Marc Broussard – Chance Worth Taking

 

Fils de guitariste, enfance à Lafayette en Louisiane, Marc Broussard avait tout pour se lancer dans une carrière musicale. Ce qu’il fit en 2002 avec Momentary Setback, son premier album. Auteur-compositeur-interprète au goût prononcé pour le R&B, la soul, le swing et les sonorités cajun du sud, il puise son inspiration vocale chez Otis Redding et Dr. John. C’est l’énergie et l’authenticité de cette voix qui se retrouve au premier plan dans le tout récent Chance Worth Taking (Une chance à saisir – NDLR). Quatorze compositions qui exploitent tout le talent de l’artiste, sans jamais donner l’impression qu’il se répète. Le résultat est absolument convaincant, tant au niveau de l’émotion que du groove. Broussard a toujours eu le don de réinterpréter le genre afro-américain pour l’adapter à notre époque, mais ici il flirte avec le grand art. Cet aboutissement est aussi la conséquence d’une collaboration étroite avec Joe Bonamassa et Josh Smith. La guitare de Bonamassa est omniprésente sur l’album, notamment sur plusieurs titres co-écrits, apportant du mordant et de la texture sans jamais masquer la voix de Broussard. Assisté de Calvin Turner à la production, Smith contribue à l’élaboration d’arrangements au cordeau, ancrant les morceaux dans une homogénéité et une cohésion parfaites.


Avec cet album à la palette stylistique impressionnante, Marc Broussard assume pleinement son identité et la revendique pleinement. Il a saisi sa chance. Celle de vous convaincre qu’il est toujours et encore temps: Laissez Les Bons Temps Rouler!


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Hillbilly Vegas – À La Mode

 

En 2011, des étudiants de l’Oklahoma décident de se réunir pour former les Hillbilly Vegas. Accompagnés d’un franc succès, ils sortent dans la foulée Ringo Manor, leur premier album. Plusieurs titres figurent dans le top 20 pendant plusieurs semaines. En 2016 un deuxième opus intitulé 76 assure la consécration. Tournées et festivals aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni mettent en lumière un groupe pratiquant southern rock et outlaw country. Tout simplement un bon rock and roll festif. En 2022, après des années passées sur la route, le quintet publie un troisième album: The Great Southern Hustle
Avec leur toute récente production, les gars s’installent désormais dans ce qu’ils savent faire de mieux. Du rock sudiste à forte identité avec juste ce qu’il faut d’une tonalité country qui colle bien aux santiags. Les guitares sont puissantes et directes, la section rythmique est implacable et les morceaux défilent avec assurance. Ce qui fait la force de À La Mode c’est la cohésion et l’originalité puisant dans l’efficacité du rock et l’émotion du blues. C’est familier, juste ce qu’il faut, et parallèlement, la soul et l’americana offrent à l’album une dimension plus ample sans pour autant en altérer l’essence. Ça frappe fort et avec une conviction qui transpire au travers du chant si authentique de Steve Harris.


Planquées derrière un cover art digne d’un calendrier de truck driver, 11 compositions impeccables. Hillbilly Vegas peaufine son style avec précision et énergie. La participation de l’ex-Free et Bad Company Paul Rodgers sur Mr. Midnight accompagne À La Mode d’une touche d’autorité classic rock indéniable.


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Paul Roberts – Sniff ‘n’ the Tears

Paul Roberts a été élevé au Pays de Galles par ses parents, tous deux artistes. Après des études au Newport College of Art et au Cardiff College of Art, il se fait connaître en tant que peintre hyperréaliste dès les années 1970. Avec un excellent sens de la couleur, ses œuvres explorent et parodie le glamour dans des ambiances parfois dramatiques ou surréalistes. Musicien à ses heures, il compose, chante et joue de la guitare au sein d’un groupe de pop rock. Formé en 1978, Sniff’n’The Tears connait un beau succès international, notamment grâce au titre Driver’s Seat. Après quatre albums enregistrés avec le groupe entre 1978 et 1982, Paul Roberts se lance dans une carrière solo. Jusqu’en 2000, ses engagements musicaux limitent le temps qu’il peut consacrer à la peinture.
Des toiles de Paul Roberts ont été utilisées pour accompagner certains albums de Sniff’n’The Tears. Fickle Heart illustre le disque du même nom paru en 1978. C’est The Passenger qui sert de cover art au best of du groupe paru en 1991. Les œuvres du peintre peuvent être consultées ici: Paul Roberts Paintings.


