Alfra Martini – The Kitten Covers

Alfra Martini covers: Dylan, U2, StoogesOriginaire de Brooklyn, musicienne, designer, PDG du label All Hands Electric et spécialiste dans le commerce d’affiches publicitaires originales, Alfra Martini est avant tout une artiste freelance. Elle est à l’origine du projet baptisé ″The Kitten Covers″. Son idée: revisiter des pochettes d’albums en les détournant avec… des chatons. Si les lascars de Motörhead deviennent moins badass en kitties, Syd Barret lui, même mué en chat, est toujours aussi allumé. Au travers de quelques 150 covers réalisées entre 2011 et 2016 on se doit d’admettre que le plus souvent les codes des originaux sont respectés et que le résultat est parfois étonnant.Alfra Martini covers: Blondie, Doors, T.Rex

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Vinyles – Jack White y croit!


Blondie Picture This
Quelques chiffres: 712 millions de Compact Discs vendus en 2001 contre 89 millions en 2017, soit une perte de 30%. Entre 2011 et 2013, 1.3 milliards de titres ont été téléchargés; seulement 555 millions en 2017. A contrario, énorme croissance du nombre d’écoutes en streaming qui passe de 118 milliards en 2013 à 618 milliards en 2017. De 2012 à 2017, le nombre de téléchargements musicaux a chuté de 58% (Sources Rolling Stone). Par contre, le Vinyle,considéré au départ en tant qu’effet de mode, semble se porter de mieux en mieux en battant aujourd’hui de nouveaux records des ventes. Constat flagrant résumé par Jack White: ″La prochaine décennie sera celle du vinyle et du streaming; du streaming en voiture et dans la cuisine, du vinyle dans le salon. Voilà comment sera écoutée la musique, et ça me va très bien comme ça″. Peut on et doit on le croire? En tous cas c’est sur la base de ces fondements que l’ex White Stripes, fondateur du label Third Man Records, a ouvert sa propre presse à vinyles à Detroit en ajoutant: ″Le vinyle est gravé dans la pierre. S’il a survécu pendant 120 ans je crois qu’il n’a pas fini de tourner sur les platines. Quelle belle perspective!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Sixties – 45 tours de France

France: Les YéyésJe vous parle d’un temps… Le Swinging London s’ébroue au son des Beatles, Animals, Manfred Mann, Herman’s Hermits, Rolling Stones, Troggs, Who, Kinks et même Donovan ou Petula Clark. Pendant ce temps là, de l’autre côté du Channel, Christophe construit Les Marionnettes, Pascal Danel se balade sur La Plage aux Romantiques et Joe Dassin est à la bourre mais y’a du soleil: Bip Bip!. Larguée, Sheila a des envie de meurtre et tire à vue: Bang Bang! Françoise Hardy raconte La maison où j’ai grandi pendant que Claude Nougaro martèle bidon Bidonville et que Charles Aznavour compose avec La Bohème. Michel Polnareff n’a pas encore montré son cul mais il se demande: Sous quelle étoile suis je né? Tout nu dans son bain Jacques Dutronc pense et oublie: Et Moi et Moi et Moi dit il, c’est la vie, c’est la vie! Hugues Aufray papote avec sa sœur Céline. Richard Antony revendique La Terre Promise mais Dick Rivers, lui, préfère le Twist à St Tropez. Avec Eddy Mitchell Il y a Toujours un coin qui me rappelle alors que pour Claude François c’est Comme d’habitude. Georges Brassens y va de sa Supplique pour être enterré sur la plage de Sète. Lassé d’attendre Madeleine, Jacques Brel fait ses adieux alors que Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot jouent à Bonnie & Clyde. Sylvie Vartan embarque Carlos pour 2’35 de bonheur et Dalida prodigue de judicieux conseils à son Bambino. Nino Ferrer prend son Téléfon pour prévenir Henri Salvador que Zorro est arrivé. Adepte des cheveux long, Evariste se justifie: Si j’ai les cheveux longs c’est pour pas m’enrhumer. Au cours de ses Élucubrations Antoine veut enfermer  Johnny dans un cirque; Cheveux longs Idées courtes lui répond Halliday qui n’en finit plus de gueuler Noir c’est noir! Pas très wok & woll tout ça! La jeunesse hexagonale finit par découvrir Bob Dylan et Jimmy Hendrix en goguette à l’Olympia, surfe sur la déferlante venue d’outre Manche et délaisse de plus en plus ses idoles Yéyé. Boudée, l’industrie du disque connait une de ses premières crises et tente de la résoudre en mettant sur le marché le 45 Tours 2 titres moins cher à produire et commercialement plus accessible que le 45 Tours 4 titres dont les ventes connaissent une baisse vertigineuse. Ex fan des sixties où sont tes idoles?

