Dan Armstrong: See Through Guitars

© Source Image: Album Cover Art: The Rolling Stones-Going Back To The Roots. Vinyl Gang Production

 

À la fin des années 60, la société Ampeg, surtout spécialisée dans la production d’amplificateurs de basses, rencontre des difficultés et souhaite conquérir de nouvelles part de marché en élargissant son activité. En 1968, l’entreprise du New Jersey rachète Grammar Guitars – une société de Nashville spécialisée dans la fabrication de guitares acoustiques – et embauche des consultants afin de renforcer son attractivité.
Parmi les nouveaux venus, Dan Armstrong (1934-2004), guitariste, luthier et musicien de studio newyorkais qui suggère à la marque de se concentrer sur la fabrication de guitares électriques et propose un nouveau concept original. Le projet consiste en un corps de guitare fabriqué en acrylique et associé à un manche en érable. Autre nouveauté: des micros conçus par Bill Lawrence. Très facilement interchangeables, ces électroniques disponibles en versions aigües ou graves offrent la possibilité aux musiciens d’adopter des sonorités rock, country ou jazz.
Ainsi, le catalogue Ampeg de 1969 propose pour la première fois les nouvelles guitares et basses ″ See-Through ″ (traduction: voir au travers). Cette quête d’originalité a sans aucun doute donné naissance à un instrument à l’esthétique singulière, mais Dan souhaitait surtout exploiter ce qu’il considérait comme les avantages d’un matériau massif qui, bien que difficile à usiner et lourd, offrait un sustain exceptionnel. 
Quand Keith Richards a essayé son exemplaire sur scène il a tout de suite adoré le son, le confort de jeu et la façon dont les lumières jouaient avec la matière transparente. Il n’a pas été le seul. De nombreux guitaristes se sont laissés séduire: David Bowie, Johnny Thunders, Lou Reed, Phil Lynott, Joe Walsh, Ron Wood, Randy Rhoads, Joe Perry et beaucoup d’autres. Aujourd’hui encore, des artistes comme John Frusciante (Red Hot Chili Peppers), Justin Hawkins (The Darkness) ou Dave Grohl (Foofigthers) jouent occasionnellement de l’acrylique.


Fender avait déjà fabriqué une Stratocaster entièrement en plexy pour les salons professionnels. Il s’agissait d’un simple outil marketing de démonstration qui n’a jamais été commercialisé en tant que modèle de la marque. Après une brève période de production (de 1969 à 1971), l’Ampeg Dan Armstrong a fait l’objet de rééditions en 1998 et en 2006.


 

Alvin Lee – Gibson ES 335: The Big Red

© Photo: Jim Summaria. Alvin lee à Chicago en 1975

Au milieu des années 1960, la réputation de Alvin Lee (1944-2013) n’avait pas encore eu d’impact significatif outre-Atlantique. En 1964, le guitariste/chanteur joue avec The Jaybirds et pour 45£ il achète dans un magasin de Nottingham une Gibson ES-335 Cherry Red de 1959.
Comme il aime bidouiller l’électronique il commence à apporter des modifications à celle qui allait devenir un peu plus tard ″ The Big Red ″. Il supprime les capots des micros humbuckers Gibson pour obtenir un son plus incisif et, entre les deux, il ajoute un micro de Fender Startocaster associé à une commande de volume dédiée. Il remplace également le vibrato Bigsby d’origine par un cordier fixe.
En 1967, Alvin Lee, Leo Lyons, Chick Churchill et Ric Lee adoptent le nom de Ten Years After et c’est en avril 1968 que l’un des premiers des 11 autocollants vient orner le haut de la Gibson: le fameux Peace Symbol qui accompagnera Alvin Lee tout au long de sa carrière.
En août 1969 dans l’état de New-York, TYA se produit lors de la dernière soirée du festival de Woodstock. Le guitariste britannique monte sur scène et offre au public une véritable leçon de rock’n’roll. Son arme? Un jeu envoûtant mêlant passion et virtuosité dont la vélocité sans précédent parvient à hypnotiser les 500 000 festivaliers et à conduire le fan d’Elvis et de Scotty Moore au panthéon des dieux de la six cordes.
En 1972 au cours d’un concert au Marquee à Londres, Alvin casse le manche de sa six cordes. Big Red est envoyée aux États-Unis pour remise en état. Gibson décide de remplacer le manche et la tête plutôt que de tenter une réparation. La nouvelle pièce est dotée de repères rectangulaires, en lieu et place des points de la touche d’origine. Les techniciens en profitent pour appliquer un vernis sur la caisse, fixant ainsi à jamais les huit stickers existants alors. 
Alvin Lee déclara un jour que la Gibson ES-335 était ″ le meilleur investissement que j’aie jamais fait ″. Même si  à Woodstock il la jeta négligemment au sol à la fin de I’m Going Home, il a toujours traité sa ″ Big Red ″ avec respect, changeant les cordes avant chaque concert et l’entretenant avec une méticulosité extrême.


