Keith Moon – Ferrari Dino 246

 

Keith Moon (1946-1978), batteur des Who, était le clown le plus déjanté du Rock And Roll Circus. Parfois, à la fin des concerts, il lui arrivait de réduire son kit à néant. Lors des tournées, ce doux dingue prenait également un malin plaisir à terroriser le personnel des hôtels en dynamitant les toilettes, en ruinant sa chambre à coups de hache ou en balançant des téléviseurs par la fenêtre. Entre autres! De quoi entretenir une solide réputation de destructeur patenté capable à l’occasion de se jeter dans une piscine au volant d’une Rolls.
D’après Pete Townsend, cette légende viendrait de deux incidents distincts. Au cours du premier, Keith avait oublié de serrer le frein à main et le véhicule a dévalé la pente pour atteindre une piscine en construction, donc vide. Dans le second, il voulait imputer le coût d’un nouveau jouet à quatre roues au budget du groupe. Devant le refus du management, ″ Moonie ″ a alors précipité sa Chrysler Wimbledon dans le bassin ornemental de son jardin et a appelé le concessionnaire pour qu’il vienne la récupérer.
Tout cela reste un peu flou. Par contre, ce qui est arrivé à sa Ferrari Dino 246 est beaucoup plus clair et, curieusement, ce n’est pas lui qui l’a massacrée. Quelques semaines seulement après l’avoir achetée et alors qu’il est dans son pub habituel, le Golden Grove, il rencontre deux motards sympas qui souhaitent essayer le bolide. Généreux et confiant le batteur leur passe les clés. Malheureusement, les gars n’ont pas vu le panneau signalant des travaux et sont partis aux pâquerettes. On ignore ce qu’il est advenu de la Dino de Moon après l’accident, mais le plus probable est que, réduite à l’état d’épave, elle ait été mise à la casse.

Billy Gibbons – CadZZilla

 

À l’origine il s’agissait d’une Cadillac Series 62 Sedanette de 1948. Billy Gibbons, le guitariste de ZZ Top, voulait transformer cette voiture classique en quelque chose de futuriste et c’est en faisant appel à plusieurs pointures de la Kustom Kulture que le projet a pu voir le jour. Le designer Larry Erikson s’est occupé de la fluidité des lignes, le légendaire constructeur de Hot Rods Boyd Coddington a ouvert son atelier à la l’élaboration du bolide et Craig Naff a effectué à la main le travail de carrosserie. Ainsi naquit la CadZZilla, nom tiré d’un mot valise composé de Cadillac, ZZ Top et Godzilla. Même la plaque d’immatriculation affiche I8TOKYO  (I HATE TOKYO: en français: je déteste Tokyo) une référence au célèbre monstre du créateur de la franchise Godzilla: Tomoyuki Tanaka.
Les modifications sont radicales. Le toit est abaissé de manière à créer un profil fuyant. Les ailes avant et le capot sont soudés en une seule pièce basculante et les feux arrières intégrés aux ailerons. Sous une robe à la fois élégante et mystérieuse d’un violet profond se cache un puissant V8 Cadillac de 500 chevaux à double carburateur.
Pour arriver à ce résultat, Billy a déboursé quasiment 1 000 000 de dollars. La CadZZilla est devenue mondialement célèbre dans le monde du Hot Rod et, en 1990, elle a également illustré le cover art de l’album Recycler (Pas le meilleur, loin de là!) qui comporte le titre Doubleback écrit pour le film Retour Vers le Futur 3.

Serge Gainsbourg – Rolls Royce Silver Ghost

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Les collections de Serge Gainsbourg étaient à l’image de sa personnalité et d’un amour inconditionnel pour les beaux objets. Pour l’artiste, les voitures étaient plus qu’un simple moyen de transport; elles étaient le symbole d’une époque, d’un statut social et d’un style de vie. Même si L’homme à la Tête de Chou n’avait pas le permis de conduire, Il a eu en sa possession une Cadillac Eldorado et une Rolls-Royce.
Dans l’album L’histoire de Melody Nelson paru en 1971, Gainsbourg rendait un hommage appuyé à la Spirit of Ecstasy, la mascotte qui ornait le capot de sa Silver Ghost de 1910.

