Eddie Floyd – Knock on Wood

 

[Extrait]:En 1962 du côté de Detroit, Eddie Floyd jouit d’une certaine popularité. Avec son groupe The Falcons, il rencontre un joli succès avec I Found a Love, qui non seulement lui ouvre les portes de l’Apollo de New York mais lui permet également de décrocher un contrat chez Stax pour qui, en tant que compositeur, il commence à travailler. Là, il se lie d’amitié avec le talentueux guitariste Steve Cropper mais ce n’est qu’à partir de 1966 qu’il commence à composer et à enregistrer pour son propre compte. Cette année-là, Floyd et Cropper jettent sur le papier les bases de ce qui deviendra le titre le plus célèbre du chanteur : Knock on Wood
Traditionnellement, au Royaume-Uni ou en France on touche du bois pour attirer la chance, se satisfaire d’un heureux hasard ou
d’une bonne fortune; aux États-Unis, et dans le même but, on y va plus fort : on tape sur du bois…
En une nuit, musique et paroles ont été composées à Memphis, dans une chambre du Lorraine Motel, devenu tristement célèbre le
4 avril 1968 (Martin Luther King y a été assassiné par balle alors qu’il se trouvait sur le balcon de la chambre 306). Dès le lendemain, les deux compères se retrouvent aux Studios Stax et enregistrent le morceau avec Booker T. Jones aux claviers, Isaac Hayes au piano, Donald Duck Dunn à la basse, Al Jackson à la batterie et avec le Memphis Horns. Cette chanson comporte l’une des pauses les plus originales de l’histoire de la musique soul. Après que Floyd ait chanté ″ I better knock… ″ le batteur Al Jackson a eu l’idée d’un break en simulant le bruit de trois coups sur une porte, et ce, pour rompre le silence avant que Eddie ne complète la phrase avec ″ on wood ″.
Parmi les nombreux artistes qui ont interprété Knock on Wood, on peut citer Ella Fitzgerald, Otis Redding, Eric Clapton ou encore Johnny Hallyday qui, en 1967, chante son adaptation en français sous le titre : Aussi Dur que du Bois.


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Jimi Hendrix – Fender Stratocaster: Izabella

© Photo: Steve Banks

 

Malgré les apparences, l’autodidacte Jim Marshall Hendrix n’est pas né avec une Fender Stratocaster dans les mains. Plusieurs six cordes (Gibson, Danelectro, Epiphone, Guild, etc) sont passées entre ses doigts avant qu’en 1964, au sein des Isley Brothers, il utilise une Fender Duo-Sonic. Quand il accompagne Little Richard au sein des Upsetters en 1965, son choix se porte une Fender Jazzman de 1959. C’est avec son groupe Jimmy James & The Blueflames qu’il joue pour la première fois sur une Stratocaster tout ce qu’il y a de plus standard. Sauf que! Étant gaucher et pour des raisons économiques, Jimi s’est contenté de retourner l’instrument pour droitiers et d’en inverser les cordes. C’est cette guitare qui est devenue par la suite une arme de révolution musicale massive, symbole de liberté incendiaire.
En mars 1967, au cours d’une prestation du Jimi Hendrix Experience au London Astoria, le gaucher de Seattle met le feu à sa Strat à la fin de l’interprétation de Fire. Ça ne s’invente pas! Deux mois plus tard il en immole une autre et la fracasse lors du Festival Pop de Monterey après avoir interprété une version longue de Wild Thing, donnant lieu à l’un des moments les plus mémorables de l’histoire du Rock. Le 18 mai 1968, autre prestation brûlante sur la scène du Miami Pop Festival. l’histoire raconte qu’un roadie récupéra l’instrument cramé à l’essence de briquet et la donna à Frank Zappa. Corps partiellement calciné, manche brisé, micros et  pickguard fondus. Après restauration par un luthier, le Dali du rock joua de cette guitare pendant quelques années, notamment lors de l’enregistrement de son album Zoot Allures, sorti en 1976.
Légendaire également la prestation de Band of Gypsys à Woodstock en août 1969. Hendrix jouait sur une Stratocaster Olympic White de 1968 surnommée ″ Izabella ″ et avec laquelle il parodia l’hymne américain: The Star-Spangled Banner. Pas de casse ni de flammes cette fois mais profusion de larsens et de distorsions pour imiter le bruit des bombes au napalm déversées par les USA sur le Vietnam.
Aujourd’hui, cette guitare emblématique est à Seattle, dans le Museum of Pop Culture financé par Paul Allen (1953-2018). En 1993, ce milliardaire américain co-fondateur de Microsoft, mais aussi passionné de musique en général et de Jimi Hendrix en particulier, a déboursé 2 millions de dollars pour acquérir et exposer la Stratocaster blanche dans le temple du rock.

