Left Lane Cruiser – Dirty spiff Blues

Left Lane Cruiser Dirty Spiff BluesLes gars de Left Lane Cruiser aime le blues, le boogie, les gros amplis et les pédales de distorsion. Voilà pour la musique. Question mode de vie, l’alcool, les femmes, les potes et la marijuana occupent chez eux une place prépondérante. Depuis leur premier album en 2007 ils ont établi leur fond de commerce sur ces fondamentaux et la recette fonctionne plutôt bien pour  Frederick Joe Evans qui tient la Slide et le batteur Brenn Beck. A vrai dire ce qui à l’origine était un duo devient aujourd’hui un trio. Beck ayant quitté la formation il a été remplacé aux drums par Pete Dio et un certain Joe Bent s’est vu confier le rôle de bassiste. Et ce qui devait arriver, arrive. Le groupe de l’Indiana reste fidèle au bon gros Blues du Mississipi dans sa version Garage la plus brute mais il se met à explorer de nouveaux horizons. Comparé au remarquable ”Bring Yo’ ass to the table” sorti en 2008 ”Dirty Spiff Blues”, septième album de la formation, affiche plus de structure, des compositions plus fournies et surtout un son énorme. Plus grand, plus fort, et plus sale voici donc un très bon opus qui ferait penser à du R.L Burnside sous amphétamines. Un vrai régal que ce Voodoo hillbilly punk-blues qui l’instar d’un Tres Borrachos a de quoi tenir vos voisins éveillés une bonne partie de la nuit.

PB, juin 2015

 

Manu Lanvin – Son(s) of the Blues

Manu Lanvin & Devil Blues1984, Denis boitille sous la pluie, à ses côtés François qui trimbale un sac à dos et une guitare. Cette acoustique accompagne les deux loosers sur les routes, dans les rue de Paris, dans le métro et dans un squat. Hormis le rôle non négligeable de l’instrument dans ”Marche à l’ombre”, le film, il faut noter que c’est sur le manche plusieurs fois refait de l’Ibanez en question que Manu Lanvin a plaqué ses premiers accords. Il avait une douzaine d’années et allait tomber tête la première dans le chaudron. Avec quatre opus à son actif  le guitariste chanteur  reste pourtant méconnu du grand public et ce malgré de remarquables collaborations avec Paul Personne, Neal Black ou son ami Calvin Russel. Les choses devraient changer car il est prévu qu’il fasse sous peu la première partie de notre Jojo national, mais là n’est pas le sujet. ”Son(s) of the Blues”, devrait en séduire plus d’un avec ses 12 titres qui viennent de là, qui viennent du Blues. En l’écoutant on se promène à Nashville, à la Nouvelle Orléans voir même au sud des Etats Unis, plus précisément dans le Mississippi. Les influences sont bien présentes et il arrive même que des touches jazzy ou rockabilly viennent épicer un ensemble sur lequel le Devil Blues, en tant que trio, assure plutôt bien. La voix rauque et grave de Manu colle parfaitement au genre et les compos, toutes originales, se voient parfois sublimées par des chorus plus qu’ habiles comme en témoigne le titre éponyme qui ouvre l’album à 100 à l’heure . Quant aux textes (dont trois en français), ils sont bien là pour attester de la sensibilité et des talents de compositeur de l’artiste. Ce cinquième essai est un très bon disque, essentiellement Blues Rock mais pas que, digne des grands noms de la discipline, et il prend toute sa dimension lorsqu’il est joué sur scène. C’est là que l’aisance et la sincérité prennent toute leur dimension; quand énergie et feeling sont dépensés sans compter pour communiquer avec le public.