Chris Rea – Lotus Seven

© Photo Chris Rea: DNA – Guy Greder

 

En 1991, Chris Rea sortait son onzième disque intitulé Auberge. Peinte par Alan Fearnley, la Lotus Seven bleue qui figure sur le cover art appartenait au musicien, un authentique passionné de cette voiture minimaliste conçue à la fin des années cinquante par Colin Chapman et connue pour ses apparitions dans la série télévisée Le Prisonnier avec Patrick McGoohan.
Le guitariste qui a particulièrement marqué les années 80 vouait également une passion particulière à la course. C’est ainsi qu’au volant d’une Ferrari 308 GT4 il a participé à plusieurs reprises au championnat Ferrari Formula Classic. On lui doit par ailleurs le long-métrage La Passione, dans lequel un adolescent des sixties découvre l’univers de la compétition automobile. 
La ″ Blue Seven ″ a été mise en vente lors du Lotus Festival de Donington Park en 1995. Cette vente s’accompagnait de celle d’un tirage limité de la peinture d’Alan Fearnley reproduite sur la pochette de l’album.

Nick Mason – Ferrari 250 GTO

© Photo: Dean Smith

 

De The Piper at the Gates of Dawn en 1967 à The Endless River en 2014, Nick Mason a mené Pink Floyd à la baguette sur les 15 albums studio du groupe. Sachant que les ventes de disques ont allègrement dépassé les 250 millions d’exemplaires, une question se pose: comment le batteur originaire de Birmingham utilise-t-il ses royalties?
Lorsqu’il n’est pas derrière ses fûts, Nick se retrouve souvent au volant de bolides prestigieux. Depuis son retour de la face cachée de la lune, Mason s’est constitué une écurie de voiture grand tourisme: Maserati, Jaguar, Porsche, Bugatti, McLaren, Aston Martin et bien sûr des Ferrari dont une F40, une Daytona et une 512S, la vedette du film Le Mans de Steve McQueen. Mais la fierté de sa collection consacrée au Cheval Cabré est une 250 GTO acquise pour 37 000£ dans les années 70.  En 2014 l’un des 36 exemplaires construits entre 1962 et 1964 a été vendu aux enchères 32 millions de livres sterling! On imagine aisément le prix que pourrait atteindre ce bijou aujourd’hui, qui plus est ayant été pilotée un temps par une rockstar qui ne rechigne pas à faire rugir le légendaire V12 sur circuit.
Pilote reconnu, notamment pour ses participations aux 24 Heures du Mans, et auteur du livre Passion for Speed, Nick Mason est aussi partie prenante dans des fonds d’investissements spécialisés dans les modèles d’exception. Passion, quand tu nous tiens!

Mick Jagger – Aston Martin DB6

© Photo Mick Jagger: Gered Mankowitz

 


Même si Mick Jagger n’est pas un collectionneur compulsif, il a possédé de nombreuses voitures. Des Rolls-Royce – dont une Silver Shadow, une Silver Wraith et une Phantom dorée – quelques Morgan qu’il adorait conduire et de nombreuses Bentley Continental.


Au cours des sixties, la British Invasion bat son plein en envahissant l’imaginaire des adolescents. C’est l’époque au cours de laquelle les musiciens de rock en vogue aiment s’afficher au volant de voitures remarquables. Aston Martin est également au sommet de son art avec une voiture de sport performante, stylée et récemment lancée: la DB6.
À l’été 1968, Mick Jagger, alors âgé de 22 ans, s’offre ce modèle en version bleu nuit. La photographie prise par Gered Mankowitz, immortalise le chanteur des Rolling Stones nonchalamment assis sur les pavés d’un quartier proche de Baker Street à Londres, devant sa récente acquisition. ″ Je l’ai achetée lorsque l’album Beggars Banquet a rencontré le succès partout dans le monde. En deux ans, nous avons gagné plus d’argent que nous n’aurions jamais pu l’imaginer, et nous en avons dépensé des tonnes en fêtes et en excès. Je me souviens bien de cette voiture car c’était ma façon de dire à ma famille que j’avais enfin franchi un cap et que j’étais indépendant ″.

