Actualité musicale – Cuvée 2018

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Eric McFadden AC/DC acoustic tribute   Crystal Shawanda Blues   New album Koritni: Rolling

Maître Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2018 n’ait pas été très généreuse du côté  de qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Chris Robinson Magpie Salute   Wilko Johnson   Jared James Nichols Heavy Blues Rock

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Eric McFadden – AC/DC Acoustic Tribute

Eric McFadden AC/DC acoustic tributeCertes, la parodie de la jaquette du POWERAGE d’AC/DC pourrait donner envie à un cul de jatte de prendre ses jambes à son cou. Surtout pas! Tout est dans le titre. Contre toute attente le maître incontesté du Gipsy Blues se livre à un exercice quelque peu inattendu de sa part. Le guitariste américain nous offre une relecture blues de la puissance de feu du combo australien et il donne à son interprétation acoustique des arpèges, de la slide, du Jazz et même parfois des accents hispanisants. La superposition de sa voix chaude façon Tom Waits à jeun, parfois accompagnée de chœurs féminins, de tambourin, de mandoline ou de violon ajoute du feeling et du sublime à l’intensité de son jeu de guitare. Fallait oser! L’album s’ouvre sur un Hells bells superbement métamorphosé et se termine par un Ride On aux accents gospel. Entre les deux? Rock’n’roll damnation, Girls got rhythm, une sublime version jazzy de Have a drink on me,  et un You shook me all night long en version ballade brumeuse. Et puis il y a Beatin’ around the Bush, It’s a long way to the top, Sin city, Kicked in the teeth et bien sûr un Whole lotta Rosie survitaminé. Ce disque est une gageure incroyable, une  énorme surprise, une bouffée d’air pur et une baffe dans la gueule qui prouve si besoin en était que Eric McFadden est un fabuleux guitariste au mieux de sa forme quand il assène le blue grass déjanté et techniquement époustouflant de Beatin’ around the bush!

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Rumble – The Indians Who Rocked the World

Catherine Bainbridge RumbleEn 1958 lors d’un concert un des micros se retrouve plaqué contre l’amplificateur du guitariste. S’en suit un son extrêmement saturé qui donne naissance à Rumbleun instrumental sur trois accords avec lequel l’amérindien Link Wray  posera l’une des pierres fondatrices du Rock. Se remémorant ce frissonnant classique, Martin Scorsese jubile : ″le son de la guitare… cette agressivité… C’était le premier morceau à utiliser la distorsion et le feed-back. Rumble marque l’arrivée de l’accord de puissance dans le rock – et c’est également l’un des rares morceaux instrumentaux à avoir été interdits à la radio, tant on craignait qu’il n’incite à la violence…″. Réalisé par Catherine Bainbridge ce documentaire exceptionnel retrace l’histoire de ces indiens natifs d’Amérique qui ont donné ses lettres de noblesse à la musique populaire, Rock et Blues en tête. Via des extraits de concerts, des images d’archives et des interviews, les portraits de ces icônes autochtones nous sont contés par quelques unes des plus grandes légendes américaines de la musique qui les ont côtoyées, qui ont joué avec elles ou qui s’en sont inspiré. De Buddy Guy et Quincy Jones à Iggy Pop, en passant par Steven Tyler et Stevie Van Zandt et bien d’autres, tous reconnaissent cet héritage. Rumble, le film, montre à quel point les influences autochtones représentent un pan important de l’histoire de la musique et ce malgré les nombreux efforts déployés pour interdire, censurer et éradiquer les cultures autochtones aux États-Unis. Sorti aux Usa en octobre 2017 et disponible en Dvd, le documentaire sera projetée dans certaines salles françaises à partir du 7 novembre 2018. Toutes les infos: Rumble, the Movie.

