Ted Nugent – The Motor City Madman

Autant le préciser tout de suite. Ted Nugent est connu pour son engagement au sein des associations Gun Owners of America (GOA) et National Rifle Association (NRA). Très ancré dans les mouvements de droite, il a soutenu l’élection de Donald Trump et il est un fervent supporter de la peine de mort. ″He’s a goddamn motherfucker! [NDLR]. Et sinon?Ted Nugent, Gonzo!Sinon? Sinon, Theodore Anthony Nugent grandit à Détroit dans le Michigan, temple de l’industrie automobile. Connue pour son siège de la Motown et ses groupes de rock garage comme les Stooges, MC5 et The Frost apparus à la fin des années 1960. De cette véritable poudrière musicale viennent également Alice Cooper, Grand Funk Railroad et, plus près de nous, les White Stripes. A l’époque c’est au sein des Amboy Dukes que Ted Nugent fait ses débuts, avec, il faut le reconnaitre un succès très inégal. Le guitariste se lance alors dans une carrière solo et pour assurer sa promotion il a le coup de génie de s’auto-proclamer meilleur guitariste du monde. Ceux qui croyaient à une farce sont allés voir et… Le ″fou furieux de la Motor City″ en fait un musicien accompli, un bon compositeur et un mélodiste avisé. Même si la débauche de décibels masque un peu l’ensemble, ce monstre qu’est la Gibson Byrdland a incontestablement trouvé son maître. Ted Nugent est aussi un sacré loustic et un bonimenteur de première qui vocifère à l’envie ″si c’est trop fort c’est que t’es trop vieux!″. A une grande sobriété de vie il associe chasse à l’arc et conduite de hot rods afin d’amplifier son image de tornade électrique.

Ecouter: Culte!: Ted Nugent (1975) et le fantastique solo de Stranglehold. Majeur!: Cat Scratch Fever (1977). Furieux: Double Live Gonzo! (1978). Tout le reste est dispensable à part ″Spirit of the Wild″ sorti en 1995 avec lequel le Mad Man met fin à une longue période d’approximations diverses.

PB, juin 2018

Jared James Nichols – Black Magic

Jared James Nichols Heavy Blues RockAprès un prometteur un ″Old glory and the Wild Revival″ sorti en 2015 revoici Jared James Nichols avec un deuxième essai moins speed mais tout aussi pêchu. Avec ses acolytes Erik Sandin (basse) et Dennis Holm (drums), le guitariste américain reste fidèle au modèle du genre. A la ville, le Power Trio brûle les planches avec Zakk Wylde, Glen Hughes ou Lynyrd Skynyrd et en studio les chevelus malmènent les consoles en peaufinant leur répertoire stéroïdé. Plus varié et moins bourrin que le premier opus, globalement le nouvel album offre néanmoins 10 titres bougrement efficaces. Même teinté de slide, de gospel, de funk ou de talkbox, le répertoire fait bien évidemment la part belle au guitariste dont le jeu pourrait consister en un savant mélange de Ted Nugent pas encore végétarien et de Billy Gibbons sur 380 triphasé. Amateurs du genre foncez, Black Magic n’ est pas un album de technicien mais celui d’un virtuose qui a su faire sienne la magie énergique et déjantée du Heavy Blues Rock born in the 70’s et qui sur scène affiche sans vergogne une efficacité redoutable. Jugez plutôt: Blackstar Basement Session!

