The Zac Schulze Gang – Straight To It

 

Voici un power trio britannique qui, incessamment, sous peu et peut-être même avant, risque de faire parler de lui. Originaire de Gillingham dans le Kent, The Zac Schulze Gang débarque avec un album prometteur. Coup de maitre pour Ruf Records qui a signé le groupe en publiant un  Straight To It au titre approprié. Accompagné par son frère Ben à la batterie et Ant Greenwell à la basse, Zac Schulze va droit au but et livre un rock’n’roll teinté de blues qui vous prend à la gorge. 11 titres balancés avec une précision redoutable et une énergie brute qu’électrise une production sans fioritures. De la force communicative de The Rocker à l’intensité explosive de High Roller, l’album vibre d’une alchimie unique. Derrière cette puissance se cachent pourtant des nuances. Des morceaux comme Angeline et Betterland apportent une touche power-pop, prouvant que mélodie et fougue peuvent parfaitement coexister. Quelques invités: Nigel Feist et son harmonica rageur sur I Won’t Do This Anymore ou High Roller et Lee Wilson à l’orgue Hammond sur Turning To Stone et la ballade Things Change.
Avant d’en arriver là, à l’heure de The Voice et de l’IA, le trio a arpenté avec succès des scènes aussi prestigieuses que le Rory Gallagher Tribute Festival de Ballyshannon, l’édition 2023 du Crossroads Festival parrainé par Clapton et fait les premières parties de Samantha Fish et Nine Below Zero. Finalement, en 2024, ils ont remporté le prix du meilleur groupe aux UK Blues Awards et celui de artiste de l’Année en 2025.


Ceci expliquant cela, ces lascars au blase improbable signent avec Straight To It un imparable premier LP fougueux, précis et résolument tourné vers un avenir sans ces branleurs d’Oasis et c’est tant mieux!


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Le lundi c’est permis – Rêves

© Source Image: WallHere – Agata Grodek

 


[Jacqueline Mabit – Romancière québécoise ]: ″ Les rêves des femmes ne sont jamais des rêves d’exil, mais d’intimité – Women’s dreams are never dreams of exile, but of intimacy


 

Frank Zappa – Journalisme Rock

 

 


[Frank Zappa: 1940-1993]: ″ Most Rock journalism is people who can’t write, interviewing people who can’t talk, for people who can’t read – La plupart des chroniqueurs  Rock sont des gens qui ne savent pas écrire, interviewant des gens qui ne savent pas parler, pour des gens qui ne savent pas lire ″.


 

 Emile Frandsen – Layla

©  Émile Théodore Frandsen

 

À la fin de sa vie, l’artiste franco-danois Émile Frandsen réside dans le sud de la France. Il meurt en 1969 à Valbonne, laissant derrière lui 500 toiles peu connues, sauf une: La Fille au bouquet. Son fils né d’une seconde union mais non reconnu, offrit un an après la mort du peintre ce tableau à un certain Eric Clapton alors en goguette sur la Côte d’Azur. Le leader de Derek and the Dominos tombe littéralement sous le charme de cette représentation de la femme qui pour lui symbolise celle dont il est tombé éperdument amoureux: Pattie Boyd, l’épouse de George Harrison. Ni une, ni deux, le tableau est reproduit sur la pochette de l’album Layla and Other Assorted Love Songs, produit en 1970 par Polydor.
Pendant 40 ans, les ayants droit n’ont jamais trouvé à redire quant à l’exploitation du travail de leur père. En 2011 cependant, un coffret célébrant le quarantième anniversaire du disque accompagné de goodies voit le jour et déclenche de la part des héritiers légitimes une cascade de procédures judiciaires au titre du droit patrimonial et de l’exploitation abusive de l’image. Procès, appels, cassation, finalement, en 2018 la justice tranche en faveur d’Eric Clapton et de Polydor.
En 2024, Pattie Boyd, unique propriétaire de l’œuvre originale depuis son divorce d’avec Slowhand, décide de vendre le portrait qui sera adjugé aux enchères 2,3 millions d’euros. Un joli bouquet!


D’autres chroniques à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Ana Popovic – Dance to the Rhythm

 

 

Comme sur le précédent Power, on retrouve tout ce qui fait le style et la personnalité de Ana Popovic. Que ce soit dans le chant où elle ne manque ni d’assurance, ni de subtilité, ou dans son jeu à la technique infaillible, la guitariste reste à la hauteur de sa réputation. Exaltée comme jamais, elle aborde avec Dance To The Rhythm un registre essentiellement Soul et Funk. Elle est accompagnée d’un groupe qui évolue à la manière d’un big band dirigé par son ami, co-auteur et bassiste Buthel Burns. Enveloppée de chœurs envoûtants, dynamisée par une section cuivre torride, Ana fait preuve de classe et de grâce en évoluant dans un registre auquel elle ne nous avait pas forcément habitués et elle est musicalement irrésistible (physiquement aussi d’ailleurs!). Groove vitaminé et production léchée sont de mise sur les 10 titres d’une fluidité remarquable, parfois baignés d’influences jazz (Worked Up), blues (Dwell On The Feelin), R’n’B (Hurt So Good), funky (She Nuf) ou caribéennes (Soulution). Il y a beaucoup de technique dans les parties guitares. Beaucoup de feeling aussi, que ce soit en rhythmique ou en solo. Les incursions acoustiques (Hurt so Good) ou l’utilisation de la Cry Baby Wah (Sisters and Brothers) sont brillantes.
Et puis il y a 50 Ways To Leave Your Lover, une reprise de Paul Simon au chœurs très soul nappés de claviers et cuivres auxquels n’avait pas pensé Michel Delpech. Dire que Dance To The Rhythm porte bien son nom serait un doux euphémisme tant il est jubilatoire!
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Le lundi c’est permis – Attendre

