Komsomol – Le Parti d’en rire?

Komsomol est le nom courant de l’organisation de la jeunesse du Parti communiste de l’Union soviétique, fondée en 1918 et disparue en 1991, après la dislocation de l’URSS. Sa structure était calquée sur celle du Parti dont elle constituait la principale source de recrutement. Parmi les adhérents célèbres à cette Union des jeunesses léninistes communistes, figurait Garry Kasparov, présent au comité central en 1987. Sur le cliché pris lors du premier congrès du Komsomol en octobre 1918, gaieté et joie de vivre illuminent les visages de ces jeunes visiblement très portés sur une déconnade source d’espérance et d’optimisme.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Le lundi c’est permis – École

When I was 5 years old, my mother always told me that happiness was the key to life. I went to school they asked me what I wanted to be when I grew up. I wrote down « Happy ». They told me I didn’t understand the assignment and I told them they didn’t understand life″.[John Lennon].
À l’âge de cinq ans ma mère m’a toujours dit que le bonheur était la clé de la vie. À l’école on m’a demandé ce que, plus grand, je voulais être. J’ai écrit: Heureux! Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question. J’ai répondu qu’ils n’avaient rien compris à la vie.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

PHOTO – De la Musique Plein la Vue

Photo de FIFOU: Cover Art de Imany le disque de DINOS paru en 2018.

Merci à Philippe qui a zoomé au bon moment sur ce bel exemplaire de Photo actuellement disponible en kiosque. ″Dans son dernier numéro le magazine se transforme en DJ et mixe musique et photographie, deux disciplines artistiques qui se connaissent bien pour s’être embrassées depuis longtemps..″. (édito de Francis Dagnan et Agnès Grégroire, extrait). Entre autres, au sommaire de ce numéro 547 du mensuel, Fifou, l’homme aux 1001 covers du rap, un requiem consacré à Gainsbourg, des sujets sur le studio Harcourt, la fondation Swiss Life et le graphiste Ard Delink. On y croise croise bien sûr des artistes (Daho, M, Jean-Michel Jarre, Renaud, etc) et des photographes comme Martin Parr, Masyoshi Sukita, Pierre & Gilles ou encore William Klein. En prime, un focus sur les femmes photographes et le marché de l’art, et surtout, un magnifique hommage au photographe Richard Aujard qui nous a quittés en février 2021. C’est punchy, documenté, riche et donc indispensable pour tisser un lien entre musique et photographie. Un seul regret, rien sur la censure dont cet art de l’instant a parfois été la victime. Pas grave, pour ça il suffit de se rabattre sur In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art.

 

Patrick BETAILLE, avril 2021 

Prince – Lynn Goldsmith vs Andy Warhol Foundation

En décembre 1981 et à la demande de Newsweek, la photographe Lynn Goldsmith immortalisait Prince sur un cliché qui finalement ne sera jamais publié. Trois ans plus tard, c’est Vanity Fair qui achète la licence de l’image et demande à Andy Warhol d’en faire une illustration pour un article consacré au Kid de Minneapolis. Dans un style reconnaissable entre tous, Warhol réalise alors une série de seize portraits colorés en violet et en rouge. Goldsmith n’a pris connaissance de ces détournements qu’en 2016, après que Vanity Fair les ait republiés après la mort de Prince, et ce sans faire mention de quelque crédit que ce soit. La photographe intente alors une action en justice face à la fondation Andy Warhol et perd son procès. ″Chaque œuvre de Prince Series est immédiatement reconnaissable comme un Warhol plutôt que comme une photo de Prince. De la même façon que les célèbres représentations de Marilyn Monroe et Mao sont reconnaissables comme des Warhol et pas comme des photos réalistes de ces personnes″ précisent les juges. Après des années de bataille juridique, Lynn Goldsmith a finalement obtenu gain de cause en appel. Dans un jugement rendu en mars dernier, la cour d’appel newyorkaise affirme que le peintre a effectivement violé le droit d’auteur d’un photographe en utilisant le cliché de prince sans autorisation et sans crédit. Satisfaite du jugement, Lynn Goldsmith a déclaré: ″Je n’en fais pas une question d’argent! Je me suis battue pour protéger non seulement mes propres droits, mais aussi les droits de tous les photographes et artistes visuels de gagner leur vie en octroyant une licence sur l’utilisation de leur travail créatif″. Reste que la Andy Warhol Foundation a déjà annoncé vouloir faire appel.  C’est reparti pour un tour!

