LadyBug – Pochoirs Pointilleux

©  Photo: David Da Silva

 

C’est à 27 ans, après des études de graphisme et dix années de travail en freelance, que cette nantaise a décidé de donner vie à ses propres créations. En cherchant à s’exprimer de manière rapide, elle se tourne naturellement vers le pochoir qui lui permet préparer ses idées en amont chez elle et de finaliser le tout dans la rue. Afin de se démarquer de ceux qui utilisent la même technique, elle développe son propre style en faisant appel au pointillisme. Les supports sont percés de petits trous toujours de même diamètre. La street artiste travaille essentiellement à partir de photos qu’elle prend elle-même et joue sur la proximité des perforations afin d’obtenir des effets de lumière plus ou moins intenses. Une tâche chronophage car pour une pièce de 3 mètres sur 3, elle met trois semaines à faire des trous, des pt’its trous, encore des pt’its trous. Son pseudo –  LadyBugtombe sous le sens. Un clin d’œil aux élytres tachetées de la coccinelle. Le premier gabarit est crée en 2015 et avec lui débute une série de portraits sur les murs nantais. Ni lettrages, ni graffs! Passionnée par l’Afrique, la bête à bon Dieu prend son envol et joue de l’aérosol pour peindre des visages de personnes venant de ce continent. Ses représentations lui permettent de produire des œuvres délicates, réalistes, lumineuses et expressives. Depuis, en France comme à l’international, de nombreuses villes ont offert leurs murs et leurs salles d’expositions à la portraitiste pointilleuse.

 

Lady Aiko – Sweet Hearts

©  Lady Aiko

Née à Tokyo en 1975, Aiko Nakagawa a toujours été attirée par le côté rebelle du monde artistique. Elle est encore étudiante quand elle créé une chaîne de télévision pirate afin de s’exprimer en diffusant ses propres clips vidéo et courts métrages. Son programme fait beaucoup de bruit, assez pour déclencher les foudres du gouvernement qui la menace et la somme de stopper ses productions.
L’artiste part pour New York, s’installe à Brooklyn, obtient son diplôme de la New School University et rejoint le collectif artistique FAILE avec lequel elle s’empare des murs de New York sous le nom de Lady Aiko. Ses influences japonaises fusionnées avec la culture américaine qui l’entoure depuis son arrivée aux Etats-Unis établissent un pont entre l’Orient et l’Occident avec des fresques lumineuses réalisées au pochoir et essentiellement inspirées par la sexualité féminine mais pas que. 


La street artiste est aussi à l’origine du visuel promotionnel du concert de Pearl Jam au Ziggo Dome d’Amsterdam dans le cadre du Gigaton Tour européen de 2022.


 

© Lady Aiko

Nik Purdy – Rory Gallagher

©  Nik Purdy

 

Nik Purdy est un artiste peintre irlandais reconnu pour ses œuvres qui captivent le public du monde entier depuis plus de 35 ans. Ses créations, commandées par des institutions publiques et privées, témoignent de sa vision artistique et de son talent exceptionnel pour métamorphoser les espaces.
En 2022, c’est au street artiste que le Conseil du comté de Donegal fait appel pour un hommage à Rory Gallagher (1948-1995) lors de l’International Tribute Festival qui a lieu tous les ans à Ballyshannon, au nord ouest de l’Irlande.
La fresque murale à l’effigie de Rory a été peinte dans le quartier de Bridgend, en haut de la rue où Rory a d’abord vécu avec ses parents, Danny et Monica. Magnifique témoignage posthume en l’honneur de cet exceptionnel musicien qui, localement, a donné son nom à une place, un centre culturel. Depuis 2010, ″ Follow Me ″ – une statue en bronze grandeur nature à la gloire du guitariste irlandais – trône en centre-ville.

