One Rusty Band – Voodoo Queen

One Rusty Band - Boogie WoogieC’est du côté de Genève que l’on peut recourir à un décrassage en règle des étagères à mégots.  One Rusty Band c’est un duo. Le plus gros du boulot est assuré par Rusty Greg au chant, guitares, foot drums et harmonica. Léa, créditée au washboard et rhythm’n’foot, consolide la partie rythmique aux claquettes et assure quelques backing vocals. Musicalement c’est du brut de décoffrage avec une auto-production artisanale admirable. Feeling et high energy à tous les étages, dans la plus pure tradition d’un revival à la fois viscéral, roots et trash. C’est pêchu, urgent et sensuel à la fois. Incroyable comment une formation aussi réduite puisse faire autant de barouf. Ça swingue, ça slide, ça remue les tripes et quand l’harmonica s’en mêle ça sent bon le Delta du Mississippi. Explosif et tranchant, ce Voodoo Queen et son blues-rock-boogie instinctif et jouissif est un véritable remède à la mélancolie. Pour les infos, les extraits et les commandes, c’est ici: One Rusty Band!

Patrick BETAILLE, avril 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Popa Chubby – It’s a Mighty Hard Road

Popa Chubby Nouvel albumLa couleur est annoncée et autant le dire tout de suite: aucune baisse de régime chez Popa Chubby. Le nouvel album, It’s a Mighty Hard Road, comporte pas moins de 15 titres pour un total d’une heure de blues, de rock et de soul avec, ça et là, des teintes jazzy et des influences latines. Toujours aussi inspiré, Ted Horowitz dévoile une fois de plus l’étendue de ses talents de chanteur, de compositeur, de mélodiste et surtout, de guitariste. ″La saveur est dans le gras″, c’est Popa qui le dit en ouvrant cette production. Pas de régime minceur pour une tambouille riche, variée et consistante qui invite à demander du rab. Sachant le géant du Bronx atteint d’un diabète invalidant (il marche avec une canne et assure ses prestations assis – NDLR),  on aurait pu craindre le pire. Nous voilà rassurés, 30 ans de carrière célébrés avec un nouvel album qui prouve que les meilleurs arômes se développent après maturation. C’est un sacré voyage!

Patrick BETAILLE, février 2020

 

 

La Discothèque Idéale 2019

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Airbourne Boneshaker: Rock'n'Roll for Life The Who: Nouvel album 2019Miles davis Rubberband

Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2019 n’ait pas fait preuve de générosité du côté de ce qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Rival Sons nouvel album Kenny Wayne Shepherd Band Manu Lanvin Grand Casino

Patrick BETAILLE, décembre 2019

Airbourne – Boneshaker

Airbourne Boneshaker: Rock'n'Roll for LifeCinquième album studio pour Aibourne. Sorti au moins d’octobre 2019, Boneshaker joue la carte de l’efficacité: 10 titres, 30 minutes captées en condition live, sans  fioritures ni ronds de jambes! Concis, authentique, accrocheur et teigneux , le message de l’album est clair: Vite fait, bien fait, on va vous en mettre plein le tronche et vous allez aimer ça! Pourtant une fois de plus le nouvel opus des australiens va opposer frontalement les adeptes d’originalité aux amateurs d’un genre qu’ Angus et sa bande ont pour ainsi dire inventé. Difficile en effet de ne pas entendre du Whole Lotta Rosie dans Blood In The Water ou encore du Let There Be Rock dans Rock’n’Roll For Life. Pas taper, pas les habits, pas les lunettes! ACDC peut se rassurer et profiter d’un repos bien mérité: la relève est assurée! Même si la filiation est certes évidente Boneshaker reste un superbe témoignage d’un hard rock à l’efficacité redoutable et il ne faut pas bouder son plaisir devant tant d’honnêteté et d’énergie.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

 

