Les Enfants d’Icare). Aubrey Powell, photographe de l’agence, se rend en Irlande sur la célèbre  Giant’s Causeway (la Chaussée des Géants) et réalise plusieurs clichés d’enfants préalablement sélectionnés sur casting. Les photos de Stephan et Samantha Gates sont réalisées en noir et blanc pour être imprimées et faire l’objet de collages. Un problème de teinte au moment de la post production se traduit par un résultat inattendu et saisissant qui, artistiquement parlant, fait l’unanimité chez Led Zeppelin.  A contrario et dès les premiers jours le design s’attire les foudres de la bienpensance, plus particulièrement dans certains états du sud des États Unis. Histoire de calmer les ardeurs des réfractaires, la maison de disques Atlantic édite le disque doté d’un sticker masquant les fesses des gosses qui figurent au premier plan. En 2003 le packaging de l’album sera classé à la 6ème  place des 50 plus belles pochettes.

PB, octobre 2016

 Rock et Censure 

Keith Moon: Two sides of the Moon

Censure: Two sides of the Moon

Après une expérience en tant que chanteur sur un titre de Quadrophenia (″Bell Boy″), Keith Moon enregistre en 1975 son premier et unique album solo: ″Two sides of the Moon″. Contre toute attente et bien qu’il soit derrière les futs sur trois titres, le drummer des Who s’affiche en tant que chanteur sur la totalité des morceaux. Pour la circonstance un nombre impressionnant de pointures du moment participe aux sessions. Hormis les membres des Who qui bien sûr sont de la fête il convient de noter la présence aux crédits de Ringo Star, David Bowie, Joe Walsh, Spencer Davis et Jim Keltner. Même son pote de beuverie  y va de sa contribution. En effet, John Lennon lui même offre ″Move over Ms. L″, un rock’n’roll gorgé de cuivres dans la plus pure tradition 60’s. Les fans veulent un disque de batteur et sont confrontés à un opus de chanteur somme toute à l’image de son géniteur: instable, déjanté, lunatique et décousu. ″Two sides of the Moon″ est un échec commercial et financier retentissant qui ne ravit que les inconditionnels et quelques collectionneurs convoitant la pochette originale  censurée dès sa sortie dans certains pays, en Espagne notamment.

PB, août 2016

 Rock et Censure 

 

Cal Schenkel, Zappa’rt

Cal Schenkel, Zappa covers

La carrière de Calvin Schenkel a essentiellement consisté à réaliser des pochettes d’albums pour Frank Zappa, avec ou sans les Mothers of Invention. Très tôt influencé par la bande dessinée ″Krazy Cat″ et par le magazine Mad, c’est en illustrant l’univers musical complexe du guitariste que Cal Schenkel a développé son propre style. Un savant mélange d’art naïf, de collages, de folklore et d’absurde a permis à l’artiste de, non seulement marquer de son empreinte l’Underground américain, mais surtout de réaliser d’inoubliables pochettes de disques. ″200 Motels″, ″We’re only in it for the money″, ″The best band you never heard in your life″, ″Cheap thrills″, ″Ruben & the jets″, ″Just another band from L.A″, autant d’œuvres qui témoignent du fait qu’au cours des années 60/70, création musicale et expression graphique étaient étroitement unies sous la bannière d’une intention artistique et culturelle unique.

Cal Schenkel, pochettes de disques de Frank Zappa

 Toutes les Jaquettes 

 

Nirvana, Nevermind

Au départ le deuxième album de Nirvana devait s’intituler ″Sheep″ (Mouton) mais Kurt Cobain choisit finalement ″Nevermind″ (Traduction soft: ″Ça ne fait rien″ ou ″Tant pis″). Normalement en deux mots, l’expression consiste en une métaphore de l’attitude du chanteur à l’égard de la vie.

Nevermind

La pochette du disque représente un bébé nu sous l’eau appâté par un billet de 1 Dollar accroché à un hameçon. L’image symbolise une génération piégée dès la naissance par l’attrait de gains illusoires. Cobain a cette idée en regardant une émission consacrée à l’accouchement dans l’eau. Il en parle alors à Robert Fisher, le directeur artistique de sa maison de disques. Après recherches, la photographie d’un bébé nageur est sélectionnée mais les détenteurs des droits demandent une rente annuelle de 7 500 $. Fisher contacte alors un couple d’amis et, contre la somme de 200 $, envoie un photographe prendre des photos de Spencer Elden, leur fils âgé de trois mois, dans une piscine du Rose Bowl Aquatic Center de Pasadena. Le groupe fait ensuite son choix parmi les cinq photographies qui lui sont proposées. Le label est ennuyé. Le pénis du bébé est visible sur la photo. Soucieux de ne pas choquer, les responsables du label proposent de retoucher l’image mais Cobain leur signifie catégoriquement que le seul compromis qu’il pourrait accepter serait une vignette masquant le pénis et sur laquelle figurerait la mention:  ″Si vous êtes choqué, vous devez être un pédophile en puissance″. DGC Records capitule et diffuse l’album en l’état. Succès phénoménal du titre Smells like teen spirit″ et une première place au Billboard pour l’album qui reste indiscutablement la référence rock des années 1990. En 1994, Kurt rejoint le Club 27. En 2011, Facebook censure la diffusion de la photo sur le réseau, ce qui ne fera que relancer la popularité de ″Nevermind″  au moment de sa sortie commémorative  en version Deluxe.

PB, mars 2016

 Rock et Censure 

 

Jethro Tull: Too Old to Rock’n’Roll, Too Young to Die

Dave Gibbons et Jethro Tull Too Old to Rock'n'Roll, Too Young to DieCe neuvième album de Jethro Tull, a été conçu au départ comme une comédie musicale pour, au final, être publié en 1976 sous forme de concept album. Adepte d’un genre déjà pratiqué avec notamment ″Thick as a Brick″, ou ″Ministrel in the Gallery″, Ian Anderson raconte ici l’histoire d’une Rock Star vieillissante en panne de succès. Afin d’en renforcer l’idée, il fait appel au dessinateur britannique Dave Gibbons, célèbre pour avoir remporté un succès commercial avec sa série Watchmen (Les Gardiens), qui résume le scénario sous forme de BD incluse à l’intérieur de la pochette du LP. Sur la jaquette elle même, le héro a indubitablement les traits d’un Ian Anderson faisant un bras d’honneur. A l’époque les critiques affirment que le disque est autobiographique et sont persuadés que le geste leur est destiné à cause d’un contentieux lié à la descente en flammes, en 1973, de ″Passion Play″ auquel le chanteur-flûtiste tenait tant. Malgré un vif démenti de la part de l’intéressé  ″Too Old to Rock’n’Roll″ allait subir les foudres vengeresses et injustifiées du milieu musical.