Dans une interview Alvin Lee racontait avoir reçu une offre de un demi-million de livres sterling pour sa ″ Big Red ″. De peur d’être la victime de la folie du marché des objets de collection et du vintage, ″ Captain Speed Fingers ″ n’osait plus ressortir son instrument fétiche lors de ses dernières tournées. De fait, un autre morceau de l’histoire du rock se retrouva au coffre, remisé dans son étui. Jusqu’à quand?


 

Roy Orbison – Oh Pretty Woman

 

Même quand il se produisait sur scène avec son groupe, Roy Orbison ne parvenait pas à coller à la tendance du moment. Sa timidité maladive lui interdisait d’adopter les postures et gesticulations en vogue. Il se forçait et se trouvait ridicule. Au point que, pendant un moment, il mit de côté son rôle de chanteur pour se consacrer à la composition au service d’autres artistes.
En 1960, il signe avec le label Monument et enregistre Only the Lonely, une romance lyrique qu’il supervise de bout en bout et qui se retrouve n°2 au Billbord. Motivé par ce succès, il enchaîne dès lors un nombre impressionnant de tubes.
1964, alors qu’il est chez lui et travaille avec son partenaire et compositeur Bill Dees, son épouse Claudette entre et annonce se rendre en ville pour faire du shopping. Roy lui demande si elle a besoin d’argent, et Dees de plaisanter : ″ Une jolie femme n’a jamais besoin d’argent ″… Inspiré, Orbison commence à fredonner: ″ Pretty woman, walking down the street ″…
Oh, Pretty Woman est composé et enregistré en deux semaines pour paraître en single le 15 août 1964. Alors que le titre grimpe dans les charts, Roy découvre que sa femme le trompe et demande le divorce. En 1966, ils se réconcilient et se remarient, mais deux mois plus tard, Claudette est tuée dans un accident de moto. En 1968, alors que le chanteur est en tournée, ses deux fils aînés meurent dans un incendie, chez lui…
Oh Pretty Woman fut le dernier grand succès de Roy Orbison. Longtemps en sommeil, sa carrière est relancée dans les années 80 lorsque certains artistes le citent en tant qu’influence majeure et l’invitent à rejoindre divers projets tels que The Travelling Wilburys avec Bob Dylan, Tom Petty, George Harrison et Jeff Lynne. En 1990, la chanson se retrouve à l’honneur sur le titre et la bande son du film Pretty Woman, avec, dans les rôles principaux Julia Roberts et Richard Gere.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Keith Moon – Ferrari Dino 246

 

