Joanne Shaw Taylor – The Blues Album

On ne présente plus Joanne Shaw Taylor, l’une des plus fines gâchettes du blues rock accordé au féminin. La talentueuse guitariste anglaise nous revient avec un neuvième opus enregistré dans le studio de Joe Bonamassa qui, avec Josh Smith, assure la production. 11 titres pour un hommage aux sommités du blues et de la soul que sont Albert King, Little Richard, Magic Sam, Aretha Franklin, Otis Rush, Peter Green ou Little Milton. Taylor ne se contente pas d’une resucée de quelques standards judicieusement sélectionnés; elle y apporte une touche vraiment personnelle aidée en cela par Bonamassa qui s’est attaché à ne pas laisser la guitare dominer le chant. Joanna est une chanteuse à la fois audacieuse et puissante qui sait, quand il le faut, faire preuve de l’émotion sans laquelle le blues électrique ne peut tout simplement pas exister. Que l’on se rassure, elle reste avant tout et surtout une guitariste volcanique au talent considérable. Comme son titre le laisse supposer, The Blues Album est bien un album de blues (si, si!) mais pas que. Grâce à une production soignée et à l’apport de claviers et de cuivres admirablement bien dosés il parvient à célébrer une union qui devrait ravir les amateurs d’un mélange parfait qui puise directement dans le british blues boom de la fin des sixties, comme en témoigne ce Stop Messin’ Round de Fleetwood Mac époque Peter Green. Vous savez ce qu’il vous reste à faire!

Patrick BETAILLE, octobre 2021

ABBA – Voyage, le Retour

Mama Mia! Les superstars suédoises du groupe ABBA sortent un nouvel album. Pour accompagner ce Voyage, le premier spectacle promotionnel est prévu dans un théâtre de 3000 places spécialement conçu pour l’occasion dans le parc olympique Queen Elizabeth et sera suivi d’une série de concerts. Les shows seront nourris de 22 chansons – déroulant en une heure et demie leurs plus grands hits, tous interprétés par des hologrammes les représentant jeunes. Et pour cause! À eux quatre, Anni-Frid Lyngstad, Björn Ulvaeus, Benny Andersson et Agnetha Fältskog affichent une moyenne d’âge de 74 ans. Et ça marche! I Still Have Faith in You (Je Crois Toujours en Vous), le dernier single dévoilé pour la circonstance, a été écouté 4 millions de fois en 24 heures et est en voie de revenir pour la première fois depuis 40 ans dans le Top 10 des singles au Royaume-Uni. Finalement The Winner Takes It All (Le vainqueur Raffle Tout). À n’en pas douter, financièrement l’opération devrait être juteuse pour les ABBAtars et leur label Universal Music qui ne cesse de chanter à tue-tête: Money, money, money! Quand on pense que les Stones et tant d’autres vétérans du rock enregistrent et tournent encore obstinément avec la moitié ou plus de leurs membres originaux en moins – morts pour la plupart – et que d’autres artistes n’auront jamais la moindre chance de pouvoir diffuser le fruit de leurs talents… C’est ça la Culture? C’est ça le futur de la musique? Des resucées de tubes en mode virtuel? Des karaokés géants à 200 euros le fauteuil en pré-booking? Un beau Waterloo oui!

Patrick BETAILLE, septembre 2021

Jack Daniel’s – 10 Years Old!

Chris Fletcher, maître distillateur de Jack Daniel’s vient d’annoncer l’arrivée d’une nouvelle version du Tennessee Whiskey. Pendant 10 ans les équipes de la distillerie de Lynchburg ont fait évoluer les processus de vieillissement classiques d’une partie de la production pour offrir au breuvage de nouvelles saveurs et un titre alcoolémique de 48.5% Vol. ″This 10-year-old whiskey celebrates our modern-day whiskey making, while also paying tribute to our founder and history, is a special time for us all” – Élaboré selon des processus modernes, ce whisky de 10 ans rend hommage à notre fondateur, à notre histoire et devient  un événement vraiment particulier pour nous tous » [Chris Fletcher]. Pour la première fois depuis 100 ans l’emblématique jack Daniel’s – commercialisé annuellement en édition limité – arbore la mention 10 Years Old.  Nouveau packaging également pour le plus célèbre whisky américain, vendu environ 60€ la tanche de 75 cl qui, pour l’instant, n’est pas destinée à l’export (NDLR: Ouate Ze Feuke!). Les notes de dégustation font mention de ″figues sèches et raisins secs, de caramel au beurre chaud, de fruits rouges et de bois de chêne fumé, avec une touche finale de tabac doux et d’épices″. Eh ben!