PB, mai 2015

King Pug – Grocery

King Pug Grocery Dave WilkinsonUn bien beau cadeau de Noël que cette découverte au travers de laquelle je serai certainement passé sans les conseils avisés de Veetess Speereet. A n’en pas douter King Pug devrait vite se faire un nom dans le monde hélas trop confidentiel de l’Indie Rock. A l’origine du projet, un musicien anglais, auteur, compositeur et producteur: Dave Wilkinson. En 2013 histoire de mettre entre parenthèses son activité de musicien de studio, le guitariste/harmoniciste fait appel à un ami et partenaire de longue date, Caspar Saint-Charles, pour étayer l’expression d’un besoin de revenir aux fondamentaux du Blues Rock. Le duo met rapidement sur pied ”Borneo Mint Shave”, un premier EP de 7 titres enregistrés ”à la maison” et bourrés jusqu’à la gueule de guitares râpeuses et de rythmes syncopés. Satisfaits du résultat les deux compères reviennent cette année un nouvel album. Bien qu’un peu plus travaillé, Grocery et ses 12 titres reste dans la même veine que le précédent. C’est Roots à souhait, rafraîchissant, bien rythmé, et d’évidentes influences funky foutent des fourmis dans les pieds et donnent à l’ensemble un goût de revenez-y.  ″Noël en toc ou Rock en stock″, il faut se décider, mais quand on sait que King Pug est recommandé par Zegut en personne le choix n’est pas trop difficile. Pour s’en convaincre et savourer du Blues qui ne vous le donnera pas… le Blues… il suffit de se rendre à l’ épicerie: Grocery!

PB, décembre 2014

Joe Bonamassa – Different Shades of Blue

Joe Bonamassa. Differnet Shades of BlueOn ne présente plus l’ américain, prodige du Blues qui est à lui seul le représentant émérite d’un renouveau qui l’a propulsé à un niveau de popularité rarement atteint dans un domaine sensé être en voie d’extinction. Revoilà donc Joe Bonamassa qui n’avait pas sorti d’album studio strictement personnel depuis l’excellent ”Dust Bowl” en 2011. Sans surprise majeure pour ce qui concerne la teneur et l’ambiance, ”Different Shade of Blue” vient étayer le talent et la boulimie multi directionnelle d’un artiste pour le moins généreux et surdoué. Dans l’ensemble très bon et très bien soutenu par des musiciens talentueux, l’album ouvre  sur un hommage à Hendrix et s’achève sur une ballade ennuyeuse dont on se serait facilement passé. Heureusement il contient aussi un ”oh beautiful” qui n’est pas sans rappeler ”Black Dog” de Zeppelin et livre de grands moments comme l’impétueux ”Living on the Moon” ou le torride ”Heartache Follows Wherever I Go” qui regorgent de cuivres que Joe a ramené de ses dernières collaborations avec Beth Hart. Reste un mystère. Celui de la pochette de l’album qui n’est pas sans rappeler l’image de Roland Free battant le record de vitesse à Bonneville Salt Flats en Septembre 1948. Une idée? Je suis preneur car, à part les nuances de bleu, je ne vois pas!

PB, novembre 2014

Johnny Winter – Step back!

Johnny Winter Step BackJohnny Winter a publié pas moins d’une trentaine d’albums de Blues et de Blues Rock avant l’été 2014. Sa mort, à l’âge de 70 ans a laissé un vide difficile à combler pour la communauté du Blues. ″Step Back″ est son dernier album studio et il fait suite à ″Roots″ sorti en 2011 dans lequel un hommage était rendu aux artistes qui ont inspiré ou influencé l’albinos.  Comme ″Roots″ , ″Step Back″ consiste  essentiellement en une série de duos avec quelques grands noms du moment. Jugez plutôt! Eric Clapton , Ben Harper , Billy Gibbons , Joe Perry , Dr. John , Leslie West , Brian Setzer et Joe Bonnamassa sont de la partie pour un album bourré jusqu’à la gueule de guitares rugissantes au service d’un Blues Rock des plus efficaces. Au travers de ces collaborations motivées, il reste évident que Johnny Winter  affiche encore joie, excitation et plaisir; honnêtement il n’a peut être jamais aussi bien joué! Alors bien sûr ″Step Back″ ne propose rien de particulièrement innovant ou surprenant mais il est réconfortant de découvrir que le guitariste texan nous a quitté en  laissant derrière lui un témoignage sur lequel les amateurs du genre ne manqueront pas de se précipiter tant il est indispensable.

PB, octobre 2014

Johnny Winter – Bye, bye Johnny!

