C’est sous la houlette de son oncle Frank Frazetta que Ken Kelly (1946-2022) a fait ses premières armes en illustrant des bandes dessinées horrifiques ou fantastiques. Très vite remarqué par le monde de l’Héroïc Fantasy, le dessinateur va bénéficier de l’opportunité de diversifier sa production.
En 1976, le groupe américain Kiss, alors en pleine ascension, souhaite offrir à son nouvel album une image plus en rapport avec le shock rock pyrotechnique et extravagant qui fait le succès de ses shows. Pour ce, Paul Stanley et Genne Simmons font appel à Frazetta qui, passablement débordé, refile la patate chaude à son neveu. C’est donc Ken Kelly qui est à l’origine du cover art de Destroyer, la quatrième production studio qui parait en mars 1976 et connait un immense succès. Logiquement, Kelly est à nouveau sollicité pour illustrer, Love Gun, pour lequel il s’inspire de son épouse Rose pour matérialiser les femmes présentes aux pieds du quatuor. Entre ces deux pochettes, l’artiste a également réalisé la magnifique illustration de Rising, le deuxième opus de Rainbow, le nouveau combo de l’ex-Deep Purple: Ritchie Blackmore. À partir de la fin des années 80, Ken Kelly entamera une longue collaboration avec le groupe de métal Manowar pour lequel il signera les visuels de six disques.
D’autres chroniques à retrouver dans le livre:
In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art
Patrick BETAILLE, octobre 2025

Je connais un peu Frank Frazetta et ses dessins fantastiques que j’aime bien et que j’ai utilisé sur mon blog mais pas Ken Kelly . Tel oncle tel neveu …
Tu as raison: esprit de famille. Frazetta a aussi magnifiquement œuvré pour Molly Hatchet, Nazareth et Yngwie Malmsteen
Beuh….Je ne savais pas que Kelly était le neveu de l’immense Frazetta 😲 Je trouvais d’ailleurs que Kelly s’était appuyé sur le travail de Frank. Mais tout s’explique 😉
Pour Molly Hatchet, le groupe s’est contenté de reprendre des oeuvres déjà existantes. Certaines avaient déjà été utilisées pour les rééditions des livres de Conan – reprises quelques années plus tard pour les éditions françaises de « J’ai Lu ».
Il y a de nombreux imitateurs de master F. Frazetta qui ont largement profité de l’intérêt porté par les groupes de métôl des 80’s, pour en faire leur fond de commerce. De nouveaux prétendant profitant de l’ouverture en compensant la différence notable de talent par des tarifs plus abordables… Ken Kelly sort du lot avec quelques pochettes remarquables (Rising ?)
Ben moi je ne savais pas pour les éditions « J’ai Lu ». Souvent copiés, rarement égalés, Frazetta et Kelly étaient des maîtres. Ceux qui s’y sont essayés, notamment sur les visuels des disques de Metal, ont commis des horreurs sans âme et donc sans intérêt, aux antipodes de la sublime pochette de Rising sur lequelle, en bas à gauche, on remarque en y regardant de près, un personnage sombre dont l’attitude entrouvre les portes de l’imaginaire (sorcier? Démon? maître des éléments? Magicien?)
Les pochettes d’albums, c’est comme les premières de couvertures. Dans les années 80, en effet, les Conan (chez J’ai Lu), c’est du Frazetta (c’est même comme ça que j’ai connu l’artiste, je pense). Je passe sur les « choses » commises par les imitateurs pour des albums de metal. C’est quand même plutôt approximatif.
Tiens, à ce sujet (lien entre la musique, les visuels et la fantasy), il y a un docu qui est passé sur France 4, qui parle entre autres de Frazetta à un moment. C’est assez généraliste, mais pas mal fichu.
https://www.france.tv/documentaires/documentaires-art-et-culture/7999338-il-etait-une-fois-le-triomphe-de-la-fantasy.html
Tout à fait. Nous sommes bien loin d’une époque au cours de laquelle la créativité régnait. À partir des années 80 Photoshop et autres étaient de mise: moins cher, plus rapide etc… Et aujourd’hui quand on voit les horreurs lissées, formatées et insipides commises avec l’IA… C’est à pleurer! Pour sûr, je vais aller voir ce doc. Merci!