 


[Jean Anouilh ]: ″ Les femmes ont horreur d’attendre. C‘est un supplice qu’elles nous réservent – Women hate waiting. It’s a form of torment they put us through


 

Michka Assayas – Woodstock

 

Quatrième de couverture: Les 15, 16 et 17 août 1969, dans un immense pâturage perdu dans le sud-ouest de l’État de New York, a eu lieu le plus grand festival de musique jamais organisé au monde. Pendant ces trois jours a brusquement surgi une véritable ville de 500 000 personnes, entièrement peuplée de très jeunes gens. Attirés par l’annonce d’un festival de folk, de blues et de rock psychédélique, des jeunes de la côte est des États-Unis, de tous les milieux, de toutes les origines, ont convergé vers ce site, dans des proportions jamais atteintes, pour écouter, entre autres, Joan Baez, Janis Joplin, Jefferson Airplane, les Who et Jimi Hendrix. Ceux qui ont assisté à Woodstock ont vécu une expérience au sens plein : collective, bien sûr, mais aussi existentielle et mystique. L’expérience de Woodstock a été pleine de chaos, de ferveur, de joie et même de délire, bien au-delà de ces fameux trois jours d’amour, de musique et de paix, trop souvent limités à une mode vestimentaire et à un message superficiel.
Trente ans plus tard, les 23, 24 et 25 juillet 1999, un autre Woodstock, d’une même ampleur, a réuni une génération nouvelle autour des groupes Korn, Rage Against the Machine, Metallica et Red Hot Chili Peppers. Hélas, ce Woodstock ‘99 a été un very bad trip, déchaînant une tempête de bestialité et de rage destructrice. Loin des rêveries utopiques d’une société d’entraide universelle, Woodstock ’99 a, d’une certaine façon, été un anti-Woodstock, révélant le visage grimaçant et fissuré de l’empire américain
.

Riche et passionnant, le livre de Michka Assayas (GM Editions) s’adresse à ceux qui s’intéressent à l’Histoire du Rock mais pas que. Il est aussi destiné aux chanceux qui ont assisté à l’événement mais qui en ont loupé l’essentiel car trop occupés à chercher de la bouffe, des toilettes, un abri ou à lutter contre la pluie, la boue et les mauvais trips. Aux friands de détails sur les dessous d’une organisation chaotique. À certains qui ont usé le triple album jusqu’au fond des sillons et visionné plusieurs fois le documentaire de Michael Wadleigh en ignorant que pour des raisons diverses et variées de nombreux artistes brillent par leur absence. Et bien sûr, à tous les autres car ce Very Good Trip est indispensable! 

Chris Rea – Stratocaster Pinky

© Photo: Andrzej Barabasz – Wikimedia Commons

 

Même si au cours des dernières années Chris Rea (1951-2025) a principalement utilisé des Italia et des Fender Squier, la Fender Stratocaster a toujours été son instrument de prédilection. Depuis le début de sa carrière c’est avec un modèle de 1962 qu’on le voyait le plus souvent jouer. À l’origine, cette guitare avait une finition rouge bonbon. Lors d’une inondation, elle a viré au rose après trois semaines d’immersion dans un sous-sol.
La guitare a survécu et c’est sous le nom de ″ Pinky ″ qu’elle a souvent accompagné le maître de la slide. Outre le porte-plectre présent sur toutes les guitares de Chris, la table est ornée de quelques autocollants. Sur le devant, Formentera, la plus petite des iles Baléares où le musicien avait l’habitude de passer ses vacances et celui du Club Lotus 7 et, à l’arrière, un sticker Ferrari/J. Alesi témoignant de la passion de son propriétaire pour les voitures.

Gluecifer – Same Drug New High

 

Les frimats sont là mais la vague de chaleur en provenance du nord de l’Europe, elle, persiste. Après le Kickstarter des suédois de Bullet, leurs voisins norvégiens de Gluecifer reviennent avec le baume réparateur pour lèvres gercées et mains abimées par la rigueur des températures hivernales. Entre 1994 et 2005 les gars d’Oslo ont occupé une place privilégiée au sein du heavy rock scandinave. Split, reformation en 2017 avec un nouveau line up mais depuis l’album Atomic Thrill paru en 2004,  ingenting, nothing, nada, nichts, que dale!
Le titre de ce nouvel album, le sixième, annonce la couleur: même médoc, nouveaux effets. Le groupe reprend les assauts sonores dont il avait le secret avec onze brûlots insolents et accrocheurs. Du furieux The Idiot à l’équilibre instable de On the Wire aucun temps mort avec au passage un clin d’œil à AC/DC (Made in the Morning) et une main tendue au punk rock avec Armadas et 1996. Fusion électrisante de rock, de punk et de glam, Same Drug, New High reste un hommage en toute simplicité à l’efficacité d’un rock euphorique et le signe annonciateur du retour de Gluecifer au sommet avec une signature sonore brute et incisive.
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Le lundi c’est permis – Hésitation

© Photo: Flickr

 


[Joseph Addison – Poète anglais]: ″ Woman who hesitates and deliberates already knows what she will lose – Femme qui hésite et délibère sait déjà ce qu’elle va perdre ″.