Neon Animal – Make no Mistake

Effectivement, passer à côté de l’album de Neon Animal serait commettre une erreur. Une grosse erreur. Parmi les groupes qui pourraient prétendre perfuser un peu de sang neuf dans un genre qui souffre d’asthénie depuis pas mal de temps, ce quatuor londonien semble bien décidé à vouloir s’imposer au sein de la mouvance d’un classic rock revival. Neuf titres sans fioritures, accrocheurs, lourds et efficaces à souhait. Neuf titres qui parlent de sexe, de drogue et de rock’n’roll en foutant un bon coup de pied au cul du consensus musical aseptisé du moment. Grosses guitares, lourdes rythmiques, vocalises intenses, Make No Mistake est une véritable ouverture des hostilités sans négociation préalable. Une déclaration de guerre. De celles qu’à une époque les New York Dolls ont perdue, de celles auxquelles Aerosmith a succombé à force de poser, de celles à cause desquelles Guns N’ Roses a perdu son panache, de celles auxquelles Greta Van Fleet ne prendra jamais part et de celles enfin qu’aurait pu gagner Motörhead si Lemmy…. Rock ‘N’ Roll War,  Let’s Make The World Rock, Rock ‘N’ Roll Suicide… Le message est plutôt clair. Neon Animal aime le heavy rock, il le prouvent avec ce deuxième album qui reste une véritable menace! À bon entendeur, rock’n’roll bordel!

Patrick BETAILLE, avril 2021

NELL – The Pace of Life

 
Nell est auteure, compositrice, chanteuse et guitariste. je suis même sûr qu’à l’occasion elle ne rechigne pas à recharger la photocopieuse puisqu’elle s’occupe également de tout ce qui est prod, com et promo. En ces temps difficiles on est jamais mieux servi que par soi même! En 2017 paraissait un premier album qui donna lieu à une tournée en compagnie du guitariste Marco Stefanelli. Trois ans à sillonner les routes de France et d’Europe ça rode les cordes de guitares, ça forge le caractère, ça entretient l’expérience mais ça facilite également les remises en question constructives. Pour preuve, en 2020 le duo passe à une formule consolidée avec une section rythmique composée de Nicolas Marsal à la basse et d’ Etienne Lagarde à la batterie. À la base essentiellement folk, Nell donne aujourd’hui à son univers une dimension plus électrique, plus pop et plus rock à la fois,  parfois même avec quelques teintes bluesy. C’est du moins ce qui se dégage de son très prometteur nouvel EP, joliment illustré par l’artiste Kyrieh Alienor. Amateurs de boules à facettes, de starlettes peroxydées et d’auto-tune passez votre chemin. Ici, avec The Pace Of Life, on parle musique, énergie et sensibilité de la part d’une artiste originale et sincère qui fait ce qu’elle aime, qui aime ce qu’elle fait et qui sait faire preuve d’humour et d’autodérision en se mettant en scène dans un clip. Chapeau mademoiselle! Pour en savoir plus: The Pace of Life.
 
Patrick BETAILLE, mars 2021
 
 

Little Bob Blues Bastards – We Need Hope

Oh que oui on a besoin d’espoir! Et Little Bob arrive à point pour nous prouver que tout n’est pas perdu. Il avait juré à sa Mimie, sa femme, sa partenaire, son inspiratrice, qu’il continuerait et il a tenu parole. Après 45 ans de carrière, une flopée de disque et des milliers de concerts, Ti’ Bob le havrais revient pour jeter à la face de l’hexagone son amour de la vie et surtout, celui du rock’n’roll. Si lui a pris quelques rides, ce n’est pas le cas de son enthousiasme et encore moins de sa voix toujours intacte. Il chante le blues et le rock comme jamais et nous replonge au cœur de la grande époque; celle au cours de laquelle il partageait sans compter le déballage de tripes avec les Inmates, les Damned, Bijou, Dr Feelgood et j’en passe. À 76 ans Roberto Piazza n’a toujours pas dit son dernier mot. La passion est toujours là et ses Blues Bastards assurent comme si leur existence en dépendait. Ça bastonne, ça pulse, ça décape et, en ces temps de morosité, ça fait un bien énorme. We Need Hope nous sommes servis. Bien servis avec ces treize titres pleins de générosité énergique!

