Chuck! Le nouvel album de Berry

Le dernier disque sorti du vivant de Chuck Berry date de 1979! A sa sortie, ″Rock it″ ne suscite que peu d’intérêt et, dépité, le chanteur guitariste décide alors de laisser tomber les compos pour se consacrer à la scène. Il se remet toutefois à l’écriture dans les années 2000 et enregistre chaque fois que l’envie et l’enchainement des tournées lui en laisse le loisir. La sortie de ″Chuck″, le nouvel opus, était prévue le jour du 90ème anniversaire de l’artiste. La grande faucheuse en a décidé autrement et c’est 3 mois après la mort de ″Crazy Legs″ que l’on peut découvrir ces dix nouveaux titres qui se révèlent être source d’indéniable plaisir. La voix est claire, assurée et énergique et le jeu de guitare, reconnaissable entre tous, toujours aussi incisif et assuré. Les riffs sont immédiatement reconnaissables; ils sont ceux avec lesquels le Maître a défini les règles du Rock’n’Roll dans les années 50 et 60. Malgré un ″Jamaica moon″ aux accents du même tonneau et ″Enchiladas″, une reprise de Tony Joe White, Chuck fait la part belle au Blues et Berry glorifie ce Rock qui résonne encore des échos de ″Roll Over Beethoven″ ou ″Maybellene″. Qui va s’en plaindre? Certainement pas la Lady B. Goode ou les Big Boys!

Marcel Destroy, juin 2017

♫ La Discothèque idéale ♫

Seratones, Get gone!

Seratones, premier Cd: Get GoneBeaucoup s’y sont essayé, peu y sont parvenu. Mais les Detroit Cobras ou les Bell Rays font partie de ces groupes qui ont réussi a mettre en œuvre un subtil mélange de Garage Rock, de Soul et de Rhythm & Blues. The Seratones eux, semblent passer à la vitesse supérieure avec un répertoire qui tape sévère tout en respectant de la plus belle manière l’essence même des genres précités. Sur ce premier album, ″Get Gone″, ces débutants de la première heure jouent avec la maitrise et l’assurance de vieux briscards qui ont parfaitement intégré les codes musicaux qu’ils affectionnent. A.J Haynes, guitariste et chanteuse, s’exprime avec l’émotion d’une diva de la Soul et l’énergie d’une Rock’nRoll queen. Connor Davis, le guitariste, a fait sienne la technique du riff de rock basique et ravageur  aux teintes bluesy. Quant à la section rythmique, la basse de Adam Davis et du batteur Jesse Gabriel sont à l’unisson pour insuffler à l’ensemble un swing musclé terriblement subtil et efficace. Enregistré live en studio baigne dans une ambiance de club du samedi soir qui fait la part belle à la fusion de Rock et de Soul. Grâce à une production de qualité rien n’est sacrifié quant aux détails de la musique et aux talent des exécutants. Les 11 titres de Get Gone, sont incontestablement une bien belle surprise, qui plus est prometteuse. Très prometteuse. La preuve: Sun!

Marcel Destroy, juin 2017

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St Paul & the Broken Bones: Sea of Noise

The Broken BonesSea Of NoiseQuand j’ai entendu ce groupe sans voir leurs bobines je me suis dit, Wow, voilà de la soul comme je l’aime. Ce black chante magnifiquement. Paf, mauvaise pioche! C’est une bande de faces de craie qui nous gratifie de cette Soul digne des meilleures. Saint Sam Cooke, Otis Redding et consorts se sont assurément penchés sur le berceau de Paul Janemay qui fait montre d’une puissance vocale étonnante, généreuse mais toujours maitrisée et portée par une formation de six musiciens prêts à péter la baraque. Apparemment les Stones eux mêmes ne s’y sont pas trompés puisque nos loustics ont eu le plaisir de faire plusieurs premières parties pour la mythique formation″. Bon que dire de plus? Ben rien, Ed Fairlane a tout dit, ces propos lui appartiennent et je m’y rallie!  Reste qu’il ne faut pas hésiter à jeter une oreille sur la production de St Paul & the Broken Bones.Sea of Noise″ et ″Half the City″, leur premier album, sont des nourritures de l’âme hautement bienfaitrices et recommandables. Démonstration >Sugar Dye!

