Jean Paul Pagnon – Blues & Jazz entoilés

J.P Pagnon Muddy WatersDu Delta du Mississippi à Chicago,  des ruelles de la Nouvelle-Orléans aux quartiers de New-York, l’univers de ce peintre français héberge chanteuses et musiciens, micros, guitares et cuivres dans des univers qui ont la chaleur d’une tasse de café qui fume, la rondeur d’une volute de cigare de La Havane et la moiteur d’un été en Louisiane. Jean-Paul Pagnon donne des couleurs à ce rêve américain, et met en images l’éternelle bande-son du Jazz et du Blues. Infos et galeries: Art Paintings J.P Pagnon.

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Otis Rush – I Can’t Quit you Baby

Otis Rush à Londres en août 1988Originaire du Mississippi, il passe sa jeunesse à Chicago où il est devient avec Muddy Waters l’un des grands noms de ce Blues qui, lors de sa migration vers le nord, succombe aux charmes de la fée électricité. Il est gaucher, mais à la différence de beaucoup de guitaristes gauchers, il joue d’un instrument pour droitier, à l’envers, sans changer le sens des cordes, ce qui lui vaut un jeu particulier et un son très distinctif. Véritable légende du Chicago-Blues, Otis Rush nous a quittés le samedi 29 septembre, à l’âge de 83 ans. Plusieurs grands noms du Rock, dont Eric Clapton et Stevie Ray Vaughan se sont inspirés de sa musique. En 1969, sur leur premier album, Led Zeppelin fait une reprise magistrale du titre composé par Muddy Waters et enregistré par le guitariste en 1956: I Can’t Quit You Baby!

Patrick BETAILLE, octobre 2018

 

Crystal Shawanda – Voodoo Woman

Crystal Shawanda BluesVoodoo Woman est certes le cinquième album de Crystal Shawanda mais c’est aussi le premier à être diffusé hors Canada d’où est originaire l’artiste. L’occasion donc de découvrir une chanteuse qui s’est déjà taillé une jolie réputation dans le milieu de la Country mais qui cette fois, par goût, décide d’exprimer sa passion pour le Blues. Le regard qu’elle pose sur ce genre musical majeur est très moderne et ce bien qu’elle se livre à quelques reprises incontournables et brillamment accompagnées. En effet, outre Howlin’ Wolf et Big Mama Thornton, Crystal Shawanda rend également ici hommage aux immenses Koko Taylor et Etta James avec un bouleversant ″I’d Rather Go Blind″. On n’y échappe pas, avec Voodoo Woman c’est l’âme de Janis Joplin et à l’intensité de Beth Hart qui vous pète à la gueule! C’est pas peu dire et on ne va surtout pas s’en plaindre. Voilà un album convaincant et l’on devient vite accro notamment à l’écoute de: Voodoo Woman.

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Jean Claude Legros – Blues Attic

 

Jean Claude Legros Blues AtticJ’avais 16 ans. Un copain de lycée m’avait revendu deux 45 tours: ″Democrat Man de J.L Hooker″ et ″Louise Blues″ de B.B Broonzy sur lesquels la majorité des titres était jouée sans autre accompagnement que la guitare du chanteur. La même année, les Kingsmen sortaient un ″Louie Louie″ autrement plus bruyant et là j’ai craqué sur les guitares électriques. Puis les Beatles et les Stones ont scellé l’affaire et le Rock l’a emporté haut la main… Puis vinrent mes années jazz. Miles Davis, Thelonious Monk, Count Basie, Coltrane … J’ai tout dévoré. Avec une attirance pour les notes bleues….C’est à la fin des années 80 que le Blues est revenu. D’abord par la musique elle-même, puis par son histoire. Et là j’ai compris d’où venait quoi et comment tout s’était passé. Depuis j’essaie de payer ma dette à cette musique en l’exprimant à ma manière avec des pinceaux ou avec une plume.

