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Kenny Wayne Shepherd, Lay It on Down

Kenny Wayne Shepherd, Lay it down

Neuvième album pour ce p’tit gars de la Louisiane qui depuis les années 90 s’est fait une solide réputation sur la scène Blues Rock.  ″Lay It on Down″ vient une fois de plus prouver, si besoin en était, que le genre n’a plus aucun secret pour celui qui dès l’âge de 7 ans a troqué ses Playmobil® contre une 6 cordes. Le Blues reste présent sur ce nouvel opus  mais incontestablement le guitariste élargit sa palette en explorant la Soul et la Country. Quand les cuivres claquent, quand la guitare est débranchée ou quand des accents Folk ou Gospel s’invitent à la fête, les riffs et solos restent présents sur les 10 pistes au sein desquelles virtuosité et sensibilité se taillent la part belle. Variété des genres, qualité de production et exécution sans faille font de ces 41 minutes l’un des albums les plus riches  de Kenny Wayne Shepherd. How low can you go!

PB, août 2017

♫ La Discothèque idéale ♫

Manu Lanvin: Blues, Booze & Rock’n’Roll

Manu Lanvin, Blues Booze & Rock'n'Roll

Manu Lanvin et son power trio ″the Devil Blues″ clôturent joliment l’année 2016. ″Blues, Booze & Rock’n’Roll″ succède à l’excellent ″Sons of the Blues″ paru en 2015. Classiques, acoustiques, heavy ou traditionnelles, les compositions de l’album confirment définitivement que Manu  est fait pour le Blues. Le résultat est une musique qui électrise l’atmosphère en se réservant le droit d’y apporter une teinte rhythm & blues via un piano déjanté, des cuivres incisifs ou des chœurs entêtants. A noter au passage 3 titres coécrits avec Neal Black et un hommage au regretté J.J. Cale. Une véritable invitation à s’offrir pour les fêtes 12 morceaux de Lanvin bien emballés. Vous voulez goûter? Soul Revolution!

PB, décembre 2016

 La Discothèque idéale 

Black Pistol Fire: Don’t wake the riot

Black Pistol Fire: Don't Wake the RiotQuestion influences, le combo canadien Black Pistol Fire se réclame entre autres de Led Zeppelin, Nirvana ou Muddy waters. Rien que ça! Peu de temps après avoir décidé de se lancer dans l’aventure de l’ Indie Blues Rock, Eric Owen (batterie) et Kevin McKeown (Guitare & chant) déménagent de Toronto à Austin dans le Texas. Très vite un premier album éponyme voit le jour, suivi en 2011 par ″Big Beat’ 59″ qui connait un succès immédiat. En 2014 arrive dans les bacs ″Chut or Howl″ qui confirme la valeur du duo qui supporte désormais la comparaison avec Les Black Keys, les White Stripes ou Band of Skulls et qui fait dire à la presse spécialisée que Black Pistol Fire est ″the next big thing″. La dernière production des canadiens vient confirmer cette analyse. ″Don’t wake the riot″ grouille de riffs, de matraquages rythmiques et de fuzz, le tout garantissant l’ ambiance  moite et poussiéreuse d’un Texas Blues porté par la voix chaude et puissante de McKeown. La recette fonctionne à merveille et le troisième titre de l’album résume à lui seul l’excellent potentiel de Black Pistol Fire:  Bad Blood!

PB, novembre 2016

 La Discothèque idéale 

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Buddy Guy, Born to play Guitar

Buddy Guy, Born to play guitarBuddy Guy est toujours là et bien là. A 80 balais, le dernier des ″Blues Giants″ depuis la disparition de B.B. King vient de remporter le Grammy Award du meilleur album Blues 2016 avec son 28ème album studio: ″Born to play guitar″. Celui dont le jeu a inspiré Hendrix et sur les solos duquel Clapton s’est fait saigner les doigts, livre 14 titres qui, une fois de plus attestent de l’incontestable talent du guitariste. Une fois mis de côté les accents Pop du dispensable ″Crazy World″ on ne boude pas son plaisir à l’écoute du reste des compositions. Fioritures inattendues, balayages de cordes subtils, ballades acoustiques ou chorus ravageurs tout y est, y compris quelques invités de marque. Sur ″Wear you out″, Billy Gibbons prête sa voix rauque pour un bon gros blues rock à la ZZ Top. Kim Wilson (Fabulous Thunderbirds), en pleine forme, apporte son harmonica sur ″Too late″, un blues West Coast des plus dynamiques. Joss Stone pour un duo sympa sur ″Baby you got what it takes″. Van Morrison lui participe à ″Flesh & bone″, un hommage à B.B. King sous la forme d’une superbe ballade aux accents country/folk. Et puis il y a ces moments privilégiés. Buddy n’a pas son pareil quand il fait hurler sa strat sur des envolées bien musclées telles que Thick like Mississippi mud″ ou ″Smarter than I was″. Alors bien sûr d’aucuns diront qu’il n’y a dans tout ça pas de quoi défriser Nelson Momfort... Fuck! La basse de Billy Cox et le solo de Wah Wah que Jimmy himself aurait approuvé c’est du mou de veau peut être? Non! c’est ″Turn me wild″.

PB, avril 2016

 La Discothèque idéale 

 

Left Lane Cruiser, Dirty spiff Blues

Left Lane Cruiser Dirty Spiff BluesLes gars de Left Lane Cruiser aime le blues, le boogie, les gros amplis et les pédales de distorsion. Voilà pour la musique. Question mode de vie, l’alcool, les femmes, les potes et la marijuana occupent chez eux une place prépondérante. Depuis leur premier album en 2007 ils ont établi leur fond de commerce sur ces fondamentaux et la recette fonctionne plutôt bien pour  Frederick Joe Evans qui tient la Slide et le batteur Brenn Beck. A vrai dire ce qui à l’origine était un duo devient aujourd’hui un trio. Beck ayant quitté la formation il a été remplacé aux drums par Pete Dio et un certain Joe Bent s’est vu confier le rôle de bassiste. Et ce qui devait arriver, arrive. Le groupe de l’Indiana reste fidèle au bon gros Blues du Mississipi dans sa version Garage la plus brute mais il se met à explorer de nouveaux horizons. Comparé au remarquable ”Bring Yo’ ass to the table” sorti en 2008 ”Dirty Spiff Blues”, septième album de la formation, affiche plus de structure, des compositions plus fournies et surtout un son énorme. Plus grand, plus fort, et plus sale voici donc un très bon opus qui ferait penser à du R.L Burnside sous amphétamines. Un vrai régal que ce Voodoo hillbilly punk-blues qui l’instar d’un Tres Borrachos a de quoi tenir vos voisins éveillés une bonne partie de la nuit.

