Chuck! Le nouvel album de Berry

Le dernier disque sorti du vivant de Chuck Berry date de 1979! A sa sortie, ″Rock it″ ne suscite que peu d’intérêt et, dépité, le chanteur guitariste décide alors de laisser tomber les compos pour se consacrer à la scène. Il se remet toutefois à l’écriture dans les années 2000 et enregistre chaque fois que l’envie et l’enchainement des tournées lui en laisse le loisir. La sortie de ″Chuck″, le nouvel opus, était prévue le jour du 90ème anniversaire de l’artiste. La grande faucheuse en a décidé autrement et c’est 3 mois après la mort de ″Crazy Legs″ que l’on peut découvrir ces dix nouveaux titres qui se révèlent être source d’indéniable plaisir. La voix est claire, assurée et énergique et le jeu de guitare, reconnaissable entre tous, toujours aussi incisif et assuré. Les riffs sont immédiatement reconnaissables; ils sont ceux avec lesquels le Maître a défini les règles du Rock’n’Roll dans les années 50 et 60. Malgré un ″Jamaica moon″ aux accents du même tonneau et ″Enchiladas″, une reprise de Tony Joe White, Chuck fait la part belle au Blues et Berry glorifie ce Rock qui résonne encore des échos de ″Roll Over Beethoven″ ou ″Maybellene″. Qui va s’en plaindre? Certainement pas la Lady B. Goode ou les Big Boys!

Marcel Destroy, juin 2017

♫ La Discothèque idéale ♫

Seratones, Get gone!

Seratones, premier Cd: Get GoneBeaucoup s’y sont essayé, peu y sont parvenu. Mais les Detroit Cobras ou les Bell Rays font partie de ces groupes qui ont réussi a mettre en œuvre un subtil mélange de Garage Rock, de Soul et de Rhythm & Blues. The Seratones eux, semblent passer à la vitesse supérieure avec un répertoire qui tape sévère tout en respectant de la plus belle manière l’essence même des genres précités. Sur ce premier album, ″Get Gone″, ces débutants de la première heure jouent avec la maitrise et l’assurance de vieux briscards qui ont parfaitement intégré les codes musicaux qu’ils affectionnent. A.J Haynes, guitariste et chanteuse, s’exprime avec l’émotion d’une diva de la Soul et l’énergie d’une Rock’nRoll queen. Connor Davis, le guitariste, a fait sienne la technique du riff de rock basique et ravageur  aux teintes bluesy. Quant à la section rythmique, la basse de Adam Davis et du batteur Jesse Gabriel sont à l’unisson pour insuffler à l’ensemble un swing musclé terriblement subtil et efficace. Enregistré live en studio baigne dans une ambiance de club du samedi soir qui fait la part belle à la fusion de Rock et de Soul. Grâce à une production de qualité rien n’est sacrifié quant aux détails de la musique et aux talent des exécutants. Les 11 titres de Get Gone, sont incontestablement une bien belle surprise, qui plus est prometteuse. Très prometteuse. La preuve: Sun!

Marcel Destroy, juin 2017

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Lee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman

Lee Brilleaux Rock'n'roll GentlemanLee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman. His musical journey with Dr. FEELGOOD 1974-1994. Tout est dans le titre! Ce bookset couvre 20 années de prescriptions émises par Lee Brilleaux, mort prématurément en 1994. Il comprend donc les premiers enregistrements de l’ époque Wilko Johnson, la production du line up Gypie Mayo et bien sûr toute la période 80-90 qui vit passer Gordon Russel (guitare),  Kevin Morris (Batterie), Phil Mitchell (Basse) et le talentueux Steve Walwyn (Guitare). Une anthologie de 93 titres sur 4 Cd, incluant deux inédits: Let’s Have A Party″ issu des sessions de Private Practice et ″Poison Yvy″ exhumé des séances de Primo en 91. L’ensemble est livré avec un livret de 48 pages qui intègre des photos et des notes Zoe Howe, auteure de la biographie qui porte le même nom que ce magnifique coffret. ″Lee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman″ sort le 7 Juillet mais les fans de Dr Feelgood peuvent déjà prendre rendez vous pour une pré-consultation ici.

