Poison Ivy – Smell of Female

Kristy Marlana Wallace aka Poison IvySous sa tignasse incendiaire, sommairement vêtue de tenues en latex ou transparentes, Kristy Marlana Wallace fait indéniablement partie de ces musiciennes qui savent manier le manche, souvent bien mieux que certains poseurs prétendument virtuoses. Depuis toujours Kristy Wallace est une bad girl. Maquillage outrancier, tenues sexy, indiscipline chronique lui valent d’ailleurs une expulsion de l’université de Sacramento et même un peu plus tard un séjour en prison. En 1972, alors qu’elle fait de l’auto stop, elle rencontre Erick Lee Purkhiser. Tous deux s’installent peu après à New York. Elle devient Poison Ivy, il prend le pseudo de Lux Interior et ensemble ils fondent The Cramps. Cette pulpeuse et provocatrice guitariste à marqué le Rock de sa forte personnalité au sein de ce combo formé à en 1975 et qu’elle dirige comme un gang. Son jeu, très influencé par Link Wray qu’elle vénère, est à l’image de sa vie violente, chaotique et speed. Porté par l’utilisation de cordes à fort tirant, une vitesse d’exécution fulgurante et une amplification fuzzy, le son de la Gretsch Chet Atkins 6120 de Poison Ivy Rorschach vomit ce son trash complètement explosif qui se marie parfaitement à l’excentricité de son compagnon de scène. Ainsi, la musique du couple influencée au départ de Surf Music et de Rockabilly vire rapidement à un Punk Rock à la tonalité Garage qui, surtout sur scène, s’exprime sur fond de drogue, de sexe et d’agressivité. What’s inside a Girl?

Patrick BETAILLE, décembre 2018

Michael Bloomfield – Super Session

Michael Bloomfield Paul Butterfield Blues BandAvant Eric Clapton, avant Jimmy Hendrix, avant Jimmy Page, Michael Bloomfield est l’un des premiers guitaristes à s’mmerger dans le Chicago Blues. En 1964, Bob Dylan ne s’y trompe pas en faisant appel à lui pour électriser l’album Highway 61 revisited. Interpellé par le talent du musicien, John Hammond qui à l’époque assiste aux enregistrements parvient à convaincre CBS de le signer. Des enregistrements ont lieu mais ne voient pas le jour, le label n’ayant aucune idée sur la façon de promouvoir un guitariste de Blues blanc. En 65 Bloomfield rejoint l’exceptionnel harmoniciste, chanteur et compositeur Paul Butterfield, pour former un groupe basé sur le son d’un blues électrique urbain mais en y apportant une approche furieusement novatrice qui séduit immédiatement le public. Malheureusement la collaboration entre les deux artistes ne dure que le temps de deux albums de The Paul Butterfield Blues Band et en 1967 le guitariste part pour fonder The Electric Flag qui oeuvre dans la même veine mais avec une connotation plus Soul via l’apport d’une section de cuivres. Mésentente et cocaïne ont raison du projet après un seul album en 1968: A Long Time Comin’. S’en suit une collaboration avec Al Kooper, rencontré lors des sessions de Highway 61 revisited, et un enregistrement mythique auquel participe également Stephen Stills: Super Session. L’artiste, qui n’accorde aucun importance à la célébrité et encore moins au star system, continue d’enregistrer sur de petits labels confidentiels et écume les scènes de San Francisco avec des groupes locaux sans grande envergure. Le 15 février 1981, Michael Bloomfield est retrouvé mort dans sa voiture victime d’une overdose d’héroïne. Il n’avait que 38 ans et il restera l’un des plus sous-estimés au sein de la confrérie des grands sorciers de la 6 cordes. Pour s’en convaincre il suffit de l’écouter faire décoller avec le BBB ce standard popularisé à une époque par Elmore James: Look over yonders wall!

