Chris Spedding, Motorbikin’

Chris Spedding, Motorbikin'Ils ont eu beau tout tenter, ils n’ont jamais décroché le banco dans la grande loterie du Rock. Chris Spedding fait partie de ces fils maudits tout simplement parce qu’ au début de sa carrière il eut la malencontreuse idée de se cantonner au rôle de session man. Son énorme talent a été constamment employé à contresens par des têtes d’affiche aussi variées que Bryan Ferry, les Sparks, John Cale et beaucoup d’autres. Chris Spedding est pourtant un vrai rock’n’roll man qui, victime d’une personnalité pas toujours très claire, n’a compris qu’un peu tard qu’il pouvait exploiter pour son propre compte sa virtuosité et ses compostions intéressantes. La popularité, il la rencontre en 1977 à la sortie de son cinquième album. Eponyme, le disque en question contient le fameux ″Guitar jamboree″ au cours duquel Chris imite le jeu d’ Albert King, Chuck Berry, Jimmy  Hendrix, Keith Richard, Eric Clapton, Jimmy, Page etc… En bonne place également, un single déjà publié en 1975 et qui a pour thème la Moto:

″… Too fast to live, too young to die. Écoute, c’est pas des blagues, j’ai eu ma nouvelle bécane aujourd’hui, c’est à couper le souffle! Viens je t’emmène où tu veux! Crois moi, à 150 c’est tellement bon de se sentir vivant″ [Traduction libre: Marcel Destroy, extrait]. Ce titre, qui à l’époque est entré au top 20 anglais, c’est Motorbikin’ !

∞ La Guitare dans tous ses états ∞

Cruzados: Motorcyle girl

Cruzados, Motorcycle GirlComme pour beaucoup de groupes rock, drogues et alcool ont eu raison des Cruzados. Quatre ans de carrière pour ce combo de Los Angeles qui après de nombreux changements de personnel splite définitivement en 1990, laissant pour témoignage deux albums mineurs, aujourd’hui tombés dans les oubliettes. La séparation laisse sur la touche un certain Tito Larriva qui formera Tito & Tarantula, connu pour son apparition  dans le film culte de 1995 ″From Dusk Till Dawn″, écrit par Quentin Tarantino et réalisé par Robert Rodriguez. Chanteur, guitariste et compositeur, Larriva est notamment l’auteur de  l’un des titres figurant sur le premier album éponyme des Cruzados en 1985: Motorcycle Girl.

Motocycle girl, pourquoi ne veux tu pas m’embrasser? Petite fille bourrée du Tennessee, reine du vol à l’arraché aux yeux malicieux. A supposer que tu trouves ce que tu cherches, que vas tu faire? Passer tes journées à te défoncer avec le gus qui t’as mis le grappin dessus? Dommage, toi qui chante si bien. Arrête de me mater comme un péquenot obsédé, je ne suis pas un client! Réveille toi, parle! Motocycle girl, je t’aime et tu ne connais même pas mon nom!″ [Traduction libre Marcel Destroy, extrait]

≈ Trucs en Vrac ≈

The Young Gods, Gasoline man

Cafe Racer riding

On ne peut pas dire que le rock texan fasse partie du fond de commerce de The Young Gods. Loin de là!. Pourtant en 1992 le combo Suisse fait une entorse à ses habitudes en lorgnant du côté du marché US. ″Sky TV″, quatrième album des helvètes, fait toujours appel aux expérimentations électro, aux ambiances noisy, aux bidouillages fuzzy mais pas que. Pour la première fois les textes sont en anglais et un titre se détache du lot de par sa conception et son ambiance. Riffs et structure bluesy font appel aux standards du rock américain et ressemblent à s’y méprendre à du bon vieux ZZ Top première époque. Une fois n’est pas coutume, les Jeunes Dieux amenés par Franz Treichler jouent comme un groupe de bar avec une signature sonore qui vibre et ronfle comme un bon gros twin qui déboule sur l’asphalte. Hommage à la route et célébration de la moto, c’est ″Gasoline Man″ et ça s’écoute Ici!

Je suis le gasoline man. J’avance, et même si je ne sais où je vais, je veux arriver à temps. Je vais rouler encore et encore pour trouver où tu te caches…[Traduction libre Marcel Destroy, extrait].

