The Jaded Hearts Club – You’ve always been there

En ces temps difficiles, s’agissant de  trouver une échappatoire à la sinistrose ambiante, tout est bon à prendre. Alors pourquoi ne pas jeter une oreille – surtout pas distraite – sur The Jaded Hearts Club qui jusqu’alors n’existait que sur scène sous le nom de Dr. Pepper’s Jaded Hearts Club Band (Salut sergent, ça va?). Initialement, l’idée vient du guitariste Jamie Davis qui pour son anniversaire décide de monter un groupe pour rendre hommage aux 4 de Liverpool. Davis fait donc appel à quelques potes. Miles Kane (The Last Shadow Puppets), Nic Cester (Jet), Matthew Bellamy (Muse), Sean Payne (The Zutons) et Graham Coxon (Blur) se retrouvent réunis pour une série de gigs. C’est ainsi qu’en 2019 un premier album live issu d’un concert donné au 100 Club de Londres est publié en édition limitée (vinyle blanc 180 gr) au profit du Shooting Stars Children’s Hospice. Le plaisir est au rendez-vous, public et musiciens y trouvent leur compte et l’alchimie de ces instants se traduit par l’envie d’entrer en studio et de mettre sur bande leur appétence pour la Soul de chez Motown. ″De la même manière que le jazz réinvente de vieux morceaux, nous entretenons la tradition de groupes comme les Beatles ou les Stones à leurs débuts : trouver de bons standards de blues et de soul pour ensuite les jouer dans une veine plus moderne″ (Matthew Bellamy). Des Isley Brothers aux Sonics en passant, entre autres, par Marvin Gaye et Screamin’ Jay Hawkins, les 11 titres de You’ve always been there rendent hommage aux sixties de la plus belle des manières. Avec ce premier essai (transformé), on redécouvre en versions rock des titres mythiques dont certains maintes fois repris. Pour en apprécier la fraicheur et l’énergie brute il faut bien sûr laisser de côté tout ce que peut susciter le concept de supergroup et éviter de se poser la question du pourquoi et du comment ça va durer ou finir. Il faut juste se laisser embarquer par un brillant revival conduit de main de maitre par une poignée de musiciens talentueux. Ok! Cet album ne va ni réécrire l’histoire du rock, ni sauver le monde. Reste qu’en tant que remède à la mélancolie, entre 30 minutes de fun et 3 minutes de Gad Elmaleh qui massacre Nougaro, le choix est vite fait!

Tracklist: 1 – We’ll Meet Again. 2 – Reach Out I’ll Be There. 3 – Have Love Will Travel. 4 – This Love Starved Heart of Mine. 5 – Nobody but Me. 6 – Long and Lonesome Road. 7 – I Put a Spell on You. 8 – Money. 9 – Why When the Love Is Gone. 10 – Love’s Gone Bad. 11 – Fever.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

Baron Wolman – Décès du Photographe de Rolling Stone

En avril 1967, le photographe américain Baron Wolman fait la connaissance d’un certain Jann Wenner, un jeune écrivain sur le point de lancer un nouveau type de périodique. Séduit par le concept, Wolman accepte d’apporter sa contribution à ce qui allait devenir l’étendard de la culture hippie et, très rapidement, la référence absolue en terme d’actualité musicale: Rolling Stone. Basé à San Francisco, ce boulimique de l’image et fan absolu de musique, mitraille tout ce qui bouge sur une scène en pleine révolution. Ses photographies de Janis Joplin, des Stones, de Frank Zappa, des Who, de Jimi Hendrix, de Joan Baez, Iggy Pop, Pink Floyd, Bob Dylan, des Grateful Dead, de Jim Morrison et de tant d’autres deviennent les références graphiques de la mise en page du magazine. Mais peu à peu, l’approche ″sur le vif″ et quelque peu brute de décoffrage de l’artiste, doit laisser place à des faiseurs d’images plus stylisées – souvent réalisées en studio – publiées uniquement avec l’approbation des musiciens et de leur management. En 1970, après trois ans de collaboration, Baron Wolman quitte Rolling Stone pour fonder Rag, son propre magazine de mode et un peu plus tard il se lance dans la photo aérienne qu’il met en pratique à bord de son Cessna. À la fois spectateur et observateur, ce témoin de moments parmi les plus emblématiques de l’histoire du rock vient de ranger son matériel. Définitivement. Il est décédé le 2 novembre à l’âge de 83 ans. ″Les photos de Baron nous ont donné un aperçu rare, complet et précis de son époque, et son intelligence visuelle restera inégalée″ (Dianne Duenzl, photographe).

