Savoy Brown – Witchy Feelin’

Kim Simmonds, Witchy Feelin'Savoy Brown! 52 ans d’existence. Plus de 30 albums et un line up qui, au fil des années, a vu passer une bonne soixantaine de musiciens. Ainsi peut se résumer la carrière de ce combo anglais qui depuis 1965 a fidèlement marqué au sceau du Chicago Blues la scène musicale internationale. Dans ce contexte subsiste néanmoins une constante inaltérable: la présence Kim Simmonds. Fondateur du groupe, multi instrumentiste mais surtout guitariste et chanteur ce gallois a toujours été considéré en tant que l’un des pères fondateurs du British Blues. Il est aujourd’hui accompagné de Garnet Grimm aux drums et de Pat DeSalvo à la basse. C’est donc sous la forme d’un Power Trio que Savoy Brown revient avec ce ″Witchy Feelin″ édité par Ruf Records. 11 tires, quasiment une heure de musique qui s’écoute avec les pieds et qui aborde les thèmes et les gimmicks chers au Blues y compris dans sa version Rock. Si le genre est immédiatement reconnaissable (et je dis: tant mieux!), l’album passe haut la main le cap de la redite facile et s’avère au final bien plus qu’ acceptable. Certains titres deviennent même exceptionnels, notamment quand Simmonds oublie son statut de vétéran pour se laisser aller dans l’expression de ce dans quoi il excelle et qui fait que l’on comprend pourquoi Savoy Brown a toujours su résister à l’épreuve du temps. Un bon gros Blues, une rythmique imparable sur un tempo bien lourd et surtout  une wah-wah en surcharge émotionnelle dont les trémolos vous catapultent direct dans l’œil du cyclone: ″Thunder, Lightning & Rain″.

PB, octobre 2017

Kenny Wayne Shepherd – Lay It on Down

Kenny Wayne Shepherd, Lay it downNeuvième album pour ce p’tit gars de la Louisiane qui depuis les années 90 s’est fait une solide réputation sur la scène Blues Rock.  ″Lay It on Down″ vient une fois de plus prouver, si besoin en était, que le genre n’a plus aucun secret pour celui qui dès l’âge de 7 ans a troqué ses Playmobil® contre une 6 cordes. Le Blues reste présent sur ce nouvel opus  mais incontestablement le guitariste élargit sa palette en explorant la Soul et la Country. Quand les cuivres claquent, quand la guitare est débranchée ou quand des accents Folk ou Gospel s’invitent à la fête, les riffs et solos restent présents sur les 10 pistes au sein desquelles virtuosité et sensibilité se taillent la part belle. Variété des genres, qualité de production et exécution sans faille font de ces 41 minutes l’un des albums les plus riches  de Kenny Wayne Shepherd. How low can you go!

PB, août 2017

Dax – Motors n’ Blues 2017

Laura Cox & Popa Chubby

Neuvième édition pour ce festival qui a vu le jour en 2009. Organisé dans les Landes par la ville de Dax, le Motors n’ Blues propose de nombreuses animations avec en point d’orgue des événements autour de la Moto et de la Musique. Cette année encore le Blues est à l’honneur avec des têtes d’affiche de haute tenue. Le vendredi 7 juillet les filles de Little Girl Blue et de Minnie Marks conjugueront le Blues au féminin qui, en clôture, exprimera toute son énergie et sa puissance avec Laura Cox. Samedi 8 Juillet c’est la nuit des Tributes. Deux groupes rendront hommage à Stevie Ray Vaughan et ZZ Top avant de laisser la place à l’ immense (!) Popa Chubby qui lui se consacrera au répertoire de Jimi Hendrix. Le dimanche 9 juillet Mountain Men fermera la scène musicale avec leur dernier album ″Black Market Flowers″ mais pas que. Voilà pour une partie des 14 concerts gratuits sur 3 jours. Mais le Motors n’ Blues festival c’est aussi des tremplins jeunes talents, des balades moto, des expos, des stands (Indian, Victory…) et surtout une ambiance qui fait qu’ en quelques années la fréquentation des lieux est passée de 4000 à 25 000 visiteurs. Infos, détails, programmation et extraits video:  Motors n’ Blues 2017.

PB, juin 2017

Manu Lanvin – Blues, Booze & Rock’n’Roll

Manu Lanvin, Blues Booze & Rock'n'Roll

Manu Lanvin et son power trio ″the Devil Blues″ clôturent joliment l’année 2016. ″Blues, Booze & Rock’n’Roll″ succède à l’excellent ″Sons of the Blues″ paru en 2015. Classiques, acoustiques, heavy ou traditionnelles, les compositions de l’album confirment définitivement que Manu  est fait pour le Blues. Le résultat est une musique qui électrise l’atmosphère en se réservant le droit d’y apporter une teinte rhythm & blues via un piano déjanté, des cuivres incisifs ou des chœurs entêtants. A noter au passage 3 titres coécrits avec Neal Black et un hommage au regretté J.J. Cale. Une véritable invitation à s’offrir pour les fêtes 12 morceaux de Lanvin bien emballés. Vous voulez goûter? Soul Revolution!