Marcel Destroy, mai 2017

♫ La Discothèque idéale ♫

Passions Pêle-Mêle

Passions Pêle Mêle

Au détour d’une errance il arrive que s’offre à nous la résultante de centaines d’heures d’expérimentations, de jours, de semaines de mois ou d’années, de doutes, de frustrations  mais aussi de joies immenses. Privilégiés nous sommes, nous qui frissonnons de plaisir en ignorant ce qui se cache derrière l’obsession positive de ces amoureux  animés par une obsession dévorante. Accéder aux articles:

  • 01 Veetess Speereet de Vincent Debacker. De ces ateliers sortiront des chefs-d’oeuvre.
  • 02 Cyclone Motor Gallery de Nicolas Wolleb. Quand la lumière donne une âme au moteur.
  • 03 The Guitar Tank de Joël Gruau. Les accords parfaits sur des guitares qui se bidonnent.
  • 04 Vintage America de Patricia de Gorostarzu. Clichés de rêves d’ Amérique et de ses vestiges.
  • 05 Aristocratic Motocyclist de Lorenzo. C’est lui qui le dit: Il aime les femmes et la moto.
  • 06 Carlingue de Jean Paul Milhé. La revue Vintage & Locomotion, trimestriel haut en couleurs.
  • 07 Shot of Rhythm & Blues de Patrick Higgins. Au pays du Pub Rock avec Dr FeelGood.
  • 08 Turboflat de Phippe Gürel. Pin Up, Moto, Rock, sont les moteurs de crayons habiles.
  • 09 Pin-Up de Hubert de Lartigue. Hyperréalisme sexy qui pique agréablement les yeux.
  • 10 Caricatures de Philippe Moine. Lou Reed, Keith Richard, Miles Davis, etc.. caricaturés.
  • 11  Rock’n’roll de Marcel Destroy. Rock’n’Roll bordel! La discothèque idéale qui s’écoute avec les pieds.

Qu’ils soient amateurs, artisans, autodidactes ou professionnels, tous vivent par et pour une indicible envie de partager leur part de rêve et d’en proposer le fruit. Souvent auto-produit ou édité à compte d’auteur, le livre, le support musical et le tirage ont bien sûr un coût mais ce n’est pas l’objet que l’on achète. Pas que! En réalité on se porte acquéreur d’un morceau de cœur, d’une parcelle d’âme, d’une tranche de vie de ceux qui font ce qu’ils aiment et qui aiment ce qu’ils font.

≈ Trucs en Vrac ≈

 

Emerson Lake & Palmer: Brain Salad Surgery

HR Giger: Brain Salad Surgery

Printemps 1973, Emerson Lake & Palmer sont en tournée européenne. Lors d’un passage en Suisse le promoteur local propose au groupe une visite chez le peintre Hans Rudolf Giger qui vit à Zurich. Tout d’abord surpris par la décoration gothique à outrance des lieux, les musiciens sont subjugués par le travail de l’artiste et décident de faire appel à son talent pour la jaquette du quatrième album alors en préparation: Brain Salad Surgery (qui signifie en slang « Fellatio »). A l’origine le portrait de l’épouse de Giger contient en filigrane une représentation phallique qui, pour des raisons évidentes, sera supprimée. La pochette s’ouvre en son milieu comme la porte d’un caisson cryogénique. L’ ambiance froide, métallique et futuriste du visuel est à l’image de l’ensemble de l’œuvre du génial visionnaire qui, quelques années plus tard, conçoit la créature bio-mécanique pour l’Alien de Ridley Scott. ″Brain Salad Surgery″ reste probablement le meilleur album du combo et figure à la 56ème place dans le top 100 des plus belles pochettes de disques de Rolling Stone Magazine. H.R. Giger a réalisé d’autres visuels de disques, notamment pour Magma (Attahk en 1978) et Debbie Harry (Koo Koo en 1981), mais aucun d’entre eux ne peut rivaliser avec celui qu’il imagina pour ELP et pour lequel il n’a d’ailleurs jamais été payé.