Patrick BETAILLE, mars 2021

Joanna Connor – 4801 South Indiana Avenue

4801 South Indiana Avenue était l’adresse d’un bar de Chicago – le Teresa’s Lounge –  lieu incontournable pour écouter du blues et qui en son temps a accueilli sur sa petite scène Muddy Waters, Little Walter, Otis Rush, Otis Spann, Jimmy Rogers et Howlin ‘Wolf. Mais 4801 South Indiana Avenue c’est aussi le titre du quatorzième album de Joanna Connor. Et quel album! Il y a longtemps que je n’avais pas pris une telle claque! Celle qui depuis longtemps a mis à genoux le milieu du Chicago blues grâce à son jeu de slide ravageur qu’elle a eu  l’occasion d’exporter dans le monde entier nous livre là un échantillon de son absolu talent. Cette musicienne énergique au style féroce et tranchant, à la voix énorme et pleine d’émotion prouve, si besoin en était, qu’elle fait partie du  gotha  des guitaristes et qu’elle est capable de mettre le feu à son ampli et de remuer les tripes des amateurs de blues et de blues rock les plus exigeants. Joe Bonamassa ne s’y est pas trompé. Lui qui à ses débuts avait fait la première partie de certains concerts de Joanna à choisi de l’inviter et de la produire sur son tout nouveau label indépendant: Keeping The Blues Alive. Parmi les 10 titres tout droit sortis d’un studio de Nashville, certains méritent incontestablement que l’on s’y attarde. Destination, qui ouvre les hostilités est une véritable bombe à retardement sur le point de vous péter à la gueule. Bad News, de Luther Allison, est un blues lent et incendiaire porté par une voix d’un autre monde où angoisse et douleur règnent en maitres. I Feel So Good, un boogie déchainé à filer des fourmis dans les jambes d’un cul-de-jatte.  Cut You Loose, surprenant par ses changements de rythme et hypnotique grâce à la puissance d’une voix au bord de la rupture. Plus classique, Part Time Love bénéficie de la présence de Joe Bonamassa et d’une ambiance soul illuminée par des cuivres omniprésents. C’est sûr, on se souviendra longtemps de ce 4801 South Indiana Avenue. Si vous ne devez acheter qu’un seul disque au cours de cette année pourrie, c’est celui-ci! 

Patrick BETAILLE, mars 2021

Alice Cooper – Detroit Stories

Soyons clairs! La première chose à faire en abordant le vingt-septième album de Vincent Damon Furnier c’est de passer outre cette pochette qui n’a de cover art que le nom. Bref! À 73 ans et 52 ans après Pretties for You, son premier album, Alice Cooper revient avec ce Detroit Stories annonciateur d’un retour aux sources sincère et efficace. Aux oubliettes le métal clinquant et les errances granguignolesques! Il y a déjà longtemps que Mr Nice Guy n’a plus 18 ans mais il revient en force avec un rock sans fioritures, comme au bon vieux temps de Love it to Death et de Killer. Pour remonter aux origines, la sorcière androgyne a convoqué le gratin d’une génération qui a écrit les plus belle pages de l’histoire d’une ville industrielle aujourd’hui au bord de l’anéantissement: Detroit-Michigan-USA. Sur cet album on retrouve ainsi les survivants du Alice Cooper Group original – Neal Smith, Michael Bruce, Dennis Dunaway – mais aussi des invités tels que Wayne Kramer de MC5, Mark Farner de Grand Funk Railroad, Steve Hunter et Johnny Badanjek, les musiciens des Detroit Wheels, le groupe formé en son temps par Mitch Rider. Joe Bonamassa fait aussi une apparition sur Rock & Roll, une reprise du classique du The Velvet Underground en ouverture des hostilités! Tout ce beau monde est supervisé et produit par Bob Ezrin qui réalise un mariage parfait entre voix éraillées, rythmiques efficaces, cuivres funky et guitares incisives sur les 15 pépites auxquelles le patron des Hollywood Vampire ne nous avait pas habitué depuis longtemps. Si avec Detroit Stories Alice Cooper joue sa dernière carte c’est tant mieux car là, il (elle?) vient d’abattre un putain d’atout. Vous avez bien l’bonjour de ma sœur Anne!

