Led Zeppelin – ″Ride the Winds of Change″

1972. Entre le Led Zeppelin IV et House of the Holly, Led Zeppelin pose son dirigeable en Australie pour une série de concerts. Entre deux prestations, les membres du groupe s’occupent la nuit en dévastant leurs chambres d’hôtels et le jour en peaufinant leur bronzage à la plage. À l’occasion, il leur arrive également de s’adonner aux plaisirs des balades à moto. Cette photo à été prise en février dans un endroit appelé Frenchs Forest (la forêt des français) et situé dans la banlieue nord de Sidney. Derrière l’objectif, un certain Yan Torv, le frère du patron d’une grosse radio locale. Il a immortalisé 3 des membres du groupe en goguette motorisée sur des monos Suzuki. Jimmy Page et Robert Plant posent sur des trails 125 TS 2 Temps alors que John Bonham a jeté son dévolu sur un VanVan. Des anglais sur des japouilles! Shame on you! ″There’s still time to change the road you’re on″ (il est toujours temps de prendre une autre direction).

Patrick BETAILLE, février 2021

 

Zapping Photo – 2020 en images

Minneapolis, 28 mai 2020. Troisième nuit de manifestations contre l’assassinat par la police de George Floyd (Photo Julio Cortez/Associated Press).

Louable démarche que celle du New York Times qui au travers d’une sélection de clichés propose de parcourir les événements significatifs de 2020. Actualité oblige, il y est beaucoup question de la pandémie, de l’assassinat de George Floyd, des élections américaines mais pas seulement. Un zapping essentiel pout se focaliser sur l’essentiel en passant outre l’orgie d’images insipides et de vidéos inconsistantes consommées quotidiennement. La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie″ (Milan Kundera). Attention les yeux, c’est par ici: 2020 – The Year in Pictures.

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Le lundi c’est permis – Blue Note

 

L’homme noir voguait sur sa peine et la guitare était son navire. Leur voyage commun devint le Blues ″. Érik Orsena

The black man was sailing on his pain et guitar was his ship. Their common journey became the Blues″. Érik Orsena

 

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Syd Barrett – The Madcap Laughs

Après avoir été débarqué de Pink Floyd en avril 68, Syd Barrett enregistre quelques chansons en vue d’un album solo. Dans un premier temps le projet tombe à l’eau. Le musicien est en train de payer la facture d’une consommation excessive de drogues et, suite à une rupture amoureuse, son état dépressif nécessite un internement dans un hôpital psychiatrique de Cambridge. Au printemps 1969, Barrett repart d’un bon pied et parvient à boucler 13 morceaux parmi lesquels certains bénéficient de la collaboration de ses anciens comparses David Gilmour et Roger Waters. The Madcap Laughs sort le 3 janvier 1970. Musicalement minimaliste, les mélodies sont parfois naïves mais elles prennent souvent une tournure plus sombre. L’album est à bien des égards une représentation de l’état d’esprit d’un individu tourmenté et décadent qui n’a plus la lumière à tous les étages. Même la pochette bénéficie d’une ambiance déconcertante au cœur de laquelle se côtoient dénuement, délire et surréalisme. Syd, pieds nus et hirsute, est accroupi au milieu de la pièce principale d’un appartement londonien qu’il occupe depuis décembre 1968 et où il se consacre à sa passion première, la peinture. Dans un décor dépouillé, posé à même le sol, un vase de jonquilles. La veille de la prise de vue, l’artiste avait badigeonné les lattes du parquet en orange et violet avec l’aide d’une amie rencontrée en mars 1969: Evelyn Rose. Née au Pakistan et surnommée ″Iggy the Eskimo″ à cause d’origines lointaines, elle pose nue au dos du disque. Mick Rock, l’auteur des clichés raconte: ″Quand je suis arrivé pour la séance photo de The Madcap Laughs, Syd était encore au lit, en caleçon, et Iggy était entièrement nue dans la cuisine″. À cause d’un grain exagéré dû à la faible luminosité, le photographe reconnaitra plus tard que les deux images n’étaient techniquement pas parfaites mais que néanmoins elles capturaient parfaitement l’atmosphère du moment et le glamour multicolore du Swinging London psychédélique de la fin des années 60. Comme dit le Chat du Cheshire d’Alice au pays des merveilles: ″We are all mad here″ (Chacun à sa manière, nous sommes tous fous).

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Le Cover Art Emblématique en Livre: In Vinyle Veritas!

 

Bob Seidemann – Janis Joplin nue!

