Rush – Décès de Niel Peart

Rush: Décès de Neal PeartEn 1974, Niel Peart rejoint le groupe Rush pour remplacer John Rutsey aux drums. Passant du hard rock à la musique électronique tout en exploitant une veine progressive marquée par des titres conceptuels, la formation canadienne acquiert rapidement une belle notoriété, notamment grâce à ses orchestrations dynamiques et alambiquées. Dès son arrivée, Niel Peart apporte des structures rythmiques précises et inspirées sur lesquelles, en tant que désormais parolier du groupe, il ajoute des textes imprégnés d’ histoire, de fantasy et de science fiction, thèmes de rigueur dans le rock progressif. A la fin des années 90 le groupe fait une pause de cinq ans. En effet, Neil Peart anéanti par des drames personnels part pour un long voyage à moto au cours duquel il parcourt l’Amérique du Nord en long et en large, totalisant environ 90 000 km au guidon d’une BMW R 1100 GS. Le batteur reprend du service en 2001. Plus inventif et virtuose que jamais, il restera derrière les fûts de Rush jusqu’en janvier 2018, date à laquelle le groupe cesse toute activité. Peart décède le 7 janvier 2020 des suites d’un cancer du cerveau. ″Aujourd’hui, le monde a perdu un vrai géant de l’histoire du rock’n’roll. Sa puissance, sa précision et sa composition étaient incomparablesOn le surnommait Le Professeur pour une raison : nous avons tous appris de lui.″ (Dave Grohl).

Ecouter: A partir de 1976, rien à jeter dans la discographie de Rush mais s’il fallait  choisir: Permanent Waves (1980) et Moving Pictures (1981): les meilleurs du groupe et en tous cas parmi les disques les plus aboutis des eighties.

Patrick BETAILLE, janvier 2020

 

La Discothèque Idéale 2019

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Airbourne Boneshaker: Rock'n'Roll for Life The Who: Nouvel album 2019Miles davis Rubberband

Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2019 n’ait pas fait preuve de générosité du côté de ce qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Rival Sons nouvel album Kenny Wayne Shepherd Band Manu Lanvin Grand Casino

Patrick BETAILLE, décembre 2019

Airbourne – Boneshaker

Airbourne Boneshaker: Rock'n'Roll for LifeCinquième album studio pour Aibourne. Sorti au moins d’octobre 2019, Boneshaker joue la carte de l’efficacité: 10 titres, 30 minutes captées en condition live, sans  fioritures ni ronds de jambes! Concis, authentique, accrocheur et teigneux , le message de l’album est clair: Vite fait, bien fait, on va vous en mettre plein le tronche et vous allez aimer ça! Pourtant une fois de plus le nouvel opus des australiens va opposer frontalement les adeptes d’originalité aux amateurs d’un genre qu’ Angus et sa bande ont pour ainsi dire inventé. Difficile en effet de ne pas entendre du Whole Lotta Rosie dans Blood In The Water ou encore du Let There Be Rock dans Rock’n’Roll For Life. Pas taper, pas les habits, pas les lunettes! ACDC peut se rassurer et profiter d’un repos bien mérité: la relève est assurée! Même si la filiation est certes évidente Boneshaker reste un superbe témoignage d’un hard rock à l’efficacité redoutable et il ne faut pas bouder son plaisir devant tant d’honnêteté et d’énergie.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

 

Abilene – Take no Prisoners

Nouvel Album AbileneLe moins que l’on puisse dire c’est que Didier Céré n’est pas en peine lorsqu’il s’agit de partager sa passion pour le rock high energy. Auteur-compositeur, adaptateur avisé, en solo ou au cœur de formations qui écument les scènes de France, de Navarre et d’ailleurs, il contribue sans conteste à ce qui ce fait de mieux dans l’hexagone en terme de country music et southern rock. De shows en festivals, après 40 ans passés sur les routes, le chanteur guitariste est de retour avec un nouveau skud pour lequel il a fait appel aux fines gâchettes qui sévissaient dans le Sud-Ouest des années 80: Abilène! Ils sont là; Jean Pierre Medou et Jean Michel Calleja aux guitares – Daniel Quenard aux Drums avec en renfort Pascal Davant à la basse. Ils sont là; comme au bon vieux temps, quand ils ouvraient pour Dr Feelgood, Inmates, Ozark Moutnain Daredevils ou Little Bob et ils n’ont rien perdu de leur énergie. Dix titres qui déboulent comme un gros twin sur la route 66. C’est du brut de décoffrage, bougrement efficace et Didier Céré n’a pas son pareil quand il s’agit d’offrir toute la puissance de sa voix au rock’n’roll survitaminé qu’il affectionne et auquel la formation paloise rend ici hommage. Attention! Take no Prisonners Rock’n’Roll est un paquet de dynamite qui va vous péter à la gueule et vous propulser au sein d’un revival où Cochran, Setzer, Slade, Motorhead et Georgia Satelittes régnaient en maîtres pendant que The Gun faisait la course avec le Diable. Sortie officielle de cet excellent album en janvier. Pour écouter des extraits c’est Ici! Toutes infos et commande c’est ! Allez y sinon c’est la privation de Jack Daniels et le goudron et les plumes qui vous attendent!

