Mondial Auto Moto – Dingo, le Tôle Art

Dingo photographe
Mondial de l’Auto: le premier salon automobile au monde en terme de fréquentation (plus d’un million de visiteurs) et de couverture médiatique. Créee en 1898, la plus ancienne manifestation consacrée à la voiture fête cette année son 120ème anniversaire et prend ses quartiers à la Porte de Versailles à Paris du 4 au 14 octobre. Pour la circonstance le Paris Convention Center accueille aussi le Mondial de la Moto dans l’enceinte du Pavillon 3. Au programme également, un hommage exceptionnel au photographe DINGO sous la forme d’une exposition intitulée: Dingo, le Tôle Art. L’occasion peut être de découvrir un artiste hors du temps et hors du commun dont certaines des œuvres ont jalonné avec humour les campagnes publicitaires de la marque Furygan.

Malcom Brown – Rage Against the Machine

Malcom Brown Rage Against the Machine1992. Avec leur premier album, les californiens de RATM envoient du lourd, du très lourd. Musicalement d’abord, avec une fusion de rock aux influences punk, de metal et de rap funky. Politiquement ensuite. Très engagés, les thèmes abordés par le groupe tournent essentiellement autour des abus du capitalisme, des mensonges des médias et des inégalités sociales. Artistiquement enfin quand Arch de la Rocha et Tom Morello décident d’illustrer leur album avec cette terrible photo. Nous sommes en 1963 à Saïgon. Un moine bouddhiste s’immole par le feu pour protester contre les exactions du régime dictatorial sud-vietnamien soutenu à l’époque par les États-Unis. Présent sur les lieux, le photographe américain Malcom Brown shoote la scène pour le compte de Associated Press. L’un des clichés de la série lui vaudra d’ailleurs le prix Pulitzer et Rage Against the Machine, l’album, restera sans doute l’un des covers les plus bouleversants de l’histoire du Rock. La même photo avec un cadrage plus large sera reprise pour l’édition 20th Anniversary du disque.

PB, juillet 2018

Ryan Quickfall – Roadkill Artwork

Ryan Quickfall illustrations & designIllustrateur vivant à Newcastle, Ryan Quickfall tire principalement ses influences des comics, des affiches de cinéma de série B et du street art. Son style immédiatement reconnaissable consiste en une conjonction de couleurs vives surlignées de noir mettant en scène des personnages et des situations où l’insolite et le mouvement occupent une place prépondérante. Cette audace, combinée à une passion profonde pour la moto, la vitesse et les skulls, alimente une reconnaissance internationale et une demande grandissante de la part de clients tels que Roland Sands, Harley Davidson, Sideburn Magazine, Dice Magazine, Deus, Barbour, The Bike Shed, et aussi Guy Martin pour son Wall of Death. Pour en voir plus sur l’artiste: Roadkill Artwork.

The Mama’s & The Papa’s – Aux chiottes!

If you can believe your eyes and earsOn se demande à quoi carburaient les californiens de The Mama’s & The Papa’s pour accepter de poser entassés dans une baignoire afin d’ illustrer la jaquette de leur premier album. D’une incroyable laideur, le cover art de If you can believe you eyes and ears sorti en 1966 marque les esprits mais s’attire aussi les foudres de la censure. On aurait pu penser  que la photo représentait un danger en tant qu’incitation à une débauche chère au mouvement Hippie de l’époque mais non! C’est bien la présence d’un banal goguenot à côté de la baignoire qui a fait crier à l’indécence. Ainsi, deux ans avant le Beggars Banquet des Stones, le groupe de Cass Elliot doit affronter les puritains pour finalement se voir obligé de coller un sticker sur l’album afin de dissimuler l’objet du délit. Flush!

