Dmitri Vrubel – Le Baiser

© German Federal Archive via Wikimedia Commons

[Régis Bossu]: ″ Ce très chaud baiser ne pouvait que faire fondre une guerre froide, n’est-ce pas? ″


Street artiste soviétique, Dmitri Vrubel (1960-2022) s’est rendu célèbre avec une œuvre satirique peinte peu après l’effondrement du régime est-allemand. 3,6 mètres de hauteur et 4,8 mètres de largeur, la fresque murale est intitulée: Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel. Elle a été réalisée sur une partie du mur de Berlin connue sous le nom d’East Side Gallery, peu après l’ouverture de la frontière inter-allemande le 9 novembre 1989. Détruite en 2009 dans le cadre d’un projet de restauration du site, l’œuvre sera reproduite à l’identique par l’artiste la même année.

L’image qui a servi de modèle à l’artiste est un cliché de Régis Bossu intitulé Le Baiser de la Fraternité. Le 5 octobre 1979 à Berlin, le photographe français couvrait l’actualité allemande pour l’agence Sygma. Lors de la cérémonie du trentième anniversaire de la formation de la République démocratique allemande, il a immortalisé le moment au cours duquel Léonid Brejnev, alors secrétaire général du Parti communiste de l’URSS, et Erich Honecker, président du Conseil d’État de la République démocratique allemande échangent un baiser fraternel. C’est ce cliché qui, en faisant la couverture de Paris Match, a inspiré Dmitri Vrubel. 

Judith de Leeuw – Collapse of Justicia

© Judith de Leeuw – Collapse of Justice

 

Judith de Leeuw, néerlandaise connue sous le nom de JDL street art, crée des fresques murales de grande envergure dans le monde. Ayant grandi dans l’aide sociale à l’enfance, cette artiste a connu de nombreux moments difficiles et aujourd’hui, elle exprime son empathie et sa compréhension envers les plus démunis qui sont les personnages principaux de ses fresques. Afin d’attirer l’attention sur les problèmes sociaux, elle voyage et travaille dans plus de 41 pays, dont l’Asie, les États-Unis et une grande partie de l’Europe, y compris la France. À Roubaix, elle a tout récemment composé une représentation de la Statue de la Liberté, visage enfoui dans ses mains. Une figure universelle, détournée et puissante pour protester contre la nouvelle politique de l’immigration récemment imposée par l’ administration Trump. Lire l’article: La honte de la Statue de la Liberté.

Combo – Coexist

 

Combo est un artiste de street art né en France, d’un père libanais chrétien et d’une mère musulmane marocaine. Publicitaire repenti – pour Peugeot, MacDo ou Canal+, il décide un jour de changer de cap. Depuis, il parcourt le monde avec ses rouleaux de papiers imprimés et ses bombes de peinture. Quand il ne bombe pas des slogans, son travail consiste principalement à concevoir et réaliser des affiches qu’il placarde sur les murs. Ici, Coexist est écrit avec le C en forme de croissant, le X en forme d’étoile de David et le T en forme de crois chrétienne. Avec ce message, l’artiste prône la paix entre les différentes croyances et religions.

À paris en 2015, Combo s’est fait agresser pour avoir refusé d’enlever l’une de ses œuvres pacifistes; une épaule démise, des contusions et quatre jour d’ITT. ″ Mon petit frère, qui fait de la boxe, m’a appris : j’ai eu les bons gestes quand j’étais à terre ″.

Patrick BETAILLE, juin 2025

EZK – Art Against Poverty

© EZK

En quelques années, le street-artiste EZK s’est frayé un chemin à travers les rues de Paris, Berlin, New-York, Hong-Kong ou Moscou en s’exprimant sur les murs. Derrière ce pseudo se cache Eric ZeKing, un Français qui, avec ses pochoirs inspirés et ses punchlines incisives, tente de réveiller les consciences. L’artiste cultive une œuvre ancrée dans la société occidentale, avec l’élaboration d’une critique acerbe des grands groupes industriels et des entreprises du luxe dominant l’économie mondiale. Cherchant à provoquer l’étonnement et la réflexion, son art urbain culmine avec Art Against Poverty, une série au sein de laquelle l’association d’images sobres et de slogans sans équivoques marque les esprits.

