Joel Brodsky – Doors: Strange Days

Joel Brodsky Doors Strange DaysComme beaucoup d’autres, les pochettes des albums des Doors n’ont généralement rien de transcendant. A une exception près, celle de Strange Days. Ce Cover Art est l’oeuvre de Joel Brodsky, photographe américain auteur de plus de 400 pochettes d’albums devenu célèbre pour sa photo de Jim Morrison torse nu, les bras en croix. Le visuel du deuxième album de la bande au poète maudit ne tombe pas dans la facilité et pour cause. En effet, au cours d’une des crises dont il était coutumier, Morrison refuse de se prêter à la séance photo sensée servir de base à l’édition de l’album à paraître fin 1967. Qu’à cela ne tienne! Au retour d’un repérage, Brosky, s’inspirant du film La Strada de Federico Fellini, propose de faire un cliché d’un groupe de saltimbanques dans les rues de New York City. Pour ce faire, deux acteurs sont embauchés: les nains jumeaux que l’on voit au recto et au verso. Le jongleur lui est l’un des assistants du photographe, le géant un portier de club et le trompettiste un taxi driver recruté sur place. Une fois réunie, la petite troupe est amenée sur les lieux du shooting dans l’Est de Manhattan: une ruelle du nom de: Sniffen Court. Mise en scène impeccable, on y croit! Les deux photos qui auraient mérité n’en faire qu’une au montage donnent vraiment l’impression d’avoir été prises sur le vif. L’ambiance mélodramatique associée à une incongrue étrangeté des lieux et des personnages colle parfaitement à la musique du groupe. Pour parfaire le décor et afin d’identifier clairement l’album, des posters des musiciens ont été collé sur les murs de l’impasse: il s’agit d’un tirage qui figurait au verso du premier opus éponyme des Doors.

Patrick BETAILLE, août 2019

Manuel Litran – La Route des Vacances

Photo Manuel LitranLa photo date de juillet 1980. C’est Manuel Litran, photographe pour Paris-Match, qui, à sa manière, témoigne contre l’une des conséquences des exactions à mettre au crédit de la connerie humaine. Le mignon petit chiot pelucheux a grandi, grossi, il prend de la place, il n’amuse ni n’attendrit plus personne et demande à ceux qui ont désormais ″autre chose à faire″ de lui accorder un peu d’attention. Vient le temps des vacances. Que faire de cet encombrant qui n’a plus de ″compagnon″ que le nom? Rocky va de fait rejoindre ses 139 congénères qui gisent sur l’asphalte. Ils ont été abandonnés par leurs propriétaires et la SPA ne peut répondre à l’ampleur du désastre que par l’euthanasie. Voilà pour la triste histoire de ce cliché douloureusement révélateur. Depuis cette époque, la SPA ne procède plus à ces éliminations massives. ″Nous n’euthanasions pas par facilité ou pour des raisons de quotas… Nous faisons euthanasier par des vétérinaires uniquement pour raisons de santé, de souffrance extrême ou de dangerosité…Mais aujourd’hui encore et chaque année 100.000 animaux de compagnie sont lâchement abandonnés. Parmi eux 60.000 le sont en été, période durant laquelle monsieur, madame et leur progéniture éprouvent un irrépressible besoin de liberté en nus-pieds à scratch et lumières clignotantes. Reste que le désastre en question est globalement passé sous silence par des médias qui préfèrent nous abreuver jusqu’à plus soif – l’expression est de circonstance – d’allégations étriquées et de reportages lénifiants à propos de la canicule du moment. ″Raymonde branche le ventilo et passe moi une aut’ bière! Faut boire frais, l’ont dit à la télé″!

Patrick BETAILLE, juillet 2019

 

Buck Uzzel – Woodstock

Buck Uzzel: Nick & Bobbi ErcolineDu 15 au 17 août 1969, avait lieu le Festival de Woodstock, événement musical par excellence devenu la représentation emblématique de la culture hippie alors à son apogée. Organisé à Bethel dans l’État de New York et sur les 800 hectares des terres du fermier Max Yasgur, ce rassemblement a accueilli un demi million de spectateurs venus assister aux prestations de quelques 32 groupes ou artistes folk, rock, soul et blues. 50 ans donc qu’a eu lieu l’un des plus grands moments qui ont changé l’histoire de la musique populaire. De toutes les photos prises durant cette célébration du ″Peace and Love″ il en est une qui d’emblée s’est installée définitivement aux tréfonds de la mémoire collective pour la bonne et simple raison que c’est celle qui a été choisie pour illustrer la jaquette du triple album Woodstock: Music from the Original Soundtrack and More et l’affiche du film Woodstock de Michael Wadleigh. Buck Uzzel, l’un des photographes officiels présents sur les lieux, a immortalisé un jeune couple debout et enlacé sous une couverture improbable, au beau milieu d’une marée humaine couchée à même le sol boueux. Nick Ercoline et Bobbi Kelly ont à peine 20 ans à l’époque, se fréquentent depuis quelques mois seulement et décident de passer outre les recommandations de l’organisation en se rendant sur les lieux. Il leur faudra six heures pour parcourir 90 km en voiture et feront les derniers huit kilomètres à pied pour se retrouver si loin de la scène qu’ils n’ont rien vu du concert. ″Le vrai spectacle était sous nos yeux, tantôt un groupe improvisait un barbecue, parfois un couple faisait l’amour, d’autres chantaient, ou dansaient. Woodstock, c’était des moments volés d’intimité partagée. Le tout sans aucune violence, malgré des conditions frôlant le désastre″. 50 ans après Nick et Bobbi sont toujours ensemble. Mariés en 1971, Monsieur et Madame Ercoline ont eu deux enfants, deux fils, et coulent des jours heureux à 70 km de Bethel Woods, l’endroit où pendant ces trois jours de 1969 Musique, Amour et Paix unissaient toute un génération.

