The Wacky Jugs – Wired, wild and wicked

C’est clair! le Concours de l’Eurovision je m’en tape comme de ma première tétine. Que les bretons représentant la France évitent de peu la dernière place, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Par contre, que l’Ukraine remporte haut la main la compétition ça me met dans une rogne égale à celle d’un pitbull après 2 semaines de régime végétarien. Sans déconner! On parle culture ou on parle politique? Faut il que Vladimir envahisse le Bignouland pour que les chapeaux tournent rond ou que Poutine aille se faire casser la gueule par les bonnets rouge pour que le Morbihan soit célébré? 

Ça ne vas pas faire bondir les adeptes de la soupe médiatique ni interpeler la beaufitude franchouillarde mais, avec un peu de chance, la nouvelle risque de combler les dénicheurs de talents. Car là, on parle de musique, de blues et de reconnaissance qui va bien. Ne me remerciez pas, je ne suis pas payé pour ça! De plus, sans Gaël – résistant rock planqué au fond d’un canapé à Lanester – je serai moi-même-myself passé à côté de cette putain de bonne nouvelle.

La Bretagne se souviendra sans doute longtemps de cette nuit du lundi 9 au mardi 10 mai 2022, quand le jury de l’International Blues Challenge a annoncé le nom du vainqueur : The Wacky Jugs ! Historique! Pour la première fois, un groupe français remporte le premier prix de la catégorie reine de ce prestigieux concours. Les Pontivyens (NDLR: ceux de Pontivy 56300) sont montés sur la première marche du podium, devant 250 participants venus du monde entier. Source et infos: Pontivy Journal.

Il est donc temps de découvrir Wired, wild and wicked. Sorti fin 2020 voici un album intéressant à plus d’un titre. C’est d’abord un hommage au blues des origines pratiqué par des amateurs qui s’exprimaient avec ce qu’ils avaient sous la main, à savoir des instruments classiques (banjo, guitare, violon, accordéon, harmonica…) pour les plus fortunés, ou bricolés (pichet, planche à laver, bassine, cuillères…) pour les autres. C’est aussi un voyage rythmé par le shuffle de Chicago, le Jive made in New Orleans ou le Zydeco de Louisiane. C’est enfin un ensemble de 10 titres jouissifs qui soufflent un véritable vent de fraicheur, au risque risque de surprendre les amateurs du genre et convertir les plus sceptiques. The Wacky Jugs (NDLR: Les pichets farfelus) sont effectivement Wired, wild and wicked (NDLR: câblés, sauvages et méchants) mais ils sont surtout étonnants, détonants et brillants. Vous savez ce qu’il vous reste à faire! Moi c’est fait et fuck l’Eurovision! Allez, je file, y’a un pitbull qui me mate bizarrement.  Kenavo!

Jax Hollow – Underdog Anthems

Classic ou Revival, il arrive que le rock arrive à produire des choses intéressantes. Originaire de Nashville, Jax Hollow fait partie de ces artistes qui mettent toutes les chances de leur côté pour se placer sur le dessus de la vague. Entourée de la bassiste Leilani Kilgore et de la batteuse Angela Lese, la musicienne a donc mis sur les rails un power trio exclusivement féminin. Jusque là rien de très exceptionnel, je vous l’accorde. Là où le projet ne manque pas d’intérêt c’est que l’ensemble affiche quelques très bonnes dispositions pour faire parler la poudre avec détermination et à-propos. Pour preuve, ce premier album autoproduit paru fin 2021: Underdog Anthems. Globalement, Jax et ses deux copines lorgnent incontestablement vers un blues rock qui fait taper du pied et un heavy rock testéronisé qui envoie de quoi se chauffer l’hiver prochain. En plus d’un charme certain – ou d’un certain charme – la chanteuse/guitariste, ne manque pas d’atouts. La voix est claire et puissante, en parfaite adéquation avec son jeu souvent déchainé d’où sortent riffs qui tuent et solos ébouriffants, le tout mis en valeur par une rythmique pétaradante. Quant aux compos, elles sont largement à la hauteur, même lorsqu’il s’agit d’explorer des terres plus aériennes (Rebound) ou plus émotionnelles (Drift Together). Underdog Anthems est court, très court: 7 titres seulement pour 25 minutes d’écoute. On se  surprend à en vouloir un peu plus. Gageons que Jax Hollow a su éviter le piège de la redite en montrant ce dont elle est capable et en nous laissant espérer qu’elle en a encore sous les cordes. L’avenir le dira. D’ici là il serait dommage de ne pas prêter une oreille attentive à ce premier essai.

Tracklist Underdog Anthems: 1. High Class Bitch – 2. Rebound – 3. Say My Name – 4. Drift Together – 5. Wanted Woman – 6. 52 Pickup – 7. Breathe.

