Bill Wyman – Citroën SM

© Photo: Bonhams

 

Pendant que ses camarades Mick Jagger et keith Richards se baladaient en Bentley et autres Aston Martin, Monsieur William George Wyman roulait en Mercedes-Benz 250S. Du moins jusqu’en 1971. Cette année là, les Rolling Stones quittent la Grande-Bretagne pour s’installer en France afin d’échapper au fisc. Jagger s’installe à Paris et Richards à Villefranche-sur-Mer. Bill Wyman préfère Vence. Le 4 juin 1971 à Grasse, le bassiste prend possession d’une Citroën SM. Fruit d’une collaboration entre Citroën et Maserati, la SM était dotée de technologies de pointe. Suspension hydropneumatique à correcteur d’assiette et optiques orientables, entre autres. ″ Dès que j’ai vu la Citroën avec ce moteur V6 de 170 chevaux, j’en suis tombé amoureux et je me suis dit: c’est elle!
Wyman a utilisé la SM quotidiennement durant l’enregistrement d’Exile on Main St pour se rendre à la Villa Nellcôte. La voiture l’a aussi conduit vers les studios parisiens pour les sessions de Some Girls en 1978, de Emotional Rescue en 1980 et de Tattoo You l’année suivante. Avec elle il a également été à Montreux, sillonné les routes d’ Espagne, d’Italie et d’Angleterre à plusieurs reprises. Un gros rouleur le  ″ Boring One ″!


Le 27 mars 1984 le véhicule est importé au Royaume-Uni pour être entreposé au sein de la collection privée du bassiste. Le 1er juillet 2015, après restauration complète en 2014, la Citroën a été acquise par un collectionneur parisien au cours d’enchères organisées par Bonhams: 62 000£!


 

Rosario Ligammari – Sexe & Musique

 

[4ᵉ de Couv] ″ Sexe et musique sont liés. À l’origine, en argot afro-américain, ″ rock’n’roll ″ renvoie à la danse et au sexe. La révolution sexuelle ne se fait pas sans le rock. C’est à travers les musiques populaires que la parole autour de la sexualité se libère, comme quand dans le punk et dans le rap, les femmes revendiquent leur droit au plaisir et lorsque le glam, le disco et la house prônent explicitement la diversité sexuelle. Des artistes les plus subversifs jusqu’aux clips les plus provocants, en passant par les morceaux les plus chauds, les danses suggestives, les pochettes érotiques ou les bandes originales de films, cet ouvrage raconte la musique à travers le prisme du sexe, dans ses perspectives festives et jouissives, mais aussi en tant que pulsation sociétale transgressive ou, au contraire, ultra-conformiste.
En un peu plus de 500 pages, Rosario Lugammari fait la démonstration que le sexe et la musique ont toujours été étroitement liés. Tout commence dans les années 20 avec le blues de Bessie Smith et ses sous-entendus salaces. Puis arrive la soul de Marvin Gaye et de Barry White qui évoquent l’extase de l’amour physique. S’ensuit le rock’n’roll avec un Elvis provocateur qui se présente en tant qu’objet de désir. Le mouvement évolue ensuite vers les fantasmes pop de Madona et le rap agitateur teinté de sexualité phallocentrique.
Gestuelles, propos explicites, vulgarités, provocations, illustrations. Dès lors que réactions virulentes et interdictions tentent de museler le phénomène, l’intérêt de la part du public ne cesse d’augmenter. Ce qui devait porter préjudice aux artistes joue désormais le rôle inverse et fait vendre. La transgression est devenue un business.


Le sujet est épicé mais bien moins racoleur que le titre semble éventuellement le supposer. C’est en effet une étude quasi sociologique, très bien documentée et argumentée, qui se lit très bien et soulève bon nombre de questions, notamment celles sur le plaisir des femmes ″ (Patrick Ducher, auteur mais pas que).


Lu et Approuvé! À ranger soigneusement à côté de:
👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Jacques Morell – Led Zeppelin

© Photo: Jacques Morell

 

Août 1971, Led Zeppelin est en tournée mondiale. Le North American Tour doit assurer la promotion de leur quatrième album. Malheureusement, divers retards entrainent le report de la parution. Sur scène, les nouveaux morceaux sont quand même joués par le groupe et le public est très enthousiaste. En novembre, après une série de concerts triomphaux au Japon, le dirigeable entame le United Kingdom Tour pour retrouver les fans britannique. Les 16 dates sont sold out. Les hostilités débutent le 11 novembre 1971 à Newcastle avec une escale au Free Trade Hall de Manchester le 24 novembre.
Led Zeppelin IV a été commercialisé le 8 novembre. En plus des emblématiques Immigrant Song, Heartbreaker, Since I’ve Been Loving You, Dazed and Confused, Whole Lotta Love et Communication Breakdown, l’auditoire découvre pour la première fois en live Black Dog, Rock and Roll, Going to California et Stairway to Heaven. 
Dans la salle, un photographe de presse et reporter français: Jacques Morell. Durant les années 1970, en tant que collaborateur pour le magazine Best, sa contribution visuelle à l’histoire du rock a été incontournable. C’est pour ce mensuel qu’il a immortalisé quelques-unes des plus célèbres tournées de l’époque.