Keith Moon (1946-1978), batteur des Who, était le clown le plus déjanté du Rock And Roll Circus. Parfois, à la fin des concerts, il lui arrivait de réduire son kit à néant. Lors des tournées, ce doux dingue prenait également un malin plaisir à terroriser le personnel des hôtels en dynamitant les toilettes, en ruinant sa chambre à coups de hache ou en balançant des téléviseurs par la fenêtre. Entre autres! De quoi entretenir une solide réputation de destructeur patenté capable à l’occasion de se jeter dans une piscine au volant d’une Rolls.
D’après Pete Townsend, cette légende viendrait de deux incidents distincts. Au cours du premier, Keith avait oublié de serrer le frein à main et le véhicule a dévalé la pente pour atteindre une piscine en construction, donc vide. Dans le second, il voulait imputer le coût d’un nouveau jouet à quatre roues au budget du groupe. Devant le refus du management, ″ Moonie ″ a alors précipité sa Chrysler Wimbledon dans le bassin ornemental de son jardin et a appelé le concessionnaire pour qu’il vienne la récupérer.
Tout cela reste un peu flou. Par contre, ce qui est arrivé à sa Ferrari Dino 246 est beaucoup plus clair et, curieusement, ce n’est pas lui qui l’a massacrée. Quelques semaines seulement après l’avoir achetée et alors qu’il est dans son pub habituel, le Golden Grove, il rencontre deux motards sympas qui souhaitent essayer le bolide. Généreux et confiant le batteur leur passe les clés. Malheureusement, les gars n’ont pas vu le panneau signalant des travaux et sont partis aux pâquerettes. On ignore ce qu’il est advenu de la Dino de Moon après l’accident, mais le plus probable est que, réduite à l’état d’épave, elle ait été mise à la casse.

Poison Ivy – Gretsch 6120

© Photo: Clayton Call

 

Formé par le chanteur Erick Lee Purkhiser et la guitariste Kristy Marlana Wallace, The Cramps émergent au printemps 1975 en proposant une fusion unique mêlant le rock et le rockabilly des années 50 aux sonorités punk débridées de l’époque. Sous les pseudos respectifs de Lux Interior et Poison Ivy, les membres fondateurs se définissent eux-mêmes comme les porte-parole d’une contre-culture américaine qui fait la part belle à la violence, au sexe et aux drogues. Outre ces outrances, c’est également la présence de Kristy qui attire l’attention et marque les esprits par ses tenues et attitudes provocantes mais aussi et surtout par son jeu radical.
La ″ Poison ″ fait ses débuts avec une gratte Lewis à corps plein, équipée d’un vibrato de type Bigsby et dotée d’un manche plat, large et confortable. Lors d’un concert à Paris, l’instrument est cassé durant une bousculade. C’était en 1985, date à laquelle la miss flashait sur une autre six cordes qui ne la quittera quasiment plus: une Gretsch 6120. Ce modèle réputé pour sa sonorité brillante deviendra emblématique du style de Poison Ivy, très influencée par Link Wray et Duane Eddy. La caisse creuse contribuait à une réverbération naturelle idéale pour un son aérien riche en écho. Les micros réglés près des cordes à fort tirant offraient un niveau de sortie élevé, idéal pour obtenir le mordant grâce auquel elle assurait les parties rythmiques et les solos au sein des Cramps.


Poison Yvy utilisait occasionnellement une Gibson ES-295. Sur scène, elle disposait d’une réédition de la Gretsch 6120 plus récente mais uniquement en cas de besoin. Adepte des instruments au look original, elle eut également entre les mains une Danelectro Longhorn, une Ampeg Dan Armstrong et une National Newport. 


 

David Gilmour – The Black Strat

Source Image: Screenshot Comfortably Numb Live at Pompeii 2016

 