En plus d’une visite indispensable sur le site Baron Wolman Photography, des images d’hier pour des souvenirs de demain:  Every Picture Tells a Story. 176 pages de témoignages visuels datant des années Rolling Stone. Groupies and Other Electric Ladies: bel hommage aux groupies qui témoignent sur le monde du rock côté coulisses. Woodstock: Tout est dans le titre. Le festival dans toute sa démesure avec un reportage essentiellement axé sur l’ambiance et le public.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

Blues Pills – Holy Moly

Initialement, le troisième album des Blues Pills était prévu pour juin 2020. Sortie finalement décalée pour cause de… Gagné! Holy Moly succède donc Lady In Gold paru il y a déjà 4 ans. Déjà? Depuis, le groupe a connu un changement significatif avec notamment le départ du guitariste Dorian Sorriaux parti voguer sur d’autres sillons en 2018. Le prodige français est désormais remplacé par Zack Anderson qui céde sa place de bassiste à un nouveau venu: Kristoffer Schander. Vous suivez? Par contre, question ambiance, son et énergie rien ne change. Les suédois persistent et signent avec un rock psychédélique, bluesy et vintage à souhait, remarquablement porté par la voix d’Elin Larsson. Que ce soit à cappella ou dans des registres plus pêchus, les accents jopliniens de la chanteuse ne manquent pas de venir flatter les tympans de ceux qui rêvent d’un jumelage entre Stockholm et le Frisco du Big Brother & the Holding Company de la fin des sixties. En pariant sur les talents de la blonde Elin le quatuor rafle le jackpot et confirme son talent à promouvoir une musique riche et structurée. On pourrait regretter la finesse du jeu de Dorian Sorriaux mais, honnêtement, Zack est lui aussi un sacré guitariste. Énervé et magistral, soutenu par une bonne rythmique, il occupe brillamment un espace qu’il ne se prive pas de ponctuer d’habiles solos de wah-wah. La température monte en Scandinavie et pour une fois le réchauffement climatique n’y est pour rien! Avec ce Holy Moly, Blues Pills ne devrait pas manquer pas de convaincre les adeptes du genre et les fans de la première heure. Suivez mon regard.

Tracklist: Proud Woman 3:35. Low Road 3:18. Dreaming My Life Away 2:43. California 3:10. Rhythm In The Blood 3:50. Dust 3:51. Kiss My Past Goodbye 3:02. Wish I’d Known 4:28. Bye Bye Birdy 4:04. Song From A Mourning Dove 5:34. Longest Lasting Friend 3:57.

Patrick BETAILLE, octobre 2020

Spencer Davis – Gimme Some Lovin’

