Le lundi c’est permis – Mesurer

 


Mesurer ses paroles. Définition: parler avec modération, éviter tout excès de langage, ne pas dépasser certaines limites (Le Larousse). Citation: ″ L’éloquence n’est pas de dire beaucoup, mais de dire ce qui est nécessaire ″ (Voltaire).


Uli Jon Roth – Sky Guitars

© Photo: Screenshot Uli Jon Roth – Little Wing (Live in Japan)

 

En 1974 Michael Schenker quitte Scorpions pour rejoindre UFO. Il est remplacé par Uli John Roth qui devient le guitariste soliste et l’un des compositeurs de la formation alors en pleine ascension. À cette époque, le natif de Düsseldorf se distingue par un jeu très influencé par par le gaucher de Seattle qu’il exprime essentiellement à l’aide d’une Fender Stratocaster. Mais celui que l’on surnomme déjà le Jimi Hendrix allemand se sent vite à l’étroit dans un répertoire qui fait la part belle au hard rock contemporain. Il souhaite plutôt vers des œuvres originales, loin des standards commerciaux, et donner une dimension musicale psychédélique et cosmique à certaines œuvres inspirées par les grands compositeurs classiques.
En 1978, Roth s’émancipe donc du groupe de Klaus Meine à la Musifin de la tournée mondiale retracée dans l’album live Tokyo Tapes et fonde son propre groupe: Electric Sun. La même année il fait la connaissance d’Andréas Demetriou, un luthier de Brighton, avec lequel il élabore un nouveau concept de guitares, à mille lieues des courants habituels.
Afin de pouvoir approcher les notes aiguës d’un violon, les Sky Guitar sont dotées de frettes supplémentaires sur des manches scallopés, permettant ainsi au musicien de développer une fusion unique de musique classique et de rock. Cinq versions de cet instrument sont créées: trois à six cordes et deux à sept cordes afin de renforcer les basses. Immédiatement identifiables en raison d’un design particulier en forme de ″ S ″, toutes sont dotées d’une technologie permettant le contrôle de l’ampli directement depuis la guitare. Pour l’occasion, John Oram, technicien et ingénieur du son, met au point des micros offrant un un haut niveau de sortie, un son riche et un sustain remarquable.


En 1986, Roth décide d’abandonner le nom d’Electric Sun et de se produire sous son propre nom. En 2107, il fonde Sky Guitars et fait appel à Boris Dommenget, un maître luthier allemand qui fabriquera entièrement à la main un chef-d’œuvre à deux manches. Cette Mighty New Dawn combine une guitare acoustique à 7 cordes nylon et une électrique également à sept cordes.


 

Marcel Mouchet – Mitterand/Kohl

© Photo:Marcel Mochet/AFP

22 septembre 1984. Commémoration marquant les 70 ans de la Première Guerre mondiale. Alors qu’ils se recueillent côte à côte devant l’ossuaire de Douaumont dans la Meuse, le président Français et le Chancelier Allemand font quelque chose d’inimaginable.
Devant près de 4.000 personnes présentes sur l’un des plus sanglants champs de bataille de la ″ Grande Guerre ″. François Mitterrand prend la main de Helmut Kohl. Ce geste, devenu depuis le symbole de la Réconciliation Franco-Allemande n’était pas prémédité ont assuré par la suite les deux hommes et leurs entourages. Il n’était en tout cas pas prévu par le protocole encadrant la cérémonie.


Nous n’en avions pas parlé le moins du monde. Mais nous trouvant debout devant le cercueil symbolique qui représentait nos soldats morts sur le champ d’honneur, instinctivement, je me suis tourné vers lui, je lui ai tendu la main. Sa main est venue en même temps. Nous avons scellé la réconciliation franco-allemande de cette façon visible, sensible et croyez moi profondément ressentie.″ François Mitterrand, 1992.