≈ Trucs en Vrac ≈

Steppenwolf: Born to be wild

Steppenwolf, Born to be wildEn 1958, John Kay fuit l’Allemagne de l’Est pour s’installer au Canada où en 1965 il intègre un groupe de blues local: The Sparrows. Le succès n’est pas au rendez vous. En 1967 la formation est dissoute pour réapparaitre sur la scène de Los Angeles sous le nom de Steppenwolf . Le nouveau un line up propose désormais un répertoire plus rock et entre en studio en 1968 pour élaborer leur premier album. Cette fois ci le public est au rendez vous et réserve un bel accueil au troisième single de l’album: Born to be wild. Le titre écrit à l’origine par l’ex Sparrows Mars Bonfire (de son vrai nom Dennis Edmonton) se vend à plus d’un million d’exemplaires dès lors qu’il figure sur la bande son de Easy Rider, film emblématique de la contre culture hippie de l’époque. Désormais Born to Be Wild est associée à jamais l’univers des bikers, Steppenwolf est au sommet et Mars Bonfire entre dans la légende du Rock.

Born to be wild: ″Démarre et fonce. Roule vers l’aventure et quoiqu’il se passe fais que tout devienne possible. Prends le monde à bras le corps, fais feu de tout bois et éclate toi. Quand je fais la course avec le vent  j’aime le rugissement du métal  et la sensation qu’il me domine. Tels les enfants de Mère Nature nous sommes nés pour être libres et notre pouvoir est grand. Je ne veux pas crever″. [Traduction libre Marcel Destroy, extrait].

Marcel Destroy, janvier 2017

≈ Trucs en Vrac ≈

Screamin’ Jay Hawkins: ”Constipation Blues”

Screamin' Jay Hawkins Constipation Blues
S’il est un original qui mérite une place toute particulière dans le Panthéon du Rock et du Blues c’est bien Screamin’ Jay Hawkins. Déjà au cours de son enfance Jalacy Hawkins est en partie élevé par des indiens Blackfoot. Après le lycée, en 1945, il devient acteur-chanteur fantaisiste pour l’armée de l’air, exerce ses talents en Allemagne, au Japon et en Corée et se met même à pratiquer la boxe. En 1951 il est engagé comme pianiste chanteur dans un groupe de jazz et saisit l’opportunité de partir en tournée avec Fats Domino. En 1956, tout bascule. Il attire l’attention du public avec ”I put a Spell on you” (eh oui, c’est de lui!) qui malgré la censure devient un énorme succès. Dès lors celui qui se targue de changer de maison de disque comme de chaussures peut donner libre cours à son goût prononcé pour la provocation et les délires en tous genres. Il invente pour la scène un personnage loufoque qui sort d’un cercueil vêtu d’une cape de vampire, manipule des gris-gris voodoo et joue avec des crânes, porte une cape de vampire et se livre à toutes sortes d’élucubrations. Un de ses délires musicaux les plus loufoques  reste sans conteste un titre de l’album ”What that is” qui parait en 1969. ”Constipation Blues” – qui fera l’objet d’un duo avec Serge Gainsbourg – est un régal d’humour scatologique.
”Mesdames et messieurs! La plupart des artistes ont écrit des chansons sur l’amour, les peines de cœur, la solitude, le chagrin, mais personne ne s’est exprimé à propos de la véritable douleur. Le groupe et moi même revenons à l’instant de l’hôpital où nous rendions visite à un homme atteint de ce mal. cette chanson s’appelle le Blues de la constipation. Umm – Ummmhhh -Oooh – Uh – Uh – Aaahh -Uoh – Ah! Faut qu’ça sorte! Faut qu’ça sorte! Aah! J’ai trop mal. Chaque fois que j’essaie j’y arrive pas! Faut qu’ça sorte! Waaaaoooh ! Cette douleur à l’intérieur, j’en peux plus! Faut qu’ça sorte! Splassh – Spshhh – C’est bon, je me sens bien! Splash! Flush! Phew – Phew – Phew! Ça va vachment mieux!” [Traduction libre Marcel Destroy, extrait]. Avec le son et même sans odorama c’est encore mieux. La preuve! En sortant vous êtes priés de laisser cet endroit aussi propre que vous l’avez trouvé en entrant!
Ecouter: ”Voodoo Jive”, The Best Of Screamin’ Jay Hawkins. Une compilation Rhino essentielle. Screamin’ Jay Hawkins Live”, un concert enregistré à l’Olympia en 1998; le constipé est on ne peut plus en forme et c’est son chant du cygne car il meurt deux ans après.

