La Discothèque Idéale 2024

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le Viens Poupoule d’André Verchuren vous hérisse? La Symphonie N°5 d’Arthur Honegger vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée?

Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

 

Blues Pills – Birthday

 

 

 

Tournées incessantes, cela faisait 4 ans que la formation suédoise ne nous avait pas gratifié d’une production studio. Flashback. Blues Pills est né de la rencontre. Celle de Zack Anderson (basse) et Cory Berry (batterie) du groupe Radio Moscou avec la chanteuse Elin Larsson. Un premier album éponyme gorgé de hard/psyché sort en 2014. Deux ans plus tard, plus sophistiqué, plus pop rock et teinté soul, Lady in Gold obtient l’adhésion du public. Retour aux sources en 2020 avec un Holy Moly au blues rock fougueux, flamboyant et surtout très convaincant. Bien avisé celui qui aurait pu parier sur ce qu’allait offrir la quatuor avec ce quatrième album. Birthday est une fois de plus différent de ce qui a nourri la notoriété du groupe. Musicalement, ce qui est frappant à la première écoute c’est que sont privilégiées les lignes mélodiques, harmoniques et rythmiques du rock, le tout dans une ambiance pop. À n’en pas douter, les fans de rock énervé risquent de passer leur chemin en accordant toutefois un accessit aux trois premiers titres. Birthday, D’ont you Love it et Bad Choices, tous trois bien campés dans un classic rock énergique. Peut-être s’attarderont ils un moment sur le mid tempo de Piggyback Ride et Holding Me Back ou le bluesy Shadows et son ambiance garage, mais, en prétendant que ces compos n’apportent pas grand chose de neuf.  Une chose est sûre, la complainte heavy I Don’t Wanna Get Back on that Horse Again ne va pas leur friser les poils de la guitare. Pas plus que Top of the Sky, Like a Drug, Somebody Better et What has this Life Done to You, des ballades douceâtres qu’ils s’empresseront de qualifier de ″ housewife music ″. Fadaises et billevesées que tout ceci comme aurait dit Maître Capello en remettant 100 francs dans le nourrain.  Bien qu’assez éloigné des disques précédents, Birthday est admirablement bien ficelé et pas un seul des 11 titres n’est réellement dissonant. Les compositions, chacune dans leur genre, sont d’une rare efficacité et le chant magnifique est en tous points d’une perfection rare [Elin Larsson est enceinte, ceci expliquant cela? – NDLR]. Montez le son, go wild, et faites-le écouter à ceux qui vous sont chers.

Patrick BETAILLE, août 2024

Steven Tyler – Dream Off!

© Photo: Victor Chavez

 


[Steven Tyler – Dream On]: ″ The past is gone… Everybody’s got the dues in life to pay – Le passé est révolu… Dans la vie, tout le monde a des comptes à rendre ″.


Hélas, trois fois hélas, il va falloir se faire à cette idée. Aerosmith c’est terminé. Une fin brutale pour le groupe qui était sorti de sa retraite il y a un an pour entamer en 2023 une tournée d’adieu, histoire de fêter ses 50 ans de carrière. Et quelle carrière! 150 millions de disques vendus, des hits planétaires, bon nombre de Grammy Awards et autres récompenses dignes d’une notoriété phénoménale. C’est en septembre 2023, lors du Peace Out : The Farewell Tour que Steven Tyler s’est fracturé le larynx au cours d’un concert à New York. Le tour de chant avait alors été reporté pour laisser au chanteur à la voix de chat écorché le temps nécessaire de récupérer ses cordes vocales. Las, le diagnostic est sans appel: un rétablissement complet de sa blessure n’est pas envisageable. Constat déchirant et c’est contrainte et forcée que la formation de Boston a annoncé la fin prématurée de sa carrière. Fini l’Amour dans l’Ascenseur*, stop à la Vie sur le Fil du Rasoir*. Déménagement*: les Jouets restent dans le Grenier* et les Rats à la Cave*. Pas Plus*! Pour l’Émotion* et les Pleurs*, C’est par Ici*. Steven, Joe, Tom, et Brad vont pouvoir profiter d’un peu de repos bien mérité. AEROSMITH, qui n’a pas pour autant annoncé sa séparation, enregistrera t-il à nouveau ? On peut rêver*.

