Joe Bonamassa – British Blues Explosion

CD1: Beck’s Bolero/Rice Pudding. Mainline Florida. Boogie With Stu. Let Me Love You Baby. Plynth (Water Down The Drain). Spanish Boots. Double Crossing Time. Motherless Children.
CD2: SWLABR. Tea For One/I Can’t Quit You Baby. Little Girl. Pretending. Black Winter/Django. How Many More Times.

Joe Bonamassa LiveNon! Il ne s’agit pas d’une compilation du meilleur de ce qu’a produit le Blues Boom des années 60-70. Ce concert au Old Royal Naval College de Greenwich a été enregistré en 2016 et consiste en un hommage aux maîtres de la dite période: Jeff Beck, Jimmy Page, Eric Clapton et John Mayall, et par conséquence Cream, Led Zeppelin et autres Bluesbreakers sont à l’honneur. Aux commandes le boulimique Joe Bonamassa, le king of the Blues Rock himself, champion du monde toutes catégories de la production d’enregistrements live et de contributions diverses et variées. Le résultat est incontestablement imparable, aussi bien au niveau du fond que de la forme. Le choix des titres est judicieux, la qualité artistique est là, l’exécution est millimétrée, le son excellent et la production au top. De quoi ravir les fans pour qui ce énième live sera incontournable, indispensable et plus, puisque affinité. Les autres trouveront là une belle opportunité de redécouvrir les versions originales d’une époque ô combien furieusement emblématique car globalement la prestation manque un tant soit peu d’âme et de spontanéité. L’ensemble est un peu trop propre, un peu trop formaté, un peu trop linéaire et au final on est quand même bien loin de la folie des premiers enregistrements publics du guitariste. Dommage, mais bon, faute de mieux on prend! Joe Bonamassa ne tente pas de réinventer le Blues Rock, il est le putain de Blues Rock. British Blues Explosion est disponible en double Cd, Dvd et BlueRay bonussés et triple Vinyl colorisé, comme la jaquette qui pique les yeux.

PB, juin 2018

Mick Taylor – I Wonder Why!

Mick Taylor Rolling StonesCela ne semble pas trop réussir aux guitaristes de fréquenter Keith Richard et les Rolling Stones. Mick Taylor, l’un des plus fins instrumentiste de la fin des 60’s, connut la même déchéance que son prédécesseur Brian Jones, la piscine en moins. Le jeune blondinet au phrasé limpide, mélodiste inspiré et accompagnateur efficace, avait été découvert par John Mayall qui l’avait accueilli au sein des Bluesbreakers. Embauché en juin 1969 par les Stones, il s’impose rapidement comme le meilleur soliste qu’ils aient jamais eu. Let It Bleed en 69, Get Yer Ya Ya’s Out en 70,  Sticky Fingers en 71, Exile on Main St en 72, Goats Head Soup en 73 et It’s Only Rock’n’Roll en 74 doivent leur succès en grande partie au jeu d’un Mick Taylor qui n’est même pas crédité sur les albums. La place épuise, et, miné par la pression du succès, les drogues, et les rancœurs engendrées par le comportement de Mick et Keith à son égard, il quitte le groupe en 1974. Entre déprimes, come back foireux (Jack Bruce, Gong) et contributions diverses (Little Feat, Mike Oldfield) Mick se cherche et sort en 1979 un premier album solo qui surprend par son approche jazzy et étonne par son manque de direction. Il faudra attendre 11 années pour écouter son second album solo. Enregistré en public, Stranger in this town est un vrai disque de Blues Rock qui reste à ce jour le plus représentatif de la finesse et du talent du guitariste. Malheureusement, mal distribuée, la galette n’apporte pas le succès escompté et par la suite la production de Mick Taylor se cantonnera à quelques témoignages mineurs sur son travail de session man ou de contributeur à des projets divers (Joe Houston, Carla Olson, Snowy White, etc…). Quel gâchis finalement! Tout ça à cause de quatre années passées chez les pierres qui roulent. I wonder why!

PB, avril 2018

 

Sari Schorr – A Force Of Nature

Sari Schorr & The Engine RoomAncienne choriste Joe Louis Walker et de Poppa Chubby, Sari Schorr décide en 2015 de voler de ses propres ailes en participant au ″Keeping The Blues Alive festival″. Mike Vernon est dans la salle. Celui là même qui en son temps a crée le label Blue Horizon et produit Clapton, Mayall, Peter Green et Ten Years After tombe littéralement sous le charme et propose à la new-yorkaise de produire son premier album. D’emblée le ton est donné avec un Ain’t Got No Money porté par la voix puissante et profonde de la diva et les riffs intenses d’ Innes Sibun. Connu pour avoir joué avec Robert Plant et ouvert pour Johnny Winter, Taj Mahal, Walter Trout, ou encore Nine Below Zero, le guitariste amène avec lui le groupe Engine Room qui, avec une efficacité redoutable, offre un régal de complicité et de cohésion tout au long de l’album. A Force of Nature avec un son dense, une rythmique massive et une production brute, tape, à deux exceptions près, dans le registre du Blues Rock couillu et c’est bien entendu la personnalité vocale de Sari Schorr qui par son énergie et son feeling drive l’ensemble des douze titres. Quand la brune enflamme ses cordes vocales elle prend des accents de Tina Turner, de Janis Joplin ou, plus près de nous, de Beth Hart. Pour se convaincre qu’il se passe enfin quelque chose au royaume du Blues il suffit de se laisser porter par la version sombre, moderne et très personnelle d’un chant traditionnel immortalisé en son temps par Leadbelly  puis par Ram Jam dans sa version la plus rock: Black Betty!

