Derek Hess – R.L. Burnside

 

Derek Hess est un illustrateur américain installé à Cleveland, dans l’Ohio. Sa carrière s’est largement développée grâce à sa capacité à exprimer les élans des scènes indie, hardcore et metal du milieu des années 1990. Des affiches de concerts aux œuvres d’art engagées, Hess explore les univers de la musique et de l’art depuis plus de 15 ans. Il a débuté sa carrière en créant des flyers promotionnels d’événements musicaux. Ces supports faisant appel à l’encre, l’acrylique et la sérigraphie ont rapidement attiré l’attention d’innombrables groupes mais aussi celle du Rock and Roll Hall of Fame et du Musée Louvre. Deux institutions qui ont intégré des œuvres du peintre dans leurs collections permanentes.
C’est ainsi que Hess acquit une renommée internationale, réalisant des affiches pour Pearl Jam, Deftones, Offspring, Clutch, Pantera ou Pink Floyd. L’artiste a aussi créé une bonne centaine de pochettes d’albums. Sepultura, Converge, Fugazi, Season to Risk et beaucoup d’autres ont ainsi bénéficié de la patte du graphiste. Le style sombre et saisissant, le trait libre et minimaliste ont également accompagné le bluesman R.L. Burnside pour A Ass Pocket of Whiskey en 1996 et Mr. Wizard en 1997. Pour en savoir plus: Derek Hess: Concert Art.


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Deep Purple – Splat!

 

Pour un groupe qui a vendu plus de 130 millions d’albums dans le monde et influencé des générations de musiciens, il ne restait plus grand-chose à prouver. Pourtant, après avoir contribué à définir les codes du hard rock, Deep Purple répond toujours présent sans avoir rien perdu de son ambition et de son énergie. Bien ou mal, de Now What?! à =1 en passant par The inFinite, Whoosh! et Turning To Crime, la formation a connu l’une des périodes de fin de carrière les plus prolifiques. Sans évoquer un retour aux sources, ce vingt-quatrième album studio affiche une intention sincère de renouer avec la puissance et l’intensité. Splat! n’est pas un monument commémoratif. Le disque ronronne et baigne dans un équilibre subtil entre détermination, groove et impact. Sans réelle surprise, les clins d’œil aux années 70 existent. Pour autant, pas de quoi faire oublier In Rock ou Machine Head. Mais est-ce le but? Reste qu’à l’écoute des 13 titres on assiste à de belles passes d’armes dignes de Space Truckin’ ou Highway Star. Difficile de faire autrement quand on s’appelle Deep Purple. C’est génétique et, en ce sens, le noyau dur Gillian/Glover/Paice fait preuve d’un rendement efficace. Désormais, Simon McBride n’est plus le remplaçant de Steve Morse. Virtuose, il occupe une place prépondérante et, avec Don Airey aux claviers, il insuffle au quintet cette belle dynamique qui imprègne tout l’album.


Bien que l’honnête Splat! (très bien produit par Bob Ezrin) sonne comme le témoignage d’une envie qui fait plaisir à entendre, on aurait aimé un plus de prise de risques de la part de Deep Purple Mark IX.


 

Jayler – Voices Unheard

 

Tout commence dans les West Midlands en 2021, lorsque James Bartholomew (chant) et Tyler Arrowsmith (guitare) se rencontrent. Au constat d’une appétence commune pour le classic rock, les deux musiciens décident de se lancer dans l’aventure. Ils fondent Jayler en s’adjoignant les services de Ed Evans (batterie) et de Ricky Hodgkiss (basse/claviers).  Après un EP prometteur de six titres paru en 2023 et de nombreux concerts, le quatuor vient de confirmer son intention de raviver la flamme de l’âge d’or du rock en publiant Voices Unheard, leur premier LP.
Dès la première écoute, l’évidence est palpable. Les britanniques ont été biberonnés au blues et au rock des seventies portés par Humble Pie, Aerosmith ou Led Zeppelin. Tempos, riffs, sonorités, tout est là pour remettre sur l’ouvrage le hard rock à l’ancienne. Même le look! En effet, à y regarder de près, James Bartholomew a la dégaine de Robert Plant jeune. Même si certains plans de guitare, envolées vocales, intonations ou structures évoquent immédiatement leurs influences, le quatuor évite soigneusement le piège qui consiste à se réfugier dans l’ombre du dirigeable.
Down Below et son intro bluesy à l’harmonica illustre parfaitement une approche qui laisse une place de choix pour une montée en puissance que vient confirmer un Riverboat Queen boosté à la slide de Tyler Arrowsmith. Groove discret mais redoutable de Need Your Love et des très classiques, The Getaway et Hate to See I End qui s’appuient sur une immédiateté mélodique et chaleureuse. L’album fonctionne aussi grâce à ses contrastes. Bittersweet ralentit la cadence avec une approche plus folk acoustique qui dévoile une autre facette du groupe. Over The Mountain, Alectrona et Lovemaker: attaques, certes sans surprise, qui s’achèvent en frénésies électriques. Moins évident, The Rinsk ferme le ban en multipliant les ambiances et laisse entendre que l’originalité est également au rendez-vous.


