Pennie Smith – Le Clash du 14 Décembre 79

 

Passionnée par le monde du rock, cette photographe britannique à réalisé de nombreux portraits de légendes et couvert bon nombre de concerts pendant lesquels elle shooté les musiciens témoins actifs des moments forts de la scène musicale. Son premier cachet significatif elle l’obtient en couvrant une tournée de Led Zeppelin dans les années 1970, époque à partir de laquelle elle commence à travailler pour le New Musical Express. Au cours de sa collaboration avec le magazine, Pennie Smith a l’occasion de photographier beaucoup d’icônes et de légendes du Rock. Pink Fairies, Led Zeppelin, The Rolling Stones, The Who, Iggy Pop, The Jam, Debbie Harrie, et beaucoup d’autres se sont ainsi retrouvés au cœur de sa mémoire argentique. L’un de ses plus célèbres clichés est celui de Paul Simonon fracassant son instrument sur la scène du palladium de New York lors d’une tournée en 1979.

Bien avant cet événement mémorable, certains s’étaient déjà prêtés au jeu du ça casse et ça passe. Jerry Lee Lewis incendiant son piano en première partie de Chuck Berry, Pete Townsend éventrant son ampli à grands coups de manche de guitare ou encore Jimi Hendrix immolant sa Stratocaster sur la scène de Monterey. Mais là!.. Dans quelques millièmes de secondes et en gros plan, la Fender Précision Bass va s’écraser on stage et voler en éclats pour exprimer tout ce qui symbolise l’excitation, la puissance et l’urgence énergique du rock. 

Quand il voit le tirage, Joe Strummer envisage de le garder pour le cover art de l’album en devenir. Pennie, elle, trouve la photo de mauvaise qualité et tente de convaincre le chanteur-guitariste de The Clash de changer d’avis. En vain. Il la veut et il l’aura, soutenu en ce sens par le staff du NME qui trouve que le flou incriminé donne encore plus de force au témoignage visuel. 

London Calling sort au Royaume-uni le 14 décembre 1979. Considéré comme LE manifeste social de l’Angleterre de la fin des seventies, il se vend à plus de 2 millions d’exemplaires et ne tardera pas à se retrouver sur le haut de la pile des plus grands albums de l’histoire du Rock. Quant à son illustration, elle recevra en 2002 le prix de la meilleure photo rock de tous les temps décerné par la presse. Pas mal! Surtout quand on sait que le soir de la prise de vue, Pennie Smith était sur le point d’accepter de sortir avec des amis et donc de faire l’impasse sur le concert. Pourquoi fit elle le choix de s’installer du côté de Paul Simonon et non sur la partie opposée de la scène occupée par le guitariste Mick Jones? Elle même ne le sait pas. Comme quoi!

Patrick BETAILLE, octobre 2022

D’autres anecdotes sur les pochettes de disques dans le livre: IN VINYLE VERITAS!

 

Martin Sharp – Cream

 

Dans les années 60, Martin Sharp (1942 – 2013) devient directeur artistique du magazine satirique australien OZ.  Les représentations psychédéliques de Bob Dylan, Jimi Hendrix, Donovan ou encore lMona Lisa entourées de bananes font de lui un artiste immédiatement reconnaissable. Sharp est alors le maitre incontesté des entrelacs tourmentés, des couleurs criardes et des lettrages surréalistes qui deviendront l’apanage de l’un des plus beaux courants artistiques des sixties. À Londres, il se lie d’amitié avec Eric Clapton avec qui, pendant un temps, il partage le même appartement. Au cours de cette période il offre au guitariste un poème qui aboutira à la chanson Tales of Brave Ulysse figurant en 1967 sur Disraeli Gears de Cream, album pour lequel le groupe bénéficiera du travail du designer quant à la réalisation du cover art. L’année suivante, Martin Sharp sera de nouveau de la partie pour l’illustration – en noir et blanc cette fois – du troisième opus du power trio Eric Clapton/Ginger Baker/Jack Bruce: Wheels of Fire.

Patrick BETAILLE, septembre 2022

D’autres anecdotes sur les pochettes de disques dans le livre: IN VINYLE VERITAS

 

