Vinyles – Jack White y croit!


Blondie Picture This
Quelques chiffres: 712 millions de Compact Discs vendus en 2001 contre 89 millions en 2017, soit une perte de 30%. Entre 2011 et 2013, 1.3 milliards de titres ont été téléchargés; seulement 555 millions en 2017. A contrario, énorme croissance du nombre d’écoutes en streaming qui passe de 118 milliards en 2013 à 618 milliards en 2017. De 2012 à 2017, le nombre de téléchargements musicaux a chuté de 58% (Sources Rolling Stone). Par contre, le Vinyle,considéré au départ en tant qu’effet de mode, semble se porter de mieux en mieux en battant aujourd’hui de nouveaux records des ventes. Constat flagrant résumé par Jack White: ″La prochaine décennie sera celle du vinyle et du streaming; du streaming en voiture et dans la cuisine, du vinyle dans le salon. Voilà comment sera écoutée la musique, et ça me va très bien comme ça″. Peut on et doit on le croire? En tous cas c’est sur la base de ces fondements que l’ex White Stripes, fondateur du label Third Man Records, a ouvert sa propre presse à vinyles à Detroit en ajoutant: ″Le vinyle est gravé dans la pierre. S’il a survécu pendant 120 ans je crois qu’il n’a pas fini de tourner sur les platines. Quelle belle perspective!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Vinyles – Haute Définition?

Rebeat: Vinyl HDMis à mal par l’arrivée du Compact Disc dans les 80’s, puis plus tard par le MP3 et le streaming, le Disque Vinyl est bel et bien de retour. L’engouement pour la vénérable galette n’en finit pas de titiller les neurones de quelques petits malins qui grenouillent dans les open spaces de start up innovantes. Rebeat, une jeune société autrichienne annonce ainsi l’arrivée prochaine du Vinyl HD. Günter Loibl, le boss, a déposé en 2016 un brevet décrivant une méthode révolutionnaire sensée apporter 30% de capacité supplémentaire, une augmentation conséquente de la durée de vie, un coût de fabrication moindre et une restitution sonore enrichie. Cerise sur le gâteau, la technologie serait compatible avec les platines actuelles. Alors rêve ou réalité? Il faudra attendre 2019 pour être fixé mais à n’en pas douter l’industrie de la musique doit déjà être dans les starting blocks. Après avoir convaincu Pierre que le Cd était fantasbuleux, persuadé Paul le Mp3 était génial, terrifié Jacques avec HADOPI et démontré aux autres que le Vinyle est fabulistique, les Majors ne vont pas rater l’occasion de rééditer à tour de bras des œuvres emblématiques déjà surexploitées mais augmentées pour la circonstance de fonds de tiroirs divers et variés soit disant ″indispensables″ et ″incontournables″. On parie?

Patrick BETAILLE, mai 2018

 

Vinyles – Haute Fidélité!

Bibliothèque vinyles 33 tours

Vous avez succombé à la folie mercantile du 33 tours. Vous appréciez la chaleur du son du microsillon. Vous avez découvert sur les jaquettes le plaisir de voir ce que vous entendez. Vous avez choisi votre platine, vous l’avez réglée. Vous voilà prêt pour un bon décrassage des cages à miel. Avant tout, si vous voulez renouveler et prolonger le plaisir dans le temps, il faut considérer que l’objet est fragile et qu’il mérite une attention particulière. La manipulation doit se faire en prenant soin de ne pas poser les doigts sur la surface gravée. Le vinyle n’aime pas la poussière qu’il attire comme un aimant. Pour remédier à ce phénomène, investir dans des pochettes intérieures anti-statiques est LA solution. Il faut aussi prendre le temps de dépoussiérer le LP à l’aide d’une brosse souple, avant et après l’écoute. Le packaging doit être lui aussi manipulé avec soin et surtout protégé grâce à des enveloppes souples en polyéthylène transparent. Votre collection commence à prendre de l’ importance et vous devez faire face à un nouveau problème: le rangement. Lorsqu’il s’agit de classer ses galettes, il n’y a pas de règle précise. Vous pouvez procéder comme bon vous semble; par ordre alphabétique, par artiste, par genre ou par label. En revanche, pour les ranger dans de bonnes conditions une règle s’impose: le stockage de vos  ″Précieux″ doit absolument se faire à la verticale, dans une pièce exempte d’humidité, chauffée mais pas trop. Protégés de la lumière directe du soleil, qu’ils soient conservés dans une bibliothèque ou dans des bacs façon disquaire, il faut aussi veiller à ce que la quantité de 33 tours soit suffisante; ainsi, légèrement compressés mais pas trop, les disques ne subiront aucune déformation. Bienvenue dans le monde de la collectionnite aiguë, de la recherche compulsive et du classement obsessionnel. L’occasion peut être de découvrir  ″High Fidelity″ une comédie sympathique de Stephen Frears dans laquelle John Cusack joue le rôle d’un disquaire de Chicago qui tient une boutique fréquentée par des amateurs d’albums rares et ésotériques des années soixante et soixante-dix.

