Cold Stares – Texas

 

Depuis une quinzaine d’années, ce groupe originaire de l’Indiana exprime son attachement à la musique du Sud. Avec The Cold Stares il ne s’agit pas de rock sudiste pur et dur. Il est plutôt question de fusion entre blues franchement roots et rock suffisamment brut, le tout mâtiné d’ambiances résolument modernes.
Sur le récent Texas, l’on retrouve donc ce concept de heavy blues qui capture l’essence même des rythmes et des sonorités qui ont nourri bon nombre des influences du trio.
D’une solidité à toute épreuve, Nowhere To Go démarre sur un riff et un tempo d’une solidité à toute épreuve. Grâce à un changement de cadence à mi parcours et un jeu de guitare remarquable, Queen of Hearts devient plus bluesy. L’atmosphère se fait plus dense avec Deeper You Dig lourd et agressif, presque metal. Le spasmodique Can’t Hold Out Much Longer fait appel à un son puissant et direct. Hommage à B.B. King avec une reprise convaincante de Chains and Things interprétée avec émotion et intensité. Le moment de calme de l’album est One Last Chance. Morceau dans lequel domine un fingerpicking exécuté au dobro et de belles harmonies au clavier qui ajoutent une dimension aérienne à l’expression de Chris Tapp. Out Of Love est construit autour d’un riff, chanté avec émotion, agrémenté d’un solo réussi et soutenu avec brio par la basse et la batterie. Tout comme le morceau suivant, le shuffle entraînant de Burden to Bear qui livre lui aussi d’incandescentes parties de guitare. Possession repose en grande partie sur la voix. Galopant et décontracté Further Down the Road fonctionne à merveille. Sugarcane clôt l’album. Le groupe y explore un swamp rock teinté de gospel et part en goguette dans le Bayou.


Tout simplement excellent. Porté par une production et des arrangements minimalistes et efficaces, Texas souligne la classe de The Cold Stares. L’interprétation de leur approche artistique est incroyablement énergique, communicative et bienfaisante.


Dion – The Wanderer

 

[Extrait]: Les années 50 ont vu déferler sur les USA une vague de groupes vocaux noirs – souvent météoriques – issus du gospel. Ce fut la déferlante doo-wop. À l’orée des sixties, juste avant le tsunami britpop, les italo-américains ont eu leur moment de gloire grâce à de bons vocalistes. Ce fut le cas de Dion DiMucci. Avec un timbre de voix séduisant, une gueule d’ange à la John Kennedy, un look soigné et un sourire ultrabright, Dion a réussi à placer une douzaine de chansons dans le top 40, dont The Wanderer. Parue en 1961, cette niaiserie de pop sentimentale sera adaptée en français, quasiment mot pour mot, par Richard Antony en 1962…
″ Je suis le genre de gars qui ne pense qu’à s’amuser. Je vais de gauche à droite, je cours de fille en fille. Je vous l’avoue, c’est mon grand péché. On m’appelle le vagabond ″…
En 1984, Status Quo est en sursis. Ils sont contractuellement tenus de sortir une compilation et un 45 tours. À court d’inspiration Rossi et Parfitt décident d’enregistrer une reprise. Par dépit, le choix se porte sur The Wanderer. Jackpot ! Le single sort en octobre et campe un temps en tête des charts européens.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Studio Number One – Led Zeppelin

 

Connu et célèbre sous le pseudonyme Obey, l’artiste américain Shepard Fairey est à la fois street artiste, sérigraphe et illustrateur. En 2003, il fonde et dirige avec son épouse Amanda une agence de design graphique: le Studio Number One. Design, communication, publicités, le collectif basé à Los Angeles est également à l’origine de plusieurs pochettes de disques. Au catalogue: The Greater Of Two Evils d’Anthrax (2004), le Monkey Business des Black Eyed Peas (2005) ou Zeitgeist pour les Smashing Pumpkins (2007). Entre autres.
Les deux exemples les plus marquants sont sans conteste les pochettes réalisée pour Led Zeppelin: Mothership, leur compilation de 2007 et Celebration Day (2012), le live enregistré à l’O2 Arena de Londres. Ces deux cover arts révèlent d’emblée deux des principales influences de Fairey: les affiches de cinéma des années 1930 et les affiches de propagande de la Russie révolutionnaire. L’utilisation du blanc, du rouge et du noir comme seules couleurs et la police de style Art déco créent des compositions où l’esthétique contemporaine du street art s’exprime dans un élégant style vintage.
″ J’ai eu l’immense chance de travailler avec les légendaires Led Zeppelin ! Après avoir réalisé la pochette de l’album Mothership, ils étaient tellement satisfaits du résultat qu’ils m’ont demandé de créer celle de Celebration Day. À un moment donné au lycée, je crois que j’ai écouté Physical Graffiti en boucle dans mon autoradio pendant trois mois. Bref, le groupe a aimé ce que j’ai proposé, et voilà. C’est tout simplement incroyable. J’ai réalisé deux pochettes pour l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps ″. 300 sérigraphies numérotées de Celebration Day ont été éditées. Cinquante tirages supplémentaires, signés par le groupe, ont été vendus au profit d’une œuvre caritative.