En 1963 le guitariste-chanteur Spencer Davis voit juste en faisant appel aux frères Winwood (Stevie aux claviers et au chant, Muff à la basse) et au batteur Pete York pour mettre en place ce qui allait devenir l’une des formations phare de la British Invasion des années soixante: The Spencer Davis Group. En trois ans ces gars là se payent le luxe de détrôner les Beatles dans la course aux meilleures ventes de la pop britannique. Keep on Running c’est eux. Le Gimme some Lovin’ survitaminé par The Blues Brothers, c’est aussi eux. Et le I’m a Man qui fit les riches heures du Chicago transit Authority, c’est encore eux! Malheureusement, des problèmes d’egos conduisent à l’éclatement du quatuor de Birmingham. En 1967, Stevie Winwood part fonder Traffic puis Blind Faith avec Eric Clapton en 1969. Spencer Davis lui se consacre désormais au folk et à la country rock. Sans grand succès. Parti aux USA, il travaille pour Island Records, contribue à l’éclosion de Bob Marley, Eddie & The Hot Rods et Robert Palmer. À l’occasion il compose aussi pour les Allman Brothers, Dusty Springfield et Booker T. Malgré des tentatives de réunification en 1973 et en 2006, sans les frères Winwood, le Spencer Davis Group devient bel et bien de l’histoire ancienne. Spencer Davis vient de décéder des suites d’une pneumonie. Il avait 81 ans.

Patrick BETAILLE, octobre 2020

Décès du batteur de Uriah Heep, Lee Kerslake

La reconnaissance et le succès international, Lee Kerslake ne l’aura connu que tardivement quand il a participé aux enregistrements des albums de Ozzy Osbourne Blizzard Of Ozz en 1980 et Diary Of A Madman en 1981. Il faut noter que sur cet album, Kerslake ne figure pas aux crédits. Son nom est remplacé par le nom de celui qui lui succéda sans avoir participé aux sessions: Tommy Aldridge. En tant que batteur, ce musicien anglais a passé plus de 30 années derrière les fûts de l’honorable et souvent mésestimé Uriah Heep, groupe de heavy rock progressif qu’il avait donc quitté en 1980 et qu’il rejoindra lors de sa reformation pour y rester jusqu’en 2008. Cette année là, Lee est atteint d’un cancer avec complications contre lequel il luttera jusqu’en ce jour de 2020. Sa mort a été confirmée par son ami et coéquipier d’Uriah Heep, Ken Hensley, qui a déclaré que Kerslake était décédé aux premières heures du samedi 19 septembre.

Patrick BETAILLE, septembre 2020

Jimi Hendrix – Business is Business!

Il y a 50 ans disparaissait celui à jamais considéré comme le plus prodigieux musicien de l’histoire du rock. De son vivant, Jimi Hendrix n’a sorti que trois albums studio: Are You Experienced et Axis: Bold As Love en 1967, Electric Ladyland en 1968. Peu avant sa mort, le gaucher de Seattle avait autorisé la parution d’un témoignage live tiré du concert qui eut lieu le 1er janvier 1970 au Fillmore East de New York. Band of Gypsys fut enregistré sans l’Experience mais avec le bassiste Billy Cox et le batteur Buddy Miles. Le disque paraitra le 25 mars 1970. Après le décès de Jimi en septembre 1970, une foultitude de disques posthumes ont inondé le marché. Fonds de tiroirs de studios, extraits de concerts, compilations, pirates officiels et non-officiels, maquettes et autres versions alternatives. Au total, une bonne centaine de galettes. Un véritable pillage mercantile et lucratif de l’œuvre et de l’approche artistique d’un musicien d’exception. 50 ans après que reste t’il? Un goût amer dans la bouche de ceux qui, comme moi, restent persuadés qu’Hendrix a changé le cours de l’histoire du rock et qui se demandent encore ce qui aurait pu advenir si la faucheuse n’avait pas frappé à la porte d’une chambre d’hôtel londonien, le 18 septembre 1970.

Ecouter: Parmi la débauche de disques publiés post mortem il faut quand même et à minima en retenir deux. 1 – Le live Hendrix in the West regroupant de belles performances au Royal Albert Hall de Londres et à San Diego en 1969 et à Berkeley et à l’île de Wight en 1970. 2 – BLUES: une magnifique exploration des racines musicales du guitariste, le blues. Il convient également de ne pas passer à côté du beau documentaire Hear my Train a Comin’ qui brosse un portrait riche et émouvant du musicien.