Janis Joplin venait du Texas. Le genre d’état qui vous pond en rafale des rednecks bas-du-front, des serials killers, des racistes invétérés et accessoirement quelques bluesmen notoires. Même là-bas, la petite Janis paraissait bizarre. Avec un fort penchant pour le dessin et surtout le blues, l’adolescente faisait vraiment tâche dans son environnement de petits blancs industrieux. Avec ses fringues de mec – jeans et chemises à carreaux – et un goût prononcé pour la bibine et la dope, elle avait toute les chances de finir au fond d’un roadhouse, alcoolique, défoncée et maquée par un dealer de Houston. La vie en décida autrement. Chet Helms, texan lui aussi, la repère dans un rade local où elle gouaillait du Bessie Smith, son idole. Alors manager d’un Big Brother and the Holding Company en perte de vitesse, d’inspiration et de motivation, Helms décide d’exfiltrer la chanteuse vers San Francisco. Tout de suite adoptée par le groupe de freaks, la cowgirl renoue aussi avec l’alcool et la drogue désormais consommée en intraveineuses. Changement de look également. En 1967, le photographe Bob Seidemann, qui avait déjà travaillé pour Big Brother et le Grateful Dead de Gerry Garcia, réalise quelques clichés de la Mama Cosmique. Sur l’un d’eux, Janis pose, visage grave et regard fixe. Vêtue d’un chemisier vaporeux elle arbore bagues et colliers chers aux hippies de Haight-Ashbury. Sur l’autre, même cadrage, attitude identique mais le chemisier disparait. Les colliers masquent à peine le galbe des seins. Grâce à cette nudité à la fois grave et candide, Bob Seidemann passera à la postérité et, plus tard, réalisera entre autres la pochette du seul album issu de la collaboration Clapton/Winwood: Blind Faith. La suite fait aussi partie de l’histoire du rock. En pleine gloire, Pearl était en route pour le motel sur le comptoir duquel, un soir d’octobre 1970, elle signa son bulletin d’adhésion au Club 27.

Patrick BETAILLE, octobre 2020

Jerry Kinstler – L’arrestation de Miles Davis

Photo de Jerry Kinstler pour le compte de the New York Daily News

Un soir d’août 1959, une semaine après la sortie de son album Kind of Blue et en pleine gloire, Miles Davis est à l’affiche dans un club de jazz de New-York: Le Birdland. Alors que, profitant d’une pose, le trompettiste se trouve à l’extérieur, il est violemment pris à partie par un policier. Le musicien relate les faits dans Miles, son autobiographie parue en 1989.

[Extrait]: … ″Je venais de sortir pour raccompagner mon amie Judy. Elle monte dans le taxi et pars. Moi je reste là, devant le Birdland, pour profiter un peu de la soirée. Un policier blanc s’approche alors de moi et me demande de dégager. Je lui demande pourquoi et lui explique que je travaille dans ce club . Miles Davis, c’est mon nom qui est écrit là haut sur l’affiche, dis-je. Rien à foutre, je t’ai dit de te barrer et si tu n’obéis pas je vais t’arrêter, répond le flic. Comme je ne bouge pas il sort ses menottes et je l’entends dire: tu es en état d’arrestation! La foule s’était rassemblée et tout à coup, sorti de nulle part, un officier déboule par derrière et m’assène un coup de matraque sur la tête. Je suis en sang. La police m’embarque alors pour le commissariat du 54. Là ils me prennent en photo. Alors c’est toi la vedette? Ironisent ils en me collant de près, sans doute pour me provoquer, me faire réagir et se donner une occasion de me frapper à nouveau. Mais je reste impassible, me contentant de les observer sans un mot″

Après avoir été conduit à l’hôpital pour être soigné, Miles Davis est mis en garde à vue pour agression criminelle à l’encontre d’ un officier de police. Il a par la suite intenté une action contre le NYPD. Malgré de nombreux éléments en sa faveur, y compris plusieurs déclarations de témoins, des preuves photographiques et le fait qu’au moins l’un des agents était ivre, sa plainte a été rejetée.

″J’aurais pu m’attendre à ce genre de problème n’importe où mais pas ici. Pas à New-York qui est censée être la ville la plus cool et la plus branchée du monde. Je venais de comprendre que j’avais à faire à des blancs et que si tu es noir, il n’y a pas de justice. Aucune!″

Inspiré par ce souvenir humiliant, en 1985 Miles Davis sort l’album You’re under Arrest. Sur la pochette volontairement très kitsch l’artiste pose armé d’une mitraillette en plastique. Le disque est orienté Pop avec la reprise de Time After Time de Cyndi Lauper et Human Nature du groupe Toto, chanté par Michael Jackson. Darryl Jones tient la basse sur tout l’album et John McLaughlin est à la guitare sur trois titres.

Patrick BETAILLE, septembre 2020

Brigitte Macron – Just a woman!

Campagne contre les violences faites aux femmes!L’artiste italien AleXsandro Palombo met son art au service d’une campagne de sensibilisation sur les violences faites aux femmes. Maquillage choc pour entre autres Brigitte Macron, Angela Merkel, Hillary Clinton ou Michelle Obama qui depuis peu s’affichent sur les murs de Milan, méconnaissables sous le slogan: JUST BECAUSE I’M A WOMAN (juste parce que je suis une femme). Les photomontages auxquels se sont prêtées les premières dames sont accompagnés de légendes: ″Je suis victime de violences conjugales″, ″Je suis moins bien payée″, ″j’ai été sexuellement mutilée″, ″je n’ai pas le droit de m’habiller comme je veux″, je ne peux choisir mon futur mari″ ou encore ″J’ai été violée″. Bravissimo! Source et photos: LaDepeche!