Marcel Destroy, mai 2017

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St Paul & the Broken Bones: Sea of Noise

The Broken BonesSea Of NoiseQuand j’ai entendu ce groupe sans voir leurs bobines je me suis dit, Wow, voilà de la soul comme je l’aime. Ce black chante magnifiquement. Paf, mauvaise pioche! C’est une bande de faces de craie qui nous gratifie de cette Soul digne des meilleures. Saint Sam Cooke, Otis Redding et consorts se sont assurément penchés sur le berceau de Paul Janemay qui fait montre d’une puissance vocale étonnante, généreuse mais toujours maitrisée et portée par une formation de six musiciens prêts à péter la baraque. Apparemment les Stones eux mêmes ne s’y sont pas trompés puisque nos loustics ont eu le plaisir de faire plusieurs premières parties pour la mythique formation″. Bon que dire de plus? Ben rien, Ed Fairlane a tout dit, ces propos lui appartiennent et je m’y rallie!  Reste qu’il ne faut pas hésiter à jeter une oreille sur la production de St Paul & the Broken Bones.Sea of Noise″ et ″Half the City″, leur premier album, sont des nourritures de l’âme hautement bienfaitrices et recommandables. Démonstration >Sugar Dye!

Marcel Destroy, mai 2017

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Iggy Pop, Asshole Blues!

Asshole Blues l' iguane sur flexi discLe label indépendant Jacuzzi Boys’ Mag Mag réhabilite le Flexi Disc! A une époque, ce type de support était avant tout un moyen promotionnel bon marché, fréquemment inclus en supplément avec certains magazines.  ″Les flexis vont être un moyen pour les artistes de faire ce qu’ils veulent. Ils peuvent laisser libre cours à leurs désirs les plus expérimentaux ou au contraire rester sur leurs gardes. Il n’y a aucune règle. On essaye juste de faire en sorte que les gens s’intéressent à ce qui nous parle″ (JBMM).  Pour le premier volume de la série le label a sollicité Iggy Pop qui, séduit par l’idée et très inspiré par la situation mondiale actuelle, en profite pour s’adresser aux ″connards″ qui lui pourrissent la vie. Muni de sa seule guitare acoustique, l’Iguane effectue un retour aux source, bouscule les codes, et pose la question: ″Asshole, when are you gonna die?″ (Quand est ce que tu crèves pauv’ con?). C’est roots, c’est jubilatoire et c’est le Asshole Blues!

Marcel Destroy, avril 2017

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Roger Waters torpille Donald Trump

Roger Waters: Is This the Life We Really Want?

Roger Waters ne décolère pas contre Donald Trump, il se dit même ″prêt à rejouer The Wall″ en intégralité devant la frontière mexicano-américaine, pour dénoncer le projet de mur voulu par le nouveau pensionnaire de la Maison Blanche. Déjà en octobre dernier à au cours du ″Desert Trip″ Le co-fondateur de Pink-Floyd avait manifesté son dégoût vis à vis du président des USA. Durant la prestation de ″Pigs″ de l’album ″Animals″, il s’est en effet payé le luxe projeter des images de Donald Trump associées à la mention ″pendejo″ (imbécile!)  et de décorer l’arrière scène d’un immense ″TRUMP IS A PIG″. Le bassiste n’a visiblement pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. La tournée mondiale intitulée ″Us + Them″ qui débutera en mai 2017 et passera par la France en 2018 sera ″une démonstration de résistance, pas seulement contre Trump, mais vis à vis de tous les despotes, dictateurs et bons à rien sur cette terre″ (interview Rolling Stone magazine, extrait); à bon entendeur… Il sera donc question de dénoncer le dictat de l’argent, les ravages guerriers, les désastres écologiques et de porter un message humaniste sur fond de révolte; thèmes chers au compositeur et qui seront au cœur  de ″Is this the life we really want?″ (Est ce vraiment la vie que nous voulons?) le nouvel album à paraitre en mai. Roger Waters a toujours quelque chose à dire et c’est autrement plus intéressant que la plastique de Kim Kardashian ou  les frasques de Justin Bieber. Du moins il me semble!