Patrick BETAILLE, Juillet 2017

 

 

HMV – Nipper, La Voix de son Maitre

Nipper, His Master's VoiceHis Master’s Voice (HMV en abrégé), connu en France sous le nom de La voix de son maître, est un label musical anglais appartenant au groupe EMI. En 1885, dix ans après le cylindre de phonographe de Charles Cros, Emile Berliner développe un support d’enregistrement plat et son appareil de lecture. C’est l’avènement du disque et du gramophone. L’inventeur souhaite une image accrocheuse pour promouvoir sa découverte et il fait appel à son ami peintre Francis Barraud. Dans son atelier, l’artiste s’inspire de son chien Nipper qui, intrigué, tend l’oreille vers les sons qui sortent du pavillon du gramophone. L’image de ″La Voix de son Maître″ est née pour devenir l’un des logos les plus célèbres de l’histoire de la publicité. Dans les années 50, après avoir traversé plusieurs décennies, le petit terrier aux oreilles pointues se retrouve au beau milieu des microsillons. Au cours des années 70, quand la firme adopte l’appellation de EMI La Voix de son Maître puis Pathé Marconi EMI il se voit réduit au rang de petite vignette. En 1990 EMI abandonne toute référence à Pathé Marconi et prend le nom de EMI France. En Grande-Bretagne, le label HMV est délaissé et c’est l’étiquette EMI Classics qui prend la relève. Woof! Couché Nipper!

PB, juin 2018

Jared James Nichols – Black Magic

Jared James Nichols Heavy Blues RockAprès un prometteur un ″Old glory and the Wild Revival″ sorti en 2015 revoici Jared James Nichols avec un deuxième essai moins speed mais tout aussi pêchu. Avec ses acolytes Erik Sandin (basse) et Dennis Holm (drums), le guitariste américain reste fidèle au modèle du genre. A la ville, le Power Trio brûle les planches avec Zakk Wylde, Glen Hughes ou Lynyrd Skynyrd et en studio les chevelus malmènent les consoles en peaufinant leur répertoire stéroïdé. Plus varié et moins bourrin que le premier opus, globalement le nouvel album offre néanmoins 10 titres bougrement efficaces. Même teinté de slide, de gospel, de funk ou de talkbox, le répertoire fait bien évidemment la part belle au guitariste dont le jeu pourrait consister en un savant mélange de Ted Nugent pas encore végétarien et de Billy Gibbons sur 380 triphasé. Amateurs du genre foncez, Black Magic n’ est pas un album de technicien mais celui d’un virtuose qui a su faire sienne la magie énergique et déjantée du Heavy Blues Rock born in the 70’s et qui sur scène affiche sans vergogne une efficacité redoutable. Jugez plutôt: Blackstar Basement Session!

PB, juin 2018

Paul Whitehead – Genesis

Depuis les années 70, Paul Whitehead, peintre et graphiste britannique, reste associé aux jaquettes des albums de Van der Graaf Generator et Peter Hammill mais aussi et surtout de Genesis.
Paul Whitehead TrespassGraphiquement parlant, Trespass, deuxième album du groupe sorti en 1970, est sans doute le plus surprenant. Dans un décor médiéval on y voit un angelot (l’Amour?) en train d’observer un couple en pleine contemplation du monde extérieur. Un trait noir barre l’image et lorsque la jaquette est dépliée il apparait que c’est un poignard qui est à l’origine de cette balafre. Dixit Whitehead, cette rupture entre le côté bucolique du dessin et la déchirure du couteau correspond au fait que l’ambiance paisible qui domine l’ensemble des compositions est brusquement mise à bas par The Knife, un titre éminemment plus pêchu et accrocheur.
Paul Whitehead FoxtrotTrespass, le flamboyant Nursery Crime (1971) et l’envoutant Foxtrot (1972) resteront à jamais  les marqueurs d’une époque créative au cours de laquelle expression picturale et compositions musicales cohabitaient étroitement. Ainsi, la femme-renard de Foxtrot inspira Peter Gabriel qui fit vivre le personnage sur scène portant une robe rouge et masque de renard.[ Site Officiel Paul Whitehead! ]
PB, juin 2018

Mati Klarwein & Santana – Abraxas

Mati Klarwein Abraxas SantanaMati Klarwein est assurément l’un des grands peintres du mouvement psychédélique. Allemand d’origine, cet élève des Beaux Arts de Paris s’initie au Surréalisme aux côtés de Fernand Léger et fait la connaissance de Salvatore Dali avec qui il se lie d’amitié. Installé en France il développe son propre style figuratif. L’un des exemples les plus représentatifs de la démarche de l’artiste restera à jamais un concept élaboré en 1961: Aleph Sancturay aussi appelé ″Le Temple de toutes les Religions″. En 1970, Carlos Santana vient de terminer l’enregistrement de son deuxième album et il tombe sur la reproduction de l’un des volets de l’œuvre en question: The Annunciation. On y voit une Vierge Marie à la peau noire, nue, le sexe caché par une colombe, symbole de virginité. L’ange Gabriel participe lui aussi à cette Annonciation revisitée en déboulant tatoué, à califourchon sur un conga et pointant le doigt vers un motif qui n’est autre que Aleph, la première lettre de l’alphabet hébreu signifiant ″commencement″. Quant aux Rois Mages, ils sont représentés par des danseurs africains en compagnie de l’artiste lui même. Séduit par le concept et les symboles, Carlos décide que l’image sera le cover art d’ Abraxas. Le disque aura un succès planétaire et il fera connaitre dans le monde entier Mati Klarwein qui travaillera aussi pour Miles Davis (Bitches Brew), Brian Eno, Greg Allman etc… Tout ça grâce à la Black Magic Woman!