Patrick BETAILLE, mai 2025

Shamsia Hassani – Death of Darkness

© Shamsia Hassani

En reprenant progressivement le contrôle de l’Afghanistan à partir de mai 2021, les Talibans ont gravement remis en question le futur des libertés dans la société islamique, et notamment celles des femmes. Parmi elles, Shamsia Hassani. Première street artiste afghane, elle se bat depuis de longues années pour représenter la femme insoumise à travers des œuvres magnifiques peintes ou créées avec des outils numériques. Actuellement exilée à Los Angeles, l’ex enseignante à l’université de Kaboul met en scène les femmes oppressées dans un univers coloré. Comme en témoigne cette œuvre intitulée Death of Darkness, ses personnages ont les yeux clos pour exprimer la peur d’un monde sans avenir. Les fresques murales de l’artiste ornent les murs d’Afghanistan, des États-Unis, d’Italie, d’Allemagne, d’Inde, du Vietnam, de Suisse, du Danemark, de Norvège et d’autres pays. Pour en savoir plus: Shamsia Hassani

Patrick BETAILLE, avril 2025

Wild Drawing – Melting Point

Source Image : 20 Minutes/Streetartcities.com

 

Deux enfants quittent leurs écrans des yeux pour regarder au loin. Cette superbe fresque murale de l’artiste balinais WD (Wild Drawing) met en valeur son talent exceptionnel en matière d’anamorphose et de trompe-l’œil. Réputé pour intégrer de manière transparente des éléments architecturaux tels que fenêtres, gouttières et angles de murs dans ses œuvres, le street artiste transforme les façades des bâtiments en toiles narratives immersives. Pour cette œuvre peinte sur un immeuble de Aurec-sur-Loire (43110), l’effet tridimensionnel est remarquable.

Intitulée Melting Point la fresque murale a été réalisée lors de la 11e édition du Golden Street Art. En compétition avec 14 autres peintures, celle de Wild Drawing a obtenu pour 2024 le titre de la plus belle fresque murale réalisée en France.

Patrick BETAILLE, février 2025

Banksy – La Modeste Collection à Pau

© Banksy

 

La Banksy Modeste Collection est une exposition itinérante qui fait le tour du pays depuis 2021 dans le but de faire découvrir l’univers de l’artiste de street art et de lever des fonds pour les associations. La ville de Pau est la neuvième escale de cette manifestation qui se tiendra dans l’ancien hôtel des Postes au 15 rue Lamothe jusqu’au 22 octobre 2023, tous les jours de 11h à 19h. Entré gratuite pour découvrir et apprécier plus de 200 œuvres et objets: affiches, photos, pochettes d’albums, cartes postales et sérigraphies. Source et infos: Journal Sud Ouest.

Patrick BETAILLE, octobre 2023

Smug – St. Mungo

© Smug

 

Originaire de Nowra en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) Sam Bates vit en Écosse depuis 16 ans. Il s’est installé à Glasgow où il exerce son art sous le nom de Smug. Son style hyperréaliste lui a valu la reconnaissance des locaux en particulier mais aussi des écossais dans leur ensemble qui ne manquent pas une occasion de louer son talent et le choix des sujets traités. L’œuvre la plus populaire du street-artiste est une représentation allégorique du saint patron de Glasgow, un rouge-gorge posé sur son index. La légende raconte que le petit oiseau en question, tué accidentellement, aurait été ramené à la vie par St. Mungo. Non loin de là,  une autre œuvre de Smug met encore en scène St. Mungo, cette fois sous les traits d’un enfant allaité par sa mère et toujours accompagné du remarquable rouge-gorge.  

Patrick BETAILLE, août 2023

Rip Cronk – Morning Shot

© Rip Cronk

 

L’imposant portrait en pied de Jim Morrison restera l’œuvre la plus populaire du street-artiste Rip Cronk et l’un des symboles emblématiques du quartier de Venice à Los Angeles. Depuis 1991, ce Morning Shot de 3,50 mètres de large et 10,50 de haut, représente le leader des Doors dans l’une de ses attitudes scéniques favorites, torse nu, un micro dans la main droite. Lors d’une restauration en 2012, le peintre a retouché sa fresque en abandonnant le bleu du fond d’origine pour un orange beaucoup plus claquant.

Patrick BETAILLE, août 2023

Inkie – 250 mètres de Graff’!

Onkie: fresque de Marckolsheim, détails

 

Long de 250 mètres, le barrage EDF de Marckolsheim permettant de réguler le niveau du Rhin a été aménagé en piste cyclable. Le Musée des Arts Urbains et du Street Art de Neuf-Brisach a fait appel au street artiste anglais Inkie pour décorer ce trait d’union bétonné entre la France et l’Allemagne. La fresque reprend des éléments emblématiques de chaque rive du Rhin : les Vosges, la Forêt Noire, la flore et la faune locales. Influencé par l’art nouveau, le graffeur sachant graffer a ajouté deux figures féminines évoquant Loreleï, la nymphe de la mythologie rhénane. La fresque en question sera la plus longue peinte par un seul homme en Europe et nécessitera pas moins de 600 bombes de peinture. ″ C’est une véritable machine de guerre ″, dit de lui le directeur du MAUSA. ″ Il n’y a pas beaucoup d’artistes qui arrivent à faire ça en solo ″. Inauguration prévue le 9 juillet lors de la fête de l’amitié franco-allemande.

Patrick BETAILLE, juin 2023