Marcel Destroy, Juillet 2015

≈ Trucs en Vrac ≈

 

Sex Slaves, Thank God for Jack Daniel’s

Sex Slaves, thank God for Jack Daniel's

”We’re going out tonight”, ”Me and my friends”, ”All night long”, ”Contagious”, ”One more night”,  ”Search & Destroy”,  ”See you naked” et ”Kiss me”. La track list annonce la couleur de l’album sorti en 2005 avec un titre tout aussi révélateur: Bite your Tongue. Quand on sait que les auteurs enregistrent sous le nom de Sex Slaves on s’attend à trouver en bonne place ce bon vieux sticker Parental Advisory. Mêm’ pas! Comme quoi… Quoiqu’il en soit le trio Glam Punk de New York City ne fait pas dans la dentelle, c’est indéniable. Sur scène, leur terrain de jeu favori, ils s’attirent les grâces d’un public en attente de gros son et de high energy, parvenant même à capter l’attention de C.C. Deville (Poison), Gene Simmons (Kiss) et Lemmy Killmister de Mötorhead. Rien d’ étonnant quand on écoute Thank God for Jack Daniel’s. C’est primaire, puissant, carré, et de plus les paroles sont une ode au Tennessee Whiskey!

”Un truc que j’ai appris sur la route: dans chaque ville se trouve un ami que je me dois de rencontrer. A Tuscan, Arizona, il m’attendait. Merci mon Dieu pour le Jack Daniel’s. Merci de m’avoir sauvé car la seule chose qui puisse me protéger du Diable c’est un verre de ce bon vieux breuvage du Tennessee. Barman sers m’en un bien tassé car avec les potes on a rien d’autre à faire que de mater les nanas et on va se mettre minables. Arrête moi si je me trompe. Tu penses que j’ai trop bu mais tu te goures. En fait ce sont les verres qui se vident trop vite. Y’a longtemps que j’avais pas vu la tronche de Jésus mais ce soir il est là, à côté de moi. Merci mon Dieu pour ce Jack Daniel’s. La seule chose qui puisse le surpasser c’est un autre verre de ce bon vieux breuvage du Tennessee, à l’oeil!” [Traduction libre Marcel Destroy, extrait]

Marcel Destroy, Juillet 2015

≈ Trucs en Vrac ≈

 

Cake: Rock & Roll Lifestyle

Cake, How do you afford Rock & Roll lifestyleRock & Roll Lifestyle” (Egalement connu sous le nom de ”How Do You Afford Your Rock & Roll Lifestyle”) est un single qui, en 1993, marque les débuts de l’excellent groupe de Sacramento: Cake. Prosaïquement, la chanson pose de façon sarcastique le thème du mode de vie du fan de Rock qui, sous couvert de protestation, se livre à des abus en tout genre. Alcool et drogues servent de prétexte à un style de vie aux antipodes d’une passion sincère pour la musique. Plus amèrement les paroles évoquent le fait qu’acheter une image et se livrer à des excès ne correspond en rien à une forme de rébellion… Vous prendrez bien un morceau de gâteau?!

Ben dis donc! Ta collection de Cd flambant neufs doit douiller un max. Combien t’as payé ta superbe Moto Guzzi? et ton cuir noir? A ce tarif là, c’est toi ou tes parents qui financent? Combien t’as dépensé en alcool, en sorties et en concerts? Parfois même pour des trucs dont t’as même pas entendu parler. Combien pour ce ravissant t-shirt qui prouve que tu y étais? Comment tu fais pour financer ta vie en mode Rock & Roll?

Allez dis moi! Combien pour ce bout de guitare fracassée en fin du concert? Et combien paieras tu pour celle qui sera détruite à la fin d’un autre show? Pour vieillir en cuir, entre frais d’hôpitaux, médicaments et tattoos, ton foie paie cash l’enthousiasme et les excès de ta jeunesse. Tu n’es pas un rebelle. Tu consommes tout ce qui se vend. Ton autodestruction, ta déchéance et tes abus ils s’en tapent. Ils sont ravis de les entretenir. Tu n’arriveras pas à les abattre. [Traduction libre Marcel Destroy, extrait]

Marcel Destroy, Avril 2015

≈ Trucs en Vrac ≈

 

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