Patrick BETAILLE,  octobre 2025

Brian Johnson – Bentley Thunder Guts

© Photo: Car Spotting-Sarasota

 

Brian Johnson, celui qui en 1980 a réussi l’exploit de succéder avec brio au regretté Bon Scott au sein d’AC/DC. Devenir le chanteur de l’un des groupes des plus importants de l’histoire du rock lui a également permis d’assouvir sa passion en devenant collectionneur de voitures. Avant d’accéder au statu de superstar, Brian a possédé quelques modestes Mini et Beetle, mais aussi une Jaguar MK II. Par la suite et grâce au succès de Back In Black – le deuxième album le plus vendu de tous les temps derrière le Thriller de Michael Jackson – il a pu s’offrir quelques modèles prestigieux parmi lesquels: une Lola T-70, une Citroën DS 23, une Ferrari 458, et une Rolls Royce Phantom qu’il utilise au quotidien.
L’une de ses préférées, l’une de celles ayant remporté les 24 Heures du Mans en 1929, est cette monstrueuse Bentley 4 litres1/2 Le Mans baptisée Thunder Guts [NDLR – Les Entrailles du Tonnerre], un clin d’œil à l’un des plus gros succès du groupe australien: Thunderstruck.

Patrick BETAILLE,  septembre 2025

Eric Clapton – Ferrari SP12EC

© Photo: Jake Walters – Ferrari

 

Slowhand ″ a toujours aimé les voitures puissantes et, plus particulièrement celles de la marque au cheval cabré. Une passion qui débute le jour où il voit la Ferrari de George Harrison une 365 GTC bleue:  ″ Je n’en avais jamais vu une en vrai auparavant, et mon cœur a fondu. À ce moment-là, c’était comme voir la plus belle femme du monde ″ (Source – Eric Claption – L’Autobiographie – Page 189). Dans la foulée, et bien que n’étant pas titulaire du permis de conduire, il achète le bolide du ″ Quiet Beatle ″ et le fait repeindre en gris argent. D’ailleurs, Il ne se contentera pas que du bolide du guitariste. Plus tard en effet, Éric séduira Pattie Boyd, la femme de George, et l’épousera en 1979.
Des Ferrari, il en aura beaucoup d’autres, dont une Maranello F1, une Enzo et plusieurs Berlinetta Boxer, modèle auquel il voue encore un véritable culte.
Eric Clapton désirait posséder une voiture dont la silhouette devait épouser les lignes de cette BB Supercar 12 cylindres tant aimée. En 2010, il s’est adressé à la firme italienne qui, avec l’aide de Pininfarina, a répondu aux attentes de son célèbre client en customisant une 458 Italia à moteur V8 de 570 ch. Les travaux ont duré deux ans et aujourd’hui ″ God ″ est le seul au monde à posséder cette Ferrari SP12EC de 4,7 millions d’euros qui lui a été livrée en 2012.

Patrick BETAILLE,  septembre 2025

George Harrison – Mini Cooper S

© Photos: Habberstad MINI

 

En 1966, le manager des Beatles, Brian Epstein, offre à chacun des Fab Four une Mini Cooper S. Fidèle à l’esprit de l’époque, le guitariste George Harrison fait repeindre son exemplaire. Images psychédéliques et autres motifs inspirés de la tradition hindoue couvrent désormais la carrosserie rouge vif (à l’époque, Harrison s’attire les foudres de son voisinage en décorant la façade de sa maison dans le même style). En 1967, cette Mini apparait dans le film des Beatles, Magical Mystery Tour et devient le symbole du Swinging London alors en pleine Beatlemania.

En 2009, à l’occasion du 50ème anniversaire de la MINI – désormais dans l’escarcelle BMW – et pour honorer la mémoire du musicien décédé en 2001, la marque présente une édition revisitée sous la forme d’un exemplaire unique remis à son épouse Olivia Harrison. La voiture a été vendue aux enchères au bénéfice de l’association caritative créée par George Harrison en 1973: The Material World Charitable Foundation.

Patrick BETAILLE,  août 2025

Van Halen – Ford Phaeton 1932

© Photo: Steve Brown-Flickr

 

Ce Street Rod personnalisé a été construit par Tom McMullen en 1982 avec une carrosserie en fibre de verre montée sur un châssis de Ford Phaeton. Surnommé ″ Tom’s Tub Two ″, la voiture est propulsée par un V8 compressé Chevrolet posé sur un châssis renforcé et doté d’une transmission manuelle à cinq rapports. Les Jantes en aluminium sont couplées à des suspensions réglables et équipées de freins à disques à l’avant. Conduit par David Lee Roth, le hot rod apparait dans le clip vidéo Hot for Teacher, titre extrait de l’album de Van Halen: 1984.

Patrick BETAILLE,  2025