Ecouter: 1966 – The Paul Butterfield Blues Band: East West. Probablement la genèse de ce qu’allait devenir le Blues Rock dans toute sa splendeur. En prime East West, titre de 13 minutes, prémices d’un Acid Rock fusionnant Blues et Jazz au cours duquel Bloomfield est tout simplement éblouissant! 1968 – Bloomfield/Kooper/Stills: Super Session. Non seulement ce disque est une tuerie mais il n’a pas pris une ride! Une osmose collaborative sans nulle autre pareille.

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Gibson – Le Retour!

Gibson LegendsEn mai dernier, criblées de dettes les guitares Gibson étaient sur le point de déposer le bilan! Quelques mois après ce coup de tonnerre sur le monde de la 6 cordes, l’orage semble s’éloigner. En effet, le fond d’investissement Kohlberg Kravis Roberts & Co (KKR pour les intimes) est sur le point de passer actionnaire majoritaire de la marque. James Curleigh, qui a déjà oeuvré en tant que redresseur d’entreprises en difficultés telles que les jeans Levi’s ou les confiseries Mars, sera le nouveau PDG de Gibson. ″En tant que musicien j’ai toujours pris soin de mes Gibson et j’éprouve le plus profond respect envers la marque et ceux qui ont choisi de lui faire confiancedéclare t’il en précisant que l’entreprise aura pour objectif de se recentrer sur son métier historique: la lutherie et la fabrication d’instruments. Allez Angus! Un coup de Mars et ça repart!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Jimmy Page – Fender Dragon Telecaster

Jimmy Page DragonCasterGénéralement quand on pense au guitariste de Led Zeppelin la première image qui vient à l’esprit c’est Gibson. Effectivement, à quelques exceptions près, Page a très souvent joué sur Les Paul et aussi sur la fameuse Gibson EDS-1275, celle de Stairway to Heaven. Ceci admis c’est oublier un peu vite qu’au tout début du dirigeable le guitariste utilisait une Fender de 1959 offerte par Jeff Beck en remerciement d’une intronisation au sein des Yardbirds. En 1967, inspiré par une idée de Syd Barret, le body de la guitare est doté de 8 petits miroirs ronds afin de pouvoir générer sur scène des effets de lumières. Un peu plus tard, les miroirs seront enlevés et la peinture d’origine poncée. Passionné de créatures de légende Jimmy réalise lui même le motif représentant un dragon. Par la même occasion le pickguard noir est remplacé par un modèle transparent sous lequel est glissé un film réfléchissant. A l’occasion du cinquantenaire de la fondation Led Zeppelin, Fender et Jimmy Page sont en partenariat pour rééditer début 2019 et en 50 exemplaires ces deux versions de la Telecaster sur laquelle Jimmy Page a enregistré la majorité des titres du premier album paru en 1969 et que l’on voit lors des concerts du groupe en 1968: Dazed and confused!
Patrick BETAILLE, novembre 2018

