Buck Uzzel – Woodstock

Buck Uzzel: Nick & Bobbi ErcolineDu 15 au 17 août 1969, avait lieu le Festival de Woodstock, événement musical par excellence devenu la représentation emblématique de la culture hippie alors à son apogée. Organisé à Bethel dans l’État de New York et sur les 800 hectares des terres du fermier Max Yasgur, ce rassemblement a accueilli un demi million de spectateurs venus assister aux prestations de quelques 32 groupes ou artistes folk, rock, soul et blues. 50 ans donc qu’a eu lieu l’un des plus grands moments qui ont changé l’histoire de la musique populaire. De toutes les photos prises durant cette célébration du ″Peace and Love″ il en est une qui d’emblée s’est installée définitivement aux tréfonds de la mémoire collective pour la bonne et simple raison que c’est celle qui a été choisie pour illustrer la jaquette du triple album Woodstock: Music from the Original Soundtrack and More et l’affiche du film Woodstock de Michael Wadleigh. Buck Uzzel, l’un des photographes officiels présents sur les lieux, a immortalisé un jeune couple debout et enlacé sous une couverture improbable, au beau milieu d’une marée humaine couchée à même le sol boueux. Nick Ercoline et Bobbi Kelly ont à peine 20 ans à l’époque, se fréquentent depuis quelques mois seulement et décident de passer outre les recommandations de l’organisation en se rendant sur les lieux. Il leur faudra six heures pour parcourir 90 km en voiture et feront les derniers huit kilomètres à pied pour se retrouver si loin de la scène qu’ils n’ont rien vu du concert. ″Le vrai spectacle était sous nos yeux, tantôt un groupe improvisait un barbecue, parfois un couple faisait l’amour, d’autres chantaient, ou dansaient. Woodstock, c’était des moments volés d’intimité partagée. Le tout sans aucune violence, malgré des conditions frôlant le désastre″. 50 ans après Nick et Bobbi sont toujours ensemble. Mariés en 1971, Monsieur et Madame Ercoline ont eu deux enfants, deux fils, et coulent des jours heureux à 70 km de Bethel Woods, l’endroit où pendant ces trois jours de 1969 Musique, Amour et Paix unissaient toute un génération.

Patrick BETAILLE, juin 2019

Roky Erickson – Ascenseur pour la folie

13th Floors Elevators13th Floor Elevators. Le nom du groupe formé par Roky Erickson fait référence à une vieille superstition qui veut qu’aux Etats Unis les gratte-ciel n’ont pas d’étage nº 13. Quand il existe, soit il est vide, soit il est réservé à des locaux techniques. Il arrive aussi que sa numérotation soit remplacée par un étage ″12A″ ou ″M″ (la 13ème lettre de l’alphabet). En 1966, le groupe en question prétend accéder à cet étage fantôme aidé en cela par une consommation effrénée de cannabis et de LSD. Au Texas, hallucinations et couleurs criardes envahissent les esprits. On ne parle pas encore de rock psychédélique mais le terme apparaît pour la première fois sur le titre d’un album, The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevatorsqui tisse les fondations d’un genre nouveau. Le groupe connait une audience notable mais devient la cible des autorités policières de la puritaine Amérique à cause du caractère soit disant subversif de leur musique et l’utilisation réellement abusive de drogues hallucinogènes. A 20 ans, pour échapper à la prison, Roky Erickson plaide la folie. Après s’être échappé de l’hôpital psychiatrique il est repris et incarcéré dans un établissement de sécurité maximale où il est bourré de neuroleptiques. Abruti par les électrochocs pendant trois ans il devient complètement paranoïaque, au point d’affirmer être, entre autres, un extra-terrestre en contact télépathique avec l’esprit de Buddy Holly. Devenu la bête noire des radios, rongé par l’absence de son chanteur, la consommation d’héroïne, les problèmes judiciaires, les tensions internes et la mort de son guitariste, le groupe splite en 1978. Exception faite de rares moments de lucidité, Erickson reste cloîtré, passe ses journée à regarder des dessins animés et garde de multiples radios constamment allumées pour faire taire les voix qui hantent toujours son esprit. Ce zombie du Rock, père du psychédélisme est décédé le 31 mai 2019 à l’âge de 71 ans. You gonna miss me!

Patrick BETAILLE, juin 2019

Rockin’ 1000 au Stade de France!

