Dax: Motors n’ Blues 2017

Laura Cox & Popa Chubby

Neuvième édition pour ce festival qui a vu le jour en 2009. Organisé dans les Landes par la ville de Dax, le Motors n’ Blues propose de nombreuses animations avec en point d’orgue des événements autour de la Moto et de la Musique. Cette année encore le Blues est à l’honneur avec des têtes d’affiche de haute tenue. Le vendredi 7 juillet les filles de Little Girl Blue et de Minnie Marks conjugueront le Blues au féminin qui, en clôture, exprimera toute son énergie et sa puissance avec Laura Cox. Samedi 8 Juillet c’est la nuit des Tributes. Deux groupes rendront hommage à Stevie Ray Vaughan et ZZ Top avant de laisser la place à l’ immense (!) Popa Chubby qui lui se consacrera au répertoire de Jimi Hendrix. Le dimanche 9 juillet Mountain Men fermera la scène musicale avec leur dernier album Black Market Flowers mais pas que. Voilà pour une partie des 14 concerts gratuits sur 3 jours. Mais le Motors n’ Blues festival c’est aussi des tremplins jeunes talents, des balades moto, des expos, des stands (Indian, Victory…) et surtout une ambiance qui fait qu’ en quelques années la fréquentation des lieux est passée de 4000 à 25 000 visiteurs. Infos, détails, programmation et extraits video:  Motors n’ Blues 2017.

∞ La Guitare dans tous ses états ∞

Chris Spedding, Motorbikin’

Chris Spedding, Motorbikin'Ils ont eu beau tout tenter, ils n’ont jamais décroché le banco dans la grande loterie du Rock. Chris Spedding fait partie de ces fils maudits tout simplement parce qu’ au début de sa carrière il eut la malencontreuse idée de se cantonner au rôle de session man. Son énorme talent a été constamment employé à contresens par des têtes d’affiche aussi variées que Bryan Ferry, les Sparks, John Cale et beaucoup d’autres. Chris Spedding est pourtant un vrai rock’n’roll man qui, victime d’une personnalité pas toujours très claire, n’a compris qu’un peu tard qu’il pouvait exploiter pour son propre compte sa virtuosité et ses compostions intéressantes. La popularité, il la rencontre en 1977 à la sortie de son cinquième album. Eponyme, le disque en question contient le fameux ″Guitar jamboree″ au cours duquel Chris imite le jeu d’ Albert King, Chuck Berry, Jimmy  Hendrix, Keith Richard, Eric Clapton, Jimmy, Page etc… En bonne place également, un single déjà publié en 1975 et qui a pour thème la Moto:

″… Too fast to live, too young to die. Écoute, c’est pas des blagues, j’ai eu ma nouvelle bécane aujourd’hui, c’est à couper le souffle! Viens je t’emmène où tu veux! Crois moi, à 150 c’est tellement bon de se sentir vivant″ [Traduction libre: Marcel Destroy, extrait]. Ce titre, qui à l’époque est entré au top 20 anglais, c’est Motorbikin’ !

∞ La Guitare dans tous ses états ∞

Chuck! Le nouvel album de Berry

Le dernier disque sorti du vivant de Chuck Berry date de 1979! A sa sortie, ″Rock it″ ne suscite que peu d’intérêt et, dépité, le chanteur guitariste décide alors de laisser tomber les compos pour se consacrer à la scène. Il se remet toutefois à l’écriture dans les années 2000 et enregistre chaque fois que l’envie et l’enchainement des tournées lui en laisse le loisir. La sortie de ″Chuck″, le nouvel opus, était prévue le jour du 90ème anniversaire de l’artiste. La grande faucheuse en a décidé autrement et c’est 3 mois après la mort de ″Crazy Legs″ que l’on peut découvrir ces dix nouveaux titres qui se révèlent être source d’indéniable plaisir. La voix est claire, assurée et énergique et le jeu de guitare, reconnaissable entre tous, toujours aussi incisif et assuré. Les riffs sont immédiatement reconnaissables; ils sont ceux avec lesquels le Maître a défini les règles du Rock’n’Roll dans les années 50 et 60. Malgré un ″Jamaica moon″ aux accents du même tonneau et ″Enchiladas″, une reprise de Tony Joe White, Chuck fait la part belle au Blues et Berry glorifie ce Rock qui résonne encore des échos de ″Roll Over Beethoven″ ou ″Maybellene″. Qui va s’en plaindre? Certainement pas la Lady B. Goode ou les Big Boys!

