Jared James Nichols – Black Magic

Jared James Nichols Heavy Blues RockAprès un prometteur un ″Old glory and the Wild Revival″ sorti en 2015 revoici Jared James Nichols avec un deuxième essai moins speed mais tout aussi pêchu. Avec ses acolytes Erik Sandin (basse) et Dennis Holm (drums), le guitariste américain reste fidèle au modèle du genre. A la ville, le Power Trio brûle les planches avec Zakk Wylde, Glen Hughes ou Lynyrd Skynyrd et en studio les chevelus malmènent les consoles en peaufinant leur répertoire stéroïdé. Plus varié et moins bourrin que le premier opus, globalement le nouvel album offre néanmoins 10 titres bougrement efficaces. Même teinté de slide, de gospel, de funk ou de talkbox, le répertoire fait bien évidemment la part belle au guitariste dont le jeu pourrait consister en un savant mélange de Ted Nugent pas encore végétarien et de Billy Gibbons sur 380 triphasé. Amateurs du genre foncez, Black Magic n’ est pas un album de technicien mais celui d’un virtuose qui a su faire sienne la magie énergique et déjantée du Heavy Blues Rock born in the 70’s et qui sur scène affiche sans vergogne une efficacité redoutable. Jugez plutôt: Blackstar Basement Session!

PB, juin 2018

Joe Bonamassa – British Blues Explosion

CD1: Beck’s Bolero/Rice Pudding. Mainline Florida. Boogie With Stu. Let Me Love You Baby. Plynth (Water Down The Drain). Spanish Boots. Double Crossing Time. Motherless Children.
CD2: SWLABR. Tea For One/I Can’t Quit You Baby. Little Girl. Pretending. Black Winter/Django. How Many More Times.

Joe Bonamassa LiveNon! Il ne s’agit pas d’une compilation du meilleur de ce qu’a produit le Blues Boom des années 60-70. Ce concert au Old Royal Naval College de Greenwich a été enregistré en 2016 et consiste en un hommage aux maîtres de la dite période: Jeff Beck, Jimmy Page, Eric Clapton et John Mayall, et par conséquence Cream, Led Zeppelin et autres Bluesbreakers sont à l’honneur. Aux commandes le boulimique Joe Bonamassa, le king of the Blues Rock himself, champion du monde toutes catégories de la production d’enregistrements live et de contributions diverses et variées. Le résultat est incontestablement imparable, aussi bien au niveau du fond que de la forme. Le choix des titres est judicieux, la qualité artistique est là, l’exécution est millimétrée, le son excellent et la production au top. De quoi ravir les fans pour qui ce énième live sera incontournable, indispensable et plus, puisque affinité. Les autres trouveront là une belle opportunité de redécouvrir les versions originales d’une époque ô combien furieusement emblématique car globalement la prestation manque un tant soit peu d’âme et de spontanéité. L’ensemble est un peu trop propre, un peu trop formaté, un peu trop linéaire et au final on est quand même bien loin de la folie des premiers enregistrements publics du guitariste. Dommage, mais bon, faute de mieux on prend! Joe Bonamassa ne tente pas de réinventer le Blues Rock, il est le putain de Blues Rock. British Blues Explosion est disponible en double Cd, Dvd et BlueRay bonussés et triple Vinyl colorisé, comme la jaquette qui pique les yeux.

PB, juin 2018

Still On The Run – The Jeff Beck Story

The Jeff Beck StoryLe 12 avril à Londres, Avait lieu l’avant première du Rockumentaire ″Still On The Run″.  ″The Jeff Beck Story″ était projeté à Londres au Curzon Mayfair Cinema, en présence de l’intéressé, bien sûr, mais aussi de quelques noms prestigieux et amis. Le film retrace la carrière du guitariste depuis l’apprentissage de l’instrument jusqu’aux quêtes innovantes de sa carrière solo en passant bien sûr par les époques Yardbirds et Jeff Beck Group. Des témoignages ou anecdotes d’Eric Clapton, David Gilmour, Jimmy Page, Joe Perry, Slash, Rod Stewart ou Ron Wood s’ajoutent aux images d’archives et extraits de concerts, dont cinq titres enregistrés à Montreux en 2007. Geoffrey Arnold Beck himself est interviewé. Chez lui, on le voit même dans son atelier en train de monter un moulin sur un châssis de Hot Rod, son autre passion viscérale. ″Still On The Run – The Jeff Beck Story″ sera publié en Dvd et Blu-Ray le 18 mai par Eagle Vision, l’occasion de se pencher sur le parcours de l’un des guitaristes les plus atypiques et les plus influents du Rock: Jeff Beck!