Patrick BETAILLE, avril 2022

 

ZZ Top – Raw

ZZ Top annonce un nouvel album conçu à partir du documentaire réalisé par Sam Dunn en 2019 et désormais disponible en Dvd et Bue Ray. Dans ce long métrage, le trio texan revient sur sa carrière dans un show intimiste et réinterprète quelques-uns de ses titres emblématiques. Voici donc la bande originale de That Little Ol’ Band From Texas. 11 titres qui ont été enregistrés live en une seule journée dans l’une des plus anciennes ballrooms du Texas: Gruene Hall. Plus qu’un best of, Raw est un très intéressant retour aux sources et surtout le dernier enregistrement du groupe avec le bassiste Dusty Hill, décédé en 2021. L’album est annoncé pour le 22 juillet 2022.

Tracklist: Brown Sugar – 02. Just Got Paid – 03. Heard It On The X – 04. La Grange – 05. Tush – 06. Thunderbird – 07. I’m Bad, I’m Nationwide – 08. Gimme All Your Lovin’ – 09. Blue Jean Blues – 10. Certified Blues – 11. Tube Snake Boogie.

Patrick BETAILLE, avril 2022

Dessine moi un Vinyle – Part 2

Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Certains chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques, y compris au cœur de la variété francophone. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

Eddy Mitchell : L’épopée du Rock – Barclay, 1974. ©Illustration Al Voss.
Dick Rivers : Mississippi River’s – Mouche Records 1975. ©Illustration Morris.
Nino Ferrer : Rock’n’Roll Cowboy – Vogue, 1983. ©Illustration Frank Margerin.
Bijou: Lola (Single) – Polydor 1988. ©Illustration Tanino Liberatore.
Richard Gotainer : Vive la Gaule – Virgin Records, 1987. ©Illustration Marcel Uderzo.
Pigalle : Regards Affligés… – Boucherie Production 1990. ©Illustration Jacques Tardi.

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

Patrick BETAILLE, avril 2022

Mississippi Heat – Madeleine

Allez, disons le comme ça: Mississippi Heat est avant tout un groupe mais c’est aussi et surtout  un collectif de musiciens dont les racines puisent très profond dans les terres du Blues. Formé en 1991 et actuellement dirigé par l’harmoniciste et compositeur Pierre Lacocque, l’ensemble vit par et pour un genre traditionnel qu’il s’attache à promouvoir lors de concerts un peu partout dans le monde et, bien sûr, en studio. Avec à son actif une douzaine d’enregistrements le combo à géométrie variable perpétue la mémoire des Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Jimmy Reed, Little Walter et autre Sonny Boy Williamson. Madeleine, treizième album en date enregistré à Chicago et mixé à Memphis vient de sortir, pour le plus grand bonheur des amateurs de bonnes vibrations. Guitares accrocheuses, cuivres percutants, support rythmique – claviers compris – impeccable, chœurs et chants brillants, aucun doute, c’est bien de blues dont il s’agit, et pas n’importe lequel, celui de Chicago. Et puis il y cet harmonica, viscéral, imparable, celui de Pierre Lacocque dont le talent mondialement apprécié et reconnu saura convaincre les plus sceptiques. Madeleine n’est pas un disque passéiste. Il est actuel, inventif même, et méchamment efficace pour perpétuer la mémoire de la musique qui s’écoute avec le cœur. Indispensable!

Patrick BETAILLE, avril 2022

 

Dessine moi un Vinyle – Part 1

Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Bel exemple que celui de Janis Joplin qui fit appel à Robert Crumb pour le packaging de l’inoubliable Cheap Thrills. Certains autres chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

The Grateful Dead : Shakedown Street- Arista Records, 1978. ©Illustration Gilbert Shelton.
Ramones : Road to Ruin – Sire Records 1978. ©Illustration John Holmstorm.
Zappa : The Man from Utopia – Barking Pumping Records, 1983. ©Illustration Liberatore.
Iggy Pop : Brick by Brick – Virgin Records, 1990. ©Illustration Charles Burns.
George Thorogood & The Destroyers : Haircut – EMI, 1993. © Illustration Peter Bagge.
Airbourne : No Guts, No Glory – Road Runner Records, 2009. ©Illustration Rob Sharp .

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

Patrick BETAILLE, avril 2022

The Hellacopters – Eyes of Oblivion

Formé en  1994, The Hellacopters n’avait pas donné signe de vie depuis Head Off, le précédent  album paru en 2008, dans la foulée de l’annonce officielle de leur séparation. 14 ans après,  les suédois sont de retour avec un huitième album studio: Eyes of Oblivion. C’est reparti mon kiki! Les grosses guitares et le heavy rock venus du froid sonnent à nouveau la charge comme au bon vieux temps. Du rock accrocheur, des riffs tranchants, voilà le carburant de ces 10 titres, et ce, même lorsqu’il s’agit d’aller flirter avec des ambiances plus blues (So Sorry I Could Die) qu’à l’accoutumée. Nick Anderson et sa bande ne sont pas frileux quand il s’agit de nous réchauffer et Eyes of Oblivion envoie pas mal de bois. Ça tombe bien, les vagues de froid n’ont peut être pas pas dit leur dernier mot.

