The Crocker V-Twin: Dale’s Burnout Special

Contre toute attente, le constructeur américain le plus exclusif de l’entre-deux-guerres n’est ni Harley-Davidson, ni Indian et ni Excelsior qui fermera ses portes suite à la crise de 1929. C’est bien le V-Twin de Crocker Motorcycles qui parviendra à atteindre le haut du panier du made in USA en dépassant en 1936 la barre symbolique des 100 mph soit 160 km/h. Seules la Brough Superior SS 100 et la Vincent Serie-A sorties la même année au Royaume-Uni étaient capables de rivaliser avec la moto américaine. Al Crocker, le fondateur de la marque, s’engageait à l’époque rembourser tout client qui se faisait battre par une Harley-Davidson ou une Indian de série. En tout et pour tout 200 motos sortiront des ateliers de Los Angeles entre 1936 et 1942 et seules une soixantaine d’unités aurait survécu aux aléas  du temps. La Crocker V-Twin fait donc partie des motos américaines parmi les plus rares et donc les plus chères au monde. Il n’est pas rare de voir se négocier un modèle en bon état entre 350 000 et 500 000 dollars. En 2019, une Crocker de 1936 a été adjugée 750 000$. Ha ben en oui ça pique! On fait moins les malins là hein?! La ″Dale’s Burnout Special″ (en l’honneur de Dale Walksler, fondateur et conservateur du Wheels Through Time Museum en Caroline du Nord) visible ici a bénéficié d’un restauration complète personnalisée. Elle va être mise en vente aux enchères à Las Vegas en avril 2021. Qu’on se le dise!

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Décès de Phil Spector, le Wagner du Rock’ n’ Roll!

Natif du Bronx, Harvey Phillip Spector a définitivement laissé son empreinte sur le monde musical des années 60. Derrière ses consoles il a assuré le succès des groupes vocaux féminins (The Ronettes, The Crystals, Darlene Loveen, etc), produisant 25 des 40 plus grands succès de la musique populaire du moment. Sa marque de fabrique? Le Wall Of Sound, processus qui consiste à superposer plusieurs fois les mêmes enregistrements mono de parties instrumentales pour donner plus d’épaisseur au son. Le producteur qualifiait cette technique « d’approche wagnérienne du rock and roll« . au cours des seventies, Phil Spector produit Let it be, le dernier album des Beatles, All Things Must Pass de George Harrison et participe à trois des albums de John Lennon, dont Imagine. Caractériel et bipolaire, l’artiste était aussi capable de violences vis à vis de son entourage. Ainsi, au cours de séance d’enregistrements, il lui est arrivé de virer les proches de Lennon sous la menace d’un fusil, d’intimider Leonard Cohen avec une arbalète et de brandir un revolver sous le nez de Dee Dee Ramone. En 2003, l’actrice Lana Clarkson est retrouvée morte chez lui en Californie, une balle dans la tête. Après un premier procès duquel il est sorti libre, il est condamné en 2009 à 15 ans de rétention pour homicide involontaire plus 4 années pour possession d’armes. Après plusieurs rejets de demandes de libération anticipée, Phil Spector est interné au California Health Care Facility où il décède de mort naturelle le 16 janvier 2021.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

 

Moto Guzzi – Nouveautés V9

Moto Guzzi s’adapte à la norme Euro5 et en profite pour revoir sa gamme néo-rétro. Après le V7 désormais propulsé par un bicylindre plus gros et plus puissant, c’est au tour du V9 qui hérite d’une déclinaison du moteur de la V85 TT.  Les V9 Roamer et Bobber  ainsi équipés du twin de 850 cm3 gagnent au passage 10 Cv de puissance, 11 Nm de couple et bénéficient d’une modification du cadre avec renforcement de la direction.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

 

Jack Daniel’s tombe sur un Os!

L’affaire: À Phoenix, Jack Daniel’s avait obtenu gain de cause pour un droit d’injonction interdisant la vente d’un jouet pour chiens qui ressemble à une bouteille de son Tennessee Whiskey. Basée en Arizona, la société VIP Products LLC commercialise en effet des babioles caoutchouteuses et couinantes, dont une qui – sous l’appellation de BAD SPANIELS – reprend quasiment à l’identique le format et le design du Old No. 7 avec l’image d’un épagneul et les mentions: The Old No. 2 ON YOUR TENNESSEE CARPET, 40% POO BY VOL et 100% SMELLY. Dans une récente décision, la cour d’appel fédérale de San Francisco a déclaré que le juge du tribunal de Phoenix avait commis une erreur, a annulé la demande d’injonction et renvoyé l’affaire vers le tribunal de district en exigeant que ce dernier confirme le jugement. Jack Daniels Properties Inc vient de perdre un bataille juridique de 6 ans au motif que ″le jouet Bad Spaniels commercialisé par VIP Products LLC est une œuvre expressive et humoristique et à ce titre elle bénéficie du droit à la protection du premier amendement ″. Wouaf, Wouaf! You Hou Rintintin!

