Ruf Records – Blues Caravan

Blues Sisters Ruf RecordsFondé en 1994 par Thomas Ruf alors producteur de Luther Allison, Ruf Records est un label indépendant basé à Lindewerra en Allemagne. De grands talents parmi lesquels Jeff Healey, Candye KaneCoco Montoya, Walter Trout ou Ana Popović, ont ou ont été au catalogue de cette noble institution exclusivement consacrée au Blues. A ce titre et depuis 2005 Ruf Records a mis en place les moyens de promouvoir les jeunes espoirs du label en leur donnant l’occasion de se produire sur les scènes européennes et américaines. Cette Blues Caravan est une véritable vitrine pour les fans et amateurs du genre avides de découvrir de nouveaux talents. Les éditions passées ont ainsi pu lancer les carrières de valeurs désormais sûres que sont par exemple Joanne Shaw Taylor ou Samantha Fish. Plus récemment, quelques privilégiés ont pu apprécier les Blues Sisters, un trio composé de Layla Zoe, Ina Forsman et Tasha Taylor, toutes trois s’exprimant dans un Blues Rock à la Soul envoûtante comme en témoigne cette reprise de Don Covay  interprétée en son temps par Aretha Franklin: Chain of Fools!

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

Ladies Blues – Joanne Shaw Taylor & Carolyn Wonderland.

Ladies Blues: Ana Popovic, Carolyn Wonderland et Joanne Shaw Taylor

Quand les filles s’y mettent elle ne font pas semblant et pour ce qui concerne le Blues ou le Blues Rock il arrive même qu’elles en remontrent à l’establishment masculin. Ana Popovic a intérêt à surveiller ses arrières car la concurence est là et bien là !

Carolyn Wonderland Miss UnderstoodCarolyn Wonderland : ″Miss Understood″ (2008). Une fois admis le fait que la dame a démarré très jeune et qu’elle a tourné notamment avec BB King, Johnny Winter et autres Allman Brothers. Ceci fait il faudra noter qu’elle chante, compose, joue de la guitare et accessoirement, entre deux lessives, de la trompette ou du piano. Quoiqu’il en soit, voici de quoi convaincre les sceptiques – s’il en reste – ou à minima séduire les ignorants dont je faisais partie récemment encore. Ce septième album en est à intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord la production sobre, très soignée, sans excès aucun, tout au service de l’ambiance et du feeling. La variété des genres ensuite. Au travers des douze titre on navigue du Blues Rock le plus torride (Misunderstood) à la ballade bien sentie (Feed Me to the Lions) et ce en passant par des climats Country, Rythm  and Blues et même Jazzy ou Zydeco à l’occasion. Enfin et surtout Carolyn possède une voix puissante et rythmée qui s’accorde à tous les genres et dont les intonations ne sont pas sans rappeler Janis Joplin par moments. Quant au jeu de guitare  de la dame rien à dire : parfait ! Surtout quand il donne toute sa puissance dans une reprise du tandem Johnny Winter/Rick Derringer : Still alive and Well.

Joanne Shaw Taylor White SugarJoanne Shaw Taylor: ″White Sugar″ (2009). Cette jeunette va faire mal moi je vous le dis! Y’a pas mal de temps Dave Stewart (Eurythmics) s’exprimait ainsi après l’avoir vue et entendue: ″J’ai joué avec tout un tas de musiciens de Blues, partout dans le monde. J’ai même enregistré avec des types comme R.L. Burnside…. Mais l’année dernière j’ai entendu un truc que jamais je n’aurai pensé entendre : Une blanche, anglaise de surcroît, jouer du Blues Rock de façon si intense et passionnée que j’en ai eu les poils de la nuque tout hérissés″. La Miss avait 16 ans à l’époque. Aujourd’hui elle en a 25 et elle en est a son deuxième album. Son premier disque White Sugar, sorti en 2009 est un petit bijou de blues rock bourré de feeling, d’énergie et de subtilité. Au niveau des genres Joanne n’y va pas par quatre chemins ! Fender Télécaster sur On et en avant pour un bonne heure de chorus ravageurs mais très techniques au service d’une voix bien placée, chaude, puissante et sensuelle. Quand je vous aurai dit que production et mixage sont assurés par Jim Gaines (Johnny Lang et Stevie Ray Vaughan) ben vos saurez tout. Cerise sur le gâteau, pour une fois l’editeur fait preuve d’originalité. le CD est noir et son design reprend le look vynil. Seul bémol le dernier morceau ″Blackest day″ au demeurant époustouflant, s’achève sur un decrescendo frustrant car l’on a pas envie que cela s’arrête,ou pas comme ça du moins.

Patrick BETAILLE, janvier 2011