Man Ray – Le Violon d’Ingres

Le violon d’Ingres de Man Ray datant de 1924 n’est pas seulement une des photos les plus célèbres de tous les temps. C’est aussi l’une des premières qui soit véritablement une œuvre d’art. Quand Man Ray rencontre Kiki de Montparnasse, celle ci est l’un des modèles préférés de l’époque. Pourtant, quand il lui demande de poser lui, elle refuse au prétexte qu’un photographe n’est pas un artiste car il se contente d’enregistrer la réalité. Pour la convaincre Man Ray doit lui jurer qu’il est capable de l’idéaliser comme le ferait un peintre. Il dessine deux ouïes à l’encre de chine sur le dos de Kiki dont le corps se métamorphose immédiatement en violon. Son turban oriental et sa pose parodient Le Bain Turc de jean-Dominique Ingres, dont le violon était l’instrument favori et dont le style académique horrifiait un surréaliste comme Man Ray. La même photo sans ces deux ouïes n’aurait été qu’une simple reproduction mécanique du dos de la reine de Montparnasse. Mais grâce à ce dessin, l’artiste a magnifié son modèle. Kiki pouvait être  contente: le Violon d’Ingres était bel et bien une œuvre d’art. (Source d’Art d’Art).

Le tirage original de cette photographie a récemment été mis aux enchères au Rockefeller Center de New York par Christie’s. Le Violon d’Ingres a été adjugé a plus de 12 millions de dollars. Un record pour la photographie!  

Patrick BETAILLE, mai 2022

 

Andy Warhol – Shot Sage Blue Marilyn

Exécuté en 1964 par le ″Pope of the Pop″ – deux ans après la disparition de l’icône glamour Norma Jeane Baker – le tableau intitulé Shot Sage Blue Marilyn a été mis en vente hier chez Christie’s, au cœur de Manhattan. Il n’aura fallu que quatre minutes pour que les enchères atteignent des sommets avec une adjudication à hauteur de 195 millions de dollars. La toile de Warhol qui aurait été acquise par le marchand d’art américain Larry Gagosian devient ainsi l’œuvre d’art du XXe siècle la plus chère jamais vendue lors d’enchères publiques. Christie’s, la société propriété de François Pinault, n’a pas souhaité faire de commentaire. Pooh pooh bee doo!

Patrick BETAILLE, mai 2022

Neal Adams – The Groundhogs

Certains fans de Comics se souviendront de Neal Adams en tant qu’artiste ayant participé aux aventures de Super Heros popularisées par DC Comics, Marvel ou encore Strange Magazine. L’illustrateur new-yorkais est en effet connu pour avoir brillamment contribué au renouveau de nombreux personnages parmi lesquels Batman, Superman et Deadman. Dans les années 1980, invité au Festival d’Angoulême, le dessinateur met en scène Superman aux côtés de Superdupont dans la revue Fluide Glacial.

D’autres, probablement plus rares – mais en tous cas fans de blues rock puissant anglais – sont peut être tombés un jour sur l’excellent septième album de The Groundhogs paru en 1972. L’illustration du LP met en scène les membres du groupe représentés en super-héros qui combattant les maux générés par la surpopulation, la pollution et les dérives de la politique et de la religion. Un pochette comme on savait les faire à l’époque car, une fois ouvert, le gatefold offrait des sections dépliables intégrant la bande dessinée qui relate cette histoire des Mighty Groundhogs. C’est bien Neal Adams qui est derrière ce cover art si étonnant qui illustre Who Will Save the World?  L’un des plus grands artistes de l’histoire de l’illustration américaine vient de décéder à l’âge de 80 ans.

