Le lundi c’est permis – Noël Confiné?

Nom d’une crot’ de renne! Ça va mal tourner c’t’histoire de Covid!

Rolls-Royce: La Phantom V de John Lennon

En juillet 64 Lennon achète sa première Rolls. D’occasion certes mais une Rolls. En décembre, et bien qu’il n’ait pas encore son permis de conduire, John souhaite que le standing du véhicule qui le transporte soit à la hauteur de son statut grandissant de rockstar. Il passe donc commande auprès de R.S Mead Ltd du véhicule amiral du constructeur britannique: Une Phantom V noire, la même que celle utilisée par la reine Elizabeth II. Livré en juin 1965, le V8 de 3 tonnes est déjà doté de toutes les options possibles, y compris des vitres teintées, une première pour l’époque. Par la même occasion, les accoudoirs deviennent des cendriers, la banquette arrière peut se transformer en lit double et un imposant radio téléphone occupe une place de choix. La musique est gérée à la demande via une platine disque, un lecteur de cassettes 8 pistes, et l’ensemble peut être aussi connecté à des haut-parleurs extérieurs logés dans les passages de roues. Si ça c’est pas du tuning qui déchire sa race!

En 1967, peu avant la sortie de Sgt. Pepper’s, John Lennon décide de faire repeindre la voiture en jaune vif et de confier la réalisation de motifs psychédéliques à l’artiste Steve Weaver. La Beatlemobile new look fait sa première apparition publique le 28 mai et suscite de nombreuses réactions. Étonnement, admiration, moquerie mais aussi réprobation, notamment du côté des conservateurs: ″Comment osez vous?! Vous vous approchez dangereusement des limites de ce que peuvent supporter l’élégance, la décence et les bonnes manières britanniques!″ déclarent certains en faisant le bonheur d’un Lennon en plein trip contestataire. La Phantom flower-power a été régulièrement utilisée jusqu’en 1968, jusqu’à ce que le chanteur  ne décide de l’expédier aux États-Unis pour promouvoir le tout nouveau label des Fab Four: Apple. En Angleterre, une autre Phantom V devient le véhicule officiel de John. Entièrement blanche cette fois, elle symbolise le changement d’une vie qui s’écarte des fantaisies psychédéliques au profit d’un minimalisme conceptuel qui trouve ses origines dans une récente relation avec Yoko Ono. Le 31 août 1971, le musicien part s’installer à New York. En 1977,  il doit faire face à des poursuites de la part de l’administration fiscale américaine qui accepte un crédit d’impôt de 250 000 dollars à condition que la Rolls jaune soit donnée à un musée. En Juin 1985, quatre ans et demi après l’assassinat de la star, le musée Cooper-Hewitt met la voiture aux enchères chez Sotheby’s. Pour la somme de 2 300 000 dollars elle devient alors la propriété de Jim Pattison – un milliardaire canadien – qui l’offrira au Royal British Columbia Museum. Avec 56 000 kilomètres au compteur celle qui est désormais considérée en tant qu’œuvre d’art et symbole culturel, est toujours en état de marche; tous les six mois, un représentant de Bristol Motors lui fait parcourir quelques kms pour s’assurer que tout reste en ordre. Selon certains, la voiture de John Lennon serait aujourd’hui estimée à 5,2 millions de dollars. ″Imagine… Imagine no possessions, I wonder if you can…″.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

 

Baron Wolman – Décès du Photographe de Rolling Stone

En avril 1967, le photographe américain Baron Wolman fait la connaissance d’un certain Jann Wenner, un jeune écrivain sur le point de lancer un nouveau type de périodique. Séduit par le concept, Wolman accepte d’apporter sa contribution à ce qui allait devenir l’étendard de la culture hippie et, très rapidement, la référence absolue en terme d’actualité musicale: Rolling Stone. Basé à San Francisco, ce boulimique de l’image et fan absolu de musique, mitraille tout ce qui bouge sur une scène en pleine révolution. Ses photographies de Janis Joplin, des Stones, de Frank Zappa, des Who, de Jimi Hendrix, de Joan Baez, Iggy Pop, Pink Floyd, Bob Dylan, des Grateful Dead, de Jim Morrison et de tant d’autres deviennent les références graphiques de la mise en page du magazine. Mais peu à peu, l’approche ″sur le vif″ et quelque peu brute de décoffrage de l’artiste, doit laisser place à des faiseurs d’images plus stylisées – souvent réalisées en studio – publiées uniquement avec l’approbation des musiciens et de leur management. En 1970, après trois ans de collaboration, Baron Wolman quitte Rolling Stone pour fonder Rag, son propre magazine de mode et un peu plus tard il se lance dans la photo aérienne qu’il met en pratique à bord de son Cessna. À la fois spectateur et observateur, ce témoin de moments parmi les plus emblématiques de l’histoire du rock vient de ranger son matériel. Définitivement. Il est décédé le 2 novembre à l’âge de 83 ans. ″Les photos de Baron nous ont donné un aperçu rare, complet et précis de son époque, et son intelligence visuelle restera inégalée″ (Dianne Duenzl, photographe).