Marcel Destroy, juin 2017

♫ La Discothèque idéale ♫

Hotel California: Les Eagles attaquent

Joe Walsh & Don Felder, Hotel California″Welcome to the Hotel California, such a lovely place…″ Bien que les Eagles n’aient jamais entrepris quelque démarche que se soit pour protéger le nom lié à leur tube planétaire, et à l’album du même nom, les voilà qu’ils se réveillent tout chafouins. Au moment du check out, le groupe attaque en justice les propriétaires de l’Hotel California, situé à Todos Santos au Mexique, en les accusant de violer leurs droits d’auteurs. Les Eagles se plaignent que les propriétaires actuels des lieux diffusent des titres du groupe pour faire croire aux clients que l’endroit a un rapport avec la chanson et vendent des goodies sur lesquels figurent la mention ″Legendary Hotel California″. Ils réclament donc une injonction pour empêcher l’Hotel California d’utiliser le nom ou d’en tirer profit. Le titre quant à lui a, de toute évidence, été inspiré par ″We used to know″ de Jethro Tull que Don Henley, en tant que fan inconditionnel, suivait de près à l’époque. Restent 6 minutes et 30 secondes de l’une des plus grandes chansons de tous les temps et plus de 2 minutes au cours desquelles Joe Walsh et Don Felder offrent une prestation à mettre au Panthéon des solos de guitare, comme en témoigne cet enregistrement!

Marcel Destroy, juin 2017

∞ La Guitare dans tous ses états ∞


Seratones, Get gone!

Seratones, premier Cd: Get GoneBeaucoup s’y sont essayé, peu y sont parvenu. Mais les Detroit Cobras ou les Bell Rays font partie de ces groupes qui ont réussi a mettre en œuvre un subtil mélange de Garage Rock, de Soul et de Rhythm & Blues. The Seratones eux, semblent passer à la vitesse supérieure avec un répertoire qui tape sévère tout en respectant de la plus belle manière l’essence même des genres précités. Sur ce premier album, ″Get Gone″, ces débutants de la première heure jouent avec la maitrise et l’assurance de vieux briscards qui ont parfaitement intégré les codes musicaux qu’ils affectionnent. A.J Haynes, guitariste et chanteuse, s’exprime avec l’émotion d’une diva de la Soul et l’énergie d’une Rock’nRoll queen. Connor Davis, le guitariste, a fait sienne la technique du riff de rock basique et ravageur  aux teintes bluesy. Quant à la section rythmique, la basse de Adam Davis et du batteur Jesse Gabriel sont à l’unisson pour insuffler à l’ensemble un swing musclé terriblement subtil et efficace. Enregistré live en studio baigne dans une ambiance de club du samedi soir qui fait la part belle à la fusion de Rock et de Soul. Grâce à une production de qualité rien n’est sacrifié quant aux détails de la musique et aux talent des exécutants. Les 11 titres de Get Gone, sont incontestablement une bien belle surprise, qui plus est prometteuse. Très prometteuse. La preuve: Sun!

Marcel Destroy, juin 2017

♫ La Discothèque idéale ♫

Gregg Allman, Hittin’ the Note

Allman Brothers: Décès de Greg AllmanNé en 1947, Gregg Allman est surtout connu pour avoir, en 1969, fondé  avec son frère Duane le premier groupe de Southern Rock. Avec The Allman Brothers Band les deux frères fusionnent Soul, Blues et Country, parfois dans de longues improvisations dans lesquelles tous deux excellent. Bien que guitariste à l’origine, Gregg laisse vite sa place à Duane pour se consacrer, en plus des compostions, à l’orgue et à l’interprétation portée par une voix émotionnellement chargée de tonalités blues-rock. La consécration s’accompagne pourtant d’effets indésirables. Addiction aux drogues dures, morts accidentelles de Duane puis, un an plus tard, du bassiste Berry Oakley et ennuis judiciaires mettent à mal le groupe qui explose en 1976. Entre contributions diverses, reformations épisodiques du groupe et problèmes de santé, le chanteur entame une carrière solo et renoue avec le succès lors de la parution en 1987 de l’abum ″I’m No Angel″ et de ″Slow Country Blues″ en 2011. Atteint d’une hépatite C en 1999, Gregory LeNoir Allman subit une greffe du foie en 2010. Finalement, le 27 mai 2017 un communiqué publié sur le site officiel du chanteur annonce son décès en son domicile de Savannah, en Géorgie. Il avait 69 ans. Une de ses plus belles er récentes contributions, du moins la plus représentative, reste celle au cours de laquelle sa voix et son jeu de claviers communient à merveille avec la sublime guitare de Warren Haynes sur ″Hittin’ the Note″, le dernier album studio des Allman Brothers paru en 2003. Ancré dans l’âme du Sud, le titre en question est un Blues terreux à la puissance mélodique absolue qui évolue vers une fusion subtile entre Rock’n’Roll électrique et Jazz fiévreux: Desdemona!

