Eric Clapton – Gibson SG: The Fool

Eric Clapton, March 25th 1967 RKO Theatre, New York

 

Selon ″ Slow Hand ″, cette fantaisie flashy était une idée de Robert Stigwood. Le manager de Cream souhaitait marquer les esprits avec une image originale du groupe alors sur le point d’entamer sa première tournée aux États-Unis. Contact fut pris avec The Fool, un collectif d’artistes psychédéliques néerlandais connu pour avoir décoré la façade du siège social d’Apple des Beatles et la Rolls Royce de John Lennon. Objectif: concevoir des tenues originales et décorer les instruments des musiciens: la batterie de Ginger Baker, la basse de Jack Bruce et la guitare d’Eric Clapton.
Bruce n’apprécia pas le travail effectué sur sa Fender VI qu’il n’utilisa que lors d’apparitions télévisées. Eric, lui, était fan de sa SG Standard de 1964 au look particulier avec laquelle il joua pour la première fois le 25 mars 1967 au RKO Theatre de New York. C’est là que Cream participa à une série de concerts avec The Who, Wilson Picket et Mitch Ryder. Clapton utilisa cette guitare baptisée The Fool pour la plupart des enregistrements du groupe jusqu’à la séparation en 1968, puis l’offrit à George Harrison. La Gibson passa ensuite entre les mains de Jackie Lomax – alors producteur de Harrison – puis dans celles de Todd Rundgren qui, en 2000, la vendit aux enchères pour environ 150 000 dollars. En 2019, The Fool fut la pièce maîtresse de l’exposition ″ Play It Loud ″ organisée par le Rock and Roll Hall of Fame. En 2023, après avoir été revendue 500 000$ à un collectionneur privé, ce symbole du psychédélisme britannique a été acquis par la Jim Irsay Collection qui rassemble des instruments de musique liés à l’histoire américaine.

 

Gilles de Kerdrel – Écoutons Nos Pochettes

© Source Image: mousedesign.fr

Quatrième de couverture: Objets de culte, de convoitises, de scandales, d’art et de fantasmes, tout a déjà été dit sur les pochettes de disques. Tout sauf ces moments de nos vie auxquels l’une d’entre elle est à jamais liée: une love affair, une révolte, un trip, un égo en devenir… Cette anthologie réunit 33 récits autobiographiques de ceux et celles qui, souvent à l’adolescence ont vu leur vie changée par un disque…


[Vaughan Oliver, designer et graphiste britannique]: ″ Une pochette de disque doit fonctionner comme une porte d’entrée qui vous invite à la traverser ″. Pour ouvrir Écoutons nos Pochettes, Gilles de Kerdrel donne la clef à ses invités. En 140 pages – préfacées par François Gorin – auteurs, éditorialistes, journalistes et artistes racontent pourquoi et comment certaines pochettes de disques ont exercé un pouvoir  mémorable sur le déroulé de leurs existences. Dans cette anthologie, point de rock critics à bagouzes, perfecto et lunettes noires. Les narrateurs s’attardent sur l’importance de ces vinyls qui ont jalonné leurs errances musicales. À mille lieues des affres de la dématérialisation, sincérité et émotion donnent du corps à des moments privilégiés et aux souvenirs parfois jubilatoires d’une époque au cours de laquelle la Musique s’écoutait aussi avec les yeux.
Page 24, à propos du Down by the Jetty de Dr.Feelgood, R. Rosebomb raconte: Une amie proche, musicienne expérimentée, professeure de chant, piano, taï-chi, harpe fourchue, cor anglais et danse contemporaine m’expliquait la subtilité de l’harmonie chez Beethoven. Oui, bon, enfin, lui retorquai-je, le Boum-Boum-Boum-Boum du premier mouvement de la 5ème en ut mineur ressemble étrangement au Boom boom boom boom de John Lee Hooker repris par Dr. Feelgood. Elle n’a rien dit de peur de s’étrangler. Depuis nous ne couchons plus ensemble ″.

Ma pochette à moi: In The Court of the Crimson King de King Crimson. Et la vôtre?


Paru aux éditions Densité, Écoutons nos Pochettes c’est aussi un projet à part entière avec podcasts, cessions de lectures musicales et récits de vie autour de pochettes de disques. Pour en savoir plus: Écoutons Nos Pochettes!