C’est en ses termes que Jean Claude Legros raconte son parcours  et nous ouvre la porte de son grenier que la musique du diable occupe depuis 1995.  Les peintures, pastels et fusains sont entièrement consacrés à l’univers des musiques afro américaines et donc au Blues pour l’essentiel. Outre ses toiles éblouissantes, l’artiste offre ça et là des biographies documentées, de très pertinentes chroniques de disques et de beaux montages vidéo illustrant quelques incontournables quant à la compréhension d’un genre musical majeur. Bienvenue dans le Blues Attic!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Buddy Guy – Blues is still alive and well

The Blues is still alive and wellTout est dans le titre! Avec ce nouvel album Buddy Guy prouve, si besoin en était, qu’il est bien une légende vivante, le seul survivant de tous les géants du Blues depuis la mort de B.B. King en 2015. Déjà en 2010 dans Living Proof  il ouvrait en proclamant qu’il était ″74 years young″. aujourd’hui, à 81 ans  il dit simplement: ″a few good years is all I need right now″ (quelques bonnes années, c’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment). Sur la pochette de Blues is still alive and well Buddy, tout sourire, pose avec sa Telecaster à pois devant le panneau de Lettsworth, sa ville natale en Louisiane. En arrière plan, une bicoque délabrée qui n’est pas sans rappeler celle McKinley Morganfield, alias Muddy Waters. Le décor est planté. L’ami Guy se sort les tripes, vocifère et distille des chorus ravageurs comme si sa vie en dépendait. 15 titres, plus d’une heure d’une musique qui nous rassure sur l’état de santé du Blues même si ici il est souvent question de vie et de mort. Étonnant! Étonnant et surprenant aussi. Sur ″You Did The CrimeMick Jagger joue de l’harmonica; vous ai-je dit que que Mick le lippu est un putain d’ harmoniciste? Non? Ben je vous le dit! Le troisième titre nous offre une tuerie au cours de laquelle Keith Richards et Jeff Beck, éternels disciples consciencieux, font parler la poudre: Cognac!

PB, juillet 2018

Mick Taylor – I Wonder Why!

Mick Taylor Rolling StonesCela ne semble pas trop réussir aux guitaristes de fréquenter Keith Richard et les Rolling Stones. Mick Taylor, l’un des plus fins instrumentiste de la fin des 60’s, connut la même déchéance que son prédécesseur Brian Jones, la piscine en moins. Le jeune blondinet au phrasé limpide, mélodiste inspiré et accompagnateur efficace, avait été découvert par John Mayall qui l’avait accueilli au sein des Bluesbreakers. Embauché en juin 1969 par les Stones, il s’impose rapidement comme le meilleur soliste qu’ils aient jamais eu. Let It Bleed en 69, Get Yer Ya Ya’s Out en 70,  Sticky Fingers en 71, Exile on Main St en 72, Goats Head Soup en 73 et It’s Only Rock’n’Roll en 74 doivent leur succès en grande partie au jeu d’un Mick Taylor qui n’est même pas crédité sur les albums. La place épuise, et, miné par la pression du succès, les drogues, et les rancœurs engendrées par le comportement de Mick et Keith à son égard, il quitte le groupe en 1974. Entre déprimes, come back foireux (Jack Bruce, Gong) et contributions diverses (Little Feat, Mike Oldfield) Mick se cherche et sort en 1979 un premier album solo qui surprend par son approche jazzy et étonne par son manque de direction. Il faudra attendre 11 années pour écouter son second album solo. Enregistré en public, Stranger in this town est un vrai disque de Blues Rock qui reste à ce jour le plus représentatif de la finesse et du talent du guitariste. Malheureusement, mal distribuée, la galette n’apporte pas le succès escompté et par la suite la production de Mick Taylor se cantonnera à quelques témoignages mineurs sur son travail de session man ou de contributeur à des projets divers (Joe Houston, Carla Olson, Snowy White, etc…). Quel gâchis finalement! Tout ça à cause de quatre années passées chez les pierres qui roulent. I wonder why!

PB, avril 2018

 

Sari Schorr – A Force Of Nature

Sari Schorr & The Engine RoomAncienne choriste Joe Louis Walker et de Poppa Chubby, Sari Schorr décide en 2015 de voler de ses propres ailes en participant au ″Keeping The Blues Alive festival″. Mike Vernon est dans la salle. Celui là même qui en son temps a crée le label Blue Horizon et produit Clapton, Mayall, Peter Green et Ten Years After tombe littéralement sous le charme et propose à la new-yorkaise de produire son premier album. D’emblée le ton est donné avec un Ain’t Got No Money porté par la voix puissante et profonde de la diva et les riffs intenses d’ Innes Sibun. Connu pour avoir joué avec Robert Plant et ouvert pour Johnny Winter, Taj Mahal, Walter Trout, ou encore Nine Below Zero, le guitariste amène avec lui le groupe Engine Room qui, avec une efficacité redoutable, offre un régal de complicité et de cohésion tout au long de l’album. A Force of Nature avec un son dense, une rythmique massive et une production brute, tape, à deux exceptions près, dans le registre du Blues Rock couillu et c’est bien entendu la personnalité vocale de Sari Schorr qui par son énergie et son feeling drive l’ensemble des douze titres. Quand la brune enflamme ses cordes vocales elle prend des accents de Tina Turner, de Janis Joplin ou, plus près de nous, de Beth Hart. Pour se convaincre qu’il se passe enfin quelque chose au royaume du Blues il suffit de se laisser porter par la version sombre, moderne et très personnelle d’un chant traditionnel immortalisé en son temps par Leadbelly  puis par Ram Jam dans sa version la plus rock: Black Betty!

