Meat Loaf – Décès du Gargantua du Rock

Question heroic fantasy, c’est l’une pochettes emblématiques de l’histoire du rock. Sous un ciel rougeoyant et tourmenté, un motard surgit des entrailles de la terre – tel un cavalier de l’apocalypse – observé par une chauve souris géante juchée sur le caveau d’un cimetière. Avec ce cover art, Richard Corben accompagne en 1977 la sortie Bat Out of Hell qui se vendra à 50 millions d’exemplaires. À l’origine de ce succès fracassant, un projet de comédie musicale, celui de Jim Steinman, et une rencontre avec un certain Marvin Lee Aday, chanteur de rock. À ses débuts, Marvin se fait remarquer par une puissance vocale, un timbre de voix et une grandiloquence qui donnent à son groupe l’occasion d’assurer – sous le nom de Meat Loaf – des premières parties pour Van Morrison et Janis Joplin, les Who, les Stooges et The Grateful Dead. Parallèlement, le chanteur entame une autre carrière en obtenant un rôle dans des représentations de Hair à Brodway puis, plus tard fait ses débuts au cinéma dans le cultissime Rocky Horror Picture Show en tant que Eddie et dans de nombreuses séries télé (Monk, Doctor House, Fight Club, etc). La petite histoire raconte que le nom de scène Meat Loaf viendrait d’un professeur de sport de l’école que fréquentait Marvin. Alors qu’il affichait 120 kg sur la balance, il aurait marché sur le pied de son prof qui lui aurait crié : ″Dégage de mon pied, espèce de tas de viande (meat loaf), tu vas m’estropier ! En 1984, Marvin change officiellement d’état civil. Il s’appelle désormais Michael Lee Aday. Ces dernières années, le Gargantua du rock avait connu de sérieux problèmes de santé notamment au niveau des cordes vocales. Il vient de décéder à l’âge de 74 ans.

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

The Georgia Thunderbolts – Can we Get a Witness

À l’été 2020, les Georgia Thunderbolts avaient marqué les esprits avec un premier EP éponyme tellement réussi qu’il leur avait ouvert de nombreuses portes. Originaire de Rome, au pied des Appalaches en Georgie, le quintet vient de commettre un Long Play qui, tout en intégrant l’intégralité du précédent opus, valide et confirme son positionnement au cœur d’un Southern Rock marqué au fer rouge par l’intemporalité des géants tels que Lynyrd Skynyrd et The Allman Brothers Band. Contrairement à la plupart des formations du genre (Molly Hatchet, Outlaws, etc.) The Georgia Thunderbolts ne joue pas la carte de la guitar army avec trois guitaristes. Pour se distinguer, ils ont fait le choix d’intégrer claviers, piano et même harmonica, tout en adhérant à un revival déjà brillamment soutenu par Blackberry Smoke, Drive by Truckers ou même les métalleux de Black Stone Cherry. Alors bien évidemment Can We Get A Witness est très ancré dans ses racines mais il fait surtout preuve d’une modernité prometteuse sublimée par la voix (qui parfois n’est pas sans rappeler celle de Ronnie Van Zant) remarquable de TJ Lyle dont le registre bluesy – entre soul et heavy rock old-school – fait des merveilles.  Même en mode mid tempo, les treize titres sont rythmiquement très bien soutenus, bourrés de riffs hypnotiques, et flirtent parfois avec un hard rock crasseux. Quant aux guitares de Riley Couzzourt et Logan Tolbert, à condition d’y prêter une oreille attentive, n’ayons pas peur des mots: elles sont exactement ce qu’elles devraient être et font partie de ce qui se fait de mieux dans le genre. Il faut se rendre à l’évidence, Can We Get A Witness est vraiment un bon album et Les Georgia Thunderbolts un excellent groupe de rock, sudiste ou pas. 

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

Jean Jacques Beineix – Dernier Rush!

37°2 le Matin! La Diva admire La Lune dans le Caniveau, Roselyne et les Lions sont en partance pour L’île aux Pachydermes. Pour Jean-Jacques Beineix c’est un Mortel Transfert. Le réalisateur, écrivain, scénariste et producteur de cinéma nous a quitté le  13 janvier 2022.