Marcel Destroy, Mai 2017

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Boogie Beasts, Come and Get Me

Boogie Beasts: Come and Get MeBoogie Beasts, formé par Jan Jaspers et Mathias Dalle (guitare et chant) nous prouve qu’il n’est pas obligatoire d’ être né au fin fond d’un désert poussiéreux ou sur les bords du Mississippi pour exprimer un amour démesuré pour le Blues du Delta version rock à l’américaine. Avec ″Come and Get Me″, le quatuor Belge accouche d’un album homogène, conséquent et bourré d’énergie. Les rythmes sont hypnotiques, guitares et harmonica se provoquent pour mieux se rejoindre et les voix s’entremêlent pour alimenter de pesantes mélopées que ne renieraient pas R.L. Burnside ou John Spencer. Entre Boogie Rock et Punk Blues, ce premier essai est un aveu à peine déguisé d’ enthousiasme novateur de la part de musiciens qui ouvrent les portes du temps du temps avec une honnêteté absolue. A écouter absolument! Dig

Marcel Destroy, avril 2017

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Laura Cox Band: Hard Blues Shot

Premier Cd Laura Cox BandDepuis ses débuts sur Youtube en 2008, Laura Cox s’est peu à peu imposée comme l’une des valeurs sûre de la guitare conjuguée au féminin. Après s’être distinguée sur le Net avec des covers de Pat Benatar, Led Zeppelin, ACDC ou ZZ Top, la jeune parisienne décide de fonder son propre groupe avec lequel elle sillonne les routes de l’hexagone. Ainsi, depuis 2013 Laura Cox Band fréquente les festivals (Rock en Seine) arpente les scènes de l’hexagone (Trust), à la grande satisfaction d’un public avide de bons gros riffs et de musique énergiquement simple. Étape logique et indispensable, vient le temps de l’album. ″Hard Blues Shot″ vient de sortir et autant l’avouer tout de suite, ce premier essai semble prometteur. 10 compositions majoritairement teintées de heavy rock qui, même si elles ne réinventent pas le genre, s’avèrent très efficaces. Le mérite de cet album c’est avant tout d’être totalement à contre courant de la scène musicale française, surtout quand il explore le genre country (″Barefoot in the countryside″) ou folk (″13″). Actuellement en tournée le groupe se produira notamment le 8 Juillet au Motors’n’ Blues de Dax (40). Qu’on se le dise,  et en attendant: Hard Blues Shot Live!

Marcel Destroy, mars 2017

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The Rolling Stones, Beggars Banquet

Rolling Stones Beggars Banquet censure

Londres 17 mars 1968. Les Rolling Stones entrent en studio pour enregistrer leur septième album. Si les précédentes tentatives contiennent de nombreuses reprises et pas mal d’ errances psychédéliques,  ″Beggars Banquet″ lui, marque un retour aux sources quant à l’inspiration musicale du groupe. Jamais le blues n’a été aussi présent sur cet opus qui reste aussi le dernier à bénéficier de la présence de Brian Jones parti peu de temps après valider son inscription au Club 27. La publication de l’album se voit retardée pour cause de désaccord relatif au packaging. En effet, les Stones entrent en conflit avec leur label Decca à cause de la photo qu’ils ont sélectionnée pour la pochette. Le cliché réalisé à Los Angeles représente des chiottes on ne peut plus crades, aussi crades que les murs du local couverts de graffitis. Malgré le forcing de Jagger & Richard, Decca résiste et finit par imposer sa volonté. La jaquette de ″Beggars Banquet″ prendra finalement l’aspect d’un banal carton d’invitation blanc avec la mention ″R.S.V.P.″ (″Réponse S’il Vous Plait″) en plus du nom du groupe et du titre de l’album. Qu’importe! Avec ″Let it Bleed″, ″Sticky Fingers″ et ″Exile on main St″, ″Beggars Banquet″ reste à jamais parmi les plus inspirés et les plus aboutis de la discographie des Pierres qui Roulent. Et de toutes façons, lors de la réédition du LP en CD, la photo des cagoinces refera son apparition.

