Cadillac – La Fleetwood Series 60 d’Elvis Presley

Elvis Presley a toujours été un inconditionnel de la prestigieuse marque Cadillac. Au cours de son existence il en a possédé une bonne centaine. Sa première Caddy il l’achète début 1955. Il s’agit d’une Fleetwood Series 60 de 1954, de couleur rose. Pour le King, le V8 est essentiellement destiné à le véhiculer – lui et son groupe des Blue Moon Boys – à destination des salles de concerts. En juin 55, suite à problème technique, la berline est complètement détruite dans un incendie. Le 5 juillet de la même année, Elvis achète une autre Fleetwood Series 60 bleue avec le toit noir. À l’époque il obtient un succès conséquent avec une version de Baby, Let’s Play House dont les paroles font référence à sa voiture préférée: ″You may have a pink Cadillac″. Ni une ni deux, la Fleetwood est repeinte en rose avec le toit blanc et offerte en cadeau d’anniversaire à sa mère. Maman Gladys n’ayant pas le permis, c’est le fiston qui continue à utiliser la Elvis Rose. Le 2 septembre il la prête à Scotty Moore qui percute un pick-up, occasionnant de considérables dégâts qui nécessiteront un passage en carrosserie au cours duquel toute la sellerie sera remplacée. Longtemps garée et visible à Graceland, cette Cadillac rose est désormais exposée au Elvis Presley Automobile Museum. En décembre 2006, les administrateurs de Graceland ont accepté de fournir tous les éléments pour que soit fabriquée un copie exacte destinée à promouvoir les campagnes ″Ruban Rose″ pour la collecte de dons destinés à la lutte contre le cancer du sein.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

 

Rolls-Royce: La Phantom V de John Lennon

En juillet 64 Lennon achète sa première Rolls. D’occasion certes mais une Rolls. En décembre, et bien qu’il n’ait pas encore son permis de conduire, John souhaite que le standing du véhicule qui le transporte soit à la hauteur de son statut grandissant de rockstar. Il passe donc commande auprès de R.S Mead Ltd du véhicule amiral du constructeur britannique: Une Phantom V noire, la même que celle utilisée par la reine Elizabeth II. Livré en juin 1965, le V8 de 3 tonnes est déjà doté de toutes les options possibles, y compris des vitres teintées, une première pour l’époque. Par la même occasion, les accoudoirs deviennent des cendriers, la banquette arrière peut se transformer en lit double et un imposant radio téléphone occupe une place de choix. La musique est gérée à la demande via une platine disque, un lecteur de cassettes 8 pistes, et l’ensemble peut être aussi connecté à des haut-parleurs extérieurs logés dans les passages de roues. Si ça c’est pas du tuning qui déchire sa race!

En 1967, peu avant la sortie de Sgt. Pepper’s, John Lennon décide de faire repeindre la voiture en jaune vif et de confier la réalisation de motifs psychédéliques à l’artiste Steve Weaver. La Beatlemobile new look fait sa première apparition publique le 28 mai et suscite de nombreuses réactions. Étonnement, admiration, moquerie mais aussi réprobation, notamment du côté des conservateurs: ″Comment osez vous?! Vous vous approchez dangereusement des limites de ce que peuvent supporter l’élégance, la décence et les bonnes manières britanniques!″ déclarent certains en faisant le bonheur d’un Lennon en plein trip contestataire. La Phantom flower-power a été régulièrement utilisée jusqu’en 1968, jusqu’à ce que le chanteur  ne décide de l’expédier aux États-Unis pour promouvoir le tout nouveau label des Fab Four: Apple. En Angleterre, une autre Phantom V devient le véhicule officiel de John. Entièrement blanche cette fois, elle symbolise le changement d’une vie qui s’écarte des fantaisies psychédéliques au profit d’un minimalisme conceptuel qui trouve ses origines dans une récente relation avec Yoko Ono. Le 31 août 1971, le musicien part s’installer à New York. En 1977,  il doit faire face à des poursuites de la part de l’administration fiscale américaine qui accepte un crédit d’impôt de 250 000 dollars à condition que la Rolls jaune soit donnée à un musée. En Juin 1985, quatre ans et demi après l’assassinat de la star, le musée Cooper-Hewitt met la voiture aux enchères chez Sotheby’s. Pour la somme de 2 300 000 dollars elle devient alors la propriété de Jim Pattison – un milliardaire canadien – qui l’offrira au Royal British Columbia Museum. Avec 56 000 kilomètres au compteur celle qui est désormais considérée en tant qu’œuvre d’art et symbole culturel, est toujours en état de marche; tous les six mois, un représentant de Bristol Motors lui fait parcourir quelques kms pour s’assurer que tout reste en ordre. Selon certains, la voiture de John Lennon serait aujourd’hui estimée à 5,2 millions de dollars. ″Imagine… Imagine no possessions, I wonder if you can…″.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

 

Porsche – La 356C de Janis Joplin.

1970. Pearl est au sommet de la gloire. Dans ″Mercedes Benz″ elle s’adresse à Dieu et lui demande, entre entres, une bagnole à la hauteur de son succès…. Une Mercedes! Elle clame: ″My friends all drive Porsches, I must make amends…″. Une façon de dire: Porsche c’est d’un commun! Je dois me distinguer des autres. Et pourtant…

Dave Roberts Porsche Janis Joplin

… En 1968, Janis Joplin achète d’occasion et pour 3500$ une Porsche 356C de 1964. Le blanc nacré d’origine ne lui convenant pas, Janis demande à un des ses roadies d’effectuer un lifting psychédélique sur le cabriolet. Pour 500$ Dave Roberts commence par appliquer un fond rouge vif sur lequel pendant un mois il réalise une fresque intitulée ″The history of the Universe″. Paysage criard, papillons, drapeau américain, soleil rigolard, méduses, globes oculaires et autres animent ce tableau mobile sur lequel figurent en bonne place la star et ses acolytes du Big Brother & the Holding Compagny. Énorme popularité dans la région de San Francisco pour ce pur symbole de la Pop Culture et du Psychélisme ambiant. Malheureusement la voiture est volée en 1969 par un individu qui, pour des raisons évidentes, n’hésite pas à la peindre en gris. Retrouvée peu de temps après, la décapotable est retapée et la peinture retrouve son éclat. Après la mort de Janis en 1970, le véhicule a été utilisé pendant un temps par son manager Albert Grossman puis restitué en mauvais état aux héritiers pour être à nouveau restauré. En 1994, l’atelier de peinture Denver Theater Center effectue un travail remarquable en recréant la scène à l’identique à partir de photographies. 1995, lors de l’intronisation de Janis Joplin au Rock & Roll Hall of Fame de Cleveland, la Porsche est exposée au public jusqu’en 2015, date à laquelle une vente aux enchères fera le bonheur d’un acquéreur pour la modique somme de 1.8 millions de dollars. En remerciement à Amélie pour l’idée:  Little girl Blue!

Patrick BETAILLE, septembre 2017