Avec Voices Unheard, Jayler ne bouleverse pas les codes, mais signe un album de hard blues rock réjouissant. Exactement ce dont le rock classique a besoin aujourd’hui: de groupes capables de redonner envie d’y croire. Ce qu’à oublié Greta Van Fleet.


 

 

Marc Broussard – Chance Worth Taking

 

Fils de guitariste, enfance à Lafayette en Louisiane, Marc Broussard avait tout pour se lancer dans une carrière musicale. Ce qu’il fit en 2002 avec Momentary Setback, son premier album. Auteur-compositeur-interprète au goût prononcé pour le R&B, la soul, le swing et les sonorités cajun du sud, il puise son inspiration vocale chez Otis Redding et Dr. John. C’est l’énergie et l’authenticité de cette voix qui se retrouve au premier plan dans le tout récent Chance Worth Taking (Une chance à saisir – NDLR). Quatorze compositions qui exploitent tout le talent de l’artiste, sans jamais donner l’impression qu’il se répète. Le résultat est absolument convaincant, tant au niveau de l’émotion que du groove. Broussard a toujours eu le don de réinterpréter le genre afro-américain pour l’adapter à notre époque, mais ici il flirte avec le grand art. Cet aboutissement est aussi la conséquence d’une collaboration étroite avec Joe Bonamassa et Josh Smith. La guitare de Bonamassa est omniprésente sur l’album, notamment sur plusieurs titres co-écrits, apportant du mordant et de la texture sans jamais masquer la voix de Broussard. Assisté de Calvin Turner à la production, Smith contribue à l’élaboration d’arrangements au cordeau, ancrant les morceaux dans une homogénéité et une cohésion parfaites.


Avec cet album à la palette stylistique impressionnante, Marc Broussard assume pleinement son identité et la revendique pleinement. Il a saisi sa chance. Celle de vous convaincre qu’il est toujours et encore temps: Laissez Les Bons Temps Rouler!


 

 

Hillbilly Vegas – À La Mode

 

En 2011, des étudiants de l’Oklahoma décident de se réunir pour former les Hillbilly Vegas. Accompagnés d’un franc succès, ils sortent dans la foulée Ringo Manor, leur premier album. Plusieurs titres figurent dans le top 20 pendant plusieurs semaines. En 2016 un deuxième opus intitulé 76 assure la consécration. Tournées et festivals aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni mettent en lumière un groupe pratiquant southern rock et outlaw country. Tout simplement un bon rock and roll festif. En 2022, après des années passées sur la route, le quintet publie un troisième album: The Great Southern Hustle. 
Avec leur toute récente production, les gars s’installent désormais dans ce qu’ils savent faire de mieux. Du rock sudiste à forte identité avec juste ce qu’il faut d’une tonalité country qui colle bien aux santiags. Les guitares sont puissantes et directes, la section rythmique est implacable et les morceaux défilent avec assurance. Ce qui fait la force de À La Mode c’est la cohésion et l’originalité puisant dans l’efficacité du rock et l’émotion du blues. C’est familier, juste ce qu’il faut, et parallèlement, la soul et l’americana offrent à l’album une dimension plus ample sans pour autant en altérer l’essence. Ça frappe fort et avec une conviction qui transpire au travers du chant si authentique de Steve Harris.


Planquées derrière un cover art digne d’un calendrier de truck driver, 11 compositions impeccables. Hillbilly Vegas peaufine son style avec précision et énergie. La participation de l’ex-Free et Bad Company Paul Rodgers sur Mr. Midnight accompagne À La Mode d’une touche d’autorité classic rock indéniable.


