Poison Ivy – Gretsch 6120

© Photo: Clayton Call

 

Formé par le chanteur Erick Lee Purkhiser et la guitariste Kristy Marlana Wallace, The Cramps émergent au printemps 1975 en proposant une fusion unique mêlant le rock et le rockabilly des années 50 aux sonorités punk débridées de l’époque. Sous les pseudos respectifs de Lux Interior et Poison Ivy, les membres fondateurs se définissent eux-mêmes comme les porte-parole d’une contre-culture américaine qui fait la part belle à la violence, au sexe et aux drogues. Outre ces outrances, c’est également la présence de Kristy qui attire l’attention et marque les esprits par ses tenues et attitudes provocantes mais aussi et surtout par son jeu radical.
La ″ Poison ″ fait ses débuts avec une gratte Lewis à corps plein, équipée d’un vibrato de type Bigsby et dotée d’un manche plat, large et confortable. Lors d’un concert à Paris, l’instrument est cassé durant une bousculade. C’était en 1985, date à laquelle la miss flashait sur une autre six cordes qui ne la quittera quasiment plus: une Gretsch 6120. Ce modèle réputé pour sa sonorité brillante deviendra emblématique du style de Poison Ivy, très influencée par Link Wray et Duane Eddy. La caisse creuse contribuait à une réverbération naturelle idéale pour un son aérien riche en écho. Les micros réglés près des cordes à fort tirant offraient un niveau de sortie élevé, idéal pour obtenir le mordant grâce auquel elle assurait les parties rythmiques et les solos au sein des Cramps.


Poison Yvy utilisait occasionnellement une Gibson ES-295. Sur scène, elle disposait d’une réédition de la Gretsch 6120 plus récente mais uniquement en cas de besoin. Adepte des instruments au look original, elle eut également entre les mains une Danelectro Longhorn, une Ampeg Dan Armstrong et une National Newport. 


 

Bo Diddley – Gretsch: Twang Machine

© Photo: Alice S. Hall-NBCU Photo Bank

 

Grâce à ses compositions, à son jeu hypnotique et aux instruments qu’il utilisait, Ellas McDaniel fut un pionnier à bien des égards. Son style influent a contribué à fusionner le rock and roll et le blues, un croisement qui a jeté les bases d’un classic rock toujours d’actualité. Originaire du Mississippi le guitariste se fait remarquer en jouant sur des guitares rectangulaires qu’il fabrique lui même et qu’il n’aura de cesse de faire évoluer tout au long de sa carrière. Sa formation de luthier l’amena en 1954 à concevoir son premier modèle inspiré des Cigar Box à partir de matériaux de récupération, notamment le micro d’un vieux phono Victrola.
En 1958, le succès grandissant et après avoir construit plus de vingt guitares, Bo Diddley fait appel à Gretsch pour que soit élaborée une six cordes électrique sur mesure. Cette collaboration entre le musicien et les techniciens de la marque aboutit à la création de The Twang Machine.
Plus tard, il fera réaliser d’autres instruments de forme similaire personnalisés par différents fabricants. Ainsi, en 1978, lors d’une tournée en Australie, Bo s’adresse au luthier et concepteur de micros Chris Kinnman et lui demande de lui fabriquer un modèle intégrant des effets rhythmiques. Cette nouvelle version, toujours rectangulaire et réalisée en acajou du Honduras, dispose désormais d’une série de potentiomètres destinés aux réglages, ainsi que d’un équaliseur et d’un capteur MIDI. Jusqu’à sa mort en 2008, cette dernière version de la Twang machine accompagnera très souvent le créateur du ″ Diddley Beat ″.