En plus d’une visite indispensable sur le site Baron Wolman Photography, des images d’hier pour des souvenirs de demain:  Every Picture Tells a Story. 176 pages de témoignages visuels datant des années Rolling Stone. Groupies and Other Electric Ladies: bel hommage aux groupies qui témoignent sur le monde du rock côté coulisses. Woodstock: Tout est dans le titre. Le festival dans toute sa démesure avec un reportage essentiellement axé sur l’ambiance et le public.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

King Crimson – In the Court of the Crimson Covid

Déjà malmené par le confinement et son accompagnement de mesures restrictives, le monde du rock doit également se soumettre au dépistage du Coronavirus. Le test virologique par prélèvement nasopharyngé ne semble pas du tout du goût du 21st Century Schizoid Man.

Patrick BETAILLE, octobre 2020

Covid – Les dessous du confinement

Gode Vaïbracheuns! Suite au confinement et face à la décision de fermeture des commerces non-essentiels qui en découle, les sexshops se déclarent solidaires des libraires. À ce titre ils exigent l’interdiction de la vente de légumes dans les supermarchés!

Patrick BETAILLE, octobre 2020

Bob Seidemann – Janis Joplin nue!

Janis Joplin venait du Texas. Le genre d’état qui vous pond en rafale des rednecks bas-du-front, des serials killers, des racistes invétérés et accessoirement quelques bluesmen notoires. Même là-bas, la petite Janis paraissait bizarre. Avec un fort penchant pour le dessin et surtout le blues, l’adolescente faisait vraiment tâche dans son environnement de petits blancs industrieux. Avec ses fringues de mec – jeans et chemises à carreaux – et un goût prononcé pour la bibine et la dope, elle avait toute les chances de finir au fond d’un roadhouse, alcoolique, défoncée et maquée par un dealer de Houston. La vie en décida autrement. Chet Helms, texan lui aussi, la repère dans un rade local où elle gouaillait du Bessie Smith, son idole. Alors manager d’un Big Brother and the Holding Company en perte de vitesse, d’inspiration et de motivation, Helms décide d’exfiltrer la chanteuse vers San Francisco. Tout de suite adoptée par le groupe de freaks, la cowgirl renoue aussi avec l’alcool et la drogue désormais consommée en intraveineuses. Changement de look également. En 1967, le photographe Bob Seidemann, qui avait déjà travaillé pour Big Brother et le Grateful Dead de Gerry Garcia, réalise quelques clichés de la Mama Cosmique. Sur l’un d’eux, Janis pose, visage grave et regard fixe. Vêtue d’un chemisier vaporeux elle arbore bagues et colliers chers aux hippies de Haight-Ashbury. Sur l’autre, même cadrage, attitude identique mais le chemisier disparait. Les colliers masquent à peine le galbe des seins. Grâce à cette nudité à la fois grave et candide, Bob Seidemann passera à la postérité et, plus tard, réalisera entre autres la pochette du seul album issu de la collaboration Clapton/Winwood: Blind Faith. La suite fait aussi partie de l’histoire du rock. En pleine gloire, Pearl était en route pour le motel sur le comptoir duquel, un soir d’octobre 1970, elle signa son bulletin d’adhésion au Club 27.

Patrick BETAILLE, octobre 2020

Covid: Attestation de Déplacement – Abbey Road

Come Together! Tout récemment le Times écrivait que le chef du gouvernement devrait annoncer prochainement un reconfinement en Angleterre, et ce,  à partir de mardi et jusqu’au 1er décembre.

