Réalisé par la cinéaste Amy Berg, It’s Never Over retrace la vie de Jeff Buckley. En août 1994, ce jeune prodige à la voix céleste et au style audacieux publiait Grace, un premier album encensé par la critique et annonciateur d’une carrière prometteuse. Hélas, en mai 1997, le chanteur auteur-compositeur et guitariste américain se noyait dans la Wolf River, un affluent du Mississippi. Il avait à peine 30 ans et comme son père – l’immense Tim Buckley (1947-1975) mort d’une overdose à l’âge 28 ans – il laissait le monde musical sous le choc. À travers des images d’archives inédites et des témoignages intimes de sa mère, Mary Guibert, de ses anciennes compagnes, de ses musiciens ainsi que de personnalités influentes comme Ben Harper, le documentaire met en lumière l’une des icônes les plus énigmatiques de la musique populaire.
[Extrait]:En 1962 du côté de Detroit, Eddie Floyd jouit d’une certaine popularité. Avec son groupe The Falcons, il rencontre un joli succès avec I Found a Love, qui non seulement lui ouvre les portes de l’Apollo de New York mais lui permet également de décrocher un contrat chez Stax pour qui, en tant que compositeur, il commence à travailler. Là, il se lie d’amitié avec le talentueux guitariste Steve Cropper mais ce n’est qu’à partir de 1966 qu’il commence à composer et à enregistrer pour son propre compte. Cette année-là, Floyd et Cropper jettent sur le papier les bases de ce qui deviendra le titre le plus célèbre du chanteur : Knock on Wood… Traditionnellement, au Royaume-Uni ou en France on touche du bois pour attirer la chance, se satisfaire d’un heureux hasard ou d’une bonne fortune; aux États-Unis, et dans le même but, on y va plus fort : on tape sur du bois… En une nuit, musique et paroles ont été composées à Memphis, dans une chambre du Lorraine Motel, devenu tristement célèbre le 4 avril 1968 (Martin Luther King y a été assassiné par balle alors qu’il se trouvait sur le balcon de la chambre 306). Dès le lendemain, les deux compères se retrouvent aux Studios Stax et enregistrent le morceau avec Booker T. Jones aux claviers, Isaac Hayes au piano, Donald Duck Dunn à la basse, Al Jackson à la batterie et avec le Memphis Horns. Cette chanson comporte l’une des pauses les plus originales de l’histoire de la musique soul. Après que Floyd ait chanté ″ I better knock… ″ le batteur Al Jackson a eu l’idée d’un break en simulant le bruit de trois coups sur une porte, et ce, pour rompre le silence avant que Eddie ne complète la phrase avec ″ on wood ″. Parmi les nombreux artistes qui ont interprété Knock on Wood, on peut citer Ella Fitzgerald, Otis Redding, Eric Clapton ou encore Johnny Hallyday qui, en 1967, chante son adaptation en français sous le titre : Aussi Dur que du Bois.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Malgré les apparences, l’autodidacte Jim Marshall Hendrix n’est pas né avec une Fender Stratocaster dans les mains. Plusieurs six cordes (Gibson, Danelectro, Epiphone, Guild, etc) sont passées entre ses doigts avant qu’en 1964, au sein des Isley Brothers, il utilise une Fender Duo-Sonic. Quand il accompagne Little Richard au sein des Upsetters en 1965, son choix se porte une Fender Jazzman de 1959. C’est avec son groupe Jimmy James & The Blueflames qu’il joue pour la première fois sur une Stratocaster tout ce qu’il y a de plus standard. Sauf que! Étant gaucher et pour des raisons économiques, Jimi s’est contenté de retourner l’instrument pour droitiers et d’en inverser les cordes. C’est cette guitare qui est devenue par la suite une arme de révolution musicale massive, symbole de liberté incendiaire. En mars 1967, au cours d’une prestation du Jimi Hendrix Experience au London Astoria, le gaucher de Seattle met le feu à sa Strat à la fin de l’interprétation de Fire. Ça ne s’invente pas! Deux mois plus tard il en immole une autre et la fracasse lors du Festival Pop de Monterey après avoir interprété une version longue de Wild Thing, donnant lieu à l’un des moments les plus mémorables de l’histoire du Rock. Le 18 mai 1968, autre prestation brûlante sur la scène du Miami Pop Festival. l’histoire raconte qu’un roadie récupéra l’instrument cramé à l’essence de briquet et la donna à Frank Zappa. Corps partiellement calciné, manche brisé, micros et pickguard fondus. Après restauration par un luthier, le Dali du rock joua de cette guitare pendant quelques années, notamment lors de l’enregistrement de son album Zoot Allures, sorti en 1976. Légendaire également la prestation de Band of Gypsys à Woodstock en août 1969. Hendrix jouait sur une Stratocaster Olympic White de 1968 surnommée ″ Izabella ″ et avec laquelle il parodia l’hymne américain: The Star-Spangled Banner. Pas de casse ni de flammes cette fois mais profusion de larsens et de distorsions pour imiter le bruit des bombes au napalm déversées par les USA sur le Vietnam. Aujourd’hui, cette guitare emblématique est à Seattle, dans le Museum of Pop Culture financé par Paul Allen (1953-2018). En 1993, ce milliardaire américain co-fondateur de Microsoft, mais aussi passionné de musique en général et de Jimi Hendrix en particulier, a déboursé 2 millions de dollars pour acquérir et exposer la Stratocaster blanche dans le temple du rock.