Patrick BETAILLE, mai 2022

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre: IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

Patrick Higgins – Wilko Johnson: L’ homme en Noir

Patrick Higgins, l’auteur de″A Shot of Rhythm and Blues: A pictorial essay of Dr. Feelgood & Wilko Johnson″ (disponible) et de Lee Brilleaux, La Légende″ (épuisé) nous propose aujourd’hui un beau témoignage en français consacré à Wilko Johnson, l’emblématique pourvoyeur de riffs de la grande époque du Pub Rock. L’histoire commence en 1983 à Paris au Gibus avec une prestation du stacanoviste de la Telecaster, non pas avec l’équipe du Doctor, mais ce soir là avec son nouveau groupe: Wilko Johnson and the Lew Lewis Band. S’en suivent une cinquantaine de pages consacrées au parcours mouvementé et atypique de Wilko, depuis son enfance jusqu’aux ennuis de santé et une semi-retraite vouée à son autre passion: l’astronomie. Sans tout dévoiler, il est bien sûr question de Dr. Feelgood ou des Solid Senders mais c’est aussi l’occasion de s’attarder sur les collaborations du guitariste – avec notamment et entre autres Ian Dury, Lew Lewis ou encore Roger Daltrey – et de passer en revue les concerts et la discographie complète du compositeur britannique. Témoignages personnels, anecdotes, extraits d’interviews et des photos – pour la plupart celles de l’auteur –  animent ces 48 pages au format 15 x 21 riches d’informations que les fans sauront apprécier. 28€ port compris, c’est le prix de cette belle rencontre avec L’homme en Noir. Les ouvrages sont disponibles en contactant Patrick Higgins à cette adresse: phiggins21091963@gmail.com

Patrick BETAILLE, avril 2022

 

Dessine moi un Vinyle – Part 2

Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Certains chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques, y compris au cœur de la variété francophone. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

Eddy Mitchell : L’épopée du Rock – Barclay, 1974. ©Illustration Al Voss.
Dick Rivers : Mississippi River’s – Mouche Records 1975. ©Illustration Morris.
Nino Ferrer : Rock’n’Roll Cowboy – Vogue, 1983. ©Illustration Frank Margerin.
Bijou: Lola (Single) – Polydor 1988. ©Illustration Tanino Liberatore.
Richard Gotainer : Vive la Gaule – Virgin Records, 1987. ©Illustration Marcel Uderzo.
Pigalle : Regards Affligés… – Boucherie Production 1990. ©Illustration Jacques Tardi.

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

Patrick BETAILLE, avril 2022

Dessine moi un Vinyle – Part 1

Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Bel exemple que celui de Janis Joplin qui fit appel à Robert Crumb pour le packaging de l’inoubliable Cheap Thrills. Certains autres chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

The Grateful Dead : Shakedown Street- Arista Records, 1978. ©Illustration Gilbert Shelton.
Ramones : Road to Ruin – Sire Records 1978. ©Illustration John Holmstorm.
Zappa : The Man from Utopia – Barking Pumping Records, 1983. ©Illustration Liberatore.
Iggy Pop : Brick by Brick – Virgin Records, 1990. ©Illustration Charles Burns.
George Thorogood & The Destroyers : Haircut – EMI, 1993. © Illustration Peter Bagge.
Airbourne : No Guts, No Glory – Road Runner Records, 2009. ©Illustration Rob Sharp .

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

Patrick BETAILLE, avril 2022

Tanino Liberatore – The Man from Utopia

Né à  Quadri en Italie, Gaetano Liberatore, fête ce mois-ci ses 68 ans. L’occasion de se pencher sur le travail de l’auteur de bande dessinée devenu célèbre en 1981 avec la publication du premier RanXerox. L’artiste y met en images les aventures d’un androïde aux allures de colosse créé à partir de pièces d’un photocopieur et qui évolue dans un univers futuriste et violent. Liberatore s’est installé en France en 1982 et, en marge du tome 2 de RanXerox, il illustra en 1983 la pochette de The Man From Utopia de Frank Zappa. L’hyperréalisme tourmenté est reconnaissable et on le retrouvera en 2009 sur le Romborama de The Bloody Beetroots, puis en 2011 sur Night Raiders de Volume Sick . Dans l’intervalle et dans un autre genre l’illustrateur a œuvré sur une douzaine d’autres pochettes de disques. Entre autres: Gold (Laissez-Nous Chanter en 1986), Bijou (Lola en 1988), Dick Rivers (Linda Lu Baker en 1989), et Shaka Ponk (Geeks on stage en 2013). Dernière en date celle de Mystère pour La Femme en 2016. Amen, le troisième volume des aventures de RanXeros scénarisées par Alain Chabat est quant à lui paru en 1996. Bon anniversaire Tanino!

