Actualité musicale – Cuvée 2018

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Eric McFadden AC/DC acoustic tribute   Crystal Shawanda Blues   New album Koritni: Rolling

Maître Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2018 n’ait pas été très généreuse du côté  de qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Chris Robinson Magpie Salute   Wilko Johnson   Jared James Nichols Heavy Blues Rock

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Klaus Voormann – le Revolver des Beatles

Klaus Voormann Revolver CoverSi Sgt. Peppers’, le White Album ou Abbey Road ont été longtemps ou toujours considérés en tant que grandes œuvres des Fab Four, il convient aujourd’hui de rendre justice à ce qui reste le vrai chambardement musical de leur prédécesseur. Revolver arrive durant l’été 1966 et avec lui la confirmation d’un changement radical  dans la façon d’aborder la Pop Music. Déjà avec Rubber Soul en 1965, les Beatles se livrent à quelques expérimentations sonores avec notamment l’apparition du sitar dans Norwegian wood ou du clavecin dans In My Life. C’en est fini des bluettes pour minettes pré-pubères et Revolver le confirme. Les Beatles sont en totale symbiose, bossent comme des dingues, font tomber les barrières et, sous acides, explorent de nouveaux horizons. Au sommet de leur art, John, Paul et George intellectualisent le propos, enrichissent les sonorités et produisent un fantastique kaléidoscope lyrique et musical qui culmine sur un Yellow Submarine déjanté, festif, saugrenu, et aussi psychédélique que le cover art de l’album. C’est Klaus Voormann qui conçoit la pochette avec un montage noir et blanc mélangeant dessin au trait et collage de photos des musiciens. Bassiste de son état, Voormann rejoint le groupe Manfred Mann de 1966 à 1969. Après la séparation des Beatles, il intègre le Plastic Ono Band de John Lennon et joue sur les albums respectifs de George Harrison et Ringo Starr. En tant qu’ illustrateur il travaillera également pour les Bee Gees, Spooky Tooth et plus récemment pour les norvégiens de Turbonegro.

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Eric McFadden – AC/DC Acoustic Tribute

Eric McFadden AC/DC acoustic tributeCertes, la parodie de la jaquette du POWERAGE d’AC/DC pourrait donner envie à un cul de jatte de prendre ses jambes à son cou. Surtout pas! Tout est dans le titre. Contre toute attente le maître incontesté du Gipsy Blues se livre à un exercice quelque peu inattendu de sa part. Le guitariste américain nous offre une relecture blues de la puissance de feu du combo australien et il donne à son interprétation acoustique des arpèges, de la slide, du Jazz et même parfois des accents hispanisants. La superposition de sa voix chaude façon Tom Waits à jeun, parfois accompagnée de chœurs féminins, de tambourin, de mandoline ou de violon ajoute du feeling et du sublime à l’intensité de son jeu de guitare. Fallait oser! L’album s’ouvre sur un Hells bells superbement métamorphosé et se termine par un Ride On aux accents gospel. Entre les deux? Rock’n’roll damnation, Girls got rhythm, une sublime version jazzy de Have a drink on me,  et un You shook me all night long en version ballade brumeuse. Et puis il y a Beatin’ around the Bush, It’s a long way to the top, Sin city, Kicked in the teeth et bien sûr un Whole lotta Rosie survitaminé. Ce disque est une gageure incroyable, une  énorme surprise, une bouffée d’air pur et une baffe dans la gueule qui prouve si besoin en était que Eric McFadden est un fabuleux guitariste au mieux de sa forme quand il assène le blue grass déjanté et techniquement époustouflant de Beatin’ around the bush!