Johnny Winter Step BackCahors Blues Festival en juillet 2011. A le voir se déplacer soutenu par ses musiciens et assurer tant bien que mal – presque 70 ans, quasiment aveugle, perclus d’arthrose – la quasi totalité du concert sur une chaise je me suis dit que j’avais de la chance de pouvoir assister à l’ un des derniers concerts du dieu vivant du Blues version blanche. Très tôt plongé dans l’ambiance du Chicago Blues Johnny Winter grandit dans l’ombre  de Muddy Waters et se fait remarquer en jammant d’égal à égal avec BB King. Il devient vite une sorte de phénomène et les plus grands parmi lesquels Hendrix et Clapton contribuent à sa révélation auprès du public. Il se manifeste alors par de secouants albums de Blues rugueux qui mettent en avant une guitare volubile, incisive et performante. Une véritable tornade qui lui ouvre rapidement la voie vers un Blues plus hard flirtant avec un Rock des plus vitaminés comme en témoigne le Johnny Winter and… où, accompagné de son frère Edgar, il croise le manche avec Rick Derringer. Accablé plus tard par la pression du succès il se replie sur une carrière plus discrète où il alterne les disques de Hard Blues bien frappé et d’autres empreints d’un répertoire plus traditionnel, fidèle à l’état d’esprit d’origine, sur lesquels il associe souvent son vieux maître Muddy Waters qu’il contribue à faire re-découvrir par la jeune génération en produisant notamment ″Hard Again″ en 1977  (les vociférations sur ″Mannish Boy″ c’est lui!). Une page est tournée! John Dawson Winter III est parti le 16 Juillet 2014, deux jours après sa toute dernière prestation mondiale au  Cahors Blues Festival. Décidément….! Il laisse derrière lui une volée de beaux albums dans lesquels il aime exprimer que: ″le Blues est une musique vivante, pour moi une nécessité″. Ne reste plus qu’a attendre la parution en septembre de ″Step Back″, l’ultime album sur lequel il s’est entouré d’ Eric Clapton, Ben Harper, Billy Gibbons, Joe Perry, Dr. John, Leslie West, Brian Setzer et Joe Bonnamassa. Prometteur tout ça! Et tant pis si, comme dirait l’autre, ″Mourir en été c’est con quand on s’appelle Winter!″

PB, Juillet 2014

Joe Bonamassa – Blues de luxe

Joe Bonamassa liveAutant le reconnaître tout de suite, ces dernières années les Guitar Heroes se sont fait plutôt discrets. Depuis l’avènement des Hendrix, Page, Beck ou Clapton, peu de prétendants se sont manifestés. Mais ça c’était avant. Avant que ne débarque Joe Bonamassa! Tout petit déjà il attrape le virus du Blues via la musique qu’écoutent ses parents qui tiennent un magasin de guitares aux USA. A 7 ans il reproduit note pour note certains solos de Stevie Ray Vaughan . A 8 ans il joue en première partie de BB King. A 12 ans il tourne régulièrement dans les salles des environs de New York. Et ainsi de suite jusqu’à devenir le maître incontesté du  genre  tout droit issu du British Blues: le Blues Rock. ″…J’ai toujours préféré le British Blues. Lorsque les anglais se sont emparés du Blues, ils ont apporté quelque chose de vraiment nouveau… C’était plus lourd, plus divertissant…″. Sans renier ses influences mais sachant qu’il n’y a rien qui n’ait été déjà joué auparavant, Joe, à force de travail a fini par imposer son propre langage et un talent indéniable. A 36 ans ce stakhanoviste de la six cordes dirige plusieurs projets ( Dont Beth Hart et l’ex Deep Purple Glen Hughes font partie) et sort des disques à la chaîne (24 albums et 9 Dvd depuis 2000!). Même si la discographie s’avère parfois inégale, globalement l’ensemble propulse ce prodigieux instrumentiste à un niveau très élevé. En attendant mieux,  Joe Bonamassa ça fait du bien quand ça gratte.

Ecouter: ″A New Day Yesterday″ (2000). Autant commencer par le début et s’imprégner de ce premier disque énorme qui annonce la couleur avec une reprise fulgurante de ″Craddle Rock″ (Rory Gallagher). Les 12 autres titres sont du même tonneau et bénéficient des contributions de Rick Derringer ,Greg Allman et Leslie West (Mountain). Ce dernier s’ offre le premier solo de ″If Heartaches Were Nickels, une version fascinante d’une compo de Warren Haynes.

Voir: Deux Dvd intenses: ″Live At Rockpalast″ 2006 et ″Live from Royal Albert Hall″ 2009.

PB, mai 2014