Marcel Destroy, mars 2017

 Rock et Censure 

Dr. Feelgood: All Through The City (With Wilko 1974-1977)

Wilco Johnson, All through the City 1974-1977C’est un fait! Wilko Johnson a gravé en compagnie de Lee Brilleaux, John B. Sparks et The Big Figure les plus belles pages du pub rock anglais. ″All Through The City″ passe en revue les remèdes prescrits par Dr. Feelgood entre 1974 et 1977. Trois Cd et 1 Dvd compilent les quatre premiers albums de la formation (″Down by the jetty″, ″Malpractice″, ″Sneakin’ suspicion″ et ″Stupidity″), des démos, des inédits dont 3 Live et quelques vingt-deux apparitions télés en 1975.  Véritable témoignage sur une musique ouvrière qui se foutait des modes, du mainstream et de ses conventions. Au total 93 titres portés par une énergie rare symbolisée par la superbe photo en noir et blanc qui illustre l’objet. Pour une fois on ne se fout pas de la gueule du client! Le coffret intègre un livret de 50 pages et surtout, les enregistrements sont remastérisés sans nuire à la fougue, à l’honnêteté et à la vitalité du groupe de Canvey Island. C’est  rare! Bref, un fois conquis, l’amateur pourra ranger ce petit bijou à côté ou pas loin de l’émouvant documentaire de Julien Temple: Oil City Confidential. D’ici là et en attendant, une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal, pas vrai Roxette ?!

Marcel Destroy, Février 2017

♫ Rock’n’Roll bordel! ♫

Lynyrd Skynyrd: Street Survivors

Lynyrd Skynyrd Street Survivors Cd Cover

le 17 Octobre 1977, Lynyrd Skynyrd, fer de lance du Southern Rock, sort son sixième album, ″Street Survivors″. Trois jours plus tard, au cours d’une tournée, un avion privé transportant les musiciens entre la Caroline du Sud et la Louisiane, s’écrase. Ronnie Van Zant (chanteur, compositeur et fondateur de la formation) , Steve Gaines (Guitariste) , et sa sœur Cassie, choriste du groupe, décèdent dans l’accident. A l’époque la jaquette de l’album représente les membres du groupe debout dans une rue et cernés par les flammes. A la demande de Teresa Gaines, la veuve de Steve Gaines, MCA Records modifie le concept d’origine en remplaçant le feu par fond noir. Suite au crash ″Street Survivors″ devient l’un des plus grands succès commercial de Lynyrd Skynyrd qui malgré tout se sépare peu après. Trente ans plus tard et pour l’édition Deluxe du CD la version première est remise sur le marché. ″Ain’t no good life″!

Marcel Destroy, février 2017

 Toutes les Jaquettes ◆

Manu Lanvin: Blues, Booze & Rock’n’Roll

Manu Lanvin, Blues Booze & Rock'n'Roll

Manu Lanvin et son power trio ″the Devil Blues″ clôturent joliment l’année 2016. ″Blues, Booze & Rock’n’Roll″ succède à l’excellent ″Sons of the Blues″ paru en 2015. Classiques, acoustiques, heavy ou traditionnelles, les compositions de l’album confirment définitivement que Manu  est fait pour le Blues. Le résultat est une musique qui électrise l’atmosphère en se réservant le droit d’y apporter une teinte rhythm & blues via un piano déjanté, des cuivres incisifs ou des chœurs entêtants. A noter au passage 3 titres coécrits avec Neal Black et un hommage au regretté J.J. Cale. Une véritable invitation à s’offrir pour les fêtes 12 morceaux de Lanvin bien emballés. Vous voulez goûter? Soul Revolution!

