Gregg Allman – Midnight Rider

Midnight Rider voit le jour en 1970 alors que Le Allman Brothers Band passe quelques jours dans une ferme louée aux alentours de Macon en Géorgie. Durant les sessions d’enregistrement du deuxième album Idlewild South, Gregg Allman (1947 – 2017), son auteur, aime à s’isoler dans une des dépendances pour composer tout en s’adonnant aux plaisirs de la fumette. C’est là que lui vient l’idée du titre qui, avant d’être enregistré dans les studios de Capricorn Sound, bénéficiera de l’aide de son pote roadie, Robert Kim Payne, pour finaliser les paroles. Dès sa sortie, l’album rencontre un succès considérable mais la compo Allman/Payne passe quasiment inaperçue. Du moins jusqu’à ce que la communauté des bikers ne s’approprie les thèmes qui lui sont si chers. À la sauce Born to be Wild, indépendance, liberté et rébellion constituent en effet la trame de ce Midnight Rider qui finalement sort en single en mars 1971 et devient l’un des moments forts des concerts du groupe. Une autre version, plus cool, du Chevalier de Minuit parait sur le premier album solo de Gregg Allman: Laid Back. En 2013, le titre est utilisé par la société Geico dans une publicité pour leur assurance moto. Le spot, intitulé Money Man, met en scène un motard qui roule en semant des billets de banque. Ceux qui connaissent le groupe s’insurgent contre une faute de goût manifeste: ″Les auteurs de cette publicité ont visiblement oublié que deux des membres des Allman Brothers (Duane Allman et Berry Oakley – NDLR) ont péri dans des accidents de moto. Ils auraient mieux fait de dire: Vous ne savez jamais si votre virée nocturne va se terminer tragiquement. Parlez en donc aux Allman Brothers!

Midnight Rider. Paroles (extrait traduit) …Ok, je dois partir pour ne pas avoir à me cacher. Me voilà obligé de fuir. Je n’ai qu’un dollar en poche mais je ne vais pas les laisser m’attraper. La route défile, je ne possède même pas les vêtements que je porte et je ne me soucie guère de pouvoir trouver un vieux lit à partager. Non, ils n’auront pas le Chevalier de Minuit..!

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Brad Paisley – Whiskey Lullaby

Elle lui a brisé le cœur en le jetant comme une clope. Toute sa vie il la passée à essayer de l’oublier. Impuissants, nous l’avons regardé boire et se noyer peu à peu dans son chagrin. Jamais il n’est parvenu à se saouler au point de pouvoir l’effacer de sa mémoire. Jusqu’à cette nuit là. Il a posé sa tête contre cette bouteille et pressé sur la détente… Nous l’avons retrouvé le visage enfoui dans l’oreiller avec à ses côtés un mot sur lequel était écrit: Je l’aimerai jusqu’à ma mort. Quand nous l’avons enterré sous le saule, les anges ont entonné une berceuse à la gloire du whisky″ [Brad Paisley, traduction: Marcel Destroy].

Patrick BETAILLE, janvier 2021

One Bourbon, One Scotch, One Beer

À l’origine, One Scotch, One Bourbon, One Beer est un blues écrit par Rudy Toombs et enregistré par Amos Milburn en 1953. L’histoire se passe dans un bar à l’heure de la fermeture. Un gus est cloué au comptoir à picoler pour oublier qu’il vient de se faire larguer par sa copine. Il harcèle un barman sur les rotules qui ne rêve que d’une chose: fermer et rentrer chez lui. En 1966, John Lee Hooker reprend la chanson à sa sauce en changeant l’ordre du titre. En 1977, c’est au tour George Thorogood de s’approprier l’ode à la boisson sur son premier album. Sa version s’appuie sur House Rent Boogie, un autre morceau de John Lee Hooker, qui pour l’occasion bénéficie d’un tempo accéléré. Le texte prend une autre tournure et désormais il n’est plus question de noyer un chagrin d’amour. Cette fois c’est de galère financière dont il s’agit. Le gars a perdu son job, il ne peut plus payer son loyer, sa logeuse refuse de lui faire crédit et pour tout arranger son pote refuse de l’héberger. Il revient à son appart, récupère quelques affaires, file à l’anglaise, erre dans les rues, s’arrête dans un bar, enlève sa veste, s’accoude au comptoir et appelle le barman. ″Ouais?! Qu’est ce que ce sera? Un bourbon, un scotch, une bière!″.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Jerry Lee Lewis – Jack Daniels, Old No7