Elsa Kuhn – In Felt we Trust

Enfant, Elsa Kuhn aimait déjà créer des vêtements pour ses poupées, aidée en cela par sa grand-mère qui lui enseignât les rudiments des techniques liées au travail du tissu. La couture devient pour Elsa une passion qui, après des études à l’Académie Internationale de Coupe de Paris, l’amène à développer sa propre marque de vêtements pour enfants. De fil en aiguille et tout in s’intéressant à la broderie, l’artiste se lance dans la réinterprétation de pochettes de disques qu’elle collectionne avec enthousiasme. ″J’ai toujours été passionnée par la musique et comme pour beaucoup, vient toujours une envie de trouver un moyen de l’exprimer et de la partager. Moi, j’ai décidé de faire appel au tissu, aux fils et aux aiguilles″. Au sein de son projet In Felt we Trust, Elsa exprime son talent exclusivement à la main. J‘ai décidé de broder à la main plutôt que d’utiliser une machine à coudre″ dit-elle. ″C’est un travail long et minutieux mais il offre d’innombrables possibilités″. Le modus opérandi consiste donc dans un premier temps à analyser le concept et la structure des cover art. Vient ensuite le moment de préparer et de découper les éléments de feutrine sur lesquels sont dessinés certains détails, notamment les ombres. La phase finale de la broderie sublime enfin l’ensemble au format 30 x 30 qui peut parfois exiger une vingtaine d’heures de boulot. Le résultat est plutôt bluffant pour des pièces uniques et éventuellement réalisables à la demande. Pour en savoir d’avantage et en voir encore plus:  Elsa Kuhn

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Delphine Leverrier – Au Fil du Rock

Delphine Leverrier – styliste de formation et diplômée de l’ École supérieure des arts et techniques de la mode – à effectué de nombreuses missions au sein de prestigieuses maisons de couture parisiennes (Cartier, Yves Saint Laurent, etc.), principalement en tant que brodeuse. Parallèlement, pour donner libre cours à ses envies, cette artiste se laisse aller à pratiquer son art dans d’autres domaines. Elle s’est ainsi amusée à réaliser une série de poupées faites à la main ou encore à magnifier de vieilles photos trouvées dans ses greniers en leur apportant des touches de couleurs. Passionnée de musique et collectionneuse de vinyles, l’idée lui est venue d’exprimer sa dextérité en customisant des pochettes d’albums afin de leur offrir un nouvel éclat.
À l’aide de strass, de paillettes et de fils métalliques multicolores, or ou argent, Delphine sublime des cover art et leur offre une nouvelle grille de lecture toute en harmonies. Plus d’une centaine d’albums ont ainsi déjà subi les assauts des aiguilles expertes de la brodeuse. Au travers de cette approche visuelle novatrice s’exprime un ressenti très personnel à l’égard de la musique ou de thèmes abordés par certains interprètes français ou internationaux. Il s’agit pour l’artiste de réactiver la magie des affects enfouis dans sa mémoire et pour nous de pouvoir porter un nouveau regard sur des œuvres au demeurant déjà mythiques. Pour en savoir plus sur la Brodeuse Rockeuse: Delphine Leverrier.

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Jef Aerosol – Anomalie

Jean-François Perroy, plus connu sous le pseudonyme Jef Aérosol, est né à Nantes en 1957. Il fait partie de la première génération de street-artistes français des années 80 et c’est vers la fin des années 1990 qu’il s’internationalise et s’affirme de plus en plus.  À la fois peintre et musicien, il s’exprime principalement en utilisant la technique du pochoir grâce à laquelle il investit les murs et devient une figure incontournable du street-art. Si une grande partie de son travail consiste en portraits de personnalités comme Elvis Presley, Gandhi, John Lennon, Jimi Hendrix, Basquiat, Bob Dylan, Serge Gainsbourg, etc, l’artiste s’attarde aussi parfois sur les anonymes de la rue, qu’ils soient musiciens, passants ou enfants. Il lui arrive même de concevoir des pochettes de disques, comme en témoigne notamment celle du disque de Louise Attaque paru en 2016: Anomalie. Pour tout savoir sur l’artiste et son œuvre > Jef Aerosol.  

Avis aux fans de street-art et notamment de Jef Aérosol. Pour célébrer le 40ème anniversaire de son premier pochoir dans la capitale une exposition de grande envergure est prévue du 24 septembre au 5 novembre 2022. Ce sera à Paris dans le 13e arrondissement, face à la Bibliothèque François Mitterrand et dans un espace brut de béton de 600 m².

Patrick BETAILLE, septembre 2022

 

 

Anne marie Anderson – Fuchsia et Caravan

Caravan : In The Land Of Grey And Pink. Succès d’estime pour ce subtil panachage de jazz, de classique, de rock et de folklore anglais, l’album fait partie des meilleurs du groupe de Canterbury. Il sort en 1971, accompagné d’un magnifique cover art peint par Anne Marie Anderson et faisant référence au monde de Tolkien. Avant ce coup d’éclat, l’artiste avait réalisé la pochette du premier et unique album studio d’un autre groupe de prog-folk-rock britannique: Fuchsia. Autre ambiance cette fois avec le portrait ténébreux d’une femme au regard hypnotique.

