Le lundi c’est permis – Bottleneck

I stone got crazy when I saw somebody run down them strings with a bottleneck. My eyes lit up like a Christmas tree and I said that I had to learn″  –  ″Je suis devenu dingue quand j’ai vu quelqu’un faire glisser un bottleneck sur les cordes. Mes yeux se sont illuminés comme un sapin de Noël. Je me suis dit qu’il fallait que j’apprenne″. [Muddy waters]

Patrick BETAILLE, août 2021

Myriam Szabo – Promesse d’ Avenir

Le 31 août 1981, sur un bon millier d’affiches en 4 x 3, Myriam Szabo en bikini, les pieds dans le bleu des eaux des Bahamas, déclare : ″Le 2 septembre, j’enlève le haut″. Pari tenu! Le 2 septembre, la France découvre les seins de la nymphette qui annonce to de go: ″Le 4 septembre j’enlève le bas″. Quarante-huit heures plus tard l’engagement est tenu : de dos, la mannequin dévoile ses fesses sur une troisième accroche: ″Avenir, l’afficheur qui tient ses promesses″. À peine collées les affiches deviennent un phénomène dont les medias s’emparent à cause des polémiques qu’elles déclenchent. Yvette Roudy – alors ministre des Droits de la femme – s’insurge dans les journaux contre ce qu’elle considère comme une instrumentalisation du corps de la femme et une atteinte à sa dignité. Gisèle Halimi, tente de saisir l’Assemblée nationale de la nécessité de voter une loi antisexiste. Suite à une plainte pour outrage aux bonnes mœurs et incitation au voyeurisme, le tribunal de Lille condamne l’afficheur à recouvrir partiellement ou totalement le troisième volet du visuel. L’originalité de l’idée et la controverse qui en découle, offrent immédiatement à l’affiche le statut d’icône. Bien que la campagne n’ait été diffusée que pendant dix jours, tout le monde est persuadé en avoir profité. En fait, la plupart des gens n’en ont pris connaissance qu’en voyant les visuels dans les journaux. Voilà comment Pierre Berville – concepteur pour le compte de l’agence CLM/BBDO – réussit une campagne parfaite sous forme de teasing (dé)culotté qui devint un véritable coup marketing désormais entré dans l’histoire de la publicité. Les images sont l’œuvre de Jean-François Jonvelle, photographe de mode et de charme. C’est lui qui a shooté pour la postérité Myriam Szabo, son ex-petite amie qui trois mois plus tard fera la couv du magazine Photo, entièrement nue cette fois. 

Patrick BETAILLE, juillet 2021

 

Komsomol – Le Parti d’en rire?

Komsomol est le nom courant de l’organisation de la jeunesse du Parti communiste de l’Union soviétique, fondée en 1918 et disparue en 1991, après la dislocation de l’URSS. Sa structure était calquée sur celle du Parti dont elle constituait la principale source de recrutement. Parmi les adhérents célèbres à cette Union des jeunesses léninistes communistes, figurait Garry Kasparov, présent au comité central en 1987. Sur le cliché pris lors du premier congrès du Komsomol en octobre 1918, gaieté et joie de vivre illuminent les visages de ces jeunes visiblement très portés sur une déconnade source d’espérance et d’optimisme.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Theresa Needham – The Blues Godmother

Née McLaurin dans le Mississippi, Theresa a épousé Robert Needham et a déménagé à Chicago dans les années 40. En décembre 1949, elle a ouvert un club dans le sous-sol d’un immeuble au 4801 South Indiana Avenue, dans le sud de Chicago. Baptisé Theresa’s Lounge (parfois aussi appelé T’s Basement) l’endroit modeste avait pour vocation de proposer des concerts de blues au public, majoritairement noir, du quartier. Le talent des bluesmen et la qualité des jams sessions auxquelles participaient volontiers les musiciens, attiraient de plus en plus de monde. Rapidement, le bouche à oreille permit au Thersa’s Lounge d’acquérir une renommée mondiale. Outre Junior Wells et Buddy Guy qui faisaient pour ainsi dire partie des murs, d’autres pointures n’hésitaient pas à y faire une apparition au cours de leurs tournées. Ce fut le cas par exemple de Muddy Waters, Jimmy Rogers, Otis Spann, Little Walter, Otis Rush, ou encore Howlin’ Wolf. Dans les années 70, Earl Hooker et Junior Wells y ont même enregistré des sessions qui seront publiées dans les années 2000. En 1983, lorsque le propriétaire a refusé de renouveler le bail de Theresa Needham, le club a déménagé puis, a définitivement fermé ses portes trois ans après. La marraine du Chicago Blues est décédée en 1992, à l’âge de 80 ans. Elle a été intronisée à titre posthume au Blues Hall of Fame en 2001. Source et infos (en anglais): Theresa’s Lounge.

Photos: Marc Pokempner. De gauche à droite: Jam entre Sammy Lawhorn et John Primer. Theresa Needham, la taulière en fin de soirée. Junior Wells derrière le bar (il est armé!).

Patrick BETAILLE, juillet 2021

 

 

Le lundi c’est permis – École

When I was 5 years old, my mother always told me that happiness was the key to life. I went to school they asked me what I wanted to be when I grew up. I wrote down « Happy ». They told me I didn’t understand the assignment and I told them they didn’t understand life″.[John Lennon].
À l’âge de cinq ans ma mère m’a toujours dit que le bonheur était la clé de la vie. À l’école on m’a demandé ce que, plus grand, je voulais être. J’ai écrit: Heureux! Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question. J’ai répondu qu’ils n’avaient rien compris à la vie.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

PHOTO – De la Musique Plein la Vue

Photo de FIFOU: Cover Art de Imany le disque de DINOS paru en 2018.