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Social Distorsion – Born To Kill

 

15 ans d’absence discographique depuis Hard Times and Nursery Rhymes publié en 2011. Après cette pause forcée – due notamment à des problèmes de santé chez le fondateur, guitariste et chanteur – les californiens de Social Distortion sont de retour! Et ils ne se contentent pas de rompre le silence. Ils reviennent en force, avec la puissance qui les caractérisent. Born To Kill repose sur les fondements qui ont permis au groupe de rester aussi dynamique pendant près de cinquante ans avec ce rock classieux qui a toujours coulé dans les veines de Mike Ness.
Le morceau titre qui déferle sur l’autoroute du rock’n’roll donne le ton. Partners In Crime s’appuie sur un riff gras et puissant. No Way Out enfonce le clou tandis que The Way Things Were ralentit le rythme, juste assez pour pouvoir jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. Et puis il y a Tonight, un hymne entraînant taillé sur mesure pour taper du pied en faisant gaffe de ne pas renverser sa Budweiser. Le plus intéressant dans ce huitième opus, c’est la facilité avec laquelle Social.D parvient à maintenir un équilibre subtil entre énergie et succès commercial. Sous une apparente simplicité, l’album repose sur les modèles qui ont permis au groupe de rester dynamique et créatif pendant près de 50 ans. Hommage à la country avec Crazy Dreamer, incursion pop rock dans D’ont Keep Me Hanging On et même une belle reprise de Chris Isaak: Wicked Game. Rock vintage à souhait pour Walk Away et Never Goin’ Back Again. Un pt’it dernier pour la route. Over You appuie encore sur l’accélérateur pour une fin de course fracassante.


11 titres pour un rock bien balancé, simple et sincère. Des amplis qui crachent, une rythmique entraînante, des guitares omniprésentes, le tout pour appuyer la présence étonnante de Mike Ness au chant. Les Social Distorsion roulent encore, ils viennent de refaire le plein!


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Barney Bubbles – Hawkwind

Hawkwind: In Search of Space 71 – Space Ritual 73 – Hall of the Mountain Grill 74

 

L’anglais Colin Fulcher (1942-1983) pratiquait le dessin et la peinture. Sous le pseudo Barney Bubbles il s’est également consacré à la réalisation de clips musicaux et à la création graphique axée sur la scène musicale indépendante britannique des années 70 et 80. Il a été l’auteur d’un grand nombre de pochettes de disques au design accrocheur et immédiatement reconnaissable. Avec un style novateur inspiré par le pop art, il est parvenu à faire un lien entre le psychédélisme et l’avènement du punk. Excentricité, mouvement et harmonie aux couleurs vives ont permis à l’artiste de devenir de plus en plus populaire auprès des groupes New Wave émergents. À cette époque, Bubbles fut nommé directeur artistique du label Stiff Records et mit son talent au service de Ian Dury, des Damned et de Elvis Costello. Par la suite, il collabora avec Generation X, Devo et Dr Feelgood (A Case of the Shakes).
Mais Bubbles a d’abord été associé à Brinsley Schwarz, le groupe de Nick Lowe, et surtout, aux rockeurs cosmiques de Hawkwind avec des affiches et des pochettes d’albums saisissantes. L’originalité de In Search of Space, la singularité du légendaire album live Space Ritual et le côté futuriste de Hall of the Mountain Grill, ont offert à la musique du groupe londonien une identité visuelle significative.


Lemmy Kilmister: ″ Pour la tournée américaine de 78, Barney nous a monté un spectacle extravagant avec éclairages, images projetées et machines à fumées. Il a peint tout notre équipement en couleurs fluo pour capter les jeux de lumières. Les fans sous acides décollaient direct vers les étoiles ″.


