Alice Cooper – Love it to Death

Censure Love it to DeathSorti en 1971, Love it to Death est sans conteste l’album grâce auquel tout a commencé pour Alice Cooper. Alors qu’avec les prédécesseurs Pretties for You et Easy Action le groupe de Vincent Damon Furnier flirtait sans réussite avec un rock Psychédélique expérimental, ce troisième album est l’annonce d’une métamorphose radicale due essentiellement à la présence aux manettes d’un nouveau producteur. Bob Erzin oriente le quintet américain vers une écriture et un son high energy, plus adapté à ce qui se faisait à l’époque du côté de Detroit avec les Stooges et MC5. Il s’occupe aussi de leur image en mettant en place un show théâtral et trash grâce auquel les prestations scéniques d’Alice et sa bande font l’objet de tous les excès. Dans une ambiance grand-guignolesque et une profusion de décibels, poupées décapitées à la hache, chaise électrique, guillotine, simulacre de pendaison, camisole de force et boa constrictor se succèdent durant les concerts qui révèlent néanmoins de réels talents chez les musiciens. Narrateur cynique et provocateur d’une Amérique sombre et déprimée, Alice Cooper devient une attraction et se voit désormais classé dans la catégorie ″Shock Rock. D’abord sorti sur le label de Frank Zappa, Love it to Death bénéficie d’un tel succès que Warner Bros Records rachète les droits, offre un nouveau contrat au groupe et ressort l’album en exigeant toutefois une modification du cover art. En effet, l’illustration originale de la pochette montre une photo en noir et blanc du combo au milieu duquel le leader déjanté donne avec son pouce l’impression d’exhiber son pénis. L’image sera donc retravaillée afin que l’outrance soit cachée par la cape du chanteur. Au final, ce nouvel opus sera pour Alice Cooper celui d’une reconnaissance internationale méritée et confirmée dans la foulée par Killer la même année, School’s Out en 1972 et Billion Dollars Babies en 1973. C’est aussi et surtout l’album qui contient le premier gros hit du groupe: I’m Eighteen!

Patrick BETAILLE, avril 2019

Manu Lanvin – Grand Casino

Manu Lanvin & Devil BluesPendant sa tournée 2017, Manu Lanvin et ses Devil Blues font un break en studio pour y enregistrer quelques reprises. Les trois jours prévus au départ se prolongent au point de donner naissance à un album complet.  Enregistré en mode live du côté de Forges les Eaux, Grand Casino prouve, si besoin en était, que Manu maîtrise son sujet à la perfection. Entre compos originales et reprises, l’album est un véritable kaléidoscope Blues & Roll. Highway to hell d’AC/DC, Satisfaction des Stones et Rock me baby de BB King revisités pour la circonstance débordent d’originalité pêchue. La version de Spoonful écrite par Willie Dixon, enregistrée en 1960 par Howlin’ Wolf et immortalisée par Cream, bénéficie ici de la présence poids lourd de Popa Chubby qui fait partie des invités. Accueillis également sur ce septième album, Beverly Jo Scott, Taj Mahal, et Paul Personne qui contribue au seul titre en français: Je suis le Diable. Si Blues Booze & Rock’n’Roll sorti en 2016 était l’album de la maturité, Grand Casino le confirme en ajoutant éloquence, énergie et plaisir, le tout diablement bien asséné par le power trio de choc: Devil Blues.

Patrick BETAILLE, mars 2019

 