Patrick BETAILLE, juin 2019

Le lundi c’est permis – Pénombre

Charme du clair-obscurIl y a quelque chose de magique quand la lumière d’un clair-obscur met en valeur les surfaces qu’elle frappe en laissant dans l’ombre le superflu.

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Volkswagen – Quand t’es dans le désert!

Désert de Mojave, épaves WolkswagenDes milliers de voitures abandonnées dans le désert de Mojave aux Etats-Unis. C’est, selon le National Geographicla meilleure photographie de l’année. Pris d’avion par le Californien Jassen Todorov, le cliché montre des milliers de véhicules Volkswagen, Audi et Porsche stockés au beau milieu de l’immensité californienne. Ces voitures, épaves en devenir, sont le résultat du rappel massif des modèles fabriqués entre 2009 et 2015. L’ opération avait été causée par le scandale des révélations sur la fraude liée aux tests antipollution allemands. Le photographe, déclare avoir capturé cette scène baptisée ″Unreal » en espérant que les conséquences de ce Dieselgate puisse créer une prise de conscience sur la nécessité de préserver l’environnement.

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Billie Holiday – Strange Fruit

Strange FruitAccusés d’avoir volé et assassiné un ouvrier blanc et violé sa petite amie, Thomas Shipp et d’Abram Smith sont arrêtés et mis en prison à Marion dans l’Indiana. Le 7 août 1930, un groupe de personnes, femmes et enfants compris, pénètre par effraction dans la prison, sort les deux hommes et les roue sauvagement de coups avant de les pendre à un arbre en présence de policiers ayant participé au lynchage. Sur les lieux Lawrence H. Beitler, un photographe local, immortalise le drame. Ces deux corps inertes et sanguinolents, ces gens affreux, leurs sourires ignobles et leurs yeux gonflés par la haine témoignent de la violence et de l’horreur de l’événement. Pendant les dix jours qui suivent Beitler imprime et distribue des milliers d’exemplaires de son cliché mais malgré l’intervention de la représentation locale de la NAACP (une association nationale pour la défense des gens de couleur) et du procureur général de l’État, personne ne fut poursuivi par la justice pour les meurtres de Shipp et Smith. Extrêmement choqué par la photo, Abel Meeropol, un enseignant juif d’origine russe vivant dans le Bronx, écrit alors le poème Strange Fruit qu’il publie sous le pseudonyme de Lewis Allan. Ce réquisitoire poignant contre le lynchage, est repris en 1939 par la chanteuse afro-américaine Billie Holiday. ″Les arbres du Sud portent des fruits étranges qui les tachent de sang des feuilles à la racine. Des corps noirs qui se balancent sous le vent du Sud, les yeux exorbités, la bouche tordue et soudain, l’odeur de chair brûlée…Strange Fruit!

Passion – L’Art et la Manière

Expression de la PassionAu détour d’une errance il arrive que s’offre à nous la résultante de centaines d’heures d’expérimentations, de jours, de semaines, de mois ou d’années, de doutes, de frustrations mais aussi de joies immenses. Privilégiés nous sommes, nous qui frissonnons de plaisir en ignorant ce qui se cache derrière l’obsession positive de ces amoureux  animés par une obsession dévorante. Accéder aux articles:

  • 01 Veetess Speereet de Vincent Debacker. De ces ateliers sortiront des chefs-d’oeuvre.
  • 02 Cyclone Motor Gallery de Nicolas Wolleb. Quand la lumière donne une âme au moteur.
  • 03 The Guitar Tank de Joël Gruau. Les accords parfaits sur des guitares qui se bidonnent.
  • 04 Vintage America de Patricia de Gorostarzu. Clichés de rêves d’ Amérique et de ses vestiges.
  • 05 Customized Ceramic Coating de Gérard Muth. Traitement de blocs moteurs, carters et échappements.
  • 06 GoofProd! de Christophe Goffette. La musique en version encyclopédique. Rock’n’Roll Motherfuckers!
  • 07 Shot of Rhythm & Blues de Patrick Higgins. Au pays du Pub Rock avec Dr FeelGood.
  • 08 Turboflat de Phippe Gürel. Pin Up, Moto et Rock, sont les moteurs de crayons habiles.
  • 09 Mexican Street Art de Laurent Bagnard. Carnet de voyage sud américain haut en couleurs.
  • 10 MotoMania de Clément Bretagne. Concessionnaire Mash, GasGas et bouclard multimarques à Pau.
  • 11 Rock’n’roll de Marcel Destroy. Rock’n’Roll bordel! La discothèque idéale qui s’écoute avec les pieds.