Marcel Destroy, Février 2016

 Toutes les Jaquettes 

 

 

Black Star Riders, The killer instinct

Black Star Riders All Hell Breaks Loose

En 2010 le guitariste Scott Gorham prend la décision de reformer Thin Lizzy pour la énième fois en s’adjoignant les services de quelques uns des anciens comparses de Phil Lynott dont le batteur, Brian Downey. La formation tourne sur scène pendant 2 ans et en profite aussi pour travailler sur un nouvel album. Se pose alors la question de utilisation du nom de Thin Lizzy pour publier les compositions originales, et au final le choix s’oriente vers le lancement d’un autre groupe: The Black Star Riders. Après quelques changements de personnel,  le combo, dont le nom s’inspire de celui du gang de hors-la-loi sévissant dans le film ”Tombstone”, sort en 2013 son premier album ”All Hell Breaks Loose”. Musicalement le répertoire se situe dans la lignée de Whitesnake ou UFO avec un hard rock gentillet auquel il manquerait une pincée d’énergie et un soupçon d’originalité. Bref! c’est propre, écoutable mais pas de quoi défriser Nelson Momfort non plus. Pour autant, l’artwork des albums attire l’attention grâce son design dans la plus pure tradition du Nose Art . Pour la première jaquette la pin-up est carrément extraite du catalogue de Gil Evgren, un des maîtres du genre, dont s’est inspiré  Adrian Andrews pour la deuxième galette, ”The Killer Instinct” sorti en ce début d’année.

PB, décembre 2015

Black Star Riders The Killer Instinct

 Pin-Up à l’Affiche 

Funkadelic, Electric Spanking of War Babies

Funkadelic The Electric Spanking of War Babies

Orchestré par George Clinton, Funkadelic allait devenir l’un des groupes les plus importants pour ce qui concerne l’évolution de la musique Funk via la fusion unique de Psychédélisme, de Rock et de Soul. En 1981, après plus de trente années de succès générés par des explorations musicales teintées de satires sociales et d’engagements politiques, parait le 12ème album studio du groupe. Tout n’est pourtant pas si rose. Clinton, passablement ravagé par la drogue,  rencontre des problèmes non seulement avec la maison de disque mais aussi avec sa formation qui pour la circonstance intègre de nouveaux venus, dont Sly Stone. Par son titre, ″Electric Spanking of War babies″ fait allusion à la guerre du Vietnam et critique ouvertement l’impérialisme américain. La démarche est pour le moins mal perçue par la maison de disques qui d’emblée rejette l’idée de double album initialement prévue. Funkadelic revoie sa copie pour en tirer un album simple mais le concept se retrouve à nouveau écarté. Cette fois Warner censure la pochette car le design de Pedro Bell représente une femme nue dans un vaisseau spatial de forme phallique. Au final l’artiste recouvre l’objet du délit d’un habillage sur lequel on peut lire: ″Oh regarde! c’est la jaquette qu’ils avaient si peur d’imprimer!″. Qualitativement bien inférieur à ″Magot Brain″ ou ″One Nation under the Groove″ le disque n’est édité qu’à 100 000 exemplaires. Boudé par le public ″War Babies″ alimente rapidement les bacs à soldes et sera le dernier opus de la formation du Dr. Funkenstein sous le nom de Funkadelic. Même si occasionnellement il se produit sur scène avec ses anciens acolytes (dont certains continuent même à l’accompagner dans ses projets solos), George Clinton dissout le groupe.

PB, novembre 2015

 Rock et Censure 

Mom’s Apple Pie, la part du gâteau

Mom's Apple Pie censure

Groupe de Classic Rock américain, Mom’s Apple Pie connait dans les années 70 et sur ses terres un petit succès d’estime. La dizaine de membres tourne régulièrement sur les campus universitaires, dans les clubs et même au Whikey A-GO-GO à Los Angeles. La voix du chanteur Bob Fiorino et la section de cuivres à la Chicago Transit Authority attirent l’attention et leur donnent la possibilité d’ouvrir pour The Doobie Brothers ou David Bowie. Avec seulement deux albums à son actif  la carrière du combo reste malgré tout éphémère. Mom’s Apple Pie tombe rapidement dans l’oubli. Pas pour tout le monde. En effet, en 1972, la jaquette du premier album éponyme, de prime abord bon enfant, affiche clairement un sexe de femme dégoulinant en lieu et place de la découpe d’une part de tarte. Dès sa parution l’album est bien évidemment censuré et le concepteur, Nick Caruso, se trouve contraint de revoir sa copie. Il garde globalement le même design mais remplace ″l’objet″ controversé par mur de briques miniatures surmonté de barbelés. Avec humour, il ajoute également des policiers qui épient à la fenêtre et une larme qui coule sur le visage du personnage principal. Les deux versions deviennent vite très prisées des collectionneurs qui n’accordent que peu d’importance au contenu pourtant loin d’être inintéressant. La preuve!

PB, septembre 2015

 Rock et Censure 

The Rolling Stones, Sticky Fingers

Rolling Stones, censure de Sticky Fingers

Publié en avril 1971, Sticky Fingers marque l’entrée des Rolling Stones dans les seventies. C’est avec cet album que le groupe met fin à sa collaboration avec Decca Records pour UK et London Records aux US en lançant son propre label: Rolling Stones Records. Pour la première fois Mick Taylor est présent sur les 10 titres du disque et Mick Jagger est crédité sur certaines parties guitares. Première apparition également du désormais incontournable logo ″Tongue and Lip″. Chef d’oeuvre Rock, triple platine et considéré comme le meilleur album de la longue carrière des pierres qui roulent Sticky Fingers se fait aussi remarquer par sa jaquette pour le moins originale. Le concept est d’Andy Warhol qui, pour la photo, fait appel à Billy Name. Beaucoup de fans pensent que c’est Jagger qui se cache derrière la proéminence au niveau de la braguette des jeans. En fait non. Le cliché représente l’entrejambe de Joe Dallesandro, un acteur ami, et probablement amant, de Warhol. Pour une fois, malgré le côté suggestif du visuel, la jaquette ne sera pas désavouée aux Etats Unis ni en Grande Bretagne. En 2003, la chaîne américaine network VH1 attribue même à l’objet le titre de ″plus belle pochette de disque de tous les temps″. Seuls les distributeurs déplorent le fait que la fermeture Éclair endommage les vinyles. En Espagne par contre la censure est appliquée et le jean zippé est remplacé par une boite de mélasse d’où émergent des doigts évidemment gluants. Par la même occasion le titre ″Sister Morphine″ laisse sa place à une version live de ″Let it Rock″ ( Chuck Berry) sur cette version hispanique. Olé!

PB, juillet 2015

 Rock et Censure 

Blind Faith, Blind Faith

Clapton, Winwood censure Blind Faith

Fin 1968, Cream et Traffic viennent de se dissoudre. Eric Clapton et Steve Winwood décident de travailler ensemble sur de nouvelles idées musicales. Ils font appel à Ginger Baker, lui aussi en congé de Cream et sont rejoins par Ric Grech qui vient de plaquer Family en pleine tournée. Ce beau monde se réunit chez Clapton dans le Surrey pour établir les bases de ce qui sera l ‘unique album du groupe Blind Faith. Six titres, 42 minutes de Rock teinté de Blues avec quelques joyaux dont ″Presence of the Lord″ et ″Can’t find my way home″. L’album sort en août 1969 et reçoit un accueil mitigé de la part d’un public probablement déçu par la brièveté de l’oeuvre et un ″Do what you like″ masturbatoire de 15 minutes qui occupe les 2/3 de la face B. Le disque est de plus attaqué par la censure car la jaquette représente une jeune fille pubère, à demi nue, tenant une maquette d’avion qui à l’époque est perçue en tant que symbole phallique. Anéanti par ces déconvenues, Clapton plonge dans la déprime et la drogue, laissant sans suite une des œuvres majeures de l’histoire du Rock.