Marcel Destroy, avril 2017

≈ Trucs en Vrac ≈

Dr. Feelgood: All Through The City (With Wilko 1974-1977)

Wilco Johnson, All through the City 1974-1977C’est un fait! Wilko Johnson a gravé en compagnie de Lee Brilleaux, John B. Sparks et The Big Figure les plus belles pages du pub rock anglais. ″All Through The City″ passe en revue les remèdes prescrits par Dr. Feelgood entre 1974 et 1977. Trois Cd et 1 Dvd compilent les quatre premiers albums de la formation (″Down by the jetty″, ″Malpractice″, ″Sneakin’ suspicion″ et ″Stupidity″), des démos, des inédits dont 3 Live et quelques vingt-deux apparitions télés en 1975.  Véritable témoignage sur une musique ouvrière qui se foutait des modes, du mainstream et de ses conventions. Au total 93 titres portés par une énergie rare symbolisée par la superbe photo en noir et blanc qui illustre l’objet. Pour une fois on ne se fout pas de la gueule du client! Le coffret intègre un livret de 50 pages et surtout, les enregistrements sont remastérisés sans nuire à la fougue, à l’honnêteté et à la vitalité du groupe de Canvey Island. C’est  rare! Bref, un fois conquis, l’amateur pourra ranger ce petit bijou à côté ou pas loin de l’émouvant documentaire de Julien Temple: Oil City Confidential. D’ici là et en attendant, une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal, pas vrai Roxette ?!

Marcel Destroy, Février 2017

♫ Rock’n’Roll bordel! ♫

Gimme Danger, les Stooges par Jim Jarmusch

Gimme Danger l'histoire de The StoogesUn sacré bout de temps que la musique fait partie intégrante de la filmographie de  Jim Jarmusch. En 1986 déjà dans Down by  LawTom Waits apportait sa contribution à la bande son et jouait le rôle de Zack. Mystery Train en 1989 mettait en scène Screamin’ Jay Hawkins. En 1996 le cinéaste faisait appel à Neil Young pour le soundtrack de son western métaphysique Dead Man dans lequel Iggy Pop  tenait un rôle. Iggy Pop est aussi là en 2003 dans Coffee and Cigarettes, un film à sketches dans lequel il partage l’affiche avec entre autres Tom Waits, Meg et Jack White. En salle dès aujourd’hui, Gimme Danger est un rockumentaire consacré à l’histoire des Stooges, le groupe qui a indéniablement influencé le mouvement Punk en sonnant le glas de Sixties. ″Une lettre d’amour au groupe qui restera sans doute l’un des plus importants de l’histoire du rock, Gimme Danger est délirant, foutraque, émouvant, drôle, simple sophistiqué et brut″ [Jim Jarmusch]. Le film, désormais en salle pour les privilégiés, sera disponible en Dvd en juin 2017. D’ci là et en attendant…> Le Trailer!

Marcel Destroy, février 2017

♫ Rock’n’Roll bordel! ♫

Le Pire Noël est passé!

Il se passe une chose incroyable dont les médias ne parlent pas. Muselés par l’industrie du disque, ils cachent l’information. Trop énorme! Tous les gamins ont la rage contre le Père Noël. Ils ont tous eu des disques nases en guise de cadeaux et digèrent mal l’affront. Hors de question que leur Noël soit toc et pas rock. Ils se dirigent donc en masse vers les magasins. Tous avec les mêmes intentions.