Patrick BETAILLE, mars 2021

Christone Ingram – Kingfish

Voilà ce qu’il se passe quand un père montre un documentaire sur Muddy Waters à son rejeton et le trimbale au Delta Blues Museum de Clarksdale – Mississippi. Christone Ingram joue de la guitare depuis l’âge de 10 ans et la première fois qu’il est monté sur scène il en avait 11.  Toute sa jeunesse il l’a passée sur les routes du Delta et dans les environs de de Chicago pour s’approprier le blues de ses pairs en y apportant des teintes et une énergie que la soul et le heavy-rock des seventies ne renieraient pas. Nominé aux Grammy Awwards, le guitariste a également obtenu plusieurs Blues Music Awards:  Nouveau Talent, Meilleur Gutariste et Meilleur Album pour le bien nommé Kingfish, son premier opus. N’ayons pas peur des mots, ce disque est un petit bijou. La guitare du jeune prodige s’exprime comme celle des King, B.B et Freddie, et ses chorus sont incendiaires. Que ce soit en électrique ou en acoustique, sur tempo lent ou rapide, Christone Ingram a le don de vous mettre les poils de la nuque et des avant-bras à la verticale via un blues qu’il distille avec une fraicheur et une facilité déconcertantes. L’artiste ne se contente pas d’aligner des notes. Il est à l’origine de 8 de 12 titres et son écriture fait preuve d’un feeling unique par les temps qui courent et d’une voix à la beauté quasi surnaturelle. Cherry on the cake, l’album publié sur le label Alligator Records, bénéficie de la présence de Keb Mo’ d’Eric Gale et de Buddy Guy. Fort prometteuse, cette entrée en matière semble confirmer qu’Ingram soit en capacité de garder les deux pieds dans le présent du blues et d’en entretenir la légende en apportant du sang neuf à ses propres influences. Pour l’heure et sans préjuger des conséquences d’une notoriété aussi soudaine, je n’hésite pas à affirmer que, dans son genre, Kingfish est sans conteste le meilleur album blues de l’année et probablement de la décennie. C’est pas une putain de bonne nouvelle ça?

Tracklist: 1-Outside of This Town 4:08. 2-Fresh Out 3:48. 3-It Ain’t Right 3:05. 4: Been Here Before 5:54. 5-If You Love Me 4:03. 6 -Love Ain’t My Favorite Word 5:25. 7-Listen5:29. 8-Before I’m Old 4:15. 9-Believe These Blues 4:24. 10-Trouble 2:55. 11-Hard Times 3:08. 12-That’s Fine by Me 4:42.

Patrick BETAILLE, décembre 2020

 