Tracklist: Le rade des zombies 3:31- Summertime blues 3:10 – Malaise à Nogales 3:52 – Cum on feel the noize 3:52 – Race with the Devil 3:01 – Bomber 3:57 – Sergio my hero 4:07 – Red hot 3:31 – Gudby T’Jane 3:47 – Keep your hands to yourself 3:21.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

The Who – Who

The Who: Nouvel album 2019Treize années se sont écoulées depuis Endless Wire, la dernière production studio de ce qu’il reste des Who. Treize années durant lesquelles Roger Daltrey et Pete Townsend se sont consacrés à l’écriture de bouquins, à la réalisation de disques solos et bien sûr à quelques tournées communes en mode best-of nostalgique. La parution de cette douzième production studio semble attester du fait que, même conscients d’être dans la dernière ligne droite, les frères ennemis veulent prouver qu’ils ont envie de renouer avec un genre qu’ils ont pour ainsi dire inventé. Onze nouvelles compositions qui bien évidemment lorgnent du côté du passé sans se démarquer d’un classicisme sur lequel les Who ont au fil des ans consolidé leur réputation. Même si à l’écoute les ambiances rappellent incontestablement la période Who’s Next et Quadrophenia (qui s’en plaindrait?) Who ne consiste pourtant pas en une resucée de vielles recettes éculées. Le chant de Daltrey a gagné en émotion ce qu’il a perdu en aigus et l’écriture de Townsend, toujours aussi aigri et engagé, s’appuie sur des compositions musicales qui n’ont rien perdu de leur finesse. ″Who gives a fuck?″, ″Qu’est-ce qu’on en a à battre?″ C’est ce que déclare le guitariste en ajoutant: ″Quand on a soixante-quatorze ans, franchement, qu’est-ce que ça peut bien vous foutre que le rock soit mort ? Être en vie, ça, oui, ça compte, et préserver la flamme avec son public, c’est quelque chose de délicat″. Quoiqu’il en soit il y a dans ce nouvel album de quoi rameuter les vieux fans et probablement en fédérer de nouveaux.

Patrick BETAILLE, décembre 2019

 

 

Miles Davis – Rubberband

Miles davis album posthume28 ans après la disparition de Miles Davis, le label Rhino fait les fonds de tiroirs et sort un album posthume du génial et visionnaire trompettiste. A n’en pas douter ce Rubberland doit être aux amateurs de jazz ce que le monstre du Loch Ness est aux écossais: une apparition toujours espérée mais jamais constatée. Les onze titres Rubberband nous arrivent finalement d’outre-tombe grâce à l’initiative de Vince Wilburn neveu de l’artiste et producteur des derniers enregistrements du tonton. Les sessions se situent entre octobre 1985 et janvier 1986, donc entre You’re under Arrest et Tutu. A n’en pas douter, les adeptes de Kind of blue, In a silent way, ou de Sketches of Spain ne vont pas y trouver leur compte tant l’ensemble de ces inédits sonne très années 80 avec à la clef une forte présence des claviers. Rubberband est funk, électrique, plus vocal que d’ordinaire et les effets électroniques sont très présents. En 1982 l’artiste avait été victime d’une attaque paralysant partiellement sa main droite et entraînant donc des difficultés à jouer. Ceci expliquant peut être cela. Quoiqu’il en soit,  un inédit du grand Miles, même posthume, ça ne se refuse pas. Au fait Davis est il vraiment mort?

Patrick BETAILLE, octobre 2019

 

.38 Special – Décès de Larry Junstrom

Décès de Larry Junstrom Lynyrd SkynyrdQuand on évoque Lynyrd Skynyrd et, entre autres musiciens son bassiste, le premier nom qui vient à l’esprit c’est Leon Wlikeson. Pourtant avant lui et jusqu’en 1971 c’est  Larry Junstrom qui tenait le manche de la 4 cordes au sein du combo de rock sudiste à la formation duquel il avait contribué et qu’il avait ensuite quitté avant l’enregistrement de leur premier album. En 1977 il rejoint 38 Spécial et y restera jusqu’en 2014. Larry Junstrom est décédé le 7 octobre, il avait 70 ans.