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Poison Ivy – Smell of Female

Kristy Marlana Wallace aka Poison IvySous sa tignasse incendiaire, sommairement vêtue de tenues en latex ou transparentes, Kristy Marlana Wallace fait indéniablement partie de ces musiciennes qui savent manier le manche, souvent bien mieux que certains poseurs prétendument virtuoses. Depuis toujours Kristy Wallace est une bad girl. Maquillage outrancier, tenues sexy, indiscipline chronique lui valent d’ailleurs une expulsion de l’université de Sacramento et même un peu plus tard un séjour en prison. En 1972, alors qu’elle fait de l’auto stop, elle rencontre Erick Lee Purkhiser. Tous deux s’installent peu après à New York. Elle devient Poison Ivy, il prend le pseudo de Lux Interior et ensemble ils fondent The Cramps. Cette pulpeuse et provocatrice guitariste à marqué le Rock de sa forte personnalité au sein de ce combo formé à en 1975 et qu’elle dirige comme un gang. Son jeu, très influencé par Link Wray qu’elle vénère, est à l’image de sa vie violente, chaotique et speed. Porté par l’utilisation de cordes à fort tirant, une vitesse d’exécution fulgurante et une amplification fuzzy, le son de la Gretsch Chet Atkins 6120 de Poison Ivy Rorschach vomit ce son trash complètement explosif qui se marie parfaitement à l’excentricité de son compagnon de scène. Ainsi, la musique du couple influencée au départ de Surf Music et de Rockabilly vire rapidement à un Punk Rock à la tonalité Garage qui, surtout sur scène, s’exprime sur fond de drogue, de sexe et d’agressivité. What’s inside a Girl?

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Radio Perfecto Blues – 100% Blues

Christophe Goffette Radio Perfecto BluesRécemment je souhaitais ici même la bienvenue à Radio Perfecto et ses 100% d’un Classic Rock garant d’un bon décrassage des cages à miel. Il y a peu, Fred le créateur de la boite à zique en question, a eu une illumination: faire d’une chronique nocturne et hebdomadaire consacrée au Blues un flux à temps complet. Sur ces entrefaites, PJay arrive avec son incroyable discothèque et tous deux avancent sur cette idée de second volet. Et vl’a t’y pas que débarque avec armes et bagages, Christophe Goffette. ″J’avais eu la même réflexion, quand à l’époque de Compact j’ai imaginé Crossroads comme un premier satellite consacré aux musiques roots, alors que le premier restait plus rock généraliste″[Le Goof]. Radio Perfecto Blues naît le 15 novembre 2018 et avec elle la diffusion en continu de cette musique qui vous fait sortir les bijoux de famille par les oreilles. Les King, Albert, B.B, et Freddy, The Allman Brothers band, John Mayall, Otis Rush, Robert Johnson, Muddy Waters, Nick Graventies, Eric McFadden et tous les autres qui content le Blues… Des origines à nos jours, en live ou en studio. Un travail énorme: ″C’est quand même un boulot assez dingue de renter des centaines de titres, et bientôt des milliers, non compressés, avec un son qui fait vraiment honneur à tous ces musiciens incroyables″ [Fred]. Pour le plus grand plaisir de l’auditoire [NDLR]. Merci et chapeau bas les gars! C’est pas pour rien que sur Tuned, dès sa première semaine, Radio Perfecto Blues est la seconde des radios les plus écoutées, derrière… Radio Perfecto. Blues is still alive and well et c’est sur Radio Perfecto Blues!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Robert Johnson & Tom Wilson – King of the Delta Blues Singers