D’autres histoires du Cover Art à retrouver dans le livre:

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Foo Fighters – Your Favorite Toy

 

En à peine un peu plus de 30 minutes top chrono la boucle est bouclée. Your Favorite Toy va droit au but. Pas d’intros à rallonge, pas de fondus en fermeture, rien qui ne semble vouloir prouver quoi que ce soit. Le groupe ne se replonge pas dans le passé, mais il ne perd pas non plus dans la créativité introspective. En 10 titres Dave Grohl et sa bande assènent ce qu’ils font le mieux: du Foo Fighters et c’est d’ailleurs pour ça qu’on les aime. Soutenue par un groupe au diapason, la voix du frontman est toujours aussi intense.
Les morceaux sont percutants, incisifs et privilégient l’immédiateté. Tout en puissance contenue, Caught in the Echo annonce la couleur avant que Of All People ne bénéficie d’une sérieuse accélération. Window adopte un rythme moins soutenu mais parvient à préserver l’intensité. Your Favorite Toy va droit au but et met le feu aux poudres. Baisse de régime bien sentie et sans excès pour If You Only Knew, juste avant la déflagration de Spit Shine qui met en avant le beau boulot du nouveau batteur Ilan Rubin. Pop rock mélancolique et vitaminée pour Unconditional et Child Actor, brillants de par les sonorités dépouillées et les performances vocales de Dave. Amen Caveman et Asking For a Friend bénéficient d’un son brut, plus proche des premières inspirations du groupe.


Plus court et moins sombre que le précédent But Here We Are, Your Favorite Toy reste bien ancré dans la tradition d’un rock puissant, efficace et encore capable de balancer quelques claques revigorantes.


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Dana Fuchs – Live In Denmark

 

Depuis 2003, année de la parution du premier album Lonely for a Lifetime, Dana Fuchs a atteint à deux reprises le Top 10 des Blues Albums du Billboard, notamment avec Bliss Avenue, sa troisième production en studio, et Songs from the Road enregistré en public et paru en 2014. Se retrouver face au public est un exercice qui semble particulièrement convenir à l’américaine qui, déjà en 2007, avait sorti le Live In NYC enregistré au BB King’s Club.
Live in Denmark arrive à point nommé pour confirmer que la chanteuse possède une voix exceptionnelle et de l’énergie à revendre. Le concert danois débute avec trois titres du dernier Borrowed Time de 2022. Tour de chauffe donc avec le rock irrésistiblement seventies de Double Down et de Hard Road. Le tempo ralentit avec Blue Mist Road tout en restant dans la même mouvance. Après Superman et Nothing You Own – un Southern Blues mâtiné de soul – vient l’un des moments forts: Home Is Where The Hatred Is. Intense, le chant y est poignant et les musiciens sont au sommet de leur art. La vitesse de croisière est atteinte en mode country rock avec Borrowed Time et battle Lines tandis que le puissant Curtain Close incorpore subtilement des éléments du classique Ain’t No Love In The Heart Of The City de Bobby Blue Bland, joliment repris en son temps par Whitesnake. Le set s’achève en apothéose avec une reprise magistrale du Sympathy for the Devil de kivouçavé.
Il faut noter que tout au long de la prestation, John Diamond livre un jeu de guitare exceptionnel et que Kevin Mackall – Bassiste et mari de la frontwoman – fait preuve d’un feeling et d’une technique redoutables, bien en phase avec la finesse de Piero Perelli aux drums. Ce trio est en totale osmose et complète à merveille le cri primal de Dana Fuchs.


Live In Denmark est un témoignage brut et authentique. Les amateurs de blues-rock ne seront pas indifférents à la qualité de l’enregistrement et surtout, à la belle performance d’une artiste à la voix rauque, expressive et inimitable. 


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Lil’ Ed and the Blues Imperials – Slideways

 

Quarante ans que Lil’ Ed Williams et ses Blues Imperials nous gratifient avec bonheur d’une musique en lien direct avec le blues de Chicago. Avec ses riffs de guitare slide endiablés et son chant rauque, Williams n’a pas son pareil pour mettre en lumière un groupe qui excelle dans l’expression d’une authenticité musicale redoutable. Sur ce dixième album, la formation se montre intrépide, décontractée et parfaitement soudée, jouant le blues pur sous toutes ses formes. Autour de celui  que le Chicago Tribune a un jour qualifié  de ″ guitariste slide extraordinaire, électrisant et déchaîné ″, Les Blues Imperials forment un trio parfait. Bassiste, guitariste et batteur jouent avec instinct et se répondent avec une conviction rare et en totale osmose avec leur leader. Le résultat est immédiat et l’approche transparaît avec une force incroyable de spontanéité. Occasionnellement ponctué de claviers old-school, Slideways est un album intense et énergique qui navigue avec aisance entre boogies endiablés (The Flirt In The Car Wash Skirt – You Can’t Strike Gold From A Silver Mine), shuffles percutants (One Foot On The Brake – 13th Street And Trouble – If I Should Lose Your Love) en passant par des blues lents et profonds (Homeless Blues et Wayward Women) ou le swing jazzy de Crazy Love Affair au cœur desquels la slide est portée par le chant rauque de celui qui vit cette musique depuis toujours.