Marcel Destroy, mai 2017

La grande Faucheuse

Scorpions, ″Love at first sting″

censure Scorpions Love at first sting

Love at First Sting est le neuvième album des teutoniques Scorpions. Sorti en 1984 il se vend à plus six millions d’exemplaires devenant ainsi le plus grand succès commercial de la bande à Klaus Meine. Grâce notamment l’incontournable ballade ″Still Loving You″ – qui n’est pas pour rien dans la croissance du taux de natalité dans certaines contrées –  la notoriété du groupe explose littéralement sur la scène mondiale. Élaborée par l’agence de design Kochlowski sur la base d’un cliché de Helmut Newton, la pochette originale représente un couple enlacé. Elle, légèrement dévêtue, sexy en diable, s’abandonne dans les bras d’un bad boy bon chic bon genre qui est entrain de lui tatouer un scorpion sur la cuisse. A l’époque, et afin de palier à d’éventuels problèmes connus par le passé, la maison de disques prend la précaution de présenter le cover art aux revendeurs avant de publier le disque. Aucun retour négatif n’étant recensé, Love at First Sting est édité en l’état. Malheureusement, après la sortie de l’album Wal-Mart se plaint, qualifiant la jaquette de tendancieuse, subversive et machiste. Rien que çà! Pour le coup Polygram se voit obligé de proposer une version alternative qui consiste ni plus ni moins à utiliser la photo du groupe, la même que celle déjà présente au dos de la version première de l’album.

Marcel Destroy, mai 2017

 Rock et Censure ◆

Chris Cornell, ″Like Suicide″

Décès de Chris Cornell

Guitariste, chanteur, originaire de Seattle, Chris Cornell fonde Soundgarden en 1984.  Très vite, grâce à un répertoire alternatif teinté de Hard Rock,  le succès est au rendez vous faisant du groupe l’un des précurseurs de ce style grunge qui fera les riches heures de Pearl Jam, Alice in Chains ou Nirvana.  En 1994, Soundgarden devient un phénomène international avec la sortie de son quatrième album ″Superunknown″. Les tournées qui s’enchaînent, la pression de la reconnaissance, vont, comme souvent, mettre à mal l’unité de la formation, qui se sépare en 1997. Cornell débute une carrière solo puis  en rejoint Audioslave 2001. En 2012, Soundgarden refait surface avec à la clef un nouvel album, Kings Animal, qui grimpera à la cinquième place des meilleures ventes aux Etats-Unis.  Mercredi 17 mai, alors que le groupe venait de se produire en concert à Détroit, Chris Cornell a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel; il avait 52 ans et se serait suicidé par pendaison. Avec cette disparition le monde du rock vient de perdre une des figures emblématiques de la scène grunge que l’artiste a dominée de sa voix intense et de son charisme puissant et fascinant.

La grande Faucheuse

Cruzados: Motorcyle girl

Cruzados, Motorcycle GirlComme pour beaucoup de groupes rock, drogues et alcool ont eu raison des Cruzados. Quatre ans de carrière pour ce combo de Los Angeles qui après de nombreux changements de personnel splite définitivement en 1990, laissant pour témoignage deux albums mineurs, aujourd’hui tombés dans les oubliettes. La séparation laisse sur la touche un certain Tito Larriva qui formera Tito & Tarantula, connu pour son apparition  dans le film culte de 1995 ″From Dusk Till Dawn″, écrit par Quentin Tarantino et réalisé par Robert Rodriguez. Chanteur, guitariste et compositeur, Larriva est notamment l’auteur de  l’un des titres figurant sur le premier album éponyme des Cruzados en 1985: Motorcycle Girl.