PB, juin 2018

Paul Whitehead – Genesis

Depuis les années 70, Paul Whitehead, peintre et graphiste britannique, reste associé aux jaquettes des albums de Van der Graaf Generator et Peter Hammill mais aussi et surtout de Genesis.
Paul Whitehead TrespassGraphiquement parlant, Trespass, deuxième album du groupe sorti en 1970, est sans doute le plus surprenant. Dans un décor médiéval on y voit un angelot (l’Amour?) en train d’observer un couple en pleine contemplation du monde extérieur. Un trait noir barre l’image et lorsque la jaquette est dépliée il apparait que c’est un poignard qui est à l’origine de cette balafre. Dixit Whitehead, cette rupture entre le côté bucolique du dessin et la déchirure du couteau correspond au fait que l’ambiance paisible qui domine l’ensemble des compositions est brusquement mise à bas par The Knife, un titre éminemment plus pêchu et accrocheur.
Paul Whitehead FoxtrotTrespass, le flamboyant Nursery Crime (1971) et l’envoutant Foxtrot (1972) resteront à jamais  les marqueurs d’une époque créative au cours de laquelle expression picturale et compositions musicales cohabitaient étroitement. Ainsi, la femme-renard de Foxtrot inspira Peter Gabriel qui fit vivre le personnage sur scène portant une robe rouge et masque de renard.[ Site Officiel Paul Whitehead! ]
PB, juin 2018

Mati Klarwein & Santana – Abraxas

Mati Klarwein Abraxas SantanaMati Klarwein est assurément l’un des grands peintres du mouvement psychédélique. Allemand d’origine, cet élève des Beaux Arts de Paris s’initie au Surréalisme aux côtés de Fernand Léger et fait la connaissance de Salvatore Dali avec qui il se lie d’amitié. Installé en France il développe son propre style figuratif. L’un des exemples les plus représentatifs de la démarche de l’artiste restera à jamais un concept élaboré en 1961: Aleph Sancturay aussi appelé ″Le Temple de toutes les Religions″. En 1970, Carlos Santana vient de terminer l’enregistrement de son deuxième album et il tombe sur la reproduction de l’un des volets de l’œuvre en question: The Annunciation. On y voit une Vierge Marie à la peau noire, nue, le sexe caché par une colombe, symbole de virginité. L’ange Gabriel participe lui aussi à cette Annonciation revisitée en déboulant tatoué, à califourchon sur un conga et pointant le doigt vers un motif qui n’est autre que Aleph, la première lettre de l’alphabet hébreu signifiant ″commencement″. Quant aux Rois Mages, ils sont représentés par des danseurs africains en compagnie de l’artiste lui même. Séduit par le concept et les symboles, Carlos décide que l’image sera le cover art d’ Abraxas. Le disque aura un succès planétaire et il fera connaitre dans le monde entier Mati Klarwein qui travaillera aussi pour Miles Davis (Bitches Brew), Brian Eno, Greg Allman etc… Tout ça grâce à la Black Magic Woman!

PB, juin 2018

Pink Floyd – Atom Heart Mother

Lulubelle III Atom Heart MotherEn 1970, lors d’une réunion avec l’équipe de designers de Hipgnosis, les membres de Pink Floyd disent vouloir se débarrasser de leur image avant-gardiste, du moins pour ce qui concerne le visuel du disque à venir. D’après le groupe, la jaquette peut représenter n’importe quoi mais elle doit impérativement être simple et bannir toute connotation psychédélique. Avec pour consigne un concept aussi péremptoire que fumeux les photographes de l’agence se mettent en quête et reviennent avec trois propositions: un nageur effectuant un plongeon dans une piscine, une femme posant en haut d’un escalier et un bovidé sur un pâturage de la campagne anglaise. C’est cette dernière image qui au final sera retenue. La pochette de l’album représente donc une vache blanche avec des taches marron, vue de trois quarts arrière, la tête dirigée vers l’objectif. EMI fait de la résistance. Le label est peu emballé par le concept et s’oppose au fait que ni le nom du groupe ni le titre de l’album ne soient mentionnés. Peine perdue! c’est bien Lulubelle III qui se retrouve à l’honneur sur l’une des plus mythiques pochettes de l’histoire du rock, celle de Atom Heart Mother.

PB, mai 2018