 

 

 

Dan Armstrong: See Through Guitars

© Source Image: Album Cover Art: The Rolling Stones-Going Back To The Roots. Vinyl Gang Production

 

À la fin des années 60, la société Ampeg, surtout spécialisée dans la production d’amplificateurs de basses, rencontre des difficultés et souhaite conquérir de nouvelles part de marché en élargissant son activité. En 1968, l’entreprise du New Jersey rachète Grammar Guitars – une société de Nashville spécialisée dans la fabrication de guitares acoustiques – et embauche des consultants afin de renforcer son attractivité.
Parmi les nouveaux venus, Dan Armstrong (1934-2004), guitariste, luthier et musicien de studio newyorkais qui suggère à la marque de se concentrer sur la fabrication de guitares électriques et propose un nouveau concept original. Le projet consiste en un corps de guitare fabriqué en acrylique et associé à un manche en érable. Autre nouveauté: des micros conçus par Bill Lawrence. Très facilement interchangeables, ces électroniques disponibles en versions aigües ou graves offrent la possibilité aux musiciens d’adopter des sonorités rock, country ou jazz.
Ainsi, le catalogue Ampeg de 1969 propose pour la première fois les nouvelles guitares et basses ″ See-Through ″ (traduction: voir au travers). Cette quête d’originalité a sans aucun doute donné naissance à un instrument à l’esthétique singulière, mais Dan souhaitait surtout exploiter ce qu’il considérait comme les avantages d’un matériau massif qui, bien que difficile à usiner et lourd, offrait un sustain exceptionnel. 
Quand Keith Richards a essayé son exemplaire sur scène il a tout de suite adoré le son, le confort de jeu et la façon dont les lumières jouaient avec la matière transparente. Il n’a pas été le seul. De nombreux guitaristes se sont laissés séduire: David Bowie, Johnny Thunders, Lou Reed, Phil Lynott, Joe Walsh, Ron Wood, Randy Rhoads, Joe Perry et beaucoup d’autres. Aujourd’hui encore, des artistes comme John Frusciante (Red Hot Chili Peppers), Justin Hawkins (The Darkness) ou Dave Grohl (Foofigthers) jouent occasionnellement de l’acrylique.


Fender avait déjà fabriqué une Stratocaster entièrement en plexy pour les salons professionnels. Il s’agissait d’un simple outil marketing de démonstration qui n’a jamais été commercialisé en tant que modèle de la marque. Après une brève période de production (de 1969 à 1971), l’Ampeg Dan Armstrong a fait l’objet de rééditions en 1998 et en 2006.


 

Alvin Lee – Gibson ES 335: The Big Red

© Photo: Jim Summaria. Alvin lee à Chicago en 1975

Au milieu des années 1960, la réputation de Alvin Lee (1944-2013) n’avait pas encore eu d’impact significatif outre-Atlantique. En 1964, le guitariste/chanteur joue avec The Jaybirds et pour 45£ il achète dans un magasin de Nottingham une Gibson ES-335 Cherry Red de 1959.
Comme il aime bidouiller l’électronique il commence à apporter des modifications à celle qui allait devenir un peu plus tard ″ The Big Red ″. Il supprime les capots des micros humbuckers Gibson pour obtenir un son plus incisif et, entre les deux, il ajoute un micro de Fender Startocaster associé à une commande de volume dédiée. Il remplace également le vibrato Bigsby d’origine par un cordier fixe.
En 1967, Alvin Lee, Leo Lyons, Chick Churchill et Ric Lee adoptent le nom de Ten Years After et c’est en avril 1968 que l’un des premiers des 11 autocollants vient orner le haut de la Gibson: le fameux Peace Symbol qui accompagnera Alvin Lee tout au long de sa carrière.
En août 1969 dans l’état de New-York, TYA se produit lors de la dernière soirée du festival de Woodstock. Le guitariste britannique monte sur scène et offre au public une véritable leçon de rock’n’roll. Son arme? Un jeu envoûtant mêlant passion et virtuosité dont la vélocité sans précédent parvient à hypnotiser les 500 000 festivaliers et à conduire le fan d’Elvis et de Scotty Moore au panthéon des dieux de la six cordes.
En 1972 au cours d’un concert au Marquee à Londres, Alvin casse le manche de sa six cordes. Big Red est envoyée aux États-Unis pour remise en état. Gibson décide de remplacer le manche et la tête plutôt que de tenter une réparation. La nouvelle pièce est dotée de repères rectangulaires, en lieu et place des points de la touche d’origine. Les techniciens en profitent pour appliquer un vernis sur la caisse, fixant ainsi à jamais les huit stickers existants alors. 
Alvin Lee déclara un jour que la Gibson ES-335 était ″ le meilleur investissement que j’aie jamais fait ″. Même si  à Woodstock il la jeta négligemment au sol à la fin de I’m Going Home, il a toujours traité sa ″ Big Red ″ avec respect, changeant les cordes avant chaque concert et l’entretenant avec une méticulosité extrême.


