Mick Taylor – I Wonder Why!

Mick Taylor Rolling StonesCela ne semble pas trop réussir aux guitaristes de fréquenter Keith Richard et les Rolling Stones. Mick Taylor, l’un des plus fins instrumentiste de la fin des 60’s, connut la même déchéance que son prédécesseur Brian Jones, la piscine en moins. Le jeune blondinet au phrasé limpide, mélodiste inspiré et accompagnateur efficace, avait été découvert par John Mayall qui l’avait accueilli au sein des Bluesbreakers. Embauché en juin 1969 par les Stones, il s’impose rapidement comme le meilleur soliste qu’ils aient jamais eu. Let It Bleed en 69, Get Yer Ya Ya’s Out en 70,  Sticky Fingers en 71, Exile on Main St en 72, Goats Head Soup en 73 et It’s Only Rock’n’Roll en 74 doivent leur succès en grande partie au jeu d’un Mick Taylor qui n’est même pas crédité sur les albums. La place épuise, et, miné par la pression du succès, les drogues, et les rancœurs engendrées par le comportement de Mick et Keith à son égard, il quitte le groupe en 1974. Entre déprimes, come back foireux (Jack Bruce, Gong) et contributions diverses (Little Feat, Mike Oldfield) Mick se cherche et sort en 1979 un premier album solo qui surprend par son approche jazzy et étonne par son manque de direction. Il faudra attendre 11 années pour écouter son second album solo. Enregistré en public, Stranger in this town est un vrai disque de Blues Rock qui reste à ce jour le plus représentatif de la finesse et du talent du guitariste. Malheureusement, mal distribuée, la galette n’apporte pas le succès escompté et par la suite la production de Mick Taylor se cantonnera à quelques témoignages mineurs sur son travail de session man ou de contributeur à des projets divers (Joe Houston, Carla Olson, Snowy White, etc…). Quel gâchis finalement! Tout ça à cause de quatre années passées chez les pierres qui roulent. I wonder why!

PB, avril 2018

 

Sari Schorr – A Force Of Nature

Sari Schorr & The Engine RoomAncienne choriste Joe Louis Walker et de Poppa Chubby, Sari Schorr décide en 2015 de voler de ses propres ailes en participant au ″Keeping The Blues Alive festival″. Mike Vernon est dans la salle. Celui là même qui en son temps a crée le label Blue Horizon et produit Clapton, Mayall, Peter Green et Ten Years After tombe littéralement sous le charme et propose à la new-yorkaise de produire son premier album. D’emblée le ton est donné avec un Ain’t Got No Money porté par la voix puissante et profonde de la diva et les riffs intenses d’ Innes Sibun. Connu pour avoir joué avec Robert Plant et ouvert pour Johnny Winter, Taj Mahal, Walter Trout, ou encore Nine Below Zero, le guitariste amène avec lui le groupe Engine Room qui, avec une efficacité redoutable, offre un régal de complicité et de cohésion tout au long de l’album. A Force of Nature avec un son dense, une rythmique massive et une production brute, tape, à deux exceptions près, dans le registre du Blues Rock couillu et c’est bien entendu la personnalité vocale de Sari Schorr qui par son énergie et son feeling drive l’ensemble des douze titres. Quand la brune enflamme ses cordes vocales elle prend des accents de Tina Turner, de Janis Joplin ou, plus près de nous, de Beth Hart. Pour se convaincre qu’il se passe enfin quelque chose au royaume du Blues il suffit de se laisser porter par la version sombre, moderne et très personnelle d’un chant traditionnel immortalisé en son temps par Leadbelly  puis par Ram Jam dans sa version la plus rock: Black Betty!

PB, avril 2018

Higelin – Grand Jacques est parti!

Décès de Jacques HigelinLa voix de Jacques s’est tue le 06 avril 2018. Celle des Higelin continuera à résonner avec ses enfants Kên, Izia, Arthur H et ses chansons, elles, ne mourront jamais.

″… Ta valise est vide, ton habit de lumière repose sur la chaise. Plus léger que la neige tu n’emportes qu’un rire, une larme, un soupir, un cœur qui s’apaise…″ [Arthur H, Le passage]

 

Little Bob Story – High Times 76-78

Coffret compilation Little Bob StoryQuoiqu’on en pense et quoi qu’on en dise l’histoire du rock’n’roll made in France ne se limite pas à Jojo Smett, Téléphone ou Trust. Non! le rock’n’roll made in France a aussi une légende: Roberto Piazza, alias Little Bob. Le premier groupe de Ti’ Bob’ le havrais, Little Bob Story, a déboulé sur l’hexagone avec son rock high energy dans les années 70. Entre Pub-Rock et punk Rock, le gang s’est peu à peu taillé une solide réputation, y compris en jouant à de multiples reprises en tête d’affiche en Angleterre. Little Bob a toujours bénéficié d’une grande reconnaissance de ses pairs: Clash, Sex Pistols et autres Jam ne manquaient pas de venir les voir se produire sur scène. Même Lemmy y est allé de sa contribution en prêtant sa voix sur l’introduction de Ringolevio: ″Listen up sons of bitches, Little Bob’s gonna tell you a story!″ [Ecoutez enfoirés, Little Bob va vous raconter une histoire!]. Voici donc un  hommage qui tombe à pic avec cette initiative de la part de Veryrcord qui publie High Time 76-88, une compilation double CD & DVD regroupant 19 titres tirés des 7 albums studios, une démo, un inédit, ainsi que 13 titres live enregistrés entre 1979 et 1988. Sur le DVD, l’excellent documentaire ″Rockin’ Class Hero″ dans lequel Eric Burdon (Animals), Glen Matlock (Sex Pistols), Manu Chao, Serge Teyssot-Gay (Noir Désir) viennent témoigner de leur profonde admiration pour Little Bob. Qu’on se le dise!

