Joanna Connor – Six String Stories

Joanna Connor Six Strings Blues[Source Blues Web]: Joanna Connor voit le jour en 1962 du côté de Brooklin. Elle passe son enfance dans le Massachusetts et se retrouve très tôt baigné dans le Blues des albums de Taj Mahal et Jimi Hendrix que sa mère écoute à longueur de journée. Elle reçoit sa première guitare à 7 ans et adolescente elle forme plusieurs groupes à la High School qu’elle fréquente. Elle devient professionnelle en 1981, elle a 19 ans. En octobre 84 elle s’installe à Chicago et se retrouve au sein de The 43rd Street Blues Band, le groupe du guitariste Dion Payton. Joanna ravage littéralement les bars blues de la région avec ses solos de slide incendiaires et sa voix écorchée. Très vite sa réputation grandit allant jusqu’à la faire remarquer lors d’une prestation éblouissante quand elle assure derrière Payton pendant le concert au Chicago Blues Festival de 1987. Le signal est donné. La guitariste est prête et se sent capable de sillonner les Etats-Unis avec son propre groupe. Son premier album ″Believe It″ sort sur Blind Pig en 89 et un critique musical du Chicago Magazine décrit l’artiste comme ″le nouveau talent le plus excitant de la scène blues″. La même année, les lecteurs du magazine américain Guitar, la classent parmi les trois ″leading female guitar players″ de l’année reconnaissant en elle ″the spirit of Freddy King″. Elle reçoit également les félicitations de Buddy Guy, d’Otis Rush et de Jimmy Page. La dame enregistre ensuite plusieurs albums, notamment ″Living On The Road″, ″Rock’n Roll Gipsy″ et ″Big Girl Blues″. Sur ″Six String Stories″ paru en 2016, son style continue de s’affirmer sur des titres essentiellement Blues et Blues Rock, parfois teintés de Jazz mais toujours imprégnés de son jeu de slide guitar fulgurant. Alors bien sûr question physique et look vestimentaire nous sommes bien loin des canons guitaristiques à la Joanne Shaw Taylor ou Ana Popovic. Qu’importe! La Big Girl Blues n’a pas besoin de ça. Son talent a largement de quoi faire pâlir d’envie le haut du panier de la guitare au féminin. C’est sur scène, quand explosent une spontanéité, une énergie, une décontraction et une efficacité sans pareilles que Joanna Connor est inégalable, y compris lorsqu’elle s’exprime en petit comité lors d’une BBQ party. Hallucinant!

Patrick BETAILLE, janvier 2019

Poison Ivy – Smell of Female

Kristy Marlana Wallace aka Poison IvySous sa tignasse incendiaire, sommairement vêtue de tenues en latex ou transparentes, Kristy Marlana Wallace fait indéniablement partie de ces musiciennes qui savent manier le manche, souvent bien mieux que certains poseurs prétendument virtuoses. Depuis toujours Kristy Wallace est une bad girl. Maquillage outrancier, tenues sexy, indiscipline chronique lui valent d’ailleurs une expulsion de l’université de Sacramento et même un peu plus tard un séjour en prison. En 1972, alors qu’elle fait de l’auto stop, elle rencontre Erick Lee Purkhiser. Tous deux s’installent peu après à New York. Elle devient Poison Ivy, il prend le pseudo de Lux Interior et ensemble ils fondent The Cramps. Cette pulpeuse et provocatrice guitariste à marqué le Rock de sa forte personnalité au sein de ce combo formé à en 1975 et qu’elle dirige comme un gang. Son jeu, très influencé par Link Wray qu’elle vénère, est à l’image de sa vie violente, chaotique et speed. Porté par l’utilisation de cordes à fort tirant, une vitesse d’exécution fulgurante et une amplification fuzzy, le son de la Gretsch Chet Atkins 6120 de Poison Ivy Rorschach vomit ce son trash complètement explosif qui se marie parfaitement à l’excentricité de son compagnon de scène. Ainsi, la musique du couple influencée au départ de Surf Music et de Rockabilly vire rapidement à un Punk Rock à la tonalité Garage qui, surtout sur scène, s’exprime sur fond de drogue, de sexe et d’agressivité. What’s inside a Girl?

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Gibson – Le Retour!