PB, juin 2015

 Rock et Censure 

La Femme: Le Podium

La Femme: Censure Le Podium #1

La Femme en tant que groupe est né en 2010 de la rencontre de deux copains originaires de Biarritz, Marlon et Sacha. Sans manager ni producteur la bande gère seule sa promotion et livre en 2011 un EP de quatre titres intitulé ″Le Podium #1″ et sur lequel figure ″Sur la Planche″, titre depuis Captur(é) par Renault pour sa pub. Le visuel du disque reproduit le célèbre tableau ″L’origine du monde″ de Gustave Courbet. Comme la toile en son temps, la jaquette devient sujet à polémique et finit par être censurée, notamment outre Atlantique où le combo s’est bâti une solide réputation sur la scène Electro Pop.

PB, mai 2015

 Rock et Censure 

The Pretty Reckless, Going to hell

The Pretty Reckless, Going to HellAttention! The Pretty Reckless: groupe rock US à chanteuse physiquement intelligente. Going to hell est leur deuxième album, réussi en tant que parfaite illustration de l’évolution musicale parfois radicale que peut connaître un groupe lorsqu’il arrive à maturité. On en arrive assez vite à oublier l’ex actrice de la série ”Gossip Girl” pour se concentrer sur la musique. Dans le genre gros rock alternatif, le groupe new-yorkais propose donc quelque chose d’ intéressant et bien léché. Miss Momsen et ses killers évoluent dans un univers à la fois musclé et sensuel, à la musicalité parfaitement millimétrée, comme en témoigne en ouverture le titre éponyme à la rythmique survitaminée. Provocateur et rugissant ”Going To Hell” lorgne allègrement du coté heavy metal et annonce la couleur de l’ensemble de l’album. The Pretty Reckless semble également avoir assimilé le fait que le vrai rock peut aussi s’illustrer par des titres plus soft. ”Waiting for a Friend”, par exemple, apporte une teinte country alors que ”Blame me” flirte avec le Folk Rock. ”House on a Hill” par contre vient confirmer l’adage selon lequel tout disque qui envoie du lourd doit héberger sa ballade stillovingyounesque. C’est chose faite. Cela permet au passage d’apprécier des qualités vocales qui permettent à Taylor Momsen de se faire remarquer autrement que par la courbe de ses lombaires. Going to Hell ne restera probablement pas dans les annales mais dans l’immédiat il mérite une oreille quelque peu attentive.

PB, mai 2015

 La Discothèque idéale 

Beady Eye, couvrez ce sein…

Beady Eye, Be, Ulla Randal

Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées.″ (Tartuffe de Molière).

2013, parution de ″Be″, deuxième album de Beady Eye, le groupe de Liam Gallagher. La jaquette du disque affiche une photo représentant Ulla Randal. A l’origine le cliché d’ Harry Peccinotti figure sur le calendrier Pirelli édition 1968. En Angleterre, le téton de la jeune femme se retrouve masqué par un sticker.

PB, avril 2015

 Rock et Censure 

Aphrodite’s Child: 666

Aphrodite's Child 666 the number of the BeastEn 1971, paraît le troisième et double double album des Aphrodite’s Child.  ″666″ est en fait une relecture de l’Apocalypse selon St Jean dans laquelle Vangelis Papathanassiou exprime sa vision dantesque d’un monde secoué par la guerre, la misère, les révoltes étudiantes et les catastrophes naturelles. Déjà. Sur des textes de Costa Ferris le groupe livre là un disque barré et disparate où se côtoient mysticisme, psychédélisme, rock,  musique traditionnelle et même Jazz. Bien que peu présent pour cause de dissensions naissantes au sein du groupe, Demis Roussos chante à merveille, notamment sur ″The Four Horsemen″ dans lequel Silver Koulouris s’abandonne à de magnifiques parties guitare. ″666″ est un disque difficile à comprendre, original, ambitieux, étonnant, inventif et courageux. Trop! De plus il n’est pas le bienvenu dans certains pays. Non seulement à cause des références au satanisme mais aussi parce qu’il intègre en son sein des épisodes identifiés comme choquants. Tout d’abord La mention ″This work was recorded under the influence of Sahlep″, faisant référence à une boisson inoffensive à base de racines et de cannelle, est mal interprétée, à tort. Ensuite les premiers mots de l’album consistent en un slogan révolutionnaire sans ambiguïté: ″We got the system to fuck the System″. Enfin et surtout c’est la prestation d’Irène Papas qui vient titiller les consciences bien pensantes. En effet, sur ″Infinity″, l’actrice simule un orgasme hystérique de cinq minutes en modulant un ″I am, I was, I am to come I was″ sur fond de percussions syncopées. Il n’en faut pas plus! L’ enfant d’Aphrodite explose en 1972 laissant  à Demis Roussos et Vangelis Papathanassiou l’opportunité d’entamer les carrières solos que l’on sait en abandonnant derrière eux une oeuvre qui, aimée ou détestée, reste majeure dans l’histoire du Rock Progressif.

PB, mars 2015

 Rock et Censure 

Damien Saez, J’ accuse!

Damien Saez J'accuseIl n’y a pas qu’outre Atlantique que les ligues puritaines font entendre leur voix quand il s’agit d’élever un rempart devant ce qui pourrait porter atteinte à la morale et aux mœurs. En France c’est le ″J’accuse″ de Saez qui en mars 2010 subit les foudres de l’ Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité. En effet, l’ ARPP décide que l’affiche qui reproduit la pochette de l’album doit être retirée de tous les lieux publics. La censure est justifiée de la manière suivante : ″L’affiche présente un caractère dégradant pour l’image de la femme dans la mesure où elle apparaît nue, et qui plus est dans un chariot de supermarché, donc comme une marchandise… La publicité ne peut réduire la personne humaine, et en particulier la femme, à une fonction d’objet″. Sauf à admettre que le but non avoué consiste à protéger l’image du caddie, il est quand même étrange de constater que ceux là même qui ruent dans les brancards à propos du visuel de Mondino oublient systématiquement de se manifester vis à vis des publicistes  qui, à la demande de clients évidemment biens sous tous rapports, usent et abusent des charmes féminins pour vendre tout et n’importe quoi. Le Rock serait il victime d’un apriori défavorable?

PB, décembre 2014

 Rock et Censure 

John Lennon, Unfinished Music No. 1: Two Virgins

John Lennon & Yoko Ono Two Virgins

A sa sortie en 1968 cet album du duo par John Lennon/Yoko Ono fait scandale avec une jaquette représentant le couple nu de face sur le recto et de fesses sur le verso. Le visuel, pas du tout du goût des distributeurs, se voit censuré et habillé de papier kraft qui  ne laisse apparaître que les visages des protagonistes. Pourtant, avant la sortie du disque, les autres Beatles et plusieurs proches de Lennon lui conseillent ne pas publier en l’état ce qui ressemble plus à une provocation vulgaire et sans intérêt qu’à autre chose. Le débat pourrait être clos s’il ne s’agissait que de nudité visuelle mais malheureusement question musique c’est aussi le dépouillement le plus total. ″Two Virgins″ ne contient que deux plages de quatorze minutes, constituées de bruitages, de bribes de conversations, de collages sonores et d’instants musicaux soit disant conceptuels. Pauvre John! Excès de dopes ou ascendant de l’allumée nippone en tout cas sur ce coup là tu t’es quand même bien foutu de notre gueule!