PB, avril 2018

Supertramp – Indelibly Stamped

Marian Hollier Indelibly StampedChangement de cap en 1971 pour Supertramp. Trois nouveaux musiciens rejoignent Roger Hodgson et Rick Davies. Le Prog Rock mélodique de l’ éponyme premier LP laisse la place à un Blues Rock quelque peu lourdaud et une Pop mainstream qui déçoivent les fans de la première époque. Dès sa sortie aux États Unis le disque est censuré à cause de la pochette. Pour l’illustration de l’album, Marian Hollier a été payée 45£ pour le gros plan de sa poitrine tatouée. ″Dieu sait pourquoi nous avons appelé l’album Indelibly stamped  ou pourquoi nous avons mis cette femme nue tatouée sur la pochette. Un copain de Rick a eu l’idée de la photo et nous avons dit: Pourquoi pas?!″ [R. Hodgson]. A&M Records publiera une version édulcorée du cover art mais commercialement l’échec est au rendez vous et plonge la formation anglaise dans l’incertitude quant à son devenir.

PB, mars 2018

Gary Burden – Under the covers

Gary Burden albums cover art
Dessinateur, photographe, concepteur graphique, cet américain est connu et reconnu pour avoir réalisé les artworks d’albums emblématiques tels que ″Morrison Hotel″ des Doors, ″Blue″ de Joni Mitchell, ″Déjà Vu″ de Crosby Stills Nash & Young et plus de 40 albums de Neil Young, dont ″Tonight’s the Night″ et ″After the Gold Rush″. Considéré comme l’un des pionniers du Cover Art, l’artiste a également œuvré entre autres pour les Eagles, Steppenwolf, America, Jackson Brown, Poco et les Birds. En 2010, Burden et son épouse Jenice Heo ont reçu un Grammy Award pour le packaging de ″Neil Young Archives Vol.1″. Gary Burden est décédé le 7 mars à Los Angeles, il avait 84 ans.
PB, mars 2018

Vinyles – Haute Fidélité!

Bibliothèque vinyles 33 tours

Vous avez succombé à la folie mercantile du 33 tours. Vous appréciez la chaleur du son du microsillon. Vous avez découvert sur les jaquettes le plaisir de voir ce que vous entendez. Vous avez choisi votre platine, vous l’avez réglée. Vous voilà prêt pour un bon décrassage des cages à miel. Avant tout, si vous voulez renouveler et prolonger le plaisir dans le temps, il faut considérer que l’objet est fragile et qu’il mérite une attention particulière. La manipulation doit se faire en prenant soin de ne pas poser les doigts sur la surface gravée. Le vinyle n’aime pas la poussière qu’il attire comme un aimant. Pour remédier à ce phénomène, investir dans des pochettes intérieures anti-statiques est LA solution. Il faut aussi prendre le temps de dépoussiérer le LP à l’aide d’une brosse souple, avant et après l’écoute. Le packaging doit être lui aussi manipulé avec soin et surtout protégé grâce à des enveloppes souples en polyéthylène transparent. Votre collection commence à prendre de l’ importance et vous devez faire face à un nouveau problème: le rangement. Lorsqu’il s’agit de classer ses galettes, il n’y a pas de règle précise. Vous pouvez procéder comme bon vous semble; par ordre alphabétique, par artiste, par genre ou par label. En revanche, pour les ranger dans de bonnes conditions une règle s’impose: le stockage de vos  ″Précieux″ doit absolument se faire à la verticale, dans une pièce exempte d’humidité, chauffée mais pas trop. Protégés de la lumière directe du soleil, qu’ils soient conservés dans une bibliothèque ou dans des bacs façon disquaire, il faut aussi veiller à ce que la quantité de 33 tours soit suffisante; ainsi, légèrement compressés mais pas trop, les disques ne subiront aucune déformation. Bienvenue dans le monde de la collectionnite aiguë, de la recherche compulsive et du classement obsessionnel. L’occasion peut être de découvrir  ″High Fidelity″ une comédie sympathique de Stephen Frears dans laquelle John Cusack joue le rôle d’un disquaire de Chicago qui tient une boutique fréquentée par des amateurs d’albums rares et ésotériques des années soixante et soixante-dix.

PB, mars 2018