 

The Pretty Reckless – Dear God

 

Les newyorquais de The Pretty Reckless ont passé une grande partie de ces dernières années dans les stades en première partie d’AC/DC. Cinq ans d’absence avant que Taylor Momsen et ses acolytes ne reviennent avec Dear God. Si le précédent Death By Rock And Roll puisait essentiellement dans le registre rock alternatif ou grunge, ce cinquième album ne déroge pas à la règle mais annonce un virage significatif. Les 14 titres révèlent une formation qui, sous une apparente simplicité, explore avec subtilité un univers baigné de tensions portées par la voix de Momsen. Totalement investie, elle est capable avec la même aisance de passer du murmure au cri primal pour créer un lien entre puissance et vulnérabilité. Énergie directe pour For I Am Death et When I Wake Up, soutenus par la guitare rageuse de Ben Phillips sans qui l’album ne serait pas ce qu’il est. Intro acoustique pour Dragonfire qui prend son temps avant de déclencher une dévastation sonore. Le titre éponyme devient quasiment viscéral, laissant Momsen livrer l’une de ses interprétations les plus remarquables. C’est le mid tempo qui caractérise un Dark Days quasiment aérien et touchant. Délicieusement acoustique, Devil In Disquise s’achève tout en douceur sur un nappage de pedal steel guitar. Surprenant, Life Evermore décliné en trois interludes respiratoires de 45 secondes: Pt.2 en intro, Pt.3 au milieu du gué et Pt.1 en conclusion.
Question son, tout est géré de main de maitre. Pas de superflu, pas de surproduction. Riffs efficaces, rhythmiques dosées, lignes vocales aussi simples qu’organiques. L’authenticité est remarquablement présente et le sens du détail propulse l’ensemble dans une atmosphère eurythmique.


Dear God s’écoute sans effort et offre une cohérence rare. Le hard rock musclé qui a fait la réputation du groupe est toujours là, mais il s’accompagne de nombreuses nuances. Les compositions accrocheuses s’articulent harmonieusement sans jamais tomber dans la facilité et Taylor Momsen confirme qu’elle reste l’une des voix les plus intéressantes du rock contemporain. Magistral! 


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Le lundi c’est permis – Attente

 


[Pierre Corneille]: ″ Qu’en attente de ce qu’on aime une heure est fâcheuse à passer! – Waiting for what we love for an hour is unpleasant to endure.


 

Derek Hess – R.L. Burnside

 

Derek Hess est un illustrateur américain installé à Cleveland, dans l’Ohio. Sa carrière s’est largement développée grâce à sa capacité à exprimer les élans des scènes indie, hardcore et metal du milieu des années 1990. Des affiches de concerts aux œuvres d’art engagées, Hess explore les univers de la musique et de l’art depuis plus de 15 ans. Il a débuté sa carrière en créant des flyers promotionnels d’événements musicaux. Ces supports faisant appel à l’encre, l’acrylique et la sérigraphie ont rapidement attiré l’attention d’innombrables groupes mais aussi celle du Rock and Roll Hall of Fame et du Musée Louvre. Deux institutions qui ont intégré des œuvres du peintre dans leurs collections permanentes.
C’est ainsi que Hess acquit une renommée internationale, réalisant des affiches pour Pearl Jam, Deftones, Offspring, Clutch, Pantera ou Pink Floyd. L’artiste a aussi créé une bonne centaine de pochettes d’albums. Sepultura, Converge, Fugazi, Season to Risk et beaucoup d’autres ont ainsi bénéficié de la patte du graphiste. Le style sombre et saisissant, le trait libre et minimaliste ont également accompagné le bluesman R.L. Burnside pour A Ass Pocket of Whiskey en 1996 et Mr. Wizard en 1997. Pour en savoir plus: Derek Hess: Concert Art.


D’autres Histoires sur le Cover Art à retrouver dans le Livre:
👉 In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art 👈


Jim Summaria – Classic Rock Photographs

© Photos Jim Summaria: Jimmy Page – Rory Gallager – Pete Townsend

 

Originaire de la région de Chicago, Jim Summaria a toujours été passionné par le rock et la photo. À 19 ans, armé d’un 35 mm et d’un zoom, il parvient à se faufiler dans la fosse d’un concert de Led Zeppelin. Il shoote et l’un de ses clichés se retrouve affiché dans un magasin de disques local. Impressionné, le gérant de la boutique l’engage en tant que photographe officiel d’un important promoteur de concerts de Chicago. Dès lors et pour le compte de Flip Side Productions, Summaria photographie tous les grands noms du rock des années 70.
En 1999 Jim démarre une carrière d’indépendant et se consacre à la photographie destinée à la communication d’entreprises. Maintes fois récompensé dans ce domaine, il revient à la scène rock en 2008. Sa production est très souvent utilisée dans des articles de la presse spécialisée et certaines photos se retrouvent dans les packagings de disques d’Elvis Presley, Montrose, Johnny Winter, Robin Trower, Savoy Brown et UFO. Des institutions comme le Rock & Roll Hall of Fame, les Grammy Awards, la maison de ventes aux enchères Christie’s et le Victoria and Albert Museum de Londres ont sélectionné ses clichés pour des projets spécifiques. Suivez le guide: Jim Summarie Rock’n’Roll Photography.


