Cette Fender, le maître du Texas Blues en fit l’acquisition en 1973. Il l’échangea contre une autre chez Heart of Texas Music, une boutique d’Austin. La légende prétend que la Stratocaster sur laquelle Steve Ray Vaughan jeta son dévolu aurait appartenu à Christopher Cross.
Celle qui allait devenir la ″ Number One ″ consistait au départ en un assemblage hétéroclite déjà passablement malmené. Elle comprenait un corps Sunburst de 1962, un manche de 1963 et des micros de 1959. D’emblée, Stevie remplaça le pickguard blanc par un modèle noir décoré avec des autocollants ″ SRV ″. Le texan et son technicien René Martinez travaillèrent beaucoup sur l’instrument. Le plus souvent, il s’agissait de remises en état dues à une utilisation intensive par son propriétaire.
Le manche épais en forme de D convenait parfaitement au guitariste mais son jeu puissant eut souvent raison de la touche. Les frettes ont été changées tellement de fois que finalement la pièce elle-même a dû être reprofilée. Afin d’éviter la casse quasi quotidienne des cordes à fort tirant, des bouts de gaine plastique ont été ajoutés autour de la base des cordes, dans le chevalet. Conséquence de l’ajout de ressorts sur le mécanisme de vibrato: il fallait une force telle pour actionner le levier qu’il finissait par se briser. Le tremolo d’origine a donc été remplacé par un modèle pour gaucher de sorte que le point de pivot du bras se trouvait non plus sous les cordes, mais au-dessus.
Finalement, après la mort de Stevie en 1990, René Martinez a réinstallé le manche de 1963 qui avait été remplacé après une casse lors d’un concert. Il a ensuite offert la guitare au frère de SRV, Jimmie Vaughan. La ″ Number One ″ (appelée aussi First Wife) est conservée précieusement par le leader des Fabulous Thunderbirds qui, au début des années 2000, à donné à Fender l’autorisation de lancer la production d’une centaine de répliques.