Patchwork et onomatopées Rock

• Peter 13 ans: ″Je voudrais échanger ce Cd de Springsteen c’est d’la daube! J’veux Nevermind!″.
• Lisa 12 ans: ″Rien à foutre de Christine & the Queens, filez moi Led Zeppelin, çui où y’a Black Dog!″.
• ″Maître Gims! C’te honte!″. C’est Paul, qui du haut de 11 ans, exige qu’on lui commande Down by the Jetty du Doctor. Pour lui c’est mal barré; le vendeur ahuri lui demande: ″quel docteur?″.

Marcel Destroy, décembre 2016

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Manu Lanvin: Blues, Booze & Rock’n’Roll

Manu Lanvin, Blues Booze & Rock'n'Roll

Manu Lanvin et son power trio ″the Devil Blues″ clôturent joliment l’année 2016. ″Blues, Booze & Rock’n’Roll″ succède à l’excellent ″Sons of the Blues″ paru en 2015. Classiques, acoustiques, heavy ou traditionnelles, les compositions de l’album confirment définitivement que Manu  est fait pour le Blues. Le résultat est une musique qui électrise l’atmosphère en se réservant le droit d’y apporter une teinte rhythm & blues via un piano déjanté, des cuivres incisifs ou des chœurs entêtants. A noter au passage 3 titres coécrits avec Neal Black et un hommage au regretté J.J. Cale. Une véritable invitation à s’offrir pour les fêtes 12 morceaux de Lanvin bien emballés. Vous voulez goûter? Soul Revolution!

Marcel Destroy, décembre 2016

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Actualité musicale, cuvée 2016

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Tyler Bryant & the Shakedown EP The Wayside   Blues Pills Cd Lady in gold   Buddy Guy, Born to play guitar

Maitre Gims vous donne des envies de suicide? Fréro Delavega vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que l’année écoulée soit particulièrement pauvre dans le domaine de la musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix est bien évidemment partial, subjectif, et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ”La musique c’est comme la vie, ça se respire” (Francis Zegut).

Black Pistol Fire: Don't Wake the Riot   kaleo A/B   Rolling Stones Blue & Lonesome

Marcel Destroy, décembre 2016

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Rolling Stones, Blue & Lonesome

Rolling Stones Blue & LonesomeFlashback: Il y a plus de 50 ans Jagger et Richard, tous deux copains d’école passionnés de Blues, se croisent par hasard sur un quai de gare. Ils ont sous le bras quelques enregistrements dont un de Robert Johnson qu’ils écoutent ensemble un peu plus tard. Keith: ″ Qui c’est le 2 ème guitariste?« . Mick: »Ben il est tout seul!« .  Retour au présent, avec en toile de fond cette époque au cours de laquelle Jagger, Richards et Charlie Watts étaient juste un groupe de reprises de blues. Pas de compositions originales parmi les douze titres qui composent « Blue & Lonesome« , vingt-troisième  album studio des pierres qui roulent. Juste des reprises de Little Walter, Howlin Wolf, Magic Sam, Eddie Taylor, Otis Rush et Willie Dixon. L’ensemble est cohérent,  joué juste, bien produit et l’on sent que les septuagénaires sont à l’aise dans cette ambiance du Chicago Blues des années 50 et 60. « Back to the roots » donc, et, pour lever le doute il suffit de réaliser que l’harmonica est présent sur la quasi totalité du disque. Jagger excelle dans ce domaine et dixit Keith « Il n’est jamais aussi sincère que  quand il souffle dans cet instrument« . Même quand ils invitent Eric Clapton sur deux titres les musiciens jouent ensemble, comme un groupe qui a remisé ses égos pour privilégier instinct et sincérité. Et ça fonctionne! Même Mick n’en fait pas trop au chant pour une fois. »Blue & Lonesome » ne révolutionnera pas la Musique et ne changera pas le cours de l’histoire des Rolling Stones, mais il nous offre un joli coup de Blues et ce serait dommage de ne pas en profiter. Seul bémol, le packaging lippu d’un bleu canard WC absolument hideux!  Ecouter  Everybody knows about my good thing″.

