Scott Walker n’est plus!

Scott Walker AmsterdamEn 1964, alors âgé de 20 ans, Scott Engel change de nom au moment de la création de la formation pop The Walker Brothers​. Le trio, formé en Californie, connait à l’époque une ascension fulgurante, en particulier au Royaume-Uni où il parvient à rivaliser avec les Beatles, grâce notamment à des succès comme The Sun Ain’t Gonna Shine Anymore. Peu intéressé par les feux de la rampe, Scott Walker quitte le groupe en 1968 pour se lancer dans une carrière solo entrecoupée de longues retraites. Étonnamment ses albums imprégnés de Pop marginale et décalée intègrent au total 9 covers de Jacques Brel auquel il voue une admiration particulière. Ses adaptations entre autres de Mathilde, Jackie ou de Ne me quitte pas ne permettent pourtant pas à l’artiste de renouer avec le succès même si, à la fin des années 60, il bénéficie d’une reconnaissance sincère de la part d’artistes comme David Bowie qui s’en inspirera pour réinterpréter Amsterdam. Finalement, tout en composant quelques musiques de films, le chanteur américain se tourne peu à peu vers une musique de plus en plus expérimentale et peu appréciée du grand public. Hélas tombé dans l’oubli, cet immense artiste solitaire qu’était Scott Walker décède le 22 mars à l’âge de 76 ans.

Patrick BETAILLE, mars 2019

Dick Dale – La légende de la Surf Music disparaît

Dick Dale MisirlouEncore un des piliers de la révolution musicale des 60’s qui disparaît! Dick Dale est à l’origine d’un style essentiellement instrumental appelé Surf Rock qui lui vaut à l’époque le surnom de King of Surf Music et une influence majeure sur les Beach Boys , les Ventures et le Trashmen. De son vrai nom Richard Monsour, ce californien d’origine libanaise est un inconditionnel de la Stratocaster. Avec cet instrument fabriqué sur mesure il pratique un jeu puissant au staccato saturé et noyé de réverbération. Il fera d’ailleurs appel à Leo Fender afin de mettre au point des amplis capables de supporter de tels effets sonores à fort volume. En 1962, celui que l’on surnomme également le Père du Heavy Metal, enregistre avec son groupe The Del Tones le morceau endiablé qui lui vaudra une immense notoriété: Misirlou. Dans les années 90, l’utilisation de ce titre par Quentin Tarantino sur la bande-son du film Pulp Fiction accompagnera le retour du guitariste californien sur le devant de la scène. Dick Dale est décédé à l’âge de 81 ans le 16 mars. ″On te doit tous beaucoup! Rock on!, a déclaré  Brian May, le guitariste de Queen, qui, comme Jimmy Hendrix, Brian Wilson et Stevie Ray Vaughan, reconnaissait en ce gaucher un talent énorme.

Patrick BETAILLE, mars 2019

 

Hal Blaine – Décès du batteur de Wrecking Crew

Décès de Hal BlaneHal Blaine laissait toujours sur l’un des murs du lieu où il avait joué, un coup de tampon avec la mention ″Hal Blaine strikes again (Hal Blaine a encore frappé)″. En tant que batteur membre de The Wrecking Crew, un groupe de requins de studio basé à Los Angeles, Blaine a fait partie des sessions de ″Be My Baby″ des Ronettes, ″Mrs.Robinson″ de Simon & Garfunkel, et ″Good Vibrations″ des Beach Boys. Il a également collaboré avec Phil Spector et exercé ses talents pour, en ne citant que les plus connus, Elvis Presley, Sam Cooke, Johnny Rivers, The Monkees, Cher, The Mamas, and the Papas et Steely Dan. Musicien insatiable, talentueux et apprécié de tous il aura joué dans l’ombre des stars sur 6000 chansons, dont 150 seront classées dans le Top Ten du Billboard. Parmi ces titres, 40 furent numéro 1, contribuant ainsi à l’écriture de la révolution musicale des Sixties. Hal Blaine est décédé le 11 mars, il avait 90 ans.

Patrick BETAILLE, mars 2019

 

Rock – La Faucheuse met le turbo!

La Faucheuse du RockDepuis le 16 janvier 2019, date à laquelle le dessinateur Denis Sire a remisé définitivement ses crayons, il semblerait que la Faucheuse ait à gérer un agenda plutôt chargé en terme de rendez-vous funestes:

Keith FLINTavait fondé The Prodigy en 1990. Avec Fatboy Slim et The Chemical Brother le groupe était devenu l’un leaders de la scène électro de l’époque. Dépressif, le chanteur s’est pendu en son domicile de Dunmow au sud-est de l’Angleterre le 4 mars dernier. 