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Paul Roberts – Sniff ‘n’ the Tears

Paul Roberts a été élevé au Pays de Galles par ses parents, tous deux artistes. Après des études au Newport College of Art et au Cardiff College of Art, il se fait connaître en tant que peintre hyperréaliste dès les années 1970. Avec un excellent sens de la couleur, ses œuvres explorent et parodie le glamour dans des ambiances parfois dramatiques ou surréalistes. Musicien à ses heures, il compose, chante et joue de la guitare au sein d’un groupe de pop rock. Formé en 1978, Sniff’n’The Tears connait un beau succès international, notamment grâce au titre Driver’s Seat. Après quatre albums enregistrés avec le groupe entre 1978 et 1982, Paul Roberts se lance dans une carrière solo. Jusqu’en 2000, ses engagements musicaux limitent le temps qu’il peut consacrer à la peinture.
Des toiles de Paul Roberts ont été utilisées pour accompagner certains albums de Sniff’n’The Tears. Fickle Heart illustre le disque du même nom paru en 1978. C’est The Passenger qui sert de cover art au best of du groupe paru en 1991. Les œuvres du peintre peuvent être consultées ici: Paul Roberts Paintings.


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Social Distorsion – Born To Kill

 

15 ans d’absence discographique depuis Hard Times and Nursery Rhymes publié en 2011. Après cette pause forcée – due notamment à des problèmes de santé chez le fondateur, guitariste et chanteur – les californiens de Social Distortion sont de retour! Et ils ne se contentent pas de rompre le silence. Ils reviennent en force, avec la puissance qui les caractérisent. Born To Kill repose sur les fondements qui ont permis au groupe de rester aussi dynamique pendant près de cinquante ans avec ce rock classieux qui a toujours coulé dans les veines de Mike Ness.
Le morceau titre qui déferle sur l’autoroute du rock’n’roll donne le ton. Partners In Crime s’appuie sur un riff gras et puissant. No Way Out enfonce le clou tandis que The Way Things Were ralentit le rythme, juste assez pour pouvoir jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. Et puis il y a Tonight, un hymne entraînant taillé sur mesure pour taper du pied en faisant gaffe de ne pas renverser sa Budweiser. Le plus intéressant dans ce huitième opus, c’est la facilité avec laquelle Social.D parvient à maintenir un équilibre subtil entre énergie et succès commercial. Sous une apparente simplicité, l’album repose sur les modèles qui ont permis au groupe de rester dynamique et créatif pendant près de 50 ans. Hommage à la country avec Crazy Dreamer, incursion pop rock dans D’ont Keep Me Hanging On et même une belle reprise de Chris Isaak: Wicked Game. Rock vintage à souhait pour Walk Away et Never Goin’ Back Again. Un pt’it dernier pour la route. Over You appuie encore sur l’accélérateur pour une fin de course fracassante.


11 titres pour un rock bien balancé, simple et sincère. Des amplis qui crachent, une rythmique entraînante, des guitares omniprésentes, le tout pour appuyer la présence étonnante de Mike Ness au chant. Les Social Distorsion roulent encore, ils viennent de refaire le plein!

 

Barney Bubbles – Hawkwind

Hawkwind: In Search of Space 71 – Space Ritual 73 – Hall of the Mountain Grill 74

 

L’anglais Colin Fulcher (1942-1983) pratiquait le dessin et la peinture. Sous le pseudo Barney Bubbles il s’est également consacré à la réalisation de clips musicaux et à la création graphique axée sur la scène musicale indépendante britannique des années 70 et 80. Il a été l’auteur d’un grand nombre de pochettes de disques au design accrocheur et immédiatement reconnaissable. Avec un style novateur inspiré par le pop art, il est parvenu à faire un lien entre le psychédélisme et l’avènement du punk. Excentricité, mouvement et harmonie aux couleurs vives ont permis à l’artiste de devenir de plus en plus populaire auprès des groupes New Wave émergents. À cette époque, Bubbles fut nommé directeur artistique du label Stiff Records et mit son talent au service de Ian Dury, des Damned et de Elvis Costello. Par la suite, il collabora avec Generation X, Devo et Dr Feelgood (A Case of the Shakes).
Mais Bubbles a d’abord été associé à Brinsley Schwarz, le groupe de Nick Lowe, et surtout, aux rockeurs cosmiques de Hawkwind avec des affiches et des pochettes d’albums saisissantes. L’originalité de In Search of Space, la singularité du légendaire album live Space Ritual et le côté futuriste de Hall of the Mountain Grill, ont offert à la musique du groupe londonien une identité visuelle significative.