 

Keith Haring – Crack is Wack

© Keith Haring – Crack is Wack

 

Artiste américain majeur du XXe siècle, Keith Haring (1958-1990) a incontestablement marqué le monde du Pop Art et du Street Art. Artiste militant, il n’a cessé d’aborder des sujets parfois épineux, le tout en un trait minimaliste immédiatement reconnaissable. Politiquement engagé, il dénonçait en particulier l’homophobie, le nucléaire, mais aussi le racisme et toutes les injustices sociales.
Crack is Wack [Le Crack c’est Nul] est un puissant exemple de l’engagement de l’artiste. Située dans un parc public de New York, la fresque a été peinte en 1986 pour créer un choc face à l’épidémie de crack qui ravageait la ville dans les années 80.
Couleurs vives et figures stylisées ont été utilisées pour transmettre un message percutant destiné à sensibiliser le public sur les ravages de la drogue. 


Pour en savoir plus et parcourir les œuvres de l’artiste: Artnet-Keith Haring.


 

Stom 500 – Crazy Cat

© Stom 500 – Crazy Cat

 

Dès qu’il a su tenir un crayon, le petit Thomas n’avait déjà qu’une idée en tête : dessiner et devenir artiste. Le garçon a grandi et son rêve est devenu réalité. Autodidacte, il a développé ses talents de graffeur sous le nom de Stom 500, pseudo dérivé de son prénom et des 500 milligrammes d’aspirine que doit prendre cet artiste migraineux pour maintenir le rythme imposé par ses projets. Il peint avec beaucoup d’imagination de larges fresques murales avec une prédilection pour les thèmes animaliers nourris par l’énergie euphorique des cartoons. Bombes, acryliques, le street artiste entretient un univers délirant avec des abeilles, des oiseaux, des poissons et d’autres quadrupèdes délirants parmi lesquels les chats occupent une place privilégiée. C’est ainsi qu’en 2017 ce Crazy Cat en mode Tex Avery a élu domicile sur un mur du quartier Port du Rhin à Strasbourg.


Pour en savoir plus et parcourir les œuvres de l’artiste dirigez-vous vers son site: Stom 500


Patrick BETAILLE, octobre 2025

Eduardo Kobra – Las Etnias

© Eduardo Kobra – Las Etnias (Détail)

 

Vous êtes en train de flâner dans les rues de New York, São Paulo, Paris ou d’ailleurs, quand soudain, vous vous cassez le nez sur un mur couvert de couleurs psychédéliques et de visages réalistes. Bienvenue dans le monde fascinant d’Eduardo Kobra. Street artiste autodidacte brésilien, il est aujourd’hui l’un des muralistes les plus reconnus dans le monde, grâce à des œuvres plaidant les causes humanitaires, sociétales les et environnementales.
En 2016, à l’occasion des jeux olympiques de Rio, le street artiste a réalisé une fresque regroupant cinq visages provenant de cinq continents différents. 190 mètres de long sur un peu plus de 15 mètres de haut, Las Etnias a nécessité quarante jours de travail, 1000 litres de peinture et 3500 bombes aérosols. Monumental, ce chef d’œuvre d’engagement culturel de 3000 mètres carrés a offert à Kobra le record Guinness de la plus grande fresque murale réalisée par un seul artiste.


Il y a une intolérance croissante dans le monde. J’espère que cette fresque, dans l’esprit olympique des Jeux, aidera à rappeler que nous sommes tous différents mais qu’au fond nous sommes tous UN: l’espèce humaine ″.


Pour parcourir les œuvres de l’artiste et les messages qu’elles transmettent, dirigez-vous vers son site: Eduardo Kobra.

Patrick BETAILLE, septembre 2025

Banksy – Royal Courts Of Justice

© Photo:  Simon Gardner – Reuters

 

Une nouvelle œuvre du street artiste Banksy a récemment orné une partie de la façade de la Cour royale de justice du Royaume-Uni à Londres. Cette peinture murale représente (ait) un manifestant allongé au sol, tenant une pancarte maculée de sang, tandis qu’un juge portant la tenue traditionnelle propre à son rang le frappe à coups de gavel.
Très vite, la peinture au pochoir a été recouverte de plastique noir, dissimulée derrière deux palissades en métal et placée sous la surveillance d’agents de sécurité. Un porte-parole du HM Courts and Tribunals Service a déclaré que l’œuvre allait être retirée au prétexte que, le bâtiment étant classé, les autorités sont tenues de préserver son aspect d’origine. Shocking!