PB, décembre 2016

Black Pistol Fire – Don’t wake the riot

Black Pistol Fire: Don't Wake the RiotQuestion influences, le combo canadien Black Pistol Fire se réclame entre autres de Led Zeppelin, Nirvana ou Muddy waters. Rien que ça! Peu de temps après avoir décidé de se lancer dans l’aventure de l’ Indie Blues Rock, Eric Owen (batterie) et Kevin McKeown (Guitare & chant) déménagent de Toronto à Austin dans le Texas. Très vite un premier album éponyme voit le jour, suivi en 2011 par ″Big Beat’ 59″ qui connait un succès immédiat. En 2014 arrive dans les bacs ″Chut or Howl″ qui confirme la valeur du duo qui supporte désormais la comparaison avec Les Black Keys, les White Stripes ou Band of Skulls et qui fait dire à la presse spécialisée que Black Pistol Fire est ″the next big thing″. La dernière production des canadiens vient confirmer cette analyse. ″Don’t wake the riot″ grouille de riffs, de matraquages rythmiques et de fuzz, le tout garantissant l’ ambiance  moite et poussiéreuse d’un Texas Blues porté par la voix chaude et puissante de McKeown. La recette fonctionne à merveille et le troisième titre de l’album résume à lui seul l’excellent potentiel de Black Pistol Fire:  Bad Blood!

PB, novembre 2016

 

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Candye Kane – What happened to the girl!

Décés de Candye Kane

Candace Hogan, a grandi dans les environs de los Angeles. Au début des années 1980, après divers déboires liés à la consommation de drogues et pour des raisons purement ″alimentaires″ elle apparait sur les écrans en tant qu’actrice porno. Très vite heureusement et grâce à sa voix puissante, elle se met à fréquenter la scène Punk Rock qu’elle partage de temps en temps avec des groupes tels que Black Flag, Social Distortion, Los Lobos, The Blasters et Lone Justice. Après avoir changé de nom c’est en tant que Candye Kane qu’elle enregistre son premier album. Forte femme dans tous les sens du terme, féministe, anti-conformiste et adversaire intraitable de tous les préjugés elle assume et revendique le fait elle d’être une ″BBW″ (Big Beautiful Woman). En tant qu’auteur compositeur elle livrera jusqu’à récemment encore une quinzaine d’albums bourrés de Blues et de Rythm & Blues mais pas que. Influencée par Big Mama Thornton, Etta James et Bessie Smith, c’est sur scène que le talent de la dame prenait toute sa dimension. De ses prestations énergiques jaillissaient une énorme sensibilité, un incroyable feeling et un amour sincère du public. Candye Kane est hélas partie le 6 mai, emportée par un cancer du pancréas contre lequel elle luttait depuis 8 ans. C’en est fini de la ″White Trash girl″!

PB, mai 2016

 

Buddy Guy – Born to play Guitar

Buddy Guy, Born to play guitarBuddy Guy est toujours là et bien là. A 80 balais, le dernier des ″Blues Giants″ depuis la disparition de B.B. King vient de remporter le Grammy Award du meilleur album Blues 2016 avec son 28ème album studio: ″Born to play guitar″. Celui dont le jeu a inspiré Hendrix et sur les solos duquel Clapton s’est fait saigner les doigts, livre 14 titres qui, une fois de plus attestent de l’incontestable talent du guitariste. Une fois mis de côté les accents Pop du dispensable ″Crazy World″ on ne boude pas son plaisir à l’écoute du reste des compositions. Fioritures inattendues, balayages de cordes subtils, ballades acoustiques ou chorus ravageurs tout y est, y compris quelques invités de marque. Sur ″Wear you out″, Billy Gibbons prête sa voix rauque pour un bon gros blues rock à la ZZ Top. Kim Wilson (Fabulous Thunderbirds), en pleine forme, apporte son harmonica sur ″Too late″, un blues West Coast des plus dynamiques. Joss Stone pour un duo sympa sur ″Baby you got what it takes″. Van Morrison lui participe à ″Flesh & bone″, un hommage à B.B. King sous la forme d’une superbe ballade aux accents country/folk. Et puis il y a ces moments privilégiés. Buddy n’a pas son pareil quand il fait hurler sa strat sur des envolées bien musclées telles que Thick like Mississippi mud″ ou ″Smarter than I was″. Alors bien sûr d’aucuns diront qu’il n’y a dans tout ça pas de quoi défriser Nelson Momfort... Fuck! La basse de Billy Cox et le solo de Wah Wah que Jimmy himself aurait approuvé c’est du mou de veau peut être? Non! c’est ″Turn me wild″.

PB, avril 2016