D’autres Histoires sur le Cover Art à retrouver dans le Livre:
👉 In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art 👈


The Dead Daisies – Live Plus Five

 

Live Plus Five des Dead Daisies capture le groupe dans son environnement de prédilection: la scène. Fidèles à leurs habitudes, les ″ Défuntes Marguerites ″ reviennent avec un nouveau live enregistré le 23 août 2025 lors du festival Stonedead à Newark dans le Nottinghamshire. En tête d’affiche, John Corabi et les siens se sont livrés à une prestation digne de leur rang. La setlist de quatorze titres a été enrichie de cinq morceaux supplémentaires enregistrés lors d’autres concerts en Europe (à Lyon notamment), aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Ouverture du set avec Long Way To Go. Suivent Rise Up et Dead And Gone annonciateurs d’une version incisive de Light Em Up. Pour le classique Bustle And Flow, Tommy Clufetos y va de son solo de batterie. Efficace. Puissance et explosivité ont pris rendez-vous avec I Wanna Be Your Bitch et le I’m Gonna Ride dédié aux motards.  Take a long Line et Resurrected enclenchent le turbo suralimenté par les solos de Doug Alrich.
Parmi les reprises on retiendra notamment un Helter Skelter des Beatles incluant un clin d’œil à Led Zep (Nobody’s Fault but Mine). Le blues rock énergique de  Going Down (Freddie King) à la hauteur des attentes. Tout comme les inévitables Fortunate Son (Creedence Clearwater Revival), Midnight Moses (Alex Harvey Band), Black Betty (Ram Jam) et l’étonnant Get a Haircut (George Thorogood & the Destroyers).


À plein régime, The Dead Daisies prouvent avec Live Plus Five qu’ils sont l’une des formations les plus convaincantes du heavy metal actuel. Le son est direct, puissant et sans fioritures. Soutenu par une rythmique persuasive, John Corabi fait preuve d’une autorité incontestable.


 

Paul McCartney – Violin Bass

© Photo: Jimmy Baikovicius – Flickr

 

La marque Höfner voit le jour en 1887. Fondée par le luthier allemand Karl Höfner, la maison fabrique des violons, des violoncelles et des contrebasses. Lorsque dans les années 50 la société se tourne vers les guitares électriques, elle conserve l’approche méticuleuse réservée aux instruments classiques : collage à la main, filets incrustés et sélection des bois pour leur résonance naturelle. C’est ce savoir-faire artisanal hérité de la lutherie européenne qui se retrouvera jusque dans la conception de la fameuse Violin Bass.
Sortie en 1956, la Höfner 500/1 aborde  dans un monde dominé par Fender et ses basses massives. Quand l’américaine s’appuie sur la puissance et la solidité, l’allemande devient un instrument délicat et léger. Semi acoustique, son corps creux lui confère une chaleur et une douceur rares. Là où la Fender Precision vrombit, la Höfner chante.
En 1961, les Beatles jouent huit heures par nuit dans les clubs des quartiers sulfureux de Hambourg. Le jeune Paul McCartney découvre la quatre cordes dans la vitrine d’un magasin de musique. Il est aussitôt frappé par sa symétrie : enfin une basse qu’il peut jouer sans avoir à adapter un montage pour gaucher. Son prix est aussi un argument décisif : environ 30 livres sterling. Il l’essaie et c’est surtout la jouabilité de l’instrument qui domine et qui fera dire à Paul: ″ c’était la première basse qui me semblait faite pour moi. Et comme elle avait cette forme de violon, elle avait aussi quelque chose de noble ″. Adjugée! C’est cette hollow-body qui donnera à ″ Macca ″ la possibilité de s’exprimer librement tout au long de sa carrière de bassiste. Ou presque.
En 1972, la première Höfner de Paul McCartney a été dérobée dans un van des Wings dans le quartier de Notting Hill à Londres. Pendant plus d’un demi-siècle, elle disparaît des radars, nourrissant les rumeurs les plus folles. En 2023, Höfner et une équipe de journalistes lancent le  ″ Lost Bass Project ″. Un appel à témoins mondial qui, en février 2024, se solde par un petit miracle. La basse réapparaît, retrouvée avec son étui d’origine dans un grenier de Hastings dans le Sussex. Authentifiée par son fabriquant, elle a été restaurée, remise en état de marche et restituée à son propriétaire. Paul a ainsi pu rejouer de cette Violin Bass sur la scène de l’O2 Arena de Londres le 19 décembre 2024.


