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Jethro Tull & Burton Silverman: Aqualung en peinture

Burton Silverman Aqualung
Né à Brooklyn en 1928, Burton Silverman est un peintre connu et très apprécié pour ses portraits réalistes ayant pour thème principal la classe ouvrière. Ce que l’on sait peut être moins c’est que l’artiste américain est à l’origine du cover art d’ Aqualung, oeuvre majeure incontestée de Jethro Tull. sorti en 1971 l’album se caractérise par un virage significatif pour le groupe anglais qui passe d’un répertoire folk rock électrique gentillet à un rock conceptuel aux compostions sophistiquées, lyriques et intellectuellement axées sur la remise en cause de la foi et de la religion. A l’époque le producteur  Terry Ellis fait venir Silverman à Londres pour rencontrer le groupe. Le peintre réalise alors trois aquarelles pour la jaquette. Au recto un vagabond au regard vil, quelque peu menaçant, vêtu de guenilles et emmitouflé dans un grand manteau usé. Au verso, une représentation à la fois plus sereine et plus triste du même personnage qui de retrouve assis sur le trottoir en compagnie d’un chien. Quant à la pochette intérieure elle représente le groupe qui, dans une église, s’adonne à des excès pour le moins iconoclastes. Après la sortie de l’album la relation se dégrade entre Burton Silverman et Ian Anderson. Ce dernier clame ne pas particulièrement apprécier les peintures alors que de son côté le peintre se plaint de n’ avoir pas été rémunéré correctement compte tenu de l’énorme exploitation médiatique des œuvres. Malheureusement pour l’artiste aucune clause relative à l’utilisation des images ne figurait au contrat. Quant aux fameuses aquarelles, après avoir été dérobées dans un hôtel, personne ne sait ce qu’elles sont devenues.

PB, août 2017

″Is this the life we really want?″ censuré en Italie!

Roger Waters: Is this the life we really want?Pour le dernier album de Roger Waters, les concepteurs du packaging ont fait appel au concept dit de ″la rature″. Cette technique consiste à masquer ou rayer les termes d’un texte pour qu’au final seuls certains mots clés soient mis en valeur. Mal leur en a pris. A la parution de l’album, Emilio Isgrò a déposé plainte contre Sony Italia pour plagiat. La plainte de l’artiste, sicilien de son état, reposerait sur une création que lui même à mis en œuvre il y a plusieurs années et à ce titre il exige que la vente de l’album soit interdite en Italie. Les protagonistes n’étant pas parvenus à un accord, les juges du tribunal de Milan viennent de donner raison à Emilio. L’objet déclaré ″illicite″ restera sera bien sûr disponible en ligne mais la question posée par Le nouvel opus de l’ancien leader de Pink Floyd prend aujourd’hui un sens tout particulier: ″Is this the life we really want?″.

PB, juillet 2017

 Rock et Censure ◆

Scorpions, ″Love at first sting″

censure Scorpions Love at first sting

Love at First Sting est le neuvième album des teutoniques Scorpions. Sorti en 1984 il se vend à plus six millions d’exemplaires devenant ainsi le plus grand succès commercial de la bande à Klaus Meine. Grâce notamment l’incontournable ballade ″Still Loving You″ – qui n’est pas pour rien dans la croissance du taux de natalité dans certaines contrées –  la notoriété du groupe explose littéralement sur la scène mondiale. Élaborée par l’agence de design Kochlowski sur la base d’un cliché de Helmut Newton, la pochette originale représente un couple enlacé. Elle, légèrement dévêtue, sexy en diable, s’abandonne dans les bras d’un bad boy bon chic bon genre qui est entrain de lui tatouer un scorpion sur la cuisse. A l’époque, et afin de palier à d’éventuels problèmes connus par le passé, la maison de disques prend la précaution de présenter le cover art aux revendeurs avant de publier le disque. Aucun retour négatif n’étant recensé, Love at First Sting est édité en l’état. Malheureusement, après la sortie de l’album Wal-Mart se plaint, qualifiant la jaquette de tendancieuse, subversive et machiste. Rien que çà! Pour le coup Polygram se voit obligé de proposer une version alternative qui consiste ni plus ni moins à utiliser la photo du groupe, la même que celle déjà présente au dos de la version première de l’album.

PB, mai 2017

 Rock et Censure ◆

Nick de Ville: Albums, création graphique et musique

Albums, création graphique & musiqueAlbums, l’anthologie de Nick de Ville n’est pas le seul ouvrage consacré aux jaquettes de 33 tours mais au même titre que ″Vinyles″ de Mike Evans il est, pour peu que l’on s’intéresse à l’art du disque, indispensable. En parcourant les 254 pages de ce pavé on retrouve bien sûr les incontournables Warhol,  Hypgnosis, Cal Schenkel ou Roger Dean, mais aussi d’autres noms moins connus généralement mentionnés en tout petit au verso de l’emballage. Des premières pochettes de Jazz aux outrages Punk en passant par l’ Heroïc Fantasy du Hard Rock et le  Psychédélisme criard, tout est illustré, bien sûr, mais aussi expliqué et commenté. Couleurs, collages, photos, lettrages retracent le parcours d’un genre sous influence dont les errances visuelles ont été honteusement mises à mal  par l’arrivée du minimaliste compact disc. Plus d’infos ici > Neosphères!