Le n°42 de Best parait en janvier 1972. Sur la couv, un gros plan de Robert Plant et une accroche: Poster Géant Couleur Zeppelin. Offert sur papier glacé au format 80 x 60 cm, il s’agit du cliché pris par Jacques Morell le 24 novembre 1971 à Manchester.


 

Jeff Beck – Gibson Les Paul Oxblood

Source Image: Verso du Cover art de l’album Blow By Blow – 1974

 

À mi-parcours des seventies, Jeff Beck (1944-2023) a déjà une décennie bien remplie derrière lui. En 1965, il remplace Eric Clapton au sein des Yardbirds. En 1967, il forme le premier Jeff Beck Group avec Rod Stewart au chant et Ron Wood à la basse. Et enfin, l’éphémère Beck-Bogert-Appice  voit le jour en 1972.
Cette année là, le redoutable power trio tourne aux États-Unis. Alors qu’à l’époque Beck joue essentiellement sur Stratocaster, il tombe dans un magasin de Memphis sur une Gibson de 1954. Endommagée, la Les Paul Gold Top avait été restaurée mais aussi modifiée. Micros d’origine remplacés par des humbuckers, manche remis à neuf et une peinture couleur brun chocolat qui lui valu le nom de Oxblood  (sang de bœuf). Tombé sous le charme de la six cordes, Jeff en a fait son instrument principal pour les deux années suivantes. Deux années cruciales dans sa carrière puisque c’est avec cette guitare qu’en 1974 il a enregistré son véritable premier album solo: Blow By Blow. Entièrement instrumental et connoté jazz-rock-fusion, le disque est illustré par une peinture de John Collier représentant Jeff Beck avec sa Les Paul. En janvier 2025 chez Christie’s, la Oxblood  a été adjugée 1,2 millions d’euros!


En 1974, après la dissolution de BBA, le guitariste avait été sollicité par les Rolling Stones pour remplacer Mick Taylor. Sans grande conviction il passa une journée à jouer du blues avec le groupe avant de réaliser que leurs styles musicaux étaient totalement incompatibles. Dans une interview Jeff Beck déclara : ″ Keith Richards et moi, on ne se serait jamais entendus ″.


 

Dion – The Wanderer

 

[Extrait]: Les années 50 ont vu déferler sur les USA une vague de groupes vocaux noirs – souvent météoriques – issus du gospel. Ce fut la déferlante doo-wop. À l’orée des sixties, juste avant le tsunami britpop, les italo-américains ont eu leur moment de gloire grâce à de bons vocalistes. Ce fut le cas de Dion DiMucci. Avec un timbre de voix séduisant, une gueule d’ange à la John Kennedy, un look soigné et un sourire ultrabright, Dion a réussi à placer une douzaine de chansons dans le top 40, dont The Wanderer. Parue en 1961, cette niaiserie de pop sentimentale sera adaptée en français, quasiment mot pour mot, par Richard Antony en 1962…
Je suis le genre de gars qui ne pense qu’à s’amuser. Je vais de gauche à droite, je cours de fille en fille. Je vous l’avoue, c’est mon grand péché. On m’appelle le vagabond ″…
En 1984, Status Quo est en sursis. Ils sont contractuellement tenus de sortir une compilation et un 45 tours. À court d’inspiration Rossi et Parfitt décident d’enregistrer une reprise. Par dépit, le choix se porte sur The Wanderer. Jackpot ! Le single sort en octobre et campe un temps en tête des charts européens.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Jim Morrison – Miami Vice

Source Image: Wikipedia

 