PB, décembre 2014

 Rock et Censure 

Biffy Clyro, The Vertigo of Bliss

Biffy  Clyro The Vertigo of Bliss!Biffy Clyro est un trio de rock alternatif écossais formé en 1995. Si leurs mélodies sont assez douces, celles-ci se construisent autour d’un son typiquement rock, avec une section rythmique bien présente et un Simon Neil à la voix puissante. En 2004, après leur troisième album, le groupe élargit son public Pop Rock de manière significative et obtient de nombreuses distinctions comme en témoigne la sortie de ”Opposites” en 2013 qui atteint la tête du classement des ventes d’albums britanniques dès la première semaine et devient disque d’or après seulement dix jours. Le groupe se distingue également au travers du soin particulier qu’il apporte au choix des jaquettes de leurs différents opus. Pour ”The Vertigo of Bliss” en 2003 ils ont le ”Déclic” et décident de faire appel à Milo Manara qui fournit le visuel de l’album et aussi celui des singles. Classe!

Biffy Clyro Vertigo of Bliss singles

 Pin-Up à l’Affiche 

Alberto Vargas, Pin-Up en 33 tours

The Cars Candy-OBernadette Peters Now PlayingJoaquin Alberto Vargas y Chávez devient célèbre dans les années 40 grâce à la publication dans Esquire Magazine de dessins de femmes peu, mais élégamment, vêtues et dotées de proportions idéales. Celles que l’on appelle déjà les ”Vargas Girls” deviennent pendant la Seconde guerre mondiale une source d’inspiration dans le domaine du Nose Art. Dans les années 60 Playboy Magazine commence a publier le travail de l’artiste qui  connaît dès lors un succès sans précédent, l’amenant à devenir le maître incontesté de l’aquarelle et de l’aérographe appliqués aux ”Pin-Up”. Vargas cesse de peindre à la mort de sa femme en 1974. Les seules œuvres qu’il réalise avant de mourir en 1982 sont des illustrations pour des disques de The Cars (”Candy-O” en 1979) et de Bernadette Peters (”Now Playing” en 1981).

 Pin-Up à l’Affiche 

Guns’ N’ Roses, Appetite for Destruction!

Guns'N'Roses censure Appetite for Destruction

A l’origine la jaquette du premier LP des F*** Guns and  F*** Roses représente une oeuvre du peintre californien Robert Williams. Cet artiste Underground prospère dans le Zap Comix, mouvement au sein duquel il collabore notamment avec Robert Crumb. Non-conformiste et anti-establishment il développe un genre nouveau d’imagerie psychédélique urbaine imprégnée du culte de la technologie, de celui de l’anti Héro et de cinéma apocalyptique. C’est de ce mouvement qu’est extrait ce ″Appetite for Destruction″ qui illustre le disque marquant définitivement le monde du Hard Rock à la fin des années 80. La peinture  en question qui date de 1978 représente un robot violeur sur le point d’être châtié par un Metal Avenger. A sa sortie en 1987 l’album suscite la polémique. Devant la frilosité de certaines enseignes pour distribuer le disque aux USA Geffen décide de revoir sa copie et remplace la jaquette en question par une image caricaturale des membres du groupe. Sur fond noir on y voit sur une croix les crânes d’Izzy Stradlin ,Steven Adler,Axl Rose , Duff McKagan et Slash, le tout orné de bannières affichant nom du groupe et titre de l’album. Le concept mis en oeuvre par  Billy White Jr  est tiré d’un tatouage qu’ Axl Rose arbore sur l’avant bras droit. Quant au disque lui même c’est un baril de poudre! Les thèmes abordés sont bien plus violents et malsains que la pochette incriminée. En sus des classiques ″Sex, Drugs et Rock’n’roll″ il est question tout au long des pistes de peurs, de violence, de destruction et de colères. Musicalement l’enregistrement en mode ″live″ des Guns’ N’ Roses met en avant et comme jamais des guitares aux riffs et solos ravageurs, une rythmique bougrement efficace et un son primal parfaitement illustré par la voix de chat écorché d’Axl Rose. La suite on la connaît. Première place des ventes aux US, 18 fois disque de platine et meilleur score des ventes pour un premier album avec 18 millions d’exemplaires… So! Let’s go to Paradise City!

PB, novembre 2014

 Rock et Censure 

King Crimson, In the court of the Crimson King

King Crimson: In the court of the Crimson King

Oeuvre absolue et définitive de King Crimson et l’un des ”Premiers” albums les plus audacieux jamais enregistrés par quiconque. A sa sortie en 1969, le disque fait voler en éclats la compétition entre Rock Progressif et Rock  Psychédélique via un apport de Jazz et de fusion. Pete Townsend parle alors d’un ”chef d’oeuvre de l’étrange”. Puissant et concis, féroce et sombre, In the Court of the Crimson King est généralement considéré comme l’acte fondateur du Rock Progressif, irrésistible et/ou dérangeant, à l’image de son packaging. La jaquette est l’oeuvre d’un jeune informaticien anglais qui consacre une partie de ses loisirs à la peinture et réalise ce portrait tourmenté de l’homme schizoïde du XXI ème siècle. Barry Godber n’aura malheureusement pas l’occasion de réitérer ce magistral coup de maître car il meurt un an après à l’âge de 24 ans.

Marcel Destroy, Novembre 2014

 Toutes les Jaquettes 

Joe Bonamassa. Different Shades of Blue

Joe Bonamassa. Differnet Shades of BlueOn ne présente plus l’ américain, prodige du Blues qui est à lui seul le représentant émérite d’un renouveau qui l’a propulsé à un niveau de popularité rarement atteint dans un domaine sensé être en voie d’extinction. Revoilà donc Joe Bonamassa qui n’avait pas sorti d’album studio strictement personnel depuis l’excellent ”Dust Bowl” en 2011. Sans surprise majeure pour ce qui concerne la teneur et l’ambiance, ”Different Shade of Blue” vient étayer le talent et la boulimie multi directionnelle d’un artiste pour le moins généreux et surdoué. Dans l’ensemble très bon et très bien soutenu par des musiciens talentueux, l’album ouvre  sur un hommage à Hendrix et s’achève sur une ballade ennuyeuse dont on se serait facilement passé. Heureusement il contient aussi un ”oh beautiful” qui n’est pas sans rappeler ”Black Dog” de Zeppelin et livre de grands moments comme l’impétueux ”Living on the Moon” ou le torride ”Heartache Follows Wherever I Go” qui regorgent de cuivres que Joe a ramené de ses dernières collaborations avec Beth Hart. Reste un mystère. Celui de la pochette de l’album qui n’est pas sans rappeler l’image de Roland Free battant le record de vitesse à Bonneville Salt Flats en Septembre 1948. Une idée? Je suis preneur car, à part les nuances de bleu, je ne vois pas!

PB, novembre 2014

 La Discothèque idéale 

Robert Crumb, Chimpin’ the Blues!

