Airbourne – Airbourne

 

Sept ans après Boneshaker, arrive le septième album des australiens Joel et Ryan O’Keeffe, fondateurs de Airbourne. 100 % fidèles à leur hard rock énergique, les frangins ne cherchent pas à réinventer l’eau tiède, au contraire. Ils jouent la carte de la continuité en forçant sur le gaz pour que la marmite entre rapidement en ébullition. Et ça chauffe! Le couvercle atteint de la danse de Saint-Guy libère l’énergie brute, les riffs massifs et les refrains accrocheurs que le quatuor maitrise parfaitement depuis bientôt 20 ans. La recette? Un hard rock direct, poisseux et une influence d’AC/DC parfaitement assumée. 12 titres sans surprise majeure mais aussi puissants que la mâchoire d’un diable de Tasmanie. Gutsy, Alive After Death et Send Me To Rock ‘N’ Roll Heaven obtiendront évidemment la bénédiction de la part des fans de la première heure. Les uns se laisseront probablement convaincre par ces furieux wallabies qui régurgitent un rock crasseux, fédérateur et assez puissant pour faire trembler les murs. Les autres, les sceptiques,  ils découvriront que chez Airbourne le heavy rock n’est ni une tendance, ni un paraitre. C’est un mode de vie, une respiration old school. Airbourne – l’album – ne propose rien de révolutionnaire. Il se contente de balancer dans l’urgence de quoi oublier les tracas quotidiens. Tant qu’il y aura des guitares et des amplis, Airbourne – le groupe –  trouvera toujours une raison de faire du bruit.


″ Je ne peux pas abandonner, je ne veux pas me laisser abattre. Tu peux me dire d’aller en Enfer mais le Diable va juste me foutre dehors. Tu veux savoir pourquoi ? Parce que je suis un putain de casse-couilles, voilà pourquoi ″. [Hells Got no Vacancy – Extrait].


 

Le lundi c’est permis – Charme

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[Pierre Salvadori]: ″ Le charme c’est mieux que la beauté. On peut résister à la beauté mais pas au charme – Charm is better than beauty. You can resist beauty, but not charm. ″


 

 

Charlie Watts – Lagonda LG6 Rapide

 

À la scène comme à la ville, Charlie Watts (1941-2021) était aux antipodes du mode de vie et des frasques des autres membres des Rolling Stones. Par contre, comme les ″ Glimmer Twins ″ il avait une passion dévorante pour les voitures. Au fil des ans, ″ The Wembley Whammer ″ a possédé entre autres une Bugatti Atlantic, une Rolls-Royce Silver Cloud, une Mercedes-Benz 600, une Alfa Romeo Giulia Sprint, une Cadillac Sedan et sa préférée: une Lagonda LG6 Rapide, chef-d’œuvre de l’ingénierie britannique d’avant-guerre.
Acheté par le batteur en 1983, ce V12 produit à seulement 25 exemplaires à la fin des années 30 était l’un des rares capables à l’époque de dépasser les 160 km/h. Charlie adorait sa ligne, son histoire et surtout le bruit de son moteur. Au point de passer de long moments à écouter la sonorité aiguë et puissante du monstre. C’est précisément pour ce modèle d’exception à l’intérieur en cuir rouge qu’il avait fait confectionner par son tailleur Huntsman & Sons, trois vestes de sport en tweed assorties, uniquement pour s’asseoir au volant.
En plus de son élégance légendaire, ″ Le Géant Tranquille ″ était également connu pour son amour du design et de l’originalité. À ce titre, il a possédé plusieurs modèles de la marque française au double chevron: une Citroën SM, une Méhari et une 2CV. Sa Deuche jaune vif était identique au modèle piloté par Roger Moore dans le film de James Bond paru en 1981: Rien que pour vos yeux.


Cette collection est l’une des plus insolites de l’histoire du rock. Charlie Watts n’achetait pas ses voitures pour la vitesse ou pour parader. Pour lui, les automobiles étaient des œuvres d’art, des sculptures mécaniques ou des joyaux de technologie. Paradoxalement, il ne les pilotait jamais. Et pour cause. Il ne possédait pas le permis de conduire.


 

Bootleggers – Rust, Bones et Rock’N’Roll

 

Une ambiance chaleureusement tamisée, comme une invite à passer un moment dans ce rade. Un néon rouge dessine les contours de l’État du Texas. Sur le mur en bois sombre, plusieurs photos, dont un portrait de Willie Nelson dominé par un trophée de longhorn et la bannière du Lone Star. En arrière-plan, des bouteilles chichement éclairées par un photophore posé sur le comptoir. Dans ce décor évoquant l’univers de la musique country, le musicien a commandé un Jack Daniels. Pensif, le regard posé sur l’horizon de tant d’années passées à promouvoir les racines de la culture musicale américaine, il attend. Didier Céré a rendez-vous avec les Bootleggers du coin.
Les contrebandiers arrivent, excités comme des puces sur le dos d’un coyote famélique par l’envie d’un ultime hommage à la country rock à la française. Ils sont conduits par Jeremy Mondou, compagnon de route du Did avec lequel il co-écrit neuf des onze titres de Rust, Bones and Rock’n’Roll. Les riffs incisifs du guitariste apportent l’énergie brute nécessaire pour faire grimper une température qui atteint des sommets quand le saxophone incandescent de Michel Mondou – le papa – entre en scène avec son style résolument old school appliqué à l’explosivité de Teddy Boy Stomp et Rock’n’Roll In The Bayou qui vous laissent sur le cul.
En chemin le duo père-fils, accompagné du bassiste Kris Jefferson et du batteur Nicolas Lacaze, est parvenu à convaincre quelques invités de participer au projet. Fred Chapellier dont l’intervention sur Down Town Austin offre une élégance bluesy que n’aurait pas renié Bill Deraime. Red Young, une légende de l’orgue Hammond, qui sublime For You Vietnam Vet et Down Town Austin. Jean-Yves Lozac’h qui abandonne provisoirement le banjo pour une pedal steel guitar qui apporte à Austin Texas, Let Me Stay Awhile, Stampede et Bluebonnet Trail la touche country indispensable. 
Le temps semble ne pas avoir de prise sur Didier Céré. Du rock au blues ou à la balade en passant par le stomp et la country, les voix sont empreintes d’une sincérité généreuse bien en phase avec la démarche du vieux rocker.