*Love in an Elevator – Livin’ on the Edge – Movin’ Out – Toys in the Attic – Rats in the Cellar – No More, No More – Sweet Emotion – Cryin’ – Walk this Way  – Dream on.

Patrick BETAILLE, août 2024

Rock Meeting – Hauts de Gammes

 

Dans ce meeting, pas d’orateurs soporifiques, de powerpoint insipides, de tableaux excel ou de stats imbitables, ni de plateaux repas prémâchés. Rock, Hard Rock, Heavy Metal, Pop Rock, etc, n’ont aucun secret pour cette équipe de chroniqueurs.  Bougrement motivés, assidus et efficaces ils surfent sur l’actualité musicale pour nous offrir ce qui se fait de mieux en terme de chroniques, de comptes-rendus, d’interviews et de news indispensables à tout amateur de bonnes vibrations. Pas besoin d’invitations, entrée libre pour un raout des plus jouissifs. Allez-y!


👉  ROCK MEETING  👈


Patrick BETAILLE, juillet 2024

Kings of Leon – Can we Please Have Fun

 

Trois ans après  When You See Yourself , les rockers sudistes drivés par Caleb Followill sont de retour avec Can We Please Have Fun. Trois années de pause dont les Kings Of Leon ont profité pour passer chez Capitol sans pour autan trop changer d’orientation musicale. Sans révolutionner le genre ou surprendre les fans, cet album continue de fleurer bon le sud des Etats-Unis en offrant un rock à la fois simple et arty qui, parfois, ne délaisse pas pour autant les ambiances garage. C’est là que réside l’ambiguïté de cet album : d’un côté un retour aux racines rock avec Mustang ou Hesitation Gen, de l’autre un combo qui donne l’impression de se perdre dans des exercices stylistiques un peu vains, au risque de décevoir les fans de la première heure. Sur le fond comme sur la forme, le disque est dans la retenue, sans vraiment de fulgurance. Reste que l’ensemble des 12 titres brille par des qualités mélodiques évidentes et des interprétations efficaces. Alors? Peut-on s’amuser avec ce neuvième opus des ″ Southern Stokes ″? La réponse est oui et, sans pour autant marcher au plafond, l’on peut au moins prétendre à 45 minutes de détente.

Patrick BETAILLE, juin 2024

SUM 41 – Heaven :x: Hell

 

 

Le 8 mai 2023, Sum 41 annonçait qu’il se séparerait après la sortie d’un dernier album. Nous y voilà!  Heaven :x: Hell, le skud en question est dans les bacs et, depuis janvier 2024, le groupe assure une tournée mondiale qui s’achèvera en janvier 2025 au pays de Couillu le Caribou. En la circonstance et question studio, le combo canadien n’a pas fait les choses à moitié. Un double album et 20 titres partagés à part égales sous la forme de deux thématiques. Heaven offre une collection de 10 morceaux de pop punk énergique fidèle à une identité sonore nourricière d’un succès qui n’est plus à prouver. Pour preuve Bad Mistake et Johnny Libertine aux refrains accrocheurs, comme une invite à foncer tête baissée. À l’inverse, Hell passe la démultipliée avec un heavy metal plus brut, plus sombre et plus acéré. En témoignent Stranger In These Times et surtout I Don’t Need Anyone qui déboule sur un groove de basse hypnotique pour s’achever sur solo de guitare aussi tranchant que la lame d’une guillotine.

Chaque section de ce double LP est impeccablement conçue et il est parfois difficile choisir entre le Paradis et à l’Enfer, sauf à se dire que grâce à une reprise martiale de Paint it Black l’on peut opter pour une voie alternative susceptible de fusionner l’ensemble. Tout au long de 27 années d’une carrière remarquable, les canadiens ont constamment démontré des compétences musicales solides, affirmant ainsi leur statut de groupe parmi les plus estimés et doués de leur génération. Pour un chant du cygne, Heaven :x: Hell mérite un immense respect à l’égard du savoir-faire de Sum 41 qui nous offre là un cadeau d’adieu généreux des plus estimables.

