.38 Special – Décès de Larry Junstrom

Décès de Larry Junstrom Lynyrd SkynyrdQuand on évoque Lynyrd Skynyrd et, entre autres musiciens son bassiste, le premier nom qui vient à l’esprit c’est Leon Wlikeson. Pourtant avant lui et jusqu’en 1971 c’est  Larry Junstrom qui tenait le manche de la 4 cordes au sein du combo de rock sudiste à la formation duquel il avait contribué et qu’il avait ensuite quitté avant l’enregistrement de leur premier album. En 1977 il rejoint 38 Spécial et y restera jusqu’en 2014. Larry Junstrom est décédé le 7 octobre, il avait 70 ans.

Patrick BETAILLE, octobre 2019

Ginger Baker – Dernier coup de Cymbale

Décès de Ginger bakerAu cours de années 60-70 le tempo du rock était donné par de grands batteurs qui par leur style et leur talent ont élevé la rythmique au rang de grand art. Parmi eux l’histoire retiendra le flegmatique Charlie Watts, impassible derrière le sautillant Mick Jagger, Mitch Mitchell, ce Picasso de la baguette seul capable de comprendre et donc d’ accompagner les Expériences novatrices de Jim Hendrix, et enfin Ginger Baker. Tous trois avaient une attirance pour le jazz. C’est probablement en ce sens qu’ils ont pu apporter au rock une forme de sophistication bienfaitrice. La légende, Ginger Baker y entre en rejoignant Eric Clapton et Jack Bruce pour former Cream, célèbre power trio qui, avec seulement 2 ans d’existence, a définitivement marqué l’histoire du rock. Après la dissolution du groupe rongé par la dope et les problèmes d’ego, ce batteur inventif et explosif mais aussi caractériel et junkie impénitent, n’a de cesse d’afficher son mépris pour le rock, son public, et les autres batteurs qu’il a influencé, y compris John Bonham ou Keith Moon qui d’après ses propres mots ″ne savent pas swinguer″. Gravement malade, Ginger Baker est décédé à l’hôpital le 6 octobre 2019.

Patrick BETAILLE, octobre 2019

Cal Schenkel – Frank Zappa: We’re Only in It for the Money

Cal Schenkel: Zappa We're In It for the MoneyEn 1968, le mouvement hippie et ses élucubrations fleuries laissent Frank Zappa de marbre et les appels du pied des tendances Rock Psyché du moment lui en touche une sans faire bouger l’autre. Même l’unanimement plébiscité Sgt. Pepper’s des Beatles paru un an plus tôt ne trouve pas grâce auprès de ce Dali des sixties qui trouve l’album ″pas mal mais sans plus″ allant même jusqu’à déclarer: ″Ils ne m’ont jamais fait fantasmer. J’avais le sentiment qu’ils n’étaient motivés que par l’argent″. Fidèle à sa réputation de génie cynique et rebelle, le guitariste californien accompagné de ses Mothers of Invention sort en octobre 68 We’re only in it for the money, En plus du titre provocateur (″On est là que pour le fric!″) ce quatrième album du Zap est bourré de propos acerbes sur les policiers, les réactionnaires, les racistes ou les hippies. Musicalement parlant les 19 morceaux, dont certains d’à peine une minute et même 26 secondes pour Hot Poop (Caca Chaud!) font souvent l’objet de divagations déjantées à base d’assemblages sonores, d’effets spéciaux, de distorsions et de bruitages. Mais le plus saisissant réside dans le visuel qui parodie clairement le Sgt pepper’s lonely hearts club band des 4 de Liverpool. Cal Schenkel réalise pour le recto un collage de personnages (dont Jimi hendrix) avec au premier plan les Mothers au complet et une grosse caisse sur laquelle figure le titre de l’album. Au verso, paroles imprimées sur fond rouge et en guise d’encart la photo des 7 membres du groupe alignés sur un fond jaune. Ce cliché est signé Jerry Schatzberg, le photographe qui a fait poser les Stones déguisés en femmes pour la pochette de leur 45 tours Have You Seen Your Mother, Baby, Standing in the Shadow? Ici pas de grimage pour l’hirsute combo, juste des accoutrements féminins improbablement kitsch. Zappa demande la permission de publier l’artwork en l’état à Paul McCartney mais ce dernier lui suggère de s’adresser à sa maison de disques. Refus catégorique de Capitol Records; on ne touche pas aux Beatles! Verve Records, la maison de disque de Zappa, prend donc la décision de faire figurer  l’image  controversée à l’intérieur et de la remplacer par la photo du groupe. La censure ne s’arrête pas là. Le label fait passer certaines phrases jugées malsaines à l’envers pour les rendre inintelligibles et d’autres sont carrément coupées sans que le Maître en soit informé. En 1984, We’re only in it sera réédité  avec les paroles d’origine et quand il est élu parmi les meilleurs albums de tous les temps, Zappa se contente de maugréer: ″Je préfère que la récompense aille à ceux qui ont censuré cet album, ils la méritent plus que moi″.