Joe Bonamassa n’a que 11 ans lorsque B.B. King l’invite à monter sur scène en première partie de l’un de ses concerts new-yorkais. C’est probablement cet événement qui a jeté les base d’une relation toute particulière entre le jeune prodige et le blues de Riley Ben King. B.B. King s’est éteint en 2015, laissant derrière lui une œuvre considérable au travers d’une cinquantaine d’albums et des décennies passées à parcourir le monde pour faire rayonner le blues. Un parcours qui trouve aujourd’hui son aboutissement avec B.B. King’s Blues Summit 100, un album ambitieux qui marque ce qui aurait été le centenaire de la naissance du bluesman. À l’initiative de Joe Bonamassa, cet album est le fruit d’un processus de création réunissant un panel d’une trentaine de participants parmi lesquels figurent Buddy Guy, Keb’ Mo’, Slash, Christone Ingram, Eric Clapton, Larkin Poe, Jimmie Vaughan, Warren Haynes, Derek Trucks, Kenny Wayne Shepherd, Joanne Shaw Taylor et Bobby Rush, entre autres. Chaque artiste s’est approprié le morceau qui résonnait en lui pour l’interpréter librement au travers de son propre style. Plus qu’un hommage, les 32 titres joués par le gratin du blues et du rock représentent la poursuite d’un engagement: que le blues reste vivant, gravé à jamais dans la mémoire collective! Comme le disait Buddy Guy, chaque guitariste porte en lui une part de BB King. Ce Blues Summit valide le bien fondé de la démarche de Bonamassa qui, en tant que producteur, s’est attaché à traiter les originaux en évitant l’écueil de la simple copie de reliques du passé. Naturel et spontané, l’ensemble dégouline d’autorité et de chaleur. Tout y est! Les voix sont habitées, les cordes redoutables, les cuivres somptueux et le tout est servi par des arrangements conçus dans le respect d’une époque au cours de laquelle la Musique avait encore une âme.
[Beth Moore – Auteure américaine]: ″ Even if the steering wheel fits, you don’t have to keep gripping it – Même si le volant vous convient, vous n’êtes pas obligée de le tenir en permanence ″
[Extrait]: Groupe américain originaire de New-York et fondé en 1981, The Sonic Youth est considéré comme l’une des figures majeures du rock alternatif. Sur la pochette de leur cinquième album – Sister, paru en 1987 – figure en haut à gauche une photo ainsi créditée : » Sandra Bennett, twelve years old, Rocky Ford, Colorado, August 23, 1980 « … Le cliché a été utilisé sans l’autorisation de son auteur. Face aux menaces de poursuites de la part du photographe Richard Avedon, l’artwork est modifié. Dans un premier temps, l’image toujours présente est simplement couverte par un sticker. Pour les éditions suivantes, le sujet sera remplacé par un rectangle noir, imprimé cette fois. Redoutant d’autres tracasseries, la maison de disques Geffen Records utilisera un code-barres pour masquer la représentation du Disney’s Magic Kingdom figurant au dos de l’album.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Nik Purdy est un artiste peintre irlandais reconnu pour ses œuvres qui captivent le public du monde entier depuis plus de 35 ans. Ses créations, commandées par des institutions publiques et privées, témoignent de sa vision artistique et de son talent exceptionnel pour métamorphoser les espaces. En 2022, c’est au street artiste que le Conseil du comté de Donegal fait appel pour un hommage à Rory Gallagher (1948-1995) lors de l’International Tribute Festival qui a lieu tous les ans à Ballyshannon, au nord ouest de l’Irlande. La fresque murale à l’effigie de Rory a été peinte dans le quartier de Bridgend, en haut de la rue où Rory a d’abord vécu avec ses parents, Danny et Monica. Magnifique témoignage posthume en l’honneur de cet exceptionnel musicien qui, localement, a donné son nom à une place, un centre culturel. Depuis 2010, ″ Follow Me ″ – une statue en bronze grandeur nature à la gloire du guitariste irlandais – trône en centre-ville.
En tant que lead guitarist au sein d’AC/DC, Angus Young possède un belle collection de guitares parmi lesquelles des Gibson Firebird et ES 335. Cela dit, sur scène, l’éternel écolier affiche une fidélité quasi exclusive à la Gibson SG Standard. La toute première, il l’a acquise d’occasion en 1970; c’était ce modèle de 1968 qui est devenu son instrument de prédilection depuis la formation du groupe en 1973. Sur cette six cordes équipée d’un vibrato Lyre, Angus aimait particulièrement la légèreté favorable à son jeu nerveux, le son métallique des micros Gibson et surtout, le manche ultra fin bien adapté à ses petites mains. Même si par la suite beaucoup d’autres ″ Solid Guitar ″ – y compris celles fabriquées sur mesure ou modifiées – sont passées entre ses mains, l’originelle reste sa préférée et il en joue encore comme à l’époque de Let There Be Rock.