Stephan ELLIS est décédé le 28 février à l’âge de 69 ans. Bassiste de Survivor de 1981 à 1987 et de 1996 à 1999. Il avait rejoint la formation alors en studio pour enregistrer son deuxième album studio, Premonition. Le groupe connaît véritablement le succès en 1982, en sortant le single ″Eye of the Tiger″, commandé par Sylvester Stallone pour le film Rocky III. L’album éponyme se vend à plus de 2 millions d’exemplaires en moins d’un an et obtient un disque de platine.

Mark HOLLIS. Chanteur et compositeur au sein du groupe britannique Talk Talk de février 1982 à octobre 1991. Lui et son groupe s’inscrivaient dans la vague New Wave ou Pop à leurs débuts. Âgé de 64 ans Hollis disparaît définitivement des radars le 25 février. Il avait pris sa retraite musicale depuis plus de 20 ans après la sortie d’un premier et unique album solo en 1998, sobrement intitulé Mark Hollis et resté largement ignoré du grand public. It’s a shame!

Peter TORK. De son vrai nom Peter Halsten Thorkelson ce musicien auteur-compositeur parti le 21 février à 77 ans fut clavier et bassiste de The Monkees. En 1966, le groupe atteignait trois fois le sommet des ventes de disques aux États-Unis, notamment avec le morceau ″I’m A Believer″, devenu un tube mondial. Il sera le premier à quitter le groupe en 1969. Outre la basse et les claviers, il maîtrisait également la guitare, le banjo et l’orgue.

Marcel Azzola. Moins rock (quoique?!) mais tout aussi jouissif quand il triturait son instrument, il a accompagné Piaf, Montand, Barbara, Gréco, Bécaud. Azzola a aussi joué avec ou devant des pointures comme Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Didier Lockwood ou encore Christian Escoudé. Mais c’est Jacques Brel qui lui a donné l’occasion de se sublimer dans Vesoul avec le fameux ″Chauffe, Marcel, chauffe!″. Car c’est lui, Marcel Azzola, le fameux accordéoniste qui bien avant de mourir le 21 janvier, nous avait amené, dans un crescendo endiablé et sublime, de Vierzon à Vesoul et d’Anvers à Hambourg.

Patrick BETAILLE, mars 2019

MC5 – Kick Out The Jams

MC5 Kick out the JamsKick out the Jams motherfuckers or get off the stage″ (Envoie la sauce enfoiré ou barre toi de la scène!) C’est par ces mots que Rob Tyner (chant), accompagné des guitaristes Fred Sonic Smith et Wayne Kramer, avait pour habitude de harceler les groupes qui partageaient la scène avec lui. Régulièrement, la formation du Michigan se faisait arrêter pour violence, obscénité ou grossièreté; parfois même, les musiciens n’avaient même pas le temps de monter sur scène que le police était déjà à la manœuvre. Le premier album du MC5 sort en février 1969 sur le label Elektra. C’est un live enregistré les 30 et 31 octobre 1968 au Grand Ballroom de Detroit lors de la fête d’Halloween. Protopunk par excellence, ce disque comporte entre autres titres ravageurs Ramblin Rose″Rama Lama Fa Fa Fa et Starship″.  Figure aussi Kick out the jams″ qui donne son titre à l’album et qui devient l’objet de nombreuses polémiques, notamment avec la maison de disque qui d’emblée impose une version édulcorée sur laquelle Motherfuckers″ est remplacé par Brothers’n’Sisters″. Le terme fuck″, lui, reste présent sur l’intérieur de la pochette qui sera rapidement censurée. Pour ne rien arranger, le célèbre journaliste musical Lester Bangs, écrit dans Rolling Stone que le disque est ridicule, ennuyeux et prétentieux. Dès lors, certains disquaires refusent de vendre l’album allant même jusqu’à menacer le label de stopper les ventes de tous ses artistes. Craignant pour la discographie des Doors, eux aussi au catalogue, Elektra prend la décision de se séparer du groupe. Brûlot live sans concession, Kick out the jams, marquera définitivement l’histoire de la musique rock. Les 8 titres rendent compte sans fioriture de la provocation, de la puissance et de la sauvagerie des prestations scéniques du Motor City 5, par ailleurs magnifiquement représentées sur la jaquette réalisée à partir de clichés du photographe Joel Brodsky. And right now… right now… right now, it’s time to… kick out the jams, motherfuckers″!