PB, juin 2018

Pink Floyd – A Nice Pair

Pink Floyd, censure de A Nice PairA l’initiative de Harvest/Capitol, ″A Nice Pair a été publié en décembre 1973 sous la forme d’un double album qui regroupe ″The Piper at the Gates of Dawn et ″A Saucerful of Secrets″, les deux premiers albums de Pink Floyd parus respectivement en 1967 et 1968. La pochette originale de l’album, œuvre de Hipgnosis, consiste au verso en un kaléidoscope de neuf images surréalistes et humoristiques. Deux de ces clichés feront l’objet de censure. Celle qui représente une paire de seins (a nice pair?) sera dans certains pays dotée d’un bandeau ou d’une croix noire alors que les États-Unis opterons pour un sticker violet et blanc apposé sur la poitrine. Une deuxième photo représente la façade d’un cabinet dentaire, celui du Dr Phang. Ce dernier, s’appuyant sur la loi interdisant la publicité dans le domaine médical, demande et obtient le retrait de l’image qui sera remplacée par un cliché sur lequel figure un moine en train de se gargariser (!). Après la réédition des deux albums originaux sur CD, ″A nice Pairne sera plus édité.

PB, mai 2018

Vinyles – Haute Définition?

Rebeat: Vinyl HDMis à mal par l’arrivée du Compact Disc dans les 80’s, puis plus tard par le MP3 et le streaming, le Disque Vinyl est bel et bien de retour. L’engouement pour la vénérable galette n’en finit pas de titiller les neurones de quelques petits malins qui grenouillent dans les open spaces de start up innovantes. Rebeat, une jeune société autrichienne annonce ainsi l’arrivée prochaine du Vinyl HD. Günter Loibl, le boss, a déposé en 2016 un brevet décrivant une méthode révolutionnaire sensée apporter 30% de capacité supplémentaire, une augmentation conséquente de la durée de vie, un coût de fabrication moindre et une restitution sonore enrichie. Cerise sur le gâteau, la technologie serait compatible avec les platines actuelles. Alors rêve ou réalité? Il faudra attendre 2019 pour être fixé mais à n’en pas douter l’industrie de la musique doit déjà être dans les starting blocks. Après avoir convaincu Pierre que le Cd était fantasbuleux, persuadé Paul le Mp3 était génial, terrifié Jacques avec HADOPI et démontré aux autres que le Vinyle est fabulistique, les Majors ne vont pas rater l’occasion de rééditer à tour de bras des œuvres emblématiques déjà surexploitées mais augmentées pour la circonstance de fonds de tiroirs divers et variés soit disant ″indispensables″ et ″incontournables″. On parie?

PB, mai 2018

 

Vinyles – Haute Fidélité!

Bibliothèque vinyles 33 tours

Vous avez succombé à la folie mercantile du 33 tours. Vous appréciez la chaleur du son du microsillon. Vous avez découvert sur les jaquettes le plaisir de voir ce que vous entendez. Vous avez choisi votre platine, vous l’avez réglée. Vous voilà prêt pour un bon décrassage des cages à miel. Avant tout, si vous voulez renouveler et prolonger le plaisir dans le temps, il faut considérer que l’objet est fragile et qu’il mérite une attention particulière. La manipulation doit se faire en prenant soin de ne pas poser les doigts sur la surface gravée. Le vinyle n’aime pas la poussière qu’il attire comme un aimant. Pour remédier à ce phénomène, investir dans des pochettes intérieures anti-statiques est LA solution. Il faut aussi prendre le temps de dépoussiérer le LP à l’aide d’une brosse souple, avant et après l’écoute. Le packaging doit être lui aussi manipulé avec soin et surtout protégé grâce à des enveloppes souples en polyéthylène transparent. Votre collection commence à prendre de l’ importance et vous devez faire face à un nouveau problème: le rangement. Lorsqu’il s’agit de classer ses galettes, il n’y a pas de règle précise. Vous pouvez procéder comme bon vous semble; par ordre alphabétique, par artiste, par genre ou par label. En revanche, pour les ranger dans de bonnes conditions une règle s’impose: le stockage de vos  ″Précieux″ doit absolument se faire à la verticale, dans une pièce exempte d’humidité, chauffée mais pas trop. Protégés de la lumière directe du soleil, qu’ils soient conservés dans une bibliothèque ou dans des bacs façon disquaire, il faut aussi veiller à ce que la quantité de 33 tours soit suffisante; ainsi, légèrement compressés mais pas trop, les disques ne subiront aucune déformation. Bienvenue dans le monde de la collectionnite aiguë, de la recherche compulsive et du classement obsessionnel. L’occasion peut être de découvrir  ″High Fidelity″ une comédie sympathique de Stephen Frears dans laquelle John Cusack joue le rôle d’un disquaire de Chicago qui tient une boutique fréquentée par des amateurs d’albums rares et ésotériques des années soixante et soixante-dix.

PB, mars 2018