Bands for Sergio – Le Rock se mobilise!

Bootleggers Bands for Sergio

Connu sur la place de Pau en tant que tatoueur talentueux, Sergio Cere a parcouru plus d’un demi million de kilomètres au guidon de son Shovel de 1975. Après à un grave accident, la vie de ce biker respectueux et respecté a dramatiquement basculé. Même après la sortie d’un long coma de trois mois, l’état de Sergio reste préoccupant. Son frère Didier, chanteur et guitariste des Bootleggers et d’Abilène (le groupe qui a mauvaise haleine! NDLR), a sollicité ses contacts au sein du milieu musical pour venir en aide à son jeune frère. L’idée consiste en l’élaboration d’un album pour lequel des artistes de talent se sont mobilisés. Parmi ceux là figurent The Dusters, Van Wilks, Jimmy Cornett, Big Joe & The Space Cowboys et bien d’autres qui ont donné le meilleur d’eux mêmes pour produire une musique si chère au cœur de Sergio et de ses amis: une compilation de 20 titres de Country, de Rock, et de Country Rock. Les fonds générés par la vente de cet album disponible très bientôt seront destinés à couvrir les frais générés par de longs mois de réadaptation dans un établissement spécialisé pour grands traumatisés crâniens. Les rockers ont du cœur et plus que jamais il est temps de le prouver en se joignant au clan des quelques 200 souscripteurs qui ont déjà répondu présent en gueulant ″Rock’n’Roll bordel!″. C’est Ici: Bands for Sergio!

PB, novembre 2017

David Gilmour – Live at Pompeii

Live at Pompeii 20167 juillet 2016 après JC! David Gilmour revient au pied du Vésuve, à l’endroit même où en 1971 le Floyd pas encore disloqué s’étaient mis en scène dans un rockumentaire ayant pour décor un amphithéâtre vide de tout spectateur. Autre temps, autres mœurs. Cette fois-ci le guitariste débarque flanqué d’un nouveau groupe, d’un light show conséquent, devant un public de 26 000 personnes acquis à sa cause et bien sûr avec un répertoire ciblant la promo du dernier album ″Rattle that Lock″. Le show reste néanmoins axé sur les incontournables pour lesquels les fans se sont déplacés et c’est tant mieux car, il faut l’avouer, à deux exceptions près les huit compos récentes infligent au show une légère baisse de rythme. Sur la set list figurent ainsi un ″Great Gig in the Sky″ remanié, d’excellentes interprétations de ″Money″ et ″Wish You Were Here″, 12 minutes enchantées de ″Shine on You Crazy Diamond″ et un magistral ″One of these days″. Les trois derniers morceaux sont tous des classiques du Floyd: ″Time″, ″Run Like Hell″ bourré d’effets pyrotechniques et bien sûr le majestueux ″Comfortably Numb″ qui vient clôturer le set. Les musiciens (Chuck Levell aux claviers) sont au top, heureux d’être là (ça se voit!)  et ils parviennent à faire oublier l’absence des membres fondateurs du groupe originel. Quant à Gilmour, même si parfois la voix a un peu de mal à assurer dans les aigus, son jeu de guitare a rarement été aussi pur et grandiose (le deuxième solo de ″Comfortably Numb″!!!).  Avec 21 titres et plus de 2h30 de scène, Live at Pompeii est indispensable à tout adepte du genre. D’autant plus indispensable qu’il bénéficie d’une édition Blu Ray boostée par une image et un son exceptionnels. Je me demande quand même comment, en ayant la chance de pouvoir assister à un tel événement, certains puissent apprécier le show en passant le plus clair de leur temps à brandir à bout de bras un putain de smartphone. Baltringues!

PB, octobre 2017

Savoy Brown – Witchy Feelin’

Kim Simmonds, Witchy Feelin'Savoy Brown! 52 ans d’existence. Plus de 30 albums et un line up qui, au fil des années, a vu passer une bonne soixantaine de musiciens. Ainsi peut se résumer la carrière de ce combo anglais qui depuis 1965 a fidèlement marqué au sceau du Chicago Blues la scène musicale internationale. Dans ce contexte subsiste néanmoins une constante inaltérable: la présence Kim Simmonds. Fondateur du groupe, multi instrumentiste mais surtout guitariste et chanteur ce gallois a toujours été considéré en tant que l’un des pères fondateurs du British Blues. Il est aujourd’hui accompagné de Garnet Grimm aux drums et de Pat DeSalvo à la basse. C’est donc sous la forme d’un Power Trio que Savoy Brown revient avec ce ″Witchy Feelin″ édité par Ruf Records. 11 tires, quasiment une heure de musique qui s’écoute avec les pieds et qui aborde les thèmes et les gimmicks chers au Blues y compris dans sa version Rock. Si le genre est immédiatement reconnaissable (et je dis: tant mieux!), l’album passe haut la main le cap de la redite facile et s’avère au final bien plus qu’ acceptable. Certains titres deviennent même exceptionnels, notamment quand Simmonds oublie son statut de vétéran pour se laisser aller dans l’expression de ce dans quoi il excelle et qui fait que l’on comprend pourquoi Savoy Brown a toujours su résister à l’épreuve du temps. Un bon gros Blues, une rythmique imparable sur un tempo bien lourd et surtout  une wah-wah en surcharge émotionnelle dont les trémolos vous catapultent direct dans l’œil du cyclone: ″Thunder, Lightning & Rain″.