Patrick BETAILLE, octobre 2019

Ginger Baker – Dernier coup de Cymbale

Décès de Ginger bakerAu cours de années 60-70 le tempo du rock était donné par de grands batteurs qui par leur style et leur talent ont élevé la rythmique au rang de grand art. Parmi eux l’histoire retiendra le flegmatique Charlie Watts, impassible derrière le sautillant Mick Jagger, Mitch Mitchell, ce Picasso de la baguette seul capable de comprendre et donc d’ accompagner les Expériences novatrices de Jim Hendrix, et enfin Ginger Baker. Tous trois avaient une attirance pour le jazz. C’est probablement en ce sens qu’ils ont pu apporter au rock une forme de sophistication bienfaitrice. La légende, Ginger Baker y entre en rejoignant Eric Clapton et Jack Bruce pour former Cream, célèbre power trio qui, avec seulement 2 ans d’existence, a définitivement marqué l’histoire du rock. Après la dissolution du groupe rongé par la dope et les problèmes d’ego, ce batteur inventif et explosif mais aussi caractériel et junkie impénitent, n’a de cesse d’afficher son mépris pour le rock, son public, et les autres batteurs qu’il a influencé, y compris John Bonham ou Keith Moon qui d’après ses propres mots ″ne savent pas swinguer″. Gravement malade, Ginger Baker est décédé à l’hôpital le 6 octobre 2019.

Patrick BETAILLE, octobre 2019

Barrie Master – End of the Line

Décès de Barrie MasterFondé en 1975, Eddie and the Hot Rods a toujours été considéré  comme la pierre angulaire de la scène punk naissante de l’époque. Les concerts de la formation de Canvey Island faisaient sensation chez eux, en Angleterre, mais aussi à Paris où ils se produisaient régulièrement. Leur rhythm’n’blues vitaminé alors essentiellement fait de reprises de standards n’avait certes pas la précision ni la puissance de celui de Doctor Feelgood, leurs aînés et modèles venus eux aussi de Canvey Island, mais leur énergie était l’un de leurs principaux attraits. A la tête du quintet son fondateur, Barrie Masters, un chanteur qui se dépensait sans compter pour une musique basique destinée à procurer du bon temps à un public populaire: le pub rock. Un premier EP, Live at the Marquee, publié à l’automne 1976 reste le témoin de débuts prometteurs, enchaînant à cent à l’heure Satisfaction, Gloria, 96 Tears et Get out of Denver. Vient ensuite le temps des compos et d’un premier LP et son hymne rebelle duquel est tiré le titre de l’album: Teenage Depression. Deux albums de qualité moindre suivent, les tournées se succèdent mais l’inspiration n’est plus là. Le groupe se sépare et se réunit plusieurs fois et Barrie demeure le seul membre constant d’une formation qui cette année encore était sur les routes. Mais aujourd’hui tout est fini. Le 2 octobre 2019, Barrie Masters est parti rejoindre Lee Brilleaux  à l’âge de 63 ans.

Patrick BETAILLE, octobre 2019

 

 

Peter Rowen – Le Boy de U2

Boy U2. Photo Hugo McGuinessEn février 1980, managés par Paul McGuiness les membres de U2 entrent en studio. Pendant sept mois et  sous la houlette de Steve Lilywhite, ils mettent au point les 11 titres de leur premier LP, Boy. Sur la pochette de l’album, la photo en noir et blanc du visage d’un jeune enfant aux yeux emplis d’un mélange de tristesse et de crainte. L’enfant s’appelle Peter Rowen, frère cadet de Derek Rowen, un artiste avant-gardiste, musicien membre des Virgin Prunes et aussi ami de longue date de The Edge et de Bono qui déclarait à l’époque: ″J’ai l’image de la pochette en tête depuis deux ans. Elle exprime beaucoup de choses pour moi. Écouter l’album en tenant la pochette, c’est merveilleux!″. Publié sur Island Records, le disque sort en octobre 1980 au Royaume-Uni et en Irlande. Cinq mois supplémentaires seront nécessaire pour que Boy arrive sur le marché U.S. En effets, les Etats Unis et le Canada craignent que la photo soit perçue en tant qu’incitation à la pédophilie (ça ne s’invente pas!). La photo prise par Hugo McGuiness se voit donc censurée et remplacée par un patchwork – soit disant artistique – de clichés des quatre musiciens irlandais. Trois plus tard l’enfant a grandi. Yeux cernés, lèvre tuméfiée et expression colérique illustrent War, le troisième album de la bande à Bono incluant le fameux Sunday Bloody Sunday. Après avoir abandonné l’école à 15 ans et fait de la figuration dans le film d’Alan Parker The Commitments, Peter Rowen deviendra… photographe.

Patrick BETAILLE, septembre 2019