Bishop Gunn – Natchez

Bishop Gunn AlbumL’histoire de Bishop Gunn commence en 2016 avec la parution EP de 5 titres sorti dans l’indifférence quasi générale, exception faite des quelques initiés qui avaient eu la chance de voir les pistoleros chevelus en première partie des concerts de Whiskey Myers, Lynyrd Skynyrd et Black Stone Cherry. Tout droit venu de Natchez dans le Mississippi, le quartet est résolument ancré dans un rock sudiste imprégné de Heavy Rock, de Soul, de Folk et de Blues. Travis McCready au chant, Drew Smithers à la guitare, Ben Lewis à la basse et Burne Sharp à la batterie nous offrent aujourd’hui leur premier album de 11 titres et autant le dire tout de suite, ça fait du bien par où ça passe. Voix éraillée, chorus flamboyants, harmonica crade à souhait, cuivres cinglants et parties de slide incisives, le tout enregistré au légendaire Muscle Shoals Sound Studio en Alabama, il n’en faut pas plus pour se laisser convaincre. Oeuvre d’un jeune groupe déjà très mature, Natchez est un putain de bon disque! Même les morceaux mid tempo ou les ballades bluesy suintent d’énergie savamment contrôlée et de feeling chaleureusement communicatif. A consommer sans modération!

Patrick BETAILLE, avril 2019

 

Manu Lanvin – Grand Casino

Manu Lanvin & Devil BluesPendant sa tournée 2017, Manu Lanvin et ses Devil Blues font un break en studio pour y enregistrer quelques reprises. Les trois jours prévus au départ se prolongent au point de donner naissance à un album complet.  Enregistré en mode live du côté de Forges les Eaux, Grand Casino prouve, si besoin en était, que Manu maîtrise son sujet à la perfection. Entre compos originales et reprises, l’album est un véritable kaléidoscope Blues & Roll. Highway to hell d’AC/DC, Satisfaction des Stones et Rock me baby de BB King revisités pour la circonstance débordent d’originalité pêchue. La version de Spoonful écrite par Willie Dixon, enregistrée en 1960 par Howlin’ Wolf et immortalisée par Cream, bénéficie ici de la présence poids lourd de Popa Chubby qui fait partie des invités. Accueillis également sur ce septième album, Beverly Jo Scott, Taj Mahal, et Paul Personne qui contribue au seul titre en français: Je suis le Diable. Si Blues Booze & Rock’n’Roll sorti en 2016 était l’album de la maturité, Grand Casino le confirme en ajoutant éloquence, énergie et plaisir, le tout diablement bien asséné par le power trio de choc: Devil Blues.

Patrick BETAILLE, mars 2019

 

Stray Cats 40 – Cat Fight

Stray Cats le RetourBonne nouvelle! Brian Setzer (guitare, chant)Lee Rocker (contrebasse) et Slim Jim Phantom (batterie) sont de retour. La formation originale du légendaire trio qui, en traversant le désert musical des années 80, avait redonné au Rockabilly ses lettres de noblesse, revient après 26 ans d’absence discographique. 12 nouveaux titres viendront célébrer le 40ème anniversaire de la formation. Cerise sur la banane, une tournée mondiale qui passera par la France est d’ores et déjà planifiée. Avis aux amateurs de Creepers, de Gomina et surtout de zique qui fait sortir les bijoux de famille par les oreilles, les Stray Cats ressortiront leurs griffes lors des concerts prévus entre autres à l’American Tours Festival de Tours le 6 juillet, aux Eurockéennes de Belfort le 7 juillet et au Musilac Festival d’Aix-Les-Bains le 13 juillet! En attendant et pour se mettre dans l’ambiance, un extrait de l’album intitulé ″40″ à paraître en mai: Cat fight!