PB, mai 2018

 

Sari Schorr – A Force Of Nature

Sari Schorr & The Engine RoomAncienne choriste Joe Louis Walker et de Poppa Chubby, Sari Schorr décide en 2015 de voler de ses propres ailes en participant au ″Keeping The Blues Alive festival″. Mike Vernon est dans la salle. Celui là même qui en son temps a crée le label Blue Horizon et produit Clapton, Mayall, Peter Green et Ten Years After tombe littéralement sous le charme et propose à la new-yorkaise de produire son premier album. D’emblée le ton est donné avec un Ain’t Got No Money porté par la voix puissante et profonde de la diva et les riffs intenses d’ Innes Sibun. Connu pour avoir joué avec Robert Plant et ouvert pour Johnny Winter, Taj Mahal, Walter Trout, ou encore Nine Below Zero, le guitariste amène avec lui le groupe Engine Room qui, avec une efficacité redoutable, offre un régal de complicité et de cohésion tout au long de l’album. A Force of Nature avec un son dense, une rythmique massive et une production brute, tape, à deux exceptions près, dans le registre du Blues Rock couillu et c’est bien entendu la personnalité vocale de Sari Schorr qui par son énergie et son feeling drive l’ensemble des douze titres. Quand la brune enflamme ses cordes vocales elle prend des accents de Tina Turner, de Janis Joplin ou, plus près de nous, de Beth Hart. Pour se convaincre qu’il se passe enfin quelque chose au royaume du Blues il suffit de se laisser porter par la version sombre, moderne et très personnelle d’un chant traditionnel immortalisé en son temps par Leadbelly  puis par Ram Jam dans sa version la plus rock: Black Betty!

PB, avril 2018

Little Bob Story – High Times 76-78

Coffret compilation Little Bob StoryQuoiqu’on en pense et quoi qu’on en dise l’histoire du rock’n’roll made in France ne se limite pas à Jojo Smett, Téléphone ou Trust. Non! le rock’n’roll made in France a aussi une légende: Roberto Piazza, alias Little Bob. Le premier groupe de Ti’ Bob’ le havrais, Little Bob Story, a déboulé sur l’hexagone avec son rock high energy dans les années 70. Entre Pub-Rock et punk Rock, le gang s’est peu à peu taillé une solide réputation, y compris en jouant à de multiples reprises en tête d’affiche en Angleterre. Little Bob a toujours bénéficié d’une grande reconnaissance de ses pairs: Clash, Sex Pistols et autres Jam ne manquaient pas de venir les voir se produire sur scène. Même Lemmy y est allé de sa contribution en prêtant sa voix sur l’introduction de Ringolevio: ″Listen up sons of bitches, Little Bob’s gonna tell you a story!″ [Ecoutez enfoirés, Little Bob va vous raconter une histoire!]. Voici donc un  hommage qui tombe à pic avec cette initiative de la part de Veryrcord qui publie High Time 76-88, une compilation double CD & DVD regroupant 19 titres tirés des 7 albums studios, une démo, un inédit, ainsi que 13 titres live enregistrés entre 1979 et 1988. Sur le DVD, l’excellent documentaire ″Rockin’ Class Hero″ dans lequel Eric Burdon (Animals), Glen Matlock (Sex Pistols), Manu Chao, Serge Teyssot-Gay (Noir Désir) viennent témoigner de leur profonde admiration pour Little Bob. Qu’on se le dise!

PB, avril 2018

Screaming Females – All at once

Punk Rock, Screaming FemalesDéjà 13 ans que ce groupe du New Jersey travaille sans relâche pour porter haut et fort les couleurs d’un Indie Rock aux sonorités riches et bienfaitrices. le Punk Rock spartiate des débuts a peu à peu laissé la place à un genre, certes un peu moins bruyant, mais tout aussi intelligent et singulier. All at once est le septième album studio du power trio. Aux commandes, Marissa Paternoster, un pt’it bout d’femme à la voix puissante et au jeu de guitare aussi riche que précis. La dynamique occupe une place privilégiée au sein des Screaming Females. L’interaction rythmique assurée par Mike Abbate à la basse et Jarrett Dougherty à la batterie, vient poser la trame des 15  titres convaincants et bien produits au sein desquels énergie et efficacité sont de mise. Les ambiances et les riffs entrainent incontestablement l’auditeur dans un univers que ne renieraient pas les fans de Dinausor Jr ou des Breeders; et ça c’est bon pour le moral!

PB, mars 2018

 

Tyler Bryant – Tyler Bryant & The Shakedown

Tyler Bryant & The Shakedown Heavy RockDeux ans après le tonitruant E.P The Wayside, Tyler Bryant nous revient avec cette fois avec un album de 11 titres. 26 ans au compteur et déjà vieux baroudeur de la scène, le guitariste est jeune mais il reste résolument ancré dans le Heavy Blues des 70’s sans prendre beaucoup de risques. Dans une époque gorgée de niaiseries Pop ou d’ Electro abrutissante qui s’en plaindrait? On retrouve avec ce groupe et son leader texan les ingrédients qui garantissent le plaisir de l’écoute. La guitare est efficace, la voix séductrice et la rythmique puissante. Tyler Bryant possède un véritable talent et cet album [même s’il n’invente rien] à au moins le mérite de proposer 11 titres très bien faits, honorablement orchestrés et produits. Le groupe connait son sujet, s’y complait et offre à tout amateur du genre 40 minutes plaisantes entrecoupées d’un ″Ramblin’ Bones″ acoustique aux accents Blues traditionnel, d’un ″Magnetic Field″ à l’ambiance Folk aérien ou d’un ″Manipulate Me″ teinté Pop Rock 80’s. Reste que c’est bien ″Heartland″, le morceau d’ouverture teinté de Fuzz, qui exprime au mieux la ligne directrice Heavy Rock de l’éponyme Tyler Bryant & The Shakedown.
PB, février 2018