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEu du cover art

Patrick BETAILLE, juillet 2021

 

 

Vaughan Oliver – Design en 33 Tours

Breeders: Last Splash-1993. Cocteau Twins: Treasure -1984. Pixies: Bossanova – 1990

Décédé en 2019 à l’âge de 62 ans, Vaughan Oliver a laissé derrière lui un énorme héritage visuel pour la musique en général et pour la musique alternative des années 80 et 90 en particulier. De 1982 à 1993, ce graphiste britannique a assuré la direction artistique du label indépendant 4AD et a conçu certaines pochettes des albums les plus emblématiques de cette époque: Pixies, Breeders, Cocteau Twins, pour ne citer que les principaux. Une grande partie du travail d’Oliver est reconnaissable à travers la manipulation surréaliste de la photographie. Chaque cover art avait sa propre logique interne et les pochettes n’affichaient que très rarement une photo du groupe. ″Une pochette de disque doit fonctionner comme une porte d’entrée qui vous invite à la traverser″ aimait à dire ce véritable Dali du design.

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

Patrick BETAILLE, juillet 2022

 

Alton Kelley – Skull & Roses

 

Au cours des années 60-70, Alton Kelley a conçu bon nombre d’affiches pour les concerts des groupes psychédéliques de San Francisco. Le graphisme aux teintes vives et aux motifs en volutes évoquant les hallucinations provoquées par les drogues révolutionneront l’imagerie musicale, témoignant d’un moment particulièrement créatif de la culture américaine. Son premier succès il le connaît avec Stanley Mouse grâce à une affiche pour une prestation de Big Brother & the Holding Company et Quicksilver Messenger Service. Il a aussi réalisé les pochettes des albums American Beauty pour Grateful Dead et Book of Dreams pour The Steve Miller Band. Sa création la plus connue reste le fameux Skull & Roses. L’idée lui est venue d’une illustration tirée d’un recueil de poésies du poète persan Omar Khayyam. Kelley a agrandi le sujet, modifié l’image et ajouté de la couleur. Le dessin est apparu pour la première fois en 1968 sur une affiche de concert à l’ Avalon Ballroom et, en 1971, utilisé en tant que cover art du 7ème album du Grateful Dead, un double live sans nom mais souvent identifié en tant que Skull & Roses.

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

 

Patrick BETAILLE, juin 2022

In Vinyle Veritas fête les Pères

Papa Rock ou Papa Vinyle… Témoignez lui tout ce que vous voulez en lui offrant LE CADEAU qui lui fera plaisir à coup sûr. Vous pouvez aussi lui demander de vous l’offrir. Après tout si vous êtes là c’est de sa faute et vous avez légalement droit à un dédommagement culturel.

jusqu’au 26 juin: À l’occasion de la fête des paires pères pour toute commande de un ou plusieurs exemplaires du livre, les frais de port en france metropolitaine sont offerts!

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

 

Pink Floyd – Ummagumma

Sorti en octobre 1969, Ummagumma consiste en un album double, composé d’une galette enregistrée en studio et d’une autre issue de deux concerts de Pink Floyd. Comme les deux précédentes (Piper at the Gates of Dawn et A Saucerful of Secrets), la pochette de l’album est conçue par Hipgnosis. Elle consiste cette fois en un montage de photos prises au sud de Cambridge dans la maison de Libby January, la petite amie de Storm Thorgerson. Sous la forme d’une mise en abyme, les musiciens posent sur quatre tableaux placés en perspective. David Gilmour est au premier plan, installé sur un tabouret. Au second plan, Roger Waters est assis par terre. Debout derrière lui, Nick Mason contemple le ciel. L’effet vache-qui-rit s’achève sur un arrière plan campagnard occupé par Rick Wright qui fait la chandelle. En bas à gauche, posée par terre contre le mur, la bande originale de Gigi, une comédie musicale de Vincente Minnelli parue en 1958. Pour des raisons de copyright, la pochette de Gigi sera remplacée par un carré blanc sur les éditions américaines de l’album.

Sur le back cover de l’album, tout l’équipement de Pink Floyd est aligné sur l’aérodrome Biggin Hill Airport de Londres. Deux roadies prennent la pose. Il s’agit de Alan Stiles et Peter Watts. Quatre plus tard ce dernier apportera sa contribution à Dark Side of the Moon. Les rires sur Brain Damage (Dark Side of the Moon 1973)  c’est lui!

Quant au titre de l’album – Ummagumma – il s’agit d’un terme désignant l’acte sexuel, souvent rattaché à l’argot de Cambridge, inventé et couramment utilisé par Lain Moore, ami des Pink Floyd et roadie occasionnel, qui disait : ″Je vais à la maison pour une ummagumma″. 

Patrick BETAILLE, juin 2022

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART