Waykopp – Too loud? Too old!

WayKopp: Premier album2013. Seul, Jon en a un peu marre de traîner ses pompes, sa guitare et son ampli un peu partout et même ailleurs. Comme souvent au hasard des rencontres, sympathie et goûts musicaux communs donnent naissance à Waykopp, un power trio avec à la basse un certain Lord M et à la batterie le dénommé Président GG. Motivé, le combo palois travaille d’arrache cordes et Wake UP, un EP de 5 titres voit le jour en mai 2016. S’en suivra en 2017 une tournée canadienne de 8 dates à Montréal, Ottawa, Kingston, Oshawa, Toronto, Milton et Hamilton. Au pays des Niagara Falls, du sirop d’érable et de Sum 41, le groupe aura tout loisir de peaufiner en live un répertoire dans lequel les influences Blink, Greenday ou Offspring sont omniprésentes ou presque. 2018, année décisive pour Waykopp avec la sortie d’un premier album. Plus noir, moins ensoleillé que ″Wake Up″,  Too loud? Too old! l’album de 11 titres, est annonciateur d’une Pop énergique, d’un Punk  vitaminé, bref, d’une Pop Punk jouissive. A l’occasion de la sortie du disque prévue le 21 septembre une release-party aura lieu le samedi 22 septembre à La Ferronnerie à Jurançon 64110. Qu’on se le dise et d’ici là en avant première: ″You don’t even know my name″!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

 

 

Koritni – Rolling

New album Koritni: Rolling11 ans après Lady Luck, leur premier album et pour la cinquième fois en studio voici de retour ce que le rock australien a fait de mieux depuis ACDC: Koritni! Mixage par Kevin Shirley (Iron Maiden, Joe Bonamassa, Aerosmith), mastering signé Ryan Smith (AC/DC, Guns N’ Roses, Greta Van Fleet), Rolling est composé de 11 compositions de Heavy Rock qui confirment que le combo n’a vraiment pas l’intention de se faire oublier. Rythmiques plombées, solos incisifs du français Eddy Santacreu et comme toujours l’inimitable Lex Koritni dont le timbre de voix proche de celui d’un Diable de Tasmanie qui se serait fait piétiner les coucougnettes par un kangourou assure quelles que soit les ambiances, y compris bluesy. Un retour en force donc avec pour la circonstance quelques invités dont John Coghlan (Status Quo) et les ex Trust Vivi Brusco et Farid Medjane. Pat McManus est là également; l’ancien de Mama’s Boys vient prêter son violon sur un ″Run outta gas″ qui sent bon l’Irlande.

PB, septembre 2018

 

 

 

The Magpie Salute – High Water I

Chris Robinson Magpie SaluteVoilà quatre ans que les Black Crowes ont déposé le bilan après 25 ans de bons et loyaux services. En 2016 et dans le cadre de The Woodstock Sessions Project, Rich Robinson est sollicité pour se produire sur scène. L’ex leader des Crowes décide alors de créer un collectif incluant notamment quelques uns de ses compagnons de route. Avec pas moins de sept autres membres sur scène, Rich (Guitare et Chant), Marc Ford (Guitare) et Sven Pipien, renouent avec l’énergie bienfaitrice des beaux jours et, séduits l’enregistrement d’un album éponyme de reprises ( Crowes, Delaney & Bonnie, Pink Floyd, The Faces et Bob Marley) sorti en 2017, décident de poursuivre l’aventure. The Magpie Salute était né. Pour ce premier véritable effort studio, la formation se voit réduite au quintet incluant John Hogg au chant, et Joe Magistro aux drums. Bien évidemment, avec ses 12 titres, ce nouvel album perpétue la flamme originelle des Corbeaux Noirs. Des brûlots tels que ″Can You See″ ou ″Take It All″ et sa slide incisive sont là pour le prouver. Il convient néanmoins de ne pas s’arrêter sur cette première impression car d’autres titres convergent vers des horizons éclairés d’envolées épiques, d’accents ragtime, de pedal steel guitar, de blues et même d’une petite teinte funky. Bref par les temps qui courent High Water I passerait facilement pour un disque vintage à la con mais au milieu de la misère musicale ambiante c’est un constat plutôt rassurant. D’autant plus rassurant qu’il laisse présager un High Water II. J’attends… Avec impatience!

 

PB, août 2018

 

 

Wilko Johnson – Blow your mind!

