Clare Torry – The Great Gig in the Sky

Source Image: Clare Torry/Pink Floyd – Live at Knebworth 1990

 

Au printemps 1972 à Londres, Pink Floyd au complet entre chez EMI au 31 Abbey Road pour travailler sur l’enregistrement de Dark Side of the Moon. Roger Waters, seul auteur du concept de ce huitième album, imagine une tragédie moderne autour de thèmes qui lui sont chers : l’aliénation de l’enfance, la critique de la politique, l’argent, la religion et la course contre la mort.
En septembre, les musiciens entreprennent de consolider The Great Gig In The Sky, un instrumental basé sur une suite d’accords au piano de Richard Wright. Divers effets sonores sont essayés mais aucun n’est jugé satisfaisant. Finalement, quelques semaines avant le bouclage de l’album, l’ingénieur du son Alan Parsons propose d’ajouter des vocalises féminines.
Un dimanche soir, Clare Torry reçoit un appel de Parsons (pour qui elle a déjà travaillé) qui lui propose sans plus de détails de participer au projet. À son arrivée, elle découvre un groupe incapable d’exprimer ce qu’il attend d’elle. Ils interprètent le morceau et lui demandent juste de poser sa voix en pensant à la douleur, au chagrin et à la mort. Sans mots, comme si elle était un instrument, Clare Torry improvise. Ce qui en sort: quelque chose de primitif, à la fois terrifiant et étrangement paisible. En sortant de la cabine elle est submergée par l’émotion. Elle tremble et son visage est mouillé de larmes. Persuadée d’en avoir trop fait, elle s’excuse et propose de refaire un essai. Dans le studio, tout le monde est abasourdi par la prestation de Clare et les musiciens avouent que c’est exactement ce dont ils avaient besoin. La choriste touche son cachet forfaitaire de 30£ et quitte les locaux.
The Dark Side of the Moon sort en mars 1973 et The Great Gig in the Sky devient l’un des titres phares de l’album qui se vendra à quarante-cinq millions d’exemplaires et restera plus de dix-huit ans dans les charts.
Traditionnellement à l’époque, les musiciens de studio percevaient une indemnité fixe et les droits d’auteurs étaient attribués aux compositeurs. Clare était donc créditée en tant que chanteuse mais les droits sur la composition revenaient exclusivement à Richard Wright.
En 2004, une action en justice a lieu. La question juridique est de savoir si une mélodie improvisée relève d’une composition ou d’une simple interprétation. En improvisant, Torry avait composé la mélodie vocale de The Great Gig in the Sky. Elle n’avait pas chanté une mélodie préexistante. Elle n’avait pas interprété la composition de quelqu’un d’autre. Elle avait créé chaque note, chaque phrasé, chaque nuance émotionnelle. Elle n’était pas qu’une interprète. Des experts tranchent. Le rapport stipule que la création d’une mélodie – qu’elle soit transcrite à l’avance ou créée spontanément – est un acte de composition. En 2005, un accord à l’amiable est conclu avec Pink Floyd.
Clare Torry a été donc été créditée en tant que co-auteure aux côtés de Richard Wright. Trente-trois ans après ce fameux dimanche soir, elle a commencé à percevoir les droits d’auteur qui lui revenaient et à bénéficier de la reconnaissance qu’elle méritait. Un précédent dans l’histoire de la musique et la fin de certaines pratiques courantes dans l’industrie musicale.


Dans un sondage réalisé en 2012, les lecteurs de Rolling Stone Magazine ont placé The Great Gig In The Sky au deuxième rang des meilleures performances vocales de l’histoire du rock, derrière Bohemian Rhapsody de Queen.


Wilko Johnson – Fender Telecaster 1962

© Photo: Dena Flows 2016

 

