Eric Clapton – Life in 12 bars

Lili Zanuck Clapton Life in 12 BarsToujours soucieux d’avoir le contrôle sur son image et perfectionniste en âme, Eric Clapton a demandé à la réalisatrice Lili Fini Zanuck de lui consacrer un Rockumentaire. Sorti en salle en janvier 2019, Life in twelve Bars est désormais disponible en Dvd. Le film privilégie les archives fournies par le guitariste qui commente photos et documents sonores. Durant la première moitié du documentaire l’on découvre les blessures d’un enfant qui, rejeté et abandonné par sa mère, se réfugie dans la musique qu’il entend à la radio. Très tôt donc le Blues devient un refuge obsessionnel qui conduira le jeune prodige au sein des Yardbirds, de John Mayall & The Blues Breakers et de Cream! C’est aussi l’époque d’une autre passion dévorante; celle que nourrit le guitariste pour l’épouse de son ami George Harrison, Patti Boyd. Cet amour à sens unique conduit celui que l’on appelle désormais God à une descente aux enfers qui devient le fil conducteur de la deuxième partie. Amour contrarié, fragilité, dépression, alcool, Mandrax, héroïne, cocaïne, LSD. ″Je ne savais plus où j’étais… à l’époque je ne me suis pas suicidé car un mort ne boit pas!″, se souvient Slowhand qui trouvera néanmoins l’inspiration pour créer son chef d’œuvre au sein de Derek and the Dominos: Layla. Quelques années plus tard, la naissance de son fils Conor va le remettre sur pied. Malheureusement l’enfant meurt tragiquement en 1991 à l’âge de 4 ans et devient le sujet de l’un de ses plus beaux hymnes: Tears in Heaven. Les épisodes sont connus, bien sûr, mais la réalisatrice parvient à leur donner une nouvelle dimension grâce à des extraits, interviews et séquences vidéo jusqu’alors méconnues au cours lesquelles on croise notamment les Beatles, Dylan assistant à un concert de John Mayall à la télévision, ou encore une Aretha Franklin en studio. ″Aretha a d’abord ri, mais quand Clapton a commencé à jouer elle a arrêté de rire″ [Le boss d’Atlantic Records]. Il est aussi question de la fameuse tirade raciste lors d’un concert que le documentaire n’élude pas. ″J’étais bourré. Je me suis dégoûté moi-même ». C’était impardonnable. La moitié de mes amis étaient noirs et ma musique l’était aussi… Mais seule la bouteille comptait!″. Le portrait d’un homme tourmenté plutôt que celui d’un guitariste flamboyant est certes un choix risqué et il parait légitime de se demander pourquoi la musique, bien que présente et de belle manière, n’occupe pas plus de place tout au long des 2h15 de visionnage. En faisant le choix de la sincérité et de l’intime, Eric Clapton offre à Lili Zanuck l’occasion de réaliser un boulot remarquable, émouvant et passionnant. Une réussite et un vrai régal!

Patrick BETAILLE, juin 2019

Rumble – The Indians Who Rocked the World

Catherine Bainbridge RumbleEn 1958 lors d’un concert un des micros se retrouve plaqué contre l’amplificateur du guitariste. S’en suit un son extrêmement saturé qui donne naissance à Rumbleun instrumental sur trois accords avec lequel l’amérindien Link Wray  posera l’une des pierres fondatrices du Rock. Se remémorant ce frissonnant classique, Martin Scorsese jubile : ″le son de la guitare… cette agressivité… C’était le premier morceau à utiliser la distorsion et le feed-back. Rumble marque l’arrivée de l’accord de puissance dans le rock – et c’est également l’un des rares morceaux instrumentaux à avoir été interdits à la radio, tant on craignait qu’il n’incite à la violence…″. Réalisé par Catherine Bainbridge ce documentaire exceptionnel retrace l’histoire de ces indiens natifs d’Amérique qui ont donné ses lettres de noblesse à la musique populaire, Rock et Blues en tête. Via des extraits de concerts, des images d’archives et des interviews, les portraits de ces icônes autochtones nous sont contés par quelques unes des plus grandes légendes américaines de la musique qui les ont côtoyées, qui ont joué avec elles ou qui s’en sont inspiré. De Buddy Guy et Quincy Jones à Iggy Pop, en passant par Steven Tyler et Stevie Van Zandt et bien d’autres, tous reconnaissent cet héritage. Rumble, le film, montre à quel point les influences autochtones représentent un pan important de l’histoire de la musique et ce malgré les nombreux efforts déployés pour interdire, censurer et éradiquer les cultures autochtones aux États-Unis. Sorti aux Usa en octobre 2017 et disponible en Dvd, le documentaire sera projetée dans certaines salles françaises à partir du 7 novembre 2018. Toutes les infos: Rumble, the Movie.