PB, juin 2015

 La Discothèque idéale 

Manu Lanvin, Son(s) of the Blues

Manu Lanvin & Devil Blues

1984, Denis boitille sous la pluie, à ses côtés François qui trimbale un sac à dos et une guitare. Cette acoustique accompagne les deux loosers sur les routes, dans les rue de Paris, dans le métro et dans un squat. Hormis le rôle non négligeable de l’instrument dans ”Marche à l’ombre”, le film, il faut noter que c’est sur le manche plusieurs fois refait de l’Ibanez en question que Manu Lanvin a plaqué ses premiers accords. Il avait une douzaine d’années et allait tomber tête la première dans le chaudron. Avec quatre opus à son actif  le guitariste chanteur  reste pourtant méconnu du grand public et ce malgré de remarquables collaborations avec Paul Personne, Neal Black ou son ami Calvin Russel. Les choses devraient changer car il est prévu qu’il fasse sous peu la première partie de notre Jojo national, mais là n’est pas le sujet. ”Son(s) of the Blues”, devrait en séduire plus d’un avec ses 12 titres qui viennent de là, qui viennent du Blues. En l’écoutant on se promène à Nashville, à la Nouvelle Orléans voir même au sud des Etats Unis, plus précisément dans le Mississippi. Les influences sont bien présentes et il arrive même que des touches jazzy ou rockabilly viennent épicer un ensemble sur lequel le Devil Blues, en tant que trio, assure plutôt bien. La voix rauque et grave de Manu colle parfaitement au genre et les compos, toutes originales, se voient parfois sublimées par des chorus plus qu’ habiles comme en témoigne le titre éponyme qui ouvre l’album à 100 à l’heure . Quant aux textes (dont trois en français), ils sont bien là pour attester de la sensibilité et des talents de compositeur de l’artiste. Ce cinquième essai est un très bon disque, essentiellement Blues Rock mais pas que, digne des grands noms de la discipline, et il prend toute sa dimension lorsqu’il est joué sur scène. C’est là que l’aisance et la sincérité prennent toute leur dimension; quand énergie et feeling sont dépensés sans compter pour communiquer avec le public.

PB, mai 2015

 La Discothèque idéale 

King Pug: Grocery

King Pug Grocery Dave WilkinsonUn bien beau cadeau de Noël que cette découverte au travers de laquelle je serai certainement passé sans les conseils avisés de Veetess Speereet. A n’en pas douter King Pug devrait vite se faire un nom dans le monde hélas trop confidentiel de l’Indie Rock. A l’origine du projet, un musicien anglais, auteur, compositeur et producteur: Dave Wilkinson. En 2013 histoire de mettre entre parenthèses son activité de musicien de studio, le guitariste/harmoniciste fait appel à un ami et partenaire de longue date, Caspar Saint-Charles, pour étayer l’expression d’un besoin de revenir aux fondamentaux du Blues Rock. Le duo met rapidement sur pied ”Borneo Mint Shave”, un premier EP de 7 titres enregistrés ”à la maison” et bourrés jusqu’à la gueule de guitares râpeuses et de rythmes syncopés. Satisfaits du résultat les deux compères reviennent cette année un nouvel album. Bien qu’un peu plus travaillé, Grocery et ses 12 titres reste dans la même veine que le précédent. C’est Roots à souhait, rafraîchissant, bien rythmé, et d’évidentes influences funky foutent des fourmis dans les pieds et donnent à l’ensemble un goût de revenez-y.  ″Noël en toc ou Rock en stock″, il faut se décider, mais quand on sait que King Pug est recommandé par Zegut en personne le choix n’est pas trop difficile. Pour s’en convaincre et savourer du Blues qui ne vous le donnera pas… le Blues… il suffit de se rendre à l’ épicerie: Grocery!

PB, décembre 2014

 La Discothèque idéale 

Joe Bonamassa. Different Shades of Blue

Joe Bonamassa. Differnet Shades of BlueOn ne présente plus l’ américain, prodige du Blues qui est à lui seul le représentant émérite d’un renouveau qui l’a propulsé à un niveau de popularité rarement atteint dans un domaine sensé être en voie d’extinction. Revoilà donc Joe Bonamassa qui n’avait pas sorti d’album studio strictement personnel depuis l’excellent ”Dust Bowl” en 2011. Sans surprise majeure pour ce qui concerne la teneur et l’ambiance, ”Different Shade of Blue” vient étayer le talent et la boulimie multi directionnelle d’un artiste pour le moins généreux et surdoué. Dans l’ensemble très bon et très bien soutenu par des musiciens talentueux, l’album ouvre  sur un hommage à Hendrix et s’achève sur une ballade ennuyeuse dont on se serait facilement passé. Heureusement il contient aussi un ”oh beautiful” qui n’est pas sans rappeler ”Black Dog” de Zeppelin et livre de grands moments comme l’impétueux ”Living on the Moon” ou le torride ”Heartache Follows Wherever I Go” qui regorgent de cuivres que Joe a ramené de ses dernières collaborations avec Beth Hart. Reste un mystère. Celui de la pochette de l’album qui n’est pas sans rappeler l’image de Roland Free battant le record de vitesse à Bonneville Salt Flats en Septembre 1948. Une idée? Je suis preneur car, à part les nuances de bleu, je ne vois pas!

PB, novembre 2014

 La Discothèque idéale 

Johnny Winter, Step back!

Johnny Winter Step Back

Johnny Winter a publié pas moins d’une trentaine d’albums de Blues et de Blues Rock avant l’été 2014. Sa mort, à l’âge de 70 ans a laissé un vide difficile à combler pour la communauté du Blues. ″Step Back″ est son dernier album studio et il fait suite à ″Roots″ sorti en 2011 dans lequel un hommage était rendu aux artistes qui ont inspiré ou influencé l’albinos.  Comme ″Roots″ , ″Step Back″ consiste  essentiellement en une série de duos avec quelques grands noms du moment. Jugez plutôt! Eric Clapton , Ben Harper , Billy Gibbons , Joe Perry , Dr. John , Leslie West , Brian Setzer et Joe Bonnamassa sont de la partie pour un album bourré jusqu’à la gueule de guitares rugissantes au service d’un Blues Rock des plus efficaces. Au travers de ces collaborations motivées, il reste évident que Johnny Winter  affiche encore joie, excitation et plaisir; honnêtement il n’a peut être jamais aussi bien joué! Alors bien sûr ″Step Back″ ne propose rien de particulièrement innovant ou surprenant mais il est réconfortant de découvrir que le guitariste texan nous a quitté en  laissant derrière lui un témoignage sur lequel les amateurs du genre ne manqueront pas de se précipiter tant il est indispensable.