Abilene – Take no Prisoners

Nouvel Album AbileneLe moins que l’on puisse dire c’est que Didier Céré n’est pas en peine lorsqu’il s’agit de partager sa passion pour le rock high energy. Auteur-compositeur, adaptateur avisé, en solo ou au cœur de formations qui écument les scènes de France, de Navarre et d’ailleurs, il contribue sans conteste à ce qui ce fait de mieux dans l’hexagone en terme de country music et southern rock. De shows en festivals, après 40 ans passés sur les routes, le chanteur guitariste est de retour avec un nouveau skud pour lequel il a fait appel aux fines gâchettes qui sévissaient dans le Sud-Ouest des années 80: Abilène! Ils sont là; Jean Pierre Medou et Jean Michel Calleja aux guitares – Daniel Quenard aux Drums avec en renfort Pascal Davant à la basse. Ils sont là; comme au bon vieux temps, quand ils ouvraient pour Dr Feelgood, Inmates, Ozark Moutnain Daredevils ou Little Bob et ils n’ont rien perdu de leur énergie. Dix titres qui déboulent comme un gros twin sur la route 66. C’est du brut de décoffrage, bougrement efficace et Didier Céré n’a pas son pareil quand il s’agit d’offrir toute la puissance de sa voix au rock’n’roll survitaminé qu’il affectionne et auquel la formation paloise rend ici hommage. Attention! Take no Prisonners Rock’n’Roll est un paquet de dynamite qui va vous péter à la gueule et vous propulser au sein d’un revival où Cochran, Setzer, Slade, Motorhead et Georgia Satelittes régnaient en maîtres pendant que The Gun faisait la course avec le Diable. Sortie officielle de cet excellent album en janvier. Pour écouter des extraits c’est Ici! Toutes infos et commande c’est ! Allez y sinon c’est la privation de Jack Daniels et le goudron et les plumes qui vous attendent!

Tracklist: Le rade des zombies 3:31- Summertime blues 3:10 – Malaise à Nogales 3:52 – Cum on feel the noize 3:52 – Race with the Devil 3:01 – Bomber 3:57 – Sergio my hero 4:07 – Red hot 3:31 – Gudby T’Jane 3:47 – Keep your hands to yourself 3:21.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

The Who – Who

The Who: Nouvel album 2019Treize années se sont écoulées depuis Endless Wire, la dernière production studio de ce qu’il reste des Who. Treize années durant lesquelles Roger Daltrey et Pete Townsend se sont consacrés à l’écriture de bouquins, à la réalisation de disques solos et bien sûr à quelques tournées communes en mode best-of nostalgique. La parution de cette douzième production studio semble attester du fait que, même conscients d’être dans la dernière ligne droite, les frères ennemis veulent prouver qu’ils ont envie de renouer avec un genre qu’ils ont pour ainsi dire inventé. Onze nouvelles compositions qui bien évidemment lorgnent du côté du passé sans se démarquer d’un classicisme sur lequel les Who ont au fil des ans consolidé leur réputation. Même si à l’écoute les ambiances rappellent incontestablement la période Who’s Next et Quadrophenia (qui s’en plaindrait?) Who ne consiste pourtant pas en une resucée de vielles recettes éculées. Le chant de Daltrey a gagné en émotion ce qu’il a perdu en aigus et l’écriture de Townsend, toujours aussi aigri et engagé, s’appuie sur des compositions musicales qui n’ont rien perdu de leur finesse. ″Who gives a fuck?″, ″Qu’est-ce qu’on en a à battre?″ C’est ce que déclare le guitariste en ajoutant: ″Quand on a soixante-quatorze ans, franchement, qu’est-ce que ça peut bien vous foutre que le rock soit mort ? Être en vie, ça, oui, ça compte, et préserver la flamme avec son public, c’est quelque chose de délicat″. Quoiqu’il en soit il y a dans ce nouvel album de quoi rameuter les vieux fans et probablement en fédérer de nouveaux.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

 

 