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Still On The Run – The Jeff Beck Story

The Jeff Beck StoryLe 12 avril à Londres, Avait lieu l’avant première du Rockumentaire ″Still On The Run″.  ″The Jeff Beck Story″ était projeté à Londres au Curzon Mayfair Cinema, en présence de l’intéressé, bien sûr, mais aussi de quelques noms prestigieux et amis. Le film retrace la carrière du guitariste depuis l’apprentissage de l’instrument jusqu’aux quêtes innovantes de sa carrière solo en passant bien sûr par les époques Yardbirds et Jeff Beck Group. Des témoignages ou anecdotes d’Eric Clapton, David Gilmour, Jimmy Page, Joe Perry, Slash, Rod Stewart ou Ron Wood s’ajoutent aux images d’archives et extraits de concerts, dont cinq titres enregistrés à Montreux en 2007. Geoffrey Arnold Beck himself est interviewé. Chez lui, on le voit même dans son atelier en train de monter un moulin sur un châssis de Hot Rod, son autre passion viscérale. ″Still On The Run – The Jeff Beck Story″ sera publié en Dvd et Blu-Ray le 18 mai par Eagle Vision, l’occasion de se pencher sur le parcours de l’un des guitaristes les plus atypiques et les plus influents du Rock: Jeff Beck!

PB, mai 2018

 

David Gilmour – Live at Pompeii

Live at Pompeii 20167 juillet 2016 après JC! David Gilmour revient au pied du Vésuve, à l’endroit même où en 1971 le Floyd pas encore disloqué s’étaient mis en scène dans un rockumentaire ayant pour décor un amphithéâtre vide de tout spectateur. Autre temps, autres mœurs. Cette fois-ci le guitariste débarque flanqué d’un nouveau groupe, d’un light show conséquent, devant un public de 26 000 personnes acquis à sa cause et bien sûr avec un répertoire ciblant la promo du dernier album ″Rattle that Lock″. Le show reste néanmoins axé sur les incontournables pour lesquels les fans se sont déplacés et c’est tant mieux car, il faut l’avouer, à deux exceptions près les huit compos récentes infligent au show une légère baisse de rythme. Sur la set list figurent ainsi un ″Great Gig in the Sky″ remanié, d’excellentes interprétations de ″Money″ et ″Wish You Were Here″, 12 minutes enchantées de ″Shine on You Crazy Diamond″ et un magistral ″One of these days″. Les trois derniers morceaux sont tous des classiques du Floyd: ″Time″, ″Run Like Hell″ bourré d’effets pyrotechniques et bien sûr le majestueux ″Comfortably Numb″ qui vient clôturer le set. Les musiciens (Chuck Levell aux claviers) sont au top, heureux d’être là (ça se voit!)  et ils parviennent à faire oublier l’absence des membres fondateurs du groupe originel. Quant à Gilmour, même si parfois la voix a un peu de mal à assurer dans les aigus, son jeu de guitare a rarement été aussi pur et grandiose (le deuxième solo de ″Comfortably Numb″!!!).  Avec 21 titres et plus de 2h30 de scène, Live at Pompeii est indispensable à tout adepte du genre. D’autant plus indispensable qu’il bénéficie d’une édition Blu Ray boostée par une image et un son exceptionnels. Je me demande quand même comment, en ayant la chance de pouvoir assister à un tel événement, certains puissent apprécier le show en passant le plus clair de leur temps à brandir à bout de bras un putain de smartphone. Baltringues!