Concert amateur Rockin' 1000En juin 2014, avec plus de 1.000 musiciens amateurs jouant devant 14.000 spectateurs au stade du Moustoir à Lorient, la Bretagne franchissait le mur du son. Un record mondial à l’époque, malheureusement non homologué par le Guiness Book pour d’obscures raisons liées au nombre et au choix des instruments. Une fois rendu aux bretons ce qui appartient aux bretons, place au  Rockin’ 1000. A l’origine il y a eu en 2015 le pari un peu fou d’un homme, Fabio Zaffagnini, qui a réussi à rassembler mille musiciens amateurs pour reprendre ″Learn to Fly″ des Foo Fighters. Le but? convaincre le groupe mené par Dave Grohl de se produire en Italie. Ça a marché, les chasseurs de fantômes sont venus se produire à Cesena. Depuis le concept a fait des émules et s’est développé dans plusieurs pays dont l’Italie bien sûr et l’Allemagne. Cette année, le 29 juin, Le plus grand groupe de rock du monde s’invite au Stade de France. Des Stones à Deep Purple, en passant par Led Zeppelin ou  Bowie, 250 guitaristes, 250 batteurs, 250 bassistes et 250 chanteurs, tous amateurs, se réunissent pour un gigantesque hommage au Rock’n’Roll avec un certain Philippe à la Manœuvre. Infos et inscriptions: Rockin’ 1000!

Patrick BETAILLE, avril 2019

Gotlib – Hamster Jovial in Rock!

Rock: Hamster Jovial et ses LouveteauxParu dans les années 1970 dans le magazine  Rock et Folk et publié sous forme d’album à partir de 1977, Hamster Jovial est l’un des sommets de l’art Gotlibien. On y suit les aventures d’un guide scout passionné de Musique Pop. L’énergumène en question, sorte de Baden-Powell allumé, essaie de faire partager sa passion à ses protégés, deux garçons et une fillette totalement désintéressés et hermétiques à la musique. Bien loin de l’image innocente et naïve que l’on se fait d’une troupe de louveteaux, les trois gosses sont de véritables pestes. L’un des jeunes bambins et sa copine s’essayent aux baisers langoureux, tandis que le troisième larron, obsédé notoire, passe son temps à se curer le nez et à tenter de glisser sa main sous la jupe de la petite fille, féministe convaincue qui met régulièrement ses compagnons au tapis. les aventures de Hamster Jovial et ses Louveteaux sont jalonnées de bivouacs improbables, de veillées douteuses de concours de pipis et de foireuses adaptations rock de l’hymne scout Flamme pure et légère. L’occasion pour Marcel Gotlib de parodier les jaquettes des disques emblématiques qui mettent en émoi un chef de troupe complètement abruti et naïf, toujours prêt, surtout à croire qu’il est en résonance avec le monde qui l’entoure. Au catalogue de cette discothèque idéale: Beatles, Rolling Stones, King Crimson, Who, Deep Purple, Pink Floyd, Joe Cocker, Frank Zappa, Captain Beefheart, John Lennon, et Bob Dylan. Un Must!

Patrick BETAILLE, avril 2019

UFO – Paul Raymond quitte le vaisseau

Décès de Paul Raymons UFOLe guitariste/claviériste britannique Paul Raymond né en 1945 débute en jouant du Jazz puis forme Plastic Penny en 1967, un groupe Psyché. Passage par le blues avec Chicken Shack (où il remplace Christine Perfect partie chez Fleetwood Mac) et Savoy Brown. Fort d’une large expérience de la scène et du studio, le musicien rejoint UFO en 1976 mais des tensions au sein du groupe entraînent son départ en 1981. Le guitariste jouera notamment avec Michael Schenker sur son projet solo avant de réintégrer définitivement UFO en 2003 au côté de Phil Mogg, Vinnie Moore, Rob De Luca et Jason Bonham. Récemment de retour d’une tournée au Royaume-Uni et en Irlande Paul Raymond décède d’une crise cardiaque le 13 avril 2019, il avait 73 ans.

