Led Zeppelin – Stairway to Heaven

Page/Plant Stairway to HeavenThere’s a lady who’s sure all that glitter is gold…″ D’or il est encore question à propos du hit planétaire du plus grand groupe de Rock du monde. D’or pas exactement, mais de brouzoufs, de pépettes, de pognon, de flouze, bref, de dollars. Déjà le sujet avait été évoqué en 2014 lorsqu’il s’agissait de recenser d’éventuels plagiats commis par Led Zeppelin. Il était question notamment de savoir si Stairway to Heaven avait fait l’objet d’un piratage d’un titre de Spirit: ″Taurus″. Le procès intenté par les ayants droit de Randy California et gagné par Led Zep avait eu lieu en 2016. Estimant que le procès avait été entaché par de nombreux vices de procédure, la fondation qui gère les intérêts de Randy California – mort de noyade en 1997- fait aujourd’hui appel de la décision et le duo Page/Plant va donc devoir comparaître à nouveau. ″…Cause you know sometimes words have two meanings…

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Deep Purple – La saga du plagiat

Deep Purple, Child in time plagiarism

Certes dans une mesure moindre comparé à Led Zeppelin mais l’on est en droit de se poser quelques questions quant aux plagiats révélés par l’écoute attentive de certains morceaux de Deep Purple.

  • Lazy″. Un des temps forts de l’album Machine Head (1972) semble venir tout droit de chez John Mayall & the Bluebreakers. Clapton adapte un titre déjà emprunté à Memphis Slim,″Steppin’ Out″.
  • Smoke on the water″. Egalement sur la track list de Machine Head. Reconnaissable entre tous, le riff désormais légendaire avait en 1966 des accents de Bossa Nova sur un titre d’Astrud Gilberto: ″Maria Quiet″.
  • Fireball″. Tiré de l’album du même nom publié en 1971. Quasiment un copié/collé du cinquième titre de l’unique album des canadiens de Warpig: ″Rock Star
  • Black Night″. Le titre sort en single en juin 1970 pour promouvoir l’album In Rock. Visiblement le riff a été emprunté à la version Ricky Nelson de ″Summertime″ .
  • Child in time″. It’s a Beautiful Day est une formation qui gravite dans la sphère hippie du Grateful Dead et Jefferson Airplane. Deep Purple a l’occasion de les entendre et John Lord est totalement fasciné par le potentiel de l’un des morceaux de l’album éponyme sorti en 1969.  La bande à Ritchie Blackmore se livre alors à une refonte du titre au départ purement instrumental. Des textes forts dénonçant par métaphores l’absurdité  et les ravages des guerres sont ajoutés et portés par la voix d’un Ian Gillan surpuissant au sommet de sa forme.  Dès sa publication ″Child in time″ goûte au succès énorme que ne connaitra jamais la version  de Bombay Calling″.

PB, octobre 2016

Led Zeppelin – La saga du plagiat!

Led Zeppelin I-II-III-IV

L’écoute des versions originales dont il est question ici même conduit à admettre que parfois les termes de ″reprise″, ″inspiration″, ″influence″ ou ″plagiat” peuvent cohabiter de manière sournoise. Même quand il s’agit de l’un des plus grands groupes de Rock. Larguez les amarres!

Led Zeppelin I

Babe I’m gonna leave you: Ecrit par Anne Bredon dans les années 50, chanté en 1964 par Barbara Müller . Crédité ″Words and Music: Jimmy Page″. L’auteure intente une action en justice dans les années 80. Depuis le tire est estampillé ″Brenon/Page-Plant″.

Black Waterside: Chanson tirée du folklore Irlandais, arrangée et publiée par Bert Jansch en 1965. ″Music by Jimmy Page″ même s’il n’a fait que supprimer les paroles.

Dazed and Confused: A été écrit par Jake Holmes en 1967. Le titre est repris en son temps par les Yardbirds, groupe dans lequel Jimmy Page tient le manche de la 6 cordes. La version du Zep sera créditée : ″Jimmy Page: Word and Music″.

How Many More Times: Publié en 1961 par Howlin’ Wolf sous le titre de ″How Many More Years″. Bien que les paroles soient différentes, la musique, elle, est identique. Figurent également dans la version du dirigeable des plans piqués d’une part à ″The Hunter″ de Albert King et d’autre part au Beck’s Bolero de Jeff Beck. Pourtant le songwriting est bien identifié: ″Jimmy Page, John Bonham & John Paul Jones″.

Malgré tout deux titres de l’album sont bien attribués à leur auteur Willie Dixon: ″You Shook Me″ & ″Dazed and Confused″. Au final seuls deux morceaux subsistent en tant que compositions originales: ″Good Times, Bad Times″ & ″Your Time is Gonna Come″.

Led Zeppelin II

Whole Lotta Love: Au bénéfice de ″Bonham/Jones/Page/Plant″, Créé par Willie Dixon et enregistré par Muddy Waters en 1962  sous le titre ″”You Need Love″. Dixon intente un procès mais le perd.

The lemon Song: Riff et paroles pompés sur ″Killing Floor″ de Howlin’ Wolf en 1966 mais ″Bonham/Jones/Page/Plant″ toujours crédités.

Moby Dick: En écoutant ″Watch Your Step″ que Bobby Parker enregistre en 1961 on se demande vraiment comment ″Bonham/Jones/Page/Plant″ osent en revendiquer la paternité.

Bring it on Home: Sonny Boy Williamson l’enregistre en 1963 mais le porte au crédit de Willie Dixon qui en est l’auteur. Ce dernier intente un procès au cours des 70’s mais le titre restera attribué à « Page/Plant« .

 Led Zeppelin III

Since I’ve Been Lovin’ You: Signé « Jones/Page/Plant » et pourtant les paroles sont clairement copiées sur le « Never » de Moby Grape et la musique y est par moments très similaire.

 Led Zeppelin IV

Stairway to Heaven: Hit planétaire attribué à ″Plant & Page″. L’intro et quelques plans seraient tirés de ″Taurus″, un morceau composé en 1968 par Randy California, le guitariste du groupe Spirit. Les membres de Led Zeppelin ont eu de nombreuses fois eu l’occasion d’entendre le titre, notamment lorsqu’ils faisaient la première partie du groupe Californien à Denver aux États-Unis. Plainte a été déposée par l’avocat de Randy California. A suivre donc. Les enjeux sont énormes. Droits d’auteur (et donc royalties), éventuelle interdiction de mise sur le marché (prévue à partir d’ octobre) de la version remastérisée de la discographie de Led Zeppelin… Même si généralement par le passé ce genre de conflit s’est presque toujours réglé à l’amiable, ce coup ci, les avocats vont devoir jouer une sacrée partition. Rock’ n’ Roll bordel!

Patrick BETAILLE, septembre 2014