Dick Dale – La légende de la Surf Music disparaît

Dick Dale MisirlouEncore un des piliers de la révolution musicale des 60’s qui disparaît! Dick Dale est à l’origine d’un style essentiellement instrumental appelé Surf Rock qui lui vaut à l’époque le surnom de King of Surf Music et une influence majeure sur les Beach Boys , les Ventures et le Trashmen. De son vrai nom Richard Monsour, ce californien d’origine libanaise est un inconditionnel de la Stratocaster. Avec cet instrument fabriqué sur mesure il pratique un jeu puissant au staccato saturé et noyé de réverbération. Il fera d’ailleurs appel à Leo Fender afin de mettre au point des amplis capables de supporter de tels effets sonores à fort volume. En 1962, celui que l’on surnomme également le Père du Heavy Metal, enregistre avec son groupe The Del Tones le morceau endiablé qui lui vaudra une immense notoriété: Misirlou. Dans les années 90, l’utilisation de ce titre par Quentin Tarantino sur la bande-son du film Pulp Fiction accompagnera le retour du guitariste californien sur le devant de la scène. Dick Dale est décédé à l’âge de 81 ans le 16 mars. ″On te doit tous beaucoup! Rock on!, a déclaré  Brian May, le guitariste de Queen, qui, comme Jimmy Hendrix, Brian Wilson et Stevie Ray Vaughan, reconnaissait en ce gaucher un talent énorme.

Patrick BETAILLE, mars 2019

 

Hal Blaine – Décès du batteur de Wrecking Crew

Décès de Hal BlaneHal Blaine laissait toujours sur l’un des murs du lieu où il avait joué, un coup de tampon avec la mention ″Hal Blaine strikes again (Hal Blaine a encore frappé)″. En tant que batteur membre de The Wrecking Crew, un groupe de requins de studio basé à Los Angeles, Blaine a fait partie des sessions de ″Be My Baby″ des Ronettes, ″Mrs.Robinson″ de Simon & Garfunkel, et ″Good Vibrations″ des Beach Boys. Il a également collaboré avec Phil Spector et exercé ses talents pour, en ne citant que les plus connus, Elvis Presley, Sam Cooke, Johnny Rivers, The Monkees, Cher, The Mamas, and the Papas et Steely Dan. Musicien insatiable, talentueux et apprécié de tous il aura joué dans l’ombre des stars sur 6000 chansons, dont 150 seront classées dans le Top Ten du Billboard. Parmi ces titres, 40 furent numéro 1, contribuant ainsi à l’écriture de la révolution musicale des Sixties. Hal Blaine est décédé le 11 mars, il avait 90 ans.

Patrick BETAILLE, mars 2019

 

St Patrick – A boire et à Manger!

17 Mars, St PatrickC’est de rigueur, le 17 mars il convient de célébrer comme il se doit l’événement le plus Rock’n’roll de la chrétienté. Évangélisateur de la verte Erin et fauteur de trouble par excellence, St Patrick vous accueille avec Shane McGowan. Le ″Lord of the drinks″ n’a pas son pareil pour vanter les vertus de la Murphy’s et de la Guiness qui sont à l’honneur et servies à température ambiante. Sur fond de ″Dirty Old Town″, un blend de chez Jameson, apte à cohabiter avec The Boomtown Rats et Stiff Little Fingers est lui ausssi de circonstance. La température monte. Thin Lizzy et son Whiskey in the Jar annoncent le Black Bushmills tout droit sorti de la plus vieille distillerie du monde. A table maintenant! Seeafood Chowder servi en entrée par The Corrs qui s’éclipsent quand gary Moore déboule avec le plat de résistance: Irish Stew à la Guinness accompagné d’un Côte de Beaune [St Patrick a séjourné en France!]. La fougue de The Answer et des Strypes couvre à peine les ″Miam, Scroch et autres Slurp. Au dessert, les Dubliners enchantent l’Apple crumble cake alors que vient enfin le temps du café et du digestif: l’Irish Coffee! Le deux en un est servi par Rory Gallagher et c’est la ″Tatoo’d lady qui mettra un terme à cet Irish Tour commémoratif. Erin Go Bragh! Suivez le guide en musique: St Patrick Rocks!

Patrick BETAILLE, mars 2019

Rock – La Faucheuse met le turbo!

La Faucheuse du RockDepuis le 16 janvier 2019, date à laquelle le dessinateur Denis Sire a remisé définitivement ses crayons, il semblerait que la Faucheuse ait à gérer un agenda plutôt chargé en terme de rendez-vous funestes:

Keith FLINTavait fondé The Prodigy en 1990. Avec Fatboy Slim et The Chemical Brother le groupe était devenu l’un leaders de la scène électro de l’époque. Dépressif, le chanteur s’est pendu en son domicile de Dunmow au sud-est de l’Angleterre le 4 mars dernier. 