Patrick BETAILLE, avril 2022

 

 

 

 

 



In Vinyle Veritas – La Censure en 33 Tours

IN VINYLE VERITAS – Éloquence & Désaveu du Cover Art

Le livre qui raconte de manière illustrée et argumentée la censure des pochettes de disques des années soixante à nos jours. 300 pages – 170 chroniques – 570 artistes référencés – 275 illustrations. Un témoignage culturel unique pour l’histoire, pour la mémoire et pour la musique qui s’écoute avec le cœur mais aussi avec les yeux. 

Disponible en Auto Édition:

IN VINYLE VERITAS – Éloquence & Désaveu du Cover Art

Patrick BETAILLE, mars 2022

Mike Campbell & The Dirty Knobs – External Combustion

En 2001, l’intention première de Mike Campbell était d’écumer les clubs avec une bande de potes, histoire de s’en payer une tranche en marge des séances studio et des tournées avec son boss et ami Tom Petty. En 2017, la disparition soudaine de Petty change la donne et ce qui n’était qu’un side project se concrétise en 2020 sous la forme d’un premier essai de The Dirty Knobs: Wreckless Abandon. Autre temps, autre mœurs, Mike Campbell revient en 2022 avec la même équipe pour un album enregistré live en studio bourré d’esthétisme.  External Combustion c’est du rock, du shuffle, de la folk, du boogie et de la country, sincères et sans artifices, y compris quand quelques invités de marque (Margo Price et l’ancien Mott The Hopple Ian Hunter) viennent apporter leur contribution ou quand il s’agit de rendre hommage à Brigitte Bardot. Cet album est bien plus qu’une célébration du classic rock ou qu’un clin d’œil aux Heartbreakers. Il s’agit tout simplement d’un magnifique kaléidoscope admirablement joué et bougrement efficace. Quelle classe!

1.Wicked Mind –  2.Brigitte Bardot – 3.Cheap Talk – 4. External Combustion – 5.Dirty Job (feat. Ian Hunter) –  6. State Of Mind (feat. Margo Price) – 7.Lightning Boogie – 8.Rat City – 9.In This Lifetime – 10.It Is Written – 11. Electric Gypsy.

Patrick BETAILLE, mars 2022

 

 
 

 

Beth Hart – A Tribute to Led Zeppelin

Si l’on remonte dans la carrière de cette chanteuse exceptionnelle et pour peu que l’on ait eu la chance de tomber sur son Live in Paradiso, l’on sait déjà qu’en 2004 Beth Hart faisait déjà vibrer la petite salle de concerts d’Amsterdam au son d’une version incendiaire du Whole Lotta Love de qui vous savez. Il y a donc longtemps que l’ombre du dirigeable plane au dessus de la tête de l’américaine qui, d’albums solo en collaborations scéniques somptueuses avec Jeff Beck, Slash et bien sûr Joe Bonamassa, n’en finit pas de prendre des risques pour afficher avec un énorme talent son  amour pour la pop classieuse, le rock high energy et le blues viscéral. Mais là, pour s’attaquer à un tel répertoire, faut quand même en avoir dans le futal! Surtout quand l’on a plus rien à prouver et que sonne l’heure d’un hommage prétexte à une explosion de fureur trop longtemps  bridée par une pandémie frustrante. N’est pas Robert Plant qui veut [NDLR: N’est-ce pas Josh Kiszka?] et encore moins Led Zeppelin au complet [NDLR: N’est-ce Greta Van Fleet?]. Car c’est bien de reprises dont il s’agit. Beth Hart n’est pas une débutante et elle a bien compris que pour respecter l’héritage il fallait absolument laisser s’exprimer sa personnalité et se faire accompagnant de musiciens capables de ne pas passer pour un vulgaire tribute band. Pour l’occasion ce sont Tim Pierce (Bruce Springsteen, Tina Turner) à la guitare, Chris Chaney (Rob Zombie, Slash) à la basse, Jamie Muhoberac (Bob Dylan, Rolling Stones) aux claviers, et Matt Laug ( Alice Cooper) à la batterie. Tout ce beau monde supervisé et orchestré par Rob Cavallo, en son temps producteur de Green Day et Linkin Park. Résultat, un disque de neuf reprises majestueusement exécutées et mises en valeur par cette voix à la fois rocailleuse et soul, source d’un véritable tourbillon émotionnel qui va vous faire saigner les oreilles. Whole Lotta Love, Kashmir, The Crunge, Black Dog, Good Times Bad Times, Stairway To Heaven bien sûr, sans passer sous silence les medleys Dancing Days/When The Levee Breaks et No Quarter/Babe I’m Gonna Leave You Now, tout fonctionne à merveille. Un régal!

Vous savez quoi? J’aimerais bien savoir ce qu’en pensent Robert, Jimmy et John Paul, eux qui en 2012, lors des Kennedy Honnors,  s’étaient levés pour ovationner Beth à la fin de son interprétation de I’d Rather Go blind (avec Jeff Beck) en hommage à Buddy Guy. La preuve!

Patrick BETAILLE, février 2022