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Kinghorn – THE GLORY HOLE Church Center

Le Fife (officiellement Kingdom of Fife) est une région de l’est de l’Écosse. C’est là, sur l’estuaire du fleuve Forth et au nord d’Édimbourg, que se situe la petite ville côtière de Kinghorn. Depuis plus de 30 ans, au cœur de la cité portuaire de 3000 âmes, une association de chrétiens occupe un local destiné à accueillir et aider les membres les plus pauvres de la communauté. Alleluia! Bénis soient ces bénévoles et leurs intentions d’apporter assistance à leurs semblables démunis. Louable, la démarche souffre néanmoins d’une ambiguïté liée au nom de l’établissement en question: THE GLORY HOLE. Et là, c’est la douche! Écossaise évidemment! La dénomination a pour origine une vieille expression désignant un petit placard sous des escaliers. Elle jouit également d’une autre signification plus récente et bien moins céleste qui fait référence à des pratiques sexuelles déviantes à l’aide d’orifices qui, à l’inverse des voies du Seigneur, sont pénétrables. Enfer et damnation! Moyennant deux Notre Père et un Je vous salue Marie, je laisse aux non-initiés le plaisir de titiller leur souris et de cajoler leur moteur de recherche préféré pour combler ce trou et faire jaillir la définition païenne du Glory Hole. Allez en paix!

Patrick BETAILLE, janvier 2021

 

Décès du légendaire bassiste Tim Bogert

Début 70, le groupe de rock psychédélique Vanilla Fudge vient de spliter. Pour le bassiste Tim Bogert et le batteur Carmine Appice, le plan consiste alors à convaincre Jeff Beck et le chanteur Rod Stewart de les rejoindre pour former ce qu’il a lieu d’appeler un super groupe.  Mais, suite à un accident de moto, Beck est au tapis pour 18 mois et Stewart est parti retrouver son pote Ron Wood au sein des Faces. Les deux compères recrutent donc le guitariste Jim McCarty des Detroit Wheels de Mitch Ryder et le chanteur Rusty Day des Amboy Dukes de Ted Nugent. Vous suivez? Ainsi naquit Cactus, un groupe de boogie rock vitaminé, qui comporte désormais en son sein l’une des sections rythmiques les plus affutées de toute l’histoire du rock. J’ai dit LA MEILLEURE? Ok, j’assume.  Bogert et Appice maitrisent leurs instruments respectifs comme personne et ils sont alors musicalement fusionnels. Malheureusement, sous cette forme, Cactus perdra ses épines au bout de deux ans et se séparera en 1972, après trois albums studio. Le projet initial refait surface et se concrétise finalement par la formation d’un power trio éphémère – sous l’appelation Beck-Boggert-Appice – que le caractériel et éternel insatisfait Jeff Beck quitte au bout d’un peu plus d’un an et un album studio, entrainant la dissolution définitive de BBA. Tim Bogert a toujours été considéré comme l’un des grands bassistes du rock des années 60 et 70, l’un des rares dont les solos étaient capables de tenir en haleine un public de connaisseurs. Récemment encore, Tim envisageait une tournée avec Beck et Appice, avec à la clef un album live. Le projet ne verra pas le jour, Tim Bogert vient d’être vaincu par un cancer. Il avait 75 ans.

Écouter: Avec Cactus. Le premier album paru en 1970. Parchman Farm, Let me Swim, Oleo et Feel so Good sont des paquets de dynamite mèche courte à la rythmique imparable qui côtoient du blues et une belle reprise de You can’t judge the Book by the Cover de Willie Dixon. One Way or Another  l’année suivante, c’est l’album de la maturité, moins rentre-dedans mais les compos sont plus élaborées et le groupe est au summum. Avec BBA. Beck, Boggert Appice Live. En 1973, le groupe enregistre un double album en public à Ōsaka au Japon. Le concert est dantesque. Le trio est au diapason et la qualité technique de l’enregistrement est superbe. Certainement l’un des grands Live de l’époque. Seule ombre au tableau, les parties vocales. Tim Bogert n’a pas la puissance et le feeling de Rusty Day et il fait ce qu’il peut.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Le lundi c’est permis – Solitude

La solitude c’est cette pute de vie qui vous croise le matin, vous baise toute la nuit, puis vous fait payer le voyage par le retour à la case départ, le néant! (Damien Saez)

Loneliness is that slut of life who meets you in the morning, fucks you all night long, then makes you pay for the trip by going back to square one, nothingness!