PB, octobre 2014

 La Discothèque idéale 

Johnny Winter. Bye, bye Johnny!

Johnny Winter Step Back

Cahors Blues Festival en juillet 2011. A le voir se déplacer soutenu par ses musiciens et assurer tant bien que mal – presque 70 ans, quasiment aveugle, perclus d’arthrose – la quasi totalité du concert sur une chaise je me suis dit que j’avais de la chance de pouvoir assister à l’ un des derniers concerts du dieu vivant du Blues version blanche. Très tôt plongé dans l’ambiance du Chicago Blues Johnny Winter grandit dans l’ombre  de Muddy Waters et se fait remarquer en jammant d’égal à égal avec BB King. Il devient vite une sorte de phénomène et les plus grands parmi lesquels Hendrix et Clapton contribuent à sa révélation auprès du public. Il se manifeste alors par de secouants albums de Blues rugueux qui mettent en avant une guitare volubile, incisive et performante. Une véritable tornade qui lui ouvre rapidement la voie vers un Blues plus hard flirtant avec un Rock des plus vitaminés comme en témoigne le Johnny Winter and… où, accompagné de son frère Edgar, il croise le manche avec Rick Derringer. Accablé plus tard par la pression du succès il se replie sur une carrière plus discrète où il alterne les disques de Hard Blues bien frappé et d’autres empreints d’un répertoire plus traditionnel, fidèle à l’état d’esprit d’origine, sur lesquels il associe souvent son vieux maître Muddy Waters qu’il contribue à faire re-découvrir par la jeune génération en produisant notamment ″Hard Again″ en 1977  (les vociférations sur ″Mannish Boy″ c’est lui!). Une page est tournée! John Dawson Winter III est parti le 16 Juillet 2014, deux jours après sa toute dernière prestation mondiale au  Cahors Blues Festival. Décidément….! Il laisse derrière lui une volée de beaux albums dans lesquels il aime exprimer que: ″le Blues est une musique vivante, pour moi une nécessité″. Ne reste plus qu’a attendre la parution en septembre de ″Step Back″, l’ultime album sur lequel il s’est entouré d’ Eric Clapton, Ben Harper, Billy Gibbons, Joe Perry, Dr. John, Leslie West, Brian Setzer et Joe Bonnamassa. Prometteur tout ça! Et tant pis si, comme dirait l’autre, ″Mourir en été c’est con quand on s’appelle Winter!″

PB, Juillet 2014

♠ La grande Faucheuse ♠

Joe Bonamassa: Blues de luxe

Joe Bonamassa live

Autant le reconnaître tout de suite, ces dernières années les Guitar Heroes se sont fait plutôt discrets. Depuis l’avènement des Hendrix, Page, Beck ou Clapton, peu de prétendants se sont manifestés. Mais ça c’était avant. Avant que ne débarque Joe Bonamassa! Tout petit déjà il attrape le virus du Blues via la musique qu’écoutent ses parents qui tiennent un magasin de guitares aux USA. A 7 ans il reproduit note pour note certains solos de Stevie Ray Vaughan . A 8 ans il joue en première partie de BB King. A 12 ans il tourne régulièrement dans les salles des environs de New York. Et ainsi de suite jusqu’à devenir le maître incontesté du  genre  tout droit issu du British Blues: le Blues Rock. ″…J’ai toujours préféré le British Blues. Lorsque les anglais se sont emparés du Blues, ils ont apporté quelque chose de vraiment nouveau… C’était plus lourd, plus divertissant…″. Sans renier ses influences mais sachant qu’il n’y a rien qui n’ait été déjà joué auparavant, Joe, à force de travail a fini par imposer son propre langage et un talent indéniable. A 36 ans ce stakhanoviste de la six cordes dirige plusieurs projets ( Dont Beth Hart et l’ex Deep Purple Glen Hughes font partie) et sort des disques à la chaîne (24 albums et 9 Dvd depuis 2000!). Même si la discographie s’avère parfois inégale, globalement l’ensemble propulse ce prodigieux instrumentiste à un niveau très élevé. En attendant mieux,  Joe Bonamassa ça fait du bien quand ça gratte.

Ecouter: ″A New Day Yesterday″ (2000). Autant commencer par le début et s’imprégner de ce premier disque énorme qui annonce la couleur avec une reprise fulgurante de ″Craddle Rock″ (Rory Gallagher). Les 12 autres titres sont du même tonneau et bénéficient des contributions de Rick Derringer ,Greg Allman et Leslie West (Mountain). Ce dernier s’ offre le premier solo de ″If Heartaches Were Nickels, une version fascinante d’une compo de Warren Haynes.

Voir: Deux Dvd intenses: ″Live At Rockpalast″ 2006 et ″Live from Royal Albert Hall″ 2009.

PB, mai 2014

 La Guitare dans tous ses états 

Beth Hart & Joe Bonamassa: Live in Amsterdam

Dvd Beth Hart & Joe Bonamassa Live in AmsterdamFort heureusement la qualité du contenu est inversement proportionnelle à celle – bas du concept – du contenant. Passons donc sur la pauvreté graphiquement nauséeuse et attardons nous sur ce que moi j’ose appeler un putain de bon moment musical. Ce double Dvd ″Live in Amsterdam″ n’est ni plus ni moins que la transcription exacte d’un concert que Joe Bonamassa et Beth Hart ont donné lors de la tournée promotionnelle de l’album ″Seesaw″ Pas d’overdubs, pas de bidouilles numériques. Ce que vous entendez est ce qui a été joué. La quasi totalité du dernier album et cinq titres de « Don’t explain » sont interprétés par ces deux artistes qui s’offrent même le luxe de quelques autres covers bien senties. Pour l’occasion Beth et Joe sont soutenus par une section de cuivres et une bande de tueurs patentés déjà vus aux côtés du guitariste surdoué. Que ce soit le batteur Anton Fig, le bassiste Carmine Rojas, le guitariste rythmique Blondie Chaplin ou le clavier Arlan Schierbaum, tous sont incroyablement inspirés et efficaces, visiblement heureux de participer à ce qui se passe sur scène. Nous n’assistons pas à  un concert de guitar héro pas plus qu’à une prestation de diva reconnue. Non! et pourtant il y aurait matière à, tant le talent de ces deux artistes est énorme. Point d’ego prédominant donc. Tout n’est que collaboration fusionnelle et capacité considérable à transmettre un large éventail d’émotions bienfaitrices. La lecture dévastatrice de ″I’d Rather Go Blind″ (Etta James) en est la meilleure preuve; dix minutes de pur bonheur, le feeling de Joe Bonamassa fait des merveilles et l’interprétation de Beth Hart est orgasmique. Croyez moi! Cette nana c’est Otis Redding moins les baloches! 21 titres (sans compter les bonus), plus de deux heures de musique, un film sobre et efficace, et un son tout ce qu’il y a de plus propre, que demander de plus? Un petit extrait? Bon d’accord c’est ici et c’est bien parce que c’est vous!  Allez! Je file me mater les bonus avant que de convoquer quelques miens amis pour un visionnage philanthropique.