Robert Crumb & Jerry Zolten: Chimpin' the BluesNé à Philadelphie en 1943 Crumb est dans les années  soixante l’une des figures de proue du Comix Underground. A cette époque il acquiert une renommée confortable en publiant les aventures d’un chat paillard et obsédé, Fritz The Cat et celles d’un gourou cynique, Mr Natural. Ces aventures feront d’ailleurs l’objet de publications en France dans Actuel, l’ Echo des Savanes et Fluide Glacial. Dans ces magazines il est également question de témoignages humoristiques et déjantés sur le psychédélisme, les drogues (il connaît bien le sujet…), la libération sexuelle et les femmes. Les Femmes! Il les aime et les dépeint résolument avec des formes généreuses, maternelles et dotées d’ un caractère bien trempé. Crumb, qui  se décrit lui même comme ″un obsédé pervers et névrosé″, met en scène la gent féminine sur fond de relation ambivalente tantôt animée par la haine et la crainte, tantôt empreinte de fascination et de fantasmes sexuels. Le dessinateur a une autre passion: La musique. Même si a une époque il refuse de travailler pour les Rolling Stones (il n’aime pas leur musique!) il commet quelques pochettes de disques dont la plus célèbre reste incontestablement celle de ″Cheap Thrills″ pour le Big Brother and the Holding Company de Janis Joplin. Malgré tout et musicalement, c’est en tant que collectionneur de disques 78 tours que Robert Crumb se distingue. Il se passionne particulièrement pour la Country Music, le Jazz et le Blues Vintage, sachant que tout ce qui est postérieur à 1935 ne représente pour lui que très peu d’intérêt. Sorti fin 2013, ″Chimpin’ the Blues″ est le fruit d’une collaboration avec un ami, lui aussi collectionneur, Jerry Zolten. Ce dernier, historien en musique et professeur d’université invite Crumb en 2003 dans son émission de radio au cours de laquelle tous deux passent en revue quelques uns de leurs favoris parmi les 78 tours des années 20 & 30. Sur les 21 titres de ce disque 10 sont la transcription de commentaires éclairés de la part des deux spécialistes mais c’est la musique qui reste à l’honneur avec 11 titres rares qui à eux seul représentent un véritable trésor. Les amateurs de Blues ″Old Style″ et les fans de Crumb devraient être séduits par le contenu et le contenant de Chimpin’ the Blues.

PB, octobre 2014

 Toutes les Jaquettes 

Roger Dean: Yes!

Roger Dean: The Gun & Yes cd's covers

Cet illustrateur de renommée internationale a, dès le début de sa carrière, crée un style dont les images évocatrices et visionnaires ont illustré avec bonheur le monde musical. Avec des techniques, des approches et des styles différents, lui et Storm Thorgerson ont fait passer la jaquette de disque du rang de simple emballage à celui d’œuvre d’Art à part entière. Les dessins de Roger Dean évoquent de façon stylisée des paysages et des mondes étranges inspirés par la littérature fantastique et par la Science Fiction. Des univers grandioses aux lumières étincelantes, peuplés de créatures mythiques, ont fait que cet artiste anglais  reste sans doute le plus connu dans l’illustration du Rock en général et du Rock Progressif en particulier. La première oeuvre discographique de Roger date de 1968; des montres hideux rampent et se meuvent sur la jaquette du premier album du power trio anglais The Gun (« Race with the Devil« ) . En 1971 c’est l’album « Fragile » qui marque le début d’une longue collaboration avec Yes (« Close to the Edge« , « Yessongs« , « Relayer« , « yesterdays », etc..). Choisie par Rolling Stone Magazine parmi les 50 meilleures pochettes du siècle, celle de « Tales from Topographic Oceans » (1973), illustre à merveille la musique et les textes cosmiques de l’album. Images et musique ne se sont jamais mieux rencontrées et complétées que sur l’association Yes – Roger Dean qui cette année encore contribue à l’image identitaire du groupe sur le dernier album: « Heaven & Hearth« .

 

 Toutes les Jaquettes 

Flash: In the Can

Flash In the Can1970, évincé et remplacé par Steve Howe au sein de Yes, Peter Banks forme Flash dès 1971. Un premier album, « In the Can« , sort au printemps 1972. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, et ce,  malgré un design accrocheur de John Hoernie. Ce premier essai est suivi à l’automne, d’un l’album éponyme tout aussi accrocheur au niveau packaging mais sans effet quant à la notoriété du groupe. Pourtant, le style musical de ces deux disques est fortement marqué de l’empreinte de Yes. Il faut peut être rechercher la cause de ces flops du côté d’une orientation musicale plus pop . Le groupe se sépare en 1973 peu après la sortie du troisième et dernier enregistrement studio « Out of our hands« . Un témoignage live est publié en 1997 dans la plus totale indifférence.Flash Flash

 

 Toutes les Jaquettes 

Jimi Hendrix, Experience illustrée

Hendrix Are you experienced MoebiusMilieu des années 70, l’âge d’or du rock. La bande dessinée entame alors sa révolution. Jusqu’alors plutôt destiné au jeune public cet art se tourne désormais vers le monde des adultes. Ainsi, l’on assiste en France à l’émergence de magazines tels que Métal Hurlant, l’ Echo des Savanes ou encore Fluide Glacial. Au sein de cette mouvance, les Editions Barclay qui entreprennent la réédition de la discographie de Jimmy Hendrix, ont alors une idée novatrice et intéressante: confier l’illustration des pochettes à des auteurs de bande dessinée.  Le premier double album qui réunit « Are you Experienced? » et « Axis: Bold as Love » est confié à Moebius (alias Giraud, le dessinateur de Blueberry). Pour le second volume, « Electric Ladyland« ,c’est Philippe Druillet et son univers incomparable qui met en scène le Guitar Hero. La pochette du volume 3 comprenant  » Band of Gypsys » et « The Cry of Love » est dessinée par Solé. Un photographe publicitaire, Patrice Leroy, oeuvre sur l’illustration du quatrième volet « Hendrix in the West » et « War Heroes« . Pour terminer, Patrick Lesueur, dessinateur à Pilote (Mâtin quel journal!) de son état, se charge du « Greatest Hits » de la série. Ces représentations sont magnifiques et elles prouvent que, même si l’un sollicite notre écoute pendant que l’autre est affaire de regard, Rock et BD entretiennent parfois une relation fusionnelle.

Hendrix Electric Ladyland Druillet

Marcel Destroy, Juillet 2014

 Toutes les Jaquettes 

Pink Floyd Back Catalogue.

Pink Floyd Back Catalogue Storm Thorgerson

La pratique commerciale est courante: remettre sur le marché les oeuvres déjà produites par un artiste. C’est ce que l’on appelle le ″Back Catalogue″. En 1997, EMI, la maison de disque de Pink Floyd passe commande d’ un poster destiné à promouvoir la réédition des disques du groupe. L’équipe sollicitée en ce sens, opte non sans humour, pour un concept consistant à peindre les six jaquettes originales de Storm Thorgerson sur le dos de filles nues. ″Back″… ″Dos″… Vous suivez? L’artiste Phyllis Cohen réalise ce body painting classieux qui sera mis en image par Tony May. J’offre une tringle à rideaux à quiconque me fournira le recto de ce cliché pris au bord d’une piscine privée de la banlieue sud de Londres. A bon entendeur…

Jaquettes Back Catalogue Pink Floyd

 Arrêt sur Image 

Toots and the Maytals: Live!

Toots and the Maytals Live

Ni scandale ni censure, ni controverse à propos de cet album. Juste une performance originale. En 1980 le groupe envisage de rentrer dans le Guinness Book of World Records. De fait, un concert au London’s Hammersmith Palais est enregistré, mixé, packagé et distribué en moins de 24 heures. Malheureusement le record ne sera pas homologué car une telle démarche nécessite une information officielle et préalable à l’événement. Personne au sein de la maison de disque n’avait fait le nécessaire en ce sens. C’est ballot! L’ idée de départ et sa mise en oeuvre restent néanmoins louables. Quant à l’énergie légendaire de la bande à Frederick Toots elle est bel et bien là, comme en témoigne ce disque évidemment historique.