PB, octobre 2017

Dr. Feelgood – All Through The City (With Wilko 1974-1977)

Wilco Johnson, All through the City 1974-1977C’est un fait! Wilko Johnson a gravé en compagnie de Lee Brilleaux, John B. Sparks et The Big Figure les plus belles pages du pub rock anglais. ″All Through The City″ passe en revue les remèdes prescrits par Dr. Feelgood entre 1974 et 1977. Trois Cd et 1 Dvd compilent les quatre premiers albums de la formation (″Down by the jetty″, ″Malpractice″, ″Sneakin’ suspicion″ et ″Stupidity″), des démos, des inédits dont 3 Live et quelques vingt-deux apparitions télés en 1975.  Véritable témoignage sur une musique ouvrière qui se foutait des modes, du mainstream et de ses conventions. Au total 93 titres portés par une énergie rare symbolisée par la superbe photo en noir et blanc qui illustre l’objet. Pour une fois on ne se fout pas de la gueule du client! Le coffret intègre un livret de 50 pages et surtout, les enregistrements sont remastérisés sans nuire à la fougue, à l’honnêteté et à la vitalité du groupe de Canvey Island. C’est  rare! Bref, un fois conquis, l’amateur pourra ranger ce petit bijou à côté ou pas loin de l’émouvant documentaire de Julien Temple: Oil City Confidential. D’ici là et en attendant, une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal, pas vrai Roxette ?!

PB, février 2017

John Doe – Crossroads, la route du Blues

Crossroads, film John Doe sur Robert JohnsonPour peu que l’on s’intéresse au Blues, vient toujours un moment où se manifeste l’envie d’en savoir plus sur l’une de ses plus belles des légendes. Avec seulement 29 titres enregistrés Robert Johnson est devenu un mythe, la référence suprême, le gardien du panthéon de la musique, celui qui a fait naître chez Jimmy Hendrix, Eric Clapton, Keith Richard, Led Zeppelin et tant d’autres, la passion viscérale pour le Delta Blues qui allait de près ou de loin les influencer musicalement. En 1986, à partir d’un scenario de John Fusco, le réalisateur Walter Hill traite le sujet sous forme de fiction musicale gentillette qui se termine par un duel guitaristique éblouissant entre Ralph Macchio et Steve Vai dans le rôle du serviteur du diable. Il est donc question de ce fameux pacte avec le Malin. Pacte au cours duquel Robert Johnson aurait vendu son âme en échange d’un immense talent.  Avec ″Crossroads, la route du Blues″, John Doe élève le débat au rang d’un subtil mariage des genres qui oscille entre fiction, documentaire et road-movie. ″Fan de Blues, je rêvais depuis mon adolescence de faire la Route 61. Il m’aura fallu 30 ans pour y parvenir avec quelques dollars, un bon copain et une idée : conter les légendes de Robert Johnson. J’ai écrit et vécu cette aventure passionnément. Une année de préparation, 1 mois de tournage, 6 mois de montage et 8 ans de galères pour faire connaitre ce film. Aucun producteur, pas de distribution, pas d’aide financière, juste un entêtement maladif: y croire″. Le résultat est bluffant. La démarche est sincère, les protagonistes étonnants, le ton lugubre et l’ambiance générale très roots. Au final on y croit, on s’y croit même. Au point d’avoir envie de participer, en compagnie de Calvin Russel, à la quête du 30ème morceau, celui  qui délivrera Robert Johnson de sa malédiction. Monsieur John Doe*, qui que vous soyez, merci pour cette belle initiative, pour ce moment intense et pour la mise en images de cette passion dévorante. Enfin et surtout, merci pour le partage sans contrepartie avec la mise à disposition d’infos remarquables et de l’intégralité de l’œuvre au format Dvd ou Divx en Vost.  C’est ici! > La Route du Blues .

