Dennis Edwards – Papa was a Rolling Stone

Dennis Edwards Papa was a rolling stoneDennis Edwards rejoint les Temptations en 1968. La formation vocale, alors figure de proue de la Motown depuis 1961, a déjà de nombreux hits à son actif (″My Girl″) mais commence à souffrir des nombreux changements de personnel. L’arrivée d’Edwards en remplacement de David Ruffin va insuffler au groupe une nouvelle énergie et surtout une orientation musicale qui devient désormais moins marquée par le Gospel et  beaucoup plus empreinte de Funk.  Parmi les titres les plus emblématiques de cette époque il faut retenir ″Masterpiece″, ″Ma″, ″The law of the land″ et surtout celui qui en 1973 propulse les Temptations au rang de groupe le plus populaire de l’histoire de la musique noire américaine. Composé par Norman Whitfield, paru sur l’album ″All directions″, le morceau en question est une combinaison de basse hypnotique, de batterie subtile, de wah-wah syncopée, de claviers aux nappages obscurs et de cuivres jazzy. Mais c’est surtout la performance vocale qu’il faut retenir. Celle de Dennis Edward, alors au sommet de son art. Le chanteur américain vient de s’éteindre à l’âge de 75 et il laisse derrière lui ce qui fut aux Temptations le ″Good vibrations″ des Beach Boys: ″Papa was a rolling stone!

PB, février 2018

Janvier 2018 – Le Rock fait le Mort!

2018 Les perdants du RockPlus motivée que jamais, la grande Faucheuse annonce la couleur. 2018 sera noir, très noir. Fast Eddie Clarke a rejoint son funeste cortège le 10 janvier et Dolorès O’ Riordan le 15. D’autres les ont précédés ou suivis de près.

04/01/2018: Ray Thomas – Musicien et chanteur britannique, il était surtout connu comme l’un des membres fondateurs du groupe de rock progressif The Moody Blues. Multi instrumentiste il jouait de l’harmonica, du saxophone et du hautbois mais la flûte était son instrument de prédilection. Le solo dans ″Nights in white satin″ c’est lui.

15/01/2018: Edwin Hawkins – Chanteur de gospel avec les fameux Edwin Hawkins Singers Il a remporté quatre Grammies durant sa carrière. Son tube ″Oh Happy Day″, adapté d’un hymne religieux du XVIIIe siècle, s’est vendu à plus de sept millions d’exemplaires.

20/01/2018: Jim Rodford – Bassiste, il joue d’abord avec The Bluetones puis rejoint les Swinging Blue Jeans avant de former le groupe Argent. Il rejoint les Kinks en 1978, pour remplacer John Dalton. Il y restera jusqu’à la dissolution du groupe en 1996. Il joue ensuite avec The Animals II de 1999 à 2003, puis il participe à la reformation des Zombies en 2004.

23/01/2018: Hugh Masekela – Trompettiste, légende du jazz, il fuit le régime de l’apartheid dans les années 1960 et ne rentre dans son pays qu’en 1990 après la libération de Nelson Mandela pour lequel il écrit l’un de ses plus grands titres: ″Bring Him Back Home″.

24/01/2018: Mark Edward Smith – Leader et seul membre permanent du groupe The Fall, figure majeure du punk britannique. En quarante ans de carrière, il a sorti plus d’une trentaine d’albums sans jamais rencontrer le succès commercial. Véritable tête de lard il est néanmoins devenu une référence pour de nombreux groupes parmi lesquels, Sonic Youth et Pulp.

PB, janvier 2018

Fast Eddie Clarke – Tear ya down!

Fast Eddie Clarke 1950 - 2018En 1976, le guitariste Edward Alan Clarke fait la connaissance d’un certain Phil Taylor alors batteur de Motörhead. Rendez vous est pris avec Lemmy Kilmister, le fondateur du groupe, qui lui propose illico de remplacer Larry Wallis qui vient de quitter la formation. A partir de là Eddie Clarke participe à l’écriture de 6 albums, parmi lesquels Ace of Spades, Overkill, Bomber qui marqueront l’apogée de la carrière du trio de Heavy Metal. En 1982, suite à de plusieurs différends au sein du trio, ″Fast Eddy″ quitte la formation pour fonder Fastway en 1983. Aujourd’hui le trio originel de Motörhead n’existe plus. Après le batteur Phil Taylor  et le chanteur Lemmy Kilmister, tous deux décédés en 2015, en 2018 c’est au tour d’Eddie Clarke de disparaitre. Fast Eddy est mort d’une pneumonie le mercredi 10 janvier à l’âge de 67 ans.Tear Ya down!

PB, janvier 2018

Nicolas Cassagneau – So long!