Miles Davis – Rubberband

Miles davis album posthume28 ans après la disparition de Miles Davis, le label Rhino fait les fonds de tiroirs et sort un album posthume du génial et visionnaire trompettiste. A n’en pas douter ce Rubberland doit être aux amateurs de jazz ce que le monstre du Loch Ness est aux écossais: une apparition toujours espérée mais jamais constatée. Les onze titres Rubberband nous arrivent finalement d’outre-tombe grâce à l’initiative de Vince Wilburn neveu de l’artiste et producteur des derniers enregistrements du tonton. Les sessions se situent entre octobre 1985 et janvier 1986, donc entre You’re under Arrest et Tutu. A n’en pas douter, les adeptes de Kind of blue, In a silent way, ou de Sketches of Spain ne vont pas y trouver leur compte tant l’ensemble de ces inédits sonne très années 80 avec à la clef une forte présence des claviers. Rubberband est funk, électrique, plus vocal que d’ordinaire et les effets électroniques sont très présents. En 1982 l’artiste avait été victime d’une attaque paralysant partiellement sa main droite et entraînant donc des difficultés à jouer. Ceci expliquant peut être cela. Quoiqu’il en soit,  un inédit du grand Miles, même posthume, ça ne se refuse pas. Au fait Davis est il vraiment mort?

Patrick BETAILLE, octobre 2019

 

Rival Sons – Feral Roots

Rival Sons nouvel albumDepuis le premier Before the Fire sorti en 2009, Rival Sons s’est peu à peu installé dans une notoriété hautement méritée que vient confirmer avec justesse la parution d’un nouvel album. Même si avec Feral Roots le revival du rock des 70’s semble toujours d’actualité, faire référence à Led Zeppelin ou Black Sabbath doit désormais rester l’apanage de Greta Van Fleet ou Blues Pills. Aujourd’hui Rival Sons évolue dans une autre dimension artistique et s’éloigne un tantinet d’un horizon Classic Rock pour s’ouvrir d’avantage à d’autres influences. Bien sûr le Heavy Rock vintage reste d’actualité avec  ″Do Your Worst″, ″Back In The Woods″ et ″Sugar On The Bone″ gavés de feeling, de riffs et de soli affûtés à la sauce Scott Holiday; on ne change pas une équipe qui gagne! Changement de cap avec ″Look Away″ et son intro folk  suivie d’un tempo lourd et plombé sur le quel s’appuie la voix chaudement éraillée d’un Jay Buchanan en pleine forme. Total dépaysement avec ″Feral Roots″ qui oscille entre folk et rock avec une classe rare. ″Too Bad″, ″Imperial Joy″et ″End Of Forever″ explorent des territoires à la fois moites et ravagés par de sauvages guitares. Surprenant, il y a de la soul teintée de gospel dans ″Stood By Me″ et ″Shooting Stars″ dans lesquels les chœurs féminins font des merveilles. ″All Directions″ démarre sous forme de ballade Pop Rock et va crescendo pour finir en explosion de décibels au cours de laquelle voix et guitares partouzent allègrement. Avec Feral Roots, l’album, la force de Rival Sons réside dans un subtil mélange des genres sur fond de Blues Rock que le groupe maîtrise à la perfection. 11 titres, 45 minutes d’intensité bienfaitrice et émotionnellement aussi puissant qu’un Led Zeppelin II ou III (merde je l’ai dit!). Ce sixième opus enregistré au Muscle Shoals Sound en Alabama et admirablement produit, marque un tournant dans une carrière pourtant déjà pavée de bonnes intentions pour ces californiens qui pour l’occasion signent chez Atlantic et confortent leur statut de probable meilleure formation de Heavy Rock de la décennie. j’ai dit!

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

 