PB, juin 2018

Eastwood Guitars – Crestwood Astral II

Eastwood Guitars Crestwood Astral IILa désignation ″Hollow Body″ s’applique à des guitares à corps creux. Les premiers modèles sont fabriqués dès 1930 afin de répondre aux exigences des musiciens de jazz qui ont besoin d’un volume sonore important. Au cours des 70’s, après maintes évolutions techniques, c’est la la Gibson ES-335 qui marque à jamais les esprits, grâce notamment à Chuck Berry ou Alvin Lee. D’autres marques ont occupé, avec plus ou moins de succès et de bonheur, le créneau de la ″Hollow Body″. Parmi elles, Epiphone et Gretsch bien sûr, mais aussi Hofner ou Ibanez et bien d’autres. Depuis 2001 la société canadienne Eastwood Guitars a investi le marché en proposant des fac-similés de guitares électriques ″Vintage″. Ces guitares, fabriquées en Corée du Sud, sont vendues sous les marques Eastwood et Airline. Aujourd’hui et via un financement participatif, Eastwood a décidé de rendre hommage à Jack White en sortant la ″Crestwood Astral II″, une copie de l’instrument que l’on peut entendre sur les premiers enregistrements des White Stripes, bien avant que Jack ne tombe amoureux de sa Airline fabriquée à l’époque aux USA par Valco et aujourd’hui également répliquée par Eastwood qui en a acquis les droits. Plus d’infos: Eastwood Custom Shop.

PB, juin 2018

Prince – Yellow Cloud Guitar

La guitare de Prince aux enchèresPrince! Instruments, tenue et objets ayant appartenu à l’artiste décédé en avril 2016, ont été mis aux enchères le 18 mai. Une des guitare du ″Love Symbol″ à fait exploser une estimation à hauteur de 60 000$. En 1989, cet instrument au design conçu par l’artiste, a été fabriquée sur mesure à Minneapolis par Barry Haugen & David Rusan pour le compte de Knut-Koupee Enterprises. La Yellow Cloud Guitar a été adjugée pour la modique somme de 225 000 dollars.

PB, mai 2018

 

Still On The Run – The Jeff Beck Story

The Jeff Beck StoryLe 12 avril à Londres, Avait lieu l’avant première du Rockumentaire ″Still On The Run″.  ″The Jeff Beck Story″ était projeté à Londres au Curzon Mayfair Cinema, en présence de l’intéressé, bien sûr, mais aussi de quelques noms prestigieux et amis. Le film retrace la carrière du guitariste depuis l’apprentissage de l’instrument jusqu’aux quêtes innovantes de sa carrière solo en passant bien sûr par les époques Yardbirds et Jeff Beck Group. Des témoignages ou anecdotes d’Eric Clapton, David Gilmour, Jimmy Page, Joe Perry, Slash, Rod Stewart ou Ron Wood s’ajoutent aux images d’archives et extraits de concerts, dont cinq titres enregistrés à Montreux en 2007. Geoffrey Arnold Beck himself est interviewé. Chez lui, on le voit même dans son atelier en train de monter un moulin sur un châssis de Hot Rod, son autre passion viscérale. ″Still On The Run – The Jeff Beck Story″ sera publié en Dvd et Blu-Ray le 18 mai par Eagle Vision, l’occasion de se pencher sur le parcours de l’un des guitaristes les plus atypiques et les plus influents du Rock: Jeff Beck!

PB, mai 2018

 

Mick Taylor – I Wonder Why!