Mars 1969, Les Doors entament une tournée de 19 dates qui débute à Miami. Bourré, Jim Morrison a raté son avion. Il arrive sur scène avec plus d’une heure de retard. Tenant à peine debout, incapable de chanter, il interrompt le set à plusieurs reprises pour  insulter le public et tenir des propos anarchistes.
Le 5 mars, deux jours après cette prestation catastrophique, Robert Jennings qui travaille au bureau du Procureur de l’Etat, porte plainte. Il prétend que durant le concert le chanteur a défait son futal et simulé une masturbation. Aussitôt, la machine judiciaire de Floride se met en branle – si j’ose dire – sous couvert de plusieurs chefs d’accusation: obscénité, exhibitionnisme, injures, ivresse publique et incitation à la violence.
Le procès débute le 12 août 1970. L’axe de la défense de Morrison c’est la liberté artistique. L’accusation, elle, ne dispose d’aucune preuve de l’exhibition et les témoins se contredisent. Finalement, le 20 septembre 1970, le jury déclare The lizard King innocent de comportement obscène, innocent d’ivresse publique mais coupable d’exhibitionnisme et d’outrage aux bonnes mœurs.
Le 30 octobre 1970, le verdict est prononcé: 500 dollars d’amende et 8 mois de prison ferme au lieu des 3 ans encourus. Jim est libre après versement d’une caution de 50 000 dollars et son avocat fait immédiatement appel de la décision. Dans l’attente de la révision de son procès, Jim Morrison s’installe à Paris où il meurt dans des circonstances douteuses le 3 juillet 1971. De fait, ses problèmes juridiques sont réglés une bonne fois pour toutes.


Il faudra attendre le 9 décembre 2010 pour que Charlie Crist, gouverneur de Floride, prononce la grâce de l’Amercian Prayer. Selon lui, une personne décédée avant que son appel ait lieu ne peut être reconnue coupable.


 

Paul McCartney – Violin Bass

© Photo: Jimmy Baikovicius – Flickr

 

La marque Höfner voit le jour en 1887. Fondée par le luthier allemand Karl Höfner, la maison fabrique des violons, des violoncelles et des contrebasses. Lorsque dans les années 50 la société se tourne vers les guitares électriques, elle conserve l’approche méticuleuse réservée aux instruments classiques : collage à la main, filets incrustés et sélection des bois pour leur résonance naturelle. C’est ce savoir-faire artisanal hérité de la lutherie européenne qui se retrouvera jusque dans la conception de la fameuse Violin Bass.
Sortie en 1956, la Höfner 500/1 aborde  dans un monde dominé par Fender et ses basses massives. Quand l’américaine s’appuie sur la puissance et la solidité, l’allemande devient un instrument délicat et léger. Semi acoustique, son corps creux lui confère une chaleur et une douceur rares. Là où la Fender Precision vrombit, la Höfner chante.
En 1961, les Beatles jouent huit heures par nuit dans les clubs des quartiers sulfureux de Hambourg. Le jeune Paul McCartney découvre la quatre cordes dans la vitrine d’un magasin de musique. Il est aussitôt frappé par sa symétrie : enfin une basse qu’il peut jouer sans avoir à adapter un montage pour gaucher. Son prix est aussi un argument décisif : environ 30 livres sterling. Il l’essaie et c’est surtout la jouabilité de l’instrument qui domine et qui fera dire à Paul: ″ c’était la première basse qui me semblait faite pour moi. Et comme elle avait cette forme de violon, elle avait aussi quelque chose de noble ″. Adjugée! C’est cette hollow-body qui donnera à ″ Macca ″ la possibilité de s’exprimer librement tout au long de sa carrière de bassiste. Ou presque.
En 1972, la première Höfner de Paul McCartney a été dérobée dans un van des Wings dans le quartier de Notting Hill à Londres. Pendant plus d’un demi-siècle, elle disparaît des radars, nourrissant les rumeurs les plus folles. En 2023, Höfner et une équipe de journalistes lancent le  ″ Lost Bass Project ″. Un appel à témoins mondial qui, en février 2024, se solde par un petit miracle. La basse réapparaît, retrouvée avec son étui d’origine dans un grenier de Hastings dans le Sussex. Authentifiée par son fabriquant, elle a été restaurée, remise en état de marche et restituée à son propriétaire. Paul a ainsi pu rejouer de cette Violin Bass sur la scène de l’O2 Arena de Londres le 19 décembre 2024.


Paul MacCartney ne se contentait pas de marquer le tempo: il racontait une histoire. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter entre autres Something, Come Together ou Penny Lane. Avec un son à la fois rond, souple et organique, les lignes de basse y deviennent mélodiques, sensuelles et presque lyriques.