C’est un fait! John Peter Wilkinson (1947-2022) ne figurera jamais au Panthéon des grands guitaristes de l’histoire du rock. Pourtant, s’il en est un à qui le genre doit beaucoup c’est bien Wilko Johnson. Celui-là même qui, au sein de Dr. Feelgood, a estampillé la fougue authentique du pub rock des années 70. Jeu très influencé par son maitre à jouer Mick Green (Johnny Kid & The Pirates). Rythmique tranchante, giclées de solos et jeu de scène à nul autre pareil. Il parcourt la scène en long, en large et en travers en exécutant des sauts de cabri pendant que Lee Brilleaux masturbe sa canette de bière. Visage figé, pas un sourire. De son regard halluciné il hypnotise le public avant de l’achever d’une rafale de 6 cordes. Son arme? La Fender Telecaster. Ou plutôt, deux Fender Telecaster de 1962.
La première, blanche, il l’a acquise en 1965. ″ J’ai dit à ma copine Irène que ce serait une bonne idée de retirer tout l’argent de son compte épargne pour payer les 60 livres manquantes. Je ne l’ai jamais remboursée. Par contre, je l’ai épousée! ″. La deuxième a été achetée d’occasion. ″ En 1975, je travaillais d’arrache-pied avec Dr. Feelgood et je cherchais une autre guitare pour les tournées. En fouillant dans les petites annonces, j’ai pu m’offrir ce modèle sunburst pour 180£. À l’époque, je portais très souvent une chemise rouge et noire se souvient Wilko. J’ai donc demandé à mon roadie de faire fabriquer un pickguard rouge et de peindre la guitare en noir. Depuis, c’est elle qui m’a accompagné pendant presque tous les concerts et les enregistrements du groupe ″.
Ces deux guitares étaient en réalité les deux seules dont l’ancien prof originaire de Canvey Island ait jamais eu besoin. Branché sur ampli HH Electronics, il n’utilisait que le micro chevalet, volume à fond et tonalité au taquet dans les aigus. Nerveux, incisif et tout en efficacité, il jouait sans médiator. Ce qui lui valut souvent de terminer certains concerts avec les doigts de la main droite en sang.


En 2013, Fender a obtenu du musicien l’autorisation de produire une série de Telecaster Signature Wilko Johnson. Très satisfait de ces répliques, Wilko avoua les utiliser lors des tournées, plutôt que de ressortir sa vieille guitare iconique ravagée par le temps.


Michael Antony – Jack Daniel’s Old No. 7

Source image: Square Deal Recordings & Supplies

 

Début des années 80. Au cours d’une soirée bien arrosée, Michael Anthony et son technicien Kevin Dugan décident de créer un instrument unique à la gloire du Jack Daniel’s dont ils sont à l’époque des consommateurs assidus. Conçue à l’origine pour le fun, cette basse est assemblée par les deux compères (aidés par Dave Jellison, le bassiste de Ratt) à partir d’un morceau de contreplaqué découpé à la forme de la dive bouteille, d’un manche de récupération, de mécaniques Kramer et de micros intégrés dans le chevalet. Le prototype fait sa première apparition dans le clip Panama tourné à Philadelphie. Sur scène, la Old No. 7 est désormais associée au jeu tonitruant d’Antony qui, à l’occasion, biberonne le Jack à la santé du public. Le succès est tel que la marque de Lynchburg envisage une action en justice pour utilisation abusive de son visuel. Finalement, en réalisant l’impact généré par une publicité gratuite monumentale, Jack Daniel’s revoit sa copie et accepte d’apporter sa contribution à un nouveau projet.
Le bassiste de Van Halen décide donc de faire appel à Jim O’Connor pour concevoir une version plus élaborée de sa quatre cordes. Pour mettre en œuvre un instrument à la fois confortable, ergonomique et performant, le luthier en question sculpte une caisse en relief, l’associe à un manche traversant en érable et ajoute des micros EMG, un par corde. Quant à la décoration, elle est confiée au californien Dan Lawrence qui reproduit à l’aérographe l’étiquette du Tennessee Whiskey.


Le tout premier modèle est exposé au Rock and Roll Hall of Fame de Cleveland. Une deuxième version, fabriquée à partir du prototype par James Tyler Guitars , fait partie de la collection privée du musicien.


 

 

Dave Grohl – Ford Falcon 1965

 

Compte tenu du statut colossal des Foo Fighters dans le firmament du rock actuel, on peut affirmer qu’en terme de bagnoles, le leader du groupe fait preuve de modestie. Le Ford Falcon de 1965 de Dave Grohl apparait dans Sound City – Real to Reel, le film documentaire réalisé par le musicien en 2011. Après avoir trouvé le vieux combi abandonné à l’état d’épave au milieu du désert de l’Arizona, Dave l’a confié à King T’s Kustoms en Californie pour une conversion en V8 et une restauration complète. Ravi du résultat, il utilise régulièrement ce véhicule, notamment pour emmener ses enfants à l’école. Il met même des pièces dans le parcmètre. Si ça c’est pas rock’n’roll!