Stephan ELLIS est décédé le 28 février à l’âge de 69 ans. Bassiste de Survivor de 1981 à 1987 et de 1996 à 1999. Il avait rejoint la formation alors en studio pour enregistrer son deuxième album studio, Premonition. Le groupe connaît véritablement le succès en 1982, en sortant le single ″Eye of the Tiger″, commandé par Sylvester Stallone pour le film Rocky III. L’album éponyme se vend à plus de 2 millions d’exemplaires en moins d’un an et obtient un disque de platine.

Mark HOLLIS. Chanteur et compositeur au sein du groupe britannique Talk Talk de février 1982 à octobre 1991. Lui et son groupe s’inscrivaient dans la vague New Wave ou Pop à leurs débuts. Âgé de 64 ans Hollis disparaît définitivement des radars le 25 février. Il avait pris sa retraite musicale depuis plus de 20 ans après la sortie d’un premier et unique album solo en 1998, sobrement intitulé Mark Hollis et resté largement ignoré du grand public. It’s a shame!

Peter TORK. De son vrai nom Peter Halsten Thorkelson ce musicien auteur-compositeur parti le 21 février à 77 ans fut clavier et bassiste de The Monkees. En 1966, le groupe atteignait trois fois le sommet des ventes de disques aux États-Unis, notamment avec le morceau ″I’m A Believer″, devenu un tube mondial. Il sera le premier à quitter le groupe en 1969. Outre la basse et les claviers, il maîtrisait également la guitare, le banjo et l’orgue.

Marcel Azzola. Moins rock (quoique?!) mais tout aussi jouissif quand il triturait son instrument, il a accompagné Piaf, Montand, Barbara, Gréco, Bécaud. Azzola a aussi joué avec ou devant des pointures comme Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Didier Lockwood ou encore Christian Escoudé. Mais c’est Jacques Brel qui lui a donné l’occasion de se sublimer dans Vesoul avec le fameux ″Chauffe, Marcel, chauffe!″. Car c’est lui, Marcel Azzola, le fameux accordéoniste qui bien avant de mourir le 21 janvier, nous avait amené, dans un crescendo endiablé et sublime, de Vierzon à Vesoul et d’Anvers à Hambourg.

Patrick BETAILLE, mars 2019

Stray Cats 40 – Cat Fight

Stray Cats le RetourBonne nouvelle! Brian Setzer (guitare, chant)Lee Rocker (contrebasse) et Slim Jim Phantom (batterie) sont de retour. La formation originale du légendaire trio qui, en traversant le désert musical des années 80, avait redonné au Rockabilly ses lettres de noblesse, revient après 26 ans d’absence discographique. 12 nouveaux titres viendront célébrer le 40ème anniversaire de la formation. Cerise sur la banane, une tournée mondiale qui passera par la France est d’ores et déjà planifiée. Avis aux amateurs de Creepers, de Gomina et surtout de zique qui fait sortir les bijoux de famille par les oreilles, les Stray Cats ressortiront leurs griffes lors des concerts prévus entre autres à l’American Tours Festival de Tours le 6 juillet, aux Eurockéennes de Belfort le 7 juillet et au Musilac Festival d’Aix-Les-Bains le 13 juillet! En attendant et pour se mettre dans l’ambiance, un extrait de l’album intitulé ″40″ à paraître en mai: Cat fight!