Patrick BETAILLE, janvier 2022

Patrick DUCHER – Pink Floyd en France

Si l’on m’avait dit qu’un jour je ferais une chronique livre sur Pink Floyd… Persuadé j’étais que tout – du succinct au chiadé, de l’approximatif au fouillé, du pire au meilleur – avait déjà été décortiqué, analysé, dit ou montré. Ce n’est pas tous le jours que l’on a le privilège de pouvoir parler d’une œuvre – car c’en est une – qui vous pousse à reconsidérer un sujet sur ce groupe qui, depuis qu’il existe, a toujours été considéré comme le fer de lance du rock progressif. Alors en quoi cet ouvrage préfacé par Jean-Marie Leduc est t-il différents des autres? ″Pink Floyd n’aurait peut être pas survécu sans le public français… » C’est dans cet extrait d’une déclaration de Nick Mason en 2016 que se trouve la réponse. Au même titre que Pink Floyd n’est pas un groupe de Flamants Roses, ce livre n’est pas un livre. C’est une fouille archéologique minutieuse étayée par une analyse personnelle qui retrace l’histoire du combo au sein de l’hexagone, et ce, sur base d’exhumation d’articles de la presse spécialisée et de témoignages de fans. En 1979, l’auteur – Patrick Ducher – s’est cogné sur Le Mur et il ne s’en est jamais remis. Pendant plus de deux ans il a entrepris un énorme travail de recherche documentaire pour pouvoir apporter sa contribution à ce qui, à mon sens, donne à la genèse du groupe une richesse inattendue. Résultat, plus de 400 pages d’infos, d’anecdotes, d’extraits, de visuels qui viennent perpétuer de la plus belle des manières l’art de la biographie. Que je sache, ce pavé est le premier du genre a être publié en France et c’est l’occasion de rendre un hommage appuyé à Éclipse – Lilly Éditions qui a fait le choix de donner sa chance à ce travail d’écriture fort, vivant et original, dans une nouvelle ligne éditoriale dédiée aux arts. Félicitations Lilly et bravo Monsieur Ducher. Vous permettez que je vous appelle Monsieur n’est ce pas? Pour toute info sur l’auteur, la maison d’édition et pour commander Pink Floyd en France c’est par ici: Shine On!

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

Le lundi c’est permis – Jacket

« I thought that my life would suddenly improve if I get a leather jacket. And I was literally 100% totally right – Je pensais qu’en achetant un blouson en cuir, tout à coup, ma vie s’améliorerait. Et j’avais totalement raison » [Auteur Inconnu].

Patrick BETAILLE, janvier 2022

Burke Shelley – Le Fondateur de Budgie Out!

C’est quand même pas rien d’être considéré en tant que l’un des étendards qui flottent au dessus de la scène hard rock des seventies. Pas rien non plus de se faire remarquer par le producteur de Black Sabbath et de signer avec MCA Records. Pas rien enfin d’être cité en tant qu’influence majeure par Metallica évoquant le fameux power trio gallois Budgie dont certains titres on même été repris par Iron Miaden ou Megadeth. C’est probablement ce qui marquera de son empreinte la postérité de ce combo original au style on ne peut plus novateur pour l’époque, alternant rock pêchu et titres lents . Mais mis à part un You’re All Living in Cuckooland plus qu’honorable paru en 2006 et quelques concerts sporadiques en Europe, depuis leur album studio, Deliver Us from Evil en 82, Budgie n’a jamais trop fait parler la poudre car, hélas et à tort, pour toujours cantonné dans un rôle d’outsider. Mais cette fois s’en est bien fini! Burke Shelley, co-fondateur, chanteur et bassiste du groupe, s’est fait embarquer par la faucheuse le 10 janvier 2021.