Patrick BETAILLE, janvier 2020

Bill Owens – Altamont 1969

Livre Altamont 1969, Bill OwensIl y a cinquante ans! Le 6 décembre 1969, les Rolling Stones montent sur scène pour clôturer le festival rock gratuit d’Altamont dans le nord de la Californie. Largement improvisé, le rassemblement qui devait être une réponse à Woodstock de la part de l’ouest des USA,  s’est révélé catastrophique du début à la fin car sous-dimensionné pour répondre à l’affluence des 300 000 spectateurs. Tout au long de la journée et pour de banales questions de logistique la tension monte, notamment à cause de la présence des Hell Angels chargés d’assurer la sécurité, mais aussi du fait de la consommation d’alcool et de drogues. Ce qui devait arriver arriva. Alors que les Stones jouent ″Under My Thumb″ un jeune tente de monter sur scène. Refoulé par le service d’ordre il refait une tentative, cette fois armé d’un pistolet. Le Hells Angel  Alan Passaro poignarde Meredtith Hunter sur lequel vont s’acharner plusieurs membres du gang. Avec la mort de ce noir de 18 ans l’incident marquera la fin d’une époque, celle du Peace & Love, et, cinquante après, reste gravé dans les mémoires comme l’événement le plus tragique de toute l’histoire du Rock. Hunter ne figure pas sur les photos de Bill Owens qui couvrait l’événement mais le photographe a pris de très nombreux clichés au cours du festival. Sur l’un d’eux un des Hells Angels s’en prend à un spectateur à grand coups de queue de billard durant la prestation de Jefferson Airplane. Ces témoignages fascinants sur la frénésie, le chaos, les tensions et la violence de cette journée noire sont regroupés dans un recueil d’une centaine de pages intitulé:  Bill Owens: Altamont 1969. Un témoignage visuel fort qui trouve sa place aux côté de Altamont 69 – les Rolling Stones, les Hells Angels et la fin d’un rêve, le livre de Joël Selvin.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

Charlie Cole – Le ″Tank Man″ de Tian An Men

Charlie Cole Tank ManCertaines photographies ont marqué le XXe siècle. Celle de Charlie Cole, a illustré la terrible répression orchestrée par le régime chinois. Lors du sanglant printemps de 1989, il avait immortalisé pour Newsweek un anonyme faisant face à une colonne de blindés sur la place Tian’anmen, à Pékin. Le monde entier fut frappé par cette image qui est encore aujourd’hui couramment utilisée pour symboliser le courage et la force de la non-violence face à la répression armée. Pour ce cliché intitulé le Tank Man (L’homme au Char) le photo-reporter avait alors reçu le prestigieux prix World Press de la Photo. Originaire du Texas, Charlie Cole avait élu domicile sur l’île de Bali depuis de nombreuses années et c’est là bas en Indonésie qu’il est décédé le 14 septembre 2019 à l’âge de 64 ans.

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

Joel Brodsky – Doors: Strange Days

Joel Brodsky Doors Strange DaysComme beaucoup d’autres, les pochettes des albums des Doors n’ont généralement rien de transcendant. A une exception près, celle de Strange Days. Ce Cover Art est l’oeuvre de Joel Brodsky, photographe américain auteur de plus de 400 pochettes d’albums devenu célèbre pour sa photo de Jim Morrison torse nu, les bras en croix. Le visuel du deuxième album de la bande au poète maudit ne tombe pas dans la facilité et pour cause. En effet, au cours d’une des crises dont il était coutumier, Morrison refuse de se prêter à la séance photo sensée servir de base à l’édition de l’album à paraître fin 1967. Qu’à cela ne tienne! Au retour d’un repérage, Brosky, s’inspirant du film La Strada de Federico Fellini, propose de faire un cliché d’un groupe de saltimbanques dans les rues de New York City. Pour ce faire, deux acteurs sont embauchés: les nains jumeaux que l’on voit au recto et au verso. Le jongleur lui est l’un des assistants du photographe, le géant un portier de club et le trompettiste un taxi driver recruté sur place. Une fois réunie, la petite troupe est amenée sur les lieux du shooting dans l’Est de Manhattan: une ruelle du nom de: Sniffen Court. Mise en scène impeccable, on y croit! Les deux photos qui auraient mérité n’en faire qu’une au montage donnent vraiment l’impression d’avoir été prises sur le vif. L’ambiance mélodramatique associée à une incongrue étrangeté des lieux et des personnages colle parfaitement à la musique du groupe. Pour parfaire le décor et afin d’identifier clairement l’album, des posters des musiciens ont été collé sur les murs de l’impasse: il s’agit d’un tirage qui figurait au verso du premier opus éponyme des Doors.

Patrick BETAILLE, août 2019

Le Cover Art Emblématique en Livre: In Vinyle Veritas!