Même quand il se produisait sur scène avec son groupe, Roy Orbison ne parvenait pas à coller à la tendance du moment. Sa timidité maladive lui interdisait d’adopter les postures et gesticulations en vogue. Il se forçait et se trouvait ridicule. Au point que, pendant un moment, il mit de côté son rôle de chanteur pour se consacrer à la composition au service d’autres artistes.
En 1960, il signe avec le label Monument et enregistre Only the Lonely, une romance lyrique qu’il supervise de bout en bout et qui se retrouve n°2 au Billbord. Motivé par ce succès, il enchaîne dès lors un nombre impressionnant de tubes.
1964, alors qu’il est chez lui et travaille avec son partenaire et compositeur Bill Dees, son épouse Claudette entre et annonce se rendre en ville pour faire du shopping. Roy lui demande si elle a besoin d’argent, et Dees de plaisanter : ″ Une jolie femme n’a jamais besoin d’argent ″… Inspiré, Orbison commence à fredonner: ″ Pretty woman, walking down the street ″…
Oh, Pretty Woman est composé et enregistré en deux semaines pour paraître en single le 15 août 1964. Alors que le titre grimpe dans les charts, Roy découvre que sa femme le trompe et demande le divorce. En 1966, ils se réconcilient et se remarient, mais deux mois plus tard, Claudette est tuée dans un accident de moto. En 1968, alors que le chanteur est en tournée, ses deux fils aînés meurent dans un incendie, chez lui…
Oh Pretty Woman fut le dernier grand succès de Roy Orbison. Longtemps en sommeil, sa carrière est relancée dans les années 80 lorsque certains artistes le citent en tant qu’influence majeure et l’invitent à rejoindre divers projets tels que The Travelling Wilburys avec Bob Dylan, Tom Petty, George Harrison et Jeff Lynne. En 1990, la chanson se retrouve à l’honneur sur le titre et la bande son du film Pretty Woman, avec, dans les rôles principaux Julia Roberts et Richard Gere.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES 