Motocycle girl, pourquoi ne veux tu pas m’embrasser? Petite fille bourrée du Tennessee, reine du vol à l’arraché aux yeux malicieux. A supposer que tu trouves ce que tu cherches, que vas tu faire? Passer tes journées à te défoncer avec le gus qui t’as mis le grappin dessus? Dommage, toi qui chante si bien. Arrête de me mater comme un péquenot obsédé, je ne suis pas un client! Réveille toi, parle! Motocycle girl, je t’aime et tu ne connais même pas mon nom!″ [Traduction libre Marcel Destroy, extrait]

≈ Trucs en Vrac ≈

Nita Strauss, la « Poison » d’ Alice Cooper

Nita Strauss Alice cooper Poison

Née le 7 Décembre 1986 Nita Strauss est une guitariste américaine reconnue en tant que première des 10 instrumentistes qui conjuguent la guitare au féminin (Guitar World). D’abord célèbre pour sa participation au sein de The Iron Maiden (un groupe de filles qui reprennent le répertoire de Iron Maiden), Nita rejoint en 2013 Lorraine Lewis et Courtney Cox lors de la re-formation de Femme Fatale. En Juin 2014 elle renforce son audience en remplaçant Orianthi sur la tournée mondiale d’ Alice Cooper. Poison!

Marcel Destroy, mai 2017

∞ La Guitare dans tous ses états 

Emerson Lake & Palmer: Brain Salad Surgery

HR Giger: Brain Salad Surgery

Printemps 1973, Emerson Lake & Palmer sont en tournée européenne. Lors d’un passage en Suisse le promoteur local propose au groupe une visite chez le peintre Hans Rudolf Giger qui vit à Zurich. Tout d’abord surpris par la décoration gothique à outrance des lieux, les musiciens sont subjugués par le travail de l’artiste et décident de faire appel à son talent pour la jaquette du quatrième album alors en préparation: Brain Salad Surgery (qui signifie en slang « Fellatio »). A l’origine le portrait de l’épouse de Giger contient en filigrane une représentation phallique qui, pour des raisons évidentes, sera supprimée. La pochette s’ouvre en son milieu comme la porte d’un caisson cryogénique. L’ ambiance froide, métallique et futuriste du visuel est à l’image de l’ensemble de l’œuvre du génial visionnaire qui, quelques années plus tard, conçoit la créature bio-mécanique pour l’Alien de Ridley Scott. ″Brain Salad Surgery″ reste probablement le meilleur album du combo et figure à la 56ème place dans le top 100 des plus belles pochettes de disques de Rolling Stone Magazine. H.R. Giger a réalisé d’autres visuels de disques, notamment pour Magma (Attahk en 1978) et Debbie Harry (Koo Koo en 1981), mais aucun d’entre eux ne peut rivaliser avec celui qu’il imagina pour ELP et pour lequel il n’a d’ailleurs jamais été payé.

Marcel Destroy, Mai 2017

 Toutes les Jaquettes ◆

Iggy Pop, Asshole Blues!

Asshole Blues l' iguane sur flexi discLe label indépendant Jacuzzi Boys’ Mag Mag réhabilite le Flexi Disc! A une époque, ce type de support était avant tout un moyen promotionnel bon marché, fréquemment inclus en supplément avec certains magazines.  ″Les flexis vont être un moyen pour les artistes de faire ce qu’ils veulent. Ils peuvent laisser libre cours à leurs désirs les plus expérimentaux ou au contraire rester sur leurs gardes. Il n’y a aucune règle. On essaye juste de faire en sorte que les gens s’intéressent à ce qui nous parle″ (JBMM).  Pour le premier volume de la série le label a sollicité Iggy Pop qui, séduit par l’idée et très inspiré par la situation mondiale actuelle, en profite pour s’adresser aux ″connards″ qui lui pourrissent la vie. Muni de sa seule guitare acoustique, l’Iguane effectue un retour aux source, bouscule les codes, et pose la question: ″Asshole, when are you gonna die?″ (Quand est ce que tu crèves pauv’ con?). C’est roots, c’est jubilatoire et c’est le Asshole Blues!

