
[Pierre Corneille]: ″ Qu’en attente de ce qu’on aime une heure est fâcheuse à passer! – Waiting for what we love for an hour is unpleasant to endure. ″
La Grande et la Petite Histoire du Rock!

Derek Hess est un illustrateur américain installé à Cleveland, dans l’Ohio. Sa carrière s’est largement développée grâce à sa capacité à exprimer les élans des scènes indie, hardcore et metal du milieu des années 1990. Des affiches de concerts aux œuvres d’art engagées, Hess explore les univers de la musique et de l’art depuis plus de 15 ans. Il a débuté sa carrière en créant des flyers promotionnels d’événements musicaux. Ces supports faisant appel à l’encre, l’acrylique et la sérigraphie ont rapidement attiré l’attention d’innombrables groupes mais aussi celle du Rock and Roll Hall of Fame et du Musée Louvre. Deux institutions qui ont intégré des œuvres du peintre dans leurs collections permanentes.
C’est ainsi que Hess acquit une renommée internationale, réalisant des affiches pour Pearl Jam, Deftones, Offspring, Clutch, Pantera ou Pink Floyd. L’artiste a aussi créé une bonne centaine de pochettes d’albums. Sepultura, Converge, Fugazi, Season to Risk et beaucoup d’autres ont ainsi bénéficié de la patte du graphiste. Le style sombre et saisissant, le trait libre et minimaliste ont également accompagné le bluesman R.L. Burnside pour A Ass Pocket of Whiskey en 1996 et Mr. Wizard en 1997. Pour en savoir plus: Derek Hess: Concert Art.
D’autres Histoires sur le Cover Art à retrouver dans le Livre:
👉 In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art 👈
Originaire de la région de Chicago, Jim Summaria a toujours été passionné par le rock et la photo. À 19 ans, armé d’un 35 mm et d’un zoom, il parvient à se faufiler dans la fosse d’un concert de Led Zeppelin. Il shoote et l’un de ses clichés se retrouve affiché dans un magasin de disques local. Impressionné, le gérant de la boutique l’engage en tant que photographe officiel d’un important promoteur de concerts de Chicago. Dès lors et pour le compte de Flip Side Productions, Summaria photographie tous les grands noms du rock des années 70.
En 1999 Jim démarre une carrière d’indépendant et se consacre à la photographie destinée à la communication d’entreprises. Maintes fois récompensé dans ce domaine, il revient à la scène rock en 2008. Sa production est très souvent utilisée dans des articles de la presse spécialisée et certaines photos se retrouvent dans les packagings de disques d’Elvis Presley, Montrose, Johnny Winter, Robin Trower, Savoy Brown et UFO. Des institutions comme le Rock & Roll Hall of Fame, les Grammy Awards, la maison de ventes aux enchères Christie’s et le Victoria and Albert Museum de Londres ont sélectionné ses clichés pour des projets spécifiques. Suivez le guide: Jim Summarie Rock’n’Roll Photography.
En 2019 parait un premier ouvrage co-écrit avec le journaliste Mark Plotnick: Classic Rock – Photographs from Yesterday and Today. Cette collaboration se poursuivra en 2024 avec la publication de ’70s Chicagoland Rock Concerts, 300 pages consacrées aux 30 groupes/artistes majeurs des seventies.
Pour un groupe qui a vendu plus de 130 millions d’albums dans le monde et influencé des générations de musiciens, il ne restait plus grand-chose à prouver. Pourtant, après avoir contribué à définir les codes du hard rock, Deep Purple répond toujours présent sans avoir rien perdu de son ambition et de son énergie. Bien ou mal, de Now What?! à =1 en passant par The inFinite, Whoosh! et Turning To Crime, la formation a connu l’une des périodes de fin de carrière les plus prolifiques. Sans évoquer un retour aux sources, ce vingt-quatrième album studio affiche une intention sincère de renouer avec la puissance et l’intensité. Splat! n’est pas un monument commémoratif. Le disque ronronne et baigne dans un équilibre subtil entre détermination, groove et impact. Sans réelle surprise, les clins d’œil aux années 70 existent. Pour autant, pas de quoi faire oublier In Rock ou Machine Head. Mais est-ce le but? Reste qu’à l’écoute des 13 titres on assiste à de belles passes d’armes dignes de Space Truckin’ ou Highway Star. Difficile de faire autrement quand on s’appelle Deep Purple. C’est génétique et, en ce sens, le noyau dur Gillian/Glover/Paice fait preuve d’un rendement efficace. Désormais, Simon McBride n’est plus le remplaçant de Steve Morse. Virtuose, il occupe une place prépondérante et, avec Don Airey aux claviers, il insuffle au quintet cette belle dynamique qui imprègne tout l’album.