Patrick BETAILLE, mars 2018

Nick de Ville – Albums, création graphique et musique

Albums, création graphique & musiqueAlbums, l’anthologie de Nick de Ville n’est pas le seul ouvrage consacré aux jaquettes de 33 tours mais au même titre que ″Vinyles″ de Mike Evans il est, pour peu que l’on s’intéresse à l’art du disque, indispensable. En parcourant les 254 pages de ce pavé on retrouve bien sûr les incontournables Warhol, Hipgnosis, Cal Schenkel ou Roger Dean, mais aussi d’autres noms moins connus généralement mentionnés en tout petit au verso de l’emballage. Des premières pochettes de Jazz aux outrages Punk en passant par l’ Heroïc Fantasy du Hard Rock et le  Psychédélisme criard, tout est illustré, bien sûr, mais aussi expliqué et commenté. Couleurs, collages, photos, lettrages retracent le parcours d’un genre sous influence dont les errances visuelles ont été honteusement mises à mal  par l’arrivée du minimaliste compact disc. Plus d’infos ici > Neosphères!

PB, mai 2017

Vinyles – Mike Evans

Livre de Mike Evans: VinylesMike Evans connait la Musique. Passé par le Cavern Club, avec deux singles à son actif, il a côtoyé la scène de Liverpool et, en 1969, joué aux côtés de Led Zeppelin et de Bob Dylan. Par la suite il se tourne vers la radio et le journalisme pour Sounds, le Melody Maker et le Guardian. Depuis la fin des années 1980, il a écrit ou édité de nombreux ouvrages. Parmi ceux là certains, généralistes, ont consacrés au Blues, au Rock’n’roll ou aux affiches et billets de concerts. D’autres, plus ciblés, traitent d’Elvis, de Woosdtock, de Bowie, des Beatles, de Ray Charles ou de Fleetwood Mac. Avec ″Vinyles″  publié aux éditions Gründ, Evans propose de remonter le temps. De l’encombrant 78 tours à l’universel 45T, du confidentiel EP au légendaire LP, des Limited Editions aux Picture Discs, l’auteur a exhumé des bacs tout ce qui illustre l’histoire et l’évolution de la mythique et désormais  vintage galette noire. On y apprend ainsi que l’un des premiers 45T fut édité par RCA Victor le 31 mars 1949; on y entend Eddy Arnold qui interprète  ″Texarkana Baby ″. Ouvrage intéressant et instructif à ranger pas loin de ″Vinyles, l’art du disque″.

PB, décembre 2016

Vinyles – Le retour?

Vinyles, 33 tours, le retourLa vente de vinyles a augmenté de 52% au cours du premier semestre 2015. Annonce faite par le New Musical Express qui ajoute qu’il s’agit non seulement de la plus forte progression par rapport aux autres formats mais qu’en outre l’objet en tant que tel connaît un véritable engouement auprès des consommateurs et surtout des jeunes. Même si il est un peu tôt pour en tirer quelque conclusion que ce soit, ces chiffres peuvent être appréciés diversement. Signe avant coureur d’un enthousiasme retrouvé: celui de (re) découvrir le 33 tours, de l’avoir dans les mains, d’en écouter le contenu en ayant le loisir d’en détailler le contenant? Résultante d’un dégoût du public vis à vis de karaokés télévisuels et d’inepties musicales qui dépossèdent le genre de sa fonction première: émouvoir? Mutation aux allures de dernière chance? A moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’un leurre, d’une bulle engendrée par les errances mercantiles de Majors asphyxiées qui, en surfant sur la vague Vintage, tentent de palier aux  conséquences désastreuses de leurs propres choix! Et, tout bien considéré, les 52% de progression par rapport au vide organisé par l’industrie discographique restent anecdotiques. Pour le moment en tous cas! Au final tout n’est peut être pas perdu; à condition de croire un tant soit peu en la capacité de la musique à engendrer d’ indicibles joies et plaisirs. Rock’n’Roll bordel!

PB, janvier 2016

 

Vinyles – L’art du disque

Vinyles l'art du disqueParu en 2012 aux éditions de la Martinière, l’ouvrage propose une sélection très riche d’albums aux pochettes incontournables. Au fil des quelques 350 pages on retrouve entre autres et avec bonheur Pink Floyd, les Stones, Led Zeppelin ou Hendrix mais aussi quelques raretés qui à l’époque n’avaient pas forcément marqué les mémoires. Au delà d’une nostalgie qui aujourd’hui nourrit une fièvre mercantile sur fond de vintage, ″Vinyles″ rend hommage à l’objet Disque en tant que tel. Plus de 250 pochettes emblématiques sont ici reproduites au format originel au travers d’un parcours rythmé par des portraits et entretiens de grand designers de l’univers du disque.  L’ouvrage s’attache  à raconter une histoire visuelle de l’art du disque au travers des styles et des auteurs tel que Mick Rock, Roger Dean ou le collectif Hypgnosis. Que ce soit au travers de photographies ou d’ illustrations on retrouve les sensations éprouvées lors des immersions fébriles dans les bacs des disquaires avec le plaisir de s’attarder sur le sens des détails au riche pouvoir d’ évocation: ″celui de voir ce qu’on allait entendre″. Dites 33!

PB, janvier 2016