Uli Roth – Sky Guitar

Uli Jon Roth Electric SunA la croisée d’un Jimmy Hendrix et d’un Jeff Beck, sorte d’osmose entre feeling cosmo- funky et perversions électroacoustiques, Uli Jon Roth s’impose d’emblée comme l’un des guitaristes les plus novateurs et inspirés. Natif de Düsseldorf en Allemagne, le musicien s’impose au départ avec Scorpions, groupe au sein duquel il restera jusqu’au triomphe Japonnais de Live Tapes en 1978. Lassé d’un répertoire dans lequel il se sent à l’étroit, Roth quitte la formation pour se lancer dans l’aventure power trio d’un Electric Sun à la Hendrix. Il y chante, compose, joue et tente de faire éclater au grand jour sa propre vision d’une musique imprégnée d’ambiances sombres, aériennes et mystiques. Malheureusement et comme souvent, exception faite de quelques curieux et connaisseurs, le public n’adhère pas et l’aventure Electric Sun prend fin en 1985 après trois albums. A cette époque il joue surtout sur une Stratocaster qui, malgré ses qualités, lui impose trop de limites quant à l’expression de sa créativité. Le concept de la Sky Guitar est lancé. C’est avec le luthier britannique Andréas Demetriou qu’il conçoit un prototype qui verra le jour en 82 et connaîtra diverses évolutions. Cinq versions de ces guitares verront le jour. Les modifications successives concernent principalement le nombre de frettes, les micros et le nombre de cordes. Ainsi, le modèle « Mighty Wing » se voit doté d’une 7ème corde et compte 32 frettes pour offrir une gamme de 6 octaves avec des touches creusées en U, à partir de la 8ème frette. De quoi donner à Jon les moyens d’exprimer son approche de l’exploration musicale qui consiste en compositions originales fusionnant guitare électrique et musique classique. La réussite n’est toujours pas au rendez vous. Désormais la carrière de Roth consiste en tournées au cours desquelles il partage la scène avec Michael Schenker, Steve Vaï, Joe Satriani et d’autres, en hommages live à Hendrix et en adaptations discutables de Bach, Vivaldi, ou Beethoven. Il lui arrive aussi de participer avec succès aux concerts du groupe de Klaus Meine, ce qui l’amène à sortir des albums dans lesquels il revisite les titres composés, enregistrés, et publiés au cours de sa période Scorpions. Quel dommage de constater qu’après avoir vécu une période si souterraine, celui qui devait jouer les comètes autour de la planète metal néo-classique se retrouve réduit à racler les fonds de tiroirs pour se faire entendre.

PB, août 2018

 

 

 

 

Joan Jett – I love Rock’n’Roll!

Joan Jett & the BlackheartsClisson. Vendredi 22 juin 2018, 17 heures. Mainstage 01 du Hellfest. Joan Marie Larkin, alias Joan Jett, déboule avec ses Blackhearts. Fine silhouette, coupe courte, débardeur noir, tatouages et bracelets, musicalement elle n’a pas pris une ride. A 58 ans celle qui débute sa carrière en 1975, passant quatre ans au micro du groupe The Runaways a toujours la guitare bien pendue et le timbre vigoureux. Le parterre s’agite aux accords de Cherry Bomb et de You drive me wild des Runaways, s’enthousiasme sur Light of day (Springsteen) et s’époumone sur Crimson & Clover (Tommy James and the Shondells). Accueil chaleureux bien sûr pour des titres du cru comme Bad Reputation ou I Hate Myself for Loving You et, à mi course, ovation prévisible aux premiers accords du titre des Arrows que la pionnière du rock féminin a repris et propulsé au sommet des charts en 1982: So put another dime in the jukebox, baby, I love Rock’n’Roll″!

PB, juillet 2018

 

 

 

Fender – The Tim Armstrong Hellcat

 

Tim Armstrong HellcatGuitariste et chanteur des groupes punk américains Rancid et The Transplants, Timothy Lockwood Armstrong est aussi le gérant d’un label indépendant spécialisé dans le punk, le psychobilly et le hardcore: Hellcat Records. Sollicité par Fender, Tim Armstrong a donné à son acoustique un caractère et un style modernes en reprenant le logo du chat hargneux ″Hellcat″ de son label pour décorer en version nacrée les frettes 3, 5 et 7. La 12ème elle, est ornée de deux têtes de mort. La teinte brune de la table massive en acajou prédomine comme sur la Fender des années 60 que le guitariste utilise pour composer. Récemment relookée, la Fender Tim Armstrong Hellcat existe en plusieurs versions et coloris; on peut citer également la présence d’un pré-ampli Fender à accordeur intégré. Plus d’infos: Thomann.