Bien que l’honnête Splat! (très bien produit par Bob Ezrin) sonne comme le témoignage d’une envie qui fait plaisir à entendre, on aurait aimé un plus de prise de risques de la part de Deep Purple Mark IX.
✪✪✪✪✪
[Extrait]: Dès 1979, en ouvrant pour Kiss lors d’un concert à Vancouver, Loverboy déferle tel un tsunami sur l’industrie musicale. Pas de censure pour Get Lucky, le deuxième album sorti en 1981, mais…
Au crédit photo du visuel quelque peu racoleur, une information laconique: ″ Bottom TK ″. C’est ce qui déclenche diverses supputations au sujet de la paire de fesses moulées dans un pantalon en cuir. Du fait de la présence au premier plan d’une main masculine aux doigts croisés, beaucoup pensent que le postérieur appartient à l’un des membres du groupe. Il faut dire que, lors de la tournée promotionnelle du disque et sur les clips, Mike Reno et Paul Dean portent tous deux un falzar rouge…
Dans une interview en 2014, Reno déclare qu’il s’agit ni plus ni moins que de Tymara Kennedy (TK, donc), la fille du photographe et auteur de ce cliché : David Michael Kennedy. Le chanteur révèle aussi avoir fourni le futal déniché dans une boutique de New-York. Dans les faits, question taille, le vêtement ne sied à qui que ce soit au sein de l’équipe…
Un jour, de retour de l’école, Tymara, 13 ans, voit le pantalon. Il lui plaît, elle l’essaye, il lui va. Pour illustrer ce deuxième album, Michael Kennedy décide donc de mettre en scène une photo de l’adolescente. Quant au bras velu et aux crossed fingers de la chance qui le prolongent, un article de presse prétend qu’ils appartiendraient à un mannequin argentin. Get Lucky a été reconnu par CBC Music comme l’un des 50 plus beaux artworks canadiens.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre: In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art
Quand on parle de sa rencontre avec un chat, on dit souvent : ″ C’était le destin ″. Peu d’histoires illustrent mieux l’adage que celle de Walter Chandoha (1920–2019). Originaire du New Jersey, dès son enfance, il commence à prendre des photos avec le Kodak familial. Après avoir obtenu son diplôme de la Bayonne High School, il travaille comme assistant avant d’être enrôlé dans l’armée pendant la Seconde Guerre mondiale comme photographe de guerre dans le Pacifique. En 1949, une rencontre impromptue avec un chaton errant le mène vers ce qui allait finalement lui offrir une nouvelle approche de la représentation visuelle des chats.
Avec cette nouvelle activité professionnelle, le succès des premiers clichés est déterminant. Chandoha comprend alors que photographier des chats n’ést pas un simple passe-temps, mais une véritable vocation. Tout au long de sa carrière, le photographe a constitué une collection de plus de 90 000 images – dont beaucoup ont fait la couverture de centaines de magazines – et a publié plus de trente ouvrages. Ses images ont été omniprésentes. Des expositions d’art aux emballages d’aliments pour animaux, elles ont influencé la culture populaire bien avant qu’Internet ne transforme l’image des chats en un phénomène numérique. Source, infos et images: Cats Museum.
[Walter Chandoha]: ″ La plupart des gens ont tendance à considérer les chats comme des animaux solitaires. En réalité, ils sont très sociables. Ils se regroupent tout comme le ferait une famille. ″
.