Phil Campbell – We’re the Bastards

Quelques mois après la disparition de Lemmy Killmister, le guitariste Phil Campbell reprenait du service. Quand on a passé sa vie sur les planches avec l’une des plus importantes formations de heavy metal du monde, difficile de faire autrement! Dans la foulée, retour donc du grand pourvoyeur de riffs au sein de Motörhead avec une nouvelle formation high energy. Sachant que les chats ne font pas des chiens, pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on a chez soi? Poétiquement présenté sous le nom de PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS, le combo mis à contribution devenait une histoire de famille. Les trois fils sont désormais de la partie. Todd à la guitare et à l’harmonica, Dane à la batterie et Tyla à la basse et c’est Neil Starr, un pote et ex-Attack Attack, qui assure le chant. En 2016, les débuts consistent essentiellement en premières parties de Hawkwind, Guns & Roses, Saxon ou Airbourne et l’année s’achève sur la parution d’un EP éponyme de cinq titres. Le premier long play  The Age Of Absurdity sort en janvier 2018 et connait d’emblée un beau succès, grâce notamment à la patte Motörhead que le gratteux gallois n’a bien sûr pas perdue. Nous sommes les bâtards! c’est ce que clame le groupe en septembre 2020 pour annoncer sur les réseaux sociaux qu’un nouvel album arrive. Et le voici! Produit par Todd Campbell et enregistré au Pays de galles, We’re the Bastards ne change en rien la formule éprouvée d’un hard old school. Gros son, rythmiques bétonnées, chant efficace, grattes en avant et solos inspirés. Bref, la grosse cavalerie qui vous en met plein la tronche. On en redemande, même quand le tempo descend d’un cran (Desert Song, Born to Roam et son intro bluesy ou un Waves sous forme de ballade heavy qui va cescendo). C’est une évidence, la tribu Campbell assure la continuité de l’héritage Motörhead qui squatte leur ADN tout en consolidant leur propre identité avec des compos fort bien tricotées. C’est du vrai rock’n’roll! Un truc hargneux et puissant qui prend à peine le temps de souffler entre deux titres mais avec juste ce qu’il faut d’originalité pour ne pas lasser. D’entrée, Son of a Gun vous en colle une et vous savez déjà qu’on va vous ramasser à la petite cuillère. 13 rafales généreuses qui à elles seules en disent plus que toute la discographie de certains groupes. Un grand merci à Joël et hard on! Phil Campbell and the Bastards c’est sur Nuclear Blast!

Patrick BETAILLE, novembre 2020

AC/DC – Power Up

On ne peut pas dire que ces dernières années se soient déroulées sous les meilleures auspices dans le milieu du power rock australien. Des problèmes d’auditions chez Brian Johnson, certains déboires judiciaires pour Phil Rudd et surtout le décès de Malcolm Young ont imposé un sérieux coup d’arrêt aux activités de la bande à Angus. Mais, contre vents et marées, AC/DC revient avec un dix-septième album: Power Up! Six ans se sont écoulés avant pouvoir écouter le successeur du dispensable Rock or Bust et c’est sans surprise que le verdict tombe. Les guitares aux rifs puissants, les rythmiques imparables, la voix éraillée de Brian Johnson, le gros son, les chœurs omniprésents (trop?), tout est là. Tous les titres sont bâtis selon la même formule, celle qui depuis trente ans nourri les fans des australiens. Produit par Brendan O’Brien et enregistré aux Warehouse Studios de Vancouver, Power Up est à inscrire au registre des accomplissements honorables d’AC/DC, sans pour autant flirter avec le niveau d’un Highway to Hell ou de Back in Black. Qu’espérer de plus? Pas grand chose de la part d’un groupe honnête qui – avec des hauts et des bas – n’a jamais changé de stratégie et apprécier à leur juste valeur – et même avec un arrière goût de déjà entendu – des titres tels que Realize ou Demon Fire. Se réjouir enfin d’un retour sur lequel peu de headbangers auraient misé 1 kopeck.

Tracklist: 1 – Realize: 3.37. 2 – Rejection: 4.06. 3 – Shot in the Dark: 3.06. 4 – Through the Mists of Time: 3.32. 5 – Kick You When You’re Down: 3.10.  6 – Witch’s Spell: 3.42. 7 – Demon Fire: 3.30. 8 – Wild Reputation: 2.54. 9 – No Man’s Land: 3.39. 10 – Systems Down 3.12. 11 – Money Shot: 3.05. 12 – Code Red: 3.31.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