 

 

Fender – Telecaster Elvis Presley

Fender Telecaster RosewwodCe prototype de Fender Telecaster Rosewood fait partie d’un lot de 6 exemplaires fabriqués en 1968 par le luthier Phil Kubicki pour être offerts aux artistes populaires de l’époque. Parmi eux Jimmy Hendrix et George Harrison qui s’en servit lors des sessions d’Abbey Road et du fameux Rooftop Concert de 1969. Le tout premier exemplaire de cette série fût remis à Elvis Presley qui l’utilisa quelques mois puis, la trouvant trop lourde, la renvoya à Fender. Après être passée entre les mains du compositeur Scott Turner, la guitare aujourd’hui estimée entre $90 000 et $100 000, a récemment été mise aux enchères chez Julien’s Auctions, sans toutefois trouver preneur. Pour le moment…

PB, juillet 2018

Ted Nugent – The Motor City Madman

Autant le préciser tout de suite. Ted Nugent est connu pour son engagement au sein des associations Gun Owners of America (GOA) et National Rifle Association (NRA). Très ancré dans les mouvements de droite, il a soutenu l’élection de Donald Trump et il est un fervent supporter de la peine de mort. ″He’s a goddamn motherfucker! [NDLR]. Et sinon?Ted Nugent, Gonzo!Sinon? Sinon, Theodore Anthony Nugent grandit à Détroit dans le Michigan, temple de l’industrie automobile. Connue pour son siège de la Motown et ses groupes de rock garage comme les Stooges, MC5 et The Frost apparus à la fin des années 1960. De cette véritable poudrière musicale viennent également Alice Cooper, Grand Funk Railroad et, plus près de nous, les White Stripes. A l’époque c’est au sein des Amboy Dukes que Ted Nugent fait ses débuts, avec, il faut le reconnaitre un succès très inégal. Le guitariste se lance alors dans une carrière solo et pour assurer sa promotion il a le coup de génie de s’auto-proclamer meilleur guitariste du monde. Ceux qui croyaient à une farce sont allés voir et… Le ″fou furieux de la Motor City″ en fait un musicien accompli, un bon compositeur et un mélodiste avisé. Même si la débauche de décibels masque un peu l’ensemble, ce monstre qu’est la Gibson Byrdland a incontestablement trouvé son maître. Ted Nugent est aussi un sacré loustic et un bonimenteur de première qui vocifère à l’envie ″si c’est trop fort c’est que t’es trop vieux!″. A une grande sobriété de vie il associe chasse à l’arc et conduite de hot rods afin d’amplifier son image de tornade électrique.

Ecouter: Culte!: Ted Nugent (1975) et le fantastique solo de Stranglehold. Majeur!: Cat Scratch Fever (1977). Furieux: Double Live Gonzo! (1978). Tout le reste est dispensable à part ″Spirit of the Wild″ sorti en 1995 avec lequel le Mad Man met fin à une longue période d’approximations diverses.

PB, juin 2018

Jared James Nichols – Black Magic

Jared James Nichols Heavy Blues RockAprès un prometteur un ″Old glory and the Wild Revival″ sorti en 2015 revoici Jared James Nichols avec un deuxième essai moins speed mais tout aussi pêchu. Avec ses acolytes Erik Sandin (basse) et Dennis Holm (drums), le guitariste américain reste fidèle au modèle du genre. A la ville, le Power Trio brûle les planches avec Zakk Wylde, Glen Hughes ou Lynyrd Skynyrd et en studio les chevelus malmènent les consoles en peaufinant leur répertoire stéroïdé. Plus varié et moins bourrin que le premier opus, globalement le nouvel album offre néanmoins 10 titres bougrement efficaces. Même teinté de slide, de gospel, de funk ou de talkbox, le répertoire fait bien évidemment la part belle au guitariste dont le jeu pourrait consister en un savant mélange de Ted Nugent pas encore végétarien et de Billy Gibbons sur 380 triphasé. Amateurs du genre foncez, Black Magic n’ est pas un album de technicien mais celui d’un virtuose qui a su faire sienne la magie énergique et déjantée du Heavy Blues Rock born in the 70’s et qui sur scène affiche sans vergogne une efficacité redoutable. Jugez plutôt: Blackstar Basement Session!

PB, juin 2018