Patrick BETAILLE, mars 2019

Actualité musicale – Cuvée 2018

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Eric McFadden AC/DC acoustic tribute   Crystal Shawanda Blues   New album Koritni: Rolling

Maître Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2018 n’ait pas été très généreuse du côté  de qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Chris Robinson Magpie Salute   Wilko Johnson   Jared James Nichols Heavy Blues Rock

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Eric McFadden – AC/DC Acoustic Tribute

Eric McFadden AC/DC acoustic tributeCertes, la parodie de la jaquette du POWERAGE d’AC/DC pourrait donner envie à un cul de jatte de prendre ses jambes à son cou. Surtout pas! Tout est dans le titre. Contre toute attente le maître incontesté du Gipsy Blues se livre à un exercice quelque peu inattendu de sa part. Le guitariste américain nous offre une relecture blues de la puissance de feu du combo australien et il donne à son interprétation acoustique des arpèges, de la slide, du Jazz et même parfois des accents hispanisants. La superposition de sa voix chaude façon Tom Waits à jeun, parfois accompagnée de chœurs féminins, de tambourin, de mandoline ou de violon ajoute du feeling et du sublime à l’intensité de son jeu de guitare. Fallait oser! L’album s’ouvre sur un Hells bells superbement métamorphosé et se termine par un Ride On aux accents gospel. Entre les deux? Rock’n’roll damnation, Girls got rhythm, une sublime version jazzy de Have a drink on me,  et un You shook me all night long en version ballade brumeuse. Et puis il y a Beatin’ around the Bush, It’s a long way to the top, Sin city, Kicked in the teeth et bien sûr un Whole lotta Rosie survitaminé. Ce disque est une gageure incroyable, une  énorme surprise, une bouffée d’air pur et une baffe dans la gueule qui prouve si besoin en était que Eric McFadden est un fabuleux guitariste au mieux de sa forme quand il assène le blue grass déjanté et techniquement époustouflant de Beatin’ around the bush!

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Rumble – The Indians Who Rocked the World

Catherine Bainbridge RumbleEn 1958 lors d’un concert un des micros se retrouve plaqué contre l’amplificateur du guitariste. S’en suit un son extrêmement saturé qui donne naissance à Rumbleun instrumental sur trois accords avec lequel l’amérindien Link Wray  posera l’une des pierres fondatrices du Rock. Se remémorant ce frissonnant classique, Martin Scorsese jubile : ″le son de la guitare… cette agressivité… C’était le premier morceau à utiliser la distorsion et le feed-back. Rumble marque l’arrivée de l’accord de puissance dans le rock – et c’est également l’un des rares morceaux instrumentaux à avoir été interdits à la radio, tant on craignait qu’il n’incite à la violence…″. Réalisé par Catherine Bainbridge ce documentaire exceptionnel retrace l’histoire de ces indiens natifs d’Amérique qui ont donné ses lettres de noblesse à la musique populaire, Rock et Blues en tête. Via des extraits de concerts, des images d’archives et des interviews, les portraits de ces icônes autochtones nous sont contés par quelques unes des plus grandes légendes américaines de la musique qui les ont côtoyées, qui ont joué avec elles ou qui s’en sont inspiré. De Buddy Guy et Quincy Jones à Iggy Pop, en passant par Steven Tyler et Stevie Van Zandt et bien d’autres, tous reconnaissent cet héritage. Rumble, le film, montre à quel point les influences autochtones représentent un pan important de l’histoire de la musique et ce malgré les nombreux efforts déployés pour interdire, censurer et éradiquer les cultures autochtones aux États-Unis. Sorti aux Usa en octobre 2017 et disponible en Dvd, le documentaire sera projetée dans certaines salles françaises à partir du 7 novembre 2018. Toutes les infos: Rumble, the Movie.

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Eric Clapton – Happy Xmas

Clapton X-Mas albumEric Clapton veut être le premier. Le premier sur la ligne d’arrivée de la course annuelle des indispensables déjà dans les bacs sur lesquels vont se ruer les foules à qui l’on aura fait croire que le truc qu’elles viennent de glisser dans leur caddie – entre un paquet de pâtes et une boite d’œufs – est le Graal incontournable. God veut être le premier et c’est probablement la raison pour laquelle le bien nommé Happy Xmas sort en octobre, fourré comme une dinde de reprises louant le 24 décembre et – hosannah! – augmenté d’un inédit: ″For love on Christmas day″ (je traduis?). Depuis From the Cradle en 1994, Eric Patrick Clapton n’a rien fait que des albums dont aujourd’hui tout le monde se fout, des live alimentaires ou pince fesses et des hommages à des gens qui, a un moment donné, l’ont influencé (J.J. Cale, B.B. King, Robert Johnson, etc). Bref! A 73 ans, le guitariste confirme dans la durée un manque flagrant d’inspiration qu’il tente en vain de nous faire oublier en réalisant de ses propres mains burinées l’illustration du packaging de l’objet. Çà sent le sapin et c’est de circonstance puisqu’il s’agit bien là d’un disque de Nowel avec ″Jingle Bells″, ″White Christmas″ et tous les enluminures de circonstance. Dis donc Slowhand? Tu veux pas aller faire un petit tour du côté du Crossroads?