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Black Pistol Fire: Don’t wake the riot

Black Pistol Fire: Don't Wake the RiotQuestion influences, le combo canadien Black Pistol Fire se réclame entre autres de Led Zeppelin, Nirvana ou Muddy waters. Rien que ça! Peu de temps après avoir décidé de se lancer dans l’aventure de l’ Indie Blues Rock, Eric Owen (batterie) et Kevin McKeown (Guitare & chant) déménagent de Toronto à Austin dans le Texas. Très vite un premier album éponyme voit le jour, suivi en 2011 par ″Big Beat’ 59″ qui connait un succès immédiat. En 2014 arrive dans les bacs ″Chut or Howl″ qui confirme la valeur du duo qui supporte désormais la comparaison avec Les Black Keys, les White Stripes ou Band of Skulls et qui fait dire à la presse spécialisée que Black Pistol Fire est ″the next big thing″. La dernière production des canadiens vient confirmer cette analyse. ″Don’t wake the riot″ grouille de riffs, de matraquages rythmiques et de fuzz, le tout garantissant l’ ambiance  moite et poussiéreuse d’un Texas Blues porté par la voix chaude et puissante de McKeown. La recette fonctionne à merveille et le troisième titre de l’album résume à lui seul l’excellent potentiel de Black Pistol Fire:  Bad Blood!

Marcel Destroy, novembre 2016

 La Discothèque idéale 

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Blues Pills, Lady in gold

 Blues Pills Cd Lady in goldIl n’aura fallu à Blues Pills que deux ans pour s’installer aux premières loges de la scène rock tendance 70’s revival et en devenir l’un des fleurons. Après un premier essai remarquable et éponyme sorti en 2014,  le quatuor  revient avec un deuxième album qui tente le pari risqué de l’évolution en s’éloignant des standards bluesy. Désormais les synthés ont fait leur apparition et les arrangements vocaux deviennent quasi omniprésents, confirmant par là même les capacités exceptionnelles de Elin Larsson. Reste que les fans de la première heure risquent d’être déçu de ne pas retrouver l’influence de Big Brother & the holding company ou des Bell Rays; d’autant plus déçus que la guitare de l’excellent Dorian Sorriaux de retrouve reléguée au second plan dans ce nouvel opus. Le talentueux frenchie est pourtant bien là! Il s’exprime à merveille sur ″Lady in Gold″, ″Burned out″ ou ″Gone so long″ qu’il conclut par un superbe solo. Au final, mis à part un ″I felt a change″ dont même Adele ne voudrait pas, avec ce Lady in gold,  Blues Pills passe du Heavy Rock bluesy au Rythm & Blues psychédélique. Le changement de cap est plutôt bien assuré et la production ne sacrifie rien à la qualité et à la puissance brute du combo.

Marcel Destroy, octobre 2016

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Iceland Rock: Kaleo, A/B

Kaleo A/B Atlantic Records

Attention grosse claque! Ce quatuor islandais vient de livrer A/B, leur premier album pour Atlantic Records. Alliant ballades folk, soul puissante et riffs rock, ces musiciens talentueux expriment leur fascination pour le blues et le rock qu’ils teintent souvent d’une ambiance garage rythmiquement plombée à souhait. Les 10 titres bénéficient d’une production et d’arrangements sans faille qui confèrent à l’ensemble l’une des choses les plus musicalement passionnantes entendues ces dernier temps. Avec ″No Good″ et ″Broken BonesKaleo maîtrise à merveille le Blues Rock à guitares acérées. ″Way Down We Go″ ralentit le tempo mais vise toujours au cœur du Blues incendiaire. Pour ″Glass House″l’artillerie lourde est de sortie et dans ce domaine le gang viking s’y connait. L’album s’achève sur ″I can’t go on without you″ qui vous fera passer 6 minutes les deux pieds dans un Blues sensible servi à merveille par la voix puissante et sensuelle de Jökull Júliússon. A/B est une promesse avec un cœur gros comme çà! La preuve!