Quand on apprécie la musique sans OGM, il est rassurant de constater que Lil’ Ed et Alligators Records sont toujours là pour perpétuer le blues urbain de l’Illinois dans ce qu’il possède de plus fondamental.


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The Black Crowes – A Pound Of Feathers

 

Avec un dixième album studio, The Black Crowes confirment un retour tonitruant amorcé avec Happiness Bastards en 2024 et ce, sans jamais avoir succombé aux chants des sirènes de la facilité ni adapté leur son aux modes passagères. De Shake Your Money Maker à The Southern Harmony And Musical Companion, en passant par Amorica et leur album avec Jimmy Page, Live At The Greek, Chris et Rich ont bâti une discographie imprégné d’assurance et de créativité.
Pound Of Feathers, c’est une vague de rock à la fois débridé et subtil qui déferle avec une puissance indéniable dès les deux premiers titres. Gorgés de riffs incisifs et de chœurs rythmés, Profane Prophecy et Cruel Streak s’imposent en tant que tels avant de dévoiler Pharmacy Chronicles, une ballade sombre qui explore un territoire inhabituel chez les gars d’Atlanta. Redoutable, le Do the Parasite crasseux qui suit brille d’un tempo appuyé et de guitares explosives. Électro acoustique et solo en reverb de rigueur pour un swinguant High & Lonesome ponctué par les phrasés d’un violon aérien. En à peine un peu plus de 2 minutes Queen Of The B-Sides nous promène dans un univers mélancolique dans lequel la complicité entre voix, dobro et piano fait des merveilles. À n’en pas douter, le classique et entrainant It’s Like That est fait pour les stades alors que Blood Red Regrets flirte avec un psychédélisme sombre aux arrangements somptueux. You Call This a Good Time: par excellence le son et l’empreinte Black Crowes en mode AC/DC avant ce Eros Blues fiévreux aux variations de cadence surprenantes. Pour finir, Doomsday Doggerel migre vers un environnement sonore apocalyptique rageur, lourd et mélodique dont Led Zeppelin avait jusqu’alors la primeur.
Malgré les virages stylistiques, les onze compositions nourrissent une cohésion harmonieuse au sein de laquelle les frères Robinson sont au sommet de leur art grâce à un équilibre issu de quarante années de collaboration fraternelle. Rich gratte comme si sa vie en dépendait en balançant riffs ou solos incandescents et Chris n’a pas son pareil pour allier énergie viscérale et maîtrise émotionnelle.


A pound of Feather est un témoignage audacieux qui prouve que Les Corbeaux Noirs ne se contentent pas de faire revivre le rock; ils le réinventent.


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Black Stone Cherry – Celebrate

 

Originaire d’Edmonton dans le Kentucky, Black Stone Cherry s’inscrivait au départ dans la tradition d’un Southern Rock couillu rondement mené. Après un premier album éponyme tonitruant paru en 2006, le groupe s’est peu à peu forgé une solide réputation et, malgré un virage FM dommageable avec Between The Devil And The Deep Blue Sea en 2011, sa notoriété est allée croissante. Grâce notamment à des apparitions aux côtes de Chickenfoot, Def Leppard, Buckcherry, Black Label Society ou encore Whitesnake.
Avec Celebrate, le quatuor s’essaie à un nouvel exercice, celui de l’Exented Play. Une première après huit albums au format standard. Sept titres donc, et autant de facettes qui se rejoignent dans une démarche coutumière chez ceux du Bluegrass State: ne pas s’installer dans la routine.
Dans la lignée des deux derniers albums, s’installe désormais un Alt Metal nerveux qui, tout en dissipant définitivement l’empreinte sudiste, affiche une sincérité et une authenticité sans faille. Sans atteindre le brio des débuts, BSC nous offre 25 minutes de puissance, de rythme et de guitares rageuses. Cette célébration de 20 ans de carrière du combo de Chris Robertson s’achève sur une reprise étonnante du classique d’un classique pop des années 80: Don’t You (Forget About Me) des écossais Simple Minds. Va comprendre Charles!

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