Patrick BETAILLE, octobre 2018

 

 

 

Crystal Shawanda – Voodoo Woman

Crystal Shawanda BluesVoodoo Woman est certes le cinquième album de Crystal Shawanda mais c’est aussi le premier à être diffusé hors Canada d’où est originaire l’artiste. L’occasion donc de découvrir une chanteuse qui s’est déjà taillé une jolie réputation dans le milieu de la Country mais qui cette fois, par goût, décide d’exprimer sa passion pour le Blues. Le regard qu’elle pose sur ce genre musical majeur est très moderne et ce bien qu’elle se livre à quelques reprises incontournables et brillamment accompagnées. En effet, outre Howlin’ Wolf et Big Mama Thornton, Crystal Shawanda rend également ici hommage aux immenses Koko Taylor et Etta James avec un bouleversant ″I’d Rather Go Blind″. On n’y échappe pas, avec Voodoo Woman c’est l’âme de Janis Joplin et à l’intensité de Beth Hart qui vous pète à la gueule! C’est pas peu dire et on ne va surtout pas s’en plaindre. Voilà un album convaincant et l’on devient vite accro notamment à l’écoute de: Voodoo Woman.

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Billy Gibbons – The Big Bad Blues

Nouvel album Billy GibbonsQuand Billy Gibbons sort de La Grange c’est pour jouer le Blues. Après un Perfectamundo aux ambiances latinos sorti en 2015 voici donc le deuxième album solo du tiers de ZZ Top. Parmi les onze titres, six compositions du barbu himself et des reprises comme ″Standing Around Crying ″et ″Rollin’ and Tumblin″ de Muddy Waters ou ″Bring It to Jerome″ et ″Crackin’ Up″ de Bo Diddley. Billy revient donc vers un Blues plus traditionnel, chante, joue de l’harmonica, donne du gros son à sa Gibson en mode Blues Rock et verrouille l’ensemble avec le Plaisir comme clef de voûte. On sort enfin des grosses productions pour plonger profondément dans le Blues et le Boogie des débuts ZiziTopiens et personne ne s’en plaindra. The Big Bad Blues est agréable, excitant, très efficace et s’impose comme un retour aux sources nécessaire pour un Billy Gibbons qui aime à dire qu’il est à la fin du Voyage. 

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Waykopp – Too loud? Too old!

WayKopp: Premier album2013. Seul, Jon en a un peu marre de traîner ses pompes, sa guitare et son ampli un peu partout et même ailleurs. Comme souvent au hasard des rencontres, sympathie et goûts musicaux communs donnent naissance à Waykopp, un power trio avec à la basse un certain Lord M et à la batterie le dénommé Président GG. Motivé, le combo palois travaille d’arrache cordes et Wake UP, un EP de 5 titres voit le jour en mai 2016. S’en suivra en 2017 une tournée canadienne de 8 dates à Montréal, Ottawa, Kingston, Oshawa, Toronto, Milton et Hamilton. Au pays des Niagara Falls, du sirop d’érable et de Sum 41, le groupe aura tout loisir de peaufiner en live un répertoire dans lequel les influences Blink, Greenday ou Offspring sont omniprésentes ou presque. 2018, année décisive pour Waykopp avec la sortie d’un premier album. Plus noir, moins ensoleillé que ″Wake Up″,  Too loud? Too old! l’album de 11 titres, est annonciateur d’une Pop énergique, d’un Punk  vitaminé, bref, d’une Pop Punk jouissive. A l’occasion de la sortie du disque prévue le 21 septembre une release-party aura lieu le samedi 22 septembre à La Ferronnerie à Jurançon 64110. Qu’on se le dise et d’ici là en avant première: ″You don’t even know my name″!

Patrick BETAILLE, septembre 2018