Marcel Destroy, Juin 2014

 Toutes les Jaquettes 

The Jimi Hendrix Experience: Electric Ladyland

The Jimi Hendrix Experience censure Electric Ladyland

Pas la peine de tergiverser, l’ histoire est ainsi faite. S’il ne faut retenir qu’un seul album du Jimi Hendrix Experience c’est celui ci. ″Electric Ladyland″ est non seulement le chef d’œuvre d’ Hendrix mais c’est aussi un des albums majeurs sortis ces quarante dernières années. Le gaucher de Seattle y érige son propre style musical afin d’être enfin reconnu pour ses talents de composition et non plus seulement pour ses prestations scéniques. Au départ ce n’est pas l’alchimie entre Blues , Psychédélisme, Folk et Rock qui fait parler d’elle mais bien autre chose: la pochette. Hendrix avait pourtant réfléchi de façon conséquente à un projet en rapport avec le contenu musical du disque et avait même pris la peine d’écrire à sa maison de disques pour exprimer un concept affichant des enfants sur et autour d’une fontaine. En ignorant les exigences de l’Artiste la maison de disque préfère publier l’image d’un groupe de femmes nues. Sur le cliché d’un certain David King certaines de ces femmes tiennent des photos d’Hendrix, d’autres des disques de l’Experience. l’Amérique puritaine ne l’entend pas de cette oreille et interdit la publication en l’état du double LP qui au final sort avec une jaquette arborant le visage stylisé du guitariste. Heureusement et comme souvent, la vieille Europe – et surtout l’Angleterre où tout se passe au niveau du rock – accepte l’édition de la pochette originale. Le disque arrive ainsi dans les bacs le 25 octobre 1968. L’on sait aussi que plusieurs disquaires refusent de vendre ce qu’ils qualifient alors de « pure pornographie « ! D’autres, sûrement aussi frileux, mais préférant privilégier les bénéfices potentiels que représente cette bombe musicale, vendent l’oeuvre emballée dans du papier kraft. Ultime anecdote, on trouve dans les crédits de l’édition originale de l’album une coquille sur le nom de Jack Casady du Jefferson Airplane (crédité ″Jack Cassidy″), qui joue de la basse sur″Voodoo Chile″ ne pas confondre avec ″Voodoo Child″ du même album!). Il est d’ailleurs amusant de constater que l’édition CD de 97 reproduit la même erreur, réparée depuis lors des éditions ultérieures.

PB, juin 2014.

 Rock et Censure 

The Beatles: Yesterday and Today

Beatles, Yesterday and Today Butcher CoverC’est en Juin 1966 que ″Yesterday & today″ arrive dans les bacs outre Atlantique. Composé de singles, de faces B et de chansons d’albums précédents, l’album en tant que concept ne plait pas aux quatre garçons déjà dans le vent. A l’époque les Beatles n’ont contractuellement aucun pouvoir de décision mais,  bien que très occupés par l’ élaboration de ″Revolver″, ils parviennent à convaincre le staff de Capitol Records pour ce qui concerne la mise en oeuvre de la pochette du disque. Pour l’occasion, le photographe Robert Whitaker met en scène les Fab Four déguisés en bouchers et posant au milieu de pièces de viande et de baigneurs démembrés. Une façon humoristique d’exprimer un désaccord profond vis à vis de l’assemblage disparate des 11 titres. Cette photo, à l’origine du qualificatif de ″Butcher Cover″, génère un tel scandale que les dirigeants de Capitol doivent retirer le disque de la vente pour le réinjecter avec une nouvelle jaquette.  Peine perdue! ″Yesterday & Today″ deviendra la première production financièrement déficitaire de Capitol et sera le dernier disque produit par le marché américain sans le consentement direct du groupe. Reste que les heureux possesseurs d’une des 750 000 mille copies de la première version de l’album ont en main un joli capital; un de ces exemplaires s’est récemment vendu aux enchères 15 300 Dollars!

PB, mai 2014.

 Rock et Censure 

Black Crowes: Amorica

The Black Crowes: Censure AmoricaPari réussi pour les frères Robinson qui passent haut la main le difficile cap du troisième album. Sorti en 1994, le très stonien Amorica se distingue des deux précédents opus (″Shake Your Money Maker″ et ″The Southern Harmony & Musical Companion″) par un côté plus expérimental et une production beaucoup plus brute. En résulte un calibrage beaucoup moins Radio qui entraîne un accueil plutôt mitigé de la part des milieux spécialisés. La jaquette volontairement provoc’ n’arrange pas les choses. Tirée de la couverture d’un numéro du magazine pornographique Hustler de Juillet 1976, l’illustration représente l’entrejambe d’une femme portant un string duquel dépassent des poils pubiens. Le persil qui dépasse du cabas on aime pas ça outre Atlantique; surtout quand le cabas en question n’est ni plus ni moins que le ″Stars and Stripes″.  Le disque est carrément absent des bacs de certains distributeurs et finalement la censure est appliquée via un fond noir sensé gommer toute ambiguïté. Le public quant à lui apprécie… le contenant, le contenu et surtout la nouvelle orientation que prend The Black Crowes. Pour preuve, Amorica se vendra à plus de 500 000 exemplaires.

PB, décembre 2013.

 Rock et Censure 

Queen: Jazz, Bicycle Race.

Queen Jazz Bycilcle Race Censure

L’excellentissime ″Jazz″, publié en 1978 est le 7ème disque studio de Queen. Parmi les 13 titres figure ″Bicycle Race″, choisi en tant que single destiné à promouvoir l’album. Le groupe a l’idée de tourner un clip au Wimbledon stadium en mettant en scène 65 femmes nues circulant sur des bicyclettes. Une image destinée à la jaquette du single fut extraite des séances photos : celle d’une des participantes, de dos, en tenue d’Eve, juchée sur un vélo Halfords. Ca ne passe absolument pas auprès de la communauté bien pensante, et, pour répondre aux exigences de la censure, la ″Fat  Bottomed Girl″ (face B du single en question) est affublée au montage et la hâte d’une petite culotte. Quant au clip, évidemment censuré lui aussi, il est finalement édité après ajouts d’effets kaléidoscopiques destinés à masquer les formes incriminées. Provocation ou vengeance ? L’album Jazz intègre dans son édition originale et, sous forme de poster, une autre des photos prises lors de la même session. Le plus comique dans l’histoire c’est que le loueur de bicyclette exigea et obtint de la part du groupe le remplacement des 65 selles.

PB, mars 2013

 Rock et Censure 

Roger Waters : The Pros and Cons of Hitch Hicking

Roger Waters: The Pros and Cons of Hitch Hicking version cendurée1979. Roger Waters propose aux autres membres de son groupe  deux projets: ″The Pros and Cons of Hitch Hiking″et ″The Wall″. C’est ce dernier qui est finalement  retenu, consacré par un énorme succès, et, pour partie, à l’origine de dissensions qui conduisent Pink Floyd à l’ éclatement après la sortie de ″The Final Cut″ en 1983. L’année suivante Waters, désormais en solo, publie donc ce Pros and Cons. Le disque Post Floyd  aborde les thèmes chers à son auteur. L’amour, la trahison, la folie ou encore la propension humaine à l’autodestruction y sont omniprésents. Au-delà des similitudes conceptuelles et musicales avec The Wall, il est intéressant de noter que l’album devient rapidement source de controverses. La pochette signée Gerald Scarfe, représente l’actrice porno anglaise Linzi Drew, nue et de dos, pratiquant l’auto-stop (hitch-hiking en anglais). Il N’en fallait pas plus pour la censure soit appliquée aux Etats-Unis via un rectangle noir judicieusement placé à un endroit que l’honnêteté et la décence m’interdisent de préciser davantage. Bien plus grave: à ma connaissance personne n’a de nouvelles du sac à dos. Quel dommage!