Dans une interview Alvin Lee racontait avoir reçu une offre de un demi-million de livres sterling pour sa ″ Big Red ″. De peur d’être la victime de la folie du marché des objets de collection et du vintage, ″ Captain Speed Fingers ″ n’osait plus ressortir son instrument fétiche lors de ses dernières tournées. De fait, un autre morceau de l’histoire du rock se retrouva au coffre, remisé dans son étui. Jusqu’à quand?


 

Roy Orbison – Oh Pretty Woman

 

Même quand il se produisait sur scène avec son groupe, Roy Orbison ne parvenait pas à coller à la tendance du moment. Sa timidité maladive lui interdisait d’adopter les postures et gesticulations en vogue. Il se forçait et se trouvait ridicule. Au point que, pendant un moment, il mit de côté son rôle de chanteur pour se consacrer à la composition au service d’autres artistes.
En 1960, il signe avec le label Monument et enregistre Only the Lonely, une romance lyrique qu’il supervise de bout en bout et qui se retrouve n°2 au Billbord. Motivé par ce succès, il enchaîne dès lors un nombre impressionnant de tubes.
1964, alors qu’il est chez lui et travaille avec son partenaire et compositeur Bill Dees, son épouse Claudette entre et annonce se rendre en ville pour faire du shopping. Roy lui demande si elle a besoin d’argent, et Dees de plaisanter : ″ Une jolie femme n’a jamais besoin d’argent ″… Inspiré, Orbison commence à fredonner: ″ Pretty woman, walking down the street ″…
Oh, Pretty Woman est composé et enregistré en deux semaines pour paraître en single le 15 août 1964. Alors que le titre grimpe dans les charts, Roy découvre que sa femme le trompe et demande le divorce. En 1966, ils se réconcilient et se remarient, mais deux mois plus tard, Claudette est tuée dans un accident de moto. En 1968, alors que le chanteur est en tournée, ses deux fils aînés meurent dans un incendie, chez lui…
Oh Pretty Woman fut le dernier grand succès de Roy Orbison. Longtemps en sommeil, sa carrière est relancée dans les années 80 lorsque certains artistes le citent en tant qu’influence majeure et l’invitent à rejoindre divers projets tels que The Travelling Wilburys avec Bob Dylan, Tom Petty, George Harrison et Jeff Lynne. En 1990, la chanson se retrouve à l’honneur sur le titre et la bande son du film Pretty Woman, avec, dans les rôles principaux Julia Roberts et Richard Gere.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Keith Moon – Ferrari Dino 246

 

Keith Moon (1946-1978), batteur des Who, était le clown le plus déjanté du Rock And Roll Circus. Parfois, à la fin des concerts, il lui arrivait de réduire son kit à néant. Lors des tournées, ce doux dingue prenait également un malin plaisir à terroriser le personnel des hôtels en dynamitant les toilettes, en ruinant sa chambre à coups de hache ou en balançant des téléviseurs par la fenêtre. Entre autres! De quoi entretenir une solide réputation de destructeur patenté capable à l’occasion de se jeter dans une piscine au volant d’une Rolls.
D’après Pete Townsend, cette légende viendrait de deux incidents distincts. Au cours du premier, Keith avait oublié de serrer le frein à main et le véhicule a dévalé la pente pour atteindre une piscine en construction, donc vide. Dans le second, il voulait imputer le coût d’un nouveau jouet à quatre roues au budget du groupe. Devant le refus du management, ″ Moonie ″ a alors précipité sa Chrysler Wimbledon dans le bassin ornemental de son jardin et a appelé le concessionnaire pour qu’il vienne la récupérer.
Tout cela reste un peu flou. Par contre, ce qui est arrivé à sa Ferrari Dino 246 est beaucoup plus clair et, curieusement, ce n’est pas lui qui l’a massacrée. Quelques semaines seulement après l’avoir achetée et alors qu’il est dans son pub habituel, le Golden Grove, il rencontre deux motards sympas qui souhaitent essayer le bolide. Généreux et confiant le batteur leur passe les clés. Malheureusement, les gars n’ont pas vu le panneau signalant des travaux et sont partis aux pâquerettes. On ignore ce qu’il est advenu de la Dino de Moon après l’accident, mais le plus probable est que, réduite à l’état d’épave, elle ait été mise à la casse.