Paul MacCartney ne se contentait pas de marquer le tempo: il racontait une histoire. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter entre autres Something, Come Together ou Penny Lane. Avec un son à la fois rond, souple et organique, les lignes de basse y deviennent mélodiques, sensuelles et presque lyriques.


Rolling Stones – Foreign Tongues

 

Plus d’une heure. 14 titres: 9 de rock pêchu, 3 ballades et 2 morceaux aux accents country. Des invités VIP: Paul McCartney, Steve Winwood, Robert Smith et Chad Smith. Deux reprises et un hommage aussi. Celui à Charlie Watts parti traîner ses fûts et ses baguettes au plus haut des cieux en 2021. Voilà une belle entrée en matière – sur le papier du moins – pour Foreign Tongues, le vingt-cinquième album studio des Rolling Stones. 
Un fois digéré le cover art plus que douteux, à l’écoute, çà s’annonce plutôt bien. Les hostilités débutent avec Rough And Twisted, un rock bluesy vigoureux et prometteur, bien ancré dans la tradition stonienne. Même si l’énergie est souvent présente grâce aux guitares rugueuses et autres habiletés sonores, la suite s’avère plus délicate. Certains titres affichent même de grosses faiblesses. Bien qu’efficace, In The Stars arrive encore à faire le job en se noyant dans un refrain et des chœurs par trop entêtants. Pour un indigeste Jealous Lover, Sir Jagger ressort son costard de serial crooner à la voix de falsetto période Emotional Rescue. Pour Mr Charm et Divine Intervention on est en droit de se demander à quoi peuvent bien servir des resucées de fonds de tiroirs. Avec une tonalité country, la ballade Far Away Eyes est trop balisée et devient vite ennuyeuse. Par manque d’originalité, Never Wanna Loose You aux accents disco tourne vite en rond. L’espoir renaît avec Hit Me In The Head. Tempo speed, riffs endiablés et harmonica rugissant redonnent un bon coup de fouet. Ceci expliquant probablement cela, c’est d’ailleurs le seul titre sur lequel on entend le gentleman drummer des origines. Sa frappe sèche y est immédiatement reconnaissable. Il faut vite déchanter à cause de Covered In You. Titre dénué d’intérêt, totalement au service de Mick qui en fait des tonnes. Si bien que parfois sa voix auto-tunée semble difficilement reconnaissable. Le très formaté Side Effects qui suit parvient sans trop forcer à remettre l’église au centre du village.
L’album réserve quelques surprises agréables. Une relecture toute en retenue du You Know I’m No Good d’Amy Winehouse dans lequel le ″ tin sandwich ″ remplace les cuivres. Some Of Us, un mid-tempo nostalgique chanté par Keef qui emprunte des intonations à Bob Dylan pour nous charmer et ça fonctionne. Back In Your Life déploie une montée en puissance qui mène à un solo auquel Ronnie Wood ne nous avait plus habitué depuis longtemps. Pour finir, une reprise de Chuck Berry. En version acoustique, Beautiful Delilah offre une mouture indéniablement roots et sincère de la compo de ″ Crazy Legs ″. Les ″ Glimmer Twins ″ sont imbattables quand il s’assoient côte à côte pour célébrer leurs premières amours. Comme pour son prédécesseur Hackney Diamonds, c’est Andrew Watt qui est à la manœuvre. Bien que allégée, la production de Foreign Tongues reste donc trop propre, trop brillante et trop lissée [NDLR: Hey Andrew!? On ne produit pas les stones comme Justin Bieber ou Britney Spears!). Au point que l’écoute devient quelque peu lassante. L’album à l’évidence trop long offre malgré tout de bons moments. Même en mode rabâchage sous stéroïdes, il ne sonne pas du tout comme un chant du cygne d’octogénaires qui roulent encore. 