PB, avril 2014

♫ La Discothèque idéale 

Mark Doyle and the Maniacs: Shake’ em on down

Agrandir: Mark Doyle & the Maniacs - Shake 'en on down!Si vous avez fourgué ou égaré votre collection d’albums emblématiques du Blues Boom des années 60 ou si la production discographique actuelle vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée, ce compact est fait pour vous.  Ostensiblement dédié au Blues Rock Anglais d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, ″Shake ‘Em On Down″ revisite quelques standards qui en leur temps firent les très riches heures des Them, des Yardbirds, de Savoy Brown, de Peter Green, John Mayall ou encore de Robin Trower, tous s’étant au préalable copieusement  inspirés du répertoire du Blues traditionnel. Mark Doyle et sa bande de maniaques se sortent plutôt bien d’un exercice sur lequel pas mal se sont déjà cassé les dents. En effet, dès la première écoute ce disque vous met une bonne petite claque entre les oreilles et ce dès le premier titre, « Mystic Eyes« , qui ajoute un brin de frénésie à la version originale et déjà solide de Van Morrison. S’en suivent un ″Smokestack Ligtnin’″ à l’harmonica jouissif, un ″Shake ’em on Down″ et son déchaînement de basse/batterie, un ″Needle and Spoon″ aux riffs ravageurs et, pour clôturer ce petit brûlot, un ″Messin’ the Blues″ de 8’35 assez hypnotique. Tour de passe passe ou hommage, appelez ça comme vous voulez mais soyez convaincu que ces 10 titres représentent une approche contemporaine et excitante d’un genre musical qui, grâce à des musiciens talentueux et aussi vaillants que des mules de bât, n’a peut être pas dit son dernier mot. Et c’est tant mieux !

PB, Janvier 2014

♫ La Discothèque idéale 

J.J. Cale: La fin d’un troubadour

J.J. Cale 1938-2013!

Au fond, je ne suis qu’un guitariste qui s’est rendu compte qu’il n’allait même pas pouvoir se payer un repas en jouant de la guitare, donc je me suis mis à composer des chansons, ce qui rapporte un peu plus.  Après avoir été admis dans un hôpital de Californien suite à une crise cardiaque, John Weldon Cale est mort vendredi dernier 26 juillet.  J.J. Cale – le nom qui lui avait été attribué pour éviter la confusion John Cale – était âgé de 74 ans. Artiste humble et réservé, technicien discret et talentueux, il traverse les modes avec une quinzaine d’albums dont ”The Road to Escondido” (en duo avec Eric Clapton) qui en  2008 est récompensé par un Grammy Award. Neil Young dit de lui qu’il est avec Hendrix le meilleur guitariste. Mark Knopfler ne cesse de louer son talent et Eric Clapton le considère comme son Maître. Ce même Clapton doit d’ailleurs quelques uns de ses énormes succès à J.J. Cale qui est ni plus ni moins que l’auteur inspiré de ”After Midnight” et ”Cocaïne”. Il reste aujourd’hui de cet auteur-compositeur d’influence un mélange subtil de Blues, de Country et de Jazz : Ce Tulsa Sound qui se caractérise par un jeu de guitare décontracté et une voix nonchalante, marques de fabrique d’un artiste essentiel. Pour s’en convaincre il suffit de se laisser porter par l’écoute de  ”Roll On”, le dernier et sublime album paru en 2009. Magique !

PB, Juillet 2013

♠ La grande Faucheuse ♠

Tony Sheridan: La fin d’un ex-Beatles!

Tony Sheridan Ex BeatlesIl avait 72 ans. Chanteur et guitariste anglais, Tony Sheridan est décédé le 16 février à Hambourg, ville où,  au début des années 60, il s’était lié avec un quatuor baptisé les ‘Beat Brothers‘. La formation qui allait devenir ‘The Beatles‘ était alors composée de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et du batteur Pete Best. Ils ont enregistré ensemble et sur le label Polydor ‘My Bonnie‘ (reprise d’une chanson traditionnelle écossaise qui se vendra à plus d’un million d’exemplaires),  »The Saints‘ et ‘Ain’t She Sweet‘ sous le nom de ‘Tony Sheridan et les Beat Brothers’. En novembre 2011 cet homme de l’ombre se confiait humblement dans une interview au cours de laquelle il évoquait les balbutiements et les dessous de ce qui allait devenir un phénomène musical hors du commun : la Beatlemania ! A lire absolument!

PB, Février 2013

♠ La grande Faucheuse ♠

Beth Hart: Bang Bang Boom Boom.

Beth Hart: CD Bang Bang Boom Boom!

