Deep Purple – In Rock

En juin 1969, Jon Lord, Ian Paice et Ritchie Blackmore louent un petit local de répétition à Londres. Ils sont rejoints par Ian Gillan (chant) et Roger Glover (basse), désignés à remplacer Rod Evans et Nick Simper. C’est l’avènement de Deep Purple Mark II et un nouvel album est en préparation.
Peu après le Led Zeppelin II et le premier album de Black Sabbath, In Rock sortira en juin 70 et posera avec ces deux prédécesseurs les bases d’un nouveau genre musical: le hard rock. Mais préalablement et une fois le titre choisi il convient décider du cover art du quatrième album du Pourpre. Tony Edwards, le manager du moment, propose l’idée qui sera retenue:  reproduire le mont Rushmore en remplaçant les têtes présidentielles américaines par celles des musiciens. C’est à l’agence londonienne Nesbit, Phipps & Froome qu’est confiée la mise en œuvre du projet. Une fois sélectionnés, les clichés sont découpés et collés sur un agrandissement de la photo de la sculpture en granite. À l’époque les outils de retouche numérique n’existent pas, le montage est donc entièrement réalisé à la main. Idem pour le lettrage. Incapables de trouver une police de caractères originale et représentative, les designers créent de toutes pièces une typographie qu’ils mettent en valeur sur un fond uni bleu. Plus simple, l’intérieur se contente d’héberger paroles et photos des musiciens, le tout en noir et blanc. Nesbit, Phipps & Froome fera deux autres illustrations pour le groupe : Burn en 1974 et la compilation 24 Carat Purple en 75.

L’histoire et la censure du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!

 

Patrick BETAILLE, octobre 2021

 

Deep Purple – La saga du plagiat

Deep Purple, Child in time plagiarism

Certes dans une mesure moindre comparé à Led Zeppelin mais l’on est en droit de se poser quelques questions quant aux plagiats révélés par l’écoute attentive de certains morceaux de Deep Purple.

  • Lazy″. Un des temps forts de l’album Machine Head (1972) semble venir tout droit de chez John Mayall & the Bluebreakers. Clapton adapte un titre déjà emprunté à Memphis Slim, Steppin’ Out.
  • Smoke on the water″. Egalement sur la track list de Machine Head. Reconnaissable entre tous, le riff désormais légendaire avait en 1966 des accents de Bossa Nova sur un titre d’Astrud Gilberto: Maria Quiet.
  • Fireball″. Tiré de l’album du même nom publié en 1971. Quasiment un copié/collé du cinquième titre de l’unique album des canadiens de Warpig: Rock Star
  • Black Night″. Le titre sort en single en juin 1970 pour promouvoir l’album In Rock. Visiblement le riff a été emprunté à la version Ricky Nelson de Summertime .
  • Child in time″. It’s a Beautiful Day est une formation qui gravite dans la sphère hippie du Grateful Dead et Jefferson Airplane. Deep Purple a l’occasion de les entendre et John Lord est totalement fasciné par le potentiel de l’un des morceaux de l’album éponyme sorti en 1969.  La bande à Ritchie Blackmore se livre alors à une refonte du titre au départ purement instrumental. Des textes forts dénonçant par métaphores l’absurdité  et les ravages des guerres sont ajoutés et portés par la voix d’un Ian Gillan surpuissant au sommet de sa forme.  Dès sa publication ″Child in time″ goûte au succès énorme que ne connaitra jamais la version  de Bombay Calling.

Patrick BETAILLE, octobre 2016

Jon Lord – la dernière note !

Deep Purple John Lord 1941-2012En 2002,  Jon Lord avait définitivement mis fin à sa collaboration avec  Deep Purple qu’il avait lancé en 1968 avec Ritchie Blackmore et au sein duquel il tenait les claviers tout en assurant un rôle d’auteur compositeur. De formation classique (1er prix du conservatoire de Londres), Il a été l’un des pionniers de la fusion entre le rock et la musique classique en enregistrant au Royal Albert Hall de Londres le Concerto pour groupe et orchestre avec le groupe et les musiciens du Royal Philharmonic Orchestra. C’était en 1969. A la même époque son sens de la composition et son esprit novateur firent de lui un des piliers de ce qui  allait devenir le Hard Rock. En effet, Jon Lord décida de réveiller la bête* en modifiant le son de son orgue Hammond via un branchement sur un ampli Marshall. La suite on la connaît: Speed King, Child in time, Hard lovin’ man… Autant de titres qui font que musicalement parlant il y eut l’Avant In Rock et l’Après In Rock… Aujourd’hui, après quelques monuments pourpres (Machine Head), plusieurs projets en solo et des contributions diverses (Whitesnake et plus récemment Hoochie Coochie Man) Jon Lord  disparaît, vaincu par un cancer du pancréas à l’âge de 71 ans. ″No matter what we get out of this, I know we’ll never forget..(Smoke on the water).

*Cet épisode est évoqué par Jon Lord lui même sur le magnifique Dvd « Machine Head » sorti en 2005 dans la série Classic Album. 

Patrick BETAILLE, juillet 2012