Patrick BETAILLE, septembre 2020

Phil May – Don’t bring me Down

The Pretty Things perdent leur chanteur Phil MayContrairement aux Beatles, Who et aux Stones,  les Pretty Things ont passé la première partie de leur carrière à courir après le succès. Contrairement à ses concurrents, le groupe formé par  Dick Taylor – qui venait de quitter les Stones – était mal conseillé, mal géré et mal produit. Ceci expliquant cela, mais en partie seulement. Tous caractériels, lunatiques et bornés, les gars n’en faisaient qu’à leur tête. Une gueule, une présence et une voix, celle de Phil May, le seul qui, contre vents et marées, parvenait à peu près à canaliser les quatre chiens fous qui l’accompagnaient. Musicalement, mais pas seulement. Car May assurera seul, avec un indéfectible entêtement, la continuité des Pretty Things au cours d’une carrière pour le moins chaotique. Adoré par Page et Plant, le groupe sera la première signature du label créé par Led Zeppelin : Swan Song, Un nouvel album de The Pretty Things devait devait voir le jour cette année mais près presque 60 ans de carrière le leader charismatique disparaît connement. Le 15 mai, à 75 ans, Phil May décède des suites d’une une grosse intervention chirurgicale après une chute à vélo. Et ça c’est pas rock’ n’ roll bordel!

Ecouter: En plus des singles dévastateurs que sont, entre autres, Rosalyn ou Don’t Bring Me Down: SF Sorrow 1968. L’opéra rock psychédélique par excellence avec son Loneliest Person, l’une des plus émouvantes prestation de Phil May. Rage Before… Beauty 1999. Peu connu, sous-estimé et pourtant!

Patrick BETAILLE, mai 2020

Moon Martin – Bad News

Bad News, Moon MartinÀ la fin des années 70 il obtient un gros succès avec Rolene, mais sa chanson la plus connue est un tube interprété par Robert Palmer:  Bad Case of Loving You. Guitariste-chanteur-compositeur, Il est aussi l’auteur de Cadillac Walk, repris et popularisé par Mink DeVille. En 1980 sort l’album  Street Fever sur lequel figure Bad News, le titre qui vaudra à ce talent discret, à ce ″Droopy″ du rock,une popularité grandissante en France.  Moon Martin vient de nous quitter. Il est décédé à Los Angeles ce mercredi 13 mai à l’âge de 69 ans.

Patrick BETAILLE, mais 2020

Confinement – La Face Cachée

La Joconde version destroyConfinement oblige, le Louvre, comme beaucoup d’autres temples de la culture, a fermé ses portes. Privées de public et préservées de l’affluence des grands jours, les stars du lieu en profitent pour se débarrasser de l’image qui leur colle à la peau depuis des lustres.  À l’abri des regards, Mona Lisa se laisse aller à ce qu’elle a toujours voulu être: une Rock Star!

Patrick BETAILLE, avril 2020

Alan Merrill – I Love Rock ′n′ Roll!

Alan Merrill, I Love Rock 'n' RollQui connait The Arrows? Qui se souvient de Alan Merrill? Pas vous? Et si je vous dis I Love Rock’n’Roll, ça vous parle? C’est bien Alan Merrill, leader de The Arrows, qui est à l’origine de ce qui allait devenir un hymne rock. Composé en 1975, I Love Rock’n’Roll  figure en 1982 sur le premier album de Joan Jett  & The Blackhearts. C’est cette reprise qui propulse la chanson au sommet de la musique rock et sa brune interprète au rang de star internationale. Alan Merrill est décédé des suites de complications dues au Covid-19. Le chanteur avait 69 ans. ″Je me souviens encore du jour où j’ai vu The Arrows à la télé à Londres et comment j’ai été soufflée par leur chanson″ [Joan Jett].′

Patrick BETAILLE, mars 2020