En 2011 et avec ″D’ont explain″, fruit d’une collaboration judicieuse avec Joe Bonamassa, Beth Hart passe de la Variété haut de gamme au  Blues Rock électrique qui colle à merveille à  son tempérament d’écorchée vive. En 2012 l’influence bluesy reste évidente au sein de Bang Bang Boom Boom, nouvel et huitième opus studio de la Californienne. Guitares et piano occupent toujours une place prépondérante,  à l’instar de ″Baddest Blues″, façon Billy Holiday, qui ouvre les festivités, ou encore ″Caught out in the rain″ qui dégueule d’émotion pendant plus de 7 minutes. La profusion de cuivres sur ″Swing My Thing Back Around″ et ″Spirit Of God″ amorce un changement de direction avec tonalité Swing ou Big Band que ne renierait pas Cab Calloway. Avec ″Better Man″, ″Ugliest House″ ou encore le titre éponyme, l’ambiance devient plus légère et plus fun qu’à l’accoutumée. Au final ce qu’il faut retenir, c’est qu’avec ces  11 compostions originales, la force de cet album réside avant tout dans l’éclectisme des influences desservies par une voix à la foi chaude, puissante et émouvante. La production heureuse de Kevin Shirley (Led Zep, Aerosmith, bonamassa) assure à l’ensemble une cohésion sans faille. Et que dire du packaging ? Visuel qui atteste du réchauffement de la planète, paroles lisibles sans loupe, Liner notes d’Henry Yates, commentaires de l’artiste sur les origines de chaque titre, quelques zoulies zimages… Une fois n’est pas coutume, on en a pour ses euros ! C’est donc l’occasion ou jamais de découvrir cette immense artiste. A moins de préférer se focaliser sur ses performances scéniques… Auquel cas il suffit : soit de se rabattre sur le sublime Dvd Live at Paradiso, sorti en 2005, soit d’assister à l’un des concerts de la tournée française qui passe par l’Olympia  le 28 Mars 2013. ″Quand Beth Hart chante le temps s’arrête, le cœur danse et les poils de la nuque se hérissent!″ Je confirme!

PB, octobre 2012

 La Discothèque idéale 

Buddy Guy: Blues Giant

Buddy Guy Blues Giant

Il ne s’appelle pas King et pourtant s’il en est un qui mérite ce titre c’est bien l’ami Buddy. Né en 1936 en Lousiane il émigre rapidement à Chicago, patrie de Muddy Waters,  Howlin’ Wolf et John Lee Hooker, où il connaît  un succès quasi immédiat. Ce gars là possède une technique foudroyante, un des plus beau son du blues et fait preuve d’un sens de la progression dramatique inné qui le rend capable d’électriser l’auditoire le plus apathique. Servi par un style puissant et subtil – influence majeure d’ Eric Clapton, Jimmy Hendrix ou Stevie Ray Vaughan –  il parvient à lier les racines du blues le plus traditionnel à une modernité étincelante et ravageuse. Guitariste exceptionnel et chanteur profondément émouvant, aujourd’hui encore et à 76 ans, Buddy Guy n’a rien perdu de sa flamme. Tout le reste n’est que baratin. Pour preuve, sa reprise éblouissante de“Mustang Sally”!

Ecouter: “Buddy’s Blues” : Compilation extraite de la période Chess Record. “Damn Right, I’ve Got the Blues” (1991) et “Living proof” en 2010 : deux brûlots de la période moderne, somptueusement produits.

Voir: Lui, sur scène, tant qu’il est encore temps!

 La Guitare dans tous ses états 

Davy Knowles: Live at the Gaiety Theatre

Davy Knowles″J’ai su que je serai musicien le jour où alors que j’étais en voiture avec mon père j’ai entendu Sultans of Swing de Dire Straits ; ce titre a changé ma vie. Davy avait onze ans à l’époque. Au départ il a  pioché dans la discothèque du paternel pour dévorer du John Mayall, Clapton, Peter Green et Rory Gallagher. Il a d’ailleurs avec ce dernier le point commun qui consiste en l’intégration des influences celtiques dans sa musique; rien d’ étonnant, il est originaire de l’ île de Man !  Quelques cours de guitare plus tard le trio Back Door Slam voit le jour, nous sommes en 2005 et c’est en 2006 que sort le premier album Roll Away qui atteindra rapidement la 7ème place au Bilboard. Succès d’autant plus intéressant que c’est Davy qui assure toutes les compositions à l’exception de Outside Woman Blues (Blind Joe Reynolds). On y retrouve bien sûr toutes les influences évoquées plus haut, mais aussi l’expression d’une sensibilité portée par une voix chaude et pleine d’émotion. 2009, sortie de Coming up for air sous le nom de Davy Knowles and Back Door Slam! Entre temps il y a eu le split du trio, les tournées mondiales, les premières parties de George Thorogood, Buddy Guy, Lynyrd Skynyrd, Chickenfoot et, excusez du peu,  Gov’t Mule ou  encore Jeff Beck. Ce deuxième album, produit par Peter Frampton, est brillant ; même les morceaux mid-tempo s’articulent autour de chorus à la fois fins et puissants.  11 titres dans lesquels les fans de Blues Rock, toutes générations confondues, trouveront leur compte ; en particulier à l’écoute de Tear down the walls″ et Hear me Lord (George Harrison) où Davy fait preuve d’un feeling et d’un doigté exceptionnels pour triturer sa guitare PRS. 2009 c’est aussi l’année de la sortie du Dvd Live at the Gaiety Theatre. L’artiste  joue chez lui, sur l’Ile de Man. Il clôture ainsi une tournée de 400 dates aux USA et un passage à Londres pour un concert à guichet fermé. Rien à redire, l’énergie est là, la prestation est superbe, le show est sobre, assez intimiste mais d’une intensité redoutable ; il s’achève par un titre acoustique sur lequel les chœurs sont assurés par les enfants de l’école du coin. Emotion garantie ! Vous savez quoi ? La soi disant authenticité musicale, le côté basique du genre, l’approche intellectuelle du Rock… Ben tout ça je m’assoie dessus avec allégresse et impertinence! Davy Knowles c’est du bon, du talentueux, de l’authentique et même s’il ne remplace pas Rory Gallagher ou Gary Moore, il parvient quand même à combler une bonne partie du vide qu’hélas ils ont laissé derrière eux. Pas mal à 25 ans non? Pour preuve : Joe Satriani himself  a dit de lui : ″parmi les bluesmen modernes c’est mon préféré!

PB, mars 2012

 La Discothèque idéale 

George Thorogood : 2120 South Michigan Ave.

George Thorogood and the Destroyers

Passons aux choses sérieuses ! 2120 South Michigan Avenue ça vous dit quelque chose ? Non ? Et si je vous dis Chicago ? La ville oui c’est ça ! Y’en a au moins un qui ne roupille pas ! Bon… et c’est tout ?! Ben, on pas le cul sorti des ronces, ça va pas être facile !!! Allons y. Et éteignez moi cette télé bordel !