Marcel Destroy, mai 2017

📖 Pour Bouquiner 📖

Emerson Lake & Palmer: Brain Salad Surgery

HR Giger: Brain Salad Surgery

Printemps 1973, Emerson Lake & Palmer sont en tournée européenne. Lors d’un passage en Suisse le promoteur local propose au groupe une visite chez le peintre Hans Rudolf Giger qui vit à Zurich. Tout d’abord surpris par la décoration gothique à outrance des lieux, les musiciens sont subjugués par le travail de l’artiste et décident de faire appel à son talent pour la jaquette du quatrième album alors en préparation: Brain Salad Surgery (qui signifie en slang « Fellatio »). A l’origine le portrait de l’épouse de Giger contient en filigrane une représentation phallique qui, pour des raisons évidentes, sera supprimée. La pochette s’ouvre en son milieu comme la porte d’un caisson cryogénique. L’ ambiance froide, métallique et futuriste du visuel est à l’image de l’ensemble de l’œuvre du génial visionnaire qui, quelques années plus tard, conçoit la créature bio-mécanique pour l’Alien de Ridley Scott. ″Brain Salad Surgery″ reste probablement le meilleur album du combo et figure à la 56ème place dans le top 100 des plus belles pochettes de disques de Rolling Stone Magazine. H.R. Giger a réalisé d’autres visuels de disques, notamment pour Magma (Attahk en 1978) et Debbie Harry (Koo Koo en 1981), mais aucun d’entre eux ne peut rivaliser avec celui qu’il imagina pour ELP et pour lequel il n’a d’ailleurs jamais été payé.

Marcel Destroy, Mai 2017

 Toutes les Jaquettes ◆

Steppenwolf: la ″Dickmobile″ de For Ladies Only

Steve Paige Dickmobile: For ladies only

Une carrosserie maison en fibre de verre sur un châssis de Hillman Minx de 1954, c’est la ″Dickmobile″. Steve Paige, son créateur, lui donne vie un jour de 1969 en Californie et entreprend de solliciter plusieurs galeries d’art de Los Angeles. Toutes le prennent pour un doux dingue et se refusent à exposer la voiture phallique. Qu’à cela ne tienne! Steve décide de mettre la ″Dickmobile″ en conformité avec la législation et de rouler au volant de son œuvre. Il parcourt plus de 500 miles dans la région et bien sûr ne passe pas inaperçu. La police ne manque pas de le contrôler, notamment suite aux attroupements provoqués par le véhicule en stationnement. De nombreuses séances photos ont lieu à cette époque et l’une d’elles, prise sur le Hollywood Walk of Fame, se retrouve en grand format sur l’intérieur de la jaquette d’un disque de Steppenwolf. Sorti en 1971, For Ladies only est la sixième production studio du groupe. Bien que conceptuel, politique, en faveur des femmes et du Féminisme, l’album est mal perçu et surtout mal compris. John Kay et sa bande s’attirent les foudres des critiques hermétiques à l’humour et obnubilés par l’imagerie turgescente. Ce LP, censuré en Espagne, reste malgré tout musicalement riche et abouti, à l’instar du titre éponyme qui brille par l’élégance du piano de Goldy McJohn: For Ladies Only.

PB, avril 2017

 Rock et Censure ◆

The Rolling Stones, Beggars Banquet

Rolling Stones Beggars Banquet censure

Londres 17 mars 1968. Les Rolling Stones entrent en studio pour enregistrer leur septième album. Si les précédentes tentatives contiennent de nombreuses reprises et pas mal d’ errances psychédéliques,  Beggars Banquet lui, marque un retour aux sources quant à l’inspiration musicale du groupe. Jamais le blues n’a été aussi présent sur cet opus qui reste aussi le dernier à bénéficier de la présence de Brian Jones parti peu de temps après valider son inscription au Club 27. La publication de l’album se voit retardée pour cause de désaccord relatif au packaging. En effet, les Stones entrent en conflit avec leur label Decca à cause de la photo qu’ils ont sélectionnée pour la pochette. Le cliché réalisé à Los Angeles représente des chiottes on ne peut plus crades, aussi crades que les murs du local couverts de graffitis. Malgré le forcing de Jagger & Richard, Decca résiste et finit par imposer sa volonté. La jaquette de ″Beggars Banquet″ prendra finalement l’aspect d’un banal carton d’invitation blanc avec la mention ″R.S.V.P.″ (″Réponse S’il Vous Plait″) en plus du nom du groupe et du titre de l’album. Qu’importe! Avec ″Let it Bleed″, ″Sticky Fingers″ et ″Exile on main St″, ″Beggars Banquet″ reste à jamais parmi les plus inspirés et les plus aboutis de la discographie des Pierres qui Roulent. Et de toutes façons, lors de la réédition du LP en CD, la photo des cagoinces refera son apparition.

PB, mars 2017

 Rock et Censure 

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