The Magpie Salute – High Water I

Chris Robinson Magpie SaluteVoilà quatre ans que les Black Crowes ont déposé le bilan après 25 ans de bons et loyaux services. En 2016 et dans le cadre de The Woodstock Sessions Project, Rich Robinson est sollicité pour se produire sur scène. L’ex leader des Crowes décide alors de créer un collectif incluant notamment quelques uns de ses compagnons de route. Avec pas moins de sept autres membres sur scène, Rich (Guitare et Chant), Marc Ford (Guitare) et Sven Pipien, renouent avec l’énergie bienfaitrice des beaux jours et, séduits l’enregistrement d’un album éponyme de reprises ( Crowes, Delaney & Bonnie, Pink Floyd, The Faces et Bob Marley) sorti en 2017, décident de poursuivre l’aventure. The Magpie Salute était né. Pour ce premier véritable effort studio, la formation se voit réduite au quintet incluant John Hogg au chant, et Joe Magistro aux drums. Bien évidemment, avec ses 12 titres, ce nouvel album perpétue la flamme originelle des Corbeaux Noirs. Des brûlots tels que ″Can You See″ ou ″Take It All″ et sa slide incisive sont là pour le prouver. Il convient néanmoins de ne pas s’arrêter sur cette première impression car d’autres titres convergent vers des horizons éclairés d’envolées épiques, d’accents ragtime, de pedal steel guitar, de blues et même d’une petite teinte funky. Bref par les temps qui courent High Water I passerait facilement pour un disque vintage à la con mais au milieu de la misère musicale ambiante c’est un constat plutôt rassurant. D’autant plus rassurant qu’il laisse présager un High Water II. J’attends… Avec impatience!

 

PB, août 2018

 

 

Aretha Franklin – The Queen of Soul n’est plus!

Aretha Franklin: Think!Un cancer du pancréas diagnostiqué en 2010 a eu raison de l’une des voix les plus reconnaissables du XXe siècle. Trois jours après son hospitalisation à Detroit, Aretha Louise Franklin vient de décéder à l’âge de 76 ans. Figure incontournable de la musique américaine, Aretha avait été élue ″meilleure chanteuse de tous les temps″ par le magazine Rolling Stone. Première femme à voir son nom inscrit au Rock’n’roll Hall of Fame, l’Artiste  reçoit en 2005 des mains du président Georges W. Bush la médaille de la Liberté, la plus haute distinction civile. En 2009 Barack Obama l’invite à chanter pour son investiture. Celle que l’on surnommait The Queen of Soul, était aussi une icône du féminisme engagé. En 1967, elle obtient un succès légendaire avec un titre emprunté au non moins légendaire Otis Redding: Respect!  En 1968, Aretha Franklin est classée en seconde position des personnalités afro-américaines les plus connues au monde, juste derrière Martin Luther King. La même année un autre tube devient un hymne féministe et s’inscrit dans le mouvement pour les droits civiques, qui prend alors toute son ampleur et qui vaut à la ″Lady Soul″ un rôle dans le film The Blues Brothers: Think!

PB, août 2018

Wilko Johnson – Blow your mind!

Wilko JohnsonIl y a trois ans, le monde médical donnait entre 6 et 10 mois à vivre au guitariste de Dr Feelgood. Atteint d’une tumeur cancéreuse du pancréas et refusant toute chimiothérapie, Wilko Johnson se lance en 2014 dans une mini tournée d’adieu. La même année il sort Going Back Home, un album enregistré dans l’urgence qui offre de nouvelles versions de titres appartenant à son propre répertoire. 2018, revoici la légende du pub-rock britannique, en pleine forme, avec un nouvel album et, pour la première fois depuis 30 ans, 12 nouvelles compos. Blow your mind est à l’image du stakhanoviste de la Telecaster: incisif, nerveux et efficace. Wilko sait d’où il (re) vient. Il sait aussi ce qui peut arriver à tout moment et il fait le choix de célébrer la vie avec fougue et plaisir. Norman Watt-Roy (basse) et Dylan Howe (drums), qui l’accompagnent plusieurs années, sont présents sur le disque et assurent avec énergie. Plaisir garanti donc, même si l’on peut reprocher à l’album une production une peu trop scintillante et propre.

 

PB, juillet 2018

 

 

Joan Jett – I love Rock’n’Roll!