Marcel Destroy, avril 2017

♫ La Discothèque idéale ♫

Disquaire Day: 22 avril 2017

Disquaire Day: Pink Floyd Interstellar OverdriveLe Disquaire Day 2017, septième du nom pour l’édition française, fait sa fête au vinyle le samedi 22 avril. Sur tout le territoire, quelques 300 références sont disponibles ce jour là exclusivement chez les 260 disquaires indépendants. L’occasion de dénicher quelques pépites sous forme de pictures discs, de raretés, de rééditions ou d’inédits. Parmi ceux là, Pink Floyd et son “Interstellar Overdrive“ en Maxi Vinyle édité à 4000 exemplaires dans le monde. Il s’agit d’une version en mono du morceau de 1966 long de presque 15 minutes. le prix? A voir! La valeur d’un disque comme celui-ci n’a jamais été dans son prix, puisqu’il ne s’est jamais vendu neuf. D’une manière générale, disons que le bon prix est celui que vous êtes prêts à payer. Même si à cette occasion toutes les sorties ne sont pas à jeter, certains disques sont onéreux, trop onéreux, et avec le Record Store Day, on crée la rareté afin de vendre des disques plus chers, ou de revendre des disques qui ont déjà rempli les poches de ceux qui les ont édités. Avec le retour en grâce du Vinyle, le business prend le dessus et, comme l’an passé, n’ hésite pas à proposer des disques à plus de 30 euros. Tout simplement inadmissible! Allez quand même faire un tour au Record Store Day, restez vigilants et rentrez chez vous pour vous adonner à l’activité la plus jouissive du collectionneur: la première écoute de l’indispensable Graal fraîchement déniché.

Marcel Destroy, avril 2017

 ≈ Trucs en Vrac ≈

Décès du guitariste Allan Holdsworth

Allan Holdsworth Soft Machine

Allan Holdsworth, guitariste et compositeur britannique a à son actif une bonne douzaine d’albums solos et affiche un nombre impressionnant de contributions tous style musicaux confondus. Ainsi au début des années 70 il fait un passage dans le monde du rock progressif de Tempest, puis en 1974 il rejoint Soft Machine pour l’album ″Bundles″ qui lui apporte rapidement une reconnaissance internationale. Véritable magicien de la 6 cordes c’est surtout pour son travail dans le domaine du jazz fusion qu’il fait sensation. Une approche originale et surtout une connaissance approfondie de la musique l’amènent à travailler avec entre autres avec Gong, Jean Luc Ponty, John Wetton, Bill Brufords, Stanley Clarke et bien d’autres. Technicien gigantesque, il a eu, sans le vouloir vraiment, une influence considérable dans le milieu du Rock. Il n’est pas vain d’affirmer que sans lui des Eddie Van Halen, Joe Satriani, Stev Vaï et Yngwie Malmsteen auraient peut être eu un parcours différent. Robben Ford a dit de lui: ″Je pense que Allan Holdsworth est le John Coltrane de la guitare″ et, dans une interview,  Frank Zappa lui a rendu hommage le qualifiant de ″l’ un des instrumentistes les plus intéressants et les plus créatifs dans le monde de la guitare″. Âgé de 70 ans, Allan Holdsworth est mort chez lui en Californie le 16 avril 2017. Solo!

Marcel Destroy, avril 2017

La grande Faucheuse

Steppenwolf: la ″Dickmobile″ de For Ladies Only

Steve Paige Dickmobile: For ladies only

Une carrosserie maison en fibre de verre sur un châssis de Hillman Minx de 1954, c’est la ″Dickmobile″. Steve Paige, son créateur, lui donne vie un jour de 1969 en Californie et entreprend de solliciter plusieurs galeries d’art de Los Angeles. Toutes le prennent pour un doux dingue et se refusent à exposer la voiture phallique. Qu’à cela ne tienne! Steve décide de mettre la ″Dickmobile″ en conformité avec la législation et de rouler au volant de son œuvre. Il parcourt plus de 500 miles dans la région et bien sûr ne passe pas inaperçu. La police ne manque pas de le contrôler, notamment suite aux attroupements provoqués par le véhicule en stationnement. De nombreuses séances photos ont lieu à cette époque et l’une d’elles, prise sur le Hollywood Walk of Fame, se retrouve en grand format sur l’intérieur de la jaquette d’un disque de Steppenwolf. Sorti en 1971, ″For Ladies only″ est la sixième production studio du groupe. Bien que conceptuel, politique, en faveur des femmes et du Féminisme, l’album est mal perçu et surtout mal compris. John Kay et sa bande s’attirent les foudres des critiques hermétiques à l’humour et obnubilés par l’imagerie turgescente. Ce LP, censuré en Espagne, reste malgré tout musicalement riche et abouti, à l’instar du titre éponyme qui brille par l’élégance du piano de Goldy McJohn: For Ladies Only.