En avril 1970, Pink Floyd entame sa tournée américaine au Fillmore East de New York. Le 22 mai, après deux concerts à la Nouvelle Orléans, le groupe découvre que le fourgon servant au transport de leur matériel a été volé. Le véhicule est retrouvé mais il manque plusieurs choses, dont la Fender de David Gilmour. Le reste de la tournée est annulé et avant de repartir pour l’Europe, David revient chez Manny’s Music au cœur de la Big Apple et y achète une nouvelle Stratocaster de 1969 (la précédente avait été acquise dans ce même magasin) dont l’habillage Sunbrurst d’origine avait été repeint en noir. Les premières apparitions de cette six cordes datent du fameux Live at Pompéi, le film d’Adrian Maben sorti en 1972.
Tout au long des années 70 la Strat connait de nombreuses modifications. Manche, micros, mécaniques, chevalet, pickguard, tout y passe pour répondre à un besoin insatiable de perfection et d’innovations de la part du guitariste anglais. Finalement, en 1986, elle est mise de côté et prêtée pour être exposée au Hard Rock Cafe de Dallas, au Texas. Elle sera restituée à son propriétaire à la fin des années 1990, mais n’ayant pas été présentée sous vitrine, elle a subi de sérieuses dégradations.
Après restauration, c’est le grand retour de la Black Strat lors de la réunion de Pink Floyd au Live 8 en 2005, puis au cours des tournées solos de Gimour: On an Island en 2006, Rattle That Lock en 2015 et enfin lors du Live at Pompeii des 7 et 8 juillet 2016. De Dark Side of the Moon à The Wall en passant par Wish You Were Here, Dave surplombe de son jeu la quasi-totalité de la discographie de Pink Floyd et de Money à  Shine On You Crazy Diamond en passant par Comfortably Numb, ses solos restent à jamais
indissociables de son feeling émotionnel.


Le 20 juin 2019, la guitare est vendue aux enchères à Jim Irsay – le propriétaire des Indianapolis Colts – pour une somme avoisinant les 4 millions dollars versés au profit de ClientEarth, une organisation caritative environnementale. Le 12 mars 2026, nouvelle vente chez Christie’s. Un anonyme l’achète pour un montant record de 14,5 millions de dollars, faisant de la Black Strat la guitare la plus chère jamais vendue.


 

Billy Gibbons – CadZZilla

 

À l’origine il s’agissait d’une Cadillac Series 62 Sedanette de 1948. Billy Gibbons, le guitariste de ZZ Top, voulait transformer cette voiture classique en quelque chose de futuriste et c’est en faisant appel à plusieurs pointures de la Kustom Kulture que le projet a pu voir le jour. Le designer Larry Erikson s’est occupé de la fluidité des lignes, le légendaire constructeur de Hot Rods Boyd Coddington a ouvert son atelier à la l’élaboration du bolide et Craig Naff a effectué à la main le travail de carrosserie. Ainsi naquit la CadZZilla, nom tiré d’un mot valise composé de Cadillac, ZZ Top et Godzilla. Même la plaque d’immatriculation affiche I8TOKYO  (I HATE TOKYO: en français: je déteste Tokyo) une référence au célèbre monstre du créateur de la franchise Godzilla: Tomoyuki Tanaka.
Les modifications sont radicales. Le toit est abaissé de manière à créer un profil fuyant. Les ailes avant et le capot sont soudés en une seule pièce basculante et les feux arrières intégrés aux ailerons. Sous une robe à la fois élégante et mystérieuse d’un violet profond se cache un puissant V8 Cadillac de 500 chevaux à double carburateur.
Pour arriver à ce résultat, Billy a déboursé quasiment 1 000 000 de dollars. La CadZZilla est devenue mondialement célèbre dans le monde du Hot Rod et, en 1990, elle a également illustré le cover art de l’album Recycler (Pas le meilleur, loin de là!) qui comporte le titre Doubleback écrit pour le film Retour Vers le Futur 3.

George Thorogood – Gibson ES 125

© Source Image: Cover Art – George Thorogood & The Destroyers – Live ’99

Fabriquée dès les années 40, la Gibson ES 125 offrait pour un prix modeste une qualité sonore hors du commun pour l’époque. Alors qu’elle n’était plus produite depuis les années 70, George Thorogood tombe par hasard sur l’un de ces modèles en stock chez un prêteur sur gage et il raconte: ″ J’étais fauché, je n’avais que 200 dollars, on avait un concert de prévu, et cette guitare me convenait. Je l’ai prise parce que j’avais l’habitude de jouer en acoustique ″.
Cette semi-acoustique donne du corps à un son énorme sorti des entrailles de son imposante caisse de résonance à pan florentin. Pendant des années, c’est la seule guitare que le musicien trimballe sur scène. Depuis une apparition en première partie des Rolling Stones en 1981, George Thorogood, véritable passionné de blues rock authentique, entre dans le cœur du public grâce son jeu de slide puissant et énergique appliqué à des standards savamment maîtrisés.
Dès lors, les tournées s’enchainent pour le guitariste du Delaware qui ne ménage pas son instrument favori et chaque remise en état coûte une petite fortune. Thorogood fait donc appel à Epiphone – filiale de Gibson depuis 1957 – pour que soit fabriquée une réplique sur mesure de sa six cordes. Chose faite. À force de réparations et de modifications pour trouver le son parfait, la marque devra lui en fournir une bonne dizaine d’exemplaires pour qu’il puisse se produire partout dans le monde avec son groupe The Destroyers.