Patrick BETAILLE, avril 2021

 

Annie Leibovitz – The Blues Brothers

It’s 106 miles to Chicago, we’ve got a full tank of gas, half a pack of cigarettes, it’s dark and we’re wearing sunglasses. Hit it!(Y’a 170 kilomètres jusqu’à Chicago, le réservoir est plein, nous avons la moitié d’un paquet de clopes, il fait nuit et nous portons des lunettes noires. En route!). Costumes noirs, cravates noires, bitos noirs et lunettes… noires. John Belushi et Dan Aykroyd, visages peints en bleu, sont photographiés par Annie Leibovitz et font la couverture du Rolling Stone Magazine du 22 novembre 1979. Encore aujourd’hui, nombreux sont ceux qui considèrent The Blues Brothers comme l’un des meilleurs films musicaux de tous les temps. Sans trop me forcer et ne serait-ce que pour la bande son, je leur donne raison. We are on a mission from God!(Dieu nous a confié une mission!).

Patrick BETAILLE, mars 2021

Led Zeppelin – ″Ride the Winds of Change″

1972. Entre le Led Zeppelin IV et House of the Holly, Led Zeppelin pose son dirigeable en Australie pour une série de concerts. Entre deux prestations, les membres du groupe s’occupent la nuit en dévastant leurs chambres d’hôtels et le jour en peaufinant leur bronzage à la plage. À l’occasion, il leur arrive également de s’adonner aux plaisirs des balades à moto. Cette photo à été prise en février dans un endroit appelé Frenchs Forest (la forêt des français) et situé dans la banlieue nord de Sidney. Derrière l’objectif, un certain Yan Torv, le frère du patron d’une grosse radio locale. Il a immortalisé 3 des membres du groupe en goguette motorisée sur des monos Suzuki. Jimmy Page et Robert Plant posent sur des trails 125 TS 2 Temps alors que John Bonham a jeté son dévolu sur un VanVan. Des anglais sur des japouilles! Shame on you! ″There’s still time to change the road you’re on″ (il est toujours temps de prendre une autre direction).

Patrick BETAILLE, février 2021

 

Zapping Photo – 2020 en images

Minneapolis, 28 mai 2020. Troisième nuit de manifestations contre l’assassinat par la police de George Floyd (Photo Julio Cortez/Associated Press).

Louable démarche que celle du New York Times qui au travers d’une sélection de clichés propose de parcourir les événements significatifs de 2020. Actualité oblige, il y est beaucoup question de la pandémie, de l’assassinat de George Floyd, des élections américaines mais pas seulement. Un zapping essentiel pout se focaliser sur l’essentiel en passant outre l’orgie d’images insipides et de vidéos inconsistantes consommées quotidiennement. La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie″ (Milan Kundera). Attention les yeux, c’est par ici: 2020 – The Year in Pictures.

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Le lundi c’est permis – Blue Note

 

L’homme noir voguait sur sa peine et la guitare était son navire. Leur voyage commun devint le Blues ″. Érik Orsena

The black man was sailing on his pain et guitar was his ship. Their common journey became the Blues″. Érik Orsena

 

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Syd Barrett – The Madcap Laughs