Brian May – Red Special

© Source Image: Screenshot – Queen Live in Montréal 1981

 

Début des années 1960. L’adolescent anglais Brian May réclame à ses parents une guitare électrique. Le problème, c’est qu’à l’époque les instruments en vogue sont financièrement bien au-delà du budget d’une famille modeste. Harold, son père, est ingénieur en électronique et il propose alors à Brian de bâtir un projet commun autour d’une guitare électrique. C’est donc le début d’une odyssée vers la création de l’instrument unique qui deviendra l’un plus célèbres au monde.
Père et fils commencent à travailler en août 1963. Le corps de la guitare est en panneaux de particules avec des incrustations de chêne dans les couches supérieures et inférieures. L’ensemble est recouvert d’un placage marqueté en acajou sur la table, le fond, les éclisses et enjolivé de liserés blancs provenant d’éléments décoratifs d’étagères. La couleur brun rouge qui donne son nom à la ″ Red Special ″ est obtenue après l’application de nombreuses couches de vernis polyuréthane. Le manche pourvu de 24 frettes est façonné à partir du bois du linteau d’une cheminée centenaire dont les trous laissés par des parasites xylophages ont été comblés avec des allumettes. La guitare est équipée de trois micros simple bobinage Burns et d’un chevalet en aluminium fabriqué sur mesure. Quant au système de vibrato il est constitué d’une lame de couteau en acier trempé et de deux ressorts de soupape de moto. Les micros sont câblés en série et dotés d’interrupteurs marche/arrêt dédiés. Pour les réglages du volume et de la tonalité: des boutons de gazinière. Une barre de rétroviseur de mobylette sert de bras de commande du vibrato.
La ″ Red Special ″ voit le jour en octobre 1964 et fait ses premières armes avec le musicien au sein des groupes 1984 et Smile (avec Roger Taylor). Au début des années 70, Brian May, Freddie Mercury, Roger Taylor et John Deacon enregistrent le premier album de Queen. Le succès est au rendez-vous. Les tournées incitent Brian à faire fabriquer des copies pour palier à d’éventuels problèmes. La première réplique officielle est confiée au luthier britannique John Birch et utilisée comme guitare de secours lors des prestations scéniques. Entre 1996 et 1997, à la demande du guitariste, le luthier australien Greg Fryer produit trois autres versions techniquement légèrement modifiées. En 1998, après avoir constaté les dégâts subis au cours de près de 30 années d’utilisation, May confie la restauration de sa ″ Red Special ″ à Fryer avec pour consigne de conserver un maximum de pièces d’origine. En 2004, Andrew Guyton, un luthier du Royaume-Uni, en fabrique 50 exemplaires autorisés en édition limitée pour célébrer le quarantième anniversaire de la ″ Old Lady ″.

Cette guitare, utilisée de manière quasi exclusive tout au long de la carrière du groupe Queen, allait définir le style emblématique de Brian May. Ses talents de guitariste sont mis en évidence sur de nombreux titres tels que Killer Queen, We Will Rock You et, bien sûr, Bohemian Rhapsody.

Jerry garcia – Irwin Guitars:Tiger

© Photo: Michael Putland Via Irwin Guitars Website

 

L’une des premières guitares avec lesquelles Jerry Garcia (1942-1995) s’est distingué au sein du Grateful Dead était une Fender Starocaster blanche de 1955 offerte par Graham Nash. Fin 1972, le guitariste découvrit par hasard et adopta la première guitare que Doug Irwin fabriqua pour le compte d’Alembic Guitars. Dans la foulée, il demanda au luthier de lui en fabriquer une autre en précisant: ″ peu importe le coût, vas-y, lâche toi ″! Six ans plus tard, la nouvelle six cordes faisait sa première apparition lors d’un concert du groupe à Oakland. Elle allait devenir le choix de prédilection de Garcia tout au long de la décennie suivante.
Solid body constituée d’un assemblage de bois denses. Manche traversant en érable avec touche en ébène et incrustations de nacre. Marqueterie au dos de la caisse. Accastillage et éléments décoratifs en laiton. Deux micros humbuckers et un micro simple bobinage avec sélecteur cinq positions, contrôles de volume et de tonalité avec préampli et boucle d’effets intégrés. Sous le cordier, un motif en nacre et ébène représentant un tigre qui valut à la six cordes le nom de ″ Tiger ″. Ce petit bijou de plus de 6 kilos nécessita la bagatelle de 2000 heures de travail et une facture de 6 000 dollars. Jerry appréciait le look original de cet instrument mais il aimait surtout les nombreuses possibilités techniques lui permettant de tirer le meilleur de la richesse des sons.


Dans son testament, ″ Captain Trips ″ avait légué ces instruments à Doug Irwin. En 2022, la ″ Tiger ″ a été achetée aux enchères pour 950 000$. Après le décès en 2025 du nouveau propriétaire Jim Irsay, c’est Bobby Tseitlin de Family Guitars qui, en 2026, l’a acquise chez Christie’s pour un montant de 11 560 000 $ en promettent qu’elle continuerait à être jouée. Promesse tenue. Dès le lendemain de la transaction, ″ Tiger ″ était de retour sur la scène du Beacon Theatre de New York entre de bonnes mains. Celles de Derek Trucks du Tedeschi Trucks Band.