Gibson LegendsEn mai dernier, criblées de dettes les guitares Gibson étaient sur le point de déposer le bilan! Quelques mois après ce coup de tonnerre sur le monde de la 6 cordes, l’orage semble s’éloigner. En effet, le fond d’investissement Kohlberg Kravis Roberts & Co (KKR pour les intimes) est sur le point de passer actionnaire majoritaire de la marque. James Curleigh, qui a déjà oeuvré en tant que redresseur d’entreprises en difficultés telles que les jeans Levi’s ou les confiseries Mars, sera le nouveau PDG de Gibson. ″En tant que musicien j’ai toujours pris soin de mes Gibson et j’éprouve le plus profond respect envers la marque et ceux qui ont choisi de lui faire confiancedéclare t’il en précisant que l’entreprise aura pour objectif de se recentrer sur son métier historique: la lutherie et la fabrication d’instruments. Allez Angus! Un coup de Mars et ça repart!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Jimmy Page – Fender Dragon Telecaster

Jimmy Page DragonCasterGénéralement quand on pense au guitariste de Led Zeppelin la première image qui vient à l’esprit c’est Gibson. Effectivement, à quelques exceptions près, Page a très souvent joué sur Les Paul et aussi sur la fameuse Gibson EDS-1275, celle de Stairway to Heaven. Ceci admis c’est oublier un peu vite qu’au tout début du dirigeable le guitariste utilisait une Fender de 1959 offerte par Jeff Beck en remerciement d’une intronisation au sein des Yardbirds. En 1967, inspiré par une idée de Syd Barret, le body de la guitare est doté de 8 petits miroirs ronds afin de pouvoir générer sur scène des effets de lumières. Un peu plus tard, les miroirs seront enlevés et la peinture d’origine poncée. Passionné de créatures de légende Jimmy réalise lui même le motif représentant un dragon. Par la même occasion le pickguard noir est remplacé par un modèle transparent sous lequel est glissé un film réfléchissant. A l’occasion du cinquantenaire de la fondation Led Zeppelin, Fender et Jimmy Page sont en partenariat pour rééditer début 2019 et en 50 exemplaires ces deux versions de la Telecaster sur laquelle Jimmy Page a enregistré la majorité des titres du premier album paru en 1969 et que l’on voit lors des concerts du groupe en 1968: Dazed and confused!
Patrick BETAILLE, novembre 2018

Fender – The Tim Armstrong Hellcat

 

Tim Armstrong HellcatGuitariste et chanteur des groupes punk américains Rancid et The Transplants, Timothy Lockwood Armstrong est aussi le gérant d’un label indépendant spécialisé dans le punk, le psychobilly et le hardcore: Hellcat Records. Sollicité par Fender, Tim Armstrong a donné à son acoustique un caractère et un style modernes en reprenant le logo du chat hargneux ″Hellcat″ de son label pour décorer en version nacrée les frettes 3, 5 et 7. La 12ème elle, est ornée de deux têtes de mort. La teinte brune de la table massive en acajou prédomine comme sur la Fender des années 60 que le guitariste utilise pour composer. Récemment relookée, la Fender Tim Armstrong Hellcat existe en plusieurs versions et coloris; on peut citer également la présence d’un pré-ampli Fender à accordeur intégré. Plus d’infos: Thomann.

 

 

Fender – Telecaster Elvis Presley

Fender Telecaster RosewwodCe prototype de Fender Telecaster Rosewood fait partie d’un lot de 6 exemplaires fabriqués en 1968 par le luthier Phil Kubicki pour être offerts aux artistes populaires de l’époque. Parmi eux Jimmy Hendrix et George Harrison qui s’en servit lors des sessions d’Abbey Road et du fameux Rooftop Concert de 1969. Le tout premier exemplaire de cette série fût remis à Elvis Presley qui l’utilisa quelques mois puis, la trouvant trop lourde, la renvoya à Fender. Après être passée entre les mains du compositeur Scott Turner, la guitare aujourd’hui estimée entre $90 000 et $100 000, a récemment été mise aux enchères chez Julien’s Auctions, sans toutefois trouver preneur. Pour le moment…