PB, octobre 2013

 Rock et Censure 

Van Dyke Parks : Songs Cycled

Van Dyke Parts: Songs CycledConnu pour ses collaboration avec les Beach Boys (Smile en 1967) Ry Cooder, Alro Guithrie et Lowell George ; connu également pour des musiques de film telles que celle de ″Company″ de R. Altman en 2003, Van Dyke Parks revient en 2013 avec un disque pour le moins atypique.  L’album consiste en un judicieux amalgame de 12 titres relevant soit de matériel déjà diffusé sous forme de singles, soit de réarrangements d’anciennes compostions. Les styles et les idées s’y bousculent. L’accordéon y côtoie la guitare électrique et les cuivres flirtent de façon éhontée avec les percussions ou la mandoline faisant de ″Songs Cycled″ une œuvre digne d’une Americana baroque ou déjantée pas toujours facile à comprendre mais habilement orchestrée  et donc jubilatoire. Jubilatoire également le Cover Art de cet album qui est l’œuvre de R. Kenton Nelson dont l’ évocation de la civilisation Américaine n’est pas sans rappeler l’approche d’un Edward Hopper à ceci près qu’ici la technique consiste en une peinture à l’huile sur laquelle est appliqué un lissage subtil obtenu par sablage. Il faut s’en convaincre, l’union de ces deux talents que représente ″Songs Cycled″ n’est ni plus ni moins qu’une bouffée d’oxygène bienfaitrice.

PB, septembre 2013

Kenton Nelson paintings

♫ La Discothèque idéale 

Storm Thorgerson: Dark Side of the Moon

Albums covers from Storm Thorgerson!

Storm Thorgerson vient de décéder d’un cancer à l’âge de 69 ans. Photographe et graphiste anglais, il est en 1968 à l’origine d’ Hipgnosis, atelier graphique spécialisé dans la photographie. L’ agence acquiert rapidement une notoriété internationale grâce à la création de pochettes d’albums novatrices, notamment et entre autres pour Genesis, Led Zeppelin ou Pink Floyd. La pochette de ‘A Saucerful of Secrets‘ est la première création du collectif que Thorgerson quitte en 1983. Avec Hipgnosis ou en son nom propre, l’artiste réalise des pochettes d’albums de Peter Gabriel, Whisbone Ash, 10CC, Muse, etc… mais c’est son travail pour Pink Floyd qui reste représentatif de cette énergie créatrice qui est notamment à l’origine du visuel d’un des albums les plus vendus au monde: ‘Dark Side of the Moon‘. Avec la mort de Storm Thorgerson c’est tout un pan de la culture pop qui s’écroule. En terme de concept et de support le Cd a tué le vinyle et le téléchargement est en train de faire de même avec le Cd; alors à quoi bon en effet concevoir une pochette pour une musique qui ne circulera plus que sous la forme d’un fichier numérique? Mais… mais… Qui sait? En attendant et pour le plaisir des yeux > Work!

PB, Avril 2013

♠ La grande Faucheuse ♠

The Strokes: Is this it

Strokes: Censure Is This it

Début des années 2000. Un vent de fraîcheur Rock’n’roll caresse l’industrie musicale. Le géant Show Bizz se réveille, soudain rappelé à l’ordre par des petits galopins bruyants et motivés qui se produisent au sein de groupes décomplexés. Jet, The Datsuns, The Hives, The Veils, The Libertines, The Vines, etc… C’est l’époque des groupes en ″The″, comme dans les sixties, et The Strokes sont parmi les plus prometteurs de ce Revival de la scène  Rock Garage. ″Is this it″ le premier album des New Yorkais sort en Europe en août 2001 et  ce n’est que deux mois plus tard qu’il est diffusé aux Etats Unis. Le retard est causé par la pochette qui représente une main gantée de cuir posée sur un beau galbe de cul, pardon, de postérieur féminin.  Considérée comme obscène et provocatrice la jaquette est censurée et remplacée par un entrelas coloré sensé représenter une collision de particules. Un malheur arrivant rarement seul, le titre ″New York City Cops″ est supprimé car il est dit dans le refrain: ‘New York City Cops, they ain’t too smart’ (‘Les flics de New York, ils ne sont pas très futés’). On vit une époque formidable! Les propos en question sont qualifiés d’indécents par rapport aux événements du 11 septembre et le titre est remplacé par ‘When it started‘ qui en 2002 fera partie de la BO de Spider-Man.  L’interdit donne de la saveur parait il!

PB, avril 2013

 Rock et Censure ◆

 

Michael Ochs: 1000 Record Covers

Michael Ochs 1000 Records CoversNé en 1943, Michael Ochs est un photographe américain. Egalement archiviste et collectionneur passionné il est très connu pour sa collection d’images consacrées à la musique Rock.  Le New York Times considère ‘The Michael Ochs Archive‘ (localisée à Los Angeles), comme étant la banque d’images consacrées à la musique la plus importante du monde. Pas moins de 3 millions de clichés et de négatifs ! Durant les années 80-90, le Cd est en plein essor ; pour illustrer leurs rééditons de nombreuses maisons de disques – Rhino Records notamment – piochent dans ce trésor qui finalement sera vendu à Getty Images en 2007. Monsieur Ochs conserve néanmoins sa collection de plus de 100 000 microsillons. 1000 Record Covers propose une sélection par l’auteur d’illustrations d’albums et de singles des années soixante aux années 90. Certaines d’entre elles, véritables œuvres d’art sont devenues aussi célèbres que la musique qu’elles illustrent. D’autres, plus anecdotiques n’en restent pas moins les témoins d’une époque. ‘Cette compilation n’est ni une anthologie critique sur l’Art des pochettes, ni une histoire exhaustive. Il s’agit seulement d’une sélection de mille pochettes de ma collection qui donneraient une vue d’ensemble sur le Rock & Roll depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son âge actuel‘. Plus qu’un simple catalogue ce livre est une véritable mine de renseignements. Outre les crédits photos ou les références de design, chaque illustration est accompagnée du nom du groupe ou de l’ interprète,  du titre de l’album, de sa date de parution. Même la maison de disques est citée. L’ouvrage de presque 800 pages, superbe et merveilleusement édité par TASCHEN, se lit indifféremment comme un voyage dans le temps ou une étude générale sur l’évolution du Cover Art mais il rend avant tout justice à une forme d’expression artistique malheureusement encore et toujours trop sous estimée.

Michael Ochs 1000 Records Covers

📖 Pour Bouquiner 📖

 

Roxy Music: For your Pleasure!