Marcel Destroy, septembre 2016

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Tyler Bryant & the Shakedown: The Wayside

Tyler Bryant & the Shakedown EP The WaysideTexan d’origine Tyler Bryant forme son premier groupe à l’âge de 15 ans. Très vite remarqué, le guitariste est sollicité par Eric Clapton pour une participation au festival Crossroads 2007 de Chicago. Dans la foulée d’autres artistes tels que B.B. King ou Johnny Winter l’invitent à partager la scène. Avec son groupe, The Shakedown, Tyler fait les premières parties de Jeff Beck, Lynnyrd Skynnyrd, Joe Bonamassa et Aerosmith (Graham Whitford, le fils du guitariste d’Aerosmith fait partie du combo). Après un premier album remarqué en 2013 intitulé  ″Wild Child″, Tyler Bryant and the Shakedown sort   ″Wayside″ un EP produit par Vance Powell (Jack White, Seasick Steve). Six morceaux, ça peut paraître court, mais ce mini album c’est du lourd!  de la balade blues ″The devil’s keep″ au gros titre hard ″Stitch it up″ en passant par le classique ″Mojo Working″, le champ du blues rock qui tâche est couvert et bien couvert. Par les temps qui courent ce serait une grosse lacune que de passer à côté de ce petit brulot qui n’est pas sans rappeler la grande époque des Black Crowes ou des White Stripes

Traclist: 1 Criminal Imagination 03:28 – 2 Loaded Dice & Buried Money 03:41 – 3 Mojo Workin’ 03:14 – 4 Stitch It Up 03:23 – 5 The Devil’s Keep 04:27 – 6 The Wayside 03:45.

Marcel Destroy, août 2016

 La Discothèque idéale 

 

 

Janis, Little girl blue

Amy Berg: Janis, Little Girl BlueDans son dernier film,  ″Janis″, Amy Berg retrace la chute inexorable de Janis Joplin, Rock-Star des 60’s partie rejoindre il y a 45 ans le tristement célèbre Club 27. Le documentaire décortique la saga d’une femme entière, incapable de surmonter ses démons, et toujours en quête de l’amour des autres. Laura et Michael, frère et sœur de Janis, parlent d’elle. Témoignent également les membres de Big Brother (y compris Sam Andrew, décédé le 12 février 2015), Bob Weir du Grateful Dead ainsi que Country Joe McDonald. Quant au fil conducteur il est assuré par Chan Marshall, alias Cat Power, qui lit la correspondance échangée par Janis avec sa famille. Il est question aussi de David Niehaus. Tombé amoureux de la star, David lui proposait dans un télégramme de la rejoindre. Le pli est restée à la réception de l’hôtel; peut être que si Janis l’avait  lu ce soir là…. Et puis bien sûr des images rares, des extraits de concerts viennent étayer le récit d’un parcours hors du commun. Au-delà du personnage de rock-star, de sa voix extraordinaire et de la légende, ″Little girl blue″ nous dépeint une femme sensible, vulnérable et puissante. C’est l’histoire d’une vie courte, mouvementée et passionnante qui changea la musique pour toujours. Déjà en rayon pour la version anglaise le Dvd sous titré en français sera disponible fin juin 2016.