Fly and the Tox Nicolas Cassagneau

Créé en 1987 à Toulouse Fly and the Tox se taille très vite une solide réputation qui l’amène à écumer les scènes de l’Hexagone. A l’époque, le trio  propose au public un répertoire teinté de Blues et de Rhythm & Blues au sein duquel compostions personnelles et reprises ont pour dénominateur commun une énergie incroyable et communicative. Après quatre disques, Nicolas Cassagneau (chant/guitare), Marc Dechaumont (basse) et Michel Lorenzo (drums) se séparent en 1998. La scène toulousaine vient de perdre l’un de ses illustres représentants. Nicolas Cassagneau qui n’avait jamais abandonné la musique est décédé ce vendredi 29 décembre. So long!

Johnny Halliday – Hey Joe!

Jean Philippe Smett 1943 - 2017Un type prénommé Joe cavale dans la rue avec un flingue à la main… Drôle d’histoire que celle de cette chanson reprise par tout ce que l’aristocratie du Rock compte dans ses rangs, y compris ceux, pour le moins clairsemés, d’un Hexagone où un certain Jean Philippe Smett occupe la place de porte drapeau. Nous sommes en 1966, Johnny Halliday, est en virée à Londres. En septembre il assiste à un concert de Jimmy Hendrix dans un club local. Impressionné, il tombe sous le charme et invite Jimmy à assurer les premières parties de sa tournée française. Le 13 octobre 1966, le génial gaucher de Seattle débarque pour la première fois en France (et en Europe) en compagnie de Noel Redding (basse) et Mitch Mitchell (batterie). Le premier concert a lieu à Evreux, au Novelty, une salle de cinéma qui accueille un bon millier de spectateurs. Un peu plus tard, ″l’idole des jeunes″ enregistre une version française de ″Hey Joe″ dont les paroles de Gilles Thibaud n’ont rien à voir avec celle de la version originale. Un type prénommé Joe disait qu’il n’avait plus de montre, qu’il avait tout son temps… Le 6 décembre 2017 la Faucheuse en a décidé autrement. Noir c’est noir, et alors? Qu’est ce qu’elle a ma gueule?!

PB, décembre 2017

The Reaper – Rock’n’Roll will never die!

Vuillemin: La Mort en concert

Marcel Gotlib, Rick Parfitt, Greg Lake, Jeff Nicholls, John Wetton, Chuck Berry, J.Geils, Allan Holdsworth, Chris Cornell, Greg Allman, Pierre Henry, Chester Bennington, Tom Petty, George Young, Fats Domino, James Cotton, Malcom Young, et dernièrement Johnny Halliday! Tous sont venus grossir les rangs d’un bien sinistre cortège.

Parce qu’il est fait de mythes et de légendes, parce qu’ il aime les rebondissements et les fins tragiques, le Rock n’en finit pas d’exciter ″La Grande Faucheuse″. Fidèle à elle même, la funeste servante de Chronos s’en donne à cœur joie. Elle accomplit ses basses besognes en accordant une attention toute particulière aux représentants de la scène musicale, espérant sans doute éradiquer le vieil adage ″Rock’n’Roll will never die!″. C’est oublier un peu vite que le Rock, le vrai, renaît sans cesse car il se nourrit de ce qui nourrit le monde. Le Rock dit l’inacceptable et le douloureux, mais il dit aussi aussi la joie, l’espoir et la liberté, juste pour nous rappeler que nous valons mieux que ce que nous subissons.

PB, novembre 2017

AC/DC – Malcolm Young tire sa révérence

Décès de Malcolm Young

La guitare, ça se caresse pas, ça se cogne. C’est l’un des premiers conseils qu’ Angus reçut de la part de son frère Malcom, celui là même qui vouait à son instrument de prédilection un culte exclusif. Durant toute sa carrière avec AC/DC, Malcolm Young est resté fidèle à la Gretsch Firebird qui lui avait été offerte par Harry Vanda, partenaire de son frère aîné George au sein des Easybeats. C’est avec cette guitare vampirisée à outrance que la quasi totalité des titres d’ AC/DC ont été composés par celui qui au sein du groupe était en charge des parties rythmiques. C’est grâce à cette guitare que le style inimitable des australiens a construit le succès phénoménal d’un hard rock basique et puissant qui dure depuis plus de 40 ans. Sur scène, bien que discret, Malcom était le maitre incontestable des accords de puissance distordus qu’il plaquait sans faillir pendant des heures donnant à l’ensemble une ampleur diabolique sur laquelle Angus Young pouvait donner libre court à sa frénésie. En 2013, le guitariste est victime d’un accident cérébral dont il ne s’est jamais vraiment remis et qui, en septembre 2014, l’a conduit dans un établissement spécialisé traitant des maladies neurodégénératives. Le 18 novembre, trois semaines seulement après George, Malcom Young meurt à l’âge de 64 ans. Euh… Angus?! Tu peux attendre un peu steuplé?!… Parce que là…. Ça commence à faire hein! Let there be Rock!

PB, novembre 2017