Wilko JohnsonIl y a trois ans, le monde médical donnait entre 6 et 10 mois à vivre au guitariste de Dr Feelgood. Atteint d’une tumeur cancéreuse du pancréas et refusant toute chimiothérapie, Wilko Johnson se lance en 2014 dans une mini tournée d’adieu. La même année il sort Going Back Home, un album enregistré dans l’urgence qui offre de nouvelles versions de titres appartenant à son propre répertoire. 2018, revoici la légende du pub-rock britannique, en pleine forme, avec un nouvel album et, pour la première fois depuis 30 ans, 12 nouvelles compos. Blow your mind est à l’image du stakhanoviste de la Telecaster: incisif, nerveux et efficace. Wilko sait d’où il (re) vient. Il sait aussi ce qui peut arriver à tout moment et il fait le choix de célébrer la vie avec fougue et plaisir. Norman Watt-Roy (basse) et Dylan Howe (drums), qui l’accompagnent plusieurs années, sont présents sur le disque et assurent avec énergie. Plaisir garanti donc, même si l’on peut reprocher à l’album une production une peu trop scintillante et propre.

 

PB, juillet 2018

 

 

Buddy Guy – Blues is still alive and well

The Blues is still alive and wellTout est dans le titre! Avec ce nouvel album Buddy Guy prouve, si besoin en était, qu’il est bien une légende vivante, le seul survivant de tous les géants du Blues depuis la mort de B.B. King en 2015. Déjà en 2010 dans Living Proof  il ouvrait en proclamant qu’il était ″74 years young″. aujourd’hui, à 81 ans  il dit simplement: ″a few good years is all I need right now″ (quelques bonnes années, c’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment). Sur la pochette de Blues is still alive and well Buddy, tout sourire, pose avec sa Telecaster à pois devant le panneau de Lettsworth, sa ville natale en Louisiane. En arrière plan, une bicoque délabrée qui n’est pas sans rappeler celle McKinley Morganfield, alias Muddy Waters. Le décor est planté. L’ami Guy se sort les tripes, vocifère et distille des chorus ravageurs comme si sa vie en dépendait. 15 titres, plus d’une heure d’une musique qui nous rassure sur l’état de santé du Blues même si ici il est souvent question de vie et de mort. Étonnant! Étonnant et surprenant aussi. Sur ″You Did The CrimeMick Jagger joue de l’harmonica; vous ai-je dit que que Mick le lippu est un putain d’ harmoniciste? Non? Ben je vous le dit! Le troisième titre nous offre une tuerie au cours de laquelle Keith Richards et Jeff Beck, éternels disciples consciencieux, font parler la poudre: Cognac!

PB, juillet 2018

Richard Gotainer, le Retour – Saperlipopette!

Saperlipopette or not SapelipopetteSaperlipopette (Or not Saperlipopette)! Richard Gotainer, le maître de l’humour, de la grossièreté érudite, le Gotlib de la chanson française est de retour. 10 ans que le binoclard fantasque ne nous avait pas titillé les zygomatiques. ″Quoi de plus savoureux, de plus jubilatoire qu’un gros mot bien juteux pour fleurir une histoire, d’une couille bien placée, d’un trou de balle bien senti, et la phrase étriquée se transmute en saillie″. Le ton est donné. Fidèle à son goût pour les propos acerbes, les satires ironiques et la tournure alambiquée, le trublion déjanté signe 9 textes riches et délicieux mis en musique par Michael Lapie. Les ambiances musicales tantôt rock ou électro, parfois baroques collent à merveille aux propos truculents sur l’amour, la politique, la société et bien sûr les mots. Sapristi nom de nom, que le grand cric me croque, cet album est le meilleur depuis Chants Zazous ou celui que vous voulez.

PB, juillet 2018

Jared James Nichols – Black Magic

Jared James Nichols Heavy Blues RockAprès un prometteur un ″Old glory and the Wild Revival″ sorti en 2015 revoici Jared James Nichols avec un deuxième essai moins speed mais tout aussi pêchu. Avec ses acolytes Erik Sandin (basse) et Dennis Holm (drums), le guitariste américain reste fidèle au modèle du genre. A la ville, le Power Trio brûle les planches avec Zakk Wylde, Glen Hughes ou Lynyrd Skynyrd et en studio les chevelus malmènent les consoles en peaufinant leur répertoire stéroïdé. Plus varié et moins bourrin que le premier opus, globalement le nouvel album offre néanmoins 10 titres bougrement efficaces. Même teinté de slide, de gospel, de funk ou de talkbox, le répertoire fait bien évidemment la part belle au guitariste dont le jeu pourrait consister en un savant mélange de Ted Nugent pas encore végétarien et de Billy Gibbons sur 380 triphasé. Amateurs du genre foncez, Black Magic n’ est pas un album de technicien mais celui d’un virtuose qui a su faire sienne la magie énergique et déjantée du Heavy Blues Rock born in the 70’s et qui sur scène affiche sans vergogne une efficacité redoutable. Jugez plutôt: Blackstar Basement Session!

