Mike Doud – Breakfast in America

Mike Doud Breakfast in AmericaAu départ prévu pour s’intituler Working Title, puis Hello Stranger, le sixième album de Supertramp sort finalement en 1979 sous le nom de Breakfast in America. Malgré des différends personnels et musicaux de plus en plus lourds à gérer, Rick Davies et Roger Hodgson ont quand même trouvé un terrain d’entente quant à la trame du disque: Une critique de l’Amérique et du rêve américain (n’oublions pas qu’ils sont anglais!). C’est dans ce contexte que le designer Mike Doud conçoit avec humour et dérision le magnifique visuel de l’album. La pochette montre une vue de New York depuis le hublot d’un avion. La Statue de la Liberté est remplacée par Kate Murtagh habillée en serveuse rigolarde tenant un menu et un jus d’orange posé sur un plateau. A l’arrière plan, on distingue un Manhattan tout en pots de condiments, piles de tasses, soucoupes, nourriture, carafes, couverts et objets divers. Symboliquement la Grosse Pomme devient alors une vision cartoonesque d’une Amérique consumériste et superficielle. Grâce à des tubes tels que ″Take the long way home, ″Logical song, ″Goodbye strangeret bien sûrBreakfast in America, l’album rencontre dès sa sortie un énorme succès qui fera de lui l’ un des albums les plus vendus au monde.

Patrick BETAILLE, novembre 2018

 

 

 

 

Eric Clapton – Happy Xmas

Clapton X-Mas albumEric Clapton veut être le premier. Le premier sur la ligne d’arrivée de la course annuelle des indispensables déjà dans les bacs sur lesquels vont se ruer les foules à qui l’on aura fait croire que le truc qu’elles viennent de glisser dans leur caddie – entre un paquet de pâtes et une boite d’œufs – est le Graal incontournable. God veut être le premier et c’est probablement la raison pour laquelle le bien nommé Happy Xmas sort en octobre, fourré comme une dinde de reprises louant le 24 décembre et – hosannah! – augmenté d’un inédit: ″For love on Christmas day″ (je traduis?). Depuis From the Cradle en 1994, Eric Patrick Clapton n’a rien fait que des albums dont aujourd’hui tout le monde se fout, des live alimentaires ou pince fesses et des hommages à des gens qui, a un moment donné, l’ont influencé (J.J. Cale, B.B. King, Robert Johnson, etc). Bref! A 73 ans, le guitariste confirme dans la durée un manque flagrant d’inspiration qu’il tente en vain de nous faire oublier en réalisant de ses propres mains burinées l’illustration du packaging de l’objet. Çà sent le sapin et c’est de circonstance puisqu’il s’agit bien là d’un disque de Nowel avec ″Jingle Bells″, ″White Christmas″ et tous les enluminures de circonstance. Dis donc Slowhand? Tu veux pas aller faire un petit tour du côté du Crossroads?

Patrick BETAILLE, octobre 2018

 

 

 

Billy Gibbons – The Big Bad Blues

Nouvel album Billy GibbonsQuand Billy Gibbons sort de La Grange c’est pour jouer le Blues. Après un Perfectamundo aux ambiances latinos sorti en 2015 voici donc le deuxième album solo du tiers de ZZ Top. Parmi les onze titres, six compositions du barbu himself et des reprises comme ″Standing Around Crying ″et ″Rollin’ and Tumblin″ de Muddy Waters ou ″Bring It to Jerome″ et ″Crackin’ Up″ de Bo Diddley. Billy revient donc vers un Blues plus traditionnel, chante, joue de l’harmonica, donne du gros son à sa Gibson en mode Blues Rock et verrouille l’ensemble avec le Plaisir comme clef de voûte. On sort enfin des grosses productions pour plonger profondément dans le Blues et le Boogie des débuts ZiziTopiens et personne ne s’en plaindra. The Big Bad Blues est agréable, excitant, très efficace et s’impose comme un retour aux sources nécessaire pour un Billy Gibbons qui aime à dire qu’il est à la fin du Voyage. 