George n’a jamais renié l’influence du Blues sur sa musique. Quoi de plus naturel alors, au bout d’une quarantaine d’années musiciennes, de rendre hommage  à ce courant majeur. Quoi de plus logique aussi, après une quarantaine d’oeuvres discographiques, de consacrer toute une galette au temple du genre : Chess Records. Toute la musique qu’il aime, elle vient de là elle vient du… ″Oui Benoit, Jouny l’a dit aussi, c’est bien rendors toi ! » ″Où en étais je ?″ ″Ah oui !″ George donc rameute ses Destroyers et part enregistrer dans les studios en question treize morceaux dans lesquels il rend hommage aux maîtres du label parmi lesquels: Willie Dixon (″Seventh Son″, ″Spoonful″ et ″My Baby″), Muddy Waters, Bo Diddley, Chuck Berry (″Let it Rock »), Howlin Wolf ou encore Buddy Guy qui apporte une contribution furieuse à l’un des meilleurs titres (″Hi-Heel Sneakers″) de cet album produit par Tom Hambridge. Au passage il faut noter également la participation sur deux titres (″2120 South Michigan Ave″ et ″My Babe″) de Charlie Musselwhite qui souffle dans son harmonica comme si sa vie en dépendait. George Thorogood and the Destroyers ne sont jamais aussi bons que lorsqu’il s’agit de coller au basique ou de communiquer le plaisir qu’ils éprouvent en jouant ces covers mais aussi en interprétant les deux compos originales que sont ″Going Back″ (Hambridge, Thorogood) et ″Willie Dixon’s gone″ (Hambridge, Thorogood, Fleming). Envie d’une bonne dose de rock’n’roll old school avec du vrai blues dedans ? En manque de Gibson qui déchire ou de slide qui gratte ? Besoin de bon gros son qui fait taper du pied ? Ne cherchez plus ! ce disque est une petite tuerie! Et vous savez quoi? Il a rudement bien fait le George de laisser tomber le baseball pour se consacrer au Rock.

Oui Anaïs ?! Exactement ! 2120 South Michigan Ave est l’adresse de Chess Records à Chicago Illinois ! C’est très bien !… Tu pourras rester après le cours ! Les autres vous me copierez 200 fois ″One Bourbon, one Scotch, one beer″!

PB, février 2012

 La Discothèque idéale 

Gary Moore: The sky is crying!

Gary Moore, the sky is cryingLe guitariste Irlandais Gary moore a été retrouvé mort dimanche 6 février dans une chambre d’hôtel de la Costa del Sol en Espagne. Agé de 58 ans il était au sommet d’une carrière solo qu’il menait brillamment depuis son départ de Thin Lizzy,  groupe au sein duquel il a tenu le manche de la six cordes de 1974 à 1982. Il y avait notamment remplacé Eric Bell qui déclare : ″Je n’arrive pas à y croire, Il était tellement solide, ce n’était pas une victime du rock, c’était un type en bonne santé, un joueur de guitare formidable et un musicien consciencieux″.

C’est à n’en pas douter l’occasion de se pencher sur la discographie de ce très grand guitariste. En 1982 sort ″Corridors of Power″, le premier disque Heavy Métal en tant que tel,  agressif à souhait, puissant, comme en témoigne la magnifique reprise de ″Whishing Well″ de Free. Still got The Blues″ en 1990 marque le tournant de Gary Moore vers un style blues électrique très affirmé et on y note d’ailleurs la participation de  Abert King et Albert Collins. ″After Hours″ en 1992; suite au succès du précédent , le disque peut paraître un tantinet « calculé » mais qu’importe, le style et le jeu restent tout simplement impressionnants. Je vous l’accorde, le choix peut paraître restrictif si l’on tient compte des quelque 35 albums originaux sortis à ce jour et qui sont tous au minimum plus que convenables et souvent bons ou très bons comme ″Scars″ paru en 2002.

Discographie Gary Moore!

Pour l’anecdote mais aussi pour illustrer l’immense talent de l’artiste il faut s’attarder sur un Dvd : ″The Strat Pack. Nous sommes en 2004 à Wembley ; un concert en hommage à la Stratocaster réunit certains (il manque Clapton et Beck) des plus grands guitaristes. Le genre de manifestation ″Pince Fesse Guitare″ où tout le monde remercie tout le monde et où il est de bon ton de jammer en rondejambant devant un public attentif mais sujet à l’endormissement. Seul Gary Moore réussira à secouer tout ça avec une version dantesque de ″Red Housequi lui valut la seule standing ovation de la soirée. Aujourd’hui il pleut à nouveau sur l’Irlande mais est ce bien de la pluie ?

PB, février 2011.

♠ La grande Faucheuse ♠

Ladies Blues: Joanne Shaw Taylor et Carolyn Wonderland.

Ladies Blues: Ana Popovic, Carolyn Wonderland et Joanne Shaw Taylor

Quand les filles s’y mettent elle ne font pas semblant et pour ce qui concerne le Blues ou le Blues Rock il arrive même qu’elles en remontrent à l’establishment masculin. Ana Popovic a intérêt à surveiller ses arrières car la concurence est là et bien là !

Carolyn Wonderland Miss UnderstoodCarolyn Wonderland : ″Miss Understood″ (2008). Une fois admis le fait que la dame a démarré très jeune et qu’elle a tourné notamment avec BB King, Johnny Winter et autres Allman Brothers. Ceci fait il faudra noter qu’elle chante, compose, joue de la guitare et accessoirement, entre deux lessives, de la trompette ou du piano. Quoiqu’il en soit, voici de quoi convaincre les sceptiques – s’il en reste – ou à minima séduire les ignorants dont je faisais partie récemment encore. Ce septième album en est à intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord la production sobre, très soignée, sans excès aucun, tout au service de l’ambiance et du feeling. La variété des genres ensuite. Au travers des douze titre on navigue du Blues Rock le plus torride (Misunderstood) à la ballade bien sentie (Feed Me to the Lions) et ce en passant par des climats Country, Rythm  and Blues et même Jazzy ou Zydeco à l’occasion. Enfin et surtout Carolyn possède une voix puissante et rythmée qui s’accorde à tous les genres et dont les intonations ne sont pas sans rappeler Janis Joplin par moments. Quant au jeu de guitare  de la dame rien à dire : parfait ! Surtout quand il donne toute sa puissance dans une reprise du tandem Johnny Winter/Rick Derringer : Still alive and Well.