Marcel Destroy, décembre 2016

 La Discothèque idéale 

Actualité musicale, cuvée 2016

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Tyler Bryant & the Shakedown EP The Wayside   Blues Pills Cd Lady in gold   Buddy Guy, Born to play guitar

Maitre Gims vous donne des envies de suicide? Fréro Delavega vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que l’année écoulée soit particulièrement pauvre dans le domaine de la musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix est bien évidemment partial, subjectif, et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ”La musique c’est comme la vie, ça se respire” (Francis Zegut).

Black Pistol Fire: Don't Wake the Riot   kaleo A/B   Rolling Stones Blue & Lonesome

Marcel Destroy, décembre 2016

 La Discothèque idéale 

Rolling Stones, Blue & Lonesome

Rolling Stones Blue & LonesomeFlashback: Il y a plus de 50 ans Jagger et Richard, tous deux copains d’école passionnés de Blues, se croisent par hasard sur un quai de gare. Ils ont sous le bras quelques enregistrements dont un de Robert Johnson qu’ils écoutent ensemble un peu plus tard. Keith: ″ Qui c’est le 2 ème guitariste?« . Mick: »Ben il est tout seul!« .  Retour au présent, avec en toile de fond cette époque au cours de laquelle Jagger, Richards et Charlie Watts étaient juste un groupe de reprises de blues. Pas de compositions originales parmi les douze titres qui composent « Blue & Lonesome« , vingt-troisième  album studio des pierres qui roulent. Juste des reprises de Little Walter, Howlin Wolf, Magic Sam, Eddie Taylor, Otis Rush et Willie Dixon. L’ensemble est cohérent,  joué juste, bien produit et l’on sent que les septuagénaires sont à l’aise dans cette ambiance du Chicago Blues des années 50 et 60. « Back to the roots » donc, et, pour lever le doute il suffit de réaliser que l’harmonica est présent sur la quasi totalité du disque. Jagger excelle dans ce domaine et dixit Keith « Il n’est jamais aussi sincère que  quand il souffle dans cet instrument« . Même quand ils invitent Eric Clapton sur deux titres les musiciens jouent ensemble, comme un groupe qui a remisé ses égos pour privilégier instinct et sincérité. Et ça fonctionne! Même Mick n’en fait pas trop au chant pour une fois. »Blue & Lonesome » ne révolutionnera pas la Musique et ne changera pas le cours de l’histoire des Rolling Stones, mais il nous offre un joli coup de Blues et ce serait dommage de ne pas en profiter. Seul bémol, le packaging lippu d’un bleu canard WC absolument hideux!  Ecouter  Everybody knows about my good thing″.

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Black Pistol Fire: Don’t wake the riot

Black Pistol Fire: Don't Wake the RiotQuestion influences, le combo canadien Black Pistol Fire se réclame entre autres de Led Zeppelin, Nirvana ou Muddy waters. Rien que ça! Peu de temps après avoir décidé de se lancer dans l’aventure de l’ Indie Blues Rock, Eric Owen (batterie) et Kevin McKeown (Guitare & chant) déménagent de Toronto à Austin dans le Texas. Très vite un premier album éponyme voit le jour, suivi en 2011 par ″Big Beat’ 59″ qui connait un succès immédiat. En 2014 arrive dans les bacs ″Chut or Howl″ qui confirme la valeur du duo qui supporte désormais la comparaison avec Les Black Keys, les White Stripes ou Band of Skulls et qui fait dire à la presse spécialisée que Black Pistol Fire est ″the next big thing″. La dernière production des canadiens vient confirmer cette analyse. ″Don’t wake the riot″ grouille de riffs, de matraquages rythmiques et de fuzz, le tout garantissant l’ ambiance  moite et poussiéreuse d’un Texas Blues porté par la voix chaude et puissante de McKeown. La recette fonctionne à merveille et le troisième titre de l’album résume à lui seul l’excellent potentiel de Black Pistol Fire:  Bad Blood!

