Derek Hess – R.L. Burnside

 

Derek Hess est un illustrateur américain installé à Cleveland, dans l’Ohio. Sa carrière s’est largement développée grâce à sa capacité à exprimer les élans des scènes indie, hardcore et metal du milieu des années 1990. Des affiches de concerts aux œuvres d’art engagées, Hess explore les univers de la musique et de l’art depuis plus de 15 ans. Il a débuté sa carrière en créant des flyers promotionnels d’événements musicaux. Ces supports faisant appel à l’encre, l’acrylique et la sérigraphie ont rapidement attiré l’attention d’innombrables groupes mais aussi celle du Rock and Roll Hall of Fame et du Musée Louvre. Deux institutions qui ont intégré des œuvres du peintre dans leurs collections permanentes.
C’est ainsi que Hess acquit une renommée internationale, réalisant des affiches pour Pearl Jam, Deftones, Offspring, Clutch, Pantera ou Pink Floyd. L’artiste a aussi créé une bonne centaine de pochettes d’albums. Sepultura, Converge, Fugazi, Season to Risk et beaucoup d’autres ont ainsi bénéficié de la patte du graphiste. Le style sombre et saisissant, le trait libre et minimaliste ont également accompagné le bluesman R.L. Burnside pour A Ass Pocket of Whiskey en 1996 et Mr. Wizard en 1997. Pour en savoir plus: Derek Hess: Concert Art.


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Gennadiy Koufay – Heatwave

© Gennadiy Koufay

 

Né en 1961, d’origine russe, Gennadiy Koufay est très tôt encouragé par son ingénieur de père à se lancer dans le dessin industriel. Très vite, le jeune homme va s’orienter par goût vers une autre expression, beaucoup plus artistique. En 1973, il entre à l’École des Arts de Sébastopol où il va développer de réels talents dans le domaine de la décoration. Après des débuts dans la production théâtrale, Gennadiy est nommé décorateur en chef du théâtre de Sébastopol et parallèlement il parvient à acquérir une solide réputation dans l’univers de la mode et de la publicité. En décembre 1995, il s’installe à New York, puis un peu plus tard en Floride. Là, il travaille en tant qu’artiste indépendant et réalise plusieurs projets remarquables, notamment des œuvres décoratives pour le festival Fantasy Fest de Key West où glamour, fantasy art et pin-up sont à l’honneur. Dès lors, l’activité du peintre est axée sur ce qu’il a toujours voulu faire: célébrer la féminité. Bien que son travail, souvent assez suggestif, s’adresse à un public averti, Kouflay ne tombe jamais dans la vulgarité. Élégance et sensualité sont l’apanage de bon nombre d’acryliques, de dessins ou d’aquarelles qui traduisent un amour immodéré pour les courbes féminines. De Marylin, son idole, à Vampirella, l’ambiance torride générée par chaque toile est palpable; ce qui explique certainement pourquoi le premier volume consacré son travail est sous-titré Heatwave (vague de Chaleur).

 

George Underwood – Gentle Giant

 

Durant ses études dans un lycée technique londonien, George Underwood fait la connaissance de David Jones. Il se lie d’amitié avec lui et les deux jeunes garçons jouent ensemble dans le groupe George and the Dragons.
Au cours d’une bagarre pour la fille qu’ils courtisent tous les deux, George frappe son rival à l’œil gauche, provoquant un traumatisme important. Malgré deux opérations, David garde une pupille dilatée de façon permanente et un œil figé, noir et non bleu comme son autre iris. Pour le futur David Bowie, cette anomalie allait devenir un élément essentiel de son look.
Après le lycée, Underwood étudie le design et devient illustrateur indépendant. Il conçoit de nombreuses couvertures de livres, ainsi que des pochettes d’album pour Procol Harum (Shine On Brightly), David Bowie (Hunky Dory), Mott the Hoople (All The Young Dudes) et T. Rex (Futuristic Dragon). Le peintre est également à l’origine de l’illustration du premier album éponyme de Gentle Giant paru en 1970. Le style à la fois réaliste et fantastique de la superbe pochette a sans aucun doute largement contribué au succès du groupe de rock progressif mené par les frères Shulman: Phil, Derek et Ray.