Marcel Destroy, Mai 2016

 La Discothèque idéale 

Buddy Guy, Born to play Guitar

Buddy Guy, Born to play guitarBuddy Guy est toujours là et bien là. A 80 balais, le dernier des ″Blues Giants″ depuis la disparition de B.B. King vient de remporter le Grammy Award du meilleur album Blues 2016 avec son 28ème album studio: ″Born to play guitar″. Celui dont le jeu a inspiré Hendrix et sur les solos duquel Clapton s’est fait saigner les doigts, livre 14 titres qui, une fois de plus attestent de l’incontestable talent du guitariste. Une fois mis de côté les accents Pop du dispensable ″Crazy World″ on ne boude pas son plaisir à l’écoute du reste des compositions. Fioritures inattendues, balayages de cordes subtils, ballades acoustiques ou chorus ravageurs tout y est, y compris quelques invités de marque. Sur ″Wear you out″, Billy Gibbons prête sa voix rauque pour un bon gros blues rock à la ZZ Top. Kim Wilson (Fabulous Thunderbirds), en pleine forme, apporte son harmonica sur ″Too late″, un blues West Coast des plus dynamiques. Joss Stone pour un duo sympa sur ″Baby you got what it takes″. Van Morrison lui participe à ″Flesh & bone″, un hommage à B.B. King sous la forme d’une superbe ballade aux accents country/folk. Et puis il y a ces moments privilégiés. Buddy n’a pas son pareil quand il fait hurler sa strat sur des envolées bien musclées telles que Thick like Mississippi mud″ ou ″Smarter than I was″. Alors bien sûr d’aucuns diront qu’il n’y a dans tout ça pas de quoi défriser Nelson Momfort... Fuck! La basse de Billy Cox et le solo de Wah Wah que Jimmy himself aurait approuvé c’est du mou de veau peut être? Non! c’est ″Turn me wild″.

Marcel Destroy, avril 2016

 La Discothèque idéale 

 

Rock Music, cuvée 2015

Barrence Whitfield and the Savages: Under the savage sky  Seasick Steve: Sonic Soul Surfer  Datura4: Demon Blues

Adele vous malmène les tympans? La reformation de téléphone vous en touche une sans faire bouger l’autre? La production télévisuelle vous donne des envies de suicide? j’ai quelque chose pour vous! Question nouveautés l ’année écoulée ne se distingue pas particulièrement dans le domaine du Blues ou du Blues Rock. Mais faute de mieux le cru 2015 (Clic sur les images!) doit pouvoir vous apporter quelques menues satisfactions en terme de musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds. Le choix est bien évidemment partial, partiel, subjectif et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ”La musique c’est comme la vie, ça se respire” (Francis Zegut).

  Left Lane Cruiser: Dirty Spliff Blues Manu Lanvin & the Devil Blues: Son(s) of the Blues Lisa Mills: I'm changing

Marcel Destroy, décembre 2015

 La Discothèque idéale 

Black Star Riders, The killer instinct

Black Star Riders All Hell Breaks Loose

En 2010 le guitariste Scott Gorham prend la décision de reformer Thin Lizzy pour la énième fois en s’adjoignant les services de quelques uns des anciens comparses de Phil Lynott dont le batteur, Brian Downey. La formation tourne sur scène pendant 2 ans et en profite aussi pour travailler sur un nouvel album. Se pose alors la question de utilisation du nom de Thin Lizzy pour publier les compositions originales, et au final le choix s’oriente vers le lancement d’un autre groupe: The Black Star Riders. Après quelques changements de personnel,  le combo, dont le nom s’inspire de celui du gang de hors-la-loi sévissant dans le film ”Tombstone”, sort en 2013 son premier album ”All Hell Breaks Loose”. Musicalement le répertoire se situe dans la lignée de Whitesnake ou UFO avec un hard rock gentillet auquel il manquerait une pincée d’énergie et un soupçon d’originalité. Bref! c’est propre, écoutable mais pas de quoi défriser Nelson Momfort non plus. Pour autant, l’artwork des albums attire l’attention grâce son design dans la plus pure tradition du Nose Art . Pour la première jaquette la pin-up est carrément extraite du catalogue de Gil Evgren, un des maîtres du genre, dont s’est inspiré  Adrian Andrews pour la deuxième galette, ”The Killer Instinct” sorti en ce début d’année.

Marcel Destroy, décembre 2015

Black Star Riders The Killer Instinct

 Pin-Up à l’Affiche 

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