Poison Ivy – Gretsch 6120

© Photo: Clayton Call

 

Formé par le chanteur Erick Lee Purkhiser et la guitariste Kristy Marlana Wallace, The Cramps émergent au printemps 1975 en proposant une fusion unique mêlant le rock et le rockabilly des années 50 aux sonorités punk débridées de l’époque. Sous les pseudos respectifs de Lux Interior et Poison Ivy, les membres fondateurs se définissent eux-mêmes comme les porte-parole d’une contre-culture américaine qui fait la part belle à la violence, au sexe et aux drogues. Outre ces outrances, c’est également la présence de Kristy qui attire l’attention et marque les esprits par ses tenues et attitudes provocantes mais aussi et surtout par son jeu radical.
La ″ Poison ″ fait ses débuts avec une gratte Lewis à corps plein, équipée d’un vibrato de type Bigsby et dotée d’un manche plat, large et confortable. Lors d’un concert à Paris, l’instrument est cassé durant une bousculade. C’était en 1985, date à laquelle la miss flashait sur une autre six cordes qui ne la quittera quasiment plus: une Gretsch 6120. Ce modèle réputé pour sa sonorité brillante deviendra emblématique du style de Poison Ivy, très influencée par Link Wray et Duane Eddy. La caisse creuse contribuait à une réverbération naturelle idéale pour un son aérien riche en écho. Les micros réglés près des cordes à fort tirant offraient un niveau de sortie élevé, idéal pour obtenir le mordant grâce auquel elle assurait les parties rythmiques et les solos au sein des Cramps.


Poison Yvy utilisait occasionnellement une Gibson ES-295. Sur scène, elle disposait d’une réédition de la Gretsch 6120 plus récente mais uniquement en cas de besoin. Adepte des instruments au look original, elle eut également entre les mains une Danelectro Longhorn, une Ampeg Dan Armstrong et une National Newport. 


 

David Gilmour – The Black Strat

Source Image: Screenshot Comfortably Numb Live at Pompeii 2016

 

En avril 1970, Pink Floyd entame sa tournée américaine au Fillmore East de New York. Le 22 mai, après deux concerts à la Nouvelle Orléans, le groupe découvre que le fourgon servant au transport de leur matériel a été volé. Le véhicule est retrouvé mais il manque plusieurs choses, dont la Fender de David Gilmour. Le reste de la tournée est annulé et avant de repartir pour l’Europe, David revient chez Manny’s Music au cœur de la Big Apple et y achète une nouvelle Stratocaster de 1969 (la précédente avait été acquise dans ce même magasin) dont l’habillage Sunbrurst d’origine avait été repeint en noir. Les premières apparitions de cette six cordes datent du fameux Live at Pompéi, le film d’Adrian Maben sorti en 1972.
Tout au long des années 70 la Strat connait de nombreuses modifications. Manche, micros, mécaniques, chevalet, pickguard, tout y passe pour répondre à un besoin insatiable de perfection et d’innovations de la part du guitariste anglais. Finalement, en 1986, elle est mise de côté et prêtée pour être exposée au Hard Rock Cafe de Dallas, au Texas. Elle sera restituée à son propriétaire à la fin des années 1990, mais n’ayant pas été présentée sous vitrine, elle a subi de sérieuses dégradations.
Après restauration, c’est le grand retour de la Black Strat lors de la réunion de Pink Floyd au Live 8 en 2005, puis au cours des tournées solos de Gimour: On an Island en 2006, Rattle That Lock en 2015 et enfin lors du Live at Pompeii des 7 et 8 juillet 2016. De Dark Side of the Moon à The Wall en passant par Wish You Were Here, Dave surplombe de son jeu la quasi-totalité de la discographie de Pink Floyd et de Money à  Shine On You Crazy Diamond en passant par Comfortably Numb, ses solos restent à jamais
indissociables de son feeling émotionnel.