PB, avril 2018

Nicolas Cassagneau – So long!

Fly and the Tox Nicolas Cassagneau

Créé en 1987 à Toulouse Fly and the Tox se taille très vite une solide réputation qui l’amène à écumer les scènes de l’Hexagone. A l’époque, le trio  propose au public un répertoire teinté de Blues et de Rhythm & Blues au sein duquel compostions personnelles et reprises ont pour dénominateur commun une énergie incroyable et communicative. Après quatre disques, Nicolas Cassagneau (chant/guitare), Marc Dechaumont (basse) et Michel Lorenzo (drums) se séparent en 1998. La scène toulousaine vient de perdre l’un de ses illustres représentants. Nicolas Cassagneau qui n’avait jamais abandonné la musique est décédé ce vendredi 29 décembre. So long!

James Cotton – Décès de Mr Harp

James Cotton 1935-2017Né le 1er juillet 1936 dans le Mississipi, James Cotton s’est très vite découvert une passion pour l’harmonica. A 9 ans, après avoir écouté Sonny Boy Williamson, il aménage avec le musicien et devient son élève. A 20 ans il rencontre Muddy Waters et enregistre sur son troisième album. Session man chez Chess Records, collaboration après collaboration, les cris perçants de son harmonica séduisent un public de plus en plus large et il acquiert le surnom de Mr. Harp. L’artiste fonde son propre groupe en 1966 et au fil des ans il se produit entre autres avec Janis Joplin, Grateful Dead, BB King, Santana et Led Zeppelin. 2013 sera l’année de sa plus récente apparition dans les bacs avec Cotton Mouth Man. A cette époque, atteint d’un cancer de la gorge, Cotton s’est confié à Rolling Stone sur la possibilité de prendre sa retraite: Vous travaillez si dur pour obtenir ce que vous voulez que lorsque que vous l’avez, vous ne voulez pas le lâcher. Ça vous appartient″. Au cours de sa carrière James Cotton a contribué à faire de son instrument de prédilection une des pierres angulaires du blues moderne. A ce titre le virtuose a reçu six Living Blues Awards ainsi que dix Blues Music Awards au cours de sa carrière et a été introduit au Blues Hall of Fame en 2006. James ″Superharp″ Cotton a succombé à une pneumonie le 17 mars 2017. Il avait 82 ans

PB, novembre 2017

George Thorogood – Party of one

Party of One, George ThorogoodS’il est une musique que s’écoute avec les pieds c’est bien celle de ce bon George.  Guitariste efficace par excellence, Thorogood a passé toute sa carrière à promouvoir sa propre vision d’un rockin’ blues en faisant rugir sa Gibson ES-125 sur toute les scènes du monde.  Avec sa voix puissante et authentique il a porté des standards  tels que Move It Over d’ Hank Williams, Who Do You Lovede Bo Diddley et s’est également assuré l’adhésion du public biker avec des compos comme Back to the bone″. 40 ans après la sortie de son premier album, le ricain ancien joueur de baseball effectue un 360 avec une approche purement acoustique de ses racines musicales, celles des champs de coton du Mississippi et du Chicago Blues.  Pour Party of one, son 14ème album studio, George Thorogood met au chômage son groupe The Destoyers et assure à lui seul, au dobro à la guitare et à l’harmonica, un bel hommage aux grands du genre que sont Willie Dixon, Elmore James et Robert Johnson. Moins attendues mais tout aussi efficaces des covers des Rolling Stones (No expectations″) et de Bob Dylan (″Down by the highway″). Dans ce retour aux sources, une version acoustique de l’un des traditionnels temps forts on stage avec un titre déjà popularisé depuis fort longtemps par le grand John Lee Hooker: One Bourbon, One Scotch, One Beer″. Cheers!

PB, Septembre 2017