*Dans les années 50, John Doe est le pseudonyme utilisé par les réalisateurs américains  qui ne souhaitaient pas ″signer″ leurs œuvres en raison de désaccords avec les règles fixées par l’industrie du cinéma et de la télévision. Une façon de faire de la résistance…

PB, janvier 2017

Janis Joplin – Little girl blue

Amy Berg: Janis, Little Girl BlueDans son dernier film,  ″Janis″, Amy Berg retrace la chute inexorable de Janis Joplin, Rock-Star des 60’s partie rejoindre il y a 45 ans le tristement célèbre Club 27. Le documentaire décortique la saga d’une femme entière, incapable de surmonter ses démons, et toujours en quête de l’amour des autres. Laura et Michael, frère et sœur de Janis, parlent d’elle. Témoignent également les membres de Big Brother (y compris Sam Andrew, décédé le 12 février 2015), Bob Weir du Grateful Dead ainsi que Country Joe McDonald. Quant au fil conducteur il est assuré par Chan Marshall, alias Cat Power, qui lit la correspondance échangée par Janis avec sa famille. Il est question aussi de David Niehaus. Tombé amoureux de la star, David lui proposait dans un télégramme de la rejoindre. Le pli est restée à la réception de l’hôtel; peut être que si Janis l’avait  lu ce soir là…. Et puis bien sûr des images rares, des extraits de concerts viennent étayer le récit d’un parcours hors du commun. Au-delà du personnage de rock-star, de sa voix extraordinaire et de la légende, ″Little girl blue″ nous dépeint une femme sensible, vulnérable et puissante. C’est l’histoire d’une vie courte, mouvementée et passionnante qui changea la musique pour toujours. Déjà en rayon pour la version anglaise le Dvd sous titré en français sera disponible fin juin 2016.

PB, Mai 2016

Marvin Sutton – Moonshiner, bootlegger, outlaw et héros

Marvin Popcorn Sutton

Question look, on le dirait tout droit sorti de ″Délivrance mais son truc à lui n’a rien à voir avec quelconque propension à la persécution de ses semblables. Loin s’en faut! Marvin Popcorn″ Sutton est un paisible montagnard des Appalaches, un amoureux jovial de la nature qui passe l’essentiel de ses journées à élaborer sa propre eau de vie. A la fois moonshiner et bootlegger, Marvin consacre sa vie à la fabrication d’alambics, aux opérations de distillerie et à la vente de sa gnôle qu’il livre dans un vieux Ford délabré. Peur de rien. Il a publié à compte d’auteur son propre guide consacré à la production d’alcool de contrebande (″Me and My Likker″) ainsi qu’une vidéo maison dépeignant ses activités. Hors du commun et hors du temps. Il s’attire évidemment les foudres des autorités qui le convoquent devant la cour pour lui signifier une incarcération de 18 mois dans une prison fédérale. Rebelle jusqu’au bout. Le petit homme maigre, toujours vêtu d’un chapeau improbable et d’une salopette du même nom, n’accepte pas cette condamnation et préfère se donner la mort. Après avoir prévenu sa fille il met fin à ses jours le 16 mars 2009. Le hors la loi a alors 62 ans.  Le 9 novembre 2010, Hank Williams. Jr s’associe avec la veuve Pam pour distiller et distribuer un whisky élaboré selon les techniques et méthodes Sutton. En Octobre 2013 Jack Daniel’s Inc dépose plainte sous couvert de contrefaçon, demande que les bouteilles mises sur le marché soient retirées et que le produit des ventes déjà réalisées soit reversé à la firme du Tennessee Whiskey.  La poursuite a été conclue et réglée en 2014 selon des termes non encore divulgués.

♥ Voir: ″Popcorn Sutton, a hell of life″: Le Dvd de Neal Hutcheson sorti fin 2014 retrace, via un portrait inoubliable, la vie de Marvin Sutton de 2000 à 2009. ″The Last One″. Du même auteur, le documentaire publié en 2009 et remastérisé en 2012 a reçu l’ Award du meilleur documentaire culturel. On y voit le héros dans ses œuvres de distillation traditionnelle au cœur des Appalaches où il évoque le caractère de ses ancêtres irlandais et retrace une vie riche de souvenirs.