Le 20 juin 2019, la guitare est vendue aux enchères à Jim Irsay – le propriétaire des Indianapolis Colts – pour une somme avoisinant les 4 millions dollars versés au profit de ClientEarth, une organisation caritative environnementale. Le 12 mars 2026, nouvelle vente chez Christie’s. Un anonyme l’achète pour un montant record de 14,5 millions de dollars, faisant de la Black Strat la guitare la plus chère jamais vendue.


 

Billy Gibbons – CadZZilla

 

À l’origine il s’agissait d’une Cadillac Series 62 Sedanette de 1948. Billy Gibbons, le guitariste de ZZ Top, voulait transformer cette voiture classique en quelque chose de futuriste et c’est en faisant appel à plusieurs pointures de la Kustom Kulture que le projet a pu voir le jour. Le designer Larry Erikson s’est occupé de la fluidité des lignes, le légendaire constructeur de Hot Rods Boyd Coddington a ouvert son atelier à la l’élaboration du bolide et Craig Naff a effectué à la main le travail de carrosserie. Ainsi naquit la CadZZilla, nom tiré d’un mot valise composé de Cadillac, ZZ Top et Godzilla. Même la plaque d’immatriculation affiche I8TOKYO  (I HATE TOKYO: en français: je déteste Tokyo) une référence au célèbre monstre du créateur de la franchise Godzilla: Tomoyuki Tanaka.
Les modifications sont radicales. Le toit est abaissé de manière à créer un profil fuyant. Les ailes avant et le capot sont soudés en une seule pièce basculante et les feux arrières intégrés aux ailerons. Sous une robe à la fois élégante et mystérieuse d’un violet profond se cache un puissant V8 Cadillac de 500 chevaux à double carburateur.
Pour arriver à ce résultat, Billy a déboursé quasiment 1 000 000 de dollars. La CadZZilla est devenue mondialement célèbre dans le monde du Hot Rod et, en 1990, elle a également illustré le cover art de l’album Recycler (Pas le meilleur, loin de là!) qui comporte le titre Doubleback écrit pour le film Retour Vers le Futur 3.

George Thorogood – Gibson ES 125

© Source Image: Cover Art – George Thorogood & The Destroyers – Live ’99

Fabriquée dès les années 40, la Gibson ES 125 offrait pour un prix modeste une qualité sonore hors du commun pour l’époque. Alors qu’elle n’était plus produite depuis les années 70, George Thorogood tombe par hasard sur l’un de ces modèles en stock chez un prêteur sur gage et il raconte: ″ J’étais fauché, je n’avais que 200 dollars, on avait un concert de prévu, et cette guitare me convenait. Je l’ai prise parce que j’avais l’habitude de jouer en acoustique ″.
Cette semi-acoustique donne du corps à un son énorme sorti des entrailles de son imposante caisse de résonance à pan florentin. Pendant des années, c’est la seule guitare que le musicien trimballe sur scène. Depuis une apparition en première partie des Rolling Stones en 1981, George Thorogood, véritable passionné de blues rock authentique, entre dans le cœur du public grâce son jeu de slide puissant et énergique appliqué à des standards savamment maîtrisés.
Dès lors, les tournées s’enchainent pour le guitariste du Delaware qui ne ménage pas son instrument favori et chaque remise en état coûte une petite fortune. Thorogood fait donc appel à Epiphone – filiale de Gibson depuis 1957 – pour que soit fabriquée une réplique sur mesure de sa six cordes. Chose faite. À force de réparations et de modifications pour trouver le son parfait, la marque devra lui en fournir une bonne dizaine d’exemplaires pour qu’il puisse se produire partout dans le monde avec son groupe The Destroyers.


Il n’empêche que quand le grand fan de baseball qu’est George compare les copies à son ES 125 usée jusqu’à l’os, il n’y va pas par quatre chemins: ″ avec ma Gibson c’est comme envoyer une balle dans les tribunes supérieures ″.