Mieux que si c’était pire, Foreign Tongues n’entame en rien la légende des Rolling Stones. Il faut quand même reconnaître qu’il n’apporte pas grand chose non plus. En tout cas pas de quoi y trouver une réelle Satisfaction.


 

Stars and Stripes – In Rock

De gauche à droite. MC5: Kick Out the Jam – Bruce Springsteen: Born in the USA – Black Crowes: Amorica

 

[George Washington]: ″ Nous prenons les étoiles du ciel, le rouge de notre pays d’origine (l’Angleterre), avec des bandes blanches en guise de séparation montrant ainsi que nous nous sommes séparés d’elle. Les bandes blanches passeront à la postérité comme symbole de liberté ″.
Aujourd’hui et après maintes évolutions, les 50 étoiles du Stars And Stipes représentent collectivement les états membres de l’union et les treize bandes symbolisent les treize colonies britanniques sécessionnistes à l’origine de la création du pays de Uncle Sam. 
Hors célébrations et commémorations officielles, le drapeau américain peut être sorti tous les jours de l’année entre l’aube et la tombée de la nuit. Ainsi, Il flotte régulièrement sur les pelouses des habitations, accompagne les évènements sportifs et sert de support aux campagnes de communication ou de publicité.
Mais, souvent détournée à des fins critiques ou revendicatives, la bannière étoilée a aussi été au cœur de la culture américaine. Notamment dans le domaine du rock en apparaissant sur certaines pochettes d’albums.
De Jefferson Airplane (Volunteers) ou Sly and The Family Stone (There’s a riot goin’ On) à Drive By Truckers (American band) en passant par Johnny cash (Ragged old flag) et Dolly Parton (For God and Country), les exemples sont légion. Certains ont même fait l’objet de polémiques virulentes et même de censure.

• MC5: Kick Out the Jams – 1969. The Star-Spangled Banner figure en filigrane sur cet album live du groupe protopunk de la scène deDetroit. Brut, sauvage et direct, le disque a été censuré. Non pas du fait de la présence du drapeau mais à cause d’un ″ kick out the Jams motherfuckers ″ politiquement revendicatif et révolutionnaire. Lire l’article!
• Bruce Springsteen: Born in The USA – 1984. Photographié par Annie Leibovitz, The Boss est de dos devant la bannière étoilée. Les titres de l’album critiquent sévèrement le comportement d’une Amérique qui abandonne ses vétérans du Vietnam et ignore ses nécessiteux. Bruce sera même accusé de poser en train de pisser sur le drapeau. Lire l’article!
• Black Crowes: Amorica – 1994. Chez l’Oncle Sam, on n’apprécie pas du tout le persil qui dépasse du cabas. Surtout s’il s’agit d’un string aux couleurs étasuniennes. Les diffuseurs refusent de commercialiser le disque. La pochette sera noircie pour ne laisser apparaitre que le triangle étoilé sur lequel la pilosité vagabonde a été gommée. Lire l’article!


Bientôt 52 étoiles? L’Agent Orange joue au Risk. Il prétend annexer le Canada en l’asphyxiant économiquement et veut s’approprier le Groenland en misant sur le billet vert. What the fuck!


Uli Jon Roth – Sky Guitars

© Photo: Screenshot Uli Jon Roth – Little Wing (Live in Japan)

 

En 1974 Michael Schenker quitte Scorpions pour rejoindre UFO. Il est remplacé par Uli John Roth qui devient le guitariste soliste et l’un des compositeurs de la formation alors en pleine ascension. À cette époque, le natif de Düsseldorf se distingue par un jeu très influencé par par le gaucher de Seattle qu’il exprime essentiellement à l’aide d’une Fender Stratocaster. Mais celui que l’on surnomme déjà le Jimi Hendrix allemand se sent vite à l’étroit dans un répertoire qui fait la part belle au hard rock contemporain. Il souhaite plutôt vers des œuvres originales, loin des standards commerciaux, et donner une dimension musicale psychédélique et cosmique à certaines œuvres inspirées par les grands compositeurs classiques.
En 1978, Roth s’émancipe donc du groupe de Klaus Meine à la Musifin de la tournée mondiale retracée dans l’album live Tokyo Tapes et fonde son propre groupe: Electric Sun. La même année il fait la connaissance d’Andréas Demetriou, un luthier de Brighton, avec lequel il élabore un nouveau concept de guitares, à mille lieues des courants habituels.
Afin de pouvoir approcher les notes aiguës d’un violon, les Sky Guitar sont dotées de frettes supplémentaires sur des manches scallopés, permettant ainsi au musicien de développer une fusion unique de musique classique et de rock. Cinq versions de cet instrument sont créées: trois à six cordes et deux à sept cordes afin de renforcer les basses. Immédiatement identifiables en raison d’un design particulier en forme de ″ S ″, toutes sont dotées d’une technologie permettant le contrôle de l’ampli directement depuis la guitare. Pour l’occasion, John Oram, technicien et ingénieur du son, met au point des micros offrant un un haut niveau de sortie, un son riche et un sustain remarquable.


