Richard Gotainer, le Retour – Saperlipopette!

Saperlipopette or not SapelipopetteSaperlipopette (Or not Saperlipopette)! Richard Gotainer, le maître de l’humour, de la grossièreté érudite, le Gotlib de la chanson française est de retour. 10 ans que le binoclard fantasque ne nous avait pas titillé les zygomatiques. ″Quoi de plus savoureux, de plus jubilatoire qu’un gros mot bien juteux pour fleurir une histoire, d’une couille bien placée, d’un trou de balle bien senti, et la phrase étriquée se transmute en saillie″. Le ton est donné. Fidèle à son goût pour les propos acerbes, les satires ironiques et la tournure alambiquée, le trublion déjanté signe 9 textes riches et délicieux mis en musique par Michael Lapie. Les ambiances musicales tantôt rock ou électro, parfois baroques collent à merveille aux propos truculents sur l’amour, la politique, la société et bien sûr les mots. Sapristi nom de nom, que le grand cric me croque, cet album est le meilleur depuis Chants Zazous ou celui que vous voulez.

PB, juillet 2018

Ratier L7 & C6S – La Béhème française

1962: La Ratier C6S escorte De GaulleFin 1944, le C.M.R. (Centre de Montage et de Réparation) est mis en place afin de maintenir les stocks de motos abandonnées par l’Allemagne lors du replis de ses troupes. L’essentiel de l’activité du centre consiste alors à retaper des BMW puis à fabriquer des ″Bitzas″. En 1947, le CEMEC (Centre d’Etudes de Moteurs à Explosion et à Combustion) prend le relais et continue d’exploiter les stocks pour fabriquer de nouveaux modèles, dont la CEMEC L7 à destination exclusive de l’administration française. En 1954 Ratier, spécialisé dans la fabrication d’hélices d’avions, rachète le CEMEC alors en dépôt de bilan et reprend la fabrication de la L7 qui intègre pour un temps le parc moto de la Gendarmerie Nationale. Parallèlement, l’usine poursuit l’étude d’une 600 culbutée qui devient la C6S. Très inspirée d’une BMW R 75, mais cette fois entièrement ″Made in France″ elle équipe l’escorte ­présidentielle du Général De Gaulle qui refuse catégoriquement de parader avec du matériel allemand. On se demande bien pourquoi… Ratier semble alors promis à un bel avenir, mais malheureusement la Gendarmerie se tourne vers BMW. Suite à des problèmes de trésorerie de plus en plus contraignants, l’entreprise française tente d’échapper à la faillite en s’associant avec CSF  (Compagnie générale de télégraphie Sans Fil). Peine perdue, la clientèle n’est pas au rendez-vous et après le flop d’une tentative de conquête du marché US avec la C6S America, Ratier tire définitivement un trait sur son activité moto fin 1962. Ajourd’hui, les usines Ratier, établies à Figeac, réalisent des pièces d’aviation, en particulier pour Airbus. Sources, infos et détails: La Maison Ratier.