 

Angus Young – Gibson SG Standard

© Photo: Rick Diamond/Mixdown Magazine

 

En tant que lead guitarist au sein d’AC/DC, Angus Young possède un belle collection de guitares parmi lesquelles des Gibson Firebird et ES 335. Cela dit, sur scène, l’éternel écolier affiche une fidélité quasi exclusive à la Gibson SG Standard. La toute première, il l’a acquise d’occasion en 1970; c’était ce modèle de 1968 qui est devenu son instrument de prédilection depuis la formation du groupe en 1973. Sur cette six cordes équipée d’un vibrato Lyre, Angus aimait particulièrement la légèreté favorable à son jeu nerveux, le son métallique des micros Gibson et surtout, le manche ultra fin bien adapté à ses petites mains. Même si par la suite beaucoup d’autres ″ Solid Guitar ″ – y compris celles fabriquées sur mesure ou modifiées – sont passées entre ses mains, l’originelle reste sa préférée et il en joue encore comme à l’époque de Let There Be Rock.

 

Bo Diddley – Gretsch: Twang Machine

© Photo: Alice S. Hall-NBCU Photo Bank

 

Grâce à ses compositions, à son jeu hypnotique et aux instruments qu’il utilisait, Ellas McDaniel fut un pionnier à bien des égards. Son style influent a contribué à fusionner le rock and roll et le blues, un croisement qui a jeté les bases d’un classic rock toujours d’actualité. Originaire du Mississippi le guitariste se fait remarquer en jouant sur des guitares rectangulaires qu’il fabrique lui même et qu’il n’aura de cesse de faire évoluer tout au long de sa carrière. Sa formation de luthier l’amena en 1954 à concevoir son premier modèle inspiré des Cigar Box à partir de matériaux de récupération, notamment le micro d’un vieux phono Victrola.
En 1958, le succès grandissant et après avoir construit plus de vingt guitares, Bo Diddley fait appel à Gretsch pour que soit élaborée une six cordes électrique sur mesure. Cette collaboration entre le musicien et les techniciens de la marque aboutit à la création de The Twang Machine.
Plus tard, il fera réaliser d’autres instruments de forme similaire personnalisés par différents fabricants. Ainsi, en 1978, lors d’une tournée en Australie, Bo s’adresse au luthier et concepteur de micros Chris Kinnman et lui demande de lui fabriquer un modèle intégrant des effets rhythmiques. Cette nouvelle version, toujours rectangulaire et réalisée en acajou du Honduras, dispose désormais d’une série de potentiomètres destinés aux réglages, ainsi que d’un équaliseur et d’un capteur MIDI. Jusqu’à sa mort en 2008, cette dernière version de la Twang machine accompagnera très souvent le créateur du ″ Diddley Beat ″. 

 

 

Chris Rea – Fender Stratocaster: Pinky

© Photo: Andrzej Barabasz – Wikimedia Commons

 

Même si au cours des dernières années Chris Rea (1951-2025) a principalement utilisé des Italia et des Fender Squier, la Fender Stratocaster a toujours été son instrument de prédilection. Depuis le début de sa carrière c’est avec un modèle de 1962 qu’on le voyait le plus souvent jouer. À l’origine, cette guitare avait une finition rouge bonbon. Lors d’une inondation, elle a viré au rose après trois semaines d’immersion dans un sous-sol.
La guitare a survécu et c’est sous le nom de ″ Pinky ″ qu’elle a souvent accompagné le maître de la slide. Outre le porte-plectre présent sur toutes les guitares de Chris, la table est ornée de quelques autocollants. Sur le devant, Formentera, la plus petite des iles Baléares où le musicien avait l’habitude de passer ses vacances et celui du Club Lotus 7 et, à l’arrière, un sticker Ferrari/J. Alesi témoignant de la passion de son propriétaire pour les voitures.

Little Eva – Loco Motion

 

[Extrait]: Eva Boyd était baby-sitter payée 35 dollars la semaine par le couple de compositeurs: Carole King et Gerry Goffin. C’est Carole qui a imaginé une mélodie dont le rythme, selon son mari Gerry, rappelait celui d’une locomotive. Quand ils ont vu Eva danser sur cet air avec leur fille, ils ont eu l’idée de lui faire enregistrer la chanson pour qu’elle devienne une nouvelle danse : The Loco-Motion…
Publié en juin 1962, le single est devenu instantanément l’un des plus gros hits mondiaux. Revers de la médaille, sa jeune interprète de 17 ans ne pouvait plus assurer son rôle de nounou. Privée de ses mentors à partir de 1963, Little Eva a dû mettre fin à sa carrière en 1965. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires le titre a tout de même permis à la chanteuse d’acquérir sa propre maison…
Aux États-Unis, Loco-Motion a joui d’un regain de popularité à deux reprises. Une première place en 1974 pour la version de Grand Funk Railroad (si si, c’est vrai!) et une honorable troisième position grâce à Kylie Minogue en 1987. Adaptée en français l’année de sa sortie, la chanson a été reprise par Danny Boy et Ses Pénitents et par Sylvie Vartan.