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Paul Roberts – Sniff ‘n’ the Tears

Paul Roberts a été élevé au Pays de Galles par ses parents, tous deux artistes. Après des études au Newport College of Art et au Cardiff College of Art, il se fait connaître en tant que peintre hyperréaliste dès les années 1970. Avec un excellent sens de la couleur, ses œuvres explorent et parodie le glamour dans des ambiances parfois dramatiques ou surréalistes. Musicien à ses heures, il compose, chante et joue de la guitare au sein d’un groupe de pop rock. Formé en 1978, Sniff’n’The Tears connait un beau succès international, notamment grâce au titre Driver’s Seat. Après quatre albums enregistrés avec le groupe entre 1978 et 1982, Paul Roberts se lance dans une carrière solo. Jusqu’en 2000, ses engagements musicaux limitent le temps qu’il peut consacrer à la peinture.
Des toiles de Paul Roberts ont été utilisées pour accompagner certains albums de Sniff’n’The Tears. Fickle Heart illustre le disque du même nom paru en 1978. C’est The Passenger qui sert de cover art au best of du groupe paru en 1991. Les œuvres du peintre peuvent être consultées ici: Paul Roberts Paintings.


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 Emile Frandsen – Layla

©  Émile Théodore Frandsen

 

À la fin de sa vie, l’artiste franco-danois Émile Frandsen réside dans le sud de la France. Il meurt en 1969 à Valbonne, laissant derrière lui 500 toiles peu connues, sauf une: La Fille au bouquet. Son fils né d’une seconde union mais non reconnu, offrit un an après la mort du peintre ce tableau à un certain Eric Clapton alors en goguette sur la Côte d’Azur. Le leader de Derek and the Dominos tombe littéralement sous le charme de cette représentation de la femme qui pour lui symbolise celle dont il est tombé éperdument amoureux: Pattie Boyd, l’épouse de George Harrison. Ni une, ni deux, le tableau est reproduit sur la pochette de l’album Layla and Other Assorted Love Songs, produit en 1970 par Polydor.
Pendant 40 ans, les ayants droit n’ont jamais trouvé à redire quant à l’exploitation du travail de leur père. En 2011 cependant, un coffret célébrant le quarantième anniversaire du disque accompagné de goodies voit le jour et déclenche de la part des héritiers légitimes une cascade de procédures judiciaires au titre du droit patrimonial et de l’exploitation abusive de l’image. Procès, appels, cassation, finalement, en 2018 la justice tranche en faveur d’Eric Clapton et de Polydor.
En 2024, Pattie Boyd, unique propriétaire de l’œuvre originale depuis son divorce d’avec Slowhand, décide de vendre le portrait qui sera adjugé aux enchères 2,3 millions d’euros. Un joli bouquet!


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John Douglas – Rock’n’Roll Legacy

© John Douglas – Joe Perry

 

Sa contribution au monde du rock est tout simplement légendaire. Le parcours atypique de John Douglas débute alors qu’il est au lycée. À la fois artiste et batteur dans un groupe local, il commence à peindre les peaux de ses grosses caisses. D’autres musiciens remarquent son travail et font appel à lui. Les créations artistiques de John n’échappent pas à la communauté rock. Une trentaine d’années plus tard, il a peint, personnalisé et modifié batteries et guitares pour certains des plus grands groupes du monde, notamment Pantera, Slash, Lynyrd Skynyrd, Kid Rock, Van Halen, Bon Jovi, ZZ Top et Aerosmith, groupe avec lequel l’artiste a entretenu une relation particulière. Tout a commencé par une rencontre au début des années 90 qui le conduit à peindre la guitare Billie de Joe Perry. Peu après, il customise les fûts de Joey Kramer, puis devient son technicien personnel. En 2019, lorsque Joey se blesse il le remplace au pied levé pour assurer la tournée américaine du groupe.
Au cours de sa carrière et de ses nombreux déplacements John Douglas a peint des œuvres saisissantes représentant des icones du rock comme Billy Gibbons, Eddie Van Halen, Stevie Nicks, Dave Grohl, Bono, les Rolling Stones et beaucoup d’autres visibles ici: John Douglas Fine Art.  