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Red Hot Chili Peppers – Mother’s Milk

Red Hot: Censure Mother's MilkSorti le Mother’s Milk est le quatrième album studio du groupe américain Red Hot Chili Peppers. La pochette de l’album comporte une photo en noir et blanc du groupe qui grâce à un montage se trouve entre les bras d’une femme nue. Une rose cache le mamelon gauche du modèle alors que le droit est masqué par l’image du chanteur Anthony Kiedis. Cela ne suffit pas à calmer bon nombre de distributeurs qui sous prétexte de nudité excessive refusent de mettre l’album en vente dans leurs enseignes. EMI décide donc de publier une version encore plus soft pour laquelle les membres du groupe ont été agrandis afin de masquer la totalité du buste. Après la sortie de l’album des posters promotionnels sont édités. En tirage limités ils reprennent le cover art de l’album mais cette fois le sein du modèle Alaine Dawn est totalement visible. Affirmant que lors de la séance photo elle n’aurait pas été informée quant au devenir des tirages, Alaine Dawn porte plainte et obtient 250 000 $ de dommages et intérêts.

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Waykopp – Too loud? Too old!

WayKopp: Premier album2013. Seul, Jon en a un peu marre de traîner ses pompes, sa guitare et son ampli un peu partout et même ailleurs. Comme souvent au hasard des rencontres, sympathie et goûts musicaux communs donnent naissance à Waykopp, un power trio avec à la basse un certain Lord M et à la batterie le dénommé Président GG. Motivé, le combo palois travaille d’arrache cordes et Wake UP, un EP de 5 titres voit le jour en mai 2016. S’en suivra en 2017 une tournée canadienne de 8 dates à Montréal, Ottawa, Kingston, Oshawa, Toronto, Milton et Hamilton. Au pays des Niagara Falls, du sirop d’érable et de Sum 41, le groupe aura tout loisir de peaufiner en live un répertoire dans lequel les influences Blink, Greenday ou Offspring sont omniprésentes ou presque. 2018, année décisive pour Waykopp avec la sortie d’un premier album. Plus noir, moins ensoleillé que ″Wake Up″,  Too loud? Too old! l’album de 11 titres, est annonciateur d’une Pop énergique, d’un Punk  vitaminé, bref, d’une Pop Punk jouissive. A l’occasion de la sortie du disque prévue le 21 septembre une release-party aura lieu le samedi 22 septembre à La Ferronnerie à Jurançon 64110. Qu’on se le dise et d’ici là en avant première: ″You don’t even know my name″!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

 

 

Koritni – Rolling

New album Koritni: Rolling11 ans après Lady Luck, leur premier album et pour la cinquième fois en studio voici de retour ce que le rock australien a fait de mieux depuis ACDC: Koritni! Mixage par Kevin Shirley (Iron Maiden, Joe Bonamassa, Aerosmith), mastering signé Ryan Smith (AC/DC, Guns N’ Roses, Greta Van Fleet), Rolling est composé de 11 compositions de Heavy Rock qui confirment que le combo n’a vraiment pas l’intention de se faire oublier. Rythmiques plombées, solos incisifs du français Eddy Santacreu et comme toujours l’inimitable Lex Koritni dont le timbre de voix proche de celui d’un Diable de Tasmanie qui se serait fait piétiner les coucougnettes par un kangourou assure quelles que soit les ambiances, y compris bluesy. Un retour en force donc avec pour la circonstance quelques invités dont John Coghlan (Status Quo) et les ex Trust Vivi Brusco et Farid Medjane. Pat McManus est là également; l’ancien de Mama’s Boys vient prêter son violon sur un ″Run outta gas″ qui sent bon l’Irlande.

PB, septembre 2018

 

 

 