Jerry Lee Lewis Jack Daniel's Old No7Bruce Springsteen a dit de lui: ″This Man doesn’t play Rock’n’Roll. He is Rock’n’Roll! (Cet homme ne joue pas du rock’n’roll!. Il est le rock’n’roll !). Véritable pionner en la matière,  Jerry Lee Lewis  exprime au chant et au piano un rock fulgurant et déjanté. Plusieurs compos de ce bad boy du rock ‘n’ roll sont devenus de grands classiques: Great Balls of FireWhole Lotta Shakin’ Goin’ OnHigh School Confidential, ou encore sa reprise de What’d I say de Ray Charles. Marqué par de nombreux drames familiaux et autres démêlés avec la justice, celui que l’on surnomme The Killer cultive le sens de la provocation aussi bien à la ville en épousant sa nièce de 13 ans, que sur scène en mettant le feu à son clavier. Mais Jerry Lee est aussi un gros consommateur de drogues diverses et d’alcool avec une appétence avérée pour le Jack Daniel’s. Il rend hommage au Tennessee Whiskey dans une chanson country (Il affirme d’ailleurs: ″le rock ‘n’ roll n’aura été pour moi qu’un moyen de gagner de quoi enregistrer des disques de country, ma véritable passion″) et anecdotique intitulée Jack Daniels, Old Number Seven.

A woman wrings her hands and cries: I’ve lost my man. You should a seen him, tote that diesel ‘cross the land. Now you’ll find him upon Lynchburg, Tennessee. Collecting bottles in his old dungarees″. Traduction: Une femme pleure et se lamente: Mon mari est parti! Tu aurais dû le voir au volant de son pick-up mais à l’heure qu’il est tu le trouveras du côté de Lynchburg Tennessee, occupé à bourrer son vieux bleu de travail de bouteilles.

A écouter: Live at the Star Club, Hambourg (1964) un paquet de dynamite mèche courte considéré comme le meilleur album live de l’histoire du rock ‘n’ roll!

Patrick BETAILLE, juillet 2019

Le lundi c’est permis – Taureaumachie

Francis Cabrel, La Corrida
Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire, j’entends qu’on s’amuse et qu’on chante au bout du couloir. Quelqu’un a touché le verrou et j’ai plongé vers le grand jourDans les premiers moments j’ai cru qu’il fallait seulement se défendre mais cette place est sans issue, je commence à comprendre. Ils ont refermé derrière moi, ils ont eu peur que je recule mais je vais bien finir par l’avoir cette danseuse ridicule… Je ne vais pas trembler devant ce pantin… Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m’incline. Ils sortent d’où ces acrobates?.. Sentir le sable sous ma tête c’est fou comme ça peut faire du bien. J’ai prié pour que tout s’arrête, Andalousie je me souviens. Je les entends rire comme je râle, je les vois danser comme je succombe. Je pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour d’une tombe… Est ce que ce monde est sérieux?″ [Francis Cabrel, La Corrida, extrait]

Patrick BETAILLE, juin 2019

Miranda Lambert – Jack Daniel’s

…I fell in love with Jack Daniels again. He’s the best kind of lover that there is. I can have him when I please, he always satisfies my needs.  He takes me back no matter where I’ve been. Yeah, I fell in love with Jack Daniels again…″ (from Miranda Lambert’s song: Jack Daniel’s).

In love with Jack Daniel'sJe suis tombée amoureuse du Jack Daniel’s. C’est le meilleur des amants qui soit. Je peux en profiter quand ça me plait, il répond toujours à mes envies et quel que soit l’endroit où je me trouve, il me réconforte… Miranda Lambert – Jack Daniel’s.