PB, avril 2018

Beth Hart & Joe Bonamassa – Black Coffee

Beth Hart & Joe Bonamassa nouvel album Black Coffee

Nouveau séjour en studio pour Beth Hart et Joe Bonamassa qui se retrouvent pour écrire le troisième volet d’une collaboration qui a vu le jour en 2011 avec ″D’ont Explain″. En 2013 ″Seesaw″ confirmait le bien fondé d’un partenariat bénéfique au duo qui aujourd’hui nous sert ″Black Coffee″, un album de reprises qui puise dans le répertoire d’une Soul viscérale et intense. On assiste ainsi à la relecture de titres d’Edgar Winter (″Give it everything you got″), Ike & Tina Turner (″Black Coffee″), et Howlin’ Wolf (″Sitting on the top of the World″), pour ne citer que les principaux. Toute la magie réside dans la fusion entre le chant stratosphérique de Beth et le jeu inspiré de Joe, le tout appuyé pour la circonstance par une production colorée et aussi rétro que le cover art de l’album. Les claviers de Reese Wynan emplissent l’espace, Anton Fig assure aux drums, les chœurs puissants ou subtils gèrent l’ambiance ou l’équilibre et il arrive que les cuivres claquent comme des élastiques de string. Les albums solos respectifs de Beth Hart et Joe Bonamassa sont ce qu’ils sont mais quand  ces deux talents décident de ranimer la flamme de la Soul ou du Chicago Blues, on assiste à l’émergence d’une alchimie rare et d’un album puissant, intemporel et imparable. Avec ou sans sucre votre Black Coffee?

PB, février 2018

 

 

Savoy Brown – Witchy Feelin’

Kim Simmonds, Witchy Feelin'Savoy Brown! 52 ans d’existence. Plus de 30 albums et un line up qui, au fil des années, a vu passer une bonne soixantaine de musiciens. Ainsi peut se résumer la carrière de ce combo anglais qui depuis 1965 a fidèlement marqué au sceau du Chicago Blues la scène musicale internationale. Dans ce contexte subsiste néanmoins une constante inaltérable: la présence Kim Simmonds. Fondateur du groupe, multi instrumentiste mais surtout guitariste et chanteur ce gallois a toujours été considéré en tant que l’un des pères fondateurs du British Blues. Il est aujourd’hui accompagné de Garnet Grimm aux drums et de Pat DeSalvo à la basse. C’est donc sous la forme d’un Power Trio que Savoy Brown revient avec ce ″Witchy Feelin″ édité par Ruf Records. 11 tires, quasiment une heure de musique qui s’écoute avec les pieds et qui aborde les thèmes et les gimmicks chers au Blues y compris dans sa version Rock. Si le genre est immédiatement reconnaissable (et je dis: tant mieux!), l’album passe haut la main le cap de la redite facile et s’avère au final bien plus qu’ acceptable. Certains titres deviennent même exceptionnels, notamment quand Simmonds oublie son statut de vétéran pour se laisser aller dans l’expression de ce dans quoi il excelle et qui fait que l’on comprend pourquoi Savoy Brown a toujours su résister à l’épreuve du temps. Un bon gros Blues, une rythmique imparable sur un tempo bien lourd et surtout  une wah-wah en surcharge émotionnelle dont les trémolos vous catapultent direct dans l’œil du cyclone: ″Thunder, Lightning & Rain″.

PB, octobre 2017

Kenny Wayne Shepherd – Lay It on Down

Kenny Wayne Shepherd, Lay it downNeuvième album pour ce p’tit gars de la Louisiane qui depuis les années 90 s’est fait une solide réputation sur la scène Blues Rock.  ″Lay It on Down″ vient une fois de plus prouver, si besoin en était, que le genre n’a plus aucun secret pour celui qui dès l’âge de 7 ans a troqué ses Playmobil® contre une 6 cordes. Le Blues reste présent sur ce nouvel opus  mais incontestablement le guitariste élargit sa palette en explorant la Soul et la Country. Quand les cuivres claquent, quand la guitare est débranchée ou quand des accents Folk ou Gospel s’invitent à la fête, les riffs et solos restent présents sur les 10 pistes au sein desquelles virtuosité et sensibilité se taillent la part belle. Variété des genres, qualité de production et exécution sans faille font de ces 41 minutes l’un des albums les plus riches  de Kenny Wayne Shepherd. How low can you go!

PB, août 2017

Dax – Motors n’ Blues 2017

Laura Cox & Popa Chubby

Neuvième édition pour ce festival qui a vu le jour en 2009. Organisé dans les Landes par la ville de Dax, le Motors n’ Blues propose de nombreuses animations avec en point d’orgue des événements autour de la Moto et de la Musique. Cette année encore le Blues est à l’honneur avec des têtes d’affiche de haute tenue. Le vendredi 7 juillet les filles de Little Girl Blue et de Minnie Marks conjugueront le Blues au féminin qui, en clôture, exprimera toute son énergie et sa puissance avec Laura Cox. Samedi 8 Juillet c’est la nuit des Tributes. Deux groupes rendront hommage à Stevie Ray Vaughan et ZZ Top avant de laisser la place à l’ immense (!) Popa Chubby qui lui se consacrera au répertoire de Jimi Hendrix. Le dimanche 9 juillet Mountain Men fermera la scène musicale avec leur dernier album ″Black Market Flowers″ mais pas que. Voilà pour une partie des 14 concerts gratuits sur 3 jours. Mais le Motors n’ Blues festival c’est aussi des tremplins jeunes talents, des balades moto, des expos, des stands (Indian, Victory…) et surtout une ambiance qui fait qu’ en quelques années la fréquentation des lieux est passée de 4000 à 25 000 visiteurs. Infos, détails, programmation et extraits video:  Motors n’ Blues 2017.

PB, juin 2017