Patrick BETAILLE, septembre 2025

iHeart – Nobody Likes Me

© iHeart

 

iHeart est un artiste d’art urbain canadien qui, comme Banksy, utilise principalement la technique du pochoir. Il fait appel à ce procédé essentiellement pour s’exprimer sur les dérives sociales, notamment l’omniprésence des réseaux sociaux. Réalisée en 2014 dans le parc Stanley à Vancouver, Nobody Likes Me s’est rapidement répandue sur internet et est devenue la deuxième œuvre de street art la plus populaire au monde. 

L’œuvre représente un enfant, seul, smartphone à la main. Il pleure car il n’a aucun abonné, aucun commentaire et aucun like sur son réseau social. À travers cette image, le street artiste souligne que bien que communiquant virtuellement entre eux, les individus sont en réalité déconnectés les uns des autres. 

Pour parcourir les œuvres de l’artiste et les messages qu’elles transmettent, dirigez-vous vers son site en cliquant ici: iHeart.

Patrick BETAILLE, août 2025

Dmitri Vrubel – Le Baiser

© German Federal Archive via Wikimedia Commons

[Régis Bossu]: ″ Ce très chaud baiser ne pouvait que faire fondre une guerre froide, n’est-ce pas? ″


Street artiste soviétique, Dmitri Vrubel (1960-2022) s’est rendu célèbre avec une œuvre satirique peinte peu après l’effondrement du régime est-allemand. 3,6 mètres de hauteur et 4,8 mètres de largeur, la fresque murale est intitulée: Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel. Elle a été réalisée sur une partie du mur de Berlin connue sous le nom d’East Side Gallery, peu après l’ouverture de la frontière inter-allemande le 9 novembre 1989. Détruite en 2009 dans le cadre d’un projet de restauration du site, l’œuvre sera reproduite à l’identique par l’artiste la même année.

L’image qui a servi de modèle à l’artiste est un cliché de Régis Bossu intitulé Le Baiser de la Fraternité. Le 5 octobre 1979 à Berlin, le photographe français couvrait l’actualité allemande pour l’agence Sygma. Lors de la cérémonie du trentième anniversaire de la formation de la République démocratique allemande, il a immortalisé le moment au cours duquel Léonid Brejnev, alors secrétaire général du Parti communiste de l’URSS, et Erich Honecker, président du Conseil d’État de la République démocratique allemande échangent un baiser fraternel. C’est ce cliché qui, en faisant la couverture de Paris Match, a inspiré Dmitri Vrubel. 

Patrick BETAILLE, août 2025

Judith de Leeuw – Collapse of Justicia

© Judith de Leeuw – L’effondrement de la Justice

 

Judith de Leeuw, néerlandaise connue sous le nom de JDL street art, crée des fresques murales de grande envergure dans le monde. Ayant grandi dans l’aide sociale à l’enfance, cette artiste a connu de nombreux moments difficiles et aujourd’hui, elle exprime son empathie et sa compréhension envers les plus démunis qui sont les personnages principaux de ses fresques. Afin d’attirer l’attention sur les problèmes sociaux, elle voyage et travaille dans plus de 41 pays, dont l’Asie, les États-Unis et une grande partie de l’Europe, y compris la France. À Roubaix, elle a tout récemment composé une représentation de la Statue de la Liberté, visage enfoui dans ses mains. Une figure universelle, détournée et puissante pour protester contre la nouvelle politique de l’immigration récemment imposée par l’ administration Trump. Lire l’article: La honte de la Statue de la Liberté.

Patrick BETAILLE, juillet 2025