Patrick BEATILLE, avril 2024

Black Crowes – Happiness Bastards

 

15 ans! Certains n’y croyaient plus, d’autres les attendaient avec impatience. Si l’on fait abstraction de Croweology (une espèce de best of revisité) en 2010 et de Wiser for the Time (un double live de la tournée 2010), The Black Crowes n’avaient rien produit depuis l’excellent Before the Frost/Until the Freeze paru en 2009. Tout ceci à cause de difficultés relationnelles suivies d’un clash entre les frères Robinson. 15 ans d’attente pour pouvoir savourer ce Happiness Bastards, premier véritable album annonciateur d’un nouveau départ pour Chris et Rich Robinson. Pour ce neuvième opus studio, les américains jouent la carte de l’efficacité avec dix titres totalisant une quarantaine de minutes de classic rock qu’ils maitrisent parfaitement. Démarrage en trombe avec Bedside Manners et Wanting and Waiting, puissance au groove imparable et aux guitares entêtantes qui deviennent sublimes sur Rats and Clowns. Des cuivres et des chœurs pour un Dirty Cold Sun aux accents soul. De la slide et de l’harmonica pour un Bleed It Dry qui s’impose en tant que joyaux heavy blues. Difficile de ne pas tomber sous le charme de Flesh Wound énergique, simpliste mais tellement mélodieux et efficace. Seule exception à la règle, Wilted Rose, une ballade sur laquelle la chanteuse country Lainey Wilson vient poser sa voix. Happiness Bastards est un album couillu qui mérite que l’on s’y attarde, ne serait-ce que pour accompagner la fratrie Robinson dans leur processus de réconciliation créative.

Patrick BETAILLE, mars 2024

Rock Anthology – 1974

 

Putain 50 ans! Il est indéniable que le rock moderne doit énormément aux seventies. Pink Floyd, Led Zeppelin,  Aerosmith, Alice Cooper et d’autres inspirent parfois encore – et heureusement – de nombreux groupes contemporains. En 1974 Supertramp commettait le Crime du siècle, Rory Gallagher nous embarquait dans son Tour d’ Irlande, Deep Purple Brûlait et pour les Stones c’était Only Rock’n’roll.

Petit voyage sur un chemin de mémoire musicale pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore une Aya Nakamura autotunée et bistourisée de la tête aux pieds.

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup dans ce millésime, et des bons en plus: Aerosmith: Get Your Wings – Bad Company: Bad Company – David Bowie: Diamond Dogs – Eric Clapton: 461 Ocean Boulevard – Genesis: The Lamb Lies Down On Broadway – Lynyrd Skynyrd – Second Helping, Humble Pie, Judas Priest, Kiss, Queen, Roxy Music, Thin Lizzy, Yes, Tom Waits, etc. Le bon temps quoi!

Patrick BETAILLE, février 2024

 

La Discothèque Idéale 2023

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le Viens Poupoule d’André Verchuren vous hérisse? La Symphonie N°5 d’Arthur Honegger vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée?

Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, Janvier 2024

The Struts – Pretty Vicious

 

Depuis sa formation en 2012, ce groupe britannique a su se tailler une solide réputation, nourrie de 2014 à 2020 par  trois albums aux influences sérieusement seventies et entretenue en 2017 et 2018 par de nombreux concerts. The Struts ont d’ailleurs eu l’occasion de faire les premières parties des Who, de Guns N’ Roses, de Mötley Crüe et des Foo Fighters dont le leader Dave Grohl a eu l’occasion de déclarer:  ″ The Struts sont le meilleur groupe qui a ouvert pour nous ″. Pas trop étonnant. Heavy rock parfois teinté de glam ou de pop. Gros son, riffs calibrés, concision, sens de la mélodie et spontanéité flamboyante donnent au quatuor l’occasion d’offrir à son auditoire quelques instants jubilatoires jusqu’alors chasse gardée de Slade et Aerosmith. The Struts ont du style et ils le prouvent avec ce Pretty Vicious énergique, efficace et accrocheur. À l’écoute des onze titres, les plaisirs varient sans jamais tomber dans la caricature et le mauvais goût. Tout pour le rock et rien que pour le plaisir.