Gasolin’ – PinUp complètement timbrée

PinUp GasolinTotalement méconnu mais souvent considéré comme la réponse du Danemark aux Beatles, Gasolin’, fondé en 1969 par Kim Larsen, a tout d’abord bâti son répertoire sur la langue de Shakespeare. Le succès n’étant pas au rendez vous, les musiciens décident d’enregistrer dans leur langue maternelle, touchent le jackpot et deviennent, dans les années 70, le groupe pop le plus vendu au pays de la Petite Sirène. Toujours de façon aussi anecdotique, il convient également de s’attarder sur ce qui visiblement faisait partie d’un aspect artistique cher aux danish boys. En effet, question cover art, les quatre premiers opus du groupe font clairement référence aux comics en général et aux pin ups en particulier. Leur troisième album paru en 1973,  Gasolin’ 3, est illustré d’une œuvre de Tage Hansen représentant une pin up dans la plus pure tradition des maîtres du genre: Alberto Vargas, Art Farhm ou Gil Elvgren. La reproduction a été utilisée sans l’autorisation de l’artiste qui quelque temps plus tard a donné son consentement moyennant 2 exemplaires du LP en question. Étonnant non?! Plus étonnant encore, en 2010 un vote des auditeurs de la Danish Broadcasting Corporation a donné lieu à l’émission d’un timbre; la pochette originale du disque en est le motif. Sexy Linda!

Discographie Gasolin'

PB, novembre 2017

Who’s Next – ¿Quién sigue?

Censure de Who's Next en Espagne1971. Who’s Next, le cinquième album studio des Who, sort le 14 août en Amérique et le 27 en Angleterre où il devient rapidement numéro 1. Aux États Unis la campagne publicitaire fait débat car l’affichage promotionnel représente deux prostituées dans une loge avec la mention ″Who’s Next?″ (à qui le tour?). Sur la pochette du disque, au beau milieu d’un paysage lunaire trône un bloc de béton contre lequel les quatre membres du groupe ont uriné. En Espagne, le gouvernement militaire du général Franco censure la jaquette jugée irrespectueuse et obscène. Polydor remplace l’image par une photo du groupe sur scène. Par la même occasion ″Love ain’t for keeping″ et ″Won’t get fooled again″ seront supprimées pour des raisons politiques et religieuses. Malgré tout l’album sera une des plus grosses ventes de l’année 1971, aux côtés de Sticky Fingers des Stones, d’Aqualung de Jethro Tull, de Led Zeppelin IV et de L.A. Woman des Doors. Bordel c’était le bon temps!

PB, novembre 2017

 

Jethro Tull & Burton Silverman – Aqualung

Burton Silverman Aqualung
Né à Brooklyn en 1928, Burton Silverman est un peintre connu et très apprécié pour ses portraits réalistes ayant pour thème principal la classe ouvrière. Ce que l’on sait peut être moins c’est que l’artiste américain est à l’origine du cover art d’ Aqualung, oeuvre majeure incontestée de Jethro Tull. sorti en 1971 l’album se caractérise par un virage significatif pour le groupe anglais qui passe d’un répertoire folk rock électrique gentillet à un rock conceptuel aux compostions sophistiquées, lyriques et intellectuellement axées sur la remise en cause de la foi et de la religion. A l’époque le producteur  Terry Ellis fait venir Silverman à Londres pour rencontrer le groupe. Le peintre réalise alors trois aquarelles pour la jaquette. Au recto un vagabond au regard vil, quelque peu menaçant, vêtu de guenilles et emmitouflé dans un grand manteau usé. Au verso, une représentation à la fois plus sereine et plus triste du même personnage qui de retrouve assis sur le trottoir en compagnie d’un chien. Quant à la pochette intérieure elle représente le groupe qui, dans une église, s’adonne à des excès pour le moins iconoclastes. Après la sortie de l’album la relation se dégrade entre Burton Silverman et Ian Anderson. Ce dernier clame ne pas particulièrement apprécier les peintures alors que de son côté le peintre se plaint de n’ avoir pas été rémunéré correctement compte tenu de l’énorme exploitation médiatique des œuvres. Malheureusement pour l’artiste aucune clause relative à l’utilisation des images ne figurait au contrat. Quant aux fameuses aquarelles, après avoir été dérobées dans un hôtel, personne ne sait ce qu’elles sont devenues.

PB, août 2017

Is this the life we really want? – Roger Waters censuré en Italie!