PB, juillet 2018

Eastwood Guitars – Crestwood Astral II

Eastwood Guitars Crestwood Astral IILa désignation ″Hollow Body″ s’applique à des guitares à corps creux. Les premiers modèles sont fabriqués dès 1930 afin de répondre aux exigences des musiciens de jazz qui ont besoin d’un volume sonore important. Au cours des 70’s, après maintes évolutions techniques, c’est la la Gibson ES-335 qui marque à jamais les esprits, grâce notamment à Chuck Berry ou Alvin Lee. D’autres marques ont occupé, avec plus ou moins de succès et de bonheur, le créneau de la ″Hollow Body″. Parmi elles, Epiphone et Gretsch bien sûr, mais aussi Hofner ou Ibanez et bien d’autres. Depuis 2001 la société canadienne Eastwood Guitars a investi le marché en proposant des fac-similés de guitares électriques ″Vintage″. Ces guitares, fabriquées en Corée du Sud, sont vendues sous les marques Eastwood et Airline. Aujourd’hui et via un financement participatif, Eastwood a décidé de rendre hommage à Jack White en sortant la ″Crestwood Astral II″, une copie de l’instrument que l’on peut entendre sur les premiers enregistrements des White Stripes, bien avant que Jack ne tombe amoureux de sa Airline fabriquée à l’époque aux USA par Valco et aujourd’hui également répliquée par Eastwood qui en a acquis les droits. Plus d’infos: Eastwood Custom Shop.

PB, juin 2018

Prince – Yellow Cloud Guitar

La guitare de Prince aux enchèresPrince! Instruments, tenue et objets ayant appartenu à l’artiste décédé en avril 2016, ont été mis aux enchères le 18 mai. Une des guitare du ″Love Symbol″ à fait exploser une estimation à hauteur de 60 000$. En 1989, cet instrument au design conçu par l’artiste, a été fabriquée sur mesure à Minneapolis par Barry Haugen & David Rusan pour le compte de Knut-Koupee Enterprises. La Yellow Cloud Guitar a été adjugée pour la modique somme de 225 000 dollars.

PB, mai 2018

 

Gibson – Les guitares ont le Blues

Faillite GibsonLe fabricant des légendaires guitares électriques Gibson vient de déposer le bilan. L’entreprise était en difficulté financière depuis quelques temps déjà et faisait depuis peu face à une échéance de dette de 375 millions de dollars d’obligations à rembourser ou à refinancer. Il apparaît que c’est principalement la tentative de diversification de la firme US dans les systèmes audio grand public (Philips) qui soit à l’origine de cette débâcle financière. Le groupe a finalement décidé de fermer se département pour se concentrer sur les instruments de musique et les systèmes de sonorisation professionnels. Gibson Brands, maison mère de l’activité guitares, est parvenue à un accord de restructuration avec la majorité des détenteurs des obligations en obtenant de la part de ses créanciers une nouvelle ligne de crédit de 135 millions de dollars. Le début de la fin? Henry Juszkiewicz, le patron de la marque se veut rassurant:  ″ce processus sera pratiquement invisible pour les clients, qui pourront continuer à bénéficier de produits et d’un service client sans égal. Source: Les Echos.

PB, mai 2018

Mick Taylor – I Wonder Why!

Mick Taylor Rolling StonesCela ne semble pas trop réussir aux guitaristes de fréquenter Keith Richard et les Rolling Stones. Mick Taylor, l’un des plus fins instrumentiste de la fin des 60’s, connut la même déchéance que son prédécesseur Brian Jones, la piscine en moins. Le jeune blondinet au phrasé limpide, mélodiste inspiré et accompagnateur efficace, avait été découvert par John Mayall qui l’avait accueilli au sein des Bluesbreakers. Embauché en juin 1969 par les Stones, il s’impose rapidement comme le meilleur soliste qu’ils aient jamais eu. Let It Bleed en 69, Get Yer Ya Ya’s Out en 70,  Sticky Fingers en 71, Exile on Main St en 72, Goats Head Soup en 73 et It’s Only Rock’n’Roll en 74 doivent leur succès en grande partie au jeu d’un Mick Taylor qui n’est même pas crédité sur les albums. La place épuise, et, miné par la pression du succès, les drogues, et les rancœurs engendrées par le comportement de Mick et Keith à son égard, il quitte le groupe en 1974. Entre déprimes, come back foireux (Jack Bruce, Gong) et contributions diverses (Little Feat, Mike Oldfield) Mick se cherche et sort en 1979 un premier album solo qui surprend par son approche jazzy et étonne par son manque de direction. Il faudra attendre 11 années pour écouter son second album solo. Enregistré en public, Stranger in this town est un vrai disque de Blues Rock qui reste à ce jour le plus représentatif de la finesse et du talent du guitariste. Malheureusement, mal distribuée, la galette n’apporte pas le succès escompté et par la suite la production de Mick Taylor se cantonnera à quelques témoignages mineurs sur son travail de session man ou de contributeur à des projets divers (Joe Houston, Carla Olson, Snowy White, etc…). Quel gâchis finalement! Tout ça à cause de quatre années passées chez les pierres qui roulent. I wonder why!

PB, avril 2018