Patrick BETAILLE, août 2021

Bernard MacMahon – Becoming Led Zeppelin

Becoming Led Zeppelin sera le tout premier documentaire officiel sur le groupe. Il avait été annoncé en 2019, et devait faire l’objet d’une présentation à Cannes pour commémorer les 50 ans de la formation britannique. Son réalisateur, Bernard MacMahon, déclara dans un communiqué : ″Becoming Led Zeppelin est un film que personne ne pensait réalisable. À travers d’intenses recherches à travers le monde et des années de restauration d’archives visuelles et sonores, l’ascension vertigineuse du groupe peut enfin être racontée″. Les choses avancent car c’est désormais officiel: la première aura lieu lors du Festival international du film de Venise qui se déroulera du 1er au 11 septembre 2021. Le film raconte les débuts individuels de Page, Plant, Jones et Bonham qui, dans les années 1960, jouaient chacun de leur côté dans de petites salles au Royaume-Uni, puis leur rencontre au cours l’été 1968, leur conquête des Etats-Unis dans les années 1970 et la séparation après le décès de Bonzo. Des séquences inédites bien sûr, avec notamment des interviews – qu’elles soient réalisées spécialement pour le documentaire, ou qu’elles proviennent d’archives – au cours desquelles les musiciens, pour la première fois, apportent un témoignage personnel sur leur propre histoire. ″Quand j’ai vu le travail ambitieux et magnifique de Bernard MacMahon sur American Epic, j’ai su qu’il serait à la hauteur pour raconter notre histoire″: Des propos prometteurs de la part de Jimmy Page, 45 ans après le nanar inégalé qu’est The Song Remains The Same. À suivre…

Patrick BETAILLE, août 2021

Dirty Honey – Dirty Honey

En 2019, Marc Labelle (chant), John Notto (guitares), Justin Smolian (basse) Corey Coverstone (Batterie) font leurs premières armes sur les scènes des clubs de Los Angeles. Un premier single en 2018, suivi par un EP en 2019 affichent clairement des influences tout droit sorties du classic rock des années 70. Logiquement, Dirty Honey débarque aujourd’hui avec un premier long play éponyme prometteur. Produit par Nick Didia (Pearl Jam, Rage Against the Machine), les huit titres de l’album baignent dans des rythmiques soutenues, de bons gros riffs, une cohésion à toute épreuve et des vocalises qui vous en mettent plein les esgourdes. À coup sûr les fans de Led Zep, Aerosmith et autres Gun’N’Roses vont y trouver leur compte et bien vite oublier ces poseurs de Greta Van Fleet. Les autres vont certainement dire que Dirty Honey ne réinventent pas la roue ou l’eau tiède mais ils apprécieront certainement la spontanéité, l’énergie et l’authenticité que dégage ce premier essai. Dirty Honey ne changera pas votre vie mais si le heavy rock de qualité est votre tasse de thé, n’hésitez pas à y ajouter un peu de miel.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Saxon – Inspirations

Que ce soit par conviction, par manque d’inspiration ou pour des raisons purement mercantiles, en général, les groupes qui se livrent à l’exercice de l’album de reprises prennent un risque. Celui de se voir confrontés à l’exigeante virulence des milieux spécialisés et à la critique ou, au mieux, à l’indifférence de leurs propres fans et de ceux des groupes auxquels ils prétendent rendre hommage. Avec son dernier album, Saxon assume ses influences de la plus belle des manières. Inspirations est un véritable best of de ce qui s’est fait de mieux dans le domaine du classic rock. Jugez plutôt:

Paint It Black (The Rolling Stones). Immigrant Song (Led Zeppelin). Paperback Writer (The Beatles). Evil Woman (Black Sabbath). Stone Free (Jimi Hendrix). Bomber (Motörhead). Speed King (Deep Purple). The Rocker (Thin Lizzy). Hold The Line (Toto). Problem Child (AC/DC). See My Friends (The Kinks).

Le résultat est étonnant! De la puissance mélodique de Paperback Writer à la solidité charpentée de Evil Woman ou de Bomber et au passage en surmultipliée pour Speed King, le groupe exprime sa passion et parvient à apporter sa patte à tous les titres sans pour autant en trahir l’esprit. Biff Byford au chant est tout simplement au sommet de son art quand il s’attaque à The Rocker, Immigrant Song et Problem Child.

Personne n’est dupe, en tant qu’album de reprises, Inspirations est un album dispensable mais il a au moins le mérite de donner une seconde jeunesse à une playlist emblématique tout en offrant une récréation bienvenue et jouissive. Ne boudons pas notre plaisir, surtout par les temps qui courent!

Patrick BETAILLE, juin 2021

METAL HURLANT – Le Retour!

