Richard Aujard – Epitath

Enfant du Pays Basque, champion de moto-cross dans sa jeunesse, dur à cuire et en cuir, Richard Aujard s’était forgé au fil du temps un univers simple et à part qui le distinguait des autres photographes. ″La sophistication me met mal à l’aise, j’aime à la fois la force et les fêlures chez les êtres″, disait-il à propos de ses photos. Ses amis bikers, acteurs, boxers et marginaux le surnommaient Ritchy et appréciaient particulièrement cet éternel ado à l’œil malin, sa vie rock’n’roll et déjantée, son humour, son sens de l’humain et son talent pour le mettre en valeur en noir et blanc argentique. Cet artiste intègre aimait à sillonner le monde. De l’Australie où il taillait la route avec un gang de bikers, à l’Amérique pour rencontrer les Indiens Navajos, en passant par la Mongolie des paysans ruinés, des sans-logis et des vagabonds. Auteur de nombreux ouvrages, ce boulimique du reportage a aussi à son actif plusieurs courts-métrages, notamment sur la boxe, les Hells Angels ou le Free Wheels. Il venait de tourner un documentaire pour Arte au titre évocateur : Epitaph. Le photographe et réalisateur y invitait ses proches – Rachida Brakni, Eric Cantona, Béatrice Dalle, Samuel Le Bihan, Vincent Moscato, Joey Starr, Franck Tiozzo, et sa compagne Lza Steyaert – à méditer sur la mort. Il faudra attendre pour visionner ce court-métrage toujours en cours de montage. Attendre également pour la parution de Hot Wheels, un recueil de photographies prises dans les années 80-90. Attendre et pour cause! Richard Aujard est décédé le 1er février dernier, à l’âge de 56 ans. ses obsèques ont eu lieu à paris ce vendredi 12 février. Hommage: Galerie Photos de Richard Aujard

Patrick BETAILLE, février 2021

 

Mick Rock – Shot!

Photographe anglais né en 1948, Michael David Rock est surtout connu et reconnu pour avoir braqué ses objectifs sur certaines figures emblématiques de la scène rock. Queen, T.Rex, Syd Barrett, Lou Reed, Iggy Pop, The Sex Pistols, The Ramones, Joan Jett, Talking Heads, Roxy Music, Thin Lizzy, Mötley Crüe, Johnny Winter, Rory Gallagher ou  Blondie figurent au catalogue de Mick Rock. Certains d’entre eux ont même fait appel à lui pour illustrer leurs disques. L’artiste est à l’origine de clichés mémorables de David Bowie – époque Ziggy Stardust – en sa qualité de photographe officiel de la star. Il a également dirigé les séances photo du film The Rocky Horror Picture Show. Au contact d’un monde connu pour ses excès, alcool et cocaïne se sont immiscés de façon incontrôlable dans la vie de Mick qui, pour échapper à la mort, a dû subir un quadruple pontage cardiaque. Conscient d’être très chanceux, celui que l’on surnomme ″The Man Who Shot the Seventies″ est désormais sobre, vit à New-York, pratique le yoga et travaille énormément en se consacrant à de nombreux ouvrages et expositions à travers le monde. En 2006 il reçut  le Music Legends Award pour sa contribution à la musique et en 2015 il animait sa propre série télévisuelle: On the Record with Mick Rock. En 2017 parait un documentaire retraçant la vie et la carrière du photographe: SHOT! The Psycho-Spiritual Mantra of Rock. Biographie, portfolios, etc. disponibles Ici!

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Baron Wolman – Décès du Photographe de Rolling Stone

En avril 1967, le photographe américain Baron Wolman fait la connaissance d’un certain Jann Wenner, un jeune écrivain sur le point de lancer un nouveau type de périodique. Séduit par le concept, Wolman accepte d’apporter sa contribution à ce qui allait devenir l’étendard de la culture hippie et, très rapidement, la référence absolue en terme d’actualité musicale: Rolling Stone. Basé à San Francisco, ce boulimique de l’image et fan absolu de musique, mitraille tout ce qui bouge sur une scène en pleine révolution. Ses photographies de Janis Joplin, des Stones, de Frank Zappa, des Who, de Jimi Hendrix, de Joan Baez, Iggy Pop, Pink Floyd, Bob Dylan, des Grateful Dead, de Jim Morrison et de tant d’autres deviennent les références graphiques de la mise en page du magazine. Mais peu à peu, l’approche ″sur le vif″ et quelque peu brute de décoffrage de l’artiste, doit laisser place à des faiseurs d’images plus stylisées – souvent réalisées en studio – publiées uniquement avec l’approbation des musiciens et de leur management. En 1970, après trois ans de collaboration, Baron Wolman quitte Rolling Stone pour fonder Rag, son propre magazine de mode et un peu plus tard il se lance dans la photo aérienne qu’il met en pratique à bord de son Cessna. À la fois spectateur et observateur, ce témoin de moments parmi les plus emblématiques de l’histoire du rock vient de ranger son matériel. Définitivement. Il est décédé le 2 novembre à l’âge de 83 ans. ″Les photos de Baron nous ont donné un aperçu rare, complet et précis de son époque, et son intelligence visuelle restera inégalée″ (Dianne Duenzl, photographe).

En plus d’une visite indispensable sur le site Baron Wolman Photography, des images d’hier pour des souvenirs de demain:  Every Picture Tells a Story. 176 pages de témoignages visuels datant des années Rolling Stone. Groupies and Other Electric Ladies: bel hommage aux groupies qui témoignent sur le monde du rock côté coulisses. Woodstock: Tout est dans le titre. Le festival dans toute sa démesure avec un reportage essentiellement axé sur l’ambiance et le public.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

Sam Christmas, photographe – Guy Martin dans le viseur

Guy Martin by Sam Christmas

Ile de Man, je traine du côté des paddocks, essayant de réaliser le cliché susceptible de traduire l’enjeu de la course et la détermination des coureurs. Malheureusement, la sérénité et la décontraction ambiante ne se prêtent pas à ma quête. Je suis sur le point d’abandonner quand soudain, Guy Martin se présente sur la ligne de départ, met son casque et entre en mode course. Son regard exprime la force et l’intensité du moment qu’il est sur le point de vivre.  En tant que photographe vous savez toujours quand vous avez LE SHOT. Je savais que c’était celui là!″ Sam Christmas, motorcycle photographer.