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Randy Rhodes – Gibson Flying V: Polka Dot

© Photo: Ross Halfin – Book Cover « Randy Rhoads by Ross Halfin »

Alors qu’il écume les clubs de Los Angeles avec son groupe Quiet Riot, Randy Rhoads fait la connaissance de George Lynch et est conquis par le son et le look de la Flying V du guitariste de Dokken customisée par Karl Sandoval. Randy prend rendez-vous et demande au luthier en question de lui confectionner une guitare à partir d’un corps de Gibson Flying V et d’un manche Danelectro. Il souhaite un son similaire à celui de sa Gibson Les Paul Custom de 1972, mais avec un vibrato de type Fender, des micros DiMarzio et des mécaniques Schaller. Question look, ses idées sont biens arrêtées: caisse noire à pois blanc, tête de manche en forme de harpon et surtout, aucune marque ni logo où que ce soit. La Polka Dot Flying V voit le jour le 22 septembre 1979.
Peu après, Randy Rhoads quitte Quiet Riot pour rejoindre le nouveau groupe d’Ozzy Osbourne récemment viré de Black Sabbath. Lors de l’enregistrement de l’album Blizzard of Ozz et de la tournée du même nom, les deux guitares principales de Rhoads étaient la Les Paul et la Sandoval Flying V à pois.

 

Serge Gainsbourg – Rolls Royce Silver Ghost

© Sans aucune info liée au Copyright, cette photo sera retirée à la demande de son auteur ou d’éventuels ayants droits.

 

Les collections de Serge Gainsbourg étaient à l’image de sa personnalité et d’un amour inconditionnel pour les beaux objets. Pour l’artiste, les voitures étaient plus qu’un simple moyen de transport; elles étaient le symbole d’une époque, d’un statut social et d’un style de vie. Même si L’homme à la Tête de Chou n’avait pas le permis de conduire, Il a eu en sa possession une Cadillac Eldorado et une Rolls-Royce.
Dans l’album L’histoire de Melody Nelson paru en 1971, Gainsbourg rendait un hommage appuyé à la Spirit of Ecstasy, la mascotte qui ornait le capot de sa Silver Ghost de 1910.

Billy Gibbons – Gibson Les Paul: Pearly Gates

© Photo: Mark Bowman

Connu pour être l’un des plus grands collectionneurs de guitares, Billy Gibbons reste un éternel amoureux de sa Gibson Les Paul Standard de 1959. Lorsque le guitariste a vu et entendu Eric Clapton jouer sur ce modèle au sein des Blues Breakers de John Mayall, il n’eut de cesse de trouver un exemplaire de ce modèle précis.
Heureusement pour lui, la chance l’accompagna et ce, dès les débuts de ZZ Top. ″ Un gars m’a contacté pour me signaler qu’il voulait vendre une vieille guitare: une Les Paul de 1959 ″ confia le barbu lors d’une interview en 2009. Quelques jours plus tard, Billy se rendit donc dans un bled perdu au fin fond du Texas. Le vendeur sortit alors un étui rigide, planqué sous le lit depuis le décès de son propriétaire plusieurs années auparavant. ″ Rev. Willy G. ″ sortit le cash nécessaire pour pouvoir repartir avec son précieux immédiatement baptisé Pearly Gates [Les Portes du Paradis – NDLR]. Le reste appartient désormais à l’histoire de ZZ Top.

 

 

Elliot Erwitt – Dogs

© Photos: Elliot Erwitt-Magnum

 

Photographe d’origine russe né en France à Neuilly-Sur-Seine, Elliott Erwitt (1928-2023) a passé son enfance entre l’Italie et Paris, avant de partir vers les Etats-Unis pour s’installer avec ses parents, d’abord à New York, puis à Los Angeles. Dès l’adolescence il se passionne pour la photographie moderne en se focalisant sur les scènes de la vie quotidienne ou les événements sociopolitiques, souvent captés avec dérision ou ironie.
Robert Capa sera l’un des premiers à remarquer son talent et son travail et à l’inviter à devenir membre de l’agence Magnum dès 1953 (agence qu’il présidera de 1968 à 1970). Après quelques publications, le succès est au rendez-vous et il commence un travail de photojournaliste aux USA pour Life, Look, Holiday, et en Europe pour Stern et Paris Match.
Comme en témoignent ces clichés de la série Dogs, Erwitt portait sur les chiens un regard plein de malice et de tendresse.


Retrouvez l’artiste sur la galerie du site: Magnum Photos/Elliot Erwitt.