Keith Moon – Ferrari Dino 246

 

Keith Moon (1946-1978), batteur des Who, était le clown le plus déjanté du Rock And Roll Circus. Parfois, à la fin des concerts, il lui arrivait de réduire son kit à néant. Lors des tournées, ce doux dingue prenait également un malin plaisir à terroriser le personnel des hôtels en dynamitant les toilettes, en ruinant sa chambre à coups de hache ou en balançant des téléviseurs par la fenêtre. Entre autres! De quoi entretenir une solide réputation de destructeur patenté capable à l’occasion de se jeter dans une piscine au volant d’une Rolls.
D’après Pete Townsend, cette légende viendrait de deux incidents distincts. Au cours du premier, Keith avait oublié de serrer le frein à main et le véhicule a dévalé la pente pour atteindre une piscine en construction, donc vide. Dans le second, il voulait imputer le coût d’un nouveau jouet à quatre roues au budget du groupe. Devant le refus du management, ″ Moonie ″ a alors précipité sa Chrysler Wimbledon dans le bassin ornemental de son jardin et a appelé le concessionnaire pour qu’il vienne la récupérer.
Tout cela reste un peu flou. Par contre, ce qui est arrivé à sa Ferrari Dino 246 est beaucoup plus clair et, curieusement, ce n’est pas lui qui l’a massacrée. Quelques semaines seulement après l’avoir achetée et alors qu’il est dans son pub habituel, le Golden Grove, il rencontre deux motards sympas qui souhaitent essayer le bolide. Généreux et confiant le batteur leur passe les clés. Malheureusement, les gars n’ont pas vu le panneau signalant des travaux et sont partis aux pâquerettes. On ignore ce qu’il est advenu de la Dino de Moon après l’accident, mais le plus probable est que, réduite à l’état d’épave, elle ait été mise à la casse.

Keith Moon – Two sides of the Moon

Censure: Two sides of the Moon

[Extrait]: Après une expérience en tant que chanteur sur un titre de Quadrophenia (Bell Boy), Keith Moon enregistre en 1975 son premier et unique album solo: Two sides of the Moon. Contre toute attente et bien qu’il soit derrière les futs sur trois titres, le drummer des Who s’affiche en tant que chanteur sur la totalité des morceaux. Pour la circonstance un nombre impressionnant de pointures du moment participe aux sessions. Hormis les membres des Who qui bien sûr sont de la fête il convient de noter la présence aux crédits de Ringo Star, David Bowie, Joe Walsh, Spencer Davis et Jim Keltner. Même son pote de beuverie y va de sa contribution. En effet, John Lennon lui même offre Move over Ms. L, un rock’n’roll gorgé de cuivres dans la plus pure tradition 60’s. Les fans veulent un disque de batteur et sont confrontés à un opus de chanteur somme toute à l’image de son géniteur: instable, déjanté, lunatique et décousu. Two sides of the Moon est un échec commercial et financier retentissant qui ne ravit que les inconditionnels et quelques collectionneurs convoitant la pochette originale censurée dès sa sortie dans certains pays, en Espagne notamment.

Patrick BETAILLE, août 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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