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Eric Clapton – Happy Xmas

Clapton X-Mas albumEric Clapton veut être le premier. Le premier sur la ligne d’arrivée de la course annuelle des indispensables déjà dans les bacs sur lesquels vont se ruer les foules à qui l’on aura fait croire que le truc qu’elles viennent de glisser dans leur caddie – entre un paquet de pâtes et une boite d’œufs – est le Graal incontournable. God veut être le premier et c’est probablement la raison pour laquelle le bien nommé Happy Xmas sort en octobre, fourré comme une dinde de reprises louant le 24 décembre et – hosannah! – augmenté d’un inédit: ″For love on Christmas day″ (je traduis?). Depuis From the Cradle en 1994, Eric Patrick Clapton n’a rien fait que des albums dont aujourd’hui tout le monde se fout, des live alimentaires ou pince fesses et des hommages à des gens qui, a un moment donné, l’ont influencé (J.J. Cale, B.B. King, Robert Johnson, etc). Bref! A 73 ans, le guitariste confirme dans la durée un manque flagrant d’inspiration qu’il tente en vain de nous faire oublier en réalisant de ses propres mains burinées l’illustration du packaging de l’objet. Çà sent le sapin et c’est de circonstance puisqu’il s’agit bien là d’un disque de Nowel avec ″Jingle Bells″, ″White Christmas″ et tous les enluminures de circonstance. Dis donc Slowhand? Tu veux pas aller faire un petit tour du côté du Crossroads?

Patrick BETAILLE, octobre 2018

 

 

 

Crystal Shawanda – Voodoo Woman

Crystal Shawanda BluesVoodoo Woman est certes le cinquième album de Crystal Shawanda mais c’est aussi le premier à être diffusé hors Canada d’où est originaire l’artiste. L’occasion donc de découvrir une chanteuse qui s’est déjà taillé une jolie réputation dans le milieu de la Country mais qui cette fois, par goût, décide d’exprimer sa passion pour le Blues. Le regard qu’elle pose sur ce genre musical majeur est très moderne et ce bien qu’elle se livre à quelques reprises incontournables et brillamment accompagnées. En effet, outre Howlin’ Wolf et Big Mama Thornton, Crystal Shawanda rend également ici hommage aux immenses Koko Taylor et Etta James avec un bouleversant ″I’d Rather Go Blind″. On n’y échappe pas, avec Voodoo Woman c’est l’âme de Janis Joplin et à l’intensité de Beth Hart qui vous pète à la gueule! C’est pas peu dire et on ne va surtout pas s’en plaindre. Voilà un album convaincant et l’on devient vite accro notamment à l’écoute de: Voodoo Woman.

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Billy Gibbons – The Big Bad Blues

Nouvel album Billy GibbonsQuand Billy Gibbons sort de La Grange c’est pour jouer le Blues. Après un Perfectamundo aux ambiances latinos sorti en 2015 voici donc le deuxième album solo du tiers de ZZ Top. Parmi les onze titres, six compositions du barbu himself et des reprises comme ″Standing Around Crying ″et ″Rollin’ and Tumblin″ de Muddy Waters ou ″Bring It to Jerome″ et ″Crackin’ Up″ de Bo Diddley. Billy revient donc vers un Blues plus traditionnel, chante, joue de l’harmonica, donne du gros son à sa Gibson en mode Blues Rock et verrouille l’ensemble avec le Plaisir comme clef de voûte. On sort enfin des grosses productions pour plonger profondément dans le Blues et le Boogie des débuts ZiziTopiens et personne ne s’en plaindra. The Big Bad Blues est agréable, excitant, très efficace et s’impose comme un retour aux sources nécessaire pour un Billy Gibbons qui aime à dire qu’il est à la fin du Voyage. 

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Waykopp – Too loud? Too old!

WayKopp: Premier album2013. Seul, Jon en a un peu marre de traîner ses pompes, sa guitare et son ampli un peu partout et même ailleurs. Comme souvent au hasard des rencontres, sympathie et goûts musicaux communs donnent naissance à Waykopp, un power trio avec à la basse un certain Lord M et à la batterie le dénommé Président GG. Motivé, le combo palois travaille d’arrache cordes et Wake UP, un EP de 5 titres voit le jour en mai 2016. S’en suivra en 2017 une tournée canadienne de 8 dates à Montréal, Ottawa, Kingston, Oshawa, Toronto, Milton et Hamilton. Au pays des Niagara Falls, du sirop d’érable et de Sum 41, le groupe aura tout loisir de peaufiner en live un répertoire dans lequel les influences Blink, Greenday ou Offspring sont omniprésentes ou presque. 2018, année décisive pour Waykopp avec la sortie d’un premier album. Plus noir, moins ensoleillé que ″Wake Up″,  Too loud? Too old! l’album de 11 titres, est annonciateur d’une Pop énergique, d’un Punk  vitaminé, bref, d’une Pop Punk jouissive. A l’occasion de la sortie du disque prévue le 21 septembre une release-party aura lieu le samedi 22 septembre à La Ferronnerie à Jurançon 64110. Qu’on se le dise et d’ici là en avant première: ″You don’t even know my name″!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