En 1986, Roth décide d’abandonner le nom d’Electric Sun et de se produire sous son propre nom. En 2107, il fonde Sky Guitars et fait appel à Boris Dommenget, un maître luthier allemand qui fabriquera entièrement à la main un chef-d’œuvre à deux manches. Cette Mighty New Dawn combine une guitare acoustique à 7 cordes nylon et une électrique également à sept cordes.


 

The Pretty Reckless – Dear God

 

Les newyorquais de The Pretty Reckless ont passé une grande partie de ces dernières années dans les stades en première partie d’AC/DC. Cinq ans d’absence avant que Taylor Momsen et ses acolytes ne reviennent avec Dear God. Si le précédent Death By Rock And Roll puisait essentiellement dans le registre rock alternatif ou grunge, ce cinquième album ne déroge pas à la règle mais annonce un virage significatif. Les 14 titres révèlent une formation qui, sous une apparente simplicité, explore avec subtilité un univers baigné de tensions portées par la voix de Momsen. Totalement investie, elle est capable avec la même aisance de passer du murmure au cri primal pour créer un lien entre puissance et vulnérabilité. Énergie directe pour For I Am Death et When I Wake Up, soutenus par la guitare rageuse de Ben Phillips sans qui l’album ne serait pas ce qu’il est. Intro acoustique pour Dragonfire qui prend son temps avant de déclencher une dévastation sonore. Le titre éponyme devient quasiment viscéral, laissant Momsen livrer l’une de ses interprétations les plus remarquables. C’est le mid tempo qui caractérise un Dark Days quasiment aérien et touchant. Délicieusement acoustique, Devil In Disquise s’achève tout en douceur sur un nappage de pedal steel guitar. Surprenant, Life Evermore décliné en trois interludes respiratoires de 45 secondes: Pt.2 en intro, Pt.3 au milieu du gué et Pt.1 en conclusion.
Question son, tout est géré de main de maitre. Pas de superflu, pas de surproduction. Riffs efficaces, rhythmiques dosées, lignes vocales aussi simples qu’organiques. L’authenticité est remarquablement présente et le sens du détail propulse l’ensemble dans une atmosphère eurythmique.


Dear God s’écoute sans effort et offre une cohérence rare. Le hard rock musclé qui a fait la réputation du groupe est toujours là, mais il s’accompagne de nombreuses nuances. Les compositions accrocheuses s’articulent harmonieusement sans jamais tomber dans la facilité et Taylor Momsen confirme qu’elle reste l’une des voix les plus intéressantes du rock contemporain. Magistral! 


 

Derek Hess – R.L. Burnside

 

Derek Hess est un illustrateur américain installé à Cleveland, dans l’Ohio. Sa carrière s’est largement développée grâce à sa capacité à exprimer les élans des scènes indie, hardcore et metal du milieu des années 1990. Des affiches de concerts aux œuvres d’art engagées, Hess explore les univers de la musique et de l’art depuis plus de 15 ans. Il a débuté sa carrière en créant des flyers promotionnels d’événements musicaux. Ces supports faisant appel à l’encre, l’acrylique et la sérigraphie ont rapidement attiré l’attention d’innombrables groupes mais aussi celle du Rock and Roll Hall of Fame et du Musée Louvre. Deux institutions qui ont intégré des œuvres du peintre dans leurs collections permanentes.
C’est ainsi que Hess acquit une renommée internationale, réalisant des affiches pour Pearl Jam, Deftones, Offspring, Clutch, Pantera ou Pink Floyd. L’artiste a aussi créé une bonne centaine de pochettes d’albums. Sepultura, Converge, Fugazi, Season to Risk et beaucoup d’autres ont ainsi bénéficié de la patte du graphiste. Le style sombre et saisissant, le trait libre et minimaliste ont également accompagné le bluesman R.L. Burnside pour A Ass Pocket of Whiskey en 1996 et Mr. Wizard en 1997. Pour en savoir plus: Derek Hess: Concert Art.


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