Après avoir été débarqué de Pink Floyd en avril 68, Syd Barrett enregistre quelques chansons en vue d’un album solo. Dans un premier temps le projet tombe à l’eau. Le musicien est en train de payer la facture d’une consommation excessive de drogues et, suite à une rupture amoureuse, son état dépressif nécessite un internement dans un hôpital psychiatrique de Cambridge. Au printemps 1969, Barrett repart d’un bon pied et parvient à boucler 13 morceaux parmi lesquels certains bénéficient de la collaboration de ses anciens comparses David Gilmour et Roger Waters. The Madcap Laughs sort le 3 janvier 1970. Musicalement minimaliste, les mélodies sont parfois naïves mais elles prennent souvent une tournure plus sombre. L’album est à bien des égards une représentation de l’état d’esprit d’un individu tourmenté et décadent qui n’a plus la lumière à tous les étages. Même la pochette bénéficie d’une ambiance déconcertante au cœur de laquelle se côtoient dénuement, délire et surréalisme. Syd, pieds nus et hirsute, est accroupi au milieu de la pièce principale d’un appartement londonien qu’il occupe depuis décembre 1968 et où il se consacre à sa passion première, la peinture. Dans un décor dépouillé, posé à même le sol, un vase de jonquilles. La veille de la prise de vue, l’artiste avait badigeonné les lattes du parquet en orange et violet avec l’aide d’une amie rencontrée en mars 1969: Evelyn Rose. Née au Pakistan et surnommée ″Iggy the Eskimo″ à cause d’origines lointaines, elle pose nue au dos du disque. Mick Rock, l’auteur des clichés raconte: ″Quand je suis arrivé pour la séance photo de The Madcap Laughs, Syd était encore au lit, en caleçon, et Iggy était entièrement nue dans la cuisine″. À cause d’un grain exagéré dû à la faible luminosité, le photographe reconnaitra plus tard que les deux images n’étaient techniquement pas parfaites mais que néanmoins elles capturaient parfaitement l’atmosphère du moment et le glamour multicolore du Swinging London psychédélique de la fin des années 60. Comme dit le Chat du Cheshire d’Alice au pays des merveilles: ″We are all mad here″ (Chacun à sa manière, nous sommes tous fous).

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Le Cover Art Emblématique en Livre: In Vinyle Veritas!

 

Bob Seidemann – Janis Joplin nue!

Janis Joplin venait du Texas. Le genre d’état qui vous pond en rafale des rednecks bas-du-front, des serials killers, des racistes invétérés et accessoirement quelques bluesmen notoires. Même là-bas, la petite Janis paraissait bizarre. Avec un fort penchant pour le dessin et surtout le blues, l’adolescente faisait vraiment tâche dans son environnement de petits blancs industrieux. Avec ses fringues de mec – jeans et chemises à carreaux – et un goût prononcé pour la bibine et la dope, elle avait toute les chances de finir au fond d’un roadhouse, alcoolique, défoncée et maquée par un dealer de Houston. La vie en décida autrement. Chet Helms, texan lui aussi, la repère dans un rade local où elle gouaillait du Bessie Smith, son idole. Alors manager d’un Big Brother and the Holding Company en perte de vitesse, d’inspiration et de motivation, Helms décide d’exfiltrer la chanteuse vers San Francisco. Tout de suite adoptée par le groupe de freaks, la cowgirl renoue aussi avec l’alcool et la drogue désormais consommée en intraveineuses. Changement de look également. En 1967, le photographe Bob Seidemann, qui avait déjà travaillé pour Big Brother et le Grateful Dead de Gerry Garcia, réalise quelques clichés de la Mama Cosmique. Sur l’un d’eux, Janis pose, visage grave et regard fixe. Vêtue d’un chemisier vaporeux elle arbore bagues et colliers chers aux hippies de Haight-Ashbury. Sur l’autre, même cadrage, attitude identique mais le chemisier disparait. Les colliers masquent à peine le galbe des seins. Grâce à cette nudité à la fois grave et candide, Bob Seidemann passera à la postérité et, plus tard, réalisera entre autres la pochette du seul album issu de la collaboration Clapton/Winwood: Blind Faith. La suite fait aussi partie de l’histoire du rock. En pleine gloire, Pearl était en route pour le motel sur le comptoir duquel, un soir d’octobre 1970, elle signa son bulletin d’adhésion au Club 27.

Patrick BETAILLE, octobre 2020