Il n’empêche que quand le grand fan de baseball qu’est George compare les copies à son ES 125 usée jusqu’à l’os, il n’y va pas par quatre chemins: ″ avec ma Gibson c’est comme envoyer une balle dans les tribunes supérieures ″.


 

Muddy Waters – Fender Telecaster: The Hoss

© Photo: Paul Natkin

 

Lorsqu’en 1943 McKinley Morganfield quitte le Mississippi pour Chicago, c’est avec une guitare acoustique Silvertone qu’il commence à jouer dans les rues et les petits clubs. Là bas, il se fait connaitre sous le nom de Muddy Waters et réalise très vite que pour être entendu il doit passer à l’électrique. Il choisit donc une Gretsch, celle que l’on peut entendre sur Rolling Stone. En 1952, Muddy prend une Gibson Les Paul Gold Top avec laquelle il enregistre Got My Mojo Working, Baby Please Don’t Go et I’m Your Hoochie Coochie Man.
En 1957 il achète une Télécaster blanche avec manche en érable. The Hoss (traduction: La Patronne), c’est ainsi que le bluesman l’appelle en 1961 après l’avoir faite repeindre en rouge pomme. Il opte aussi pour un manche plus large doté d’une touche en palissandre et remplace les deux potentiomètres d’origine par ceux provenant d’un ampli Fender. Bien qu’ayant également utilisé une Gibson SG Junior et une Guild Thunderbird, la Telecaster est restée l’instrument préféré qu’il utilisera sur scène et en studio sur l’album Fathers and Sons, sorti en 1969 chez Chess Records et sur Hard Again, l’album de son grand retour produit en 1977 par Johnny Winter qui profitera de l’occasion pour vociférer sur Mannih Boy.


En 1987, le père du blues électrique a été intronisé au Rock & Roll Hall of Fame par Paul Butterfield. Occasion au cours de laquelle la succession de Muddy Waters à offert The Hoss au musée de Cleveland dans l’Ohio.


 

Keith Richards – Fender Telecaster: Micawber

© Source Photo: Screenshot Fender.com

 

Pour son 27ème anniversaire en 1970, Keith Richards reçoit de la part d’Eric Clapton une Fender Telecaster des années 50, celle-là même qui, à partir de l’album Exile on Main Street, allait devenir une véritable machine à riffs. À cette époque les Rolling Stones ont des problèmes avec le Fisc britannique. Pour y échapper ils s’installent en France, à Nellcote, un manoir situé à Villefranche-sur-Mer sur la Côte d’Azur. Probablement la raison pour laquelle le guitariste a fait de l’humour en surnommant sa blonde électrique Micawber, du nom d’un personnage de David Copperfield qui, endetté, finit en prison faute d’avoir pu répondre aux exigences de ses créanciers.
Brown Sugar, Honky Tonk Women, ce ne sont là que quelques-uns des titres intemporels des Glimmer Twins sur lesquels Keef s’exprime de façon si particulière; grâce notamment à plusieurs modifications apportées au fil des ans, dont la suppression pure et simple de la Mi Grave et l’adoption d’un accordage en open tuning sur 5 cordes.


Avec sa Gibson ES-355 noire de 1960,  Micawber reste l’une des guitares de prédilection de Keith Richards. Aujourd’hui encore, à 80 ans il l’utilise souvent, aussi bien en studio que sur scène.