Patrick BETAILLE, septembre 2015

 

Morgan Neville – 20 Feet from Stardom

20 Feet from StardomLes Rolling Stones sont en train d’apporter la dernière touche à leur album ″Let It Bleed et réalisent qu’ils ont besoin, pour les chœurs, d’une voix qui déménage. Quelqu’un dans le studio pense à appeler Merry Clayton. Après un coup de fil houleux, la dame débarque dans le studio à 2 heures du matin, enceinte, en pyjama de soie et bigoudis sur la tête. Elle chante Rape, murder, it’s just a shot away sur Gimme Shelter. Mick Jagger en reste sur le cul. Cette histoire et de nombreuses autres tissent la trame de ce film sur le parcours des background singers de la musique américaine des années 60 à 80. Au travers d’entretiens et d’images d’archives Darlene Love, Táta Vega, Lisa Fischer (aujourd’hui choriste officielle des Stones), ou encore Judith Hill, toutes racontent, souvent avec beaucoup d’humour, ce métier de l’ombre. Sous les caractères bien trempés de ces chanteuses exceptionnelles, on découvre des femmes fragiles, pudiques, souvent meurtries de n’avoir pas été reconnues pour leur véritable talent. Toutes évoquent rêves et désillusions, joies et peines,  mais surtout un amour immense pour la Musique. 20 Feet from Stardom donne également la parole à Mick Jagger, Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Bette Midler, Sting… Tous rendent un hommage visiblement sincère à ces indispensables ″background girls malheureusement appelées à disparaître d’un univers musical où le look supplante la voix et où les overdubs et autres bidouillages électroniques remplacent les chœurs à moindre frais. Ce documentaire reste une grande fresque musicale, certes;  mais il va plus loin encore en évoquant les soubresauts d’une société en pleine mutation et l’évolution de la condition féminine. Incontournable,Indispensable, Exceptionnel! Pour une fois ces termes, trop souvent galvaudés, prennent un sens.

PB, juin 2014

Beth Hart & Joe Bonamassa – Live in Amsterdam

Dvd Beth Hart & Joe Bonamassa Live in AmsterdamPassons sur la pauvreté graphiquement nauséeuse du packaging et attardons nous sur ce que moi j’ose appeler un putain de bon moment musical. Ce double Dvd Live in Amsterdam n’est ni plus ni moins que la transcription exacte d’un concert que Joe Bonamassa et Beth Hart ont donné lors de la tournée promotionnelle de l’album Seesaw Pas d’overdubs, pas de bidouilles numériques. Ce que vous entendez est ce qui a été joué. La quasi totalité du dernier album et cinq titres de Don’t explain sont interprétés par ces deux artistes qui s’offrent même le luxe de quelques autres covers bien senties. Pour l’occasion Beth et Joe sont soutenus par une section de cuivres et une bande de tueurs patentés déjà vus aux côtés du guitariste surdoué. Que ce soit le batteur Anton Fig, le bassiste Carmine Rojas, le guitariste rythmique Blondie Chaplin ou le clavier Arlan Schierbaum, tous sont incroyablement inspirés et efficaces, visiblement heureux de participer à ce qui se passe sur scène. Nous n’assistons pas à  un concert de guitar héro pas plus qu’à une prestation de diva reconnue. Non! et pourtant il y aurait matière à, tant le talent de ces deux artistes est énorme. Point d’ego prédominant donc. Tout n’est que collaboration fusionnelle et capacité considérable à transmettre un large éventail d’émotions bienfaitrices. La lecture dévastatrice de I’d Rather Go Blind (Etta James) en est la meilleure preuve; dix minutes de pur bonheur, le feeling de Joe Bonamassa fait des merveilles et l’interprétation de Beth Hart est orgasmique. Croyez moi! Cette nana c’est Otis Redding moins les baloches! 21 titres (sans compter les bonus), plus de deux heures de musique, un film sobre et efficace, et un son tout ce qu’il y a de plus propre, que demander de plus? Un petit extrait? Bon d’accord et c’est bien parce que c’est vous: Live in Amsterdam! .

PB, avril 2014