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

We Don’t Care – Shitty Song

Comme dirait quelqu’un que je connais bien, voilà un truc qui va vous faire sortir les roubignoles par les oreilles ! Shitty Song est un exented play des palois de We D’ont Care ; WDC pour les intimes dont vous ferez partie sous peu, si ça n’est déjà fait. Cinq titres qui mis bout à bout forment un joli paquet de dynamite mèche courte. À l’origine de ce quatuor, un certain Phil, bassiste de son état, un vétéran de la scène paloise qui à l’époque jouait le rôle de calife à la place du calife au sein du groupe Iznogood. Jérôme, le guitariste soliste, a lui aussi sévi dans plusieurs formations de la région. Chris, le batteur version Animal des Muppets, est lui aussi un local de l’étape qui a fait un passage au sein de Okploïde et question fougue il se pose un peu là . Quant à Mickaël – déniché par Phil sur Leboncoin [Si, si!] – il a quitté sa Normandie pour partager au chant et à la guitare sa passion du rock musclé qu’il compose désormais sous le beth ceu de Pau. Tout ce beau monde a bien évidemment bénéficié d’influences diverses et variées qui vont des Red hot, Deftones et Neurotic Outsider à Nirvana, Korn ou encore Rory Gallagher. Mais c’est unanimement qu’est revendiquée une appétence particulière pour l’album The color in the shape des Foo Fighters et croyez moi, ça se sent ! Le rock a-t-il encore quelque chose à raconter? La réponse est oui et c’est à We Don’t Care qu’incombe la tâche qui consiste à remettre le genre sur orbite avec un lanceur qui incontestablement carbure au Nitroglycériméthanol. Ooh Shiittt! Shitty Song offre son titre à l’album en ouvrant les hostilités. Tu parles d’une ″Chanson Merdique″! Loin s’en faut! Ça déboule à fond les ballons et il en est ainsi tout au long des cinq titres. Rythmique entêtante, riffs ravageurs, solos remarquables, voix puissantes, tout contribue à donner à l’ensemble du corps, de l’unité et une fougue qui ne faillit jamais. Difficile d’étiqueter cette galette aux accents de punk, de grunge, voire de metal, mais une chose est sûre, c’est bien de rock high energy dont il s’agit et c’est putain de bon! L’enregistrement a bénéficié d’un coup de main de Vivien Van Hoegaerden. Impeccablement mixé maison par Mickael himself, Shitty Song a été signé par le label M&O music qui, logiquement, en assure promo, com et distribution. Vivement que les concerts puissent reprendre car pour avoir vu We Don’t Care sur scène à deux reprises, j’ai vraiment hâte de découvrir les versions live de ces cinq brûlots. D’ici là …. Infos, contacts, liens utiles et écoute: On s’en Tape!

 

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

Le Chat – Syndrome du Tigre

Dieu a créé le chat pour que l’homme ait un tigre à caresser chez lui – God created the cat so that human would have a tiger to pet at home″. [Victor Hugo, inspiré par son chat: Chanoine]

Patrick BETAILLE, janvier 2022

Time Zero – New World

Par définition le ″Time Zero″ désigne le point de départ d’un événement. Le nom dira peut-être aussi quelque chose à ceux qui ont connu la belle aventure des concerts du feu Show Case car c’est sous ce nom que s’y est produit ce groupe palois qui existe depuis 2011. Le quatuor nous livre aujourd’hui 10 compositions personnelles musicalement estampillées Time Zero. Au chant et à la guitare, Dominique Berdery, également auteur des lyrics. Yannick Le Garrérès derrière ses fûts soutient la descendance, en l’occurrence ses fils Raphaël et Yann respectivement guitariste et bassiste. Somme toute une histoire de famille garante d’une osmose générationnelle. Nous avons l’habitude de croire que l’histoire est un éternel recommencement, y compris (surtout?) s’agissant de musique. Chaque époque a droit à sa mouvance musicale qui la questionne. Aujourd’hui, ceux qui remettent en question l’ordre établi finissent par s’y perdre. Pas Time Zero! Autant le dire tout de suite! New World, l’album dont il s’agit, est une excellente surprise qui tend à prouver qu’il est encore possible de révéler de nouvelles esthétiques et de prouver que des approches originales restent accessibles. Pendant près de 40 minutes le plaisir de l’écoute navigue entre pop lumineuse, ambiances rock progressif et envolées punchy. Time Zero franchit le cap difficile du premier album avec une facilité ma foi assez déconcertante. Outre un rôle de chanteur parfaitement maîtrisé, Dominique occupe l’espace de la plus belle des manières en distillant çà et là de brefs (trop?) solos au phrasé expressif mais sans pour autant laisser dans l’ombre les autres musiciens. La rythmique joue son rôle avec une efficacité – ni trop, ni trop peu – qui ne nuit jamais à ces moments au cours desquels les guitares virtuoses font preuve de feeling et d’ingéniosité. Enregistré au studio Les Cerisiers à Toulouse, New World bénéficie en outre d’une production aux petits oignons et des arrangements raffinés de Raphaël qui donnent à l’ensemble corps et cohésion. Le son est vraiment remarquable et sert parfaitement un quatuor à la technique aboutie. C’est Romain Barbot, un graphiste de Toulouse, qui, à partir d’une photo du palois Anthony Batista, a élaboré un artwork qui est loin de laisser indifférent. Bref! De quoi justifier, vous l’aurez compris, la qualité en tous points de cet opus – point de départ d’une nouvelle aventure – auquel il faut vraiment prêter une oreille attentive. Pour toutes infos et contact avec Time Zero c’est Ici et . Et pour écouter (Fort!) un extrait de New World: Flowing Down!

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

Jack London – Tranche de vie

Photo de Horst A. Friedrichs: 21st Century Rockers
Show me a tattooed man and I’ll tell you about a man with an interesting past – Montrez-moi un homme tatoué et je vous parlerai d’un homme au passé intéressant ″. [Jack London]

Patrick BETAILLE, janvier 2022