En 2019 parait un premier ouvrage co-écrit avec le journaliste Mark Plotnick: Classic Rock – Photographs from Yesterday and Today. Cette collaboration se poursuivra en 2024 avec la publication de  ’70s Chicagoland Rock Concerts, 300 pages consacrées aux 30 groupes/artistes majeurs des seventies.


 

 

 

Deep Purple – Splat!

 

Pour un groupe qui a vendu plus de 130 millions d’albums dans le monde et influencé des générations de musiciens, il ne restait plus grand-chose à prouver. Pourtant, après avoir contribué à définir les codes du hard rock, Deep Purple répond toujours présent sans avoir rien perdu de son ambition et de son énergie. Bien ou mal, de Now What?! à =1 en passant par The inFinite, Whoosh! et Turning To Crime, la formation a connu l’une des périodes de fin de carrière les plus prolifiques. Sans évoquer un retour aux sources, ce vingt-quatrième album studio affiche une intention sincère de renouer avec la puissance et l’intensité. Splat! n’est pas un monument commémoratif. Le disque ronronne et baigne dans un équilibre subtil entre détermination, groove et impact. Sans réelle surprise, les clins d’œil aux années 70 existent. Pour autant, pas de quoi faire oublier In Rock ou Machine Head. Mais est-ce le but? Reste qu’à l’écoute des 13 titres on assiste à de belles passes d’armes dignes de Space Truckin’ ou Highway Star. Difficile de faire autrement quand on s’appelle Deep Purple. C’est génétique et, en ce sens, le noyau dur Gillian/Glover/Paice fait preuve d’un rendement efficace. Désormais, Simon McBride n’est plus le remplaçant de Steve Morse. Virtuose, il occupe une place prépondérante et, avec Don Airey aux claviers, il insuffle au quintet cette belle dynamique qui imprègne tout l’album.


Bien que l’honnête Splat! (très bien produit par Bob Ezrin) sonne comme le témoignage d’une envie qui fait plaisir à entendre, on aurait aimé un plus de prise de risques de la part de Deep Purple Mark IX.


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Le lundi c’est permis – Classe

© Photo:Andreas Magnusson

 


[Bernard Pivot]:  ″ Le chic, la classe, l’élégance, et même le peps, on ne les a pas par comparaison, on les a ou on ne les a pas –  Chic, class, and elegance, and even a touch of flair, you don’t have them by comparison, you either have them or you don’t. ″


 

Loverboy – Get Lucky

 

[Extrait]: Dès 1979, en ouvrant pour Kiss lors d’un concert à Vancouver, Loverboy déferle tel un tsunami sur l’industrie musicale. Pas de censure pour Get Lucky, le deuxième album sorti en 1981, mais…
Au crédit photo du visuel quelque peu racoleur, une information laconique: ″ Bottom TK ″. C’est ce qui déclenche diverses supputations au sujet de la paire de fesses moulées dans un pantalon en cuir. Du fait de la présence au premier plan d’une main masculine aux doigts croisés, beaucoup pensent que le postérieur appartient à l’un des membres du groupe. Il faut dire que, lors de la tournée promotionnelle du disque et sur les clips, Mike Reno et Paul Dean portent tous deux un falzar rouge…
Dans une interview en 2014, Reno déclare qu’il s’agit ni plus ni moins que de Tymara Kennedy (TK, donc), la fille du photographe et auteur de ce cliché : David Michael Kennedy. Le chanteur révèle aussi avoir fourni le futal déniché dans une boutique de New-York. Dans les faits, question taille, le vêtement ne sied à qui que ce soit au sein de l’équipe…
Un jour, de retour de l’école, Tymara, 13 ans, voit le pantalon. Il lui plaît, elle l’essaye, il lui va. Pour illustrer ce deuxième album, Michael Kennedy décide donc de mettre en scène une photo de l’adolescente. Quant au bras velu et aux crossed fingers de la chance qui le prolongent, un article de presse prétend qu’ils appartiendraient à un mannequin argentin. Get Lucky a été reconnu par CBC Music comme l’un des 50 plus beaux artworks canadiens.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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