 

 

Koritni – Rolling

New album Koritni: Rolling11 ans après Lady Luck, leur premier album et pour la cinquième fois en studio voici de retour ce que le rock australien a fait de mieux depuis ACDC: Koritni! Mixage par Kevin Shirley (Iron Maiden, Joe Bonamassa, Aerosmith), mastering signé Ryan Smith (AC/DC, Guns N’ Roses, Greta Van Fleet), Rolling est composé de 11 compositions de Heavy Rock qui confirment que le combo n’a vraiment pas l’intention de se faire oublier. Rythmiques plombées, solos incisifs du français Eddy Santacreu et comme toujours l’inimitable Lex Koritni dont le timbre de voix proche de celui d’un Diable de Tasmanie qui se serait fait piétiner les coucougnettes par un kangourou assure quelles que soit les ambiances, y compris bluesy. Un retour en force donc avec pour la circonstance quelques invités dont John Coghlan (Status Quo) et les ex Trust Vivi Brusco et Farid Medjane. Pat McManus est là également; l’ancien de Mama’s Boys vient prêter son violon sur un ″Run outta gas″ qui sent bon l’Irlande.

PB, septembre 2018

 

 

 

The Magpie Salute – High Water I

Chris Robinson Magpie SaluteVoilà quatre ans que les Black Crowes ont déposé le bilan après 25 ans de bons et loyaux services. En 2016 et dans le cadre de The Woodstock Sessions Project, Rich Robinson est sollicité pour se produire sur scène. L’ex leader des Crowes décide alors de créer un collectif incluant notamment quelques uns de ses compagnons de route. Avec pas moins de sept autres membres sur scène, Rich (Guitare et Chant), Marc Ford (Guitare) et Sven Pipien, renouent avec l’énergie bienfaitrice des beaux jours et, séduits l’enregistrement d’un album éponyme de reprises ( Crowes, Delaney & Bonnie, Pink Floyd, The Faces et Bob Marley) sorti en 2017, décident de poursuivre l’aventure. The Magpie Salute était né. Pour ce premier véritable effort studio, la formation se voit réduite au quintet incluant John Hogg au chant, et Joe Magistro aux drums. Bien évidemment, avec ses 12 titres, ce nouvel album perpétue la flamme originelle des Corbeaux Noirs. Des brûlots tels que ″Can You See″ ou ″Take It All″ et sa slide incisive sont là pour le prouver. Il convient néanmoins de ne pas s’arrêter sur cette première impression car d’autres titres convergent vers des horizons éclairés d’envolées épiques, d’accents ragtime, de pedal steel guitar, de blues et même d’une petite teinte funky. Bref par les temps qui courent High Water I passerait facilement pour un disque vintage à la con mais au milieu de la misère musicale ambiante c’est un constat plutôt rassurant. D’autant plus rassurant qu’il laisse présager un High Water II. J’attends… Avec impatience!

 

PB, août 2018

 

 

Wilko Johnson – Blow your mind!

Wilko JohnsonIl y a trois ans, le monde médical donnait entre 6 et 10 mois à vivre au guitariste de Dr Feelgood. Atteint d’une tumeur cancéreuse du pancréas et refusant toute chimiothérapie, Wilko Johnson se lance en 2014 dans une mini tournée d’adieu. La même année il sort Going Back Home, un album enregistré dans l’urgence qui offre de nouvelles versions de titres appartenant à son propre répertoire. 2018, revoici la légende du pub-rock britannique, en pleine forme, avec un nouvel album et, pour la première fois depuis 30 ans, 12 nouvelles compos. Blow your mind est à l’image du stakhanoviste de la Telecaster: incisif, nerveux et efficace. Wilko sait d’où il (re) vient. Il sait aussi ce qui peut arriver à tout moment et il fait le choix de célébrer la vie avec fougue et plaisir. Norman Watt-Roy (basse) et Dylan Howe (drums), qui l’accompagnent plusieurs années, sont présents sur le disque et assurent avec énergie. Plaisir garanti donc, même si l’on peut reprocher à l’album une production une peu trop scintillante et propre.

 

PB, juillet 2018