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

Septembre Noir pour la New Wave

Décès de Rick OcasekDe son vrai nom Laurent Biehler, ce musicien claviériste français a été l’un des membres fondateurs du groupe français Post Punk des années 70-80, Taxi Girl.  Six ans après la disparition de Daniel Darc, Laurent Sinclair est décédé le 2 septembre 2019 à Paris à l’âge de 58 ans.

Philippe Pascal, voix incontournable de la scène musicale rennaise. Le chanteur du groupe New Wave Marquis de Sade, formé en 1978, dissout en 1981 et reformé en 2017, aurait mis fin à ses jours dans la soirée du 12 septembre. Il avait 63 ans.

Le 15 septembre le rock perd une autre de ses légendes. Ric Ocasek, chanteur et guitariste du groupe The Cars, pionnier de la New Wave, a été retrouvé mort à son domicile. Il avait 75 ans.

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

Boxer – Below the Belt

Nigel Thomas Censure Boxer, Below the BeltLa première tentative du groupe Boxer, Below the Belt, sort en janvier 1976 chez Virgin. Malgré la présence de Mike Patto (ex Spooky Tooth) au chant et aux claviers, ce premier opus se distingue plus par son Cover Art que par des compostions somme toute assez poussives.  A partir d’une photo d’ Alex Henderson, Nigel Thomas élabore le packaging de l’album. Au recto, Stepanie Marrian, une habituée de la page 3 du tabloïd The Sun,  pose nue, jambes écartées, avec pour seul accessoire un paire de talons aiguille… rouges. Dans le prolongement d’un bras, un gant de boxe vient opportunément cacher l’entrejambe du top model. Au verso par contre le bras tendu du boxer disparaît, dévoilant sur la même photo la pilosité généreuse de la belle brune qui à l’occasion se voit affublée d’une paire de gants… rouges. Pas moyen de se concentrer sur le tracklisting qui pourtant figure en bonne place! Pour le marché américain, la toison pubienne sera recouverte dans un premier temps par une ceinture de boxeur à l’effigie du groupe, puis, pour les éditions suivantes par une réduction de la photo illustrant l’intérieur du LP. Malgré tout, ne suscitant que peu d’intérêt et de succès, Boxer splittera deux albums plus tard en 1979.

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

Neal Casal – Fade Away

Neal Casal Fade Away Diamond TimeA l’âge de 13 ans Neal Casal reçoit pour son anniversaire deux cadeaux: une guitare et Exile on Main Street, l’album des Rolling Stones qui sera à l’origine de sa fascination pour le rock. Peu connu, le chanteur multi-instrumentiste californien connait pourtant une carrière prolifique, notamment aux côtés de Ryan Adams, Phil Lesh (ex Grateful Dead) et Chris Robinson (ex Black Crowes). En 1990, il intègre en tant que guitariste, Blackfoot, le groupe de rock sudiste de Rick Medlocke, avec qui il enregistre Medicine Man. Après quelques albums solos dont l’excellent Fade Away Diamond Time paru en 1995, le guitariste rejoint Hazy Malaze, puis Ryan Adams & the Cardinals. Le 26 août 2019, ce musicien talentueux, prolifique et apprécié a mis fin à ses jours à l’âge de 50 ans. 

Ecouter: 1995, Fade Away Diamond Time, un premier album classieux, à la fois folk, rock et country  dans la plus pure veine Eagles ou Jackson Browne. Sweeten the Distance le dernier album paru en 2012 empreint d’une americana laid back et harmonieuse.

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

Canned Heat – Décès de Larry Taylor

Décès du bassiste Larry TaylorAvant de rejoindre Canned Heat en 1967, Larry Taylor se fait connaitre en tant que musicien de session pour Jerry Lee Lewis et les Monkees. Après avoir tenu la basse aux côtés de Bob Hite et du guitariste Alan Wilson lors du Monterey Pop Festival en 1967 et à Woodstock en 1969, le musicien quitte le groupe et part rejoindre The Bluesbreakers de John Mayall avec qui il enregistre de 1969 à 1977. Parallèlement il collabore avec Harvey Mandel et avec Tom Waits de 1980 à 1992. Dans l’intervalle on ne compte plus les albums sur lesquels il figure aux côtés entre autres de Albert King, Solomon Burke, Buddy Guy, Charlie Musselwhite, JJ Cale, Ry Cooder et John Lee Hooker. …Il était un monstre sacré de la basse électrique et acoustique; l’un des meilleurs que l’histoire ait connu…″ [Walter de Paduwa]. Malade depuis depuis des années et se refusant à tout traitement Larry Taylor, surnommé ″The Mole″ (La Taupe), nous a quitté le 19 août 2019 à l’âge de 77 ans.

A écouter: Avec Canned Heat: Boogie with Canned Heat (Chef d’oeuvre incontestable paru en 1968). Avec John Mayall: Back to the Roots (1971). Avec Tom Waits: Rain Dogs (1985).