Tom Wilson King of the Delta Blues Singers Vol IIMort dans des circonstances non élucidées, Robert Johnson a rejoint le Club 27 en 1938. La musique jouée par ce natif du Mississippi est bien loin des standards habituels. C’est un Blues sans fioritures aucune, juste quelques notes de guitare acoustique qui accompagnent une mélopée à la fois aiguë et éraillée. Surprenant à la première écoute, le style de l’interprète plonge l’auditeur dans l’ univers d’un Blues des origines qui clame les peines, les joies et les espoirs des esclaves noirs n’ayant pour horizon que les champs de coton du Delta. Pendant sa courte carrière Robert Johnson n’enregistre que 29 titres dont plusieurs furent repris plus tard et aujourd’hui encore par de nombreux interprètes. Parmi les plus célèbres, Cream, Led Zeppelin, The Blues Brothers, Eric Clapton, The Rolling Stones, etc… Keith Richards raconte d’ailleurs qu’en 1962, lorsqu’il entend pour la première fois un disque de Robert Johnson chez Brian Jones, il lui demande: ″Qui est-ce?″ Jones répond que c’est Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Keith insiste : ″Ok! mais qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ?″ Jones lui explique qu’il n’y a pas de second guitariste et que Johnson joue seul. Et Keith de s’exclamer: ″Wow! Ce type doit avoir deux cerveaux !″ Le travail du bluesman ayant été gravé à l’époque en 78 tours, il va sans dire que sa discographie se limite à des compilations techniquement remises au goût du jour et régulièrement rééditées. La totalité des témoignages musicaux récupérés depuis son décès sont disponibles sur double CD et coffret parus en 1990 et 1996: Robert Johnson – The Complete Recordings. Avant cela Columbia publie deux albums contenant 16 titres chacun: King of the Delta Blues Singers en 1961 et King of the Delta Blues Singers, Vol. IIen 1970. Cette dernière édition est tout à fait remarquable notamment par son covert art expressif. Figure au bas de l’image la mention: Robert Johnson first records in a makeshift studio in a San Antonio hotel room – November, 1936 (Premiers enregistrements de Robert Johnson en studio improvisé dans une chambre d’hotel à San Antonio en novembre 1936. NDLR). Le trait, les couleurs, le décor et les personnages traduisent à merveille l’ambiance des conditions spartiates des séances et la solitude de l’artiste qui joue face au mur. En un seul tableau l’auteur de cette oeuvre arrive à exprimer toute la profondeur et la désespérance de la Musique du Diable. Sur les annotations, ce travail exceptionnel est attribué à Tom Wilson. Malgré des recherches assidues, il semble impossible d’en savoir plus sur cet artiste et le seul moyen d’apprécier la splendeur de cette oeuvre dans son intégralité reste la juxtaposition du recto avec l’autre partie du dessin figurant à l’intérieur de la pochette. Dont acte!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Musique de merde – Attention danger!

Shit MusicAttention! La musique de merde multiplie les risques de lésions diverses par deux! Ecouter Vianney, Christine and the Queens, Jain ou Fréro Delavega engendre des acouphènes sévères. Se laisser aller à fredonner Bo le Lavabo, La Danse des Canards ou Le Petit Bonhomme en Mousse nuit gravement à l’entendement. Battre la mesure sur du David Guetta ou du Bob Sinclar génère des arythmies cardiaques. L’addiction à The Voice est source de troubles profonds du sommeil. Baver devant les NRJ Music Awards ou le Concours Eurovision de la chanson est révélateur de dégénérescence mentale. Kiffer Booba et Kaaris rend irrémédiablement con, c’est prouvé. Il faut le savoir: le degré d’atteinte par l’un ou l’autre de ces symptômes peut être étalonné grâce au Mètre Gims. En cas d’atteinte sévère, même le grand sorcier Gaëtan Epouloum-Kouloumba N’gué ne pourra rien pour vous. Prudence donc, la vie est trop courte pour accepter d’écouter de la musique de merde. Allez, salut bande d’enkultés, et sutout, Rock’n’roll Bordel!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Mike Doud – Physical Graffiti

Mike Doud Physical GraffitiAvant de réaliser en 1979 la pochette de l’album Breakfast in America de Supertramp, Mike Doud avait acquis ses lettres de noblesse grâce à sa contribution au cover art de Physical Graffiti, sixième opus de Led Zeppelin. En 1975en collaboration avec Peter Corriston, l’artiste conçoit une jaquette ludique représentant deux immeubles du New York’s East Village. Selon l’orientation donnée aux enveloppes intérieures du double album, des figurines apparaissent aux fenêtres découpées. Ainsi il est possible de voir passer Elizabeth Taylor, Cléopatre, Marcel Duchamp, Marlene Dietrich, Laurel & Hardy, Jerry Lee Lewis, King Kong, la Vierge Marie, ou encore le couronnement d’Elizabeth II ou le Magicien d’Oz. Peter Grant et les membres du Zep occupent aussi la place, sauf si l’on privilégie l’insert contenant les titres de l’album en lettres rouges. Evidemment, les éditions CD de Physical Graffiti nuisent grandement à la valeur artistique du visuel de l’album mais la version vinyle reste l’une des plus originales dans la discographie du dirigeable et en tous cas à l’époque la plus chère à mettre en oeuvre. L’immeuble quant à lui est toujours debout, il se situe à New York au 97 St Mark’s Place. On y va? Au sous sol il y a désormais un magasin de fringues qui a pour enseigne… Physical Graffiti!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