The Magpie Salute – High Water I

Chris Robinson Magpie SaluteVoilà quatre ans que les Black Crowes ont déposé le bilan après 25 ans de bons et loyaux services. En 2016 et dans le cadre de The Woodstock Sessions Project, Rich Robinson est sollicité pour se produire sur scène. L’ex leader des Crowes décide alors de créer un collectif incluant notamment quelques uns de ses compagnons de route. Avec pas moins de sept autres membres sur scène, Rich (Guitare et Chant), Marc Ford (Guitare) et Sven Pipien, renouent avec l’énergie bienfaitrice des beaux jours et, séduits l’enregistrement d’un album éponyme de reprises ( Crowes, Delaney & Bonnie, Pink Floyd, The Faces et Bob Marley) sorti en 2017, décident de poursuivre l’aventure. The Magpie Salute était né. Pour ce premier véritable effort studio, la formation se voit réduite au quintet incluant John Hogg au chant, et Joe Magistro aux drums. Bien évidemment, avec ses 12 titres, ce nouvel album perpétue la flamme originelle des Corbeaux Noirs. Des brûlots tels que ″Can You See″ ou ″Take It All″ et sa slide incisive sont là pour le prouver. Il convient néanmoins de ne pas s’arrêter sur cette première impression car d’autres titres convergent vers des horizons éclairés d’envolées épiques, d’accents ragtime, de pedal steel guitar, de blues et même d’une petite teinte funky. Bref par les temps qui courent High Water I passerait facilement pour un disque vintage à la con mais au milieu de la misère musicale ambiante c’est un constat plutôt rassurant. D’autant plus rassurant qu’il laisse présager un High Water II. J’attends… Avec impatience!

 

PB, août 2018

 

 

Wilko Johnson – Blow your mind!

Wilko JohnsonIl y a trois ans, le monde médical donnait entre 6 et 10 mois à vivre au guitariste de Dr Feelgood. Atteint d’une tumeur cancéreuse du pancréas et refusant toute chimiothérapie, Wilko Johnson se lance en 2014 dans une mini tournée d’adieu. La même année il sort Going Back Home, un album enregistré dans l’urgence qui offre de nouvelles versions de titres appartenant à son propre répertoire. 2018, revoici la légende du pub-rock britannique, en pleine forme, avec un nouvel album et, pour la première fois depuis 30 ans, 12 nouvelles compos. Blow your mind est à l’image du stakhanoviste de la Telecaster: incisif, nerveux et efficace. Wilko sait d’où il (re) vient. Il sait aussi ce qui peut arriver à tout moment et il fait le choix de célébrer la vie avec fougue et plaisir. Norman Watt-Roy (basse) et Dylan Howe (drums), qui l’accompagnent plusieurs années, sont présents sur le disque et assurent avec énergie. Plaisir garanti donc, même si l’on peut reprocher à l’album une production une peu trop scintillante et propre.

 

PB, juillet 2018

 

 

Richard Gotainer, le Retour – Saperlipopette!

Saperlipopette or not SapelipopetteSaperlipopette (Or not Saperlipopette)! Richard Gotainer, le maître de l’humour, de la grossièreté érudite, le Gotlib de la chanson française est de retour. 10 ans que le binoclard fantasque ne nous avait pas titillé les zygomatiques. ″Quoi de plus savoureux, de plus jubilatoire qu’un gros mot bien juteux pour fleurir une histoire, d’une couille bien placée, d’un trou de balle bien senti, et la phrase étriquée se transmute en saillie″. Le ton est donné. Fidèle à son goût pour les propos acerbes, les satires ironiques et la tournure alambiquée, le trublion déjanté signe 9 textes riches et délicieux mis en musique par Michael Lapie. Les ambiances musicales tantôt rock ou électro, parfois baroques collent à merveille aux propos truculents sur l’amour, la politique, la société et bien sûr les mots. Sapristi nom de nom, que le grand cric me croque, cet album est le meilleur depuis Chants Zazous ou celui que vous voulez.

PB, juillet 2018

The Mama’s & The Papa’s – Aux chiottes!

If you can believe your eyes and earsOn se demande à quoi carburaient les californiens de The Mama’s & The Papa’s pour accepter de poser entassés dans une baignoire afin d’ illustrer la jaquette de leur premier album. D’une incroyable laideur, le cover art de If you can believe you eyes and ears sorti en 1966 marque les esprits mais s’attire aussi les foudres de la censure. On aurait pu penser  que la photo représentait un danger en tant qu’incitation à une débauche chère au mouvement Hippie de l’époque mais non! C’est bien la présence d’un banal goguenot à côté de la baignoire qui a fait crier à l’indécence. Ainsi, deux ans avant le Beggars Banquet des Stones, le groupe de Cass Elliot doit affronter les puritains pour finalement se voir obligé de coller un sticker sur l’album afin de dissimuler l’objet du délit. Flush!

PB, juin 2018