Merci à Philippe qui a zoomé au bon moment sur ce bel exemplaire de Photo actuellement disponible en kiosque. ″Dans son dernier numéro le magazine se transforme en DJ et mixe musique et photographie, deux disciplines artistiques qui se connaissent bien pour s’être embrassées depuis longtemps..″. (édito de Francis Dagnan et Agnès Grégroire, extrait). Entre autres, au sommaire de ce numéro 547 du mensuel, Fifou, l’homme aux 1001 covers du rap, un requiem consacré à Gainsbourg, des sujets sur le studio Harcourt, la fondation Swiss Life et le graphiste Ard Delink. On y croise croise bien sûr des artistes (Daho, M, Jean-Michel Jarre, Renaud, etc) et des photographes comme Martin Parr, Masyoshi Sukita, Pierre & Gilles ou encore William Klein. En prime, un focus sur les femmes photographes et le marché de l’art, et surtout, un magnifique hommage au photographe Richard Aujard qui nous a quittés en février 2021. C’est punchy, documenté, riche et donc indispensable pour tisser un lien entre musique et photographie. Un seul regret, rien sur la censure dont cet art de l’instant a parfois été la victime. Pas grave, pour ça il suffit de se rabattre sur In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art.

 

Patrick BETAILLE, avril 2021 

Prince – Lynn Goldsmith vs Andy Warhol Foundation

En décembre 1981 et à la demande de Newsweek, la photographe Lynn Goldsmith immortalisait Prince sur un cliché qui finalement ne sera jamais publié. Trois ans plus tard, c’est Vanity Fair qui achète la licence de l’image et demande à Andy Warhol d’en faire une illustration pour un article consacré au Kid de Minneapolis. Dans un style reconnaissable entre tous, Warhol réalise alors une série de seize portraits colorés en violet et en rouge. Goldsmith n’a pris connaissance de ces détournements qu’en 2016, après que Vanity Fair les ait republiés après la mort de Prince, et ce sans faire mention de quelque crédit que ce soit. La photographe intente alors une action en justice face à la fondation Andy Warhol et perd son procès. ″Chaque œuvre de Prince Series est immédiatement reconnaissable comme un Warhol plutôt que comme une photo de Prince. De la même façon que les célèbres représentations de Marilyn Monroe et Mao sont reconnaissables comme des Warhol et pas comme des photos réalistes de ces personnes″ précisent les juges. Après des années de bataille juridique, Lynn Goldsmith a finalement obtenu gain de cause en appel. Dans un jugement rendu en mars dernier, la cour d’appel newyorkaise affirme que le peintre a effectivement violé le droit d’auteur d’un photographe en utilisant le cliché de prince sans autorisation et sans crédit. Satisfaite du jugement, Lynn Goldsmith a déclaré: ″Je n’en fais pas une question d’argent! Je me suis battue pour protéger non seulement mes propres droits, mais aussi les droits de tous les photographes et artistes visuels de gagner leur vie en octroyant une licence sur l’utilisation de leur travail créatif″. Reste que la Andy Warhol Foundation a déjà annoncé vouloir faire appel.  C’est reparti pour un tour!

Patrick BETAILLE, avril 2021

 

Annie Leibovitz – The Blues Brothers

It’s 106 miles to Chicago, we’ve got a full tank of gas, half a pack of cigarettes, it’s dark and we’re wearing sunglasses. Hit it!(Y’a 170 kilomètres jusqu’à Chicago, le réservoir est plein, nous avons la moitié d’un paquet de clopes, il fait nuit et nous portons des lunettes noires. En route!). Costumes noirs, cravates noires, bitos noirs et lunettes… noires. John Belushi et Dan Aykroyd, visages peints en bleu, sont photographiés par Annie Leibovitz et font la couverture du Rolling Stone Magazine du 22 novembre 1979. Encore aujourd’hui, nombreux sont ceux qui considèrent The Blues Brothers comme l’un des meilleurs films musicaux de tous les temps. Sans trop me forcer et ne serait-ce que pour la bande son, je leur donne raison. We are on a mission from God!(Dieu nous a confié une mission!).

Patrick BETAILLE, mars 2021

Le lundi c’est permis – Désert

Le désert c’est un paysage qui a de la gueule, il y a des perspectives et des lignes de fuite. L’œil a de quoi être nourri – Desert is a stunning landscape, there are perspectives and vanishing points. The eye has something to be fed.

Patrick BETAILLE, février 2021

Jimi Hendrix – South Saturn Delta

À l’évocation de Jimi Hendrix il est bien sûr toujours question du talent exceptionnel du gaucher de Seattle et de sa place au panthéon des musiciens. L’importance de son influence dans le milieu des guitaristes de rock est aussi très souvent évoquée, au même titre que sa consommation d’alcool et de drogues diverses. Son décès enfin – survenant après celui de Brian Jones et précédant ceux de Janis Joplin et Jim Morrison – n’en finit plus d’entretenir le mythe et de nourrir la légende du Club des 27. Ce dont il est rarement question, c’est de son attachement pour Harley Davidson. Cette photo (merci André, correspondant permanent!) a été prise par Ed Thrasher au cœur des décors extérieurs permanents des studios cinéma de la Warner. Peu de temps avant sa mort, le guitar-hero pose sur un Panhead de 1964 transformé en chopper. L’un des clichés de la séance sera utilisée plus tard pour illustrer South Saturn Delta, un album mélangeant inédits et titres connus du catalogue qui couvrent la période 1967-1970. Publiée par MCA Records en 1997, cette compilation est produite par Janie Hendrix et Eddie Kramer.

Patrick BETAILLE, février 2021