 

Michael Bloomfield – Super Session

Michael Bloomfield Paul Butterfield Blues BandAvant Eric Clapton, avant Jimmy Hendrix, avant Jimmy Page, Michael Bloomfield est l’un des premiers guitaristes à s’mmerger dans le Chicago Blues. En 1964, Bob Dylan ne s’y trompe pas en faisant appel à lui pour électriser l’album Highway 61 revisited. Interpellé par le talent du musicien, John Hammond qui à l’époque assiste aux enregistrements parvient à convaincre CBS de le signer. Des enregistrements ont lieu mais ne voient pas le jour, le label n’ayant aucune idée sur la façon de promouvoir un guitariste de Blues blanc. En 65 Bloomfield rejoint l’exceptionnel harmoniciste, chanteur et compositeur Paul Butterfield, pour former un groupe basé sur le son d’un blues électrique urbain mais en y apportant une approche furieusement novatrice qui séduit immédiatement le public. Malheureusement la collaboration entre les deux artistes ne dure que le temps de deux albums de The Paul Butterfield Blues Band et en 1967 le guitariste part pour fonder The Electric Flag qui oeuvre dans la même veine mais avec une connotation plus Soul via l’apport d’une section de cuivres. Mésentente et cocaïne ont raison du projet après un seul album en 1968: A Long Time Comin’. S’en suit une collaboration avec Al Kooper, rencontré lors des sessions de Highway 61 revisited, et un enregistrement mythique auquel participe également Stephen Stills: Super Session. L’artiste, qui n’accorde aucun importance à la célébrité et encore moins au star system, continue d’enregistrer sur de petits labels confidentiels et écume les scènes de San Francisco avec des groupes locaux sans grande envergure. Le 15 février 1981, Michael Bloomfield est retrouvé mort dans sa voiture victime d’une overdose d’héroïne. Il n’avait que 38 ans et il restera l’un des plus sous-estimés au sein de la confrérie des grands sorciers de la 6 cordes. Pour s’en convaincre il suffit de l’écouter faire décoller avec le BBB ce standard popularisé à une époque par Elmore James: Look over yonders wall!

Ecouter: 1966 – The Paul Butterfield Blues Band: East West. Probablement la genèse de ce qu’allait devenir le Blues Rock dans toute sa splendeur. En prime East West, titre de 13 minutes, prémices d’un Acid Rock fusionnant Blues et Jazz au cours duquel Bloomfield est tout simplement éblouissant! 1968 – Bloomfield/Kooper/Stills: Super Session. Non seulement ce disque est une tuerie mais il n’a pas pris une ride! Une osmose collaborative sans nulle autre pareille.

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Gibson – Le Retour!

Gibson LegendsEn mai dernier, criblées de dettes les guitares Gibson étaient sur le point de déposer le bilan! Quelques mois après ce coup de tonnerre sur le monde de la 6 cordes, l’orage semble s’éloigner. En effet, le fond d’investissement Kohlberg Kravis Roberts & Co (KKR pour les intimes) est sur le point de passer actionnaire majoritaire de la marque. James Curleigh, qui a déjà oeuvré en tant que redresseur d’entreprises en difficultés telles que les jeans Levi’s ou les confiseries Mars, sera le nouveau PDG de Gibson. ″En tant que musicien j’ai toujours pris soin de mes Gibson et j’éprouve le plus profond respect envers la marque et ceux qui ont choisi de lui faire confiancedéclare t’il en précisant que l’entreprise aura pour objectif de se recentrer sur son métier historique: la lutherie et la fabrication d’instruments. Allez Angus! Un coup de Mars et ça repart!

Patrick BETAILLE, novembre 2018