Joan Jett & the BlackheartsClisson. Vendredi 22 juin 2018, 17 heures. Mainstage 01 du Hellfest. Joan Marie Larkin, alias Joan Jett, déboule avec ses Blackhearts. Fine silhouette, coupe courte, débardeur noir, tatouages et bracelets, musicalement elle n’a pas pris une ride. A 58 ans celle qui débute sa carrière en 1975, passant quatre ans au micro du groupe The Runaways a toujours la guitare bien pendue et le timbre vigoureux. Le parterre s’agite aux accords de Cherry Bomb et de You drive me wild des Runaways, s’enthousiasme sur Light of day (Springsteen) et s’époumone sur Crimson & Clover (Tommy James and the Shondells). Accueil chaleureux bien sûr pour des titres du cru comme Bad Reputation ou I Hate Myself for Loving You et, à mi course, ovation prévisible aux premiers accords du titre des Arrows que la pionnière du rock féminin a repris et propulsé au sommet des charts en 1982: So put another dime in the jukebox, baby, I love Rock’n’Roll″!

PB, juillet 2018

 

 

 

Malcom Brown – Rage Against the Machine

Malcom Brown Rage Against the Machine1992. Avec leur premier album, les californiens de RATM envoient du lourd, du très lourd. Musicalement d’abord, avec une fusion de rock aux influences punk, de metal et de rap funky. Politiquement ensuite. Très engagés, les thèmes abordés par le groupe tournent essentiellement autour des abus du capitalisme, des mensonges des médias et des inégalités sociales. Artistiquement enfin quand Arch de la Rocha et Tom Morello décident d’illustrer leur album avec cette terrible photo. Nous sommes en 1963 à Saïgon. Un moine bouddhiste s’immole par le feu pour protester contre les exactions du régime dictatorial sud-vietnamien soutenu à l’époque par les États-Unis. Présent sur les lieux, le photographe américain Malcom Brown shoote la scène pour le compte de Associated Press. L’un des clichés de la série lui vaudra d’ailleurs le prix Pulitzer et Rage Against the Machine, l’album, restera sans doute l’un des covers les plus bouleversants de l’histoire du Rock. La même photo avec un cadrage plus large sera reprise pour l’édition 20th Anniversary du disque.

PB, juillet 2018

Fender – The Tim Armstrong Hellcat

 

Tim Armstrong HellcatGuitariste et chanteur des groupes punk américains Rancid et The Transplants, Timothy Lockwood Armstrong est aussi le gérant d’un label indépendant spécialisé dans le punk, le psychobilly et le hardcore: Hellcat Records. Sollicité par Fender, Tim Armstrong a donné à son acoustique un caractère et un style modernes en reprenant le logo du chat hargneux ″Hellcat″ de son label pour décorer en version nacrée les frettes 3, 5 et 7. La 12ème elle, est ornée de deux têtes de mort. La teinte brune de la table massive en acajou prédomine comme sur la Fender des années 60 que le guitariste utilise pour composer. Récemment relookée, la Fender Tim Armstrong Hellcat existe en plusieurs versions et coloris; on peut citer également la présence d’un pré-ampli Fender à accordeur intégré. Plus d’infos: Thomann.

 

 

Buddy Guy – Blues is still alive and well

The Blues is still alive and wellTout est dans le titre! Avec ce nouvel album Buddy Guy prouve, si besoin en était, qu’il est bien une légende vivante, le seul survivant de tous les géants du Blues depuis la mort de B.B. King en 2015. Déjà en 2010 dans Living Proof  il ouvrait en proclamant qu’il était ″74 years young″. aujourd’hui, à 81 ans  il dit simplement: ″a few good years is all I need right now″ (quelques bonnes années, c’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment). Sur la pochette de Blues is still alive and well Buddy, tout sourire, pose avec sa Telecaster à pois devant le panneau de Lettsworth, sa ville natale en Louisiane. En arrière plan, une bicoque délabrée qui n’est pas sans rappeler celle McKinley Morganfield, alias Muddy Waters. Le décor est planté. L’ami Guy se sort les tripes, vocifère et distille des chorus ravageurs comme si sa vie en dépendait. 15 titres, plus d’une heure d’une musique qui nous rassure sur l’état de santé du Blues même si ici il est souvent question de vie et de mort. Étonnant! Étonnant et surprenant aussi. Sur ″You Did The CrimeMick Jagger joue de l’harmonica; vous ai-je dit que que Mick le lippu est un putain d’ harmoniciste? Non? Ben je vous le dit! Le troisième titre nous offre une tuerie au cours de laquelle Keith Richards et Jeff Beck, éternels disciples consciencieux, font parler la poudre: Cognac!

PB, juillet 2018