Joanne Shaw Taylor White SugarJoanne Shaw Taylor: ″White Sugar″ (2009). Cette jeunette va faire mal moi je vous le dis! Y’a pas mal de temps Dave Stewart (Eurythmics) s’exprimait ainsi après l’avoir vue et entendue: ″J’ai joué avec tout un tas de musiciens de Blues, partout dans le monde. J’ai même enregistré avec des types comme R.L. Burnside…. Mais l’année dernière j’ai entendu un truc que jamais je n’aurai pensé entendre : Une blanche, anglaise de surcroît, jouer du Blues Rock de façon si intense et passionnée que j’en ai eu les poils de la nuque tout hérissés″. La Miss avait 16 ans à l’époque. Aujourd’hui elle en a 25 et elle en est a son deuxième album. Son premier disque White Sugar, sorti en 2009 est un petit bijou de blues rock bourré de feeling, d’énergie et de subtilité. Au niveau des genres Joanne n’y va pas par quatre chemins ! Fender Télécaster sur On et en avant pour un bonne heure de chorus ravageurs mais très techniques au service d’une voix bien placée, chaude, puissante et sensuelle. Quand je vous aurai dit que production et mixage sont assurés par Jim Gaines (Johnny Lang et Stevie Ray Vaughan) ben vos saurez tout. Cerise sur le gâteau, pour une fois l’editeur fait preuve d’originalité. le CD est noir et son design reprend le look vynil. Seul bémol le dernier morceau ″Blackest day″ au demeurant époustouflant, s’achève sur un decrescendo frustrant car l’on a pas envie que cela s’arrête,ou pas comme ça du moins.

PB, janvier 2011

 La Discothèque idéale 

Rory Gallagher: Ghost Blues.

Ghost BluesGhost Blues: The story of Rory Gallagher! Un très beau moment que ce double Dvd consacré à un des – n’ayons pas peur des mots – plus grands guitaristes de tous les temps et incontestablement – ne nous dispensons pas d’être partial – le plus grand musicien tout droit issu de la tourbeuse Erin: Rory Gallagher. Et Hop !

La première galetteThe Story of Rory Gallagher raconte évidemment l’histoire de Rory. Original? Non, élémentaire ! De sa naissance à Ballyshannon jusqu’à sa mort à Londres en 1995 à l’âge de 47 ans. Pour faire court on y découvre pendant quasiment 1h30 sa jeunesse à Cork et plus particulièrement ses débuts musicaux laborieux dans un groupe de balloche, ses premières productions discographiques avec Taste  et bien sûr le gros morceau, sa carrière solo, y compris l’épisode Rolling Stones. Tout simplement passionnant ! La réalisation de cette biographie s’appuie, un peu à la manière des Classic Albums, sur les témoignages de figures qui ont de près ou de loin côtoyé ou accompagné l’Irlandais. Son frère (et manager), The Edge, Bob Geldof, Slash et d’autres ; ou encore Gerry Mac Avoy et Ted McKenna, respectivement bassiste et batteur de la formation. Tous nous livrent de riches anecdotes indispensables à la compréhension de la démarche musicale du personnage. Certaines révélations étonnent : Son frère qui a envie de lui casser la tête en constatant qu’à la veille d’une promo Rory a détruit l’enregistrement de son album ; le saviez vous ? il jouait aussi du saxo !  D’autres font rire : Ce fan qui pendant un cours de menuiserie essaie de brûler sa gratte au chalumeau pour qu’elle ressemble à la Strat  de son guitariste préféré. Celle enfin qui révèle avec beaucoup d’émotion qu’au sortir d’un concert Monsieur Gallagher traverse la rue pour aller filer quelques biftons à un musicien ambulant. Et quoi d’autre? Vous le saurez en faisant l’acquisition de ce petit bijou que tout Gallagherophile qui se respecte se doit de posséder, ne serait ce que pour apprendre que … Non rien ! Enfin si ! rapport à la première place dans un sondage sur les guitaristes de l’époque ; devant Clapton, Page et Hendrix siouplait. Tant pis c’est dit !

Le second Dvd Beat Club Sessions  regroupe quant à lui les extraits d’émissions de télévision allemande de 1971 et 1972. 16 titres, que je sache jusqu’à présent jamais diffusés, dont  les classieux Laundromat et Messin  with the Kid dont l’interprétation inspirée vous fait vite oublier le montage kitscho-psychélique très tendance à l’époque.

Avec ces deux skuds pas un seul instant on ne s’ennuie, c’est évident, mais surtout on découvre un artiste extrêmement doué, passionné, sensible, intègre et profondément humain.

Zoom! Parce que c’est vous (et puis je suis chez moi ici non ?) je vais partager une anecdote  malheureuse concernant  ma rencontre avec Rory. C’était en 1985, en Août je crois. Concert aux arènes de Mont de Marsan (40). Le Rock festival de Mont-de-Marsan qu’ils appelaient çà. A l’époque j’avais ma propre émission dans une radio locale. Tapage nocturne consistait en deux heures hebdomadaires de nocturne bien évidemment consacrées au Rock dans tous ses états. Me voilà donc parti dans les Landes avec pass, casse croûte, canettes et magnéto pour couvrir l’événement. Mont de Marsan donc. Ca démarre mal, Rory est en retard, plus d’une heure, et il se murmure même que sa prestation est annulée. J’en discute d’ailleurs au hasard d’une rencontre avec un mec Sympa, Jean Pierre Sabouret, journaliste dans un mensuel Rock. Soudain une clameur monte et Rory déboule sur scène. Tout le monde se branche et à l’arrache démarre un show qui dure deux heures trente. De la  folie furieuse, un set fabuleux au cours duquel ont été joués pas mal de titres de Calling Card et Top Priority  mes albums studio préférés je l’avoue. Rappel, rappel, fin du concert et course vers l’interview. Rory me reçoit avec une franche poignée de main, de celles que normalement l’on réserve aux bons potes et me tend une canette. Il est lessivé, en nage, et visiblement heureux. « It was really fantastic ! » dis je en attaquant ma canette, par le goulot comme il se doit ; lui en est déjà à la troisième. S’en suivent une vingtaine de minutes de conversation plutôt que d’interview formelle. Je lui demande des nouvelles de la Tatoo’d Lady, il s’excuse du retard, je lui parle de son harmoniciste (Je sais pas encore que c’est celui de Nine Below Zero) et de sa prestation fabuleuse, il me demande si je veux une autre bière. Je lui confirme que j’adore Shadow Play, il me remercie. Je suis aux anges, le temps qui m’est imparti est consommé, enregistreur sur Stop, il sourit, me raccompagne avec une main sur l’épaule, à MOI ! Je quitte les lieux, exit les arènes alors qu’Eric Burdon a commencé son set mais je m’en tape et visiblement je ne suis pas le seul. Je ne pige pas ce qui m’arrive et je suis déjà en train de gamberger   sur la super émission que je vais monter pour la semaine d’après. C’est là que ça se complique. Retour à Pau, passage au local pour restituer le matériel. Je dépose le bobineau sur un coin de console. Erreur ! Le lendemain je repasse au studio pour faire le montage en cabine. Plus de bobineau. Panique. Ouf ! je le retrouve, pas là où je l’ai laissé mais je le retrouve. Play !…catastrophe ! en lieu et place de mon reportage je tombe sur les commentaires d’un consanguin notoire et local sur le déroulement de je ne sais plus quelle manifestation agricole de la plus haute importance. Je trouve le coupable qui à ma gueule et à mes yeux injectés de sang comprend qu’il vaut mieux qu’il s’écrase.