Patrick BETAILLE, août 2019

 

La Cène – The Last Rock Supper

De gauche à droite: Bob Marley, Freddie Mercury, James Brown, Johnny Cash, Sid Vicious,  Janis Joplin, Elvis Presley, John Lennon, Kurt Cobain, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Jerry Garcia et Frank Zappa.
Last Rock Supper
De par leur notoriété, certaines œuvres de la culture occidentale font régulièrement l’objet de reprises constantes dans la culture contemporaine, notamment au travers de copies, parodies, mises en scène et autres détournements. C’est le cas de La Cène peinte par Léonard de Vinci en 1495-1497. Dans cette interprétation pour le moins inattendue on retrouve le gotha de célébrités aujourd’hui disparues après avoir écrit quelques unes des plus belles pages de l’histoire du Rock. Personnage principal, c’est bien sûr le King Elvis qui préside ici The Last Rock Supper. L’on peut noter aussi que le rôle de Judas est tenu par Johnny Cash et que l’apôtre Pierre se retrouve dans la peau de Sid Vicious. Marie Madeleine, elle, devient hilare sous les traits d’une Janis Joplin probablement bourrée. En bout de table siège Simon, le comique de circonstance qui se retrouve sublimé en Frank Zappa à poil sur une cuvette de WC. A noter également les murs tapissés d’affiches de concerts de Muddy Waters, Jefferson Airplane et Grateful Dead. ″Mais alors nom de Dieu de bordel de merde!! Y’a donc rien de sacré pour vous!?!″ (Hamster Jovial).

Patrick BETAILLE, août 2019

Sam Dunn – ZZ Top

Rockumentaire ZZ TopThat Little Ol’Band from Texas. C’est le titre de ce documentaire de Sam Dunn consacré aux barbus les plus célèbres de l’histoire du Rock. Depuis la fin des années 60, Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard jouent un mélange bien dosé et souvent détonnant de blues et de rock. Toujours ensemble, le trio évoque au cours d’interviews les débuts difficiles quand ils se produisent dans les rades au fin fond du Texas mais aussi l’épopée des clips MTV, le roadster Ford V8 et les filles de rêve d’ Eliminator. Il est aussi question aussi de la folie de certains shows qui feront de ZZ Top un phénomène mondial et des addictions de Franck  Beard. Au cours des 90 minutes de visionnage nombreuses sont les images d’archives de concerts, les témoignages et les anecdotes. ″Frank s’en foutait de ne pas avoir la barbe, il avait déjà le nom!″ (Billy Gibbons). Figurent même des rushes, visiblement tournés pour l’occasion au cours desquels les texans jouent plusieurs de leurs  titres (Blues shuffle in C, Brown Sugar, La Grange et Blue Jean Blues). Le film fera l’objet d’une première mondiale le 13 août à Hollywood, peu avant le début de la tournée mondiale qui fêtera les 50 ans de carrière du groupe. Pas de sortie prévue dans les salles françaises mais en attendant la sortie en Dvd chez Eagle Rock il est encore possible de visionner le documentaire déjà diffusé sur Arte le 21 juin et disponible jusqu’au 19 septembre: That Little Ol’Band from Texas.

Patrick BETAILLE, juillet 2019

Sophie Rosemont – Girls Rock

Les filles du RockEn 1922, c’est une femme, Trixie Smith, qui utilise pour la première fois le vocabulaire du rock dans sa chanson: My man Rocks me with one steady Roll″.(NdT: Mon mec me culbute vigoureusement). La Musique, Sophie Rosemont, journaliste aux InRocks et à Rolling Stone, elle connait! Depuis de nombreuses années elle grenouille dans le monde du Rock et elle a eu la chance de pouvoir rencontrer, côtoyer et interviewer bon nombre de représentants d’un genre qui le plus souvent se définit au masculin. En effet, quand on parle de légendes, généralement c’est de mecs dont il s’agit. Quand ça et là sont évoquées des Yoko Ono ou des Courtney Love, c’est en tant que ″femme de″ et ″copine de″. Quand sont retracés les parcours de Janis Joplin ou Amy Winehouse c’est au travers de la vision étriquée de leur penchant pour la bouteille. Ces figures mythiques ne sont que très rarement considérées pour ce qu’elles représentent en tant que valeur artistique, apport culturel ou influence. Girls Rock avec ses 350 pages s’attarde sur quelques 140 musiciennes qui au travers de leurs œuvres et de leurs talents ont largement contribué à l’édification du temple dédié à la musique populaire. Certes toutes n’y sont pas mais Rosetta Tharpe, P.J Harvey, Aretha Franklin, Patti Smith, Kate Bush, Cat Power, Poly Styrène, Nico et toutes les autres sont ici invitées. Histoire, style, engagement, rumeurs et discographie sont abordés au travers de bios, d’anecdotes et de témoignages qui soulignent l’importance de la Girl Power. Même sur fond de machisme et de discrimination, plus qu’un livre connement féministe, Girls Rock doit être considéré comme un document partial mais indispensable qui met au placard les groupies peroxydées pour rendre justice à ces oubliées du collectif musical. ″Les femmes ont des couilles. Elles sont juste un peu plus haut placées, voilà tout![Joan Jett].

Patrick BETAILLE, juillet 2019