Lemmy Kilmister: ″ Pour la tournée américaine de 78, Barney nous a monté un spectacle extravagant avec éclairages, images projetées et machines à fumées. Il a peint tout notre équipement en couleurs fluo pour capter les jeux de lumières. Les fans sous acides décollaient direct vers les étoiles ″.


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Foo Fighters – Your Favorite Toy

 

En à peine un peu plus de 30 minutes top chrono la boucle est bouclée. Your Favorite Toy va droit au but. Pas d’intros à rallonge, pas de fondus en fermeture, rien qui ne semble vouloir prouver quoi que ce soit. Le groupe ne se replonge pas dans le passé, mais il ne perd pas non plus dans la créativité introspective. En 10 titres Dave Grohl et sa bande assènent ce qu’ils font le mieux: du Foo Fighters et c’est d’ailleurs pour ça qu’on les aime. Soutenue par un groupe au diapason, la voix du frontman est toujours aussi intense.
Les morceaux sont percutants, incisifs et privilégient l’immédiateté. Tout en puissance contenue, Caught in the Echo annonce la couleur avant que Of All People ne bénéficie d’une sérieuse accélération. Window adopte un rythme moins soutenu mais parvient à préserver l’intensité. Your Favorite Toy va droit au but et met le feu aux poudres. Baisse de régime bien sentie et sans excès pour If You Only Knew, juste avant la déflagration de Spit Shine qui met en avant le beau boulot du nouveau batteur Ilan Rubin. Pop rock mélancolique et vitaminée pour Unconditional et Child Actor, brillants de par les sonorités dépouillées et les performances vocales de Dave. Amen Caveman et Asking For a Friend bénéficient d’un son brut, plus proche des premières inspirations du groupe.


Plus court et moins sombre que le précédent But Here We Are, Your Favorite Toy reste bien ancré dans la tradition d’un rock puissant, efficace et encore capable de balancer quelques claques revigorantes.


 

 

Dana Fuchs – Live In Denmark

 

Depuis 2003, année de la parution du premier album Lonely for a Lifetime, Dana Fuchs a atteint à deux reprises le Top 10 des Blues Albums du Billboard, notamment avec Bliss Avenue, sa troisième production en studio, et Songs from the Road enregistré en public et paru en 2014. Se retrouver face au public est un exercice qui semble particulièrement convenir à l’américaine qui, déjà en 2007, avait sorti le Live In NYC enregistré au BB King’s Club.
Live in Denmark arrive à point nommé pour confirmer que la chanteuse possède une voix exceptionnelle et de l’énergie à revendre. Le concert danois débute avec trois titres du dernier Borrowed Time de 2022. Tour de chauffe donc avec le rock irrésistiblement seventies de Double Down et de Hard Road. Le tempo ralentit avec Blue Mist Road tout en restant dans la même mouvance. Après Superman et Nothing You Own – un Southern Blues mâtiné de soul – vient l’un des moments forts: Home Is Where The Hatred Is. Intense, le chant y est poignant et les musiciens sont au sommet de leur art. La vitesse de croisière est atteinte en mode country rock avec Borrowed Time et battle Lines tandis que le puissant Curtain Close incorpore subtilement des éléments du classique Ain’t No Love In The Heart Of The City de Bobby Blue Bland, joliment repris en son temps par Whitesnake. Le set s’achève en apothéose avec une reprise magistrale du Sympathy for the Devil de kivouçavé.
Il faut noter que tout au long de la prestation, John Diamond livre un jeu de guitare exceptionnel et que Kevin Mackall – Bassiste et mari de la frontwoman – fait preuve d’un feeling et d’une technique redoutables, bien en phase avec la finesse de Piero Perelli aux drums. Ce trio est en totale osmose et complète à merveille le cri primal de Dana Fuchs.


Live In Denmark est un témoignage brut et authentique. Les amateurs de blues-rock ne seront pas indifférents à la qualité de l’enregistrement et surtout, à la belle performance d’une artiste à la voix rauque, expressive et inimitable.