Extrait : T’as bien vu qu’il y avait marqué ″Rory Mont de Marsan″ sur la bobine non ? – Ouais ! c’était quoi ? – Laisse tomber et vas te perdre crétin !

Tout ça pour dire qu’une fois l’incident  digéré, ce que j’ai gardé de cette rencontre je l’ai retrouvé dans cette biographie. A tel point qu’à la fin de Ghost Blues la gentillesse, la simplicité et la disponibilité de cet immense artiste m’ont foutu un peu d’eau au bord des yeux.

PB, janvier 2011

 La Discothèque idéale 

Pat Mc Manus Band: 2PM

Pat Mc Manus Band: 2PMCe ″2PM″, deuxième album du Pat McManus Band est un concentré de talent et de facilité. Bien sûr le Pat en question a déjà fait ses preuves il y a bien longtemps quand avec ses frangins il brûlait les planches au sein des Mama’s Boys. Compositeur, guitariste, violoniste et chanteur, l’irlandais retourne aux sources d’un blues rock qui sent bon l’Irlande. Il va à l’essentiel avec beaucoup de cœur et de talent qu’il démontre tout au long des 14 compostions de cet album indispensable à tout amateur de blues rock. L’homme a musclé son jeu et à greffé plus de rock à son blues mais le feeling est toujours là. L’ambiance générale prête sans conteste au plaisir d’une écoute prolongée au cours de laquelle on appréciera sans aucun doute les nombreux solos du Professeur qui navigue sans complexe entre fureur et feeling. 2 PM est un putain de bon disque. Respect !

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule il faut savoir que Pat Mc Manus viendra fêter la St Patrick le 17 Mars au Tabendo, Parc de la Vilette, et ce en compagnie de Taste, Eric Bell Trio & Andy Powel (Wishbone Ash).

PB, janvier 2010

 La Discothèque idéale 

Belles de Scène: Ana Popovic.

Ana Popovic live Marciac 2003Amateurs de blues vous serez bien sûr attirés par l’ une de ses plus belles porte parole mais vous comprendrez vite que lorsque le ramage se rapporte au plumage ça n’est pas la peine de résister. Née en 1976, de père musicien, Ana Popovic, a grandi à Belgrade et est tombée dans la marmite du Blues Rock dès l’adolescence. L’ouverture des frontières d’ex-Yougoslavie lui a permis dès 1995 de participer avec son premier groupe à des festivals grecs et hongrois. Son talent a fait le reste et très vite une solide réputation s’est étendue au reste de l’Europe et au delà. Ana compose, bien; Ana chante, très bien ; Ana joue de la guitare, à merveille; et Ana a un look, comment dire…. Elle sait se mettre en valeur et crée elle-même ses tenues de scène. Musicalement Ana jongle avec diverses formes de blues, de rock de soul et de jazz. Et surtout elle ne se contente pas de clichés éculés. Son blues est frais, subtil, ouvert aux autres genres et prend toute sa valeur sur scène où elle déborde de spontanéité et d’énergie.  Pour l’avoir vue sur la même scène que Popa Chubby (La Belle et la Bête !) je puis vous assurer que lorsqu’elle prend un chorus ou un solo tout le monde est là pour applaudir des deux mains, même le Gros New yorkais ! En 2010 la Belle en est à son cinquième album solo, dont un Live (Ana ! Live in Amsterdam) qui a également fait l’objet d’une édition en Dvd. Si vous êtes séduits par le look et que vous voulez en savoir plus je ne saurai que trop vous conseiller son deuxième Cd ‘’Comfort to the Soul’’ qui à mon sens donne une idée précise de l’immense talent de cette  artiste virtuose. Enfin, et comme elle tourne régulièrement en France, n’hésitez pas à faire quelques kilomètres, you’ll never get out of this blues alive !

Site officiel > Ana Popovic

Ana!Ana Popovic!

Gov’t Mule: By a thread.

Gov't Mule By a ThreadAprès une expérience Reggae (Mighty High en 2007) qui bien qu’ intéressante fut loin de faire l’unanimité, Warren Haynes et sa bande nous revient cette fois avec un opus qui mettra d’accord une fois pour toutes les fans de la première heure. Avec ″By a Thread″ nous sommes en effet loin des tentatives expérimentales précitées. Et ça démarre très fort avec en guise d’introduction la présence aux guitares de Billy Gibbons qui donne le ton comme il se doit avec un ″Broke Down on the Brazos″ qui va vous faire sortir les couilles par les oreilles. Les talents conjugués de Warren et Billy ont dans ce titre des accents de téquila dont il faut abuser en toutes circonstances. Après ce démarrrage Gov’t Mule met la gomme comme s’ il s’agissait du dernier burn avec un ″Any Open Window″ funky à souhait et qui n’est pas sans rappeler le gars Hendrix, rien que çà!  On reste néanmoins dans la lignée du tès beau ″High and Mighty″ paru en 2006 avec notamment quelques titres mid tempo aux accents Zeppelinien tel que ″Railroad Boy,″ ou encore ″Frozen Fear″, une espèce de country rock aux accents reggae. D’autres titres comme ″Gordon James″ ou ″Forevermore″ pourraient paraître banaux à la première écoute mais il n’en est rien car comme à son habitude Haynes met en avant sa voix chaude et son jeu subtil qui mettent ces titres au rang de petits joyaux. On arrive ainsi doucement au titre le plus long de cette galette, ″Inside outside woman blues #3″ , qui durant plus de neuf minutes vous assène un bon gros blues rock ponctué de solis furieux et de wah wah déjantée. Gov’t Mule excèle dans ce genre et, si besoin en était, nous le prouve une fois de plus. Au final c’est l’album qu’il faut pour faire connaissance avec ce groupe fantastique qui a déjà produit une bonne douzaine de skuds mais c’est aussi l’album qui confirme que nous avons à faire à un des tout meilleurs groupes du genre qui aujourd’hui nous livre 11 titres et 65 minutes de blues rock inventif .

PB, novembre 2009

♫ La Discothèque idéale 

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