PB, juin 2018

Joe Bonamassa – British Blues Explosion

CD1: Beck’s Bolero/Rice Pudding. Mainline Florida. Boogie With Stu. Let Me Love You Baby. Plynth (Water Down The Drain). Spanish Boots. Double Crossing Time. Motherless Children.
CD2: SWLABR. Tea For One/I Can’t Quit You Baby. Little Girl. Pretending. Black Winter/Django. How Many More Times.

Joe Bonamassa LiveNon! Il ne s’agit pas d’une compilation du meilleur de ce qu’a produit le Blues Boom des années 60-70. Ce concert au Old Royal Naval College de Greenwich a été enregistré en 2016 et consiste en un hommage aux maîtres de la dite période: Jeff Beck, Jimmy Page, Eric Clapton et John Mayall, et par conséquence Cream, Led Zeppelin et autres Bluesbreakers sont à l’honneur. Aux commandes le boulimique Joe Bonamassa, le king of the Blues Rock himself, champion du monde toutes catégories de la production d’enregistrements live et de contributions diverses et variées. Le résultat est incontestablement imparable, aussi bien au niveau du fond que de la forme. Le choix des titres est judicieux, la qualité artistique est là, l’exécution est millimétrée, le son excellent et la production au top. De quoi ravir les fans pour qui ce énième live sera incontournable, indispensable et plus, puisque affinité. Les autres trouveront là une belle opportunité de redécouvrir les versions originales d’une époque ô combien furieusement emblématique car globalement la prestation manque un tant soit peu d’âme et de spontanéité. L’ensemble est un peu trop propre, un peu trop formaté, un peu trop linéaire et au final on est quand même bien loin de la folie des premiers enregistrements publics du guitariste. Dommage, mais bon, faute de mieux on prend! Joe Bonamassa ne tente pas de réinventer le Blues Rock, il est le putain de Blues Rock. British Blues Explosion est disponible en double Cd, Dvd et BlueRay bonussés et triple Vinyl colorisé, comme la jaquette qui pique les yeux.

PB, juin 2018

Still On The Run – The Jeff Beck Story

The Jeff Beck StoryLe 12 avril à Londres, Avait lieu l’avant première du Rockumentaire ″Still On The Run″.  ″The Jeff Beck Story″ était projeté à Londres au Curzon Mayfair Cinema, en présence de l’intéressé, bien sûr, mais aussi de quelques noms prestigieux et amis. Le film retrace la carrière du guitariste depuis l’apprentissage de l’instrument jusqu’aux quêtes innovantes de sa carrière solo en passant bien sûr par les époques Yardbirds et Jeff Beck Group. Des témoignages ou anecdotes d’Eric Clapton, David Gilmour, Jimmy Page, Joe Perry, Slash, Rod Stewart ou Ron Wood s’ajoutent aux images d’archives et extraits de concerts, dont cinq titres enregistrés à Montreux en 2007. Geoffrey Arnold Beck himself est interviewé. Chez lui, on le voit même dans son atelier en train de monter un moulin sur un châssis de Hot Rod, son autre passion viscérale. ″Still On The Run – The Jeff Beck Story″ sera publié en Dvd et Blu-Ray le 18 mai par Eagle Vision, l’occasion de se pencher sur le parcours de l’un des guitaristes les plus atypiques et les plus influents du Rock: Jeff Beck!

PB, mai 2018

 

Sari Schorr – A Force Of Nature

Sari Schorr & The Engine RoomAncienne choriste Joe Louis Walker et de Poppa Chubby, Sari Schorr décide en 2015 de voler de ses propres ailes en participant au ″Keeping The Blues Alive festival″. Mike Vernon est dans la salle. Celui là même qui en son temps a crée le label Blue Horizon et produit Clapton, Mayall, Peter Green et Ten Years After tombe littéralement sous le charme et propose à la new-yorkaise de produire son premier album. D’emblée le ton est donné avec un Ain’t Got No Money porté par la voix puissante et profonde de la diva et les riffs intenses d’ Innes Sibun. Connu pour avoir joué avec Robert Plant et ouvert pour Johnny Winter, Taj Mahal, Walter Trout, ou encore Nine Below Zero, le guitariste amène avec lui le groupe Engine Room qui, avec une efficacité redoutable, offre un régal de complicité et de cohésion tout au long de l’album. A Force of Nature avec un son dense, une rythmique massive et une production brute, tape, à deux exceptions près, dans le registre du Blues Rock couillu et c’est bien entendu la personnalité vocale de Sari Schorr qui par son énergie et son feeling drive l’ensemble des douze titres. Quand la brune enflamme ses cordes vocales elle prend des accents de Tina Turner, de Janis Joplin ou, plus près de nous, de Beth Hart. Pour se convaincre qu’il se passe enfin quelque chose au royaume du Blues il suffit de se laisser porter par la version sombre, moderne et très personnelle d’un chant traditionnel immortalisé en son temps par Leadbelly  puis par Ram Jam dans sa version la plus rock: Black Betty!

PB, avril 2018