Patrick BETAILE, octobre 2020

Blues Pills – Holy Moly

Initialement, le troisième album des Blues Pills était prévu pour juin 2020. Sortie finalement décalée pour cause de… Gagné! Holy Moly succède donc Lady In Gold paru il y a déjà 4 ans. Déjà? Depuis, le groupe a connu un changement significatif avec notamment le départ du guitariste Dorian Sorriaux parti voguer sur d’autres sillons en 2018. Le prodige français est désormais remplacé par Zack Anderson qui céde sa place de bassiste à un nouveau venu: Kristoffer Schander. Vous suivez? Par contre, question ambiance, son et énergie rien ne change. Les suédois persistent et signent avec un rock psychédélique, bluesy et vintage à souhait, remarquablement porté par la voix d’Elin Larsson. Que ce soit à cappella ou dans des registres plus pêchus, les accents jopliniens de la chanteuse ne manquent pas de venir flatter les tympans de ceux qui rêvent d’un jumelage entre Stockholm et le Frisco du Big Brother & the Holding Company de la fin des sixties. En pariant sur les talents de la blonde Elin le quatuor rafle le jackpot et confirme son talent à promouvoir une musique riche et structurée. On pourrait regretter la finesse du jeu de Dorian Sorriaux mais, honnêtement, Zack est lui aussi un sacré guitariste. Énervé et magistral, soutenu par une bonne rythmique, il occupe brillamment un espace qu’il ne se prive pas de ponctuer d’habiles solos de wah-wah. La température monte en Scandinavie et pour une fois le réchauffement climatique n’y est pour rien! Avec ce Holy Moly, Blues Pills ne devrait pas manquer pas de convaincre les adeptes du genre et les fans de la première heure. Suivez mon regard.

Tracklist: Proud Woman 3:35. Low Road 3:18. Dreaming My Life Away 2:43. California 3:10. Rhythm In The Blood 3:50. Dust 3:51. Kiss My Past Goodbye 3:02. Wish I’d Known 4:28. Bye Bye Birdy 4:04. Song From A Mourning Dove 5:34. Longest Lasting Friend 3:57.

Patrick BETAILLE, octobre 2020

Tyler Bryant & The Shakedown – Pressure

C’est un fait! 2020 et son coronavirus est une année détestable pour la culture en général et le rock en particulier. Les velléités de tournées ont pris du plomb dans l’aile et, confinement oblige, beaucoup de cessions studios ont été avortées. Beaucoup de musiciens, d’artistes ont joué du renoncement fataliste, préférant s’enfouir sous de douillets plaids pour casser la gueule à quelques bols de popcorn. D’autres ont fait le choix de la tentative de suicide par overdose d’inepties médiatiques prodiguées par d’autoproclamés spécialistes de tout et n’importe quoi. Les plus motivés, eux, on sauté sur l’occasion pour exploiter de nouvelles manières de travailler at home. Un an après Truth & Lies, les texans de Tyler Bryant & The Shakedown parviennent à garder le contact et surtout à finaliser leur quatrième album. ″Il y avait d’innombrables limites à faire de cet album en confinement. Mais ces limites nous ont finalement alimenté de manière créative. Nous n’avions pas de règles et les barrages que nous avons rencontrés nous ont obligé à trouver d’autres moyens″ (Tyler Bryant). Pour partie déjà avancé avant la crise, Pressure a donc été finalisé en home studio mais sans pour autant tomber dans le minimalisme et la facilité. 40 minutes nappées de guitares saturées en parfaite osmose avec la voix éraillée de Tyler Bryant qui, comme d’habitude, excelle dans tous les domaines. 13 titres majoritairement heavy rock, parfois très blues (Misery, Coastin‘), pop rock classieux (Fuel, Wildside, Crazy Days) et même folk (Like the Old Me). À noter également: la présence efficace de Charlie Starr (Blackberry Smoke) sur Holdin’ my Breath. Même en trio (le bassiste Noah Denney n’est plus là), Pressure porte bien son nom et c’est un joli coup d’éclat – un de plus – pour Tyler Bryant & The Shakedown. Un bon moyen d’oublier le couvre-feu. Putain j’adore ce groupe!

Tracklist: 1 Pressure 02:24 – 2 Hitchhiker 03:22 – 3 Crazy Days 03:50 – 4 Backbone 02:48 – 5 Holdin’ my Breath Keep 04:12 – 6 Like the Old Me 03:51 – 7 Automatic 02:54 – 8 Wildside 03:22 – 9 Misery 03:34 – 10 Fuel 02:49 – 11 Loner 03:33 – 12 Fever 03:32 – 13 Coastin’ 02:31. 

Patrick BETAILLE, octobre 2020