Patrick BETAILLE, mars 2019

Janis Joplin – Cheap Thrills

Big Brother & the holding company: Cheap ThrillsÀ l’époque, Janis Joplin est une folkeuse underground passablement déjantée et déjà bien atteinte par le Southern Comfort et les drogues.  Big Brother and the Holding Company lui, est un honnête petit groupe de blues rock de la scène californienne. L’idée de réaliser une fusion de ces  artistes revient à Chet Helms, alors programmateur des concerts à l’Avalon Ballroom de San Francisco. Une première prestation de ce mélange détonnant a lieu au Festival de Monterey en juin 1967 et en laissera plus d’un sur le cul, dont un certain Albert Grossman, l’imprésario de Bob Dylan qui décide de les signer. En août 1968, arrive dans les bacs l’un des disques les plus emblématiques de l’histoire du Rock. Le triomphe est aussi inattendu que total. Personne ne sait alors ce qui se cache derrière cette oeuvre magistrale. L’idée de départ du manager consiste en un enregistrement live. En mars 1968, du matériel est installé derrière une salle de Détroit où le groupe doit se produire. Mais le stress et une consommation excessive d’alcool et de drogues par les musiciens ruine le concert. À l’écoute des bandes inexploitables, Grossman est fou furieux et menace de rompre le contrat. Aussi, entre deux prestations le groupe d’entrer en Studio pour réparer les dégats. Sous pression, Big Brother a du mal à se faire à la discipline et aux contraintes techniques. Malgré tout plus de 200 bobines sont enregistrées et mixées par Janis et son guitariste Sam Andrew, assistés par l’ingénieur du son du moment. Au passage, tous les bruits d’ambiance ont été rajoutés. Le soit disant ″Live material recorded at Bill Graham’s Fillmore Auditorium″ ne relève donc que de judicieux repiquages de bruits de foules et autres ajoutés à la prestation studio. Premier point. A sa sortie, le disque est annoncé comme étant le premier de la formation et là aussi il s’agit d’une information erronée. En effet, un premier album a déjà été réalisé sur un petit label local mais son succès n’est pas allé au delà de la baie de Frisco et personne ne s’en souvient. Et de deux! La pochette maintenant. Janis et son groupe sont fans des comics underground et en particulier de ceux de Robert Crumb qui est sollicité pour concevoir la pochette. Le dessinateur met en oeuvre un projet jugé trop classique par le patron de CBS qui souhaite plutôt une photo du groupe dans le plus pur style hippie californien. La maison de disques engage un photographe de mode et investit dans un décor composé de tentures indiennes, d’éclairage art déco et d’un lit en cuivre. La little girl blue et les musiciens picolent énormément, consomment diverses drogues, font la fête et l’ambiance kitsch du studio dégénère rapidement en un bordel sans nom où tout ce beau monde délire à poil. Il fallait s’y attendre, aucune photo n’est exploitable. Le temps presse et au final Janis parvient à imposer le dessin de Robert Crumb, prévu au départ pour le verso, en tant que recto de l’album. Il s’agit d’une bande dessinée criarde sur laquelle figurent des visuels annonçant titre et crédits sous forme de bulles. La jaquette en question affiche également un faux sticker ″Approved by Hell’s Angels – Frisco″. En réalité, ennemis jurés, Hell’s Angels et Hippies ne se retrouvent qu’autour des points de vue que sont la marginalité, la route, le sexe et le LSD.  En prétendant à un soit disant ″approval″, Janis Joplin se souvient que les bikers musculeux ont fait partie de ses premiers fans et  souhaite ni plus ni moins que leur rendre hommage. Dernier point et pas des moindres: pour son travail Crumb a touché quelques 600 dollars et pourtant il se raconte que, pour tout dédommagement, l’artiste n’eut que le droit de toucher les seins de Janis. Faux aussi! En dépit de ces contrevérités et approximations, celui qui à l’origine devait s’intituler Dope, Sex and Cheap Thrills (NDLR: Drogues, Sexe et frissons bon marché) se retrouve classé premier au Billboard pendant huit semaines et y restera durant presque deux ans. Aujourd’hui encore Cheap Thrills reste l’un des témoignages les plus fulgurants du blues psychédélique californien, notamment grâce à une interprétation viscérale et inoubliable du titre composé en son temps par George Gershwin pour l’opéra Porgy and Bess: Summertime!