Marcel Destroy, novembre 2016

 La Discothèque idéale 

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Led Zeppelin, Houses of the holy

Led Zeppelin House of the holy censored

Le 28 mars 1973, deux ans après Led Zeppelin IV, l’équipage du dirigeable sort House of the Holy. Ce cinquième album est aussi le premier à posséder un titre, visible seulement sur la partie interne de la pochette pour laquelle Page et sa bande font appel à Storm Thorgerson. Après un premier projet rejeté, Hypgnosis met en œuvre un concept basé sur un roman de Science Fiction d’Arthur C. Clarke: Childhood’s End (Les Enfants d’Icare). Aubrey Powell, photographe de l’agence, se rend en Irlande sur la célèbre  Giant’s Causeway (la Chaussée des Géants) et réalise plusieurs clichés d’enfants préalablement sélectionnés sur casting. Les photos de Stephan et Samantha Gates sont réalisées en noir et blanc pour être imprimées et faire l’objet de collages. Un problème de teinte au moment de la post production se traduit par un résultat inattendu et saisissant qui, artistiquement parlant, fait l’unanimité chez Led Zeppelin.  A contrario et dès les premiers jours le design s’attire les foudres de la bienpensance, plus particulièrement dans certains états du sud des États Unis. Histoire de calmer les ardeurs des réfractaires, la maison de disques Atlantic édite le disque doté d’un sticker masquant les fesses des gosses qui figurent au premier plan. En 2003 le packaging de l’album sera classé à la 6ème  place des 50 plus belles pochettes.

Marcel Destroy, octobre 2016

 Rock et Censure 

Blues Pills, Lady in gold

 Blues Pills Cd Lady in goldIl n’aura fallu à Blues Pills que deux ans pour s’installer aux premières loges de la scène rock tendance 70’s revival et en devenir l’un des fleurons. Après un premier essai remarquable et éponyme sorti en 2014,  le quatuor  revient avec un deuxième album qui tente le pari risqué de l’évolution en s’éloignant des standards bluesy. Désormais les synthés ont fait leur apparition et les arrangements vocaux deviennent quasi omniprésents, confirmant par là même les capacités exceptionnelles de Elin Larsson. Reste que les fans de la première heure risquent d’être déçu de ne pas retrouver l’influence de Big Brother & the holding company ou des Bell Rays; d’autant plus déçus que la guitare de l’excellent Dorian Sorriaux de retrouve reléguée au second plan dans ce nouvel opus. Le talentueux frenchie est pourtant bien là! Il s’exprime à merveille sur ″Lady in Gold″, ″Burned out″ ou ″Gone so long″ qu’il conclut par un superbe solo. Au final, mis à part un ″I felt a change″ dont même Adele ne voudrait pas, avec ce Lady in gold,  Blues Pills passe du Heavy Rock bluesy au Rythm & Blues psychédélique. Le changement de cap est plutôt bien assuré et la production ne sacrifie rien à la qualité et à la puissance brute du combo.

Marcel Destroy, octobre 2016

 La Discothèque idéale 

Iceland Rock: Kaleo, A/B

Kaleo A/B Atlantic Records

Attention grosse claque! Ce quatuor islandais vient de livrer A/B, leur premier album pour Atlantic Records. Alliant ballades folk, soul puissante et riffs rock, ces musiciens talentueux expriment leur fascination pour le blues et le rock qu’ils teintent souvent d’une ambiance garage rythmiquement plombée à souhait. Les 10 titres bénéficient d’une production et d’arrangements sans faille qui confèrent à l’ensemble l’une des choses les plus musicalement passionnantes entendues ces dernier temps. Avec ″No Good″ et ″Broken BonesKaleo maîtrise à merveille le Blues Rock à guitares acérées. ″Way Down We Go″ ralentit le tempo mais vise toujours au cœur du Blues incendiaire. Pour ″Glass House″l’artillerie lourde est de sortie et dans ce domaine le gang viking s’y connait. L’album s’achève sur ″I can’t go on without you″ qui vous fera passer 6 minutes les deux pieds dans un Blues sensible servi à merveille par la voix puissante et sensuelle de Jökull Júliússon. A/B est une promesse avec un cœur gros comme çà! La preuve!