Jacques Gasser – La Musique dans la Pau

JackDaniel Production: La musique dans la peauC’est Claude Deguidt, bassiste de son état, qui en ouverture de cette rétrospective évoque les groupes de Blues et de Rock qui ont animé la scène paloise au cours des années 60 à 90. Du fond de son canapé le musicien passe en revue son parcours au sein de formations telles que The Snakes, Les Chouchous, Les chenapans, Les Drifters et Caterpillar. Avec Jean Delteil, Claude évoque également The Shake’s avec Michel Chevalier qui partira plus tard rejoindre Les Variations, et… Daniel Balavoine qui partira… ailleurs. Jean-Claude Bourseau, lui revient sur Asshole Blues Band (Faut il traduire?)! qui en son temps a assuré les première parties de Vince Taylor! et Teenage head qui a joué en ouverture de Little Bob Story, Bijou, Backstage (avec Paul Personne) et Dr Feelgood. Arrive Srege Zéni (n’ayons pas peur des mots: le Rory Gallagher de l’étape!) qui retrace l’émergence de sa formation Empty Bed. Puis c’est le Rock Sudiste qui est à l’honneur avec Didier Céré et le tonitruant Abilène, le groupe qui à ″mauvaise haleine″. Un peu plus loin c’est la maman de pierre Récarborde qui raconte avec émotion les nobles errances musicales de son fils Pierre qui, après la période punk des Scumms et un séjour de 5 ans chez son frère dans l’Illinois revient pour créer, avec Franck Chandavoine, Bob Cat, un excellent duo imprégné bien sûr de Chicago Blues. Voilà pour la partie visible de l’iceberg mais c’est sans compter sur tous ces noms qui tout au long du reportage établissent un lien étroit entre les tenants et les aboutissants de la passion musicale. Des musiciens d’abord, y compris ceux qui à un moment ont partagé la même scène: Valérie Bru, Joël Lapeyre, Thierry Lasserre, Eric Bordis, Thierry Olmos, Jean Luc Poueyto, Christophe Aubin, Jean Delteil, Philippe Dumas, Christophe Gautier, Joël Tamet, Jean Pierre Médou et Jean-Michel Calléja. Des groupes évidemment: Cheese, Hot Slugs, Southern Comfort et Johnny Staccato. Des intervenants aussi: Jacques Morgantini, fondateur du Hot Club de Pau, et promoteur local du Chicago Blues Festival, Eric Delamare (producteur indépendant), Didier Marquestaut (sonorisateur), Jacques Lemaire (preneur de son) et Jean Arbus (studio d’enregistrement à Pontacq). Des lieux enfin, ceux qui parleront aux amateurs nostalgiques: Chez Régis à Gan, Le Knack à Baudreix et le Show Case à Pau. La liste est loin d’être exhaustive. Le mot de la fin revient à Nico Wayne Toussaint, cet incontournable bluesman  harmonisciste chanteur qui déclare en substance: ″… Il appartient aux vivants de perpétuer la mémoire de ce qui n’existe plus.″. Voilà qui est fait et bien fait! merci à Jacques Gasser & Daniel Jeannot pour la réalisation, JackDaniel pour la production et L’écran du Son pour la promotion.

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

 

Suzi Quatro – Suzi Q

Suzzi Quatro: Can the CanEn 1964 à l’âge de 14 ans, Suzi, fille d’un musicien de jazz, assiste avec ses sœurs à un concert des Beatles. Dans la foulée, les frangines décident de monter un groupe rock: The Pleasure Seekers. En 1969, la musique du combo évolue vers le hard-rock et se rebaptise Cradle. 1971, lors d’un concert à Detroit, le producteur britannique Mickie Most repère cette petite bassiste agressive et toute de cuir vêtue et lui assure qu’elle peut accéder à une carrière solo prometteuse. La jeune fille, qui a alors 21 ans, accepte finalement, déménage à Londres et prend comme nom de scène Suzi Quatro. Entre 1973 et 1983 elle parvient à classer 16 titres dans les hit-parades britanniques. Dans un documentaire à paraître le 11 octobre 2019 Liam Firmager retrace la carrière de cette effigie du Glam Rock des Seventies. Pour l’occasion et en s’appuyant sur des images d’archives, le film fait appel aux témoignages d’artistes tels que Joan Jett, Debbie Harry, Lita Ford, Cherie Currie, Tina Weymouth, Donita Sparks et Alice Cooper. ″Il n’y a qu’une seule Suzi Quatro″, déclare le réalisateur. ″Elle a vendu 55 millions de disques. C’était vraiment une artiste influente mais sa contribution à la musique n’a pas encore été reconnue. Ce film est une tentative de la présenter à une nouvelle génération″. 

Patrick BETAILLE, août 2019