Dès sa création en 1975, le magazine devient un élément incontournable de la Pop Culture. Créé Jean-Pierre Dionnet – son rédacteur en chef de 1975 à 1985 – la formule trimestrielle propose avec succès un mélange de bandes dessinées sur fond de Science Fiction et un rédactionnel dans lequel la musique occupe une place de choix. Éditée par les Humanoïdes Associées, la revue cesse de paraître en 1987 après 133 numéros, pour revenir de 2002 à 2004 au format bimestriel. En mai 2006, un ultime numéro de cent pages est publié, annonçant la fin de Métal hurlant. En mai 2020, Vincent Bernière annonce le retour de Metal hurlant. La sortie de la nouvelle formule est prévue en octobre 2021 sous la forme mook: 288 pages couleur à mi-chemin entre livre et magazine. 50 auteurs, une trentaine d’histoires à feuilleter, de quoi relancer la machine et ravir les fans avec de nouveaux sujets. À n’en pas douter, la pandémie et ses conséquence seront à la Une. Le Futur, c’est déjà Demain!

Patrick BETAILLE, juin 2021

 

Le Gouëfflec & Moog – Underground, la BD

Sous-titrée Rockers maudits & grandes prêtresses du son, cette bande dessinée propose de courtes biographies d’artistes évoluant en marge de la lisière du rock et de ses dérivés, aux confins de l’inconnu, de l’étrange et du bizarre alors que tous font l’objet d’un culte parfois démesuré. Formidable livre d’une subjectivité fièrement assumée. Cette anthologie de 50 récits illustrés invite à découvrir des maestros, connus ou méconnus, qui par leurs productions ont indéniablement marqué la marginalité et la richesse de l’histoire du rock. Préfacé par Michka Assayas et pour 30€, Underground est actuellement disponible partout et même ailleurs. Pour plus de détails sur le contenu des 312 pages de cette Bd: SlowShow.

Patrick BETAILLE, avril 2021

Triumph Scrambler 1200 – Steve McQueen Edition

Bon?! Vont pas finir par lui foutre la paix au King of Cool?! Allez, on va pas se mentir, Triumph est probablement le champion toutes catégories de la réédition, de la série limitée et des exclusivités. On va pas se mentir non plus, en général c’est plutôt pas mal foutu, esthétiquement du moins. Voici donc la dernière nouveauté qui vient rendre hommage à la star du 2 RM en version cinématographique. 1000 exemplaires inspirés par la TR6 de La Grande Évasion en livrée spécifique. Bouchon Monza, selle marron, sangle de réservoir, protection radiateur et sabot moteur en alu et… coloris exclusif. Le tout sur une déclinaison du Scrambler 1200 XC et XE de la marque d’Hinckley. Bien sûr, question tarif, il faudra débourser 17 000 euros, soit 2 000 de plus que la version standard. Eh oui! C’est le prix à payer pour bénéficier du numéro unique et d’une signature gravée au niveau du guidon, d’un certificat d’authenticité et d’un logo à la gloire Steve peint sur le réservoir de cette Steve McQueen Edition. De quoi se faire la belle? Vous en verrez plus Ici: Le Repaire des Motards.

Patrick BETAILLE, avril 2021

 

Neon Animal – Make no Mistake

Effectivement, passer à côté de l’album de Neon Animal serait commettre une erreur. Une grosse erreur. Parmi les groupes qui pourraient prétendre perfuser un peu de sang neuf dans un genre qui souffre d’asthénie depuis pas mal de temps, ce quatuor londonien semble bien décidé à vouloir s’imposer au sein de la mouvance d’un classic rock revival. Neuf titres sans fioritures, accrocheurs, lourds et efficaces à souhait. Neuf titres qui parlent de sexe, de drogue et de rock’n’roll en foutant un bon coup de pied au cul du consensus musical aseptisé du moment. Grosses guitares, lourdes rythmiques, vocalises intenses, Make No Mistake est une véritable ouverture des hostilités sans négociation préalable. Une déclaration de guerre. De celles qu’à une époque les New York Dolls ont perdue, de celles auxquelles Aerosmith a succombé à force de poser, de celles à cause desquelles Guns N’ Roses a perdu son panache, de celles auxquelles Greta Van Fleet ne prendra jamais part et de celles enfin qu’aurait pu gagner Motörhead si Lemmy…. Rock ‘N’ Roll War,  Let’s Make The World Rock, Rock ‘N’ Roll Suicide… Le message est plutôt clair. Neon Animal aime le heavy rock, il le prouvent avec ce deuxième album qui reste une véritable menace! À bon entendeur, rock’n’roll bordel!

Patrick BETAILLE, avril 2021