Patrick BETAILLE, mars 2019

Joanna Connor – Six String Stories

Joanna Connor Six Strings Blues[Source Blues Web]: Joanna Connor voit le jour en 1962 du côté de Brooklin. Elle passe son enfance dans le Massachusetts et se retrouve très tôt baigné dans le Blues des albums de Taj Mahal et Jimi Hendrix que sa mère écoute à longueur de journée. Elle reçoit sa première guitare à 7 ans et adolescente elle forme plusieurs groupes à la High School qu’elle fréquente. Elle devient professionnelle en 1981, elle a 19 ans. En octobre 84 elle s’installe à Chicago et se retrouve au sein de The 43rd Street Blues Band, le groupe du guitariste Dion Payton. Joanna ravage littéralement les bars blues de la région avec ses solos de slide incendiaires et sa voix écorchée. Très vite sa réputation grandit allant jusqu’à la faire remarquer lors d’une prestation éblouissante quand elle assure derrière Payton pendant le concert au Chicago Blues Festival de 1987. Le signal est donné. La guitariste est prête et se sent capable de sillonner les Etats-Unis avec son propre groupe. Son premier album ″Believe It″ sort sur Blind Pig en 89 et un critique musical du Chicago Magazine décrit l’artiste comme ″le nouveau talent le plus excitant de la scène blues″. La même année, les lecteurs du magazine américain Guitar, la classent parmi les trois ″leading female guitar players″ de l’année reconnaissant en elle ″the spirit of Freddy King″. Elle reçoit également les félicitations de Buddy Guy, d’Otis Rush et de Jimmy Page. La dame enregistre ensuite plusieurs albums, notamment ″Living On The Road″, ″Rock’n Roll Gipsy″ et ″Big Girl Blues″. Sur ″Six String Stories″ paru en 2016, son style continue de s’affirmer sur des titres essentiellement Blues et Blues Rock, parfois teintés de Jazz mais toujours imprégnés de son jeu de slide guitar fulgurant. Alors bien sûr question physique et look vestimentaire nous sommes bien loin des canons guitaristiques à la Joanne Shaw Taylor ou Ana Popovic. Qu’importe! La Big Girl Blues n’a pas besoin de ça. Son talent a largement de quoi faire pâlir d’envie le haut du panier de la guitare au féminin. C’est sur scène, quand explosent une spontanéité, une énergie, une décontraction et une efficacité sans pareilles que Joanna Connor est inégalable, y compris lorsqu’elle s’exprime en petit comité lors d’une BBQ party. Hallucinant!

Patrick BETAILLE, janvier 2019

MC5 – Kick Out The Jams

MC5 Kick out the JamsKick out the Jams motherfuckers or get off the stage″ (Envoie la sauce enfoiré ou barre toi de la scène!) C’est par ces mots que Rob Tyner (chant), accompagné des guitaristes Fred Sonic Smith et Wayne Kramer, avait pour habitude de harceler les groupes qui partageaient la scène avec lui. Régulièrement, la formation du Michigan se faisait arrêter pour violence, obscénité ou grossièreté; parfois même, les musiciens n’avaient même pas le temps de monter sur scène que le police était déjà à la manœuvre. Le premier album du MC5 sort en février 1969 sur le label Elektra. C’est un live enregistré les 30 et 31 octobre 1968 au Grand Ballroom de Detroit lors de la fête d’Halloween. Protopunk par excellence, ce disque comporte entre autres titres ravageurs Ramblin Rose″Rama Lama Fa Fa Fa et Starship″.  Figure aussi Kick out the jams″ qui donne son titre à l’album et qui devient l’objet de nombreuses polémiques, notamment avec la maison de disque qui d’emblée impose une version édulcorée sur laquelle Motherfuckers″ est remplacé par Brothers’n’Sisters″. Le terme fuck″, lui, reste présent sur l’intérieur de la pochette qui sera rapidement censurée. Pour ne rien arranger, le célèbre journaliste musical Lester Bangs, écrit dans Rolling Stone que le disque est ridicule, ennuyeux et prétentieux. Dès lors, certains disquaires refusent de vendre l’album allant même jusqu’à menacer le label de stopper les ventes de tous ses artistes. Craignant pour la discographie des Doors, eux aussi au catalogue, Elektra prend la décision de se séparer du groupe. Brûlot live sans concession, Kick out the jams, marquera définitivement l’histoire de la musique rock. Les 8 titres rendent compte sans fioriture de la provocation, de la puissance et de la sauvagerie des prestations scéniques du Motor City 5, par ailleurs magnifiquement représentées sur la jaquette réalisée à partir de clichés du photographe Joel Brodsky. And right now… right now… right now, it’s time to… kick out the jams, motherfuckers″!

Patrick BETAILLE, janvier 2019