Roger Waters: Is this the life we really want?Pour le dernier album de Roger Waters, les concepteurs du packaging ont fait appel au concept dit de ″la rature″. Cette technique consiste à masquer ou rayer les termes d’un texte pour qu’au final seuls certains mots clés soient mis en valeur. Mal leur en a pris. A la parution de l’album, Emilio Isgrò a déposé plainte contre Sony Italia pour plagiat. La plainte de l’artiste, sicilien de son état, reposerait sur une création que lui même à mis en œuvre il y a plusieurs années et à ce titre il exige que la vente de l’album soit interdite en Italie. Les protagonistes n’étant pas parvenus à un accord, les juges du tribunal de Milan viennent de donner raison à Emilio. L’objet déclaré ″illicite″ restera sera bien sûr disponible en ligne mais la question posée par Le nouvel opus de l’ancien leader de Pink Floyd prend aujourd’hui un sens tout particulier: ″Is this the life we really want?″.

PB, juillet 2017

Nick de Ville – Albums, création graphique et musique

Albums, création graphique & musiqueAlbums, l’anthologie de Nick de Ville n’est pas le seul ouvrage consacré aux jaquettes de 33 tours mais au même titre que ″Vinyles″ de Mike Evans il est, pour peu que l’on s’intéresse à l’art du disque, indispensable. En parcourant les 254 pages de ce pavé on retrouve bien sûr les incontournables Warhol,  Hypgnosis, Cal Schenkel ou Roger Dean, mais aussi d’autres noms moins connus généralement mentionnés en tout petit au verso de l’emballage. Des premières pochettes de Jazz aux outrages Punk en passant par l’ Heroïc Fantasy du Hard Rock et le  Psychédélisme criard, tout est illustré, bien sûr, mais aussi expliqué et commenté. Couleurs, collages, photos, lettrages retracent le parcours d’un genre sous influence dont les errances visuelles ont été honteusement mises à mal  par l’arrivée du minimaliste compact disc. Plus d’infos ici > Neosphères!

PB, mai 2017

Vinyles – L’art du disque

Vinyles l'art du disqueParu en 2012 aux éditions de la Martinière, l’ouvrage propose une sélection très riche d’albums aux pochettes incontournables. Au fil des quelques 350 pages on retrouve entre autres et avec bonheur Pink Floyd, les Stones, Led Zeppelin ou Hendrix mais aussi quelques raretés qui à l’époque n’avaient pas forcément marqué les mémoires. Au delà d’une nostalgie qui aujourd’hui nourrit une fièvre mercantile sur fond de vintage, ”Vinyles” rend hommage à l’objet Disque en tant que tel. Plus de 250 pochettes emblématiques sont ici reproduites au format originel au travers d’un parcours rythmé par des portraits et entretiens de grand designers de l’univers du disque.  L’ouvrage s’attache  à raconter une histoire visuelle de l’art du disque au travers des styles et des auteurs tel que Mick Rock, Roger Dean ou le collectif Hypgnosis. Que ce soit au travers de photographies ou d’ illustrations on retrouve les sensations éprouvées lors des immersions fébriles dans les bacs des disquaires avec le plaisir de s’attarder sur le sens des détails au riche pouvoir d’ évocation: ”celui de voir ce qu’on allait entendre”. Dites 33!

PB, janvier 2016

The Pretty Things – Silk Torpedo.

The Pretty Things Silk TorpedoSorti en Octobre 1974 Silk Torpedo (littéralement Torpille de Soie) est intéressant à plus d’un titre. The Pretty Things en sont au septième opus qui avec Parachute restera un des meilleurs crus Seventies et la première entrée du groupe au Bilboard. Silk Torpedo est aussi le premier album sorti en Angleterre sous le label Swan Song Records fraîchement crée par Led Zeppelin, excusez du peu ! Enfin, la jaquette est l’œuvre d’ Hipgnosis, un collectif de graphistes britanniques formé en 1968. Ici c’est clair, les concepteurs ont bien assimilé l’approche Alberto Vargas ou  Art Frahm pour coucher sur le papier ce véritable plaisir des yeux. A l’époque du vinyl, 33 tours qui plus est, c’était un plaisir indescriptible de déployer le contenant et de s’y perdre en se laissant porter par les mélodies du contenu. Je pense que vous serez d’accord avec moi, aujourd’hui le format Cd se prête peu à ce genre d’errance. Au fait…?!  Z’avez pas vu mes lunettes?

PB, janvier 2011.

Pochettes de disques Hypgnosis