Lucas Fox – Motörhead In and Out

 

Plus que le premier batteur de Motörhead, il fut un élément déterminant de la création du groupe quand Lemmy Kilmister s’est fait vier de Hawkwind. Avec In and Out, Lucas Fox nous plonge dans des aventures exubérantes émaillées de moments plus surprenants les uns que les autres. Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin. l’auteur puise ses souvenirs pour raconter l’histoire d’une amitié sincère. Celle qui unit deux musiciens paumés en quête d’une identité musicale. Amitié qui donnera naissance de l’une des plus grandes formations de l’histoire du rock. Même si quelques mois plus tard Fox ne fera plus partie de l’aventure.
″ Lem ″ est partout bien sûr, mais ce qu’écrit ″ Lou ″ n’est pas un ouvrage sur Motörhead. Les 400 pages se lisent comme un journal intime. Un parcours qui, de vie de bohème en projets foireux aboutira finalement à une carrière de producteur et d’organisateur internationalement reconnu. L’auteur francophone évoque au passage le Swinging London. Période cours de laquelle il assiste aux premiers concerts de Jimi Hendrix, Pink Floyd ou Led Zeppelin. De la fin des sixties au mitan des années 70 il se ballade au volant d’une Renault 4L au cœur d’une ville en plein mutation. Entre psychédélisme béat, glam clinquant, punktitude rebelle et reggae enfumé, il fait le constat que les relations entre les musiciens évoluent en subissant la pression du music business. Ce récit truffé d’anecdotes savoureuses prend une valeur historique qui va bien au-delà de la Genèse de Motörhead.


Lu et approuvé! Motörhead In and Out est avant tout l’autobiographie de Lucas Fox. C’est aussi une mine d’informations indispensables à la compréhension du personnage de Lemmy. C’est enfin et surtout un témoignage fidèle sur une époque labellisée Sex & Drugs & Rock & Roll.


 

Uli Jon Roth – Sky Guitars

© Photo: Screenshot Uli Jon Roth – Little Wing (Live in Japan)

 

En 1974 Michael Schenker quitte Scorpions pour rejoindre UFO. Il est remplacé par Uli John Roth qui devient le guitariste soliste et l’un des compositeurs de la formation alors en pleine ascension. À cette époque, le natif de Düsseldorf se distingue par un jeu très influencé par par le gaucher de Seattle qu’il exprime essentiellement à l’aide d’une Fender Stratocaster. Mais celui que l’on surnomme déjà le Jimi Hendrix allemand se sent vite à l’étroit dans un répertoire qui fait la part belle au hard rock contemporain. Il souhaite plutôt vers des œuvres originales, loin des standards commerciaux, et donner une dimension musicale psychédélique et cosmique à certaines œuvres inspirées par les grands compositeurs classiques.
En 1978, Roth s’émancipe donc du groupe de Klaus Meine à la Musifin de la tournée mondiale retracée dans l’album live Tokyo Tapes et fonde son propre groupe: Electric Sun. La même année il fait la connaissance d’Andréas Demetriou, un luthier de Brighton, avec lequel il élabore un nouveau concept de guitares, à mille lieues des courants habituels.
Afin de pouvoir approcher les notes aiguës d’un violon, les Sky Guitar sont dotées de frettes supplémentaires sur des manches scallopés, permettant ainsi au musicien de développer une fusion unique de musique classique et de rock. Cinq versions de cet instrument sont créées: trois à six cordes et deux à sept cordes afin de renforcer les basses. Immédiatement identifiables en raison d’un design particulier en forme de ″ S ″, toutes sont dotées d’une technologie permettant le contrôle de l’ampli directement depuis la guitare. Pour l’occasion, John Oram, technicien et ingénieur du son, met au point des micros offrant un un haut niveau de sortie, un son riche et un sustain remarquable.


En 1986, Roth décide d’abandonner le nom d’Electric Sun et de se produire sous son propre nom. En 2107, il fonde Sky Guitars et fait appel à Boris Dommenget, un maître luthier allemand qui fabriquera entièrement à la main un chef-d’œuvre à deux manches. Cette Mighty New Dawn combine une guitare acoustique à 7 cordes nylon et une électrique également à sept cordes.


 

Marcel Mouchet – Mitterand/Kohl

© Photo:Marcel Mochet/AFP

22 septembre 1984. Commémoration marquant les 70 ans de la Première Guerre mondiale. Alors qu’ils se recueillent côte à côte devant l’ossuaire de Douaumont dans la Meuse, le président Français et le Chancelier Allemand font quelque chose d’inimaginable.
Devant près de 4.000 personnes présentes sur l’un des plus sanglants champs de bataille de la ″ Grande Guerre ″. François Mitterrand prend la main de Helmut Kohl. Ce geste, devenu depuis le symbole de la Réconciliation Franco-Allemande n’était pas prémédité ont assuré par la suite les deux hommes et leurs entourages. Il n’était en tout cas pas prévu par le protocole encadrant la cérémonie.


Nous n’en avions pas parlé le moins du monde. Mais nous trouvant debout devant le cercueil symbolique qui représentait nos soldats morts sur le champ d’honneur, instinctivement, je me suis tourné vers lui, je lui ai tendu la main. Sa main est venue en même temps. Nous avons scellé la réconciliation franco-allemande de cette façon visible, sensible et croyez moi profondément ressentie.″ François Mitterrand, 1992.