Patrick BETAILLE, janvier 2019

1969 – La Révolution Musicale!

1969 la révolution musicale!

Cinquantenaire oblige, retour sur une année politiquement bouleversante, socialement agitée, culturellement créative et musicalement prolixe: 1969! Le Concorde décolle, De Gaulle démissionne, le Vietnam est en feu, Denis Hopper débarque au Festival de Cannes avec Easy Rider, la lune se fait piétiner, le sang coule en Irlande du Nord et Jack Kerouac disparaît. Mais pendant ce temps là…

… Le 12 janvier, parution du 1er album de Led Zeppelin. Page, Plant, Jones & Bonham brandissent les tables de la loi du Hard Rock. Le 30 janvier les Beatles donnent leur dernier concert sur le toit des locaux d’ Apple à Londres.

Le 1er mars Jim Morrison est arrêté pour outrage public lors d’un concert à Miami. En avril, Bob Dylan avec Nashville Skyline et Neil Young avec Everybody Knows, réinventent la Country Music.  A la même époque Joe Cocker convoque Page, Winwood et Stainton pour son With a little help from my friends.

Joli mois de mai avec le premier opéra rock des Who. Pete Townsend met en scène Tommy, un ado perturbé, sourd et aveugle qui devient champion de flipper. Crosby, Stills & Nash, eux, établissent les fondements d’un rock californien sur fond d’harmonies vocales et de guitares lyriques.

Le 1er juin The Jeff Beck Group publie Beck-Ola. Jeff improvise, Rod Stewart chante Elvis, Nicky Hopkins pianote et Ron Wood tient la basse. Le 3 juillet Brian Jones est retrouvé mort dans sa piscine et le 21, sur les ruines de Cream,  Eric Clapton forme Blind Faith avec Steve Winwood, Ginger Baker et Ric Grech. Juillet c’est aussi la Soft Parade pour les Doors, l’album le plus atypique du groupe. Punk avant l’heure, Iggy Pop déballe ses outrances le 5 août à la tête des Stooges. 500.000 spectateurs, 3 morts (1 overdose, 1 accident de tracteur, 1 péritonite), 4 fausses couches, 2 naissances; c’est le bilan du festival de Woodstock qui a lieu du 15 au 18 août dans l’état de New York. Santana est sur scène avec un Soul Sacrifice mémorable qui figure sur l’album éponyme qui parait le 30 août.

Septembre: le 11, Janis Joplin en rupture d’avec Big Brother & the Holding Cie, revient avec son Kozmic Blues Band; frisson garanti! Le 22, un lundi, deuxième album de Robbie Robertson et ses potes canadiens: The Band. Le 26, John, Paul, George et Ringo traversent Abbey Road et livrent leur chant du cygne.

C’est en octobre que le Roi Pourpre est intronisé; le 10, Robert Fripp, Greg Lake & Ian McDonald sont In the Court Of the Crimson King. Le même jour Frank Zappa, sans les Mothers of Invention, sort Hot Rats, un album instrumental dans lequel rock et jazz sont en fusion. Le 22, Led Zeppelin revient avec un deuxième album; son whole Lotta Love orgiaque entre dans la légende. Le double Ummagumma de Pink Floyd  sort le 

Novembre! Creedence Clearwater Revival est au sommet de la créativité. A peine 3 mois après Green River et 10 mois après Bayou Country, John et Tom Fogerty servent un Willy and the Poor Boys éblouissant. Premier album et gros succès pour The Allman Brothers Band et son blues rock solidement imprégné des ambiances du sud. Grateful Dead sous LSD arrive dans les bacs le 10 novembre avec le psychédélique Live Dead. The Rolling Stones en sont déjà à leur huitième album avec le monumental Let it Bleed qui sort le 28 novembre; Live with meGimme ShelterMidnight Rambler et Let it bleedmagiques! Que ça saigne! C’est bien ce qui va se passer le 6 décembre 1969 à Altamont. Au cours d’un concert qui rassemble plus de 300 000 personnes un adolescent noir de 18 ans, Meredith Hunter, est poignardé par un Hells Angels.