Patrick BETAILLE, avril 2019

Alice Cooper – Love it to Death

Censure Love it to DeathSorti en 1971, Love it to Death est sans conteste l’album grâce auquel tout a commencé pour Alice Cooper. Alors qu’avec les prédécesseurs Pretties for You et Easy Action le groupe de Vincent Damon Furnier flirtait sans réussite avec un rock Psychédélique expérimental, ce troisième album est l’annonce d’une métamorphose radicale due essentiellement à la présence aux manettes d’un nouveau producteur. Bob Erzin oriente le quintet américain vers une écriture et un son high energy, plus adapté à ce qui se faisait à l’époque du côté de Detroit avec les Stooges et MC5. Il s’occupe aussi de leur image en mettant en place un show théâtral et trash grâce auquel les prestations scéniques d’Alice et sa bande font l’objet de tous les excès. Dans une ambiance grand-guignolesque et une profusion de décibels, poupées décapitées à la hache, chaise électrique, guillotine, simulacre de pendaison, camisole de force et boa constrictor se succèdent durant les concerts qui révèlent néanmoins de réels talents chez les musiciens. Narrateur cynique et provocateur d’une Amérique sombre et déprimée, Alice Cooper devient une attraction et se voit désormais classé dans la catégorie ″Shock Rock. D’abord sorti sur le label de Frank Zappa, Love it to Death bénéficie d’un tel succès que Warner Bros Records rachète les droits, offre un nouveau contrat au groupe et ressort l’album en exigeant toutefois une modification du cover art. En effet, l’illustration originale de la pochette montre une photo en noir et blanc du combo au milieu duquel le leader déjanté donne avec son pouce l’impression d’exhiber son pénis. L’image sera donc retravaillée afin que l’outrance soit cachée par la cape du chanteur. Au final, ce nouvel opus sera pour Alice Cooper celui d’une reconnaissance internationale méritée et confirmée dans la foulée par Killer la même année, School’s Out en 1972 et Billion Dollars Babies en 1973. C’est aussi et surtout l’album qui contient le premier gros hit du groupe: I’m Eighteen!

Patrick BETAILLE, avril 2019

Scott Walker n’est plus!

Scott Walker AmsterdamEn 1964, alors âgé de 20 ans, Scott Engel change de nom au moment de la création de la formation pop The Walker Brothers​. Le trio, formé en Californie, connait à l’époque une ascension fulgurante, en particulier au Royaume-Uni où il parvient à rivaliser avec les Beatles, grâce notamment à des succès comme The Sun Ain’t Gonna Shine Anymore. Peu intéressé par les feux de la rampe, Scott Walker quitte le groupe en 1968 pour se lancer dans une carrière solo entrecoupée de longues retraites. Étonnamment ses albums imprégnés de Pop marginale et décalée intègrent au total 9 covers de Jacques Brel auquel il voue une admiration particulière. Ses adaptations entre autres de Mathilde, Jackie ou de Ne me quitte pas ne permettent pourtant pas à l’artiste de renouer avec le succès même si, à la fin des années 60, il bénéficie d’une reconnaissance sincère de la part d’artistes comme David Bowie qui s’en inspirera pour réinterpréter Amsterdam. Finalement, tout en composant quelques musiques de films, le chanteur américain se tourne peu à peu vers une musique de plus en plus expérimentale et peu appréciée du grand public. Hélas tombé dans l’oubli, cet immense artiste solitaire qu’était Scott Walker décède le 22 mars à l’âge de 76 ans.

Patrick BETAILLE, mars 2019

Dick Dale – La légende de la Surf Music disparaît

Dick Dale MisirlouEncore un des piliers de la révolution musicale des 60’s qui disparaît! Dick Dale est à l’origine d’un style essentiellement instrumental appelé Surf Rock qui lui vaut à l’époque le surnom de King of Surf Music et une influence majeure sur les Beach Boys , les Ventures et le Trashmen. De son vrai nom Richard Monsour, ce californien d’origine libanaise est un inconditionnel de la Stratocaster. Avec cet instrument fabriqué sur mesure il pratique un jeu puissant au staccato saturé et noyé de réverbération. Il fera d’ailleurs appel à Leo Fender afin de mettre au point des amplis capables de supporter de tels effets sonores à fort volume. En 1962, celui que l’on surnomme également le Père du Heavy Metal, enregistre avec son groupe The Del Tones le morceau endiablé qui lui vaudra une immense notoriété: Misirlou. Dans les années 90, l’utilisation de ce titre par Quentin Tarantino sur la bande-son du film Pulp Fiction accompagnera le retour du guitariste californien sur le devant de la scène. Dick Dale est décédé à l’âge de 81 ans le 16 mars. ″On te doit tous beaucoup! Rock on!, a déclaré  Brian May, le guitariste de Queen, qui, comme Jimmy Hendrix, Brian Wilson et Stevie Ray Vaughan, reconnaissait en ce gaucher un talent énorme.