The Jaded Hearts Club – You’ve always been there

En ces temps difficiles, s’agissant de  trouver une échappatoire à la sinistrose ambiante, tout est bon à prendre. Alors pourquoi ne pas jeter une oreille – surtout pas distraite – sur The Jaded Hearts Club qui jusqu’alors n’existait que sur scène sous le nom de Dr. Pepper’s Jaded Hearts Club Band (Salut sergent, ça va?). Initialement, l’idée vient du guitariste Jamie Davis qui pour son anniversaire décide de monter un groupe pour rendre hommage aux 4 de Liverpool. Davis fait donc appel à quelques potes. Miles Kane (The Last Shadow Puppets), Nic Cester (Jet), Matthew Bellamy (Muse), Sean Payne (The Zutons) et Graham Coxon (Blur) se retrouvent réunis pour une série de gigs. C’est ainsi qu’en 2019 un premier album live issu d’un concert donné au 100 Club de Londres est publié en édition limitée (vinyle blanc 180 gr) au profit du Shooting Stars Children’s Hospice. Le plaisir est au rendez-vous, public et musiciens y trouvent leur compte et l’alchimie de ces instants se traduit par l’envie d’entrer en studio et de mettre sur bande leur appétence pour la Soul de chez Motown. ″De la même manière que le jazz réinvente de vieux morceaux, nous entretenons la tradition de groupes comme les Beatles ou les Stones à leurs débuts : trouver de bons standards de blues et de soul pour ensuite les jouer dans une veine plus moderne″ (Matthew Bellamy). Des Isley Brothers aux Sonics en passant, entre autres, par Marvin Gaye et Screamin’ Jay Hawkins, les 11 titres de You’ve always been there rendent hommage aux sixties de la plus belle des manières. Avec ce premier essai (transformé), on redécouvre en versions rock des titres mythiques dont certains maintes fois repris. Pour en apprécier la fraicheur et l’énergie brute il faut bien sûr laisser de côté tout ce que peut susciter le concept de supergroup et éviter de se poser la question du pourquoi et du comment ça va durer ou finir. Il faut juste se laisser embarquer par un brillant revival conduit de main de maitre par une poignée de musiciens talentueux. Ok! Cet album ne va ni réécrire l’histoire du rock, ni sauver le monde. Reste qu’en tant que remède à la mélancolie, entre 30 minutes de fun et 3 minutes de Gad Elmaleh qui massacre Nougaro, le choix est vite fait!

Tracklist: 1 – We’ll Meet Again. 2 – Reach Out I’ll Be There. 3 – Have Love Will Travel. 4 – This Love Starved Heart of Mine. 5 – Nobody but Me. 6 – Long and Lonesome Road. 7 – I Put a Spell on You. 8 – Money. 9 – Why When the Love Is Gone. 10 – Love’s Gone Bad. 11 – Fever.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

Blues Pills – Holy Moly

Initialement, le troisième album des Blues Pills était prévu pour juin 2020. Sortie finalement décalée pour cause de… Gagné! Holy Moly succède donc Lady In Gold paru il y a déjà 4 ans. Déjà? Depuis, le groupe a connu un changement significatif avec notamment le départ du guitariste Dorian Sorriaux parti voguer sur d’autres sillons en 2018. Le prodige français est désormais remplacé par Zack Anderson qui céde sa place de bassiste à un nouveau venu: Kristoffer Schander. Vous suivez? Par contre, question ambiance, son et énergie rien ne change. Les suédois persistent et signent avec un rock psychédélique, bluesy et vintage à souhait, remarquablement porté par la voix d’Elin Larsson. Que ce soit à cappella ou dans des registres plus pêchus, les accents jopliniens de la chanteuse ne manquent pas de venir flatter les tympans de ceux qui rêvent d’un jumelage entre Stockholm et le Frisco du Big Brother & the Holding Company de la fin des sixties. En pariant sur les talents de la blonde Elin le quatuor rafle le jackpot et confirme son talent à promouvoir une musique riche et structurée. On pourrait regretter la finesse du jeu de Dorian Sorriaux mais, honnêtement, Zack est lui aussi un sacré guitariste. Énervé et magistral, soutenu par une bonne rythmique, il occupe brillamment un espace qu’il ne se prive pas de ponctuer d’habiles solos de wah-wah. La température monte en Scandinavie et pour une fois le réchauffement climatique n’y est pour rien! Avec ce Holy Moly, Blues Pills ne devrait pas manquer pas de convaincre les adeptes du genre et les fans de la première heure. Suivez mon regard.

Tracklist: Proud Woman 3:35. Low Road 3:18. Dreaming My Life Away 2:43. California 3:10. Rhythm In The Blood 3:50. Dust 3:51. Kiss My Past Goodbye 3:02. Wish I’d Known 4:28. Bye Bye Birdy 4:04. Song From A Mourning Dove 5:34. Longest Lasting Friend 3:57.

Patrick BETAILLE, octobre 2020