Marcel Destroy, avril 2017

 Rock et Censure ◆

Décès de J. Geils, guitariste et fondateur du J. Geils Band

Décès de J. GeilsAu milieu des années 60 le Guitariste John Warren Geils Junior fonde The J. Geils Band, une formation de rock nourri de Blues et de  Rhythn & Blues qui à l’époque se produit en trio acoustique. En 1969, avec l’arrivée de Peter Wolf au chant, le groupe s’électrise et connait très vite une forte renommée grâce à des prestations scéniques au cours desquelles son répertoire à base de rhythm and blues poisseux et énervé fait merveille.  Témoin de cette époque, l’album ″Live Full House″ enregistré en 1972 au cours d’un concert à Detroit. J. Geils y tient à merveille le rôle de serial riffeur, Wolf est imparable au chant et Richard Salwitz, alias ″Magic Dick″, est magistral à l’ harmonica. A quelques exceptions près il n’y a pas grand chose à jeter dans la discographie de JGB mais c’est ″Full House″ qu’il faut retenir en tant que l’un des meilleurs albums live jamais enregistrés. [aparté] C’est d’ailleurs sur la foi de ce disque électrisant qu’un certain Lee Brilleaux traina son copain Wilko Johnson jusqu’à Londres pour le convaincre qu’ils n’étaient pas les seuls à croire en un Rhythm & Blues authentique et rageur. L’aventure Dr Feelgood pouvait commencer [fin de l’aparté]. En 1985, Des tensions opposant le guitariste et Peter Wolf entrainent la dissolution du groupe. Sans pour autant laisser de côté le Jazz et le blues J. Geils s’était retiré à Groton (Massachusetts) où il se consacrait à la restauration de voitures de course. Il a été trouvé mort à son domicile le 11 avril 2017, il avait 71 ans. Le Rhythn & Blues et le Rock’n’Roll lui disent merci en écoutant Full House.

Marcel Destroy, avril 2017

La grande Faucheuse

Roger Waters torpille Donald Trump

Roger Waters: Is This the Life We Really Want?

Roger Waters ne décolère pas contre Donald Trump, il se dit même ″prêt à rejouer The Wall″ en intégralité devant la frontière mexicano-américaine, pour dénoncer le projet de mur voulu par le nouveau pensionnaire de la Maison Blanche. Déjà en octobre dernier à au cours du ″Desert Trip″ Le co-fondateur de Pink-Floyd avait manifesté son dégoût vis à vis du président des USA. Durant la prestation de ″Pigs″ de l’album ″Animals″, il s’est en effet payé le luxe projeter des images de Donald Trump associées à la mention ″pendejo″ (imbécile!)  et de décorer l’arrière scène d’un immense ″TRUMP IS A PIG″. Le bassiste n’a visiblement pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. La tournée mondiale intitulée ″Us + Them″ qui débutera en mai 2017 et passera par la France en 2018 sera ″une démonstration de résistance, pas seulement contre Trump, mais vis à vis de tous les despotes, dictateurs et bons à rien sur cette terre″ (interview Rolling Stone magazine, extrait); à bon entendeur… Il sera donc question de dénoncer le dictat de l’argent, les ravages guerriers, les désastres écologiques et de porter un message humaniste sur fond de révolte; thèmes chers au compositeur et qui seront au cœur  de ″Is this the life we really want?″ (Est ce vraiment la vie que nous voulons?) le nouvel album à paraitre en mai. Roger Waters a toujours quelque chose à dire et c’est autrement plus intéressant que la plastique de Kim Kardashian ou  les frasques de Justin Bieber. Du moins il me semble!

Marcel Destroy, avril 2017

≈ Trucs en Vrac ≈

Le Méliès Pau: Rock this Town!

Gimme Danger & Jim Jones

Le 8 avril 2017, en partenariat avec les associations ACP et AMPLI, le cinéma Le Méliès à Pau, propose un événement musical high energy!