Autoproduit, enregistré au Celestine Studios de Pau et masterisé à Austin, Rust, Bones and Rock’n’Roll est un album irrésistiblement généreux de la part de ces Bootleggers qui s’approprient avec passion la culture populaire américaine.
Des extraits et l’achat du disque en numérique sont accessibles sur Bandcamp. La version physique est distribuée chez Silver Music à Lons mais il est possible de l’acquérir pour 20€ via Paypal ou en prenant contact avec Didier Céré: txdidier@wanadoo.fr


 

Le lundi c’est permis – Sédition

© Photo: Anton Karliner/SIPA

 


[Henri Grouès]: ″ C’est en ne faisant pas les révolutions avec le peuple que l’on provoque les émeutes que le peuple paie – It is by failing to carry out revolutions alongside the people that we provoke the riots for which the people pay the price. ″


 

Leopard Hounds – Too Hot for Snakes

 

Bienvenue sur le Creole Queen pour une escale à la Nouvelle-Orléans. À la clef, une visite guidée de ces quartiers, qui, à la nuit tombée résonnent des accents d’une musique indie efficace et sincère. On trouve de nombreux groupes de blues sur les rives du Mississipi et à n’en pas douter Leopard Hounds semble s’imposer en tant que digne représentant de l’énergie nocturne suintant de ″ Big Easy ″. Avec Too Hot For Snakes, le quatuor propose un blues porté par des guitares flamboyantes, des rythmes hypnotiques et une voix culotée au rye whisky. En seulement 35 minutes, l’album nous plonge dans l’ambiance enfumée d’un bouge dans lequel on ne serait pas surpris de voir débarquer le fantôme de John Lee Hooker venu payer sa tournée. Jaw Flappin’, Crawl, Bywater Train, Bone Time et Leopard Hound, des titres représentatifs des intentions et de la personnalité du groupe.


Avec une aisance décontractée mais sans jamais tomber dans la facilité, ces néo-orléanais installent un groove moite au cœur d’une musique indéniablement trop chaude pour les serpents.


 

Quiz – Rolling Stones

 

Un fan saura trouver sans difficulté les références qui se cachent dans cette scène! Au premier coup d’œil l’évocation de certains titres des Glimmer Twins est vraiment évidente et sans trop se malmener le neurone, il est possible de trouver les 10 chansons qui ont marqué l’histoire des Rolling Stones. Amusez-vous bien! Si vous capitulez, je vous propose la solution:  Quiz Stones.

 

Tin Machine – Tin Machine II

 

[Extrait]: En 1980 Edward de Bell avait déjà travaillé avec David Bowie pour l’album Scary Monsters. Pour le second opus studio de sa Tin Machine,  » The Thin White Duke  » fait encore appel à l’artiste. Celui-ci compose alors l’artwork à partir d’une photo de la statue grecque du Kouros de Kroisos, répétée quatre fois. À vocation funéraire, la sculpture en marbre de l’homme affiche clairement les attributs de sa masculinité. Pour la sortie américaine du compact disc Tin Machine II, l’image est retouchée de façon à dissimuler les parties génitales des sujets. Passablement énervé, Bowie suggère que les acquéreurs de la version U.S renvoient la jaquette à la maison de disques en réclamant l’original. Le label refuse. Ce qui fera dire à la star:  » En Amérique seulement ? ! Mais bon sang, s’ils le souhaitent, les fans peuvent tout simplement retourner le cover art et afficher le verso en lieu et place du recto ! « . Cette tentative hard rock de la part de Bowie – en compagnie du guitariste Reeves Gabrels et des frères Tony et Hunt Sales – ne rencontrera qu’un succès très modéré !


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Otis Spann – Blues for Martin Luther King

 

Le 4 avril 1968, Martin Luther King Jr. est assassiné à Memphis. Quelques jours à peine après le drame, Otis Spann ressent le besoin d’exprimer sa douleur. Il entre en studio à Chicago. Seul au piano, il improvise un blues d’une tristesse absolue: Blues for Martin Luther King. Les paroles pleurent directement la perte du Dr. King et interrogent sur l’avenir de la lutte pour la justice sociale.

[Otis Spann. Blues for Martin Luther King – 1968]: ″ Tu nous as appris à être libres. Tu aimais tout le monde, noir ou blanc. Tu nous as appris qu’il ne sert à rien de se battre mais simplement qu’il faut défendre ce qui est juste… Avec patience et amour, tu t’es battu contre l’injustice. En tant que frères et sœurs, nous serons forts et c’est donc à toi que nous dédions cette chanson ″.

Le lundi c’est permis – Vin

Source Image: Magnific

[William Shakespeare]: ″ Your lips are like wine, and I want to get drunk – Tes lèvres sont comme du vin, et j’ai envie de m’enivrer. ″