 

The Supremes – You Keep Me Hangin’ On

 

[Extrait]: Florence Ballard et Mary Wilson viennent du ghetto noir de Detroit. Étudiantes, elles se rencontrent en 1958 lors d’un concours de chant au cours duquel elles sont remarquées par Milton Jenkins, l’impresario des Primes, un groupe de doo-wop local. Ce dernier a en tête de monter un groupe vocal exclusivement féminin: The Primettes
L’un des chanteurs des Primes se souvient alors d’une certaine Diane Ross, originaire elle aussi du même quartier que Florence et Mary. Les Primettes étaient nées. Le 4 juillet 1960, les filles remportent le premier prix du Festival international de la liberté de Detroit et elles envisagent d’enregistrer un disque. Mademoiselle Ross – elle se prénomme désormais Diana – demande à Smokey Robinson, ami et chanteur des Miracles, d’aider les Primettes à décrocher une audition avec Berry Gordy, le directeur de Motown, qui malheureusement les trouve trop jeunes. Du haut de leurs 16 ans, les artistes s’entendent à merveille pour faire le forcing et elles passent régulièrement dans les locaux de la Tamla Motown pour faire la claque derrière les artistes maison. Leur persévérance finit par payer. En janvier 1961, elles décrochent un contrat et adoptent le nom de The Supremes
En août 64, celles qui dans les couloirs de la maison de disques sont affublées du sobriquet ″ no-hits Supremes ″ atteignent la première place des charts avec Where Did our Love Go. Les 12 titres suivants se placeront eux aussi en tête des classements. Fin 1966, nouveau n°1 avec You Can’t Hurry Love, suivi en octobre par le single qui élèvera la formation au rang de stars mondiales : You Keep Me Hangin’ On, une chanson qui évoque un amour à sens unique…
Cette année-là, le groupe sort également son dixième 33 tours, The Supremes A’ Go-Go qui est devenu le premier d’un groupe entièrement féminin à atteindre la première place du Billboard 200 américain en détrônant le Revolver des Beatles. Quant à You Keep Me Hangin’ On, il ouvrira en 1967 le LP suivant: The Supremes Sing Holland-Dozier-Holland.
La chanson a été reprise par de nombreux artistes tels que Wilson Pickett, The Box Tops, Rod Stewart, Vanilla Fudge, Tim Buckley, Kim Wilde et même en France par Sylvie Vartan en 1967 (Je n’ai pas pu Résister) et par Claude François en 1972 (Mais c’est Différent déjà). Différent? Oh que oui!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Stevie Ray Vaughan – Stratocaster: Number One

© Guitar Quarter/Annamaria DiSanto

Cette Fender, le maître du Texas Blues en fit l’acquisition en 1973. Il l’échangea contre une autre chez Heart of Texas Music, une boutique d’Austin. La légende prétend que la Stratocaster sur laquelle Steve Ray Vaughan jeta son dévolu aurait appartenu à Christopher Cross.
Celle qui allait devenir la ″ Number One ″ consistait au départ en un assemblage hétéroclite déjà passablement malmené. Elle comprenait un corps Sunburst de 1962, un manche de 1963 et des micros de 1959. D’emblée, Stevie remplaça le pickguard blanc par un modèle noir décoré avec des autocollants ″ SRV ″. Le texan et son technicien René Martinez travaillèrent beaucoup sur l’instrument. Le plus souvent, il s’agissait de remises en état dues à une utilisation intensive par son propriétaire.
Le manche épais en forme de D convenait parfaitement au guitariste mais son jeu puissant eut souvent raison de la touche. Les frettes ont été changées tellement de fois que finalement la pièce elle-même a dû être reprofilée. Afin d’éviter la casse quasi quotidienne des cordes à fort tirant, des bouts de gaine plastique ont été ajoutés autour de la base des cordes, dans le chevalet. Conséquence de l’ajout de ressorts sur le mécanisme de vibrato: il fallait une force telle pour actionner le levier qu’il finissait par se briser. Le tremolo d’origine a donc été remplacé par un modèle pour gaucher de sorte que le point de pivot du bras se trouvait non plus sous les cordes, mais au-dessus.