20h15:  Projection de ″Gimme Danger″, le film de Jim Jarmusch qui retrace l’épopée de The Stooges, l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps!

22h30: Concert de Jim Jones & the Righteous Mind. Après la fin de Jim Jones Revue, Jim revient en trio et livre un rock plus sombre mais toujours aussi vigoureux. Au répertoire, l’album ″Super Natural″ à paraitre le 12 mai 2017.

Tarif Unique film + concert: 15 euros. Billets en prévente au Méliès (6 Rue Bargoin 64000 Pau) ou via internet sur le site des ACP. Restauration sur place assurée par le food truck The Black Cat.

♫ Rock’n’Roll bordel! ♫

Baron Wolman, ″Groupies and Other Electric Ladies″

Groupies and other Electric LadiesEn 1967 Jann S. Wenner,  qui est en train de fonder le magazine musical Rolling Stone,  rencontre Baron A. Wolman à qui il propose le poste de 1er photographe. Ce dernier accepte et durant trois années il photographie les têtes d’affiche de l’aristocratie du Rock. Les clichés mettent en scène les Stones, Hendrix, Joplin et bien d’autres qui, mêmes s’ils se prêtent à des séances studio, se retrouvent capturés dans leur quotidien, sur scène et bien sûr backstage où ils se laissent aller, notamment avec les filles qui ne manquent pas d’investir les lieux.  Ces filles, souvent très jeunes, Baron Wolman leur rend hommage à l’époque dans un numéro spécial de Rolling Stone qui connait d’emblée un énorme succès. En 2012, le photographe organise un exposition des meilleurs clichés afin de promouvoir la sortie de ″Groupies and Other Electric Ladies″. Le livre, réédité fin 2016, raconte l’époque vue par ces nymphettes en quête de célébrités et de célébrité, plus souvent ingénues et déjantées que réellement perverses. On y croise Pamela Des Barres qui compte parmi ses conquêtes Jagger, Page, Hendrix et Morrison. Présente également, Cynthia Plaster Caster, devenue célèbre grâce à ses moulages de pénis de rockstars dont – encore lui – Jimmy Hendrix. Quant à Miss James, l’une des plus belle, elle a fréquenté Dylan, côtoyé les Beatles,  eu un enfant avec un membre des Moody Blues et des aventures avec Page et Jagger. Encore eux! Avec plus de 150 photos, des interviews et des témoignages, ″Groupies″ est véritable un document social, culturel et historique sur l’une des décennies musicales les plus marquantes du 20e siècle. Rock’n’Roll bordel!

Marcel Destroy, mars 2017

📖 Pour Bouquiner 📖

The Rolling Stones, Beggars Banquet

Rolling Stones Beggars Banquet censure

Londres 17 mars 1968. Les Rolling Stones entrent en studio pour enregistrer leur septième album. Si les précédentes tentatives contiennent de nombreuses reprises et pas mal d’ errances psychédéliques,  ″Beggars Banquet″ lui, marque un retour aux sources quant à l’inspiration musicale du groupe. Jamais le blues n’a été aussi présent sur cet opus qui reste aussi le dernier à bénéficier de la présence de Brian Jones parti peu de temps après valider son inscription au Club 27. La publication de l’album se voit retardée pour cause de désaccord relatif au packaging. En effet, les Stones entrent en conflit avec leur label Decca à cause de la photo qu’ils ont sélectionnée pour la pochette. Le cliché réalisé à Los Angeles représente des chiottes on ne peut plus crades, aussi crades que les murs du local couverts de graffitis. Malgré le forcing de Jagger & Richard, Decca résiste et finit par imposer sa volonté. La jaquette de ″Beggars Banquet″ prendra finalement l’aspect d’un banal carton d’invitation blanc avec la mention ″R.S.V.P.″ (″Réponse S’il Vous Plait″) en plus du nom du groupe et du titre de l’album. Qu’importe! Avec ″Let it Bleed″, ″Sticky Fingers″ et ″Exile on main St″, ″Beggars Banquet″ reste à jamais parmi les plus inspirés et les plus aboutis de la discographie des Pierres qui Roulent. Et de toutes façons, lors de la réédition du LP en CD, la photo des cagoinces refera son apparition.

Marcel Destroy, mars 2017

 Rock et Censure 

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