Mick Taylor Rolling StonesCela ne semble pas trop réussir aux guitaristes de fréquenter Keith Richard et les Rolling Stones. Mick Taylor, l’un des plus fins instrumentiste de la fin des 60’s, connut la même déchéance que son prédécesseur Brian Jones, la piscine en moins. Le jeune blondinet au phrasé limpide, mélodiste inspiré et accompagnateur efficace, avait été découvert par John Mayall qui l’avait accueilli au sein des Bluesbreakers. Embauché en juin 1969 par les Stones, il s’impose rapidement comme le meilleur soliste qu’ils aient jamais eu. Let It Bleed en 69, Get Yer Ya Ya’s Out en 70,  Sticky Fingers en 71, Exile on Main St en 72, Goats Head Soup en 73 et It’s Only Rock’n’Roll en 74 doivent leur succès en grande partie au jeu d’un Mick Taylor qui n’est même pas crédité sur les albums. La place épuise, et, miné par la pression du succès, les drogues, et les rancœurs engendrées par le comportement de Mick et Keith à son égard, il quitte le groupe en 1974. Entre déprimes, come back foireux (Jack Bruce, Gong) et contributions diverses (Little Feat, Mike Oldfield) Mick se cherche et sort en 1979 un premier album solo qui surprend par son approche jazzy et étonne par son manque de direction. Il faudra attendre 11 années pour écouter son second album solo. Enregistré en public, Stranger in this town est un vrai disque de Blues Rock qui reste à ce jour le plus représentatif de la finesse et du talent du guitariste. Malheureusement, mal distribuée, la galette n’apporte pas le succès escompté et par la suite la production de Mick Taylor se cantonnera à quelques témoignages mineurs sur son travail de session man ou de contributeur à des projets divers (Joe Houston, Carla Olson, Snowy White, etc…). Quel gâchis finalement! Tout ça à cause de quatre années passées chez les pierres qui roulent. I wonder why!

PB, avril 2018

 

Jeff Beck – Loud Hailer!

Jeff Beck YardbirdsAprès Clapton et avant Page, Beck fut le deuxième guitariste vedette des Yardbirds. Il excelle déjà en technique et rapidité et apporte au swing du groupe une touche de psychédélisme teinté de Rhythm & Blues (″Shape of things″, ″Over under sideways down″). Caractériel, individualiste, éternel insatisfait et déjà avide d’effets et de sons nouveaux, il quitte la basse cour au bout de 18 mois et fonde le Jeff Beck Group avec au chant un Rod Stewart pas encore connu mais déjà dépeigné. Deux albums, ″Truth″ et ″Beck Ola″, viennent poser les fondements d’un genre qui fera les riches heures d’un Jimmy Page aux commande du dirigeable. En 70, Rod Stewart et Ron Wood partent fonder The Faces. Beck s’investit alors dans ce qui aurait pu être le meilleur power trio de tous les temps en débauchant de Vanilla Fudge le duo rythmique absolu: Tim Boggert à la basse et Carmine Appice aux drums. Quelques dissensions émanant de fortes personnalités et surtout un grave accident de voiture mettent fin à l’aventure après un seul album studio de Beck Boggert Appice. Le milieu des 70’s marque le retour de Beck avec cette fois un Jazz Fusion et un funk enjoué on ne peut plus personnels, bourrés de mélodies cinglantes, de distorsions rugissantes, d’effets novateurs, le tout drivé par une technique phénoménale. Du grand Jeff, comme en témoignent les instrumentaux ″Blow by Blow″ en 75 et ″Wired″ en 76.  ″Il y avait des centaines de guitaristes faisant hurler leurs Les Paul, il fallait bien que j’essaie autre chose″ déclare t’il dans une interview à Rolling stone! Le reste de la carrière de ce surdoué de la 6 cordes se résume en collaborations diverses (Roger Waters, Brian Wilson), tributes (Gene Vincent & Cliff Gallup) hommages (Les Paul) et giggs avec des invités triés sur le volet (Imelda May, Joss Stone…). Quand il ne s’enferme pas dans son garage, le nez et les mains plongées sous le capot de ses voitures de collection, Jeff Beck tourne et enregistre aussi! Il a récemment célébré ses 50 ans de carrière à l’ Hollywood Bowl en compagnie de Billy Gibbons, Buddy Guy, Jimmy Hall, Jan Hammer, Beth Hart et Steven Tyler. Figurent au répertoire de l’événement des titres de l’époque Yardbirds et des extraits du dynamitesque ″Loud Hailer″, album de 2016 annonciateur d’un retour partiel à un Heavy Rock féroce et classieux pour lequel il convient de noter la performance exceptionnelle de Rosie Bones au chant. Non Jeff t’es pas tout seul! Right Now!

PB, octobre 2017