Ken Kelly – Kiss

C’est sous la houlette de son oncle Frank Frazetta que Ken Kelly (1946-2022) a fait ses premières armes en illustrant des bandes dessinées horrifiques ou fantastiques. Très vite remarqué par le monde de l’Héroïc Fantasy, le dessinateur va bénéficier de l’opportunité de diversifier sa production.
En 1976, le groupe américain Kiss, alors en pleine ascension, souhaite offrir à son nouvel album une image plus en rapport avec le shock rock pyrotechnique et extravagant qui fait le succès de ses shows. Pour ce, Paul Stanley et Genne Simmons font appel à Frazetta qui, passablement débordé, refile la patate chaude à son neveu. C’est donc Ken Kelly qui est à l’origine du cover art de Destroyer, la quatrième production studio qui parait en mars 1976 et connait un immense succès. Logiquement, Kelly est à nouveau sollicité pour illustrer, Love Gun, pour lequel il s’inspire de son épouse Rose pour matérialiser les femmes présentes aux pieds du quatuor. Entre ces deux pochettes, l’artiste a également réalisé la magnifique illustration de Rising, le deuxième opus de Rainbow, le nouveau combo de l’ex-Deep Purple: Ritchie Blackmore. À partir de la fin des années 80, Ken Kelly entamera une longue collaboration avec le groupe de métal Manowar pour lequel il signera les visuels de six disques.


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Patrick BETAILLE, octobre 2025

Le lundi c’est permis – Élégance

© Olivier Tramoni

[Audrey Hepburn]: ″ Elegance is the only beauty that never fades – L’élégance est la seule beauté qui ne fane jamais.


 

Barclay James Harvest – Octoberon

 

Groupe britannique de pop rock, Barclay James Harvest a très souvent utilisé l’emblème du papillon. Sous une forme ou une autre, le lépidoptère s’est retrouvé à l’honneur sur différentes pochettes de disques (BJH & And Other Short Stories, Once Again, Baby James Harvest,Time Honoured Ghosts, Gone to Earth, XII, et Turn of the Tide) et même intégré de belle manière dans le light show laser des concerts. La plus belle pochette des albums de BJH reste celle d’Octoberon paru en 1976. S’appuyant sur ce symbole illustrant des mélodies ambitieuses, le groupe a cette fois utilisé un tableau datant de 1901 et peint par l’artiste britannique Frederick Marriott (1860-1941). On y voit Oberon, le roi des elfes, sous la forme d’un papillon aux ailes déployées. Le personnage avec ses incrustations de nacre et ses dorures a été apposé en relief sur un paysage verdoyant.

Quant l’intitulé du disque, Octoberon, il résulte de la contraction de octo (le disque étant le huitième du groupe) et Oberon, l’un des personnages d’une comédie de William Shakespeare écrite en 1595, Le Songe d’une nuit d’été.

Patrick BETAILLE, juillet 2025


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John Kacere – Jorge Santana

© John Kacere – Jorge Santana 1st Album – 1978

John C. Kacere (1920-1999) était un peintre américain qui, à ses début, œuvrait dans l’expressionisme abstrait. En 1963, il s’oriente vers un hyperréalisme axé sur la plastique féminine. Même si en 1969 il peint sa première toile photoréaliste représentant le corps entier d’une femme, presque toutes ses peintures se focalisent sur la partie inférieure de ses modèles vêtus de lingerie. En 1978, l’une de ses peintures a été utilisée comme illustration du premier album éponyme du musicien Jorge Santana, le frère cadet du célèbre Carlos Santana. Le travail de l’artiste fait désormais partie des collections publiques de plusieurs institutions, dont le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Portland Museum of Art et le Speed ​​Art Museum de Louisville dans le Kentucky. Certains des tableaux de John Kacere sont visibles ici: WikiArt.


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