PB, octobre 2017

George Thorogood – Party of one

Party of One, George ThorogoodS’il est une musique que s’écoute avec les pieds c’est bien celle de ce bon George.  Guitariste efficace par excellence, Thorogood a passé toute sa carrière à promouvoir sa propre vision d’un rockin’ blues en faisant rugir sa Gibson ES-125 sur toute les scènes du monde.  Avec sa voix puissante et authentique il a porté des standards  tels que Move It Over d’ Hank Williams, Who Do You Lovede Bo Diddley et s’est également assuré l’adhésion du public biker avec des compos comme Back to the bone″. 40 ans après la sortie de son premier album, le ricain ancien joueur de baseball effectue un 360 avec une approche purement acoustique de ses racines musicales, celles des champs de coton du Mississippi et du Chicago Blues.  Pour Party of one, son 14ème album studio, George Thorogood met au chômage son groupe The Destoyers et assure à lui seul, au dobro à la guitare et à l’harmonica, un bel hommage aux grands du genre que sont Willie Dixon, Elmore James et Robert Johnson. Moins attendues mais tout aussi efficaces des covers des Rolling Stones (No expectations″) et de Bob Dylan (″Down by the highway″). Dans ce retour aux sources, une version acoustique de l’un des traditionnels temps forts on stage avec un titre déjà popularisé depuis fort longtemps par le grand John Lee Hooker: One Bourbon, One Scotch, One Beer″. Cheers!

PB, Septembre 2017

Procol Harum – Novum

Procol Harum new Cd NovumCinquante ans après ″Whiter Shade of Pale″ Procol Harum revient avec aux manettes Gary Brooker en tant que seul membre restant de la formation d’origine. Novum ne prétend à rien, il ne crâne pas et pourtant il arrive à tout. Premier album studio depuis 14 ans, il est le fruit du travail d’un homme qui, bien qu’entouré de solides musiciens, reste entièrement détaché du spectaculaire et ne souhaite qu’une chose: exercer son art en paix. Ce qui est proposé ici reste la version la plus Rock de la formation anglaise qui, en 1971, avait accueilli en son sein Robin Trower  sur ″Broken Barricades″. Pour s’en convaincre il suffit de s’attarder sur ″Business Man″, ″Can’t say that″ ou encore ″Image of the Beast″. Les instants classiques sont toujours présents notamment avec une brève référence au Canon de Pachelbel sur un ″Sunday Morning″ puissamment lyrique. Et bien sûr les parties piano et la voix sépulcrale de Brooker sont là pour nous replonger avec délice dans les ambiances de Home ou de Grand Hotel des années 70. Les 11 titres du nouvel opus ont peu de rapport avec le Rock et ses couleurs criardes mais qui s’en soucie devant tant de beauté subtile? Novum affiche la classe et la sophistication musicale qui font que Procol Harum restera à jamais éblouissant.

PB, août 2017

Kenny Wayne Shepherd – Lay It on Down

Kenny Wayne Shepherd, Lay it downNeuvième album pour ce p’tit gars de la Louisiane qui depuis les années 90 s’est fait une solide réputation sur la scène Blues Rock.  ″Lay It on Down″ vient une fois de plus prouver, si besoin en était, que le genre n’a plus aucun secret pour celui qui dès l’âge de 7 ans a troqué ses Playmobil® contre une 6 cordes. Le Blues reste présent sur ce nouvel opus  mais incontestablement le guitariste élargit sa palette en explorant la Soul et la Country. Quand les cuivres claquent, quand la guitare est débranchée ou quand des accents Folk ou Gospel s’invitent à la fête, les riffs et solos restent présents sur les 10 pistes au sein desquelles virtuosité et sensibilité se taillent la part belle. Variété des genres, qualité de production et exécution sans faille font de ces 41 minutes l’un des albums les plus riches  de Kenny Wayne Shepherd. How low can you go!

PB, août 2017

Chuck – Le nouvel album de Berry

Le dernier disque sorti du vivant de Chuck Berry date de 1979! A sa sortie, ″Rock it″ ne suscite que peu d’intérêt et, dépité, le chanteur guitariste décide alors de laisser tomber les compos pour se consacrer à la scène. Il se remet toutefois à l’écriture dans les années 2000 et enregistre chaque fois que l’envie et l’enchainement des tournées lui en laisse le loisir. La sortie de ″Chuck″, le nouvel opus, était prévue le jour du 90ème anniversaire de l’artiste. La grande faucheuse en a décidé autrement et c’est 3 mois après la mort de ″Crazy Legs″ que l’on peut découvrir ces dix nouveaux titres qui se révèlent être source d’indéniable plaisir. La voix est claire, assurée et énergique et le jeu de guitare, reconnaissable entre tous, toujours aussi incisif et assuré. Les riffs sont immédiatement reconnaissables; ils sont ceux avec lesquels le Maître a défini les règles du Rock’n’Roll dans les années 50 et 60. Malgré un ″Jamaica moon″ aux accents du même tonneau et ″Enchiladas″, une reprise de Tony Joe White, Chuck fait la part belle au Blues et Berry glorifie ce Rock qui résonne encore des échos de ″Roll Over Beethoven″ ou ″Maybellene″. Qui va s’en plaindre? Certainement pas la Lady B. Goode ou les Big Boys!

PB, juin 2017