Patrick BETAILLE, juin 2019

Eric Church – Jack Daniel’s

″Yeah, I got a reputation going round! Ain’t never been the kind to back down. I’ve thrown a punch or two and gave a few black eyes. But Jack Daniel’s kicked my ass again last night…″ 
Jack Daniel's kicked my ass again
″J’ai une réputation dans le coin! Je ne suis pas du genre à reculer. Il m’arrive même de faire les gros yeux et de distribuer quelques baffes. Mais hier soir c’est le Jack Daniel’s qui, une fois de plus m’a botté le cul!″. Eric Church – Jack Daniel’s!
Patrick BETAILLE, avril 2019

Doors – Whisky Bar

Jim Morrison Whisky BarA l’origine Alabama Song est écrite en 1930 par le cinéaste allemand Bertolt Brecht et son compatriote compositeur Kurt Weill pour le spectacle musical Grandeur et décadence de la ville de MahagonnyDans le contexte de l’opéra, le texte exprime la la quête d’un groupe de prostituées qui errent dans le désert à la recherche d’une ville sans prohibition. Ville qu’elles ne trouveront jamais. Cette chanson doit sa grande popularité à la version des Doors qui figure sur leur premier album paru en 1967. Connue également sous le nom de Whisky Bar, les paroles adaptées par Jim Morrison racontent le désespoir d’un homme tourmenté pris dans la spirale infernale des plaisirs faciles liés à l’alcool, la drogue et au sexe. Des thèmes qui ne sont évidemment pas sans rappeler la vie dissolue du Lizard King mort d’une overdose en 1971.
Allez! amène moi vers le bar à whisky le plus proche. Ne me demande pas pourquoi mais fais le car sinon on va en crever… Vas y! Ne me demande pas pourquoi mais trouve moi une fille. Emmène moi…[Alabama Song, extrait]
Patrick BETAILLE, novembre 2018

Richard Thompson – 1952 Vincent Black Lightning

Richard Thompson 1952 Vincent Black LightningFondateur en 1967 du groupe Folk Rock Fairport Convention qu’il quittera plus tard pour une carrière solo, Richard Thompson s’est toujours attaché à préserver l’esprit de la musique folklorique traditionnelle britannique. Guitariste, auteur compositeur de talent, prolixe et avisé, il a toujours fait preuve d’un réel talent pour que paroles et musiques de ses chansons soient en adéquation avec les préceptes d’un genre musical qu’il affectionne particulièrement. Tirée de l’album Rumor & Sigh paru en 1991, une chanson raconte, à la manière d’une vieille ballade anglaise, l’histoire de James et Molly qui tombent amoureux et partagent une même passion pour une moto. Avec une histoire vieille comme le monde, celle de la belle et du mauvais garçon, la chanson atteint rapidement un gros succès auprès des fans. ″A mon avis, il n’y a rien au monde qui puisse rivaliser avec une Vincent ’52 et une belle rousse″; c’est ce que revendique Richard Thompson au cœur de cette composition sur l’amour et l’engagement qu’il accompagne d’un jeu de guitare éblouissant. Et il a rarement fait mieux que sur ce 1952 Vincent Black Lightning

[…Said James, In my opinion, there’s nothing in this world beats a ’52 Vincent and a Redheaded girl. Now Nortons and Indians and Greavses won’t do. Oh, they don’t have a Soul like a Vincent ’52…]

PB, mars 2018

Billy Idol – Kentucky Rebel Yell!

Kentuky Whiskey, Rebel YellAu cours d’ une soirée, Billy Idol se retrouve avec Mick Jagger, Keith Richards et Ron Wood. Ça picole sévère et les lascars ont jeté leur dévolu sur un Bourbon du Kentucky qui coule à flots, le Rebel Yell.  Billy se dit que le nom du breuvage collerait bien pour une chanson. Reste plus qu’à l’écrire et c’est ce qu’il fait en collaboration avec son guitariste Steve Stevens. Le titre parait en 1983 sur l’album du même nom. Paradoxalement le texte ne fait pas référence à l’alcool: ″With a rebel yell she cried more, more, more!″. Pas d’allusion non plus à quelconque cri de ralliement rebelle. En fait, c’est bien de sexe débridé dont il s’agit dans Rebel Yell.

PB, octobre 2017