Roxy Music: 1972: Roxy Music - 1973: For your pleasure - 1974: Country Life - 1975: Siren

Au début des années 70 un courant avant-gardiste propulse sur le devant de la scène une musique privilégiant recherche de textures sonores et Pop élégante. Roxy Music s’impose en tant que l’un des fers de lance de cette tendance Art Rock. Brian Ferry et Brian Eno sont à l’époque les moteurs du groupe. Ils mettent en avant leur fascination pour la mode, le glamour, le cinéma et l’Art ; musicalement bien sûr mais aussi au travers des pochettes d’albums pour lesquels ils font appel à des modèles qui en font la popularité. Sur l’album éponyme sorti en 1972, Kari-Ann Muller pose dans la plus pure tradition des calendar girls. 1973, ambiance nocturne pour Amanda Lear qui s’affiche en cuir moulant sur “For your Pleasure”.  L’année suivante aux Etats-Unis “Country Life” sera emballé dans un film opaque car Constanze Karoli & Eveline Grunwald s’exhibent dans de la lingerie transparente. Et enfin “Siren” en 1975 met en scène celle qui sera l’espace d’un temps la compagne de Brian Ferry avant de le quitter pour Mick Jagger ; Jerry Hall, c’est bien d’elle dont il s’agit.

 Toutes les Jaquettes 

Julie London: Calendar Girl

Julie London: Calendar Girl 1956

Au cours des années 50 Julie London (1926-2000) jouit d’une popularité considérable. En tant qu’actrice, cette californienne physiquement très intelligente, a tourné la bagatelle de 22 films dont certains aux côtés Gregory Peck et Rock Hudson. Musicalement elle connaît un succès fulgurant avec “Cry me a River” qu’elle interprète dans le film “The Girl Can’t Help It (La blonde et moi) sorti en 1956. Cette année là également parait ‘Calendar Girl’, le deuxième opus d’une discographie riche de 34 albums.  La mode est aux Pin-Up. Qu’à cela ne tienne ! La belle se retrouve mise en scène dans 12 tableaux calendaires qui détrôneraient à coup sûr les chalets enneigés et les chevaux neurasthéniques grâce auxquels les Petits Travailleurs Tranquilles nous délestent  annuellement de quelques euros. 12 poses…12 mois… Calendrier… Le concept du contenant s’applique aussi au contenu. 12 chansons, une pour chaque mois de l’année. Même pas peur ! Chaque titre intègre le mois qui lui revient de droit: 1.’June in January’, 2.’February Brings the Rain‘… 12.’Warm in December‘. Y figure même un ‘Thirteenth Month’ bien négocié puisque illustré par une photo dont la suggestivité contribuera grandement à l’image de sex symbol de la dame.

Julie London: Calendar Girl Thirteenth Month

A l’époque délicieusement dans l’air du temps, Jazzy à souhait, Calendar Girl bénéficie d’ une orchestration soignée et savamment adaptée  à la voix chaude et suave qui aujourd’hui encore résonne dans certains lounges où des businessmen stressés rêvent d’un futur sans Powerpoint statisticiens. Pour conclure il convient d’ajouter que Julie London a été mariée à un certain Bobby Troop, célèbre pour avoir composé l’un des plus grands standards du Rock’n’Roll:  ‘Route 66‘!!!

 Toutes les Jaquettes 

L.A Guns: Golden Bullets

Jaquettes CD's L.A. Guns

Un peu d’Histoire.  Dans les années 80 Tracii Guns (guitares) forme L.A Guns, un groupe de Hair Metal (ne cherchez pas c’est une histoire de tifs en ferraille !) avec lequel il occupe la scène du Sunset Strip d’Hollywood. En 1983 Michael Jagosz, le chanteur, part en taule voir le temps qu’il y fait.  Il est remplacé par Axl Rose qui quitte  rapidement la formation pour monter Hollywood Rose  avec son pote Izzy Stradlin. En 1985 Axl Rose  et Tracii Guns s’ acoquinent pour lancer la première mouture de Guns N’ Roses. Bon! Ca c’est fait ! A moins d’être un inconditionnel du genre, disons que musicalement L.A Guns  est indispensable… pour appréhender ce qui ne l’est pas. Et sinon? Ben… faut jeter un coup d’œil sur les titres des albums du combo (‘Cocked & Loaded’, ‘Sex, Booze N’ Tattos , etc…) ou de s’attarder sur les intitulés de morceaux (‘No mercy’, ‘Sex Action’, ‘Bitch is back’, etc…) pour piger le comment du pourquoi du sujet dont à propos duquel il s’agit. Allez, sautez directement à la case fuckin’ Guns & fuckin’ Roses vous gagnerez du temps. Cela dit, et pour ceux qui auraient la comprenette anesthésiée, un examen rapide de certaines  jaquettes des albums de L.A Guns devrait à coup sûr les mettre sur une piste; celle des Pin-Up. De ce côté là au moins on est servi!

 Toutes les Jaquettes 

38 Special: Special Forces

 Jaquettes Cd's 38 Special!

Initialement, 38 Special est l’un des nombreux groupes de Southern Rock dans la veine des l’Allman Brothers et Lynyrd Skynyrd. Donnie Van Zant le leader n’est ni plus ni moins que, le frère de Ronnie Van Zant, patron de Lynyrd Skynyrd. Formé en 1975 c’est après quelques errances Country et dans les années 80 que le groupe de Jacksonville parvient au sommet de sa popularité en alignant sur scène deux guitares et deux batteurs et en assurant des shows ravageurs au cours desquels preuve est faite que les membres n’ont pas pour habitude de mettre de l’eau dans le Bourbon qu’ils consomment sans modération. Trois albums honnêtes marquent cette époque. « Rockin’ into the night » en 1980, « Wild eyed Southern Boys » l’année suivante, et, en 1982 « Special Forces« . Musicalement intéressantes les compositions bénéficient en outre d’un packaging accrocheur sur lequel  le peintre Larry Gerber met en scène les valeurs emblématiques – Je vous laisse deviner lesquelles  – de rigueur à l’époque dans le milieu du Rock Confédéré. Plus tard hélas la bande à Van Zant s’enlise dans un rock FM convenu et sans grande personnalité qui aboutit à un oubli légitime  malgré un come back poussif en 1997.

Marcel Destroy, Juillet 2012

 Toutes les Jaquettes 

Scorpions: In Trance, Virgin Killer.

Scorpions censure In Trance

Sorti en 1975, In Trance, le troisième album des teutons s’inscrit comme déterminant quant au Hard Rock mélodique qui assurera au groupe un succès grandissant. La bande à Klaus Meine se fait donc remarquer et pas qu’au travers des compositions. La pochette de l’album, oeuvre du photographe Michael Von Gimbut  exhibe une femme au téton apparent,  tenant une guitare (la Stratocaster de Ulrich Roth) sous elle. Ce sera  la première de la série de pochettes du groupe à avoir été censurée. Quand je pense qu’à l’époque j’avais acheté le disque rien que pour la pochette, sans connaitre le goupe, ni même écouter. C’est grave docteur?

L’année suivante sortira Virgin Killer: La pochette originale fait à nouveau scandale. Une jeune fille pré-pubère pose entièrement nue et le sexe est caché par un impact sur une vitre. Excepté en France, la pochette est censurée et remplacée par une photo du groupe. La polémique dure, enfle et culmine en décembre 2008. Le IWF (Internet Watch Foundation)  juge la photo de l’album non seulement indécente mais potentiellement illégale de par son aspect pédopornographique. Plusieurs FAI britanniques interdisent alors l’accès à la consultation de la page de Wikipédia. Il est certain que la version corrigée ne va pas faire mettre à mal la libido!

Sorpions censure Virgin Killer

PB, nov 2011

 Rock et Censure 


%d blogueurs aiment cette page :