Marcel Destroy, septembre 2016

 La Discothèque idéale 

Keith Moon: Two sides of the Moon

Censure: Two sides of the Moon

Après une expérience en tant que chanteur sur un titre de Quadrophenia (″Bell Boy″), Keith Moon enregistre en 1975 son premier et unique album solo: ″Two sides of the Moon″. Contre toute attente et bien qu’il soit derrière les futs sur trois titres, le drummer des Who s’affiche en tant que chanteur sur la totalité des morceaux. Pour la circonstance un nombre impressionnant de pointures du moment participe aux sessions. Hormis les membres des Who qui bien sûr sont de la ″fête″ il convient de noter la présence aux crédits de Ringo Star, David Bowie, Joe Walsh, Spencer Davis et Jim Keltner. Même son pote de beuverie  y va de sa contribution. En effet, John Lennon lui même offre ″Move over Ms. L″, un rock’n’roll gorgé de cuivres dans la plus pure tradition 60’s. Les fans veulent un disque de batteur et sont confrontés à un opus de chanteur somme toute à l’image de son géniteur: instable, déjanté, lunatique et décousu. ″Two sides of the Moon″ est un échec commercial et financier retentissant qui ne ravit que les inconditionnels et quelques collectionneurs convoitant la pochette originale  censurée dès sa sortie dans certains pays, en Espagne notamment.

Marcel Destroy, août 2016

 Rock et Censure 

 

Tyler Bryant & the Shakedown: The Wayside

Tyler Bryant & the Shakedown EP The WaysideTexan d’origine Tyler Bryant forme son premier groupe à l’âge de 15 ans. Très vite remarqué, le guitariste est sollicité par Eric Clapton pour une participation au festival Crossroads 2007 de Chicago. Dans la foulée d’autres artistes tels que B.B. King ou Johnny Winter l’invitent à partager la scène. Avec son groupe, The Shakedown, Tyler fait les premières parties de Jeff Beck, Lynnyrd Skynnyrd, Joe Bonamassa et Aerosmith (Graham Whitford, le fils du guitariste d’Aerosmith fait partie du combo). Après un premier album remarqué en 2013 intitulé  ″Wild Child″, Tyler Bryant and the Shakedown sort   ″Wayside″ un EP produit par Vance Powell (Jack White, Seasick Steve). Six morceaux, ça peut paraître court, mais ce mini album c’est du lourd!  de la balade blues ″The devil’s keep″ au gros titre hard ″Stitch it up″ en passant par le classique ″Mojo Working″, le champ du blues rock qui tâche est couvert et bien couvert. Par les temps qui courent ce serait une grosse lacune que de passer à côté de ce petit brulot qui n’est pas sans rappeler la grande époque des Black Crowes ou des White Stripes

Traclist: 1 Criminal Imagination 03:28 – 2 Loaded Dice & Buried Money 03:41 – 3 Mojo Workin’ 03:14 – 4 Stitch It Up 03:23 – 5 The Devil’s Keep 04:27 – 6 The Wayside 03:45.

Marcel Destroy, août 2016

 La Discothèque idéale 

 

 

Cal Schenkel, Zappa’rt

Cal Schenkel, Zappa covers

La carrière de Calvin Schenkel a essentiellement consisté à réaliser des pochettes d’albums pour Frank Zappa, avec ou sans les Mothers of Invention. Très tôt influencé par la bande dessinée ″Krazy Cat″ et par le magazine Mad, c’est en illustrant l’univers musical complexe du guitariste que Cal Schenkel a développé son propre style. Un savant mélange d’art naïf, de collages, de folklore et d’absurde a permis à l’artiste de, non seulement marquer de son empreinte l’Underground américain, mais surtout de réaliser d’inoubliables pochettes de disques. ″200 Motels″, ″We’re only in it for the money″, ″The best band you never heard in your life″, ″Cheap thrills″, ″Ruben & the jets″, ″Just another band from L.A″, autant d’œuvres qui témoignent du fait qu’au cours des années 60/70, création musicale et expression graphique étaient étroitement unies sous la bannière d’une intention artistique et culturelle unique.

Cal Schenkel, pochettes de disques de Frank Zappa

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