Patrick BETAILLE, janvier 2021

L’ OBS – Nos Légendes du Rock

Avec ce hors-série, l’Obs propose d’aller à la rencontre des artistes qui, depuis 60 ans, composent la bande son de nos existences. Des Beatles à Led Zep ou de Joan Baez à Bruce Springsteen, ces légendes contemporaines sont abordées au travers de portraits, enquêtes, témoignages, photos et entretiens. C’est Jason Raish, un illustrateur basé à Brooklyn, qui s’est chargé de la couv en revisitant l’emblématique jaquette du Sgt pepper’s Lonely Hearts Club Band de Daft Punk qui vous savez. Laurent Joffrin, Antoine de Caunes, Michka Assayas, Bayon, Yves Bigot, Hugo Cassavetti et d’autres jouent le rôle de guides lors de la visite de cet Olympe; visite au cours de laquelle ils vous remettent le Graal:  la playlist ultime. Bon, ok, avec un magazine intitulé ″Nos légendes du Rock″ et illustré avec Rihanna, Madona et Britney Spears, certains vont avoir les poils de la guitare qui se hérissent. La bonne nouvelle c’est qu’à aucun moment il n’est fait appel à Philippe Manœuvre. Rien qu’à cause de ça, pour 7.90€, le mag de 100 pages mérite le détour. C’est actuellement en kiosque ou par ici: Nos Légendes du Rock.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Black Bonnie, le Blog – Bilan 2020

Les chiffres sont tombés! Ici même, 101 nouvelles chroniques ont été publiées en 2020. Le blog à reçu 35 738 visites et enregistré 247 commentaires. Avec 120 nouvelles inscriptions le nombre d’abonnés dépasse désormais les 400. Fort de ce constat, vient le temps de communiquer sur le trio gagnant des sujets qui ont généré le plus de trafic.

Tout est dit et confirmé. À de rares exceptions près, les Pin-Up, le Rock et les Bécanes sont et resteront le fond de commerce de ce blog que le fantôme de mon chat considère comme l’entreprise intellectuelle la plus aboutie depuis la Critique de la Raison Pure d’Emmanuel Kant. Merci à tous, infiniment, et à bientôt pour de nouvelles élucubrations.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Stevie Ray Vaughan – Texas Flood

Début des années 80. Pour mémoire, c’était alors l’époque de la pop synthétique, de la new-wave dépressive et du hard rock FM avec moumoutes peroxydées et futals moule-burnes en simili skaï. C’est alors – au moment où la musique en avait le plus besoin – qu’un jeune guitariste déboule du Texas pour recentrer le débat. ″La première fois que je l’ai entendu à la radio, je ne savais pas qui il était et je me suis dit: ce gars-là va faire trembler le monde″ (Eric Clapton). Musicien professionnel dès l’âge de 17 ans, très bon chanteur, Stevie Ray Vaughan déclenche en 1983 un véritable feu d’artifice d’envolées stratocastphériques qui met tout le monde d’accord. Avec Texas Flood, un premier album jamais surpassé, le guitariste alterne compositions remarquables et reprises définitives de ses maîtres Buddy Guy et Howlin’ Wolf. Accompagné sous le nom de  Double Trouble par le batteur Chris Layton et l’ancien bassiste de Johnny Winter, Tommy Shannon, Vaughan mise avant tout sur le feeling d’un jeu riche et élégant. Il excelle dans les rythmiques claquantes mais sait aussi faire parler la poudre avec des chorus ravageurs et des solos d’une rare clarté qu’il ponctue à l’occasion par les effets d’une pédale wah-wah maitrisée à merveille. Une tournée européenne confirme la valeur du trio et en 1984 le deuxième album Couldn’t Stand the Weather se vend à de plus d’un million d’exemplaires dès sa sortie. Revers de la médaille, l’état de Vaughan se dégrade à cause des quantités phénoménales de drogues qu’il consomme régulièrement. Après une cure de désintox,  le musicien revient clean en 89 avec In Step, son quatrième opus couronné par  le Grammy Award du meilleur enregistrement de blues contemporain. Début 90 il enregistre Family Style avec son frère Jimmie (Fabulous Thunderbirds) et part en tournée avec lui, Clapton, Buddy Guy et Robert Cray. Après un concert dans le Wisconsin, Stevie monte dans un hélicoptère qui s’écrase à quelques kilomètres plus loin. Il meurt sur le coup le 27 août 1990. ″Je ne pleure jamais. Mais quand j’ai appris la nouvelle hier, je me suis assis sur mon lit et j’ai pleuré comme un bébé″ (John Lee Hooker).

Écouter: Parmi les quatre albums studio publiés de son vivant. Texas Flood (1983), le premier album fondamental et jouissif. Couldn’t Stand the Weather (1984) et ses incroyables versions de Tin Pan Alley et de Voodoo Chile. In step (1989), le dernier témoignage inventif et varié d’un guitariste au sommet de son art.

Voir: Live at the El Mocambo (1991). Extraits de deux concerts à Toronto en 1983. Dans une ambiance intime et moite, le power trio des débuts délivre un blues rock d’une puissance brute rarement égalée avec, en point d’orgue, une version viscérale de Voodoo Chile ( Slight Return). Splendide!

Patrick BETAILLE, janvier 2020.