Patrick BETAILLE, mars 2019

 

Hal Blaine – Décès du batteur de Wrecking Crew

Décès de Hal BlaneHal Blaine laissait toujours sur l’un des murs du lieu où il avait joué, un coup de tampon avec la mention ″Hal Blaine strikes again (Hal Blaine a encore frappé)″. En tant que batteur membre de The Wrecking Crew, un groupe de requins de studio basé à Los Angeles, Blaine a fait partie des sessions de ″Be My Baby″ des Ronettes, ″Mrs.Robinson″ de Simon & Garfunkel, et ″Good Vibrations″ des Beach Boys. Il a également collaboré avec Phil Spector et exercé ses talents pour, en ne citant que les plus connus, Elvis Presley, Sam Cooke, Johnny Rivers, The Monkees, Cher, The Mamas, and the Papas et Steely Dan. Musicien insatiable, talentueux et apprécié de tous il aura joué dans l’ombre des stars sur 6000 chansons, dont 150 seront classées dans le Top Ten du Billboard. Parmi ces titres, 40 furent numéro 1, contribuant ainsi à l’écriture de la révolution musicale des Sixties. Hal Blaine est décédé le 11 mars, il avait 90 ans.

Patrick BETAILLE, mars 2019

 

Rock – La Faucheuse met le turbo!

La Faucheuse du RockDepuis le 16 janvier 2019, date à laquelle le dessinateur Denis Sire a remisé définitivement ses crayons, il semblerait que la Faucheuse ait à gérer un agenda plutôt chargé en terme de rendez-vous funestes:

Keith FLINTavait fondé The Prodigy en 1990. Avec Fatboy Slim et The Chemical Brother le groupe était devenu l’un leaders de la scène électro de l’époque. Dépressif, le chanteur s’est pendu en son domicile de Dunmow au sud-est de l’Angleterre le 4 mars dernier. 

Stephan ELLIS est décédé le 28 février à l’âge de 69 ans. Bassiste de Survivor de 1981 à 1987 et de 1996 à 1999. Il avait rejoint la formation alors en studio pour enregistrer son deuxième album studio, Premonition. Le groupe connaît véritablement le succès en 1982, en sortant le single ″Eye of the Tiger″, commandé par Sylvester Stallone pour le film Rocky III. L’album éponyme se vend à plus de 2 millions d’exemplaires en moins d’un an et obtient un disque de platine.

Mark HOLLIS. Chanteur et compositeur au sein du groupe britannique Talk Talk de février 1982 à octobre 1991. Lui et son groupe s’inscrivaient dans la vague New Wave ou Pop à leurs débuts. Âgé de 64 ans Hollis disparaît définitivement des radars le 25 février. Il avait pris sa retraite musicale depuis plus de 20 ans après la sortie d’un premier et unique album solo en 1998, sobrement intitulé Mark Hollis et resté largement ignoré du grand public. It’s a shame!

Peter TORK. De son vrai nom Peter Halsten Thorkelson ce musicien auteur-compositeur parti le 21 février à 77 ans fut clavier et bassiste de The Monkees. En 1966, le groupe atteignait trois fois le sommet des ventes de disques aux États-Unis, notamment avec le morceau ″I’m A Believer″, devenu un tube mondial. Il sera le premier à quitter le groupe en 1969. Outre la basse et les claviers, il maîtrisait également la guitare, le banjo et l’orgue.

Marcel Azzola. Moins rock (quoique?!) mais tout aussi jouissif quand il triturait son instrument, il a accompagné Piaf, Montand, Barbara, Gréco, Bécaud. Azzola a aussi joué avec ou devant des pointures comme Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Didier Lockwood ou encore Christian Escoudé. Mais c’est Jacques Brel qui lui a donné l’occasion de se sublimer dans Vesoul avec le fameux ″Chauffe, Marcel, chauffe!″. Car c’est lui, Marcel Azzola, le fameux accordéoniste qui bien avant de mourir le 21 janvier, nous avait amené, dans un crescendo endiablé et sublime, de Vierzon à Vesoul et d’Anvers à Hambourg.

Patrick BETAILLE, mars 2019