Qu’ils soient amateurs, artisans, autodidactes ou professionnels, tous vivent par et pour une indicible envie de partager leur part de rêve et d’en proposer le fruit. Souvent auto-produit ou édité à compte d’auteur, le livre, le support musical, le tirage ou l’objet ont bien sûr un coût mais ce n’est pas la chose que l’on achète. En réalité on se porte acquéreur d’un morceau de cœur, d’une parcelle d’âme, d’une tranche de vie de ceux qui font ce qu’ils aiment et qui aiment ce qu’ils font.

Patrick BETAILLE, novembre 2018

 

The Beatles – La Rumeur Abbey Road

MacMillan photographe d'Abbey Road1969. Pour illustrer l’album qu’ils sont en train d’enregistrer et qui au départ devait s’appeler Everest, les Fab Four envisagent de se faire photographier au pied de l’Himalaya. Rien que ça! face au refus de leur label, McCartney propose de sortir dans la rue, devant les studios EMI, pour prendre quelques clichés. Rendez vous est pris avec un ami de John Lennon, un photographe écossais indépendant. Le 8 août 1969 vers 11h30, la circulation est arrêtée sur Abbey Road et MacMillan, perché sur un escabeau, prend des photos des quatre Beatles traversant la rue sur le passage piétons. Il fait chaud, Macca le gaucher ôte ses pompes, marche pieds nus avec une démarche en décalage avec celle des trois autres et tient une cigarette dans la main… droite. S’en suivront de délirantes spéculations sur la prétendue mort du bassiste et son remplacement par un sosie. Quelques jours avant la sortie de l’album le 26 septembre 1969, Lennon annonce son départ du groupe et la théorie conspirationniste enfle. D’après certains, l’immatriculation LMW 28IF de la Volkswagen blanche stationnée à proximité signifierait: ″Living McCartney Would be 28 if″ sous-entendant que Paul McCartney aurait 28 ans s’il n’était pas mort. Plus réaliste et tout aussi anecdotique… Après grand nombre de vols de ses plaques, la Beetle est mise en vente et achetée en 1986 par un collectionneur américain pour être revendue en 1998 et exposée au ZeitHaus Museum, à proximité de l’usine Volkswagen de Wolfsburg… Sur la droite de la photo, au dessus de Lennon, la silhouette d’un passant, celle d’un touriste américain qui assiste à la scène. Ce n’est qu’à la publication d’Abbey Road que Paul Cole, le quidam en question, réalise qu’il est présent sur la pochette de l’album… Enfin, à partir de 2003 aux USA, certains éditeurs de posters décident de gommer la cigarette de l’image d’origine. The End!

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Morrison Hotel Gallery – Janis Joplin & Grace Slick

Janis & Grace the queen Bees of RockLe lieu doit son nom à l’album des Doors sorti en 1970. Il est devenu une référence mondiale en terme de témoignages photographiques liés à la culture musicale des années 40 à nos jours. Que ce soit à New York, Los Angeles ou Hawaï la Morrison Hotel Gallery propose expos et tirages des plus beaux clichés des grandes stars shootées par pas moins de 125 photographes. Entrée > Fine Art Music Photography.

c’est Jim Marshall qui en 1967 a réalisé cette photo de Janis Joplin et Grace Slick (Jefferson Airplane) à San Francisco. ″Bien que n’ayant jamais été photographiées ensemble, Janis et Grace étaient de grandes amies. Tous ces ragots a propos de leur rivalité pour l’obtention du titre de Reine du Rock’n’Roll ne sont que des conneries. Elles se sont toujours très bien entendues″[Jim Marshall].

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Laurent Bagnard – Mexican Street Art

Laurent Bagnard photographeQuelques années de cela, découverte de l’auteur au travers de Rebel Motorcycles Ltd, un beau livre de photos consacré entre autres aux choppers californiens et préfacé par Jake Cavaliere des Lords of Altamont. Laurent Bagnard c’est aussi l’aventure PowerGlide et le malheureusement trop bref épisode de Cast Iron tombé, faute de lecteurs, dans l’oubli après seulement trois numéros. L’exégète a également apporté sa contribution à Carlingue piloté à l’époque par Jean Paul Milhé connement et trop tôt disparu. Véritable Artiste, photographe à l’œil exercé, auteur à la plume juste, passionné de Rock, amoureux de bécanes, Laurent Bagnard revient avec un livre de 136 Pages, sorte de carnet de voyage dédié, une fois n’est pas coutume, au Street Art Mexicain… Lire la suite sur Veetess Speereet!

Laurent Bagnard photographePour tout savoir sur Laurent Bagnard et son récent Mexican Street Art c’est Ici: Laurent Bagnard: Photographie et Publications.

Patrick BETAILLE, septembre 2018