Tout commence dans les West Midlands en 2021, lorsque James Bartholomew (chant) et Tyler Arrowsmith (guitare) se rencontrent. Au constat d’une appétence commune pour le classic rock, les deux musiciens décident de se lancer dans l’aventure. Ils fondent Jayler en s’adjoignant les services de Ed Evans (batterie) et de Ricky Hodgkiss (basse/claviers). Après un EP prometteur de six titres paru en 2023 et de nombreux concerts, le quatuor vient de confirmer son intention de raviver la flamme de l’âge d’or du rock en publiant Voices Unheard, leur premier LP.
Dès la première écoute, l’évidence est palpable. Les britanniques ont été biberonnés au blues et au rock des seventies portés par Humble Pie, Aerosmith ou Led Zeppelin. Tempos, riffs, sonorités, tout est là pour remettre sur l’ouvrage le hard rock à l’ancienne. Même le look! En effet, à y regarder de près, James Bartholomew a la dégaine de Robert Plant jeune. Même si certains plans de guitare, envolées vocales, intonations ou structures évoquent immédiatement leurs influences, le quatuor évite soigneusement le piège qui consiste à se réfugier dans l’ombre du dirigeable.
Down Below et son intro bluesy à l’harmonica illustre parfaitement une approche qui laisse une place de choix pour une montée en puissance que vient confirmer un Riverboat Queen boosté à la slide de Tyler Arrowsmith. Groove discret mais redoutable de Need Your Love et des très classiques, The Getaway et Hate to See I End qui s’appuient sur une immédiateté mélodique et chaleureuse. L’album fonctionne aussi grâce à ses contrastes. Bittersweet ralentit la cadence avec une approche plus folk acoustique qui dévoile une autre facette du groupe. Over The Mountain, Alectrona et Lovemaker: attaques, certes sans surprise, qui s’achèvent en frénésies électriques. Moins évident, The Rinsk ferme le ban en multipliant les ambiances et laisse entendre que l’originalité est également au rendez-vous.
Avec Voices Unheard, Jayler ne bouleverse pas les codes, mais signe un album de hard blues rock réjouissant. Exactement ce dont le rock classique a besoin aujourd’hui: de groupes capables de redonner envie d’y croire. Ce qu’à oublié Greta Van Fleet.
✪✪✪✪✪
″ We are Motörhead and we play rock’n’roll ! ″. C’est ainsi que Lemmy Kilmister (1945-2015) présentait sa formation lors de chaque début de concert. Un gimmick entré dans la légende, aussi culte que le son du groupe. Une empreinte qui repose sur un seul principe : ″ Everything Louder Than Everything Else ″ (tout plus fort que n’importe quoi d’autre). Jouer le plus fort possible grâce à un mur d’amplis poussés au maximum. Le son explosif du trio est notamment basé sur la basse que Lemmy appréciait particulièrement: la Rickenbacker. C’est elle qui offrait au musicien quelque chose d’immédiatement reconnaissable. Aussi reconnaissable que ses rouflaquettes. Pour obtenir ce son, Killmister baissait les basses et les aigus et mettait au taquet les médiums, le gain et le volume de sa tête d’ampli Marshall. Au-delà de ces réglages, il faut aussi mentionner le style particulier du frontman de Motörhead. Il ne jouait pas aux doigts. Il utilisait un médiator extra-dur avec lequel, à la manière d’un guitariste, il frappait les cordes en effectuant de rapides aller-retours. Distorsion lourde, sustain puissant et groove implacable ont largement contribué à définir le son du heavy metal de l’époque.
À partir de 1996, la basse principale de Lemmy était une Rickenbacker 4004 LK (pour Lemmy Killmister), une série limitée à 50 exemplaires. Corps en noyer orné de feuilles de chêne sculptées à la main, manche traversant en érable, touche de 20 frettes en palissandre, mécaniques Schaller, trois micros humbuckers et pièces d’accastillage plaquées or. ″ Rickenbastard ″ gravé sur la tête du manche, cette qutre cordes était une véritable œuvre d’art à propos de laquelle son propriétaire disait: ″ je l’adore! Si vous avez une basse qui a un beau look, vous pouvez toujours changer les micros si le son est mauvais ″.
En septembre 1996, l’une de ces Rickenbacker a été exposée au Rock and Roll Hall of Fame de Cleveland dans le cadre de l’exposition Bang Your Head: Three Decades of Hard Rock and Heavy Metal.