En 1969 j’ai 16 ans! j’ignore allègrement les Bee Gees et je découvre Jethro Tull qui fait un Stand Up au son d’une Bourée enchanteresseJe n’oublie pas non plus ma totale incompréhension à l’écoute de Trout mask replica du Captain Beefhart ni mon intérêt pour le Good morning little school girl  de Ten years After dont le I’m going home me laissera sur le cul un an plus tard lors de la projection de Woodstock, le film. Quant au disque du MC5, il n’a été sauvé de la vindicte paternelle destructrice qu’une fois prouvé qu’il m’avait été prêté par un mien ami. Kick out the jams motherfuckers brothers’n’sisters!

Patrick BETAILLE, janvier 2019

 

The Reaper – Rock’n’Roll will never die!

The reaper: Rock'n'Roll will never dieEncore une année noire pour le Rock! Dolores O’Riordan, Vinnie Paul, Fast Eddy Clarke, Jacques Higelin, Aretha Franklin, Otis Rush et tous ceux qui nous ont fait faux bond. Rock’n’Roll will never die? Certes, mais certains de ses plus grands représentants ont déclaré forfait ou sont entrés dans la dernière ligne droite; au mieux ils sont en train de se positionner dans les starting blocks. Va falloir s’y faire, ils sont plus très nombreux à avoir dépassé les 70 printemps nos héros. Alors f***! Jouons encore et encore les disques de nos chers disparus, célébrons les vivants et débusquons les audacieux. Le Rock est une culture, un héritage, une philosophie, un art, un langage, un mode de vie. Il n’est ni mort, ni vivant, il EST!

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Actualité musicale – Cuvée 2018

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Eric McFadden AC/DC acoustic tribute   Crystal Shawanda Blues   New album Koritni: Rolling

Maître Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2018 n’ait pas été très généreuse du côté  de qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Chris Robinson Magpie Salute   Wilko Johnson   Jared James Nichols Heavy Blues Rock

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Mick Jagger – Some Girls

Mick Jagger: de Mariane Faithful à Melanie HamrickDes Girls la star du rock en a eu beaucoup en cinquante ans de carrière. Groupies anonymes, icônes de la jet-set, top-models, artistes célèbres comme Pamela Des BarresCarla Bruni, Uma ThurmanCarly Simon ou Angelina Jolie ont succombé à son charme. Certaines rumeurs prétendent même que Mick Jagger a eu de courtes liaisons avec Eric Clapton, David Bowie, Rudolph Noureev et Andy Warhol… Parmi les officielles ou épouses légitimes, Mariane Faithful, Marsha Hunt, Bianca Perez Morena de Macias, Anita Pallenberg et la danseuse Melanie Hamrick ont plus ou moins longtemps partagé sa vie lui offrant au passage 8 enfants dont certains ont promu Sir Philip Jagger au rang de grand père. A 75 ans, le meilleur ennemi de Keith Richard vient de se faire larguer par la dernière en date, Noor Alfallah, une jeunette de 23 ans qui convole désormais avec un autre milliardaire de… 57 ans! It’s only Rock’n’Roll!

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Eric McFadden – AC/DC Acoustic Tribute

Eric McFadden AC/DC acoustic tributeCertes, la parodie de la jaquette du POWERAGE d’AC/DC pourrait donner envie à un cul de jatte de prendre ses jambes à son cou. Surtout pas! Tout est dans le titre. Contre toute attente le maître incontesté du Gipsy Blues se livre à un exercice quelque peu inattendu de sa part. Le guitariste américain nous offre une relecture blues de la puissance de feu du combo australien et il donne à son interprétation acoustique des arpèges, de la slide, du Jazz et même parfois des accents hispanisants. La superposition de sa voix chaude façon Tom Waits à jeun, parfois accompagnée de chœurs féminins, de tambourin, de mandoline ou de violon ajoute du feeling et du sublime à l’intensité de son jeu de guitare. Fallait oser! L’album s’ouvre sur un Hells bells superbement métamorphosé et se termine par un Ride On aux accents gospel. Entre les deux? Rock’n’roll damnation, Girls got rhythm, une sublime version jazzy de Have a drink on me,  et un You shook me all night long en version ballade brumeuse. Et puis il y a Beatin’ around the Bush, It’s a long way to the top, Sin city, Kicked in the teeth et bien sûr un Whole lotta Rosie survitaminé. Ce disque est une gageure incroyable, une  énorme surprise, une bouffée d’air pur et une baffe dans la gueule qui prouve si besoin en était que Eric McFadden est un fabuleux guitariste au mieux de sa forme quand il assène le blue grass déjanté et techniquement époustouflant de Beatin’ around the bush!

Patrick BETAILLE, décembre 2018