Finalement, après la mort de Stevie en 1990, René Martinez a réinstallé le manche de 1963 qui avait été remplacé après une casse lors d’un concert. Il a ensuite offert la guitare au frère de SRV, Jimmie Vaughan. La ″ Number One ″ (appelée aussi First Wife) est conservée précieusement par le leader des Fabulous Thunderbirds qui, au début des années 2000, à donné à Fender  l’autorisation de lancer la production d’une centaine de répliques.


 

Eric Clapton – Gibson SG: The Fool

Eric Clapton, March 25th 1967 RKO Theatre, New York

 

Selon ″ Slow Hand ″, cette fantaisie flashy était une idée de Robert Stigwood. Le manager de Cream souhaitait marquer les esprits avec une image originale du groupe alors sur le point d’entamer sa première tournée aux États-Unis. Contact fut pris avec The Fool, un collectif d’artistes psychédéliques néerlandais connu pour avoir décoré la façade du siège social d’Apple des Beatles et la Rolls Royce de John Lennon. Objectif: concevoir des tenues originales et décorer les instruments des musiciens: la batterie de Ginger Baker, la basse de Jack Bruce et la guitare d’Eric Clapton.
Bruce n’apprécia pas le travail effectué sur sa Fender VI qu’il n’utilisa que lors d’apparitions télévisées. Eric, lui, était fan de sa SG Standard de 1964 au look particulier avec laquelle il joua pour la première fois le 25 mars 1967 au RKO Theatre de New York. C’est là que Cream participa à une série de concerts avec The Who, Wilson Picket et Mitch Ryder. Clapton utilisa cette guitare baptisée The Fool pour la plupart des enregistrements du groupe jusqu’à la séparation en 1968, puis l’offrit à George Harrison. La Gibson passa ensuite entre les mains de Jackie Lomax – alors producteur de Harrison – puis dans celles de Todd Rundgren qui, en 2000, la vendit aux enchères pour environ 150 000 dollars. En 2019, The Fool fut la pièce maîtresse de l’exposition ″ Play It Loud ″ organisée par le Rock and Roll Hall of Fame. En 2023, après avoir été revendue 500 000$ à un collectionneur privé, ce symbole du psychédélisme britannique a été acquis par la Jim Irsay Collection qui rassemble des instruments de musique liés à l’histoire américaine.

 

Gilles de Kerdrel – Écoutons Nos Pochettes

© Source Image: mousedesign.fr

Quatrième de couverture: Objets de culte, de convoitises, de scandales, d’art et de fantasmes, tout a déjà été dit sur les pochettes de disques. Tout sauf ces moments de nos vie auxquels l’une d’entre elle est à jamais liée: une love affair, une révolte, un trip, un égo en devenir… Cette anthologie réunit 33 récits autobiographiques de ceux et celles qui, souvent à l’adolescence ont vu leur vie changée par un disque…


[Vaughan Oliver, designer et graphiste britannique]: ″ Une pochette de disque doit fonctionner comme une porte d’entrée qui vous invite à la traverser ″. Pour ouvrir Écoutons nos Pochettes, Gilles de Kerdrel donne la clef à ses invités. En 140 pages – préfacées par François Gorin – auteurs, éditorialistes, journalistes et artistes racontent pourquoi et comment certaines pochettes de disques ont exercé un pouvoir  mémorable sur le déroulé de leurs existences. Dans cette anthologie, point de rock critics à bagouzes, perfecto et lunettes noires. Les narrateurs s’attardent sur l’importance de ces vinyls qui ont jalonné leurs errances musicales. À mille lieues des affres de la dématérialisation, sincérité et émotion donnent du corps à des moments privilégiés et aux souvenirs parfois jubilatoires d’une époque au cours de laquelle la Musique s’écoutait aussi avec les yeux.
Page 24, à propos du Down by the Jetty de Dr.Feelgood, R. Rosebomb raconte: Une amie proche, musicienne expérimentée, professeure de chant, piano, taï-chi, harpe fourchue, cor anglais et danse contemporaine m’expliquait la subtilité de l’harmonie chez Beethoven. Oui, bon, enfin, lui retorquai-je, le Boum-Boum-Boum-Boum du premier mouvement de la 5ème en ut mineur ressemble étrangement au Boom boom boom boom de John Lee Hooker repris par Dr. Feelgood. Elle n’a rien dit de peur de s’étrangler. Depuis nous ne couchons plus ensemble ″.

Ma pochette à moi: In The Court of the Crimson King de King Crimson. Et la vôtre?


Paru aux éditions Densité, Écoutons nos Pochettes c’est aussi un projet à part entière avec podcasts, cessions de lectures musicales et récits de vie autour de pochettes de disques. Pour en savoir plus: Écoutons Nos Pochettes!