D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

Patrick BETAILLE, avril 2022

 

Loretto – The Psychos

Loretto est un street artiste qui vit à Londres où il est actif depuis une dizaine d’années. Il est décrit comme un artiste prolifique dont les sujets de prédilection tournent essentiellement autour de la nature humaine. Il associe la technique du pochoir à celle de l’aérosol pour offrir des œuvres contemporaines et très souvent cyniques. Pour preuve cette peinture apparue en 2018 dans un quartier de la capitale anglaise. The Psychos: Donald Trump et sa grande gueule au chant, Vladimir Poutine et sa force de frappe aux drums et le rocket man Kim Jong-un à la guitare. Power trio de choc s’il en est! Noter la bombe sur la grosse caisse de Vladimir. Prémonition?

Patrick BETAILLE, mars 2021

Hipgnosis – Black Sabbath & Rainbow

Particulièrement célèbre pour ses contributions visuelles apportées au rock progressif, le collectif artistique Hipgnosis fut également sollicité par des groupes de hard rock pour réaliser le cover art de certains de leurs albums. Si ces pochettes sont bien moins célèbres que celles de Pink Floyd ou de Yes, elles n’en restent pas moins intéressantes. En voici deux, artistiquement réussies et surtout, étroitement liées par une anecdote.

Paru en septembre 1978, Never Say Die! est le huitième disque studio de Black Sabbath. Deux pilotes de chasse posent devant leur avion. L’histoire raconte que c’est Ozzy Osbourne qui se cache sous l’un des masques, prêt à décoller pour une nouvelle aventure. Et pour cause! C’est le dernier album enregistré avec la formation originelle du groupe avec Ozzy au chant. ″Avec Never Say Die!, nous n’avions aucune chance. Nous étions en train de nous noyer. Nous ne nous entendions plus et nous étions tous défoncés par la drogue et l’alcool. Et j’ai été viré!″. Pendant 35 ans, Osbourne ne participera à aucun autre enregistrement avec Black Sabbath. 

Difficult to Cure est le cinquième album studio de Rainbow. Produit par Roger Glover, il parait en février 1981. Le cliché qui illustre la pochette a d’abord été pris en noir et blanc puis colorisé afin de créer une ambiance inquiétante. L’on imagine bien le patient dans un sale état, allongé sur la table d’opération, son sort entre les mains d’une équipe de chirurgiens. C’est George Galatzon, un ami de Aubrey Powell, qui pose en tant que responsable des opérations. Les autres rôles ont été confiés à Peter Christopherson, Storm Thorgerson et à des assistants de Hipgnosis.

L’anecdote? C’est la jaquette de Rainbow qui à l’origine était prévue prévue pour Never Say Die! Refusée par Vertigo – à l’époque le label du Sabbath Noir – la photo a donc refait son apparition 3 ans plus tard pour habiller le Difficult to Cure de la bande à Ritchie Blackmore. Un point commun? Deux albums dont on peut se passer avec une allégresse sans égale!

D’autres anecdotes sur l’histoire des pochettes de disques et de la censure à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

Patrick BETAILLE, mars 2021

In Vinyle Veritas – La Censure en 33 Tours

IN VINYLE VERITAS – Éloquence & Désaveu du Cover Art

Le livre qui raconte de manière illustrée et argumentée la censure des pochettes de disques des années soixante à nos jours. 300 pages – 170 chroniques – 570 artistes référencés – 275 illustrations. Un témoignage culturel unique pour l’histoire, pour la mémoire et pour la musique qui s’écoute avec le cœur mais aussi avec les yeux. 

Disponible en Auto Édition:

IN VINYLE VERITAS – Éloquence & Désaveu du Cover Art

Patrick BETAILLE, mars 2022