La Cène – The Last Rock Supper

De gauche à droite: Bob Marley, Freddie Mercury, James Brown, Johnny Cash, Sid Vicious,  Janis Joplin, Elvis Presley, John Lennon, Kurt Cobain, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Jerry Garcia et Frank Zappa.
Last Rock Supper
De par leur notoriété, certaines œuvres de la culture occidentale font régulièrement l’objet de reprises constantes dans la culture contemporaine, notamment au travers de copies, parodies, mises en scène et autres détournements. C’est le cas de La Cène peinte par Léonard de Vinci en 1495-1497. Dans cette interprétation pour le moins inattendue on retrouve le gotha de célébrités aujourd’hui disparues après avoir écrit quelques unes des plus belles pages de l’histoire du Rock. Personnage principal, c’est bien sûr le King Elvis qui préside ici The Last Rock Supper. L’on peut noter aussi que le rôle de Judas est tenu par Johnny Cash et que l’apôtre Pierre se retrouve dans la peau de Sid Vicious. Marie Madeleine, elle, devient hilare sous les traits d’une Janis Joplin probablement bourrée. En bout de table siège Simon, le comique de circonstance qui se retrouve sublimé en Frank Zappa à poil sur une cuvette de WC. A noter également les murs tapissés d’affiches de concerts de Muddy Waters, Jefferson Airplane et Grateful Dead. ″Mais alors nom de Dieu de bordel de merde!! Y’a donc rien de sacré pour vous!?!″ (Hamster Jovial).

Patrick BETAILLE, août 2019

Jeremy Worst – Pin-Up & Jack Daniel’s

Jeremy Worst paintingsLe Tennessee Whiskey et sa bouteille carrée estampillée de l’emblématique étiquette noire semble définitivement associé à l’histoire du rock et de ses excès. Les Stones, Led Zep, Motörhead, Van Halen, Guns N’ Roses, entre autres, ont été parmi les plus efficaces promoteurs bénévoles du Jack Daniel’s, synonyme pour eux d’authenticité et de désinhibition; la preuve en images: When the Old No.7 rocks! Le monde de l’Art trouve parfois lui aussi son inspiration dans le bourbon de Lynchburg. Certains artistes affichent clairement leur appétence dans leurs compositions picturales, allant même jusqu’à associer les charmes de la dive bouteille à ceux, évidents, de pulpeuses créatures. C’est le cas de Jeremy Worst!

Patrick BETAILLE, juillet 2019

René Magritte – De Jeff Beck à Pink Floyd

Magritte Records CoversLes grands peintres ont souvent été source d’inspiration chez les concepteurs et créateurs de pochettes de disques et René Magritte reste probablement l’artiste qui a été le plus emprunté. Il faut dire que les toiles de l’artiste belge se prêtent admirablement à l’expression d’une approche esthétique au sein de laquelle domine un surréalisme source de questionnements et d’errances intellectuelles. Le cas le plus flagrant reste l’album du Jeff Beck Group qui pour son deuxième album Beck-Ola paru en 1969, s’approprie carrément La Chambre D’écoute peinte par Magritte en 1958. Le Beau monde, un autre tableau réalisé en 1962, est lui repris sur le Finnegans Wake de Tangerine Dream. Quant à Golconde, une toile datant de 1953, elle est reprise et adaptée pour la jaquette du premier opus éponyme de Dreams, un groupe de Jazz Rock éphémère incluant Michael Brecker et Billy Cobham.

En 1977 c’est au tour de Styx de pasticher le surréaliste en utilisant Le Blanc-Seing de 1965 pour l’album, le septième, qui lui ouvre les portes du succès: The Grand Illusion. Les emprunts au peintre belge sont parfois plus subtils mais tout aussi intéressants. C’est le cas de la pochette de Late For The Sky de Jackson Browne inspirée de L’empire Des Lumières daté de 1954. Enfin, il y a ce personnage typique de la peinture magritienne objet notamment du Fils de l’homme un autoportrait de 1964 et, la même année, de L’homme au Chapeau Melon. Mis en cène par Storm Thorgerson pour le compte du collectif Hypgnosis, l’homme en costume noir et chapeau melon est présent en 1978 sur l’album de Rush, Hemisphères et sur le Wish You Were Here de Pink Floyd dans la version coffret collector remastérisé de 2011. Sur ce dernier la mention ″Ceci n’est pas une boite″ fait évidemment référence à une huile de 1929 intitulée Ceci n’est pas une Pipe.

Patrick BETAILLE, juillet 2019

Thoma Vuille – M. CHAT

Street Art Thoma Vuille: M.ChatEn 1997 à Orléans, lors d’un atelier de création artistique pour enfants, l’artiste franco-suisse Thoma Vuille adopte le félin imaginé par une petite fille et le décline d’abord sur les murs de la ville puis, très vite, lui fait découvrir toute la France. Après quelques soucis juridiques, le sympathique greffier investit peu à peu murs et toits pour finir par s’imposer en tant qu’étendard urbain de joie et d’optimisme. Depuis plus de 20 ans il est très fréquent de croiser Monsieur Chat dans les rues ou au détour de stations de Métro de la capitale. Il arrive aussi au gros matou jaune de se balader à Rennes, Nantes, Tours, l’Île de Ré ou La Rochelle, arborant fièrement son large sourire aux dents blanches. Espiègle témoin de la vie des quartiers, cette vedette du Street Art se promène en toute liberté dans des lieux souvent inaccessibles, allant même jusqu’à offrir sa mimique communicative et ses allures cartoonesques aux habitants de New York, Hong Kong, Séoul, ou Dakar. Pour une rencontre avec Thoma Vuille c’est ici: Monsieur Chat.

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Robert Johnson & Tom Wilson – King of the Delta Blues Singers

Tom Wilson King of the Delta Blues Singers Vol IIMort dans des circonstances non élucidées, Robert Johnson a rejoint le Club 27 en 1938. La musique jouée par ce natif du Mississippi est bien loin des standards habituels. C’est un Blues sans fioritures aucune, juste quelques notes de guitare acoustique qui accompagnent une mélopée à la fois aiguë et éraillée. Surprenant à la première écoute, le style de l’interprète plonge l’auditeur dans l’ univers d’un Blues des origines qui clame les peines, les joies et les espoirs des esclaves noirs n’ayant pour horizon que les champs de coton du Delta. Pendant sa courte carrière Robert Johnson n’enregistre que 29 titres dont plusieurs furent repris plus tard et aujourd’hui encore par de nombreux interprètes. Parmi les plus célèbres, Cream, Led Zeppelin, The Blues Brothers, Eric Clapton, The Rolling Stones, etc… Keith Richards raconte d’ailleurs qu’en 1962, lorsqu’il entend pour la première fois un disque de Robert Johnson chez Brian Jones, il lui demande: ″Qui est-ce?″ Jones répond que c’est Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Keith insiste : ″Ok! mais qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ?″ Jones lui explique qu’il n’y a pas de second guitariste et que Johnson joue seul. Et Keith de s’exclamer: ″Wow! Ce type doit avoir deux cerveaux !″ Le travail du bluesman ayant été gravé à l’époque en 78 tours, il va sans dire que sa discographie se limite à des compilations techniquement remises au goût du jour et régulièrement rééditées. La totalité des témoignages musicaux récupérés depuis son décès sont disponibles sur double CD et coffret parus en 1990 et 1996: Robert Johnson – The Complete Recordings. Avant cela Columbia publie deux albums contenant 16 titres chacun: King of the Delta Blues Singers en 1961 et King of the Delta Blues Singers, Vol. IIen 1970. Cette dernière édition est tout à fait remarquable notamment par son covert art expressif. Figure au bas de l’image la mention: Robert Johnson first records in a makeshift studio in a San Antonio hotel room – November, 1936 (Premiers enregistrements de Robert Johnson en studio improvisé dans une chambre d’hotel à San Antonio en novembre 1936. NDLR). Le trait, les couleurs, le décor et les personnages traduisent à merveille l’ambiance des conditions spartiates des séances et la solitude de l’artiste qui joue face au mur. En un seul tableau l’auteur de cette oeuvre arrive à exprimer toute la profondeur et la désespérance de la Musique du Diable. Sur les annotations, ce travail exceptionnel est attribué à Tom Wilson. Malgré des recherches assidues, il semble impossible d’en savoir plus sur cet artiste et le seul moyen d’apprécier la splendeur de cette oeuvre dans son intégralité reste la juxtaposition du recto avec l’autre partie du dessin figurant à l’intérieur de la pochette. Dont acte!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Dante Orpilla – She only loves you when she’s drunk!

Artwork Dante Orpilla

Ses amis l’appelaient ″Youngluck″ (chanceux). Fils de père philippin et de mère métisse, Orpilla a grandi dans les mauvais quartiers d’Oakland. A l’âge de 17 ans, lors d’une fusillade il est blessé à la nuque et à 21 ans il prend une balle dans le bras au cours d’une bagarre. En 2006, sa petite amie rompt et disparaît avec son fils de 3 ans, Orion. Déprimé, ″Lucky″ sombre dans la paranoïa et la drogue.Plus tard, se fait piéger et arrêter en possession de 110.000 dollars destinés à l’achat de 7 Kg de cocaïne. Incarcéré dans un pénitencier fédéral, il purge une peine de trois ans assortie d’une détention à domicile sous contrôle judiciaire. De tout temps Dante été doué pour le dessin mais c’est lors de son séjour en prison qu’ il développe son art, un peu par hasardUn jour en effet, il renverse du café sur une feuille de papier et réalise que la teinte brunâtre donne naissance à des taches qu’il trouve éloquentes. Sa boisson du matin se transforme bientôt en aquarelles. De fil en aiguille, d’échanges de courriers en publications de blog, il acquiert une notoriété et son statut d’artiste reconnu se confirme. Aujourd’hui l’artiste, toujours en liberté conditionnelle, gère son Project Stane pour venir en aide aux enfants en difficulté et persiste dans l’expression de son talent. Comme en témoigne cette peinture intitulée ″She only loves you when she’s drunk″Dante Orpilla  produit des œuvres à l’image de son parcours: sombres, tourmentées, d’une fulgurance et d’une expressivité étonnantes. A voir sur OneUglyBastard

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Jean Paul Pagnon – Blues & Jazz entoilés

J.P Pagnon Muddy WatersDu Delta du Mississippi à Chicago,  des ruelles de la Nouvelle-Orléans aux quartiers de New-York, l’univers de ce peintre français héberge chanteuses et musiciens, micros, guitares et cuivres dans des univers qui ont la chaleur d’une tasse de café qui fume, la rondeur d’une volute de cigare de La Havane et la moiteur d’un été en Louisiane. Jean-Paul Pagnon donne des couleurs à ce rêve américain, et met en images l’éternelle bande-son du Jazz et du Blues. Infos et galeries: Art Paintings J.P Pagnon.

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Jean Claude Legros – Blues Attic

 

Jean Claude Legros Blues AtticJ’avais 16 ans. Un copain de lycée m’avait revendu deux 45 tours: ″Democrat Man de J.L Hooker″ et ″Louise Blues″ de B.B Broonzy sur lesquels la majorité des titres était jouée sans autre accompagnement que la guitare du chanteur. La même année, les Kingsmen sortaient un ″Louie Louie″ autrement plus bruyant et là j’ai craqué sur les guitares électriques. Puis les Beatles et les Stones ont scellé l’affaire et le Rock l’a emporté haut la main… Puis vinrent mes années jazz. Miles Davis, Thelonious Monk, Count Basie, Coltrane … J’ai tout dévoré. Avec une attirance pour les notes bleues….C’est à la fin des années 80 que le Blues est revenu. D’abord par la musique elle-même, puis par son histoire. Et là j’ai compris d’où venait quoi et comment tout s’était passé. Depuis j’essaie de payer ma dette à cette musique en l’exprimant à ma manière avec des pinceaux ou avec une plume.

C’est en ses termes que Jean Claude Legros raconte son parcours  et nous ouvre la porte de son grenier que la musique du diable occupe depuis 1995.  Les peintures, pastels et fusains sont entièrement consacrés à l’univers des musiques afro américaines et donc au Blues pour l’essentiel. Outre ses toiles éblouissantes, l’artiste offre ça et là des biographies documentées, de très pertinentes chroniques de disques et de beaux montages vidéo illustrant quelques incontournables quant à la compréhension d’un genre musical majeur. Bienvenue dans le Blues Attic!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Ryan Quickfall – Roadkill Artwork

Ryan Quickfall illustrations & designIllustrateur vivant à Newcastle, Ryan Quickfall tire principalement ses influences des comics, des affiches de cinéma de série B et du street art. Son style immédiatement reconnaissable consiste en une conjonction de couleurs vives surlignées de noir mettant en scène des personnages et des situations où l’insolite et le mouvement occupent une place prépondérante. Cette audace, combinée à une passion profonde pour la moto, la vitesse et les skulls, alimente une reconnaissance internationale et une demande grandissante de la part de clients tels que Roland Sands, Harley Davidson, Sideburn Magazine, Dice Magazine, Deus, Barbour, The Bike Shed, et aussi Guy Martin pour son Wall of Death. Pour en voir plus sur l’artiste: Roadkill Artwork.

Ricardo Rodriguez – Motorworld

Ricardo Rodriguez MotoworldRicardo Rodriguez est un artiste espagnol originaire de Valence. Enthousiasmé par l’Architecture et l’Histoire, il a suivi des études sur la restauration des œuvres d’art patrimoniales. Parallèlement il voue une véritable passion pour le monde du Vintage. Portraits d’anonymes ou de célébrités côtoient les